00:00 Bonjour Nicolas Bouzouf ! Bonjour Dimitri, bonjour à tous !
00:03 Le GIEC, le Grouvement Inter, attendez je me rappelle plus ce que ça signifie,
00:07 je voulais faire mon malin à donner l'acronyme du GIEC,
00:09 bref, le groupe d'experts sur le climat,
00:11 vient de sortir la synthèse de ces six derniers rapports.
00:14 Nicolas, qu'est-ce qu'on y a à prendre nouveau ?
00:15 Alors d'abord ce que je voudrais rappeler c'est que le GIEC ne donne pas un avis,
00:20 mais révèle un consensus scientifique.
00:23 Le GIEC, ce sont des centaines de chercheurs
00:25 qui font la synthèse des recherches mondiales sur le climat,
00:30 et en effet, vous venez de le rappeler, le rapport qui a été publié hier
00:33 est une synthèse de rapports du GIEC,
00:37 et ça nous donne donc...
00:38 C'est 30 pages, 10 000 pages résumées en 30.
00:40 Voilà, 30 pages qui sont vraiment éclairantes et remarquables,
00:42 et cette synthèse nous dit trois choses.
00:44 Première chose, on va sans doute malheureusement atteindre les 1,5°C de réchauffement
00:48 par rapport à l'ère pré-industrielle d'ici 2030,
00:51 1,5°C c'était la limite à ne pas dépasser théoriquement
00:54 suite aux accords de Paris en 2015,
00:56 bon on est déjà à 1,1°C.
00:58 Deuxième chose, on peut encore limiter le réchauffement climatique
01:01 dans une limite à laquelle on pourra s'adapter,
01:04 donc ça c'est la bonne nouvelle.
01:06 Et troisième chose, ça passe par une mobilisation de masse financière qui existe
01:10 et par des investissements dans les pays les plus pauvres.
01:12 - Alors ça c'est intéressant, parce que ça veut dire,
01:14 oui, nous devons faire notre propre transition énergétique,
01:17 mais il faut aider, il faut financer des investissements également
01:21 dans les pays pauvres.
01:23 - Exactement, quand vous regardez les émissions de carbone
01:26 cumulées de la Chine, de l'Inde, de la Russie,
01:28 l'Afrique du Sud et le Brésil, ça représente
01:30 70% des émissions de carbone dans le monde aujourd'hui.
01:33 Rendez-vous compte, la Chine à elle seule, c'est 30% des émissions de carbone,
01:37 par comparaison, l'Union Européenne est à 8%,
01:41 et ça a beaucoup reculé puisque nous représentions
01:43 15% des émissions de carbone en 2000.
01:47 Donc la question financière est vraiment au cœur du rapport du GIEC,
01:50 la question financière pour nous, bien évidemment,
01:53 pour financer, par exemple, nos investissements
01:55 dans les énergies décarbonées, mais la question financière,
01:58 surtout pour les pays les plus pauvres, parce que ce sont eux,
02:00 aujourd'hui, qui émettent le plus de carbone.
02:02 - Bon, est-ce qu'il faudra qu'on aide financièrement la Chine ?
02:04 Les Chinois ont peut-être les moyens de le faire,
02:06 mais en tout cas, les Indiens, les Africains, peut-être,
02:08 parce que la clé contre le réchauffement, si je vous ai bien compris, Nicolas,
02:11 elle est plus qu'à Paris, et surtout à Pékin ou New Delhi.
02:14 - Et bien c'est exactement ça, on peut toujours battre notre coulpe,
02:17 et la vérité, c'est qu'il va falloir apprendre une nouvelle notion,
02:19 celle de diplomatie climatique,
02:21 et ça peut servir nos intérêts économiques.
02:23 Regardez l'avion, par exemple, Airbus,
02:25 fantastique entreprise européenne
02:27 qui fait des progrès importants en matière de décarbonation,
02:30 et bien exporter les Airbus, ça veut dire contribuer
02:33 à décarboner le monde. En fait, on a besoin
02:36 de davantage de développement économique,
02:38 mais un développement économique plus qualitatif.
02:40 - Merci beaucoup Nicolas Bouzou, à demain.