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  • il y a 4 ans

Aujourd'hui dans "Punchline", Laurence Ferrari et ses invités débattent de la réforme des retraites et de la potentielle utilisation du 49.3 par le gouvernement.
Retrouvez "Punchline" sur : http://www.europe1.fr/emissions/punchline

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Transcription
00:00 On continue sur la réforme des retraites, je vous le disais, ça passe ou ça casse cette semaine,
00:04 avec le texte qui a été amendé par le Sénat, la commission de mixe par interpuis,
00:07 le retour devant le Parlement.
00:10 Le gouvernement aura-t-il une majorité pour voter ce texte ? Pas sûr.
00:14 Du coup, l'ombre du 49.3 plane sur les débats. On fait le point avec Vincent Farrandes.
00:18 Les ministres du gouvernement sont en pleine offensive médiatique,
00:23 avec un seul objectif, rassurer les Français quant à l'utilisation du 49.3,
00:28 à l'image d'Olivier Véran et Gabriel Attal.
00:31 Nous ne voulons pas de 49.3, nous souhaitons transformer notre majorité relative en majorité absolue.
00:36 Il n'y a pas de raison aujourd'hui de faire un 49.3,
00:39 dès lors que chacun est cohérent avec les engagements qu'il a pris.
00:41 Confiance similaire à l'Assemblée nationale.
00:44 Sylvain Maillard, député Renaissance, insiste sur les engagements qui ont été pris par les élus.
00:50 Une majorité de députés s'est engagée dessus, je crois que c'est important de leur dire.
00:53 Nous aurons tous un rendez-vous jeudi prochain, que ce soit au Sénat ou à l'Assemblée nationale,
00:58 pour rappeler qu'on peut tenir ses promesses.
01:01 Donc oui, nous aurons une majorité jeudi prochain.
01:03 De son côté, Éric Wörth, lui aussi de la majorité, avoue avoir besoin du soutien d'autres députés,
01:08 particulièrement celui des Républicains.
01:10 C'est l'aveu que vous êtes dans une majorité relative, tout le monde le sait,
01:14 c'est pas nouveau, il n'y a pas de scoop là-dessus,
01:16 que c'est très difficile de travailler comme cela,
01:21 notamment sur des réformes aussi emblématiques,
01:24 et qu'on a besoin évidemment d'avoir un partenariat avec d'autres députés.
01:29 Le texte pourrait être soumis au vote de l'Assemblée dès jeudi.
01:32 Voilà pour les explications.
01:34 On est avec Fabien Vildieu de Sudrail,
01:36 le trafic SNCF reste encore perturbé demain, ça va mieux à l'ARATP.
01:41 Est-ce que le mouvement est en train de s'essouffler, M. Vildieu, ou pas ?
01:45 Écoutez, là on est au 7e jour de grève reconductible,
01:49 j'ai comptabilisé avec tous les temps forts,
01:52 on a eu 5 temps forts,
01:54 moi je suis à mon 12e jour de grève,
01:56 12 jours de grève pour combattre ce système de retraite,
02:00 parce que justement je refuse,
02:03 et beaucoup de collègues refusent,
02:04 l'hold-up qu'on nous fait,
02:05 où on va nous prendre nos deux meilleures années de retraite
02:07 et les remplacer par les deux pires années de travail.
02:10 Ça vous représente combien d'argent pour vous ces jours de grève ?
02:13 Moi je perds à peu près 100 euros,
02:15 ça fait 100 euros par jour,
02:16 donc là je suis à 1200 euros,
02:17 j'ai perdu 1200 euros pour l'instant.
02:19 Donc moi c'est clair que la mobilisation,
02:22 est-ce qu'elle est à la hauteur de ce que j'aurais espéré ?
02:24 Je vais vous dire non.
02:26 J'aurais espéré que la mobilisation soit beaucoup plus forte à la SNCF,
02:28 et pas seulement.
02:29 Pour autant on est à quelques jours de la fin.
02:32 Tout le monde aura bien compris que cette semaine
02:34 il y a quelque chose qui se passe,
02:35 et il est hors de question qu'on reprenne le travail
02:38 à quelques jours de la fin.
02:41 Ça n'aurait aucun sens.
02:43 Aucun sens.
02:44 Tout ce qu'on a fait, toute l'énergie,
02:45 toute cette mobilisation,
02:46 tous les gens qu'on a mis,
02:48 donc on continue.
02:49 Voilà.
02:50 Un minimum jusqu'à jeudi,
02:52 le jour du vote,
02:53 ou a priori en plus jeudi,
02:55 il y aura peut-être quelque chose qui va se passer,
02:56 c'est-à-dire qu'il n'y aura peut-être pas de majorité
02:58 pour valider cette réforme
03:02 qui n'est pour l'instant pas validée
03:04 ni par la rue,
03:05 ni par l'opinion publique,
03:06 si en plus elle n'est pas validée par l'Assemblée nationale.
03:09 Ça commence à faire beaucoup.
03:11 Oui mais le Sénat c'est quand même le suffrage indirect,
03:14 c'est un petit peu particulier,
03:16 c'est pas le suffrage direct des électeurs.
03:19 Vous n'allez pas remettre en cause le rôle du Sénat
03:21 dans l'équilibre dans le bicamérisme français ?
03:23 Non mais ça a quand même une signification.
03:24 Je pense d'ailleurs,
03:25 ce qui fait que les sénateurs ont moins l'impression
03:27 que les députés,
03:29 c'est qu'ils ont moins le vote direct des électeurs
03:31 et on peut comprendre pourquoi un certain nombre de députés,
03:35 notamment des LR,
03:36 ne se précipitent pas à valider cette réforme
03:39 quand on voit l'opinion publique qui est largement conne.
03:41 Donc voilà, pour l'instant on tient.
03:43 Moi je suis conducteur de train sur la ligne DER,
03:48 on est encore à 80% de grévistes aujourd'hui.
03:50 Pas chiffre des organisations syndicales ni de la police,
03:53 c'est chiffre de la direction de la SNCF.
03:55 80% de grévistes, des conducteurs de train, de lignes DER.
03:58 Donc on a encore du potentiel.
04:00 Nous on va se battre jusqu'au bout.
04:01 Loic Leflop, vous avez aussi dirigé la SNCF,
04:04 le conflit est dur,
04:06 les grévistes se bagarrent pour que cette réforme ne soit pas adoptée.
04:09 Oui, le conflit avec les conducteurs est toujours dur.
04:14 C'est certain.
04:15 En général il est sur des choses particulières
04:19 sur lesquelles ils ont leur opinion.
04:22 Bon là, effectivement ça fait un certain temps qu'ils font grève.
04:29 Ce ne seront pas faciles à remobiliser sur leurs voitures.
04:35 Donc ça va être compliqué.
04:37 Je crois qu'il faut faire attention à ce qu'on fait.
04:42 Il faut faire attention à ce que le gouvernement fait.
04:44 Oui.
04:45 Oui, Draguenel, un tout petit mot sur ce 49.3 dont on parle beaucoup.
04:49 Alors ça ne concerne peut-être pas directement les Français,
04:51 mais s'il est dégainé, ça le rendra, cette réforme, peut-être illégitime aux yeux des Français ?
04:56 Alors illégitime, non parce qu'en fait...
04:58 Elle n'aura pas été votée ?
04:59 Elle n'a pas été votée, mais factuellement le 49.3,
05:02 il y a un outil qui est à la disposition du gouvernement,
05:04 c'est légal, il a le droit de l'utiliser.
05:06 Après forcément, quand un gouvernement l'utilise,
05:09 c'est une preuve, une marque de grande faiblesse.
05:11 Et surtout sur ce texte où le gouvernement a...
05:13 Objectivement, on peut reprocher tout ce qu'on veut au gouvernement,
05:15 mais ils font tout pour essayer d'avoir le vote, d'avoir une majorité sur le texte,
05:20 pour éviter d'utiliser cet article 49.3.
05:23 On sait que cet après-midi, Emmanuel Macron était à une réunion interne à l'Élysée
05:27 et il a confié à plusieurs participants qu'il était plutôt serein
05:30 sur la possibilité d'avoir une majorité sur le texte.
05:33 Ah, donc il n'y aurait pas de vote.
05:34 Et donc sur un vote, et donc pas avec le 49.3.
05:37 Et dans le même temps, on sait qu'il y a plusieurs ministres,
05:40 des conseillers de ministres qui vous disent que le gouvernement s'est transformé,
05:42 je cite, en "call center",
05:44 et il se transforme en "call center" jusqu'à mercredi ou jeudi,
05:48 en fait, pour le jour du vote,
05:49 où chaque ministre, les membres de cabinet, sont appelés à appeler
05:53 leur copain de droite, entre guillemets,
05:55 le plus de députés possible à l'Assemblée nationale,
05:57 pour essayer de les convaincre de voter le texte.
06:00 On peut pogner un tout petit mot là-dessus,
06:01 avant de passer à la mobilisation de mercredi.
06:03 Les Français ont compris que ce texte...
06:05 En première lecture à l'Assemblée nationale, il n'y a même pas eu de vote.
06:08 Même pas eu de vote.
06:09 Bon, ben les Français, ils ont dit, ok...
06:11 Deux articles étudiés.
06:12 Deux articles étudiés, voilà.
06:13 Il y a eu 8 ou 9, 49.3 dans le cadre du budget.
06:17 Les Français disent, il y en a eu 9, il y en fera un 10e, voilà.
06:19 Je pense qu'il faut relativiser.
06:21 Les Français ont compris que le président du gouvernement a été décidé d'aller jusqu'au bout,
06:24 et s'ils doivent utiliser le 49.3 pour passer, ça passera.
06:27 Mais ça laisse des traces.
06:28 Ça laissera des traces.
06:29 Catastrophique dans l'opinion publique.
06:31 Et là-dessus, moi, je vous rejoins, M. Vildieu.
06:33 Je pense que le mal est fait pour le gouvernement.
06:34 Exactement.
06:35 C'est-à-dire que pour le gouvernement, c'est quand même très mauvais.
06:37 Un, c'est un signe d'impuissance extrêmement fort.
06:39 Et deuxièmement, vous avez Emmanuel Macron qui a surpolitisé,
06:43 qui a mis tout son poids dans cette réforme.
06:45 Forcément, créer de la haine contre sa personne et contre sa politique.
06:49 M. Vildieu, sur ce 49.3 ?
06:51 D'abord, le gouvernement n'en veut pas.
06:53 Parce qu'il a compris que ça aura des effets catastrophiques.
06:55 Moi, je ne suis pas d'accord avec vous.
06:56 Ça aura des effets catastrophiques.
06:57 Parce que ça fait beaucoup, quand même.
06:59 Ça fait beaucoup.
07:00 L'opinion publique, des mobilisations historiques,
07:03 pas de majorité, un 49.3.
07:06 Oui, OK, ça fait partie de la Constitution.
07:08 Il n'y a pas de problème là-dessus.
07:09 Enfin, depuis 1958, les Français, ils ont changé aussi.
07:12 Et il y a une aspiration à la démocratie,
07:16 et en tout cas un rejet de se faire tordre le bras via le 49.3,
07:20 qui est beaucoup plus fort aujourd'hui qu'il l'était demain.
07:22 Non, le 49.3, ça a toujours été très mal perçu par les Français.
07:25 Non, ça a toujours été très mal perçu.
07:27 Mais quand on a un 49.3 avec une opinion publique
07:30 qui est largement en défaveur de cette réforme,
07:33 avec des mobilisations qui sont historiques,
07:35 en fait, c'est vraiment la goutte d'eau
07:37 qui ferait, à mon avis, des bordels vases.
07:39 Et c'est d'ailleurs pour ça qu'ils n'en veulent pas.
07:41 Ils passent leur temps à essayer.
07:42 Parce qu'autrement, si c'était aussi simple,
07:45 ils ne passeraient pas leur temps à appeler à droite et à gauche.
07:48 Ils diraient, c'est pas grave, on fait un 49.3.
07:50 Si, justement, ils font tout pour ne pas y passer par là,
07:52 c'est qu'ils savent qu'il serait du mal à passer.
07:55 Un tout petit mot avec le président de la gauche ?
07:57 Il faut faire attention à la suite,
07:59 c'est-à-dire à ce qui va se passer en France après.
08:02 Et c'est là-dessus qu'il faut certainement
08:05 que le gouvernement réfléchisse.
08:08 Réfléchisse aussi bien pour les gens de l'énergie chirale
08:13 que pour les gens des transports chirales.
08:17 Je pense qu'il y a un manque de sens
08:20 dans ce qui est fait aujourd'hui,
08:22 aussi bien dans les transports que dans l'énergie.
08:24 Et c'est ce manque de sens qu'il faut retrouver
08:27 et qui risque de conduire à des difficultés ultérieures.
08:31 Une petite pause, on se retrouve dans Punchline,
08:33 sur Cine News et sur Europe 1.
08:34 On parlera de la dernière mobilisation,
08:36 en tout cas, tant que le texte n'est pas voté,
08:38 mercredi, dans la rue, avec Louis de Ragnel.
08:41 Et puis je passerai la parole à Éric Rebelle.
08:43 On parlera aussi de la grève des poubelles
08:45 dans certaines grandes villes.
08:46 À tout de suite dans Punchline, sur Cine News et sur Europe 1.

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