- il y a 4 ans
Mettez vous d'accord avec Régis de Castelnau, avocat (blog : « Vu du droit »), Auteur de « Une justice politique » (L'artilleur) et membre de la rédaction Front Populaire, Clément Tougeron, analyste politique, communicant au sein du cabinet Tilder, Arnaud Benedetti, professeur à la Sorbonne, rédacteur en chef de la revue politique et parlementaire et auteur de “Chaos - essai sur les imaginaires des peuples" (avec Stéphane Rozes) (Editions du Cerf), Éric Revel, journaliste - éditorialiste Sud Radio (Tout compte fait - 7h20 - Grand Matin Sud Radio).
---
Retrouvez nos podcasts et articles : https://www.sudradio.fr/
Nous suivre sur les réseaux sociaux
▪️ Facebook : https://www.facebook.com/SudRadioOfficiel
▪️ Instagram : https://www.instagram.com/sudradioofficiel/
▪️ Twitter : https://twitter.com/SudRadio
▪️ TikTok : https://www.tiktok.com/@sudradio?lang=fr
☀️ Et pour plus de vidéo du Grand Matin Sud Radio : https://youtube.com/playlist?list=PLaXVMKmPLMDRJgbMndsvDtzg5_BXFM7X_
##METTEZ_VOUS_D_ACCORD-2023-02-13##
---
Retrouvez nos podcasts et articles : https://www.sudradio.fr/
Nous suivre sur les réseaux sociaux
▪️ Facebook : https://www.facebook.com/SudRadioOfficiel
▪️ Instagram : https://www.instagram.com/sudradioofficiel/
▪️ Twitter : https://twitter.com/SudRadio
▪️ TikTok : https://www.tiktok.com/@sudradio?lang=fr
☀️ Et pour plus de vidéo du Grand Matin Sud Radio : https://youtube.com/playlist?list=PLaXVMKmPLMDRJgbMndsvDtzg5_BXFM7X_
##METTEZ_VOUS_D_ACCORD-2023-02-13##
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00 - Sud Radio, mettez-vous d'accord, 9h10, Valérie Exper.
00:06 - Bonjour à toutes et à tous, très bonne semaine à l'écoute de Sud Radio, lundi 13 février,
00:12 avec vous pour commenter l'actualité et débattre.
00:15 On va se mettre d'accord autour d'Éric Reveil qui est resté en studio.
00:18 - Bonjour Éric. - Bon, avec moi pas sûr, hein, bonjour Valérie.
00:20 - Non, non, c'est pour ça que j'ai commencé. - Il reste là.
00:22 - Oui, il reste, il était là pour les débats avec Arlette Chabot,
00:28 ça m'aurait bien avoir en débat aussi qu'elle reste avec nous, Arlette, ce serait sympa.
00:32 Vous êtes éditorialiste sur Sud Radio tous les matins, 7h20, tout compte fait dans le Grand Matin Sud Radio.
00:38 Arnaud Benedetti, bonjour, professeur Alassore Bonne, rédacteur en chef de l'excellente revue parlementaire
00:44 Politique et Parlementaire, et vous avez publié un entretien avec Stéphane Rosès,
00:52 K.O. Essai sur les imaginaires des peuples, c'est paru aux éditions du CERF.
00:56 Clément Toujouron, bonjour, analyste politique communiquant au sein du cabinet Tilder,
01:01 bonjour, et Régis De Castelnau, bonjour Régis, je sais que tu es avec nous.
01:04 - Bonjour à tous. - Voilà, avocat, votre blog "Vu du droit", votre dernier livre "Une justice politique"
01:10 est paru aux éditions L'Artilleur et vous êtes membre de la rédaction de Front Populaire, bonjour à vous.
01:17 Oui, vous nous entendez bien, parce que vous êtes un petit peu loin.
01:19 - Oui, oui, je vous entends, je vous entends. - Voilà, on va revenir sur...
01:22 - Je vous salue tous. - On va revenir sur le drame...
01:25 - Oui, oui, allez-y. - Oui, oui, je vous salue de la Réunion.
01:31 - Oui, oui, des tropiques où je suis encore pour quelques jours.
01:34 - Bon, très bien. On va revenir sur le drame de ce week-end, de vendredi soir,
01:39 Pierre Palmade impliqué dans un accident de voiture, il était sous l'emprise de la cocaïne,
01:46 ça nous permet de parler de la drogue au volant, trop peu dépistée, peut-être trop peu de prévention.
01:53 On va parler du cirque à l'Assemblée Nationale, je reste correcte dans les mots que j'emploie,
01:58 parce que ça peut être mal interprété, Thomas Porte exclu pendant 15 jours,
02:03 la poupée d'Elisabeth Borne pendue, le chahut à l'Assemblée Nationale,
02:08 et puis la réforme des retraites évidemment, où on a un petit peu de mal à s'y retrouver,
02:13 sur cette communication ratée d'une manière générale sur la réforme des retraites,
02:18 sur ce texte compliqué, et puis les 1200 euros, effectivement,
02:22 où personne n'avait visiblement rien compris, pas même les membres du gouvernement.
02:25 Commençons avec vos coups de cœur, vos coups de gueule, Clément Toujouron va commencer avec vous,
02:31 c'est un anniversaire ?
02:34 - Oui, il y avait deux sujets, donc j'ai deux sujets, mais sur l'anniversaire, très rapidement,
02:40 hier c'était les 10 ans du mariage pour tous, et je crois que ça fait un écho assez intéressant
02:45 sur ce qui se passe actuellement à l'Assemblée Nationale,
02:48 le mariage pour tous avait été adopté à 329 voix contre 229,
02:54 on se souvient de débats extrêmement virulents, extrêmement violents,
02:57 qui avaient amené à des propos qui avaient choqué une grande partie des concitoyens,
03:02 on avait dit "voilà, c'est la fin du monde, la fin de la filiation", etc.
03:05 10 ans plus tard, je crois qu'on se rend compte que ça n'a pas changé l'essence de notre société,
03:09 mais ça a apporté plus de droits pour un grand nombre des Français aujourd'hui,
03:14 donc je crois qu'il faudrait que les parlementaires gardent une raison,
03:17 parfois quand ils interviennent en mystique,
03:20 parce que ça montre déjà une image catastrophique qu'on avait eue aussi en 2013.
03:25 Et puis sinon, un autre sujet, plutôt un coup de gueule,
03:29 qui était sur TikTok et un nouveau thread qui est arrivé de plus en plus,
03:38 c'est celui de la balaf, ce sont des jeunes collégiens, très jeunes,
03:41 qui se pincent extrêmement fort au visage pour avoir des balafres
03:45 et montrer que ce sont des bad boys.
03:47 Et donc on a la musique qui va avec, on a un effet de masse qui se fait,
03:52 et on en a de plus en plus, on a notamment le Parisien qui a fait son article ce week-end dessus,
03:58 qui a interviewé une dermatologue, Marie Jourdain,
04:01 qui expliquait que ces marques pouvaient à la fois rester quelque peu,
04:06 et puis en même temps être extrêmement graves,
04:09 puisqu'on peut garder des séquelles physiques et esthétiques.
04:12 TikTok, vous le savez, se base sur l'effet à la fois de masse,
04:16 et à la fois de swiper extrêmement rapidement,
04:20 et on arrive à des threads qui sont extrêmement violentes,
04:22 notamment, on se souvient, en septembre 2021, les anti-2010.
04:26 Là c'est plus grave parce que ça touche des ados, des jeunes,
04:30 c'est pour ça que je trouve important d'en parler,
04:32 tout ce qui permet d'interpeller les parents, leur disant "faites attention"
04:37 parce qu'il y a ce phénomène sur TikTok, toujours intéressant,
04:40 ça touche les ados en fait.
04:42 Exactement, vous avez tout à fait raison Valérie,
04:44 parce qu'il y a 1,7 milliard de personnes qui sont actives quotidiennement,
04:49 mensuellement sur TikTok,
04:51 et en France, il y a 7 millions de personnes qui visitent TikTok tous les jours,
04:55 et un quart ont entre 10 et 19 ans.
04:58 10 ans c'est extrêmement jeune,
05:01 comme vous le savez, les écrans pour les jeunes c'est de plus en plus important,
05:04 80% des jeunes de moins de 2 ans sont exposés à des écrans,
05:08 et donc je crois que c'est de plus en plus une question de moins de 2 ans,
05:11 de moins de 2 ans, 80%, c'est énorme,
05:14 et je crois que c'est de plus en plus une question de santé publique,
05:18 parce que l'exposition aux écrans,
05:20 l'exposition à une violence, on l'a vu avec ces balafres,
05:23 mais aussi cette haine anti-2010 qui avait explosé l'année dernière,
05:26 c'est de plus en plus important et de plus en plus grave.
05:28 - Vous étiez au courant les uns et les autres, Eric vous qui avez un garçon assez jeune.
05:34 - Oui, oui, j'ai vu ça, oui, oui, j'ai vu ça sur Twitter,
05:38 je suis sur Twitter, oui,
05:40 c'est moins massif et c'est plus senior, c'est plus boomer que les TikTokers,
05:45 bon, tout ça c'est l'exposition classique, inquiétante,
05:48 aux réseaux sociaux, aux écrans, qu'est-ce que je veux que je vous dise d'autre ?
05:50 - Non, non, mais c'est, voilà, je voulais qu'on en parle ce matin,
05:54 parce que c'est un sujet qui est important,
05:58 et pour les parents qui ne seraient pas au courant,
06:00 qui verraient leurs enfants avec des balafres,
06:02 - Moi j'ai pas d'enfant, donc je vais demander à Eric,
06:04 mais est-ce que vous, enfin, est-ce que vous,
06:06 vous savez par exemple ce que regarde votre enfant,
06:08 alors je sais pas quel âge il a,
06:10 mais je crois que c'est assez difficile de se dire, tiens,
06:12 il a le droit d'utiliser Internet librement et seul,
06:17 mais en même temps il y a quand même des contenus sur lesquels les parents,
06:19 ça doit les choquer et les interloquer.
06:21 - Alors j'en ai trois, dont un qui est plus jeune,
06:23 mais je peux vous dire que mon épouse fait une chasse formidable à l'écran,
06:26 simplement, simplement.
06:28 Vous savez, moi ça me marque toujours quand je lis des papiers sur les patrons de GAFAM,
06:32 les micros,
06:34 Marc Roussoeuf qui dit "Moi mes enfants ils utilisent pas les écrans,
06:36 parce qu'on sait que c'est nocif".
06:38 - Bah en tout cas. - Non mais oui,
06:40 donc c'est ça qui est extraordinaire,
06:42 c'est-à-dire qu'on, d'une certaine manière, on vend un poison intellectuel,
06:44 mais pour les têtes couronnées de ces gens-là,
06:46 il faut pas les utiliser,
06:48 parce qu'ils ont pas envie qu'ils soient contaminés, vous voyez.
06:50 Donc je pense aussi que les parents ont une responsabilité,
06:52 si vous voulez, quand même.
06:54 J'ai un souvenir incroyable, dans un avion,
06:56 vous savez l'endroit où on met les berceaux,
06:58 ça m'a frappé, on met les berceaux là.
07:00 Donc c'était un gamin qui était dedans,
07:02 qui devait avoir, je sais pas, 4 mois, 5 mois, 6 mois,
07:04 j'en sais rien, 8 mois.
07:06 Les parents, pour le temps qu'ils aient eu, ils lui ont filé un iPad,
07:08 dans l'avion, vous voyez.
07:10 - Pour vous répondre à... - Bah voilà, c'est tout.
07:12 - Oui, Régis, vous voulez réagir ?
07:14 - Alors oui, je voulais dire un mot,
07:16 commencer par une petite question,
07:18 est-ce qu'on sait si ce sont d'abord plutôt les garçons,
07:20 ou si les filles le font aussi ?
07:22 - C'est plutôt les garçons, non ?
07:24 De ce que j'ai vu, les photos que j'ai vues, c'était plutôt des garçons.
07:26 - Oui, d'après les vidéos, on n'a pas de statistiques.
07:28 - Vous voulez, c'est une mutation anthropologique,
07:30 le problème, moi, je me rappelle,
07:32 quand j'étais plus jeune,
07:34 quand j'habitais en Allemagne,
07:36 il y avait une tradition chez les ados,
07:38 on faisait des concours à l'esprit,
07:40 mais ensuite, il fallait, c'était ceux qui avaient des balafres,
07:42 et qui les revendiquaient,
07:44 comme ça, et tout, bon, mais ça concernait
07:46 des petites communautés,
07:48 c'était essentiellement les étudiants.
07:50 Aujourd'hui, c'est devenu
07:52 incroyablement massif,
07:54 à cause de la mutation des réseaux,
07:56 de la mutation numérique.
07:58 Cette globalisation est vertigineuse.
08:00 - On va en reparler tout à l'heure,
08:02 on va en parler tout à l'heure,
08:04 des réseaux aussi, dans l'affaire
08:06 de Pierre Palmade, parce qu'on est passé à 66 millions
08:08 de procureurs, c'est-à-dire qu'on va
08:10 en reparler tout à l'heure. Eric, vous vouliez
08:12 revenir sur
08:14 un fait, à savoir
08:16 Louis Boyard, qui a été menacé.
08:18 - Oui, c'est formidable, non ?
08:20 Alors, oui, Louis Boyard, qui n'a rien à voir
08:22 avec le père Fouras, et donc le fort
08:24 Boyard, je le rappelle, c'est
08:26 un homonyme pur. Alors, Louis Boyard,
08:28 il a fait tout un sketch à l'Assemblée nationale,
08:30 où, en tant que député, vous avez le droit de dire ce que
08:32 vous voulez, quasiment sans être menacé
08:34 de quoi que ce soit, il a expliqué de nouveau
08:36 que la police tuait.
08:38 Alors, ce qui est marrant, c'est que la gauche
08:40 qui nous explique qu'il ne faut pas
08:42 instrumentaliser, qu'il ne faut pas
08:44 essentialiser, il aurait pu dire
08:46 que la police parfois dérape. Mais non, c'est la police
08:48 tue en général, donc il essentialise.
08:50 Et alors, le même Louis Boyard, pour des
08:52 raisons que j'ignore, est menacé.
08:54 Donc, il a été visiblement porté plainte,
08:56 et il va être protégé, surveillé
08:58 par la police. Voyez, il va être surveillé
09:00 par la police, donc espérons
09:02 qu'il n'y aura pas de bavure. Mais voyez,
09:04 la République est en mieux, elle est bonne fille quand même,
09:06 elle protège tout le monde, et il faut
09:08 qu'elle protège les députés. Mais,
09:10 j'aimerais bien entendre Louis Boyard maintenant, si vous voulez.
09:12 Donc, il explique, par provocation,
09:14 que la police tue.
09:16 Voyez, la police tue, c'est énorme,
09:18 c'est quasiment un appel à la violence et à l'insurrection.
09:20 Et en même temps, quand il est menacé à titre
09:22 personnel en tant que député, c'est normal, il est protégé.
09:24 Mais il est protégé par qui ? Par la police.
09:26 - Oui, j'aimerais pas être à la place des policiers
09:28 qui vont le surveiller.
09:30 On va... Et puis peut-être un petit
09:32 mot sur Nanterre.
09:34 - Oui. - Alors, c'est Clément qui m'a envoyé
09:36 ce matin. - Oui, le tour à Yaux.
09:38 - Alors, c'est donc une tour à Nanterre,
09:40 dans laquelle les habitants ont eu
09:42 une surprise de voir un petit panache.
09:44 - Un mode d'emploi. - Chers voisins, chers voisines,
09:46 - Voilà, oui, j'ai lu le livre. - Comme
09:48 vous avez pu le constater, nous sommes de retour dans
09:50 la tour. On s'engage, donc
09:52 ONT, je vous épargne les fautes d'orthographe,
09:54 à ne pas laisser de déchets, pas de tapage
09:56 et personne ne va fumer dans la
09:58 tour, aucun manque de respect, blablabla.
10:00 Nous vous demandons de respecter
10:02 les consignes et les employés.
10:04 - Pour de la communication. - Rien ne sert de
10:06 leur hurler dessus. Si vous avez une requête
10:08 ou autre, n'hésitez pas à communiquer avec nous.
10:10 Nous ne sommes pas là pour
10:12 perturber votre quotidien
10:14 uniquement pour travailler. Ce sont des dealers.
10:16 - Oui, c'est ça, ce sont des dealers. - Bien cordialement, ça se termine.
10:18 - Dans des grandes tours HLM
10:20 qui sont juste à côté, pour ceux qui connaissent
10:22 du centre commercial des Quatre Temps,
10:24 c'est ces tours avec les fenêtres
10:26 en forme de larmes, vous voyez. - Oui, oui.
10:28 - Et on peut pleurer là, parce qu'on s'aperçoit
10:30 que le trafic de drogue
10:32 gagne tellement, en fait,
10:34 dans nos quartiers,
10:36 jusque-là y compris dans les villes moyennes,
10:38 qu'aujourd'hui, en fait, les dealers proposent
10:40 le règlement intérieur de
10:42 colocation, vous voyez, c'est-à-dire qu'ils disent
10:44 "Vous nous embêtez pas et nous, on trafiquera
10:46 tranquillement sans vous embêter."
10:48 Non mais c'est absolument sidérant. Et je crois que c'est
10:50 dans ce quartier d'ailleurs qu'il y avait eu un mort
10:52 il y a quelques mois
10:54 où il y avait eu un règlement de comptes,
10:56 je crois que c'était exactement là, autour Ayot,
10:58 mais on passe des degrés en degrés, c'est-à-dire
11:00 que ce qui était totalement
11:02 illégal, et on reparlera tout à l'heure de
11:04 drogue, devient une
11:06 espèce de norme, c'est-à-dire que maintenant, les dealers
11:08 imposent leur règlement intérieur
11:10 de colocation dans les HLM.
11:12 - C'est signé, donc si vous avez besoin de quoi que ce soit,
11:14 nous sommes là avec le grand plaisir.
11:16 Merci d'avance, merci bien à vous.
11:18 La direction, la direction.
11:20 Je vous donne la parole. - J'espère que c'était
11:22 authentifié, parce que ça paraît tellement énorme.
11:24 - Je vous donne la parole, Régis.
11:26 - On peut dire un tout petit mot
11:28 sur l'ami d'Éric, ce cher
11:30 Boyard, ce cher Boyard,
11:32 il a été dealer, il l'a reconnu chez Anouna,
11:34 il dit "il fallait bien que je paye mes études".
11:36 - C'est vrai. - Il était député aujourd'hui,
11:38 aucun procureur n'a...
11:40 Mais j'en reparlerai. - On va en reparler,
11:42 parce qu'on doit marquer une petite pause.
11:44 Il est 9h14, et on revient dans un instant
11:46 avec vous, à tout de suite.
11:48 - Sud Radio,
11:50 mettez-vous d'accord, 9h10,
11:52 Valérie Exper.
11:54 - Allez, on continue
11:56 de commenter l'actualité, on va évidemment
11:58 revenir sur l'accident provoqué
12:00 par Pierre Palmade,
12:02 dans un instant, on continue
12:04 notre tour de table, Régis De Castelnau,
12:06 c'est un coup de coeur.
12:08 - Oui, un coup de coeur.
12:10 On m'a refusé mon coup de gueule,
12:12 parce que vous en avez déjà beaucoup parlé, je voulais dire du mal de Mélenchon,
12:14 mais là, c'est un coup de coeur.
12:16 - Oui, l'Adrien Katnas, on l'a fait vendredi
12:18 beaucoup, mais allez-y. - Oui, très bien, non, non,
12:20 il n'y a pas de problème. - Vous l'avez quand même dit.
12:22 - Oui, et puis, je vais dire,
12:24 ça permettra de pointer certaines hypocrisies
12:26 quand on va parler de Pierre Palmade.
12:28 Non, c'est ce qui se passe aux Etats-Unis,
12:30 dans la nouvelle
12:32 Chambre des représentants, il y a
12:34 une commission d'enquête
12:36 sur Twitter,
12:38 après le rachat par
12:40 Elon Musk, et là,
12:42 c'est un festival, alors c'est très intéressant,
12:44 ça dit des choses inquiétantes
12:46 et ça dit des choses rassurantes.
12:48 Moi, les choses rassurantes, il faut aller
12:50 voir les parlementaires,
12:52 la pugnacité, la qualité
12:54 des échanges et des interventions,
12:56 je pense qu'on ferait bien, peut-être,
12:58 en prendre de la graine, Dieu sait,
13:00 si je ne suis pas un grand fanat
13:02 des Etats-Unis. Sinon, le deuxième,
13:04 c'est qu'on constate,
13:06 on constate à l'audition
13:08 des anciens dirigeants de Twitter
13:10 que Twitter était devenue une annexe
13:12 du FBI, pas moins de neuf
13:14 agents du FBI étaient à la direction
13:16 de Twitter, ils venaient directement
13:18 du FBI.
13:20 Voilà, j'invite à aller
13:22 voir un exercice de démocratie qui est
13:24 assez reboratif et qui mérite
13:26 un petit détour.
13:28 - On va s'y pencher parce que
13:30 je n'avais pas du tout suivi cette affaire. Arnaud,
13:32 vous vouliez revenir ? - Juste me rebondir sur ce que
13:34 vient de dire Régis, c'est vrai que les commissions
13:36 d'enquête parlementaire aux Etats-Unis
13:38 et au Congrès, c'est autre chose qu'en France.
13:40 Il faut le dire, quand même. Mais enfin, c'est un autre système.
13:42 - Je vous ai accordé, alors vous voyez,
13:44 je suis très injuste.
13:46 - Mais je suis très gêné.
13:48 - J'ai refusé
13:50 à Régis de reparler
13:52 de Mélenchon, parce qu'on l'a beaucoup fait,
13:54 mais c'est vrai qu'on a aussi parlé
13:56 de Rima Abdoulmala,
13:58 la ministre de la Culture,
14:00 qui, on l'a moins fait, vendredi,
14:02 qui a évoqué
14:04 le cas de CNews et de
14:06 C8. - Oui, en quelques
14:08 mots, en effet, la ministre de la Culture
14:10 sur, je crois,
14:12 France Inter, pour ne pas les citer,
14:14 a
14:16 finalement critiqué
14:18 la politique éditoriale
14:20 de CNews en considérant que
14:22 cette politique éditoriale était,
14:24 à ses yeux,
14:26 insuffisamment pluraliste, et que
14:28 cela pourrait remettre en cause
14:30 l'attribution de la fréquence par
14:32 l'ARCOM. Deux choses, moi, que m'inspirent
14:34 cette déclaration. Premier point, d'abord,
14:36 c'est que, il me semble,
14:38 que la ministre outrepasse son rôle
14:40 et qu'elle ne sait pas ce que c'est
14:42 qu'une autorité indépendante. Je rappelle
14:44 que si on a mis en place une autorité indépendante
14:46 sous François Mitterrand dans les années 80,
14:48 c'était la haute autorité
14:50 à l'époque, qui est devenue ensuite
14:52 le CSA et qui est maintenant l'ARCOM,
14:54 c'était justement pour couper les liens
14:56 entre le pouvoir politique et
14:58 l'information. Donc,
15:00 elle a manifestement raté
15:02 une étape.
15:04 Deuxième
15:06 élément, moi, ce qui me frappe toujours,
15:08 c'est que
15:10 des acteurs politiques
15:12 qui se réclament du libéralisme,
15:14 finalement, ont une forte tendance
15:16 à l'illibéralisme. C'est-à-dire que
15:18 ils vont condamner, par exemple,
15:20 et il y aura raison, parfois,
15:22 ce que fait M. Orban en son prénom à la presse
15:24 au Hongrie. Et eux
15:26 vont finalement adopter
15:28 parfois des comportements
15:30 et des attitudes qui ne sont pas,
15:32 je ne dis pas sans rappeler totalement
15:34 ce que fait Orban au Hongrie, mais qui quand même
15:36 néanmoins montrent qu'ils
15:38 respectent de manière très relative
15:40 l'indépendance éditoriale
15:42 des opérateurs de presse.
15:44 Donc, moi, ça me pose
15:46 un problème. Et il y a vraiment,
15:48 je pense, c'est ça le plus important.
15:50 C'est-à-dire que je crois qu'il y a une dérive de ce que l'on appelle
15:52 les libéraux, aujourd'hui, dans une forme
15:54 d'autoritarisme,
15:56 dont le macronisme, me semble-t-il,
15:58 est une illustration, parmi tant d'autres.
16:00 Et les propos de la ministre de la Culture, moi, me paraissent
16:02 totalement déplacés. - Oui, déplacés.
16:04 Et puis oui, elle sort complètement
16:06 de son rôle. - Je voudrais rajouter...
16:08 - Puis ça intervient en plus... - Je voudrais rajouter... - Oui. Alors allez-y, Régis.
16:10 - Un petit quelque chose
16:12 à ce que vient de dire Arnaud. - Oui.
16:14 - C'est-à-dire que la ministre de la Culture,
16:16 c'est pas l'absence de pluralisme
16:18 qui la gêne. C'est qu'on y développe
16:20 des idées qui ne sont pas les siennes.
16:22 - Mais bien sûr. - C'est exactement ça.
16:24 Et c'est très grave, ce qui s'est produit là.
16:26 C'est très grave, parce que...
16:28 Et alors, les libéraux, Arnaud, je veux bien,
16:30 mais il y a un goût pour la gauche,
16:32 entre guillemets, je la mets toujours entre guillemets,
16:34 qui a oublié ce que disait Rosa Luxembourg,
16:36 c'est-à-dire la liberté d'expression,
16:38 c'est d'abord celle de ceux qui ne pensent pas comme moi.
16:40 Eh bien,
16:42 la gauche, elle est toujours à la manœuvre
16:44 pour réclamer la censure.
16:46 Émeric Caron, député, a dit "je vais militer,
16:48 je réclame qu'on lui retire
16:50 ses fréquences". Ah, c'est nous,
16:52 je ne sais plus qui.
16:54 Donc, non, je pense que c'est un vrai problème
16:56 de liberté d'expression,
16:58 et le fait
17:00 que le ministre en exercice, le ministre de la Culture,
17:02 qui devrait être le ministre de la liberté d'expression,
17:04 se prononce de cette façon-là,
17:06 est quand même très grave.
17:08 - Oui. Eric, si vous voulez réagir.
17:10 Vous allez sur le plateau
17:12 de CNews.
17:14 Vous avez eu affaire au CSA,
17:16 que vous n'avez pas le sentiment
17:18 de trouver très indépendant,
17:20 si j'en crois votre regard.
17:22 - J'ai vu dans ma
17:24 modeste carrière de patron de médias
17:26 que c'était un peu plus compliqué que ça, les relations
17:28 entre le pouvoir politique quel qu'il soit
17:30 et l'autorité de régulation
17:32 des médias, premier point.
17:34 Deuxième point, il y a au moins
17:36 un avantage à la sortie de la ministre de la Culture,
17:38 c'est qu'au moins, on sait maintenant
17:40 qu'il y a une ministre de la Culture,
17:42 et on connaît
17:44 maintenant son nom.
17:46 Elle a fait une sorte de buzz autour de ça.
17:48 Ce qui est très embêtant, quand même,
17:50 c'est qu'il n'y a eu
17:52 aucune réaction de l'ARCOM,
17:54 qui a succédé au CSA.
17:56 Mais si l'ARCOM ne réagit pas, ça veut dire
17:58 qu'elle l'avalise, l'autorité avalise l'idée
18:00 qu'elle n'est pas indépendante du pouvoir politique.
18:02 Puisque c'est Madame,
18:04 la ministre de la Culture, qui donne
18:06 le la sur cette affaire
18:08 de reprise en 2025
18:10 à deux ans des élections présidentielles,
18:12 de deux fréquences de TNT gratuites
18:14 qui seraient celles de C8 et de CNews.
18:16 Alors mon petit doigt me dit,
18:18 parce que je connais un peu le secteur,
18:20 c'est que si vous retirez
18:22 des fréquences à deux chaînes,
18:24 c'est que
18:26 vous n'allez pas les détruire, ces fréquences,
18:28 vous allez donc les attribuer à quelqu'un d'autre.
18:30 Donc il y a ce qu'on appelle publiquement, sans doute en arrière-plan,
18:32 un mécano industriel.
18:34 C'est-à-dire qu'on regarde,
18:36 sans doute, quelles seraient
18:38 les personnes, les groupes, susceptibles
18:40 éventuellement de reprendre
18:42 ces fréquences à deux ans
18:44 de l'élection présidentielle, s'interviewer en 2025.
18:46 Mais parce que je suis totalement honnête,
18:48 je me demande si
18:50 cette double déclaration de la ministre de la Culture,
18:52 qui l'a fait sur France Inter,
18:54 mais qui l'avait fait également, quelque temps avant, dans une interview
18:56 au Monde.
18:58 Ce qui veut dire que c'est pas
19:00 simplement une idée qui lui est venue dans la tête,
19:02 mais quelque chose qu'elle martèle.
19:04 Et elle a été conseillère culturelle
19:06 du président de la République à l'Élysée.
19:08 Et bien je me demande, en toute honnêteté,
19:10 si finalement, c'est pas la meilleure assurance-vie
19:12 pour ses chaînes. Parce que si ça se produit en 2025,
19:14 alors là, ce sera clair, comme de l'eau de roche,
19:16 tout était prévu, vous voyez ?
19:18 Peut-être qu'elle a tort de marteler
19:20 cette chose-là, qu'il aurait, si c'est la démarche,
19:22 il aurait fallu le faire
19:24 sous roche, vous voyez, tranquillement.
19:26 - Je voudrais rebondir sur ce que disait Régis,
19:28 ce qui me paraît important dans cette affaire,
19:30 c'est le rapport à la contradiction.
19:32 C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
19:34 vous avez un certain nombre d'acteurs politiques
19:36 qui n'acceptent pas, finalement,
19:38 l'esprit de contradiction.
19:40 Qui n'acceptent pas véritablement le pluralisme.
19:42 C'est un vrai sujet. Moi, je suis de ceux qui pensent que...
19:44 Je suis très ambivalent
19:46 par rapport à la question de la liberté d'expression
19:48 telle qu'elle est traitée aujourd'hui.
19:50 D'un certain côté, je me dis que finalement, la liberté d'expression,
19:52 malgré tout, continue d'une
19:54 certaine manière à pouvoir opérer
19:56 comme elle opérait par le passé.
19:58 Et on voit que malgré tout,
20:00 vous avez aussi un certain nombre d'acteurs publics, d'acteurs politiques,
20:02 d'acteurs intellectuels
20:04 qui la refusent par leur déclaration
20:06 et parfois par leur comportement.
20:08 Quand vous avez, par exemple, un certain nombre
20:10 de politiques qui refusent
20:12 d'aller sur ces news,
20:14 c'est leur droit, en effet.
20:16 Mais en l'occurrence, ça traduit quelque chose
20:18 sur, finalement, une forme d'intolérance
20:20 et une forme de sectarisme.
20:22 Et je trouve ça regrettable pour le débat public,
20:24 et même pour les citoyens.
20:26 Je me souviens plutôt aussi à ce micro quand j'étais sur LCI.
20:28 Les seuls qui refusaient de débattre
20:30 ou de serrer la main, c'était communistes
20:32 et il y avait les filles à l'époque
20:34 qui refusaient
20:36 d'être en plateau avec des gens
20:38 du Rassemblement National. Pourquoi pas ?
20:40 Enfin, pourquoi pas, non ? Débattons,
20:42 on lâche vite, c'est quand même terrible.
20:44 Et puis d'estimer qu'il n'y a pas de débat possible,
20:46 c'est assez...
20:48 Moi, ça m'a toujours marquée.
20:50 Parce que j'ai vu des gens comme François d'Orcival,
20:52 qui travaillait à Valeurs Actuelles,
20:54 qui travaillait au magazine, serrer la main
20:56 de Charb qui était à Charlie Hebdo,
20:58 il y avait du débat, il y avait de l'échange.
21:00 C'est pas comme ça qu'on avance non plus.
21:02 - Tout à fait. Je crois que ce qui est extrêmement important,
21:04 c'est notre difficulté aujourd'hui
21:06 à entendre qu'une personne ne pense pas comme nous
21:08 et qu'on puisse échanger.
21:10 On le voit à l'Assemblée Nationale sur la réforme des retraites,
21:12 ils échangent absolument pas, ils se gueulent dessus.
21:14 - On va en parler.
21:16 - Et il n'y a aucun échange un peu constructif.
21:18 Je pense qu'on peut comprendre qu'il y a une partie
21:20 des politiques qui veuillent une réforme
21:22 avec un âge de la retraite
21:24 beaucoup plus avancé,
21:26 et d'autres qui ne le veulent pas,
21:28 mais qu'ils ne puissent pas échanger. C'est grave.
21:30 En revanche, là où la ministre
21:32 sort
21:34 sur ce sujet-là,
21:36 elle en fait un sujet politique,
21:38 est-ce qu'elle ira jusqu'au bout ? Non.
21:40 Elle a principalement, je pense, une posture
21:42 qui est de rappeler la puissance
21:44 de l'État dans un sujet qui,
21:46 en plus, elle le sait, cristallise
21:48 un grand nombre de tensions.
21:50 Il y a eu de nombreuses polémiques,
21:52 notamment sur C8 avec
21:54 TPMP, et donc,
21:56 elle utilise ce capital,
21:58 cet actif, on va dire,
22:00 pour, en effet, sortir
22:02 et émerger en tant que personne.
22:04 Est-ce qu'elle ira jusqu'au bout ?
22:06 On verra à l'avenir,
22:08 mais j'entends que vous puissiez dire "c'est grave"
22:10 parce qu'on ne joue pas avec ce sujet-là.
22:12 - D'abord, parce que l'Arcom,
22:14 la semaine dernière, a infligé une amende
22:16 record de 3,5 millions d'euros
22:18 à C8 pour
22:20 l'affaire entre
22:22 Anouna et Boyard, donc ça veut dire que l'Arcom
22:24 joue un rôle, mais pardonnez-moi, un ministre
22:26 de la Culture qui n'est pas encore un ministre de l'Information,
22:28 que je sache, qui monte au créneau
22:30 pour dire ce qui est bien de manière éditoriale
22:32 et ce qui ne le serait pas, c'est extrêmement dangereux.
22:34 Et je vais même aller plus loin.
22:36 Je crois que c'était Léa Salamé
22:38 qui faisait Saint-Atrouf sur Inter. Pourquoi est-ce que
22:40 Léa Salamé, qui est une journaliste ultra-compétente,
22:42 documentée, ne lui dit pas
22:44 "Mais Madame, pardonnez-moi, mais vous
22:46 n'avez pas le pouvoir qu'a l'Arcom.
22:48 Ou alors, dites-nous que l'Arcom dépend de vous."
22:50 - Oui, mais surtout...
22:52 - Elle ne réagit pas. - Surtout...
22:54 - Surtout... - Bah si, cher monsieur
22:56 Clément, si, si, si.
22:58 - Là-dessus, on a toujours, je pense que
23:00 Valérie pourrait nous le dire, et vous le savez
23:02 aussi, il y a des moments où le journaliste
23:04 intervient, change, etc., mais
23:06 il n'est pas capable de le faire à chaque fois.
23:08 - Mais attendez, elle passe cinq minutes sur le sujet.
23:10 - Je pense que Breston sur le sujet de l'Amnistie
23:12 est aucune clé à Salamé. - Non,
23:14 parce que c'est un travail journalistique.
23:16 C'est un travail journalistique. Normalement,
23:18 tel que ça construit... - Elle a fait une erreur,
23:20 elle a fait une erreur, d'accord. - Une erreur, oui,
23:22 une erreur. - Mais c'est vrai que, en plus, le timing,
23:24 c'est-à-dire que l'annonce de C8, l'amende
23:26 pour C8 a été annoncée dans l'après-midi,
23:28 et que, en quelque sorte, elle
23:30 commente avant, elle explique pourquoi...
23:32 - Oui, moi je suis surpris qu'il y ait peu de médias,
23:34 et il y a très peu de médias. - Elle refuse de commenter
23:36 M6, elle refuse de commenter...
23:38 - Eric, ce qu'il y a de surprenant... - Dans l'interview,
23:40 l'attribution de la DLT à M6...
23:42 - Oui, oui, je suis d'accord avec vous. - Non, mais ce qu'il y a de très surprenant
23:44 et vraisemblablement de plus choquant, c'est que beaucoup de médias,
23:46 finalement, ne se soient pas
23:48 offusqués des déclarations
23:50 d'Apache, parce que,
23:52 au-delà de ces news, c'est un problème dans les relations
23:54 du pouvoir et des médias. - Allez, petite
23:56 pause, 9h29, 9h30,
23:58 oh là là, on est en retard, à tout de suite.
24:00 - Oh là là.
24:02 - Sud Radio, mettez-vous d'accord,
24:04 9h10, Valérie Exper.
24:06 - Le débat continue, même
24:08 pendant la pub.
24:10 Droite, gauche, la représentation, tout ça.
24:12 Parlons de l'actualité,
24:14 voilà, le débat
24:16 de ce qui s'est passé vendredi,
24:18 Pierre Palmade aurait percuté,
24:20 j'emploie quand même le conditionnel, parce qu'il y a
24:22 une enquête qui est en cours,
24:24 mais de toute évidence,
24:26 il aurait percuté,
24:28 il serait sorti de la ligne droite et aurait
24:30 percuté un véhicule à bord duquel se trouvait
24:32 un homme qui conduisait,
24:34 sa belle-sœur,
24:36 enceinte, et un petit garçon de 6 ans.
24:38 Les 3 sont dans un,
24:40 enfin les 4 sont dans un état grave,
24:42 en tout cas la maman
24:44 a perdu son bébé,
24:46 elle est sortie d'affaires, apparemment,
24:48 son pronostic vital n'est plus engagé, celui de Pierre Palmade
24:50 non plus, en revanche le petit garçon est
24:52 toujours dans le coma, et
24:54 le conducteur a été visiblement
24:56 très très grièvement blessé.
24:58 Donc beaucoup de choses
25:00 à dire, vous disiez Clément,
25:02 juste pendant une pause,
25:04 on en sait trop et on n'en sait pas
25:06 assez sur
25:08 cette affaire, et c'est vrai, et ça permettra
25:10 de voir avec Régis, c'est-à-dire
25:12 tous les commentaires qu'il peut y avoir
25:14 sur Twitter,
25:16 alors qu'on ne sait pas tout non plus,
25:18 on sait que Pierre Palmade a été testé
25:20 positif à la cocaïne,
25:22 et que c'est évidemment
25:24 impardonnable, inexcusable,
25:26 et qu'il a provoqué un accident
25:28 effroyable. - C'est effroyable comme accident,
25:30 évidemment on pense tout d'abord
25:32 aux victimes,
25:34 aux trois personnes qui étaient dans la voiture
25:36 qui ont été percutées, à leur famille,
25:38 à leurs proches, et en même
25:40 temps, de plus en plus, je trouve ça de plus
25:42 en plus obscène, parce que, et même pour la
25:44 famille, de suivre ça,
25:46 je pense qu'ils n'ont pas forcément envie
25:48 que toute leur, toute la
25:50 situation soit exposée aux médias,
25:52 on a, heure après heure,
25:54 de plus en plus de curiosités
25:56 qui deviennent presque... Maintenant je vais aller sur
25:58 vos confrères d'LCI TF1,
26:00 ils sont allés jusqu'à interviewer
26:02 le pompier qui a sorti... - Qui est intervenu,
26:04 Pierre Palmazin. - Je crois qu'à un moment,
26:06 on peut peut-être arrêter, c'est un vrai sujet,
26:08 un sujet qui est gravissime, il a fait
26:10 quelque chose de terrible,
26:12 et
26:14 il va être, il sera
26:16 sanctionné par la justice, comme la justice
26:18 pense qu'il doit être sanctionné,
26:20 donc il encourt, je crois,
26:22 entre 5 et 10 ans de prison,
26:24 plusieurs dizaines de milliers d'amendes, et c'est tout à fait
26:26 normal. Après,
26:28 est-ce qu'on est censé avoir par le menu
26:30 tout ce qu'il s'est passé, heure après heure,
26:32 minute après minute, sur le sujet ?
26:34 Je ne crois pas.
26:36 Je crois qu'il faut avoir, avant tout,
26:38 une pensée pour ces victimes.
26:40 Et enfin, le dernier sujet, c'est que
26:42 malgré tout,
26:44 et moi c'est ce qui me choque, c'est que même s'il y a cette
26:46 histoire qui est terrible, qui choque, est-ce que
26:48 demain, il y a des dizaines
26:50 de milliers de personnes qui prennent de la
26:52 drogue avant de prendre le volant,
26:54 qui boivent avant de prendre le volant, qui disent
26:56 "Ah oui, il y a eu cette affaire, donc je ne le
26:58 ferai pas". Je crois que
27:00 les accidents de la route
27:02 sur ce thème-là vont continuer
27:04 et c'est dramatique.
27:06 - Et surtout, on parle assez peu, effectivement,
27:08 de l'état des gens qui consomment de plus
27:10 en plus de cocaïne et qui prennent le volant
27:12 sous l'emprise des drogues.
27:14 - C'est 21%
27:16 des accidents de la route aujourd'hui.
27:18 - Principalement des hommes.
27:20 - Il faut le dire, c'est important.
27:22 - Régis, vous qui êtes avocat,
27:24 ça soulève un certain
27:26 nombre de questions, effectivement.
27:28 C'est plus largement
27:30 le fait qu'on retrouve assez
27:32 souvent toutes les procédures directement
27:34 dans la presse et effectivement
27:36 tous les détails. Par exemple,
27:38 je sais que BFM a dit qu'il y avait eu
27:40 ce qu'on appelle du chemsex,
27:42 c'est-à-dire que ce matin, c'était très bien expliqué
27:44 dans la matinale de Patrick Roger,
27:46 or le procureur a répondu
27:48 qu'il n'était pas au courant de cette information.
27:50 - C'est dingue, ça.
27:52 - On est en train aussi de construire
27:54 des histoires
27:56 sans avoir les détails. Je vous laisse la parole, Régis.
27:58 - Ecoutez, ce n'est pas nouveau.
28:00 Je pense que cette façon
28:02 de se servir ce populisme
28:04 judiciaire, rappelez-vous
28:06 l'affaire Daval. L'audience
28:08 a quasiment eu lieu sur les plateaux
28:10 des chaînes d'infos.
28:12 Je suis toujours
28:14 vendebout contre ces lynchages
28:16 médiatiques, contre la meute.
28:18 C'est toujours une sale gueule.
28:20 C'est toujours coupé-cris, mais quelquefois, ce n'est pas facile.
28:22 Pour Tariq Ramadan, par exemple,
28:24 pour
28:26 Mgr Barbarin, ou pour
28:28 Bertrand Cantat, ce n'est pas toujours simple.
28:30 C'est souvent géométrie variable.
28:32 Donc là, cette fois-ci,
28:34 il y a effectivement
28:36 le système médiatique qui s'est emparé de ça.
28:38 Et il y a également les réseaux sur lesquels
28:40 ça a explosé.
28:42 Parce que c'est un fait divers.
28:44 Un fait divers, ça raconte une société.
28:46 Et là, ça raconte des choses
28:48 qui sont assez déplaisantes.
28:50 Ça raconte un petit peu cette France d'en haut
28:52 au sein de laquelle
28:54 la consommation de cocaïne
28:56 est devenue quelque chose
28:58 de banal, je dirais presque.
29:00 Il y a
29:02 15 jours, on a appris
29:04 qu'un député Renaissance
29:06 non seulement prenait de la cocaïne,
29:08 mais l'a montrée à son fils, etc.
29:10 Il n'y a eu
29:12 aucune réaction du parquet, autre que de transmettre
29:14 à la chancellerie pour qu'on le prévienne
29:16 de se tenir à carreau.
29:18 C'est en violant le secret de l'enquête.
29:20 Y a-t-il eu des réactions
29:22 judiciaires ?
29:24 C'est une infraction. Consommer
29:26 de la cocaïne est une infraction.
29:28 C'est un délit. Il ne s'est rien passé.
29:30 Donc il y a cette chose-là
29:32 qui fait que ça renvoie
29:34 effectivement à une image de cette France
29:36 d'en haut, de
29:38 ce monde du showbiz qui a tendance
29:40 à très souvent, ce n'était pas le cas de Palmat que j'aime bien,
29:42 à donner des cours de morale.
29:44 Il ne faut pas être trop surpris
29:46 qu'il y ait cet aspect d'explosion
29:48 dans un fait divers
29:50 qui est de ce point de vue un peu caricatural.
29:52 Donc voilà,
29:54 ce sont des remarques.
29:56 - Eric, à la cravate.
29:58 - Moi je ne reprendrai pas du tout l'idée d'un fait divers.
30:00 Pardonnez-moi, ce n'est pas un fait divers.
30:02 - Si, si, Eric, excusez-moi.
30:04 - Au sens propre du fait divers.
30:06 - Non, non, non, le fait divers, c'est générique.
30:08 - Vous savez, vous pouvez tuer
30:10 par arme
30:12 indirectement,
30:14 je n'ai plus le terme juridique, mais pardonnez-moi,
30:16 si ce que
30:18 l'enquête risque de prouver est juste,
30:20 si vous étiez
30:22 la famille en face, mon cher Régis,
30:24 qui arrivait tranquillement dans sa voiture
30:26 et vous avez fait affaire à un type,
30:28 qu'il soit vedette ou pas, qui vous bougeait vos yeux...
30:30 - Non mais c'est le terme générique.
30:32 - Fait divers, non, c'est pas
30:34 un fait divers.
30:36 Tout le monde ne prend pas de la cocaïne en l'air.
30:38 - Non mais ce n'est pas pésoratique, Eric, le terme fait divers.
30:40 - Il a été condamné en 1995,
30:42 Pierre Palmade, quand même.
30:44 - Je suis d'accord.
30:46 - Pour consommation de cocaïne.
30:48 - Les romans policiers sont pleins.
30:50 Toutes les... Simonon, c'est du fait divers,
30:52 mais ça a été magnifié par la littérature.
30:54 Ce n'est pas péjoratif, dans ma bouche,
30:56 le fait divers, il ne faut pas qu'il y ait de malentendus.
30:58 Je dis que c'est un fait divers, c'est un fait
31:00 de société, et ça raconte des choses terribles
31:02 sur notre société, sur Palmade,
31:04 parce que dans un premier temps,
31:06 qu'est-ce qui s'est passé ? Moi, j'ai regardé sur les réseaux.
31:08 Il y a eu un déferlement
31:10 de tweets nous disant
31:12 de ses amis, c'est terrible, c'est affreux,
31:14 on donnait de ses nouvelles, la famille a communiqué,
31:16 en disant "il va bien", les autres, on n'en parlait pas.
31:18 On nous a annoncé tout de suite
31:20 que Muriel Robin et Mimi Marchand,
31:22 la grande amie de Brigitte Macron,
31:24 étaient immédiatement parties
31:26 de la soirée des Victoires de la Musique
31:28 pour aller à son chevet.
31:30 Il y a eu cette indécence-là.
31:32 On est d'accord, Eric,
31:34 on est entièrement d'accord, sur le fond.
31:36 Pas sur le terme "fédéraire"
31:38 qui, pour moi, est générique.
31:40 - Il y a plusieurs éléments
31:42 qui expliquent, j'allais dire,
31:44 cette hyper-médiatisation. C'est d'abord la personnalité,
31:46 évidemment, ça c'est un premier point.
31:48 Deuxième point, il y a eu deux séquences,
31:50 il y a eu deux temporalités quand on regarde de près
31:52 la façon dont se sont déroulées
31:54 chronologiquement les éléments.
31:56 Premier élément, en effet,
31:58 il y a l'annonce de cet accident,
32:00 et on voit que ça bascule dans la soirée
32:02 ou plutôt dans la nuit,
32:04 où on apprend que finalement,
32:06 manifestement, c'est Pierre Palmat
32:08 qui a provoqué l'accident,
32:10 et qu'il y aurait deux personnes
32:12 dans la voiture qui auraient fui.
32:14 Donc là, à partir de là, il y a un changement.
32:16 Et d'ailleurs, ça se voit quand on regarde de près
32:18 le fonctionnement des réseaux sociaux,
32:20 c'est à partir de ce moment-là que la tonalité,
32:22 le registre, changent considérablement
32:24 sur les réseaux sociaux.
32:26 J'ai envie de dire que c'est un peu inévitable,
32:28 c'est-à-dire que c'est un peu inévitable.
32:30 À partir du moment où vous avez un croisement
32:32 des réseaux sociaux, inévitablement,
32:34 on se retrouve dans ce type de situation.
32:36 Mais ce qui est quand même en effet problématique,
32:38 c'est la façon dont parfois un certain nombre
32:40 de médias euphémisent
32:42 quelque part l'effet.
32:44 C'est-à-dire que, en effet,
32:46 j'entends très rarement aujourd'hui
32:48 des médias dire qu'il a provoqué l'accident.
32:50 Et en l'occurrence, clairement, il faut être clair,
32:52 il semblerait qu'il ait provoqué l'accident.
32:54 Donc, ce serait un chauffard anonyme
32:56 qui serait responsable
32:58 d'un accident de ce type,
33:00 je pense que les médias, peut-être n'en parlerai pas,
33:02 ou en tout cas les médias locaux diraient
33:04 "oui, voilà, encore un chauffard qui a provoqué l'accident".
33:06 Donc, c'est vrai qu'il y a un double...
33:08 ça donne le sentiment qu'il y a un double traitement
33:10 selon que vous êtes puissant ou miséreux,
33:12 comme disait...
33:14 - Il n'est pas tellement épargné dans la pandémie.
33:16 - Il n'est pas du tout épargné.
33:18 Il n'est pas épargné parce que les réseaux sociaux
33:20 sont là, malgré le caractère
33:22 très violent des réseaux sociaux et parfois fortement désagréable,
33:24 je pense que c'est ce qui change
33:26 fondamentalement la perception aussi du fait.
33:28 - Oui, oui, oui.
33:30 Bon, on va s'interrompre pour une toute petite seconde,
33:32 petite minute, même,
33:34 9h42 et on va revenir à la politique,
33:36 la réforme des retraites,
33:38 avec une sorte de guerre des tranchées
33:40 qui s'installe, les syndicats qui promettent
33:42 une France à l'arrêt le 7 mars,
33:44 et puis la polémique sur les 1200 euros.
33:46 A tout de suite.
33:48 - Encore 9h10, Valérie Exper.
33:50 - Réforme des retraites,
33:52 réforme des retraites, par quel bout le prendre ?
33:54 Par quel bout le prendre ?
33:56 - Il y a tellement de choses,
33:58 il y a évidemment la violence
34:00 entre guillemets,
34:02 enfin pas entre guillemets, la violence à l'Assemblée nationale,
34:04 et puis
34:06 on voit le gouvernement qui marche sur des œufs,
34:08 Arnaud Bénédetti,
34:10 et en termes de communication, c'est assez
34:12 tragique, si on ne parle pas du fond, parlons de la forme
34:14 en tout cas, et en particulier
34:16 sur les... - Arnaud qui parle du fond.
34:18 - Oui, mais les 1200 euros, c'est à la fois la forme
34:20 et le fond. - Oui, enfin, ben là c'est complètement le fond.
34:22 - Oui, ça c'est le fond. - C'est complètement le fond.
34:24 Mais moi je m'étonne que sur les 1200 euros,
34:26 on s'en aperçoive que maintenant, nous on a
34:28 un article qui a été... Désolé, je fais un peu de pub pour la
34:30 Revue politique et parlementaire, j'en profite, mais
34:32 on a un article qui a été rédigé par Jean-Yves Archer
34:34 le 11 janvier, c'est-à-dire
34:36 je crois au moment où le
34:38 gouvernement présente le projet de loi,
34:40 et où clairement, on
34:42 explique que les 1200 euros,
34:44 ce sont des 1200 euros
34:46 bruts, donc
34:48 il n'y a pas de...
34:50 ça c'est très surprenant que ça
34:52 n'apparaisse que maintenant. Ensuite, moi je pense
34:54 que sur la forme,
34:56 le gouvernement et Emmanuel
34:58 Macron lui-même, ont changé
35:00 d'argumentation sur cette réforme
35:02 trop souvent.
35:04 Je rappelle qu'à un moment donné,
35:06 Macron disait "cette réforme,
35:08 elle va être faite pour
35:10 financer un certain nombre de politiques
35:12 publiques". - Transition écologique...
35:14 - Ensuite on a dit "non, finalement,
35:16 cette réforme, c'est une réforme de
35:18 justice sociale et qui vise surtout
35:20 à sauver le système par répartition".
35:22 Donc si vous voulez, quand vous changez de discours
35:24 tous les 15 jours pour présenter
35:26 un texte, inévitablement,
35:28 vous ne créez pas les conditions pour qu'il y ait une bonne appropriation
35:30 par l'opinion publique. Ça c'est un premier point.
35:32 Le deuxième point,
35:34 je voudrais juste dire un mot quand même sur ce qui se passe au Parlement.
35:36 Moi je suis un peu
35:38 embêté, parce que si vous voulez quand même, quand on regarde
35:40 l'histoire parlementaire, des débats
35:42 difficiles au Parlement, il y en a eu souvent.
35:44 Sous la Troisième République... - Simon Veil présentant
35:46 son loi sur l'immigration...
35:48 - Moi j'invite
35:50 ceux qui s'intéressent aux débats parlementaires à aller
35:52 regarder les débats parlementaires du mois de mars
35:54 1947. C'est très intéressant.
35:56 Il y a des grèves insurrectionnelles en France
35:58 47 et 48. Vous avez un ministre
36:00 de l'Intérieur qui s'appelle
36:02 Jules Moque,
36:04 ministre SFIO, qui
36:06 va d'une certaine manière sauver la République
36:08 d'ailleurs à ce moment-là,
36:10 qui se fait insulter de nom d'oiseau
36:12 mais tout à fait
36:14 d'une rare violence par le groupe communiste.
36:16 C'est un grand résistant,
36:18 Jules Moque, c'est quelqu'un qui a fait la
36:20 première guerre, qui a été résistant pendant la seconde
36:22 guerre, quelqu'un dont
36:24 l'engagement pour la République est nullement
36:26 contestable. Donc ça, j'allais dire, ça a
36:28 toujours existé. Ensuite sur la question
36:30 du droit d'abondement,
36:32 l'obstruction parlementaire, là aussi c'est pas nouveau.
36:34 Je rappelle qu'en 2006,
36:36 l'opposition a déposé
36:38 130 000 abondements contre
36:40 la privatisation de Gaz de France.
36:42 Il y a deux ans, lors de
36:44 la précédente réforme qui n'a pas vu le jour
36:46 des retraites, la fameuse réforme paramétrique,
36:48 il y a eu 40 000 amendements.
36:50 Donc ça c'est pas nouveau. Ce qui est nouveau,
36:52 c'est par contre le comportement individuel
36:54 d'un certain nombre de parlementaires, notamment de la
36:56 France Insoumise, qui
36:58 de fait, j'allais dire, aujourd'hui
37:00 hystérise le débat.
37:02 Donc ça c'est un sujet.
37:04 Après, sur la communication,
37:06 le gouvernement a sa responsabilité
37:08 et ça me paraît assez clair.
37:10 - Mais vous ne voyez pas de différence entre 47 et
37:12 aujourd'hui dans la
37:14 forme même du débat ?
37:16 - Si, je vois une différence
37:18 dans l'utilisation de la rhétorique
37:20 et dans l'argumentation. - D'accord, c'est ça.
37:22 - Là il y a une différence fondamentale, en effet.
37:24 Mais sur les comportements, il y avait quand même des comportements
37:26 très violents dans ces débats-là aussi,
37:28 dans ces années-là. - Oui, Clément Toujours.
37:30 - On n'a pas besoin de remonter jusqu'en 47,
37:32 mais on se souvient en effet
37:34 déjà de la réforme de 2019,
37:36 du mariage pour tous, on en parlait au début,
37:38 qui avait été des propos extrêmement violents aussi.
37:40 Le gouvernement,
37:42 comme vous le soulignez, a changé
37:44 une multitude de fois
37:46 la communication.
37:48 Pour s'arrêter sur un point aujourd'hui,
37:50 c'est que la réforme serait indispensable
37:52 aux yeux du gouvernement. Et donc,
37:54 ça ferme complètement la position
37:56 du gouvernement parce qu'il est en incapacité
37:58 de retirer la réforme,
38:00 ce que souhaiteraient les partenaires sociaux,
38:02 parce que sinon, on lui dirait
38:04 "si vous la retirez, c'est qu'elle n'était pas si
38:06 indispensable que ça". Et donc,
38:08 il est obligé d'aller jusqu'au bout,
38:10 là où en plus,
38:12 le spectacle parlementaire
38:14 exaspère,
38:16 je crois, de plus en plus.
38:18 Et donc, pour
38:20 Emmanuel Macron, Elisabeth Borne
38:22 et les ministres, l'idée de se dire
38:24 soit il y a un épuisement
38:26 de démanifestation, soit
38:28 on s'en lasse complètement
38:30 et on passe à autre chose.
38:32 C'est là la seule possibilité parce que le débat
38:34 qui se fait actuellement
38:36 à l'Assemblée nationale est tellement
38:38 pauvre, en effet, vous l'avez dit,
38:40 l'obstruction parlementaire, ça existe,
38:42 etc.
38:44 Les accidents
38:46 de séance et
38:48 la convocation
38:50 du Conseil
38:52 des présidents
38:54 n'est en revanche pas très régulier
38:56 sur ce genre de situation.
38:58 - Eric, sur
39:00 le cheminement
39:02 de cette réforme des retraites, le gouvernement
39:04 est en train de dire, vous avez vu,
39:06 hier, je crois que c'est Olivier Véran, qui disait "oui, on est
39:08 prêts à rediscuter". - Non mais je ne vais pas reprendre
39:10 ce qu'a dit Arnaud, c'est
39:12 une communication cacophonique,
39:14 voilà, bon.
39:16 Mais il y a plus grave, à mon sens, c'est que
39:18 d'abord,
39:20 je vais employer une expression
39:22 un peu forte, mais les cocus de l'affaire, ce sont
39:24 les députés LR, parce que eux,
39:26 ils ont arraché trop vite, à mon avis, en termes
39:28 de communication, l'affaire des 1200 euros
39:30 brut, net, etc.
39:32 Et on s'aperçoit aujourd'hui que cette
39:34 mesure arrachée par
39:36 les républicains prêts à voter cette réforme,
39:38 elle concernerait 100 000 personnes.
39:40 Donc si vous voulez, c'est juste un
39:42 désastre absolu. C'est que la seule
39:44 béquille de communication du gouvernement qui était
39:46 "on fait un effort pour les plus petites retraites",
39:48 en fait, il s'avère fallacieux. Première chose.
39:50 Puis deuxième chose, pour vous
39:52 donner quand même la mesure des choses.
39:54 On nous parle d'un trou, en ce
39:56 moment, du système par répartition de 10-15
39:58 milliards d'euros. Très bien. Le gouvernement,
40:00 il projette qu'on soit en plein emploi
40:02 en 2027, c'est-à-dire qu'on a un taux de chômage structurel
40:04 de 4,5. Mais si le gouvernement
40:06 croit à ses propres prévisions,
40:08 s'il croit à ses propres prévisions,
40:10 alors, il faut savoir qu'on aura peut-être
40:12 1,5 million de salariés qui seront sortis
40:14 du chômage. Et quand vous êtes salarié
40:16 sur votre fiche de paye, vous payez des
40:18 cotisations qui rapporteraient 15 milliards
40:20 d'euros. Alors, sauf si le gouvernement
40:22 nous raconte n'importe quoi sur ses prévisions de
40:24 chômage, mais si c'est le cas,
40:26 mécaniquement, en tout cas,
40:28 pour ce laps de temps-là, on bouge le
40:30 trou du système par répartition.
40:32 Donc, tout ça dans un contexte
40:34 social de folie, de précipitation,
40:36 d'égo macronien,
40:38 il y a un vrai sujet, pardonnez-moi.
40:40 Et même si je considère qu'il faut faire une réforme
40:42 des retraites. - Mais pas celle-là.
40:44 - Mais enfin, on ne comprend rien du tout depuis
40:46 le début, aux motivations, aux arguments.
40:48 - Oui, oui, c'est
40:50 effectivement ce qui en ressort,
40:52 Régis De Castelnau.
40:54 - Si on croit aux prévisions, mon cher Eric,
40:56 aux prévisions de Bruno Le Maire,
40:58 ce n'est pas un placement très, très sûr.
41:00 Moi, ça me fait un petit peu sourire, mais bon,
41:02 c'est normal qu'on dise ça.
41:04 Moi, je constate
41:06 effectivement, étant un peu loin,
41:08 que le débat à l'Assemblée
41:10 nationale, c'est
41:12 la fois une foire d'empoigne.
41:14 Arnaud, oui, dans le passé, il y a eu des
41:16 moments très durs. 1947, c'était deux ans
41:18 après la guerre, au début de la guerre froide,
41:20 etc. Mais avant,
41:22 à l'entre-deux-guerres aussi, il y avait eu des choses...
41:24 Il y avait des moments tendus,
41:26 mais ce n'était pas le foutoir permanent.
41:28 En tout cas, c'est l'impression que ça me donne, moi,
41:30 de cette espèce de
41:32 foutoir permanent, avec des polémiques
41:34 débiles sur des ballons de foot,
41:36 c'est une dégradation
41:38 du niveau
41:40 et de la perception, par l'opinion.
41:42 Je ne pense pas que ça va renvoyer
41:44 et ramener les gens
41:46 aux élections,
41:48 devant les isoloirs.
41:50 Alors,
41:52 moi, je pense que le gouvernement,
41:54 il a...
41:56 J'aimerais avoir votre avis là-dessus.
41:58 Quand je constate
42:00 les prises de position de Laurent Berger,
42:02 les positions de Laurent Berger, la fermeté,
42:04 je pense qu'on a
42:06 l'impression que la CFDT veut vraiment
42:08 aller à l'affrontement et
42:10 faire capoter cette réforme.
42:12 C'était une arme à portée de la défense.
42:14 - Ou que Laurent Berger, à l'instar de Lula
42:16 au Brésil ou de Lech Walesa
42:18 en Pologne, comme ancien syndicaliste,
42:20 voit un destin au-delà
42:22 de la CFDT. Ce qu'on commence à dire.
42:24 - Ah oui, oui, oui.
42:26 - Ça se dit, ça se dit.
42:28 - Est-ce qu'il serait...
42:30 - C'est de la politique.
42:32 Là où
42:34 vous avez tout à fait raison, c'est que
42:36 la CFDT est très
42:38 fermée sur les marges de manœuvre.
42:40 Et on a des manifestations
42:42 qui sont de plus en plus, d'après
42:44 la CFDT,
42:46 et puis
42:48 la CGT, de plus en plus importantes.
42:50 Alors qu'elles ont commencé au mois de janvier.
42:52 Et historiquement,
42:54 quand on regarde, le mois de janvier, c'est l'un des
42:56 mois les plus difficiles pour
42:58 mobiliser, avec aussi le mois d'août.
43:00 Tout simplement, le mois d'août parce que tout le monde est en vacances.
43:02 Mais aussi au mois de janvier parce que
43:04 économiquement, c'est extrêmement dur
43:06 pour un certain nombre de travailleurs.
43:08 Il y a eu un ensemble d'impôts
43:10 à payer fin décembre, début janvier.
43:13 Les
43:15 vacances de Noël
43:17 qui sont financièrement coûteuses pour un certain
43:19 nombre de personnes et qui ne se mettent pas en grève
43:21 au mois de janvier. Et donc, on a
43:23 toujours des fluctuations.
43:25 On dit souvent
43:27 les manifestations NES
43:29 à...
43:31 - Les fluctuations NES ?
43:33 - Non, les manifestations NES
43:35 à les Kidnox, explose au solstice.
43:37 Et donc,
43:39 c'est comme si je le savais avant.
43:41 Et donc voilà, on a un peu dans cette trajectoire.
43:43 On se souvient par exemple du CPE,
43:45 ça avait né en janvier.
43:47 Et ça avait explosé au mois de mai.
43:49 On est un petit peu dans la même configuration aujourd'hui.
43:51 - Ce qu'il y a, c'est que le mouvement, enfin je trouve que
43:53 les syndicats gèrent assez bien leur
43:55 taille et leur agenda depuis
43:57 le début du mouvement.
43:59 Et tout se passe comme si, si vous voulez,
44:01 ils préparaient l'opinion publique à
44:03 des actions beaucoup plus dures et
44:05 beaucoup plus contraignantes pour la vie quotidienne.
44:07 Et ils sont en train finalement d'obtenir
44:09 ce qu'ils n'avaient peut-être pas obtenu par le passé,
44:11 c'est-à-dire un soutien assez massif
44:13 de l'opinion publique. D'ailleurs, moi je regardais un sondage
44:15 hier qui a été publié, je ne sais plus par
44:17 quel institut de sondage, qui disait que
44:19 s'il y a des blocages demain, à qui
44:21 l'opinion publique en ferait porter la responsabilité,
44:23 elle en ferait porter la responsabilité
44:25 essentiellement et très majoritairement
44:27 au gouvernement. Donc on se retrouve, si vous voulez, dans une situation
44:29 qui n'est pas sans rappeler celle de 1995.
44:31 Ou également en 1995, il faut se
44:33 souvenir, c'était un peu différent, le contexte
44:35 politique était différent, les acteurs n'étaient
44:37 pas les mêmes, la réforme n'était
44:39 pas la même. Mais où il y avait l'opinion
44:41 publique qui avait finalement soutenu
44:43 très majoritairement, non en passant les difficultés
44:45 que les blocages faisaient
44:47 subir aux gens sur leur
44:49 vie quotidienne. Donc
44:51 il y a, je pense, une zone de risque aujourd'hui
44:53 non négligeable pour le gouvernement,
44:55 qui a tort, à mon sens, de la mise à estimer. Et il y a un très gros
44:57 contraste, ça je voudrais le dire, entre
44:59 d'un côté ce qui se passe à l'Assemblée
45:01 et ce qui se passe dans la rue. C'est-à-dire qu'à l'Assemblée, en effet,
45:03 on a une dimension totalement hystérique
45:05 et pour l'instant, force est de constater
45:07 que les manifestations se passent dans un climat
45:09 qui est plutôt un climat bon d'enfant. - Oui, oui, ça se passe
45:11 plutôt pas mal. Est-ce qu'il y aura un blocage
45:13 le 7 mars ? Un blocage du pays ? On verra.
45:15 On n'a pas eu le temps de parler de ce qui se passe
45:17 aux Etats-Unis. Stéphane, un auditeur,
45:19 me le reproche.
45:21 Est-ce que ce sont des ovnis ? Hier,
45:23 il y avait un intervenant, un
45:25 colonel sur LCI qui disait
45:27 "Ce sont des ovnis, personne ne peut dire
45:29 d'où ils proviennent. Soit ce sont les Russes, soit les Martiens."
45:31 Voilà. - Ou alors c'est un ballon de
45:33 foot qui a été mis en orbite par un député LFI.
45:35 - Vous croyez que la taille
45:37 d'une voiture...
45:39 - D'une petite voiture.
45:41 - Ça vous plaît ça Régis,
45:43 mon humour ? - D'une petite voiture, voilà.
45:45 - Ah oui, oui, celle-là, elle me plaît bien.
45:47 Il faudrait
45:49 sacrer
45:51 une sacrée puissance de tir.
45:53 Non, c'est vrai, j'ai regardé les images,
45:55 parce que je trouve tout cet emballement
45:57 extraordinaire.
45:59 Jocelyne Truleau,
46:01 dans leur avis, la crèche là qui vient
46:03 en disant "Nous
46:05 l'avons abattue avec courage".
46:07 - On verra, on verra.
46:09 C'est ce qu'ils vont trouver dans les...
46:11 - Moi je suis partisan des
46:13 extraterrestres. Enfin,
46:15 il se passerait quelque chose d'intéressant.
46:17 - Et plus de réformes des retraites.
46:19 - Il y en a quelques-uns à la Somme nationale,
46:21 les extraterrestres. - Allez,
46:23 c'est fini pour aujourd'hui, on se retrouve nous dans un instant
46:25 pour l'émission Média avec Clémentine Scellarié.