00:00 Le durcissement de la mobilisation à compter du 7 mars, c'est une fatalité ?
00:04 D'abord, moi je ne suis pas syndicaliste, donc je n'ai pas à donner de consignes au monde syndical
00:09 qui conduit ce mouvement et il est libre de le faire dans les termes qu'il se choisit.
00:13 Ce que je peux vous dire en revanche, c'est que tout ça est le produit d'une situation.
00:19 Cette situation, c'est un gouvernement qui continue à vouloir passer en force
00:23 alors même que vous avez 94% des actifs qui sont opposés à cette réforme,
00:27 vous avez un parlement où cette majorité est introuvable et où finalement,
00:32 les Français dans leur grande majorité lui disent stop et il continue
00:37 parce qu'il s'est braqué avec cette idée qu'il restait Jupiter
00:41 et que donc rien ne devait lui résister, y compris lorsque, à l'évidence, le projet qu'il promène...
00:46 Vous dites que vous n'avez pas donné de consignes aux syndicats, certes,
00:49 mais enfin le Parti Socialiste fait partie des partis de gauche qui sont dans les manifestations
00:53 et vous êtes au côté des syndicats, est-ce à dire que sans langue de bois,
00:56 vous espérez quand même le durcissement de la mobilisation aujourd'hui ?
00:59 Non mais je n'ai pas... Franchement, je ne sais pas de la langue de bois,
01:02 je ne suis pas syndicaliste et on a toujours dit la même chose,
01:05 c'est qu'on se mettait au service d'une mobilisation qui ne nous appartient pas.
01:09 Nous sommes parlementaires, nous avons ici un autre job,
01:12 mais donc moi je me tiendrai évidemment au service de celles et ceux
01:16 qui organisent la contestation parce que je la crois nécessaire
01:19 et que je crois que malheureusement le gouvernement conduit à ce qu'il y ait ici et là
01:25 des gens qui perdent patience et qui considèrent qu'il y a quelque chose qui ne colle pas.
01:29 On est dans une grande démocratie comme la nôtre,
01:32 on ne devrait pas avoir ce type de discussion en ce moment.
01:36 On a un projet qui est à l'évidence rejeté par tout le monde,
01:39 on n'est pas à 51-49, on est en fait avec une immense majorité de gens qui disent "on n'en veut pas".
01:46 Il y a d'autres possibilités, il aurait pu négocier sur le financement,
01:50 d'autres voies de financement sont possibles et tout le monde les connaît,
01:53 elles sont sur la table, il y a donc d'autres chemins possibles.
01:56 Si le gouvernement voulait agir comme un gouvernement qui n'a pas de majorité absolue,
02:00 il se dirait "bon ça marche pas, ok, on reprend 3 ou 4 mois,
02:04 on se remet à discuter avec les uns et avec les autres, au parlement comme avec les partenaires sociaux
02:09 et à la fin on aboutit à une solution qui convient à une majorité".
02:14 Pour l'instant ce n'est pas ce qu'il cherche, il cherche à passer en force
02:17 et c'est une méthode qui ne peut pas fonctionner dans une grande démocratie.