00:00 Mathieu Croissando, les députés entament donc aujourd'hui la dernière semaine d'examen du projet de loi sur les retraites.
00:05 Les débats de l'Europe Friend qui a eu lieu à 16h cet après-midi, ils ont déjà donc pris beaucoup de retard et ils doivent se terminer vendredi.
00:13 Est-ce qu'on va arriver au bout ?
00:14 Non, parce qu'il reste 5 jours, ça fait à peu près 42 heures de débat.
00:18 Et en raison de la procédure qui a été choisie par le gouvernement, vendredi, vous l'avez dit Christophe, c'est fini.
00:24 Le texte part au Sénat quoi qu'il arrive.
00:26 Donc le projet de loi il comporte 20 articles, je rappelle que nous n'en sommes qu'au second, celui sur l'index senior.
00:32 Mais l'enjeu de la semaine en fait, c'est le fameux article 7, vous savez, celui qui reporte l'âge légal à 64 ans.
00:37 Est-ce qu'on va parler de la mesure la plus impopulaire, de celle qui est rejetée massivement par les Français, de celle qui fâche les manifestants ?
00:44 Eh bien, ce n'est pas sûr, parce que la stratégie d'obstruction choisie par la NUPES et surtout la France Insoumise laisse penser que non.
00:49 Il reste 16 000 amendements à examiner et au point que Laurent Berger, le patron de la CFDT, a poussé un vrai coup de gueule ce week-end
00:56 en qualifiant les débats de la première semaine de spectacle "lamentable", on dirait le plateau d'Announa, c'est n'importe quoi.
01:01 Ce qui se passe à l'Assemblée nationale ne sert pas à la mobilisation dans la rue, il faut que l'article 7 soit mis en débat,
01:06 car c'est de cela que les gens parlent dans la rue, dit Laurent Berger, et il qualifie l'obstruction de "connerie".
01:12 À qui profiterait, profite cette obstruction ?
01:14 En fait, c'est un peu changé. Du côté du gouvernement, on espère que l'opposition renoncera à ses amendements,
01:18 parce qu'au début en fait, ils avaient peur dans la majorité de l'avoir séphiloché, vous savez, de voir des députés qui participeraient pour le vote.
01:24 Ce qui s'est passé en fait, c'est que la majorité s'est plutôt ressoudée. Pourquoi ?
01:27 D'abord à cause du climat très agressif de la semaine dernière, ça resserre les rangs.
01:30 Et puis, on peut le voir un vendredi, l'article premier de la loi, celui sur la suppression des régimes spéciaux,
01:34 a été adopté par la majorité, il y avait assez de députés et même des LR.
01:38 Du coup, le gouvernement espère que les débats vont s'accélérer pour pouvoir faire adopter l'article 7
01:43 et se prévaloir du coup d'une première victoire en disant "l'article 7 a été voté, ils espèrent que ça va démobiliser les manifestants dans la rue".
01:48 Vous savez, quand on regarde les sondages, la plupart des Français sont persuadés que la loi sera votée et appliquée.
01:53 Mais du côté de la NUPES, du coup, on a senti le danger et c'est pour cela qu'on fait durer le plaisir.
01:57 Jean-Luc Mélenchon, sur notre plateau la semaine dernière, a essayé de dire "si on ne va pas jusqu'à l'article 7, c'est parce que c'est la faute du gouvernement,
02:02 il a choisi cette procédure accélérée".
02:05 Mais en fait, ça ne trompe personne.
02:07 Leur objectif, eux, c'est de délégitimer le gouvernement, d'espérer surtout que ça ne sera pas voté pour pouvoir dire "regardez,
02:12 on n'a même pas pu en discuter à cause d'Elisabeth Borne".
02:15 En fait, la vérité, c'est qu'ils sont partagés. Il y a une partie des élus de la NUPES, les socialistes, les écologistes, qui disent "c'est absurde,
02:20 il faut en discuter, il faut en faire le point d'orgue des débats, faire valoir nos arguments".
02:24 Mais pour l'instant, cette ligne ne l'emporte pas parce que c'est la France insoumise qui tient la NUPES.
02:29 Qu'est-ce qui se passerait si on n'arrive pas jusqu'à l'article 7 ?
02:32 Ça pose quand même un sacré fichu, j'allais dire, problème démocratique.
02:35 C'est la mesure qui va impacter tous les Français et qui ne serait pas discutée par les députés.
02:42 Parce qu'après, je vous rappelle que ça passe au Sénat, et puis après, il y a ce qu'on appelle une commission mixte paritaire, et c'est terminé.
02:47 Donc qu'on n'ait pas pu avoir à l'Assemblée nationale un vrai débat sur cette question-là, ça serait absurde.
02:52 Alors LFI réfléchit à faire tomber au dernier moment ses amendements pour prendre le gouvernement par surprise ou de vitesse.
02:58 En fait, je vais vous dire une chose, on est dans la politique aérie, ce n'est pas du tout à la hauteur de l'enjeu de société que pose cette réforme.