00:00 - Deux débats sur la réforme des retraites, Mathieu Croissando reprend cet après-midi à 16h.
00:04 Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, sera tout à l'heure l'invité du Face à Face avec Apolline de Malherbe.
00:09 Après la mobilisation de samedi, on a vraiment le sentiment depuis deux jours que les syndicats durcissent le ton.
00:15 Ils appellent à mettre la France à l'arrêt le 7 mars. Qu'est-ce que ça veut dire ?
00:19 - Oui, alors ne dites surtout pas blocage.
00:21 France à l'arrêt, c'est une trouvaille de Laurent Berger, le patron de la CFDT, pour ne pas se mettre à dos l'opinion.
00:27 Ça revient à peu près au même dans les faits et ça montre une chose en tout cas que les syndicats, oui, ont choisi ensemble de durcir le mouvement.
00:33 Et je vais vous dire une chose, entre nous, on les comprend un peu.
00:35 J'ajoute même que le gouvernement leur a bien cherché.
00:37 On en est à quatre journées de mobilisation à Paris, mais aussi dans tout le pays, dans plein de petites villes.
00:42 Et rien, nada ou alou, l'exécutif continue de faire comme si rien ne s'était passé.
00:46 Le président de la République prend un point particulier de se tenir à l'écart.
00:50 Quant au gouvernement, il continue de dire que c'est le temps du Parlement, que ce n'est pas le temps de la rue.
00:54 - Ah si, ce week-end, on a appris grâce aux informations de Thomas Soulier du service politique de BFMTV
00:59 que la première ministre avait fini par décrocher son téléphone et appeler certains leaders syndicaux.
01:03 - Pour leur dire quoi ?
01:04 - D'abord, tous n'ont pas eu le droit à ce coup de fil.
01:06 Le coup de fil à un ami, vous savez, ça a été réservé à Laurent Berger de la CFDT, Frédéric Souillaud de France Ouvrière,
01:11 mais pas Philippe Martinez de la CGT.
01:12 - Il va adorer. - On verra ce qu'il en dit tout à l'heure.
01:14 Alors comme souvent dans ces cas-là, il s'agissait évidemment de prendre la température,
01:17 et la première ministre n'a pas été déçue.
01:19 Écoutez le patron de Force Ouvrière, il raconte son coup de fil hier sur BFMTV.
01:23 - J'ai eu madame la première ministre au téléphone,
01:26 je lui ai dit "si nous ne sommes pas entendus, on va durcir le mouvement".
01:29 Elle a dit "mais c'est à l'Assemblée nationale", elle m'a reparlé de carrières longues et tout ça,
01:35 et je lui ai dit que c'était juste des mesurettes.
01:36 Il y aura un recul de l'âge de départ pour tout le monde,
01:38 et nous sommes contre un recul de l'âge de départ.
01:42 - Et alors toujours selon le service politique de BFMTV,
01:44 on a appris que la première ministre avait même profité de l'occasion pour faire part de son agacement
01:47 sur les éventuelles grèves reconductibles à partir du 7 mars,
01:50 sur le fait que les syndicats ne reconnaîtraient jamais selon elle qu'il y a eu des avancées,
01:54 en tête le passage de 65 à 64 ans pour l'âge légal, l'index senior,
01:59 ou alors cette fameuse question des retraites minimales,
02:02 et là on se dit franchement, on a plutôt de la chance d'avoir des syndicats responsables en ce moment.
02:06 - Pourquoi ? Parce que vous comparez avec ce qui se passe à l'Assemblée ?
02:08 - Bah oui, parce que pendant que l'exécutif continue de faire l'autruche
02:11 et que l'opposition continue de faire le show,
02:13 bah eux contestent, mobilisent, s'opposent, mais sans faire n'importe quoi,
02:16 ni surenchère, ni débordement, alors même quand même que la situation est explosive,
02:20 que la France est en colère et rejette profondément cette réforme,
02:23 et que certains syndicats appellent à un mouvement beaucoup plus dur,
02:26 regardez par exemple Sudrail, on les voit, ils appellent aux grèves reconductibles,
02:29 eux ils parlent carrément de bloquer l'économie pour défendre notre retraite,
02:33 en fait les syndicats dans cette affaire n'en ont pris personne par surprise,
02:35 ils ont alerté, prévenu en temps et en heure l'exécutif,
02:39 l'exécutif a choisi de leur rouler dessus,
02:41 mais eux choisissent de dérouler leur plan tranquillement, pour combien de temps ?