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  • il y a 4 ans
Les invités de Nelly Daynac débattent de l'actualité dans #90minutesInfo du lundi au vendredi

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00:00:00 Bonjour, bienvenue sur CNews, cet après-midi, 90 minutes info, le décryptage de l'actualité du moment, c'est dans un tout petit instant, le débat va débuter juste après.
00:00:08 Le rappel des principaux titres avec Adrien Spiteri.
00:00:11 La visite de Xi Jinping continue en Russie, des discussions avec Vladimir Poutine sur la guerre en Ukraine sont au programme.
00:00:21 Le président chinois diffère de sa relation stratégique avec le Kremlin, une priorité, à noter que le géant russe Gazprom annonce aujourd'hui des livraisons record à la Chine.
00:00:32 Fumio Kishida est en Ukraine, après son arrivée à Kiev, le Premier ministre japonais s'est rendu à Bucha, ville martyrodée, crime de guerre aurait été commis par l'armée russe.
00:00:43 Une rencontre avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky est prévue.
00:00:48 Et puis 45 000 bénévoles seront recrutés pour les Jeux Olympiques 2024 du 22 mars au 3 mai.
00:00:54 Un portail de candidatures sera ouvert.
00:00:57 Pour candidater, il faut avoir 18 ans, parler le français ou l'anglais et être disponible au moins 10 jours.
00:01:03 Durant la compétition, les volontaires auront un repas payé par jour et sauront être effrayés de leur transport.
00:01:09 Et à la une, cette question, où va le pays ?
00:01:14 Le rejet des deux motions de censure nous a fait entrer dans une séquence inconnue.
00:01:18 Hier, les blocages peuvent-ils perdurer ?
00:01:20 Et puis, quid des manifestations spontanées et de la colère grondante ?
00:01:25 Plus une ville n'échappe aujourd'hui à ces manifestations, il faut le dire, c'est assez violent, ces manifestations violentes.
00:01:31 On était habitué dans les grandes villes, mais aujourd'hui, vous allez dans des villes de plus petite importance,
00:01:37 qui sont aussi touchées par ces manifestations violentes.
00:01:42 Emmanuel Macron consulte, certes, mais que peut-il encore faire pour ne pas entraîner son quinquennat dans une forme d'immobilisme,
00:01:49 alors qu'il lui reste encore 4 ans ? Enfin, que feront les oppositions, désormais, là aussi, écoutées ?
00:01:54 Ce débat a fait apparaître des différences, des divergences.
00:02:04 Eh bien, nous avons le devoir de le surmonter.
00:02:08 Donc l'objectif, c'est de faire en sorte que ce texte tombe dans les oubliettes de l'histoire,
00:02:12 soit mis à la poubelle en ayant une censure globale.
00:02:15 Et pour m'accompagner aujourd'hui pour ce débat, j'accueille Jean Messia, bonjour.
00:02:19 Bonjour.
00:02:19 Merci de nous rejoindre. Gauthier Lebray du service politique est là également.
00:02:22 Bonjour Nelly.
00:02:22 Ainsi que François Patria. Bonjour.
00:02:25 Bienvenue sur notre antenne. Je rappelle que vous êtes le président du groupe Renaissance au Sénat.
00:02:31 Soudain, l'embrasement a perduré. Les esprits se sont un peu plus tendus encore hier soir,
00:02:37 avec des manifestations spontanées, sauvages, non déclarées.
00:02:40 Un nombre important d'interpellations, des policiers qui sont déjà exsangues
00:02:45 et qui redoutent évidemment de revivre la séquence gilets jaunes
00:02:48 où ils avaient été envoyés au front semaine après semaine.
00:02:52 Regardons ce qui s'est passé pour commencer dans les rues de Paris.
00:02:54 C'était hier soir. Le résumé, Sommeil à l'abidi.
00:02:57 Une soirée sous tension dans la capitale.
00:03:02 Quelques instants seulement après le rejet des motions de censure à l'Assemblée
00:03:08 et des groupes de plusieurs centaines de personnes, plutôt des jeunes,
00:03:12 se forment et convergent dans différents points, au Louvre, à Bastille ou encore à Saint-Lazare.
00:03:18 Des mouvements sporadiques qui compliquent le travail des forces de l'ordre,
00:03:22 qui tentent de dégager les rues où des feux de poubelle ont été allumés
00:03:26 pour permettre l'intervention des pompiers.
00:03:29 Un mode d'action que justifie ce jeune manifestant.
00:03:32 Nous, en tout cas le peuple et nous les jeunes, moi je parle en tant que jeune,
00:03:35 mais je m'allie aussi à tout le monde,
00:03:37 et bien on est obligé d'en arriver là pour se faire entendre, parfois il faut crier.
00:03:40 Parfois il faut crier pour se faire entendre ces malheureux.
00:03:42 Une soirée de tension qui aura donc contraint les forces de l'ordre à de multiples interventions.
00:03:48 Au total, ce sont 234 personnes qui ont été interpellées ce lundi dans les rues de Paris.
00:03:54 Et puisqu'on parle de maintien de l'ordre, écoutez ce que nous en disait le porte-parole d'unité SGP Police.
00:04:00 Ça fait quand même 3-4 nuits qu'on commence à basculer un peu plus sur des violences urbaines,
00:04:04 ce qu'on appelle habituellement, c'est ce qu'on voit surtout sur les banlieues.
00:04:10 Et du coup là vous faites face à plusieurs groupes.
00:04:13 Au début vous avez à peu près 500 personnes, ensuite ils se divisent en plusieurs groupes de 10 à 20 personnes.
00:04:18 Et là du coup ça va dans les petites ruelles, ça monte des barricades improvisées, ça brûle des poubelles,
00:04:24 et du coup vous êtes obligé d'intervenir pour préserver l'intégrité physique et puis éviter les dégradations.
00:04:29 Et du coup là on bascule vraiment plus dans la violence urbaine,
00:04:33 et on est obligé même voire de faire appel aux brigades d'anticriminalité comme ça a été le cas hier soir.
00:04:39 François Patria, ce policier nous dit "on a basculé dans toute autre chose".
00:04:42 Il évoque, même pas à demi-mot maintenant, le terme de "violence urbaine".
00:04:48 Ça vous inquiète ? Vous avez peur aujourd'hui ? Et qui est à l'origine de cette situation devenue incontrôlable ?
00:04:54 Bon, il y a deux questions. D'abord, est-ce que ça m'inquiète ?
00:04:57 Je suis vigilant, je regarde ce qui se passe.
00:05:00 Effectivement, dans le département où j'habite, hier le préfet m'a fait savoir
00:05:04 qu'il y avait quelques dizaines, quelques centaines de personnes
00:05:08 à comparer des 11 000 personnes qui défilaient il y a un mois.
00:05:11 Donc ce ne sont plus les syndicalistes à qui je vous rends hommage.
00:05:13 Les syndicalistes aujourd'hui tiennent leurs troupes,
00:05:16 tiennent leurs mandants et organisent des manifestations pacifiques.
00:05:20 Les gens qui manifestent ce soir n'ont rien à voir avec la réforme des retraites, rien à voir.
00:05:23 Il s'agit d'éléments violents, souvent l'extrême gauche,
00:05:26 l'extrême gauche qui manifeste à Dijon comme tel, qui jette des cocktails sur les policiers.
00:05:30 Tout simplement, je crois que le ministre de l'Intérieur l'a compris, le président l'a compris aussi.
00:05:34 Le problème, c'est de maintenir l'ordre aujourd'hui, rétablir l'ordre.
00:05:37 Donc je ne suis pas… Je suis vigilant, je dis que tout peut évoluer,
00:05:41 mais je ne suis pas par nature, par nature inquiet.
00:05:43 La responsabilité, écoutez, la responsabilité aujourd'hui,
00:05:45 moi je ne suis pas là pour juger de la responsabilité.
00:05:48 Je pense que le gouvernement, dans ses choix, que je soutiens par ailleurs,
00:05:51 a eu raison de l'attitude qu'il a eue.
00:05:54 Il a eu raison d'être à la fois ferme, il a eu raison de dialoguer,
00:05:58 il a eu raison de négocier jusqu'au bout, il a eu raison même de céder.
00:06:01 On a cédé beaucoup de choses à l'opposition qu'il demandait, y compris aux syndicats.
00:06:04 Donc aujourd'hui, le problème n'est pas de savoir qui est responsable,
00:06:06 le problème de savoir c'est, est-ce que maintenant que la loi est votée,
00:06:10 que la loi, elle sera promulguée à l'issue de ce que dira le Conseil constitutionnel,
00:06:14 dans ce contexte-là, nous devons maintenant résolument nous tourner vers l'avenir
00:06:18 et savoir comment on peut continuer à réformer le pays.
00:06:20 Alors on reviendra évidemment à ce qui va se jouer sur le plan politique
00:06:22 et sur le plan de nos institutions démocratiques.
00:06:25 Mais j'aimerais quand même, Jean Messiaen, qu'on s'attelle à ces images.
00:06:28 Il parle de nombre, effectivement, en termes de volume de population,
00:06:32 parce que précisément, ce ne sont pas des manifestations déclarées,
00:06:35 il y a moins de monde dans les rues.
00:06:36 Mais il y a quelque chose de l'ordre d'un monstre qu'on aurait créé
00:06:39 et qui commence à échapper un peu à tout le monde quand même.
00:06:41 C'est un peu là-dessus que je voulais vous faire réagir.
00:06:43 Il y a quelque chose, si vous voulez, que personne ne souligne dans ce qui se passe
00:06:47 et dans ce à quoi nous avons assisté depuis hier,
00:06:51 et même dans les jours précédents, le vote de la motion de censure,
00:06:55 c'est que pour la première fois, on a effectivement des violences urbaines à Paris,
00:06:59 mais sans qu'elles ne soient adossées à de grandes manifestations.
00:07:04 C'est-à-dire que jusqu'à présent, nous avions l'habitude, par exemple,
00:07:07 de cortèges de gilets jaunes et puis venaient s'infiltrer sur ces cortèges
00:07:11 des éléments radicaux qui, effectivement, mettaient le bazar,
00:07:14 détruisaient, vandalisaient, etc.
00:07:16 Dans les manifestations classiques également.
00:07:18 Là, pour la première fois, on a une éruption de violences volcaniques spontanées
00:07:25 qui ne sont pas adossées à un mouvement social.
00:07:27 Et c'est partout.
00:07:28 Ce n'est pas quelque chose qui est localisé à Paris, ou à Lyon, ou à Marseille.
00:07:32 C'est dans beaucoup de villes françaises.
00:07:34 Donc, il est impossible de fermer le banc en disant
00:07:38 "Bon, ben voilà, c'est quelques dizaines d'individus, ce n'est pas très grave".
00:07:41 Non, je pense qu'il y a quelque chose.
00:07:43 Je pense que la colère qui s'exprime spontanément,
00:07:45 sans mots d'ordre syndicaux, sans gilets jaunisation du mouvement,
00:07:50 mais juste une violence à l'état pur,
00:07:52 sans requête sociale, sans être adossée à des manifestations sociales,
00:07:56 vient dire quelque chose.
00:07:57 Je pense que ce à quoi nous assistons depuis plusieurs jours
00:08:01 dans les rues de la capitale et ailleurs,
00:08:03 ce n'est que le pic de l'iceberg, le pic incandescent
00:08:07 de l'iceberg de haine et de colère qui bout dans le pays
00:08:11 et qui trouve, par ces méthodes évidemment condamnables,
00:08:14 il ne s'agit pas de les justifier,
00:08:16 mais qui trouve dans ces méthodes un moyen d'expression.
00:08:18 Vous savez, l'histoire, elle ne se fait pas par les majorités,
00:08:20 ce sont les minorités qui font l'histoire.
00:08:22 Moi, quand on me dit "les explosions de violences sont minoritaires",
00:08:26 ce n'est pas un propos qui est de nature à me rassurer.
00:08:27 Parce qu'en général, ce ne sont pas eux qui font...
00:08:28 - C'est d'éléments minoritaires.
00:08:31 - Dans l'histoire, ce ne sont pas les majorités qui font l'histoire.
00:08:34 Les majorités sont souvent silencieuses
00:08:36 et ce sont des minorités actives qui font basculer les choses.
00:08:39 J'espère que les choses vont se calmer,
00:08:42 mais en tout cas, ce n'est pas parti pour.
00:08:43 - Mais même question, à qui on incombe la responsabilité ?
00:08:46 - C'est ça la vraie question.
00:08:47 - À qui on incombe la...
00:08:48 Je pense, si vous voulez,
00:08:48 qu'il y a quand même une forme de désinvolture d'Emmanuel Macron.
00:08:53 Comment on peut expliquer que le Mozart de la communication,
00:08:58 ceux qui n'ont que le mot "pédagogie" à la bouche,
00:09:02 ne pipe mot pendant des semaines,
00:09:05 le président de la République en l'occurrence,
00:09:07 n'explique pas, ne prépare pas le pays à l'usage du 49-3,
00:09:11 dans un contexte politico-économico-social
00:09:15 qui est quand même inflammable.
00:09:17 On eût aimé que le président s'exprima, à tout le moins,
00:09:21 pour préparer le pays au passage en force.
00:09:25 Le passage en force au Parlement eût été moins douloureux
00:09:28 si Emmanuel Macron avait pris la peine de parler.
00:09:32 Comment est-ce qu'on peut parler de pédagogie, de dialogue,
00:09:35 quand le président est à faune depuis des semaines
00:09:38 et qu'il ne s'exprime qu'à travers une dépêche AFP,
00:09:41 le comble de la désinvolture,
00:09:43 et où demain, il dit qu'il va parler, il parle à 13h.
00:09:46 Donc il parle à 13h au moment où tout le monde bosse.
00:09:48 C'est-à-dire que tous ceux qui sont concernés par la retraite,
00:09:50 en fait, ils ne vont pas l'écouter.
00:09:51 Donc, excusez-moi, il y a dans la communication
00:09:54 et la pédagogie du gouvernement
00:09:55 exactement ce qu'il y a sur le modèle de la finance.
00:09:57 On a dit le Mozart de la finance, on a 3 000 milliards de dettes.
00:10:00 Le Mozart de la communication,
00:10:01 on a des scènes quasi-insurrectionnelles dans la rue.
00:10:04 Pardonnez-moi, ça fait beaucoup.
00:10:05 On va rester sur ce qui s'est passé,
00:10:06 pas simplement, je vous le rappelais tout à l'heure, à Paris,
00:10:08 mais également très, très largement en région.
00:10:11 D'ailleurs, on a compilé toutes ces images.
00:10:13 Vous voyez cette mosaïque qui donne un petit peu,
00:10:17 comment dire, un panorama de ce qui s'est déroulé hier en plusieurs points.
00:10:20 On pourrait citer Rennes, on pourrait citer Bordeaux.
00:10:23 Regardez, le résumé est signé Thomas Bonnet.
00:10:25 Aux quatre coins du pays, les mêmes images.
00:10:31 Des feux de poubelles et des barricades, ici à Rennes.
00:10:34 Ils étaient entre 300 et 500 à manifester selon la préfecture.
00:10:38 Des rassemblements qui ont nécessité l'intervention des pompiers
00:10:41 et des forces de l'ordre.
00:10:42 À Lille aussi, où la police a dû faire usage de gaz lacrymogènes
00:10:49 pour disperser une foule de quelques centaines de personnes.
00:10:53 Partout, la même colère et des tensions.
00:10:56 Les mêmes slogans ont ainsi retenti de Bordeaux.
00:10:58 La retresse à 60 ans !
00:11:01 On s'est battu pour la guerre !
00:11:04 À Strasbourg, où ils étaient plus de 1000 sur la place Clébert.
00:11:07 Qui sème le vent, récolte la tempête.
00:11:10 Je veux dire, voilà, il faut s'y attendre.
00:11:13 Visiblement, ils ne nous entendent pas.
00:11:15 Ils souhaitent passer en force, donc nous aussi, on va passer en force.
00:11:18 Face à face, tendu, ici, à Clermont-Ferrand,
00:11:21 à proximité de la préfecture.
00:11:22 Ces rues du centre-ville lyonnais témoignent aussi
00:11:27 des dégradations commises lors des manifestations.
00:11:29 Des rassemblements dans de nombreuses villes
00:11:34 qui ont conduit à de multiples interpellations.
00:11:37 Plusieurs policiers ont également été blessés.
00:11:40 Gauthier, ces violences, certes, sont sporadiques
00:11:45 et relativement maîtrisées quand même.
00:11:47 Il faudra s'avoir raison gardée aussi pour l'instant.
00:11:50 Mais elles disent quelque chose quand même
00:11:52 de l'état d'esprit qui règne en ce moment.
00:11:53 Qu'est-ce qu'elles traduisent, au fond,
00:11:55 de cette colère qui est en train de grossir et d'échapper,
00:11:59 y compris aux syndicats ?
00:12:00 Parce qu'on pourra revenir au rôle de l'intersyndical tout à l'heure.
00:12:02 Les syndicats, depuis l'usage du 49.3,
00:12:05 ont perdu le contrôle d'une partie des mobilisations.
00:12:07 Les mobilisations spontanées, effectivement,
00:12:09 se sont complètement émancipées des syndicats.
00:12:13 Alors, ce qui est intéressant, c'est que selon plusieurs observateurs,
00:12:16 les personnes qui commettent des violences,
00:12:18 qui vont brûler des poubelles, sont les idiots utiles du pouvoir.
00:12:21 Parce qu'Emmanuel Macron peut répondre avec la carte de l'autorité.
00:12:24 On verra ce qu'il dira demain, mais il peut le dire,
00:12:26 c'est moi ou K.O.
00:12:28 On sait qu'il a fait deux campagnes présidentielles sur ce thème.
00:12:30 Après, ses opposants lui répondront que depuis qu'il est président,
00:12:34 ce n'est pas l'ordre qui règne, mais le désordre.
00:12:36 Il y a eu effectivement l'épisode des Gilets jaunes.
00:12:38 Mais depuis le début des contestations,
00:12:41 l'exécutif avait fait un peu le pari cynique du pourrissement.
00:12:44 En imaginant qu'un pourrissement comme ce à quoi on peut assister ici et là
00:12:48 peut faire retourner l'opinion, non pas sur la réforme des retraites.
00:12:51 La bataille de l'opinion sur la réforme des retraites,
00:12:53 elle est perdue par l'exécutif.
00:12:54 7 Français sur 10 sont opposés à cette réforme.
00:12:56 C'est très stable depuis le début des mobilisations.
00:12:57 Mais sur le retour à la normale.
00:12:58 Mais voilà, l'opinion peut être lassée des blocages,
00:13:00 lassée des violences et ne plus faire seulement porter
00:13:03 la responsabilité au gouvernement,
00:13:05 mais aussi à ceux qui commettent ces blocages et ces violences.
00:13:08 J'aimerais qu'on dise un mot aussi de l'envoi de la CRS 8,
00:13:10 parce qu'on parlait de maintien de l'ordre tout à l'heure.
00:13:12 C'est cette force d'intervention qui est spécialisée dans les violences urbaines,
00:13:15 qu'évoquait tout à l'heure ce syndicaliste policier à Rennes, par exemple.
00:13:19 Elle a été utilisée.
00:13:20 Il y a une nouvelle doctrine d'intervention de facto,
00:13:24 qui est dictée par la rue.
00:13:25 On n'est plus du tout dans le maintien de l'ordre
00:13:28 qu'on a pu voir dans les manifestations,
00:13:29 parce qu'il y avait aussi le cordon sanitaire qui était assuré par les syndicats.
00:13:33 Et là aussi, on peut aller vers des faces à face beaucoup plus tendues,
00:13:35 Jean, à cause précisément de cet emploi.
00:13:37 C'est-à-dire que là, vous voyez bien que les violences sont totalement erratiques.
00:13:40 C'est ce que je disais en exergue à mon propos.
00:13:42 C'est-à-dire qu'on n'a pas des violences localisées, attendues, si vous voulez.
00:13:46 C'est des éruptions, ça et là, qui nécessitent une nécessité,
00:13:50 une flexibilité de l'utilisation, de l'usage des forces,
00:13:54 qui soient particulièrement accentuées.
00:13:58 Ce n'est pas comme dans une manifestation où c'est déclaré à l'avance,
00:14:01 où on sait qu'il va y avoir des éléments violents
00:14:03 et où les forces de l'ordre peuvent préparer les rues,
00:14:07 avoir le plan de la zone de manifestation pour se préparer.
00:14:09 – Là, on joue au chat et à la souris.
00:14:10 – Oui, exactement.
00:14:12 Là, on a des… voilà, c'est une espèce de racaïsation, si vous voulez,
00:14:16 des violences urbaines, qui fait que les policiers sont bien en peine,
00:14:20 si vous voulez, de réagir et n'interviennent qu'après coup.
00:14:22 Mais je voulais juste en profiter pour dire un mot.
00:14:24 C'est que j'ai écouté un petit peu les matinales ce matin
00:14:28 des différentes radios et télévisions,
00:14:31 et je trouve que le ton est quand même assez badin,
00:14:33 s'agissant de ces violences.
00:14:34 En tout cas, il n'y a pas de dénonciation frontale et verbale
00:14:38 et véhémente des manifestations qui le sont tout autant.
00:14:42 J'espère que si la France connaît des épisodes comme ça,
00:14:45 après le vote d'une loi sur l'immigration,
00:14:47 où des patriotes et des nationaux descendront pour se plaindre
00:14:51 de la politique migratoire du gouvernement,
00:14:52 j'espère que les médias et la classe politique auront les yeux de chimène
00:14:58 qu'ils ont pour ces manifestations qu'ils considèrent finalement
00:15:01 comme quelque part romantiques ou cools,
00:15:03 parce que ça vient de l'extrême gauche et guévarise d'une certaine façon.
00:15:07 Ça risque de ne pas être pour demain, le projet de loi immigration.
00:15:09 On aura l'occasion de revenir tout à l'heure sur le calendrier,
00:15:12 qui va être sans doute largement modifié avec vous et avec Gauthier,
00:15:15 qui a quelques infos sans doute à ce sujet.
00:15:17 Un mot sur ce qu'on nous annonce ou qu'on nous présente
00:15:21 comme la jeunesse qui serait dans la rue.
00:15:24 Mais de quelle jeunesse parle-t-on au juste aujourd'hui, François Patrias ?
00:15:27 Je voudrais quand même répondre un petit peu aux questions avant.
00:15:30 Monsieur Messiaen, on revient à ses fondamentaux,
00:15:32 le Macron bashing et les immigrés.
00:15:34 Ça va bien, mais à défaut de faire court, on peut faire noble.
00:15:37 Non, mais à défaut de faire court, on peut faire noble.
00:15:39 Et si on parlait un peu autrement ?
00:15:40 Quant à ce qu'aujourd'hui, vous avez compris,
00:15:42 tout est de la faute à Emmanuel Macron, il est responsable de tout.
00:15:44 Et j'ai même le sentiment que dans votre fœur intérieur,
00:15:47 vous vous réjouissiez qu'il y ait des violences.
00:15:49 Ça justifie votre discours et votre position.
00:15:52 Alors que donner aujourd'hui raison à quelques éléments violents,
00:15:56 sans doute par centaines, qui viennent manifester pour quoi faire ?
00:15:59 Pour casser du flic, pour s'en prendre aux proses de l'ordre.
00:16:01 Non pas au nom du 49-3, vous faites le raccourci.
00:16:04 C'est pas au nom, c'est les gens hier, je vous assure que hier,
00:16:06 on m'a dit, mon préfet m'a dit, ils s'en prennent directement
00:16:08 avec des mortiers aux forces de l'ordre,
00:16:10 avec des slogans qui n'ont rien à voir avec la réforme des retraites.
00:16:12 Vous attendez pour les arrêter ?
00:16:13 Arrêt la forme des retraites.
00:16:14 Mais écoutez, il y a eu 282 interpellations hier soir.
00:16:16 Ils sont libérés.
00:16:17 C'est normal, ils ne sont pas des scrams de droite, donc on les libère.
00:16:19 Vous le savez.
00:16:20 Non, non, non, non, c'est pas réconcis comme cela.
00:16:21 Bon, deuxième chose, quand vous dites, monsieur,
00:16:24 depuis deux ans, depuis deux mandats, Emmanuel Macron dit "moi le chaos".
00:16:28 Et puis vous dites "le prince de la finance".
00:16:30 Est-ce qu'on voudrait revenir un instant ?
00:16:31 Permettez-moi de revenir un instant, on essaie de débattre sérieusement.
00:16:34 Qui est-ce qui a fait sortir de la zone de l'endettement excessif la France
00:16:38 avant le Covid ?
00:16:39 C'est Emmanuel Macron.
00:16:40 Qui est-ce qui a rétabli la confiance de la France ?
00:16:42 Attendez, dans les investisseurs étrangers ?
00:16:44 Non, non, c'est faux ce que vous dites.
00:16:44 C'est la Commission européenne qui a assoupli les règles en la matière
00:16:50 parce qu'Emmanuel Macron était un fidèle serviteur.
00:16:52 Voilà la vérité.
00:16:53 Non, écoutez, écoutez.
00:16:55 Qui est-ce qui a fait en sorte que le chômage reflue ?
00:16:57 Qui est-ce qui a fait en sorte aujourd'hui que nous ayons la moins grande inflation en Europe ?
00:17:01 Qui est-ce qui a fait aujourd'hui de préserver le pouvoir d'achat
00:17:04 mieux que d'autres aujourd'hui en France ?
00:17:05 Qui est-ce qui a mis en place le bouclier énergétique pour les Français ?
00:17:09 Qui est-ce qui a mis en France que la France soit aujourd'hui
00:17:11 le premier pays attractif pour tout le monde ?
00:17:12 Pourquoi il ne retire pas la réforme alors ?
00:17:13 Moi, je continue à vous dire.
00:17:15 Avec tout ce que vous avez pensé ?
00:17:15 Je ne dis pas qu'Emmanuel Macron est le prince de la finance.
00:17:18 Je lis qu'il est celui qui aujourd'hui,
00:17:20 pour rétablir la position de la France financièrement, a le mieux agi.
00:17:22 Voilà ce que je dis.
00:17:23 C'est faux.
00:17:23 C'est faux tout ce que vous dites est faux.
00:17:25 La première chose, c'est que si...
00:17:26 Ah bon, c'est vrai ?
00:17:27 Ah oui.
00:17:27 L'inflation est plus forte hier qu'ailleurs ?
00:17:28 Attendez, déjà en matière budgétaire,
00:17:30 quand vous dites qu'Emmanuel Macron a sorti la France de la procédure des déficits excessifs,
00:17:33 ça n'est pas vrai.
00:17:34 C'est la Commission qui a allégé...
00:17:35 On était à deux neufs.
00:17:36 C'est la Commission européenne qui a allégé les conditions pour permettre à Emmanuel Macron,
00:17:43 nouvellement élu et dont elle savait qu'il serait le fidèle,
00:17:45 le fidèle laquet en quelque sorte,
00:17:48 elle a élargi les marges de bain d'oeuvre budgétaire pour laisser respirer Macron.
00:17:53 Ça, c'est la première chose.
00:17:54 La deuxième chose en matière de chômage.
00:17:55 Si vous prenez le chômage, toutes catégories confondues, il ne baisse pas.
00:17:58 Parce que vous, en fait, quand vous travaillez deux heures par semaine,
00:18:01 vous considérez que vous êtes dans le chômage.
00:18:03 C'est pour ça qu'on a du mal à recruter aujourd'hui ?
00:18:05 Sur l'inflation...
00:18:05 Attendez, laissez-moi finir, vous allez voir, je vais vous rendre heureux.
00:18:08 Sur l'inflation, je suis d'accord, les boucliers tarifaires et fiscaux
00:18:11 font qu'effectivement l'inflation est moins prononcée en France
00:18:15 qu'elle ne l'est dans le reste de l'Europe.
00:18:16 Ça, je vous donne crédit de cela.
00:18:18 Mais pour combien ?
00:18:19 Combien ça a coûté ?
00:18:20 Ça a coûté des centaines, des dizaines de milliards d'euros.
00:18:23 Parce que le gouvernement protège les Français.
00:18:25 Attendez, là, on parle quand même d'un texte qui a cristallisé la colère,
00:18:28 qui a cristallisé le mécontentement.
00:18:30 Il y a des sondages qui ont, dix semaines après semaine,
00:18:32 que l'immense majorité des Français étaient opposés.
00:18:34 Ça n'a rien à voir avec le bilan précédent d'Emmanuel Macron,
00:18:36 c'est ce texte-là qui a cristallisé une forme de rejet.
00:18:39 Oui, mais vous voulez faire une sorte de bilan comptable avec le tableau
00:18:43 plus et moins.
00:18:45 Là, il y a un texte qui polarise l'attentat.
00:18:48 Non, mais M. Patria, quand vous dites qu'Emmanuel Macron
00:18:50 a déboursé des dizaines de milliards d'euros
00:18:53 pour protéger les Français contre l'inflation...
00:18:55 Il ne fallait pas le faire.
00:18:56 Il fallait le faire, mais dans ce cas-là,
00:18:57 dix milliards de plus ou dix milliards de moins.
00:18:59 Pourquoi mettre le pays dans un tel chaos
00:19:01 quand on a dépensé 500 milliards pour dix milliards ?
00:19:04 C'est de la folie.
00:19:05 Pourquoi ? Est-ce que vous pouvez m'expliquer
00:19:07 l'objectif de votre politique ?
00:19:11 Non, ça c'est important.
00:19:12 J'aimerais qu'on revienne au blocage.
00:19:15 Le blocage des raffineries dans le Sud,
00:19:17 avec des déblocages qui ont été, vous le savez,
00:19:19 entre-temps ordonnés.
00:19:21 Regardez ce que ça donne.
00:19:22 On va voir que ça n'a pas entamé, loin de là,
00:19:24 peut-être même que ça l'a fait passer dans une dimension supérieure,
00:19:27 la détermination des syndicats sur ces sites.
00:19:31 Cette réforme, personne ne la veut.
00:19:33 Après la réforme, maintenant ce sont les réquisitions
00:19:36 qui font monter d'un cran la colère.
00:19:38 Les premières ont eu lieu ce matin.
00:19:39 Les salariés et syndicats se sont déplacés en nombre
00:19:41 pour soutenir le personnel réquisitionné
00:19:44 et pour montrer leur mécontentement face aux décisions du gouvernement.
00:19:47 Comme l'explique Olivier Matheux,
00:19:49 secrétaire général de la CGT dans les Bouches-du-Rhône.
00:19:52 À chaque fois qu'ils ont réquisitionné, c'est illégal.
00:19:55 C'est une façon de s'en prendre au droit de grève.
00:19:58 Le gouvernement, avec les conneries qu'il fait depuis des semaines maintenant,
00:20:02 il rajoute par-dessus la casse du droit de grève dans le pays.
00:20:05 Mais jamais dans la vie ça va passer, ça jamais dans la vie il ne se laissera faire.
00:20:08 Il va nous rester quoi ?
00:20:10 On va devoir travailler des années de plus pour continuer à les gaver.
00:20:14 On devrait accepter ça et en plus à coup de tricot.
00:20:17 Mais jamais, ils rêvent.
00:20:18 Si le site n'est ni bloqué ni occupé, les salariés sont toujours déterminés.
00:20:22 Une colère qui a entraîné des incidents et un face-à-face tendu,
00:20:26 notamment avec des échanges de projectiles entre les CRS et les manifestants.
00:20:29 Un comportement de la part des forces de l'ordre
00:20:31 et surtout du gouvernement que déplore Fabien Kross et l'UCGT Total.
00:20:35 Ils sont minoritaires dans ce pays,
00:20:37 donc ils sont obligés de faire des coups d'éclat comme ça,
00:20:40 de passer par la force, de passer par la répression policière,
00:20:45 alors qu'eux-mêmes avaient dit il y a quelques temps en arrière,
00:20:47 pas si longtemps, deux trois jours, il n'y aura pas de pénurie,
00:20:50 il n'y aura pas de réquisition, la grève elle se voit pas.
00:20:53 Alors qu'hier le syndicat professionnel des entreprises pétrolières
00:20:56 évoquait entre 5 et 8 dépôts de carburants bloqués,
00:20:58 45 sénateurs ont demandé ce matin
00:21:00 la limitation du droit de grève dans les raffineries et dépôts de carburants.
00:21:04 Thierry, cet épisode n'a pas eu raison de l'intersyndical,
00:21:07 loin de là, ça l'a renforcé, on voit qu'elle tient, plus que jamais.
00:21:10 Alors, couille de cette action, est-ce qu'elle va aller elle aussi
00:21:13 dans le sens d'une radicalisation ?
00:21:14 Alors il y a deux choses différentes, il y a la manifestation de jeudi,
00:21:17 organisée par l'intersyndical, ça sera très intéressant de voir
00:21:20 si le 49.3 vient renforcer les cortèges, puisqu'on était sur
00:21:23 les deux précédentes mobilisations qui commençaient à s'essouffler,
00:21:27 donc ça, ça sera à noter et à regarder attentivement.
00:21:30 Et ensuite, il y a effectivement les blocages et on le voit
00:21:33 dans les reportages qu'on fait, c'est une partie de la CGT qui bloque.
00:21:36 La CFDT n'est pas sur cette même ligne concernant notamment les raffineries.
00:21:41 Et il y a plusieurs lignes au sein de la CGT, il y a des lignes de fracture.
00:21:44 Je rappelle que dans un peu plus d'une semaine,
00:21:46 Philippe Martinez va laisser sa place.
00:21:48 On va lui succéder sa candidate désignée,
00:21:51 qui s'appelle Marie Buisson et elle n'est pas appréciée
00:21:55 par ceux qui bloquent justement les raffineries en ce moment.
00:21:58 Olivier Matheux, qu'on a vu dans le reportage à l'instant,
00:22:01 est également un candidat, il s'est autodésigné candidat,
00:22:04 parce que sa candidature a été rejetée par les instances de la CGT.
00:22:07 Donc, on va voir s'il arrive à s'imposer ou non.
00:22:11 Et du coup, les éléments les plus radicaux de la CGT
00:22:14 aimeraient trouver une troisième voie, c'est-à-dire ni la candidate
00:22:17 de Philippe Martinez, ni Olivier Matheux, dont la candidature a été retoquée.
00:22:22 Donc, ces blocages, certes, l'intersyndicale fait encore corps,
00:22:25 notamment, on le verra jeudi dans les rues de France.
00:22:28 Mais sur les blocages, il y a des lignes de fracture
00:22:30 et il y a même des lignes de fracture au sein même de la CGT.
00:22:33 C'est là-dessus que peut-être l'exécutif peut miser une finée.
00:22:36 J'allais dire qu'Olivier Matheux a bien fait ses comptes.
00:22:39 Olivier Matheux a bien fait ses comptes.
00:22:41 C'est le cas de le dire.
00:22:42 On a compris.
00:22:44 C'est parce que j'ai parlé suffisamment tôt,
00:22:46 donc il s'est dit, on va le répéter au cas où.
00:22:48 Non, non, c'est parce que vous avez... Bref.
00:22:50 Oui, je pense, si vous voulez, qu'il y a une course à la radicalité
00:22:54 au sein de la CGT de par l'attitude du gouvernement
00:22:57 et du pouvoir de manière générale.
00:22:59 C'est-à-dire qu'à partir du moment où Martinez n'a pas su obtenir
00:23:03 par la grève classique, d'une certaine façon,
00:23:05 par la mobilisation traditionnelle des avancées substantielles
00:23:10 en matière de projet de loi pour la réforme des retraites,
00:23:14 eh bien, il a suscité, mais à son corps défendant,
00:23:17 parce que ce n'est pas lui qui volontairement a suscité ça,
00:23:19 il a suscité effectivement une course à l'échalote
00:23:22 de celui qui sera le plus radical, y compris parmi ses successeurs.
00:23:27 Donc, il est évident que la situation, si vous voulez,
00:23:30 de manière générale dans le pays et de manière particulière
00:23:33 dans les syndicats est à la crispation.
00:23:35 Elle n'est pas au désamorçage de la crise, ça c'est sûr.
00:23:39 Allez, on va s'interrompre quelques secondes
00:23:40 et puis on revient pour parler d'Emmanuel Macron.
00:23:42 Que va-t-il faire ? Que peut-il faire ?
00:23:44 C'est surtout la question qui prévaut aujourd'hui.
00:23:47 Nous serons en direct d'ailleurs avec l'une de nos reporters
00:23:49 de services politiques à l'Élysée, Elodie Huchard,
00:23:52 qui nous attend dans quelques minutes.
00:23:53 À tout à l'heure.
00:23:54 [Musique]
00:23:59 De retour avec vous, le débat reprend juste après.
00:24:02 Le journal Michael Dorian est de retour.
00:24:03 Bonjour Michael.
00:24:04 Bonjour Nelly, bonjour à tous.
00:24:05 Emmanuel Macron ne va ni dissoudre, ni remanier, ni convoquer de référendum.
00:24:10 Depuis ce matin, le président de la République enchaîne les réunions
00:24:13 avant sa prise de parole de demain.
00:24:15 Après avoir reçu Elisabeth Borne et les chefs de parti à l'Élysée,
00:24:19 il doit également s'entretenir avec les parlementaires d'ici ce soir.
00:24:23 À l'Assemblée nationale vif, échange tout à l'heure quand Mathilde Panot,
00:24:27 la présidente du groupe de la France insoumise,
00:24:30 a interpellé Elisabeth Borne.
00:24:31 La Première ministre a répondu et accuse Mathilde Panot
00:24:34 de ne pas condamner les violences lors des manifestations.
00:24:37 Écoutez-les.
00:24:38 Vous cèderez car vous ne tenez qu'à neuf voix.
00:24:42 Vous cèderez car deux Français sur trois souhaitent votre départ.
00:24:46 Vous cèderez car passer en force contre le peuple, les syndicats,
00:24:50 le Parlement relèvent d'une folie.
00:24:52 Vous cèderez car le risque d'un débordement de colère
00:24:55 est déjà trop grand.
00:24:57 Vous cèderez car la police seule ne parviendra pas à faire régner l'ordre.
00:25:02 Madame la présidente Panot,
00:25:04 hier soir, votre violence verbale a débordé dans la rue.
00:25:08 Mais alors là, sans surprise,
00:25:11 sans surprise,
00:25:13 vous n'avez plus de mots pour condamner les violences.
00:25:16 Au contraire, vous continuez sans relâche
00:25:20 votre attaque systématique des institutions républicaines.
00:25:24 Vous vous en prenez aux policiers et aux gendarmes.
00:25:27 Vous remettez en cause leur travail.
00:25:30 Sur le front de la mobilisation à présent,
00:25:31 la tension monte au dépôt pétrolier de Fos-sur-Mer
00:25:34 où plusieurs centaines de syndicalistes sont rassemblés.
00:25:37 Trois policiers ont été blessés sérieusement lors d'affrontements.
00:25:40 Les manifestants s'opposent aux réquisitions de personnel
00:25:43 annoncées par le gouvernement.
00:25:44 Écoutez Olivier Matheux, secrétaire général de l'UDCGT des Bouches-du-Rhône.
00:25:50 Cette réforme, personne n'en veut.
00:25:52 S'il doit y avoir un référendum là dans la minute,
00:25:55 ils se font exploser.
00:25:58 Si on doit aller chercher un référendum,
00:26:00 c'est pour imposer la retraite à 60 ans,
00:26:03 le SMIC à 2000 euros,
00:26:05 c'est 4,5 ans et moins pour les métiers pénibles
00:26:07 et aucune païsson pour nos retraités en dessous du SMIC.
00:26:12 C'est sur ça qu'on va les faire se positionner.
00:26:15 D'autres mouvements de protestation contre la réforme des retraites,
00:26:18 toujours dans le secteur de l'énergie.
00:26:20 En Gironde notamment, un blocage filtrant a été mis en place
00:26:23 aux abords de la centrale nucléaire du Blayé.
00:26:25 Les précisions sur place avec Antoine Estève.
00:26:29 Les syndicats nous avaient déjà prévenu la semaine dernière.
00:26:31 Ce qu'ils veulent, c'est une mobilisation importante chaque jour.
00:26:34 Ils sont ici devant la centrale nucléaire depuis une semaine déjà.
00:26:37 Mais ce qu'ils veulent, c'est chaque jour montrer un nouveau piqué de grève important
00:26:40 avec l'intersyndical.
00:26:42 Donc tous les syndicats sont ici réunis.
00:26:44 Il y a la CGT, Force ouvrière, la CFECGC qui viennent en nombre.
00:26:48 Plusieurs centaines de personnes dans un roulement toute la journée ici
00:26:51 à l'entrée de la centrale.
00:26:52 Alors ce qui est important aussi de dire, c'est que la sûreté, la sécurité
00:26:55 des installations nucléaires ne sont pas affectées par ce piqué de grève.
00:26:58 Il y a seulement un filtrage.
00:27:00 Il y a sûrement des actions de grève à l'intérieur des centrales nucléaires
00:27:03 qui fait qu'il y a tout simplement une baisse de production d'électricité en France.
00:27:07 On calcule cette baisse de production à l'équivalent environ de 9 à 10 réacteurs
00:27:12 au total.
00:27:12 Entre 10 et 15 mégawatts ne sont pas produits en France à cause de cette grève.
00:27:17 Ça veut dire qu'à l'heure actuelle par exemple, l'État français, EDF,
00:27:20 est obligé d'acheter de l'électricité à l'étranger.
00:27:23 C'est ça aujourd'hui l'impact de cette grève dans l'énergie en France
00:27:26 et cette grève qui est reconductible et qui pourrait durer encore
00:27:29 au moins jusqu'à jeudi.
00:27:31 La mobilisation se poursuit aussi dans les universités alors qu'une marche
00:27:34 d'étudiants avait lieu tout à l'heure entre l'incinérateur d'Ivry-sur-Seine,
00:27:38 l'un des sites occupés par les euboueurs et les agents de propreté en grève
00:27:42 et la gare d'Austerlitz.
00:27:43 Une étape était prévue au niveau du campus de Tolbiac, restée fermée aujourd'hui.
00:27:50 Le journaliste français Olivier Dubois a atterri à Paris.
00:27:53 Il a été accueilli ce midi par le président de la République, Emmanuel Macron,
00:27:57 à la base aérienne de Villacoublé.
00:27:58 Otage pendant près de deux ans au Mali, il a été libéré hier.
00:28:02 Olivier Dubois avait été enlevé le 8 avril 2021 par la principale alliance
00:28:06 djihadiste au Sahel liée à Al-Qaïda.
00:28:11 Dans le reste de l'actualité, les actes racistes, xénophobes ou antireligieux
00:28:14 sont en hausse. Ils ont augmenté de 5% en 2022 par rapport à 2021.
00:28:19 Au total, 2600 infractions ont été recensées selon le ministère de l'Intérieur.
00:28:23 La majorité d'entre elles sont des injures ou des provocations.
00:28:26 A noter que c'est à Paris, en Seine-Saint-Denis et dans le Barin
00:28:30 que ces actes sont les plus nombreux.
00:28:33 Vous souhaitez aider l'organisation des JOs olympiques, des prochains JO ?
00:28:38 Eh bien aiguiller les spectateurs dans le stade par exemple,
00:28:40 accompagner un sportif au contrôle antidopage ou encore installer
00:28:44 les blocs de départ sur la piste.
00:28:46 Paris recrute 45 000 bénévoles.
00:28:48 Les candidats auront six semaines à compter de demain pour tenter leur chance.
00:28:52 Écoutez Tony Estanguet, le président de Paris 2024.
00:28:57 C'est le plus grand programme de volontaires jamais organisé en France.
00:29:01 C'est un vrai défi collectif.
00:29:02 On souhaite la parité dans ce programme.
00:29:04 C'est important pour nous.
00:29:05 On souhaite de la diversité.
00:29:07 On souhaite inclure au maximum des personnes en situation de handicap,
00:29:12 que ce soit pour les JO ou les JO paralympiques.
00:29:14 On s'est fixé un objectif à 3000 volontaires en situation de handicap.
00:29:18 C'est très ambitieux.
00:29:19 Ça n'a jamais été fait, mais collectivement on peut relever ce défi.
00:29:24 Et c'est la fin de ce journal.
00:29:25 Bon après-midi sur CNews.
00:29:26 L'actualité continue bien sûr avec 90 minutes info.
00:29:29 Nelly Denac et ses invités.
00:29:31 Merci beaucoup Charles Michel, toujours en compagnie de François Patrilla,
00:29:34 Gauthier Lebray et Jean Messia.
00:29:36 On va parler de ces consultations tous azimuts qui sont menées depuis ce matin.
00:29:41 Ces recours aussi déposés auprès du Conseil constitutionnel.
00:29:45 Des partis politiques sonnés ou en crise pour certains.
00:29:49 Le jour d'après devient le grand flou.
00:29:51 Emmanuel Macron en détient-il vraiment la clé ?
00:29:53 Que fera-t-il réellement ?
00:29:55 A priori, pas question de renverser la table.
00:29:57 Bonjour Élodie Huchard, vous êtes à l'Élysée pour nous aujourd'hui.
00:30:01 Il n'y aura ni dissolution, ni remaniement.
00:30:04 Cela paraît à peu près clair.
00:30:06 Oui, en fait, si on suit la logique du président de la République,
00:30:11 pour l'heure, pas de grand bouleversement.
00:30:13 Plutôt une réflexion, prendre le temps, 15 jours, 3 semaines peut-être,
00:30:16 pour que les cadres de la majorité et le président lui-même
00:30:19 réfléchissent une nouvelle méthode, un nouveau calendrier législatif,
00:30:23 des grands chantiers, tout ça pour trouver un cap, une perspective,
00:30:26 évidemment pour tenter de sortir de cette crise.
00:30:28 Ce qu'on sait aussi, c'est qu'en plus de demain, un mercredi,
00:30:30 le président de la République pourrait reprendre la parole
00:30:33 à l'issue de cette phase de concertation et de réflexion.
00:30:36 Et puis surtout, on nous explique qu'il est important
00:30:38 que le président de la République, demain, ait un style un peu moins guindé,
00:30:42 un peu moins rigide que lors d'une allocution solennelle.
00:30:44 Le but, c'est qu'il s'invite dans le foyer des Français,
00:30:46 qu'il explique son point de vue et surtout pas qu'il ait l'air
00:30:50 trop sérieux, trop dramatique, comme l'aurait été notamment en 20h.
00:30:53 Et puis, on rappelle que les concertations continuent à l'Élysée.
00:30:56 Il y a eu un déjeuner autour de Gérard Larcher et Yael Brune-Pivet,
00:30:59 qui étaient conviés par Emmanuel Macron.
00:31:01 Et puis, à 19h30, un autre exercice, il recevra les parlementaires
00:31:05 de sa majorité. Le but aussi, c'est que ses députés, ses sénateurs,
00:31:08 puissent entendre le président de la République, eux qui, parfois,
00:31:10 ont un peu souffert en circonscription, eux qui voulaient notamment
00:31:13 à l'Assemblée nationale aller au vote et qui ont pu être déçus.
00:31:17 On a vu dans différentes réunions de groupe que ça tanguait
00:31:19 du côté de la majorité. Le président va donc leur montrer
00:31:22 qu'il a bien un cap et qu'il est déterminé à poursuivre sa politique.
00:31:26 - Beaucoup pour toutes ces précisions.
00:31:27 Gauthier, on poursuit avec vous. On va encore plus loin.
00:31:31 Pour analyser tout ce qui s'est passé, avant de revenir au choix
00:31:33 d'un 13h plutôt que d'un 20h plus solennel,
00:31:35 est-ce que ça traduit aussi ?
00:31:36 J'aimerais qu'on s'attache à ce qui s'est dit ce matin.
00:31:38 On a eu quelques infos coulisses.
00:31:41 Comment aborde-t-on cette séquence ?
00:31:43 Avec un jour de recul sur ce qui s'est passé hier,
00:31:46 comment on s'est réveillé du côté de l'exécutif ?
00:31:48 - On minimise l'usage de ce 49.3.
00:31:50 On explique du côté de l'exécutif que c'est un article de la Constitution
00:31:53 et que le président avait raison de s'en saisir s'il jugeait
00:31:57 que cette réforme des retraites avait une chance de ne pas,
00:32:00 ou un risque, c'est selon, de ne pas passer.
00:32:03 Pour Emmanuel Macron, les deux motions de censure ont été rejetées.
00:32:05 Donc ce n'est pas une défaite.
00:32:07 Au contraire, c'est même une victoire.
00:32:09 C'est ce qu'il a pu dire ce matin face au cadre de la majorité.
00:32:13 Et enfin, cette volonté de minimiser l'usage de ce 49.3
00:32:17 avait commencé dès ce week-end par les interventions des ministres.
00:32:21 Je me souviens d'Olivier Dussopt qui disait la même chose,
00:32:25 de Bruno Le Maire qui a dit que la majorité ressortait renforcée
00:32:29 de cet épisode.
00:32:30 Alors qu'effectivement, on a vu une image qui a beaucoup interpellé
00:32:34 les observateurs que nous sommes, les rangs de la majorité
00:32:36 clairsemés derrière le banc des ministres, derrière Elisabeth Borne,
00:32:40 alors que deux motions de censure étaient soumises au voix.
00:32:43 Comme le disait Elodie, on sait que certains députés
00:32:46 auraient aimé aller au vote, quitte à perdre.
00:32:49 Donc effectivement, Elisabeth Borne a réuni ce matin
00:32:51 les parlementaires de la majorité.
00:32:53 Au tour d'Emmanuel Macron de les réunir ce soir
00:32:55 pour effectivement les rassurer et essayer d'atténuer les tensions
00:32:59 qu'on peut voir au sein de la majorité.
00:33:01 On va vous faire réagir.
00:33:02 Déjà un, vos collègues parlementaires de l'Assemblée,
00:33:05 est-ce qu'ils ont avalé des coulœuvres pendant tous ces mois,
00:33:08 ces semaines à attendre pour au final ne pas avoir le loisir eux-mêmes
00:33:12 de voter, de s'exprimer sur ce texte ?
00:33:14 Je crois que tout le monde avait à l'esprit le fait que cette réforme,
00:33:18 compte tenu des mois qu'il y a eu de négociations, de discussions,
00:33:21 de débats, plus de 170 heures au Parlement, etc.,
00:33:25 ce débat devait aboutir et qu'il devait enterriner la réforme des retraites.
00:33:29 Alors pourquoi ne pas y aller ?
00:33:30 En réforme des retraites.
00:33:31 Pourquoi ne pas y aller à ce vote ?
00:33:32 À partir du moment où nous avons quoi ?
00:33:34 Nous avons, j'allais dire, de devant nous, une gauche qui est factueuse,
00:33:40 une droite qui a été un peu veule en l'occurrence,
00:33:42 le corps qui n'a été pas très prénoncé dans ses mesures,
00:33:44 et à côté on est dans un système tripartite aujourd'hui.
00:33:47 C'est une tripartite.
00:33:48 Alors la question que je me pose,
00:33:50 c'est quand l'opposition utilise tous les moyens
00:33:53 mis à sa disposition par la Constitution pour bloquer,
00:33:57 pour empêcher, pour empêcher le débat,
00:33:59 pour empêcher le vote de l'article 7, etc.,
00:34:01 tout le monde dit "Bravo, c'est bien, l'opposition a le droit".
00:34:04 Quand le gouvernement...
00:34:04 Une partie de l'opposition.
00:34:05 Quand le gouvernement... Non, tout le monde le dit,
00:34:06 tout le monde dit "C'est bien, on applaudit, c'est bien,
00:34:08 ils ont fait du blocage".
00:34:10 Et quand le gouvernement utilise, lui, à son tour,
00:34:12 les moyens mis à sa disposition pour faire passer son texte,
00:34:16 on crie "À de là, dramatique, c'est un hold-up".
00:34:20 Écoutez, ce que je peux vous dire, c'est que le 49.3,
00:34:21 moi, j'ai vu, je soutenais Michel Rocard à l'époque,
00:34:25 j'ai vu passer la CSG à trois voix, à trois voix.
00:34:28 Personne n'a parlé trois voix aujourd'hui,
00:34:30 c'est passé à trois voix.
00:34:31 Je pense que le 49.3, c'est pas un passage en force.
00:34:33 Le passage en force, c'est quand on est hors de la loi.
00:34:35 Donc on a travesti.
00:34:36 Non, c'est quand on est hors de la loi.
00:34:38 Quand on utilise des moyens républicains
00:34:41 que la Constitution autorise,
00:34:43 ça n'est pas un passage en force.
00:34:44 Néanmoins, néanmoins, François Patria.
00:34:45 Alors maintenant, l'État de la majorité.
00:34:47 S'il a vraiment dit "Le chef de l'État, c'est une victoire",
00:34:50 avec neuf voix d'écart,
00:34:51 est-ce qu'il n'y a pas une forme d'indécence à prononcer ce mot ?
00:34:52 Si Madame Pannot était élue avec une voix,
00:34:55 est-ce qu'elle dirait qu'elle a été élue avec une voix ?
00:34:57 Elle dirait "Je suis députée".
00:34:57 C'est pas la même légitimité quand même.
00:34:58 Elle dirait "Je suis députée, j'ai eu une voix d'avance".
00:35:00 Est-ce que c'est la même légitimité ?
00:35:01 Dans la démocratie, une voix, une voix, c'est la majorité.
00:35:05 Une voix, attendez, je finis.
00:35:06 Allez-y.
00:35:06 Bon, donc maintenant, quel est l'état d'esprit ?
00:35:10 Moi, j'ai rencontré, j'étais ce matin à l'Élysée,
00:35:12 et je serai ce soir à l'Élysée avec les autres parlementaires.
00:35:15 La majeure partie des parlementaires que j'ai vus depuis jeudi dernier,
00:35:18 tous disent aujourd'hui,
00:35:21 personne ne regrette l'usage du 43-toit,
00:35:23 et tous disent aujourd'hui qu'en fin de compte,
00:35:25 ils pensent que la loi devait être votée et qu'elle est votée.
00:35:28 Il y avait des gens qui auraient préféré.
00:35:29 Moi, à titre personnel,
00:35:31 j'ai cru jusqu'au bout que la loi allait passer.
00:35:33 Il y a eu des défections,
00:35:34 on fait pas le match aujourd'hui, c'est pas la peine.
00:35:36 J'ai pensé qu'elle allait passer.
00:35:37 À partir du moment où l'incertitude est trop grande,
00:35:39 où les gens sur qui vous comptez vous font défaut,
00:35:42 il est normal que le gouvernement ne prenne pas de risques.
00:35:44 À partir du moment où vous n'allez pas à un vote,
00:35:46 vous êtes sûr d'être battu comme ça.
00:35:47 - Ah bon ? - Non.
00:35:48 C'est pas ça la démocratie, c'est accepter de perdre ?
00:35:50 - La démocratie... - Sinon, ça s'appelle être mauvais joueur, non ?
00:35:52 - Ah bah si à chaque fois qu'on utilise la Constitution... - Bah je sais pas.
00:35:54 Alors, est-ce que quand l'opposition empêche le débat au Parlement
00:35:58 et le vogue de l'article 7, elle est mauvaise joueur ?
00:36:00 Non mais il y aura des recours.
00:36:01 Il y a des recours devant le Conseil constitutionnel
00:36:03 sur l'emploi dans le cadre du PLFSS.
00:36:06 Il y aura quand même des recours de ce point de vue-là.
00:36:07 Est-ce que vous pensez pas que dans les débats...
00:36:09 Moi, je veux pas tout le refaire de match,
00:36:10 mais est-ce que dans ces débats, ceux qui étaient au Sénat,
00:36:13 on a bien vu qu'au Sénat, le texte a été voté ?
00:36:16 Parce que la parole a été tenue.
00:36:18 Parce que le gouvernement avait un texte de loi.
00:36:20 Attendez, le texte de loi...
00:36:20 Non, attendez, on a fait plus de 120 heures de débat,
00:36:23 et tous les amendements...
00:36:24 Les 8000 amendements ont été examinés.
00:36:26 - Mais il y a eu un vote. - Mais il y a eu un vote.
00:36:28 - Et il y a eu un vote. - Mais il y a eu un vote.
00:36:30 - Mais au Sénat, l'engagement... - Il va être bloqué au Sénat.
00:36:33 Attendez, sur les derniers articles,
00:36:36 sur les 4 derniers articles, simplement,
00:36:37 parce que l'opposition faisait un tel blocage
00:36:39 qu'elle ne voulait pas qu'on vote.
00:36:40 Justement, nous voulions voter.
00:36:42 Donc, c'est clair.
00:36:43 Mais tous les amendements ont été examinés
00:36:45 avec avis de la Commission, avis du gouvernement.
00:36:47 Pour vous répondre, et pour répondre vraiment à ce terme,
00:36:51 s'il a vraiment prononcé ça,
00:36:52 qu'est-ce que ça dit aujourd'hui notre président de la République,
00:36:55 de parler de victoire après un texte qui, quand même,
00:36:59 a été en force. - Vous voulez qu'il se défaite ?
00:37:00 - Non mais j'ai écouté, si vous voulez,
00:37:03 avec une grande béatitude et la bouche ouverte,
00:37:05 l'exposé de M. Patria sur la situation du pays.
00:37:08 - Merci de reconnaître mes talents.
00:37:09 - Qui me laisse...
00:37:10 Alors, sur la forme, je n'ai rien à dire.
00:37:12 Sur le fond, par contre, vous allez moins apprécier.
00:37:15 Je pense que...
00:37:17 Je crois que vous n'habitez pas en France, en fait.
00:37:19 C'est-à-dire, je ne sais pas si vous connaissez le pays
00:37:21 dont pourtant vous êtes élu.
00:37:24 Vous n'entendez pas ce qui se passe dans le pays.
00:37:27 Vous ne le voyez pas.
00:37:28 Il y a deux démocraties, si vous voulez.
00:37:30 Il y a une démocratie qui est légaliste.
00:37:32 Alors ça, ça vous arrange parce que c'est la démocratie
00:37:36 qui est confinée dans une bulle de droits, de constitutions parfaites.
00:37:40 Je ne dis pas que vous avez été dans l'illégalité.
00:37:42 Tout ce que vous avez fait est parfaitement démocratique
00:37:45 du point de vue de la légalité.
00:37:46 Mais le problème, c'est qu'en plus de la légalité,
00:37:50 la démocratie doit avoir aussi une légitimité.
00:37:53 Alors, je sais bien que depuis la cohabitation,
00:37:57 le régime de cohabitation, la légitimité démocratique
00:37:59 a été foulée au pied parce qu'on a, figurez-vous,
00:38:01 des présidents qui, malgré le fait qu'ils soient désavoués
00:38:04 dans les urnes par une majorité qui n'est plus présidentielle,
00:38:08 mais qui est dans l'opposition au président de la République,
00:38:10 restait toujours au pouvoir,
00:38:12 que cette légitimité démocratique a été piétinée,
00:38:15 foulée au pied par des présidents.
00:38:17 Effectivement, là, le pays exprime légitimement une colère.
00:38:22 Vous ne pouvez pas dire que les Français, depuis des semaines,
00:38:25 à travers tous les canaux dont ils disposent,
00:38:26 pas seulement les sondages,
00:38:28 quand vous arrivez à réunir 1,5 million de personnes dans la rue,
00:38:31 dans une société qui plus est fragmentée, atomisée, individualisée,
00:38:35 ça équivaut à 4 ou 5 millions de la société des années 60 ou 70.
00:38:40 Donc aujourd'hui, vous réunissez 1,5...
00:38:42 Je ne connais pas d'autres causes...
00:38:43 L'inverse.
00:38:44 Je ne connais pas d'autres causes qui puissent mobiliser autant de personnes.
00:38:47 Plus le bazar qu'il y a à l'Assemblée nationale,
00:38:49 où à 9 fois près, vous avez failli perdre le gouvernement.
00:38:53 Être sourd à ça...
00:38:54 Alors, je sais bien que le macronisme est connu
00:38:55 pour une forme de haute...
00:38:56 Enfin, ils appellent ça de la hauteur.
00:38:58 En réalité, c'est de la morgue, de la désinvolture
00:39:00 et du mépris vis-à-vis de ce que pensent les Français.
00:39:03 Dire, dans les conditions actuelles, avec les violences qu'il y a,
00:39:06 avec ce qui s'est passé à 9 voix près au Parlement,
00:39:09 avec les oppositions au Parlement, dire que c'est une victoire...
00:39:12 Franchement, je ne sais pas dans quel monde déconnecté vous vivez.
00:39:15 Merci.
00:39:16 On va passer à ce que je vous disais tout à l'heure, Gauthier.
00:39:18 Le choix, il va finir par s'exprimer,
00:39:20 donc au sortir de cette équence de deux mois où on n'en parle pas beaucoup, entendu.
00:39:23 Il va parler demain à 13h.
00:39:25 Pourquoi t'il choisit un 13h plutôt qu'un 20h,
00:39:27 avec un format plus solennel, plus grandiloquent,
00:39:30 que peut-être le contexte aurait justifié quand même ?
00:39:34 Parce que l'heure est grave aujourd'hui.
00:39:35 Dans la même volonté que je vous expliquais,
00:39:38 c'est-à-dire minimiser l'usage de ce 49.3,
00:39:41 ne pas faire d'allocution solennelle,
00:39:42 car on fait une allocution solennelle quand il s'est passé quelque chose de grave,
00:39:45 quand on a quelque chose de grave à annoncer aux Français.
00:39:47 Évidemment, on pense tout de suite au confinement, notamment.
00:39:49 Et donc, pourquoi à 13h plutôt qu'à 20h ?
00:39:52 Effectivement, les oppositions lui répondent
00:39:54 qu'il va s'adresser à ceux qui ne sont pas actifs.
00:39:57 Puisque je vous rappelle que ceux qui sont principalement opposés
00:40:00 à cette réforme des retraites, quasiment 9 sur 10,
00:40:02 ce sont les actifs.
00:40:03 Et par définition, ils ne sont pas devant leur télé à 13h.
00:40:06 C'est plutôt les retraités qui sont devant leur télé à 13h.
00:40:08 Donc c'est une manière de bien circuler, il n'y a rien à voir ?
00:40:10 C'est une manière très clairement de minimiser ce qui s'est passé.
00:40:12 En plus, les retraités, ils ne sont pas concernés par cette réforme.
00:40:15 C'était l'un des arguments du gouvernement.
00:40:17 On ne baisse pas les retraites, on n'augmente pas les cotisations.
00:40:20 C'est pour ça qu'on va demander aux Français de travailler deux ans de plus.
00:40:22 Et les retraités, c'est un électorat très favorable à Emmanuel Macron.
00:40:26 Et comme pour continuer dans cette minimisation de ce qui s'est passé,
00:40:30 on l'a dit, pas de remaniement,
00:40:32 alors qu'on a cru dans un premier temps qu'Elisabeth Borne,
00:40:34 c'est même ce qu'elle avait dit au président de la République,
00:40:35 elle pouvait être un fusible.
00:40:37 Elle ne sera pas un fusible, pas de dissolution
00:40:40 et pas de référendum non plus.
00:40:42 Juste un mot sur ce choix de format.
00:40:43 C'est drôle, au moment des Gilets jaunes,
00:40:45 il s'était adressé au pays à 20h, non ?
00:40:47 Oui, il aurait été grave.
00:40:48 Alors donc l'heure est moins grave là ?
00:40:50 Selon lui, il a une victoire législative.
00:40:52 Il n'y avait pas de crise de régime, il n'y avait pas de crise politique,
00:40:55 il n'y avait pas une coagulation d'opposition
00:40:58 qui ont failli faire tomber le gouvernement, excusez-moi.
00:41:00 La gravité de la situation aujourd'hui est beaucoup plus importante
00:41:03 que la gravité en tout cas du point de vue institutionnel et juridique.
00:41:06 Elle était beaucoup moins grave à l'époque.
00:41:09 Alors parlons quand même de la marge de manœuvre dont il dispose réellement.
00:41:11 Et on parlera aussi après du sort réservé à Elisabeth Borne pour la suite
00:41:16 et de sa marge de manœuvre à elle.
00:41:18 On sait qu'a priori l'agenda des réformes va être grandement modifié.
00:41:22 On attendait prochainement un texte sur l'immigration et l'insularien.
00:41:26 Ça a été l'un des sujets du déjeuner entre Gérard Larcher, Yann Bronbeck et Emmanuel Macron.
00:41:31 Parce qu'effectivement le texte porté par Gérald Darmanin sur l'immigration
00:41:35 devait commencer par le Sénat où les Républicains sont majoritaires.
00:41:39 On sait que les députés LR, Éric Ciotti a déjà dit qu'il voterait contre cette loi immigration.
00:41:44 Alors que quand vous échangez avec les sénateurs LR,
00:41:46 c'est souvent plus nuancé qu'avec les députés LR.
00:41:49 C'est-à-dire que les sénateurs veulent modifier le texte,
00:41:52 mais pourquoi pas le voter si ça va dans le bon sens.
00:41:54 Alors que les députés LR sont beaucoup plus obtus et beaucoup plus fermés,
00:41:58 on l'a vu notamment dans cette réforme des retraites.
00:42:00 Donc effectivement, ce texte immigration va peut-être être rangé dans un tiroir pendant un temps
00:42:04 parce que le gouvernement ne pourra pas se payer le luxe d'utiliser un nouveau 49.3.
00:42:08 Politiquement, ça serait intenable.
00:42:09 Donc Emmanuel Macron va privilégier des textes qui pourraient faire plus consensus
00:42:13 au sein de l'Assemblée nationale.
00:42:14 Si victoire il y a, est-ce que ce n'est pas finalement une victoire de courte durée
00:42:17 compte tenu de ce que nous dit Gauthier sur la suite ?
00:42:20 Je reviens sur le fait.
00:42:21 Imaginez, alors qu'est-ce que vous auriez dit si le gouvernement avait perdu ?
00:42:26 Vous auriez dit quoi ?
00:42:28 Je comprends.
00:42:29 C'est une défaite pour l'exécutif.
00:42:32 Le texte est passé et la réforme est passée.
00:42:36 C'est clair.
00:42:37 Bon, il peut y avoir maintenant des...
00:42:38 On va être vigilant, il y aura sans doute encore des manifestations.
00:42:42 On en a parlé un peu tout à l'heure.
00:42:43 Qu'est-ce que souhaite le chef de l'État ?
00:42:45 Je ne vais pas vous dire ce qu'il nous a dit ce matin.
00:42:46 Je vous dis simplement que dans l'État où nous sommes aujourd'hui, effectivement,
00:42:50 si je suis votre raisonnement, nous sommes dans une forme de censure latente.
00:42:52 Avec la volonté, que j'entends parmi certains journalistes autour de nous, le souhait de
00:42:56 voir qu'un texte soit voté maintenant et qu'on arrive à un blocage.
00:42:59 Ce n'est pas ce que veut le gouvernement.
00:43:01 Ce n'est pas ce que veut le chef de l'État.
00:43:03 Vous pouvez le dire comme tel.
00:43:05 Ce n'est pas ce que dit le chef de l'État.
00:43:06 Le chef de l'État dit aujourd'hui, bon, essayons de travailler mieux pour arriver
00:43:10 à ce que les textes soient votés.
00:43:11 Et si effectivement, je ne sais pas la décision qui est prise, mais je sais que le texte sur
00:43:15 l'immigration a été passé en commission au Sénat, qu'il y a de nombreux amendements
00:43:20 qui le durcissent sur certains points et qui ne plaisent pas au gouvernement, ni qui ne
00:43:24 plaiseront pas non plus à l'Assemblée nationale.
00:43:25 Donc, ce que dit aujourd'hui le chef de l'État et le président du Sénat, ils disent, écoutez,
00:43:30 prenons le temps de regarder le texte et de voir si nous avons un moyen d'aboutir.
00:43:34 Après tout, c'est ce que vous avez demandé, accordé et écrit pendant des semaines.
00:43:37 Le gouvernement prend aujourd'hui le temps d'écouter sa majorité, d'écouter l'opposition
00:43:42 et de dire bon voilà, est-ce qu'on peut y arriver ou pas ? Est-ce qu'on peut y arriver ?
00:43:45 On verra si on peut y arriver ou pas.
00:43:46 Ce n'est pas une bonne méthode ?
00:43:47 Si ça passe au Sénat, comme d'ailleurs la réforme des retraites, mais que ça bloque
00:43:50 à l'Assemblée, comment vous faites ?
00:43:51 Ce sera, d'abord il peut y avoir deux lectures, il peut y avoir des relectures, il peut y
00:43:55 avoir une lecture au Sénat, une lecture à l'Assemblée, revenir au Sénat, une lecture
00:44:03 à l'Assemblée, commission de mixte paritaire et après on voit.
00:44:05 Vous voyez bien le bazar dans lequel vous êtes, vous venez de le décrire.
00:44:08 Mais non mais ça, c'est le propre de toutes les lois.
00:44:11 De toutes les lois, quand il n'y a pas urgence, il y a deux lectures.
00:44:14 Il y a deux lectures.
00:44:15 Est-ce que les réformes sont bloquées là en l'État ?
00:44:18 Pardonnez-moi Monsieur le Sénateur, mais vous feignez de…
00:44:20 Vous ne m'avez pas laissé finir.
00:44:21 Vous avez fait long quand même, il faut le dire.
00:44:23 Vous feignez de mettre quand même à quelque chose, vous oubliez quand même quelque chose
00:44:29 de très important, c'est que…
00:44:31 Vous voulez le chaos, j'ai compris que vous vouliez le chaos.
00:44:33 Non, personne ne dit ça, enfin.
00:44:34 Vous l'annoncez à longueur de micro et d'antenne.
00:44:36 Mais qu'est-ce que vous racontez ?
00:44:37 Ça va être le chaos, ça va être le blocage.
00:44:38 Personne n'a dit ça.
00:44:39 C'est bien la griffe du macronisme.
00:44:42 Mais vous êtes à prophète de chaos.
00:44:44 Tous ceux qui ne sont pas d'accord maintenant en général…
00:44:46 Vous êtes à prophète de chaos et de blocage.
00:44:47 Vous savez, le messiah vient de messie, c'est en général pas le messie du chaos, c'est
00:44:51 au contraire le messie pour réveiller les gens.
00:44:53 Vous comprenez, c'est un peu…
00:44:54 Allez, blague à part.
00:44:55 Vous réveillez pour les intoxiquer.
00:44:56 Si on peut arrêter les petites phrases, les petits invectus.
00:44:59 Le truc, c'est qu'en réalité, vous avez mangé votre pain blanc.
00:45:01 C'est-à-dire qu'au départ, quand Emmanuel Macron a été réélu et qu'il a eu une majorité
00:45:06 relative, les premiers textes, ça s'est bien passé.
00:45:09 Tout le monde a dit, ben voyez, on arrive à trouver des modus operandi malgré la majorité
00:45:13 relative.
00:45:14 Pourquoi ? Parce que c'était des textes qui engageaient des dépenses publiques auxquelles
00:45:19 donc l'AELFI était favorable, le RN était favorable.
00:45:23 Le texte sur l'assurance chômage, c'est pas vrai.
00:45:26 Vous savez, vous connaissez les conditions dans lesquelles il est passé.
00:45:28 Bon, avec la République, hein.
00:45:30 Voilà, donc là, on va arriver, si vous voulez, donc déjà à la réforme des retraites,
00:45:34 quand vous voyez sur un texte de la réforme des retraites qui quand même concerne les
00:45:37 gens dans plusieurs dizaines d'années, regardez le bazar que ça fait.
00:45:40 Est-ce que vous pensez sincèrement que le texte de loi sur l'immigration va être plus
00:45:44 consensuel que celui sur les retraites et donc va passer plus facilement ? Arrêtez,
00:45:48 c'est une plaisanterie.
00:45:49 Vous voudriez dire par là qu'on ne peut pas parler d'immigration dans ce pays ?
00:45:51 Moi, je pense que vous ne pourrez plus passer un seul texte après ce qui vient de se passer
00:45:56 à l'Assemblée.
00:45:57 Allez, on en reparle.
00:45:58 On n'a pas la bannière pour vous de faire passer le moins de vos textes au Parlement.
00:46:01 On en reparle, évidemment, dans la demi-heure qui suit.
00:46:03 Il nous reste quelques minutes quand même pour revenir sur ce qui s'est passé à l'Assemblée
00:46:06 cet après-midi, parce que vous le savez, le mardi, ce sont les questions au gouvernement.
00:46:10 On l'a évoqué à demi-mot jusqu'à présent.
00:46:12 Elisabeth Borne peut-elle encore incarner l'exécutif ? A priori, bon, il ne va pas
00:46:14 en changer.
00:46:15 Mais quelle crédibilité conserve-t-elle au sortir de ça ? Écoutez ce que disaient
00:46:19 les oppositions, justement, qu'elle faisait référence.
00:46:21 Vous cèderez car vous ne tenez qu'à neuf voix.
00:46:23 Vous cèderez car deux Français sur trois souhaitent votre départ.
00:46:27 Vous cèderez car passer en force contre le peuple, les syndicats, le Parlement, relève
00:46:33 d'une folie.
00:46:34 Vous cèderez car le risque d'un débordement de colère est déjà trop grand.
00:46:38 Vous cèderez car la police seule ne parviendra pas à faire régner l'ordre.
00:46:43 Vous avez tout raté là-dedans.
00:46:45 La bataille de l'opinion politique, les concertations inexistantes, le passage devant l'Assemblée
00:46:50 nationale, même un deal véreux avec une fausse opposition en échange de quelques
00:46:54 sorties d'autoroutes.
00:46:55 Madame la Première Ministre, la question est simple.
00:46:57 Qu'attendez-vous pour rendre le meilleur service que vous pouvez rendre à notre République,
00:47:04 c'est-à-dire de démissionner ?
00:47:05 Elle ne démissionnera pas.
00:47:07 Non, parce qu'Emmanuel Macron ne veut pas céder à l'ambiance médiatique et céder
00:47:12 aux oppositions, à la pression médiatique et aux oppositions.
00:47:15 Donc effectivement, il ne fera pas vraisemblablement d'Elisabeth Borne un fusible.
00:47:19 Elle leur a répondu aux oppositions Elisabeth Borne.
00:47:21 On n'a pas entendu sa réponse, mais elle a notamment ciblé Mathilde Panot et elle
00:47:24 a rendu responsable, c'est très intéressant politiquement, la France insoumise des violences
00:47:30 dans la rue, notamment hier.
00:47:31 On en reparle.
00:47:32 Mathilde Panot et M.Mélenchon appellent au chaos, au blocage du pays, la France à genoux.
00:47:38 La faiblesse d'organisation.
00:47:39 Il le fait depuis le début.
00:47:40 Si vous ne l'avez pas vu, comme quoi ? Il justifie la violence.
00:47:45 M.Bonpart ne la condamne pas.
00:47:47 Il ne condamne pas la violence.
00:47:50 Ils appellent à la violence.
00:47:51 Alors aujourd'hui, Mme Borne a raison.
00:47:52 Et en fin de compte, pour venir à la question de Mme Borne, Mme Borne a-t-elle des mérités ?
00:47:56 En quoi a-t-elle des mérités ?
00:47:58 Elle n'a pas réussi à trouver un vote.
00:48:00 Elle n'a pas réussi à faire voter la réforme des retraites au Parlement et Olivier Dussopt
00:48:04 non plus.
00:48:05 C'était leur mission.
00:48:06 L'accord qu'elle avait.
00:48:07 En quoi a-t-elle des mérites ?
00:48:08 Un instant, je reviens.
00:48:09 On a pris beaucoup de temps.
00:48:12 Lorsque M.Marlex et le président des Républicains sortent de leur rencontre avec Borne, ils
00:48:17 disent "Nous sommes satisfaits.
00:48:18 Nous avons obtenu ce que nous souhaitions.
00:48:20 Nous ne voulions pas 65, nous voulions 64.
00:48:21 Nous voulions que le stock des retraités soit pris en compte avec les actifs.
00:48:24 Il a été pris.
00:48:25 Nous voulions les carrières longues.
00:48:26 Il a été pris.
00:48:27 Quand des gens, responsables politiques, présidents de partis, disent publiquement,
00:48:31 devant des caméras de télévision "Nous sommes d'accord, nous votons le texte parce
00:48:35 que nous avons obtenu gain de cause, parce que Mme Borne nous a entendus et qu'après
00:48:38 on vote contre, on va voter contre."
00:48:39 Donc ils ont pris des décisions.
00:48:40 On revient à ce qui s'est passé.
00:48:41 On revient à ce qui s'est passé.
00:48:42 On revient à ce qui s'est passé.
00:48:43 On doit s'interrompre quelques secondes.
00:48:45 On revient à ce qui s'est passé et ce qui s'est noué du côté des LR et de l'état
00:48:49 aussi, l'état de cette division aujourd'hui, cette scission même pratiquement.
00:48:53 Il y a un schisme au sein des LR juste après la pluie.
00:48:56 On va tout à l'heure.
00:48:57 90 minutes info de retour juste après.
00:49:03 Un rappel des principaux titres de l'actualité en compagnie d'Adrien Spiteri.
00:49:09 Les grèves et les manifestations continuent en France au lendemain du rejet des deux motions
00:49:15 de censure à l'Assemblée nationale.
00:49:17 Une manifestation étudiante est partie de l'incinérateur d'Ivry cet après-midi.
00:49:22 En soutien aux éboueurs, le cortège doit rejoindre la gare d'Austerlitz via la faculté
00:49:27 de Tolbiac.
00:49:28 Olivier Dubois est rentré en France.
00:49:31 Le journaliste français a été accueilli par Emmanuel Macron et ses proches dans les
00:49:35 Yvelines.
00:49:36 « Aujourd'hui, je n'ai pas été maltraité, ni humilié, ni frappé », a-t-il déclaré.
00:49:41 Otage pendant près de deux ans au Mali, il a été libéré hier.
00:49:45 Il avait été enlevé par la principale alliance djihadiste au Sahel.
00:49:50 Et puis Donald Trump va-t-il être arrêté et inculpé ? L'ancien président américain
00:49:54 avait annoncé la nouvelle le week-end dernier en cause d'une affaire de paiement à une
00:49:59 actrice de film pornographique avec qui il aurait eu une liaison.
00:50:03 Donald Trump dénonce une chasse aux sorcières.
00:50:06 On continue notre débat autour de cette question.
00:50:11 Emmanuel Macron peut-il encore réformer ? Sur quel texte va-t-il trouver désormais
00:50:15 une majorité solide ? Et puis, quid de sa première ministre pour porter les futurs
00:50:20 textes à venir ? Écoutez ce qu'en disaient deux membres de l'opposition à propos d'Elisabeth
00:50:25 Borne.
00:50:26 Madame Borne, c'est terminé.
00:50:27 Pardon.
00:50:28 Je pense que monsieur Dussopt, madame Borne, tous ceux qui incarnent cette mauvaise méthode
00:50:33 ce double discours, vous venez de le dire, on est pour des majorités d'idées, elle
00:50:36 n'a cessé de répéter ça et ils ont fait strictement l'inverse.
00:50:38 Tout de même, toutes les organisations syndicales, je dis bien toutes, étaient contre.
00:50:42 Quel bilan ? Ils n'ont même pas réussi à avoir le groupe LR dans la globalité avec
00:50:47 eux alors qu'ils ont passé leur temps à faire ça.
00:50:49 Bref, tout ça est brouillon, mal fait et elle incarne désormais cette défaite et
00:50:54 elle va subir, elle, ce que je suis en train de dire, la violence de la 5ème République.
00:50:57 C'est-à-dire que ce président qui a voulu cette réforme va l'utiliser, le mot est
00:51:00 d'elle d'ailleurs, comme un fusible.
00:51:01 Avoir demain une Elisabeth Borne avec une moustache, ça ne changera rien.
00:51:06 Bon, ce sera la même politique, la même manière très certainement de gouverner parce
00:51:11 qu'en réalité c'est Emmanuel Macron qui est responsable de cela.
00:51:14 Jean, mais ce n'est pas une question de personne, c'est une question de doctrine
00:51:17 Macron qui ne passe pas ?
00:51:19 Si c'est toujours la même musique qui est jouée, on s'en fiche un peu du musicien
00:51:23 si vous voulez.
00:51:24 Le problème ce n'est pas le musicien, le problème c'est la musique qui est jouée,
00:51:27 c'est-à-dire la politique qui est menée en réalité.
00:51:29 Et si vous voulez, c'est quand même assez, je pense que la plupart des Français sont
00:51:34 atterrés si vous voulez de cette espèce de triomphalisme sourd que nous entendons
00:51:40 de la part du gouvernement qui s'imagine que juste parce que la légalité a été
00:51:44 respectée, ils annoncent ça comme une victoire.
00:51:47 Ça me donne envie de dire qu'au royaume des aveugles, Borne et Rennes, je ne sais
00:51:52 pas si vous manquez d'acuité visuelle pour voir ou d'acuité auditive pour entendre
00:51:58 ce qui se passe véritablement dans le pays.
00:52:01 Vous m'avez tout à l'heure accusé d'être le prophète du chaos, mais monsieur Patria,
00:52:05 qui crée le chaos aujourd'hui ?
00:52:06 Ce n'est pas moi qui suis au pouvoir, ce n'est pas les gens qui pensent comme moi
00:52:09 qui sont au pouvoir.
00:52:10 Ceux qui sont au pouvoir, ce sont vous et vos amis.
00:52:13 C'est vous qui provoquez ces scènes de chaos.
00:52:15 Donc quand j'entends à l'Assemblée nationale, Madame Borne nous expliquer que c'est
00:52:22 Mme Pannot ou je ne sais qui d'autre qui est responsable du bazar et du vandalisme
00:52:26 et de la violence dans la rue, c'est faux.
00:52:27 Ce n'est pas elle qui est au pouvoir.
00:52:29 Qui génère ça ? Qui génère cette violence ? Qui génère ces manifestations, cette sauvagerie,
00:52:37 cette brutalité ? Ce n'est pas les gens.
00:52:38 Il faut arrêter toutes les mesures courageuses.
00:52:40 Il faut être démago.
00:52:41 Il faut être démago.
00:52:42 Mais attendez, qu'est-ce que vous appelez courage ? Le courage c'est de tordre la main
00:52:47 au peuple, de tordre le cou au peuple.
00:52:50 C'est ça votre courage ?
00:52:51 Le courage c'est de voter des lois difficiles, pas populaires.
00:52:52 C'est ça le courage en politique.
00:52:53 Je considère que le courage en politique c'est de faire ce que dicte le peuple quand
00:52:59 bien même vous n'en êtes pas convaincu.
00:53:01 Il n'y a pas de mandat impératif.
00:53:02 C'est ça le courage.
00:53:03 Il n'y a pas de mandat impératif dans notre pays.
00:53:04 Le courage ce n'est pas d'aller contre la volonté du peuple en prétendant ensuite
00:53:08 que la France est ingouvernable parce que c'est votre petit jeu à vous et à vos amis
00:53:10 depuis des décennies.
00:53:11 J'aimerais qu'on parle des Républicains.
00:53:13 L'heure est grave du côté des Républicains où ils ont réuni un comité stratégique
00:53:18 au sortir de cette séquence.
00:53:19 On rappelle quand même que sur les 62 je crois députés républicains, 19 ont voté
00:53:25 pour la motion de censure transpartisane, ce qui fait quand même grosso modo un tiers
00:53:30 des troupes.
00:53:31 Gauthier Lebray, l'heure de la scission a-t-elle sonné en tout cas ? On l'a bien compris,
00:53:36 ça va laisser quelques traces.
00:53:37 On va peut-être les écouter et puis je reviens vers vous.
00:53:40 Ce débat a fait apparaître des différences, des divergences.
00:53:44 Eh bien nous avons le devoir de le surmonter.
00:53:48 Je serai le garant aussi de la cohérence d'une ligne de notre famille politique.
00:53:54 Ce que nous avons subi est une épreuve, c'est quelque part aussi un échec.
00:54:00 Toutes les questions ont été évoquées, vous connaissez ma position.
00:54:03 Je considère qu'il n'y a pas aujourd'hui lieu de se rapprocher d'une confusion avec
00:54:11 Emmanuel Macron, que ce serait le pire chemin qui ferait le nid du Front National et de
00:54:17 l'extrême gauche.
00:54:18 Ça commence à devenir un peu récurrent dans cette famille politique, les scissions
00:54:23 comme ça.
00:54:24 Cette famille qui décidément se cherche désespérément un cap et même un chef.
00:54:28 Mais là c'est peut-être encore plus grave qu'avant.
00:54:30 Alors comment expliquer une telle division, une telle scission ? Personne ne va être
00:54:34 exclu, contrairement à ce qu'on avait pu entendre dans un premier temps, à la fois
00:54:38 d'Olivier Marleix et d'Eric Ciotti qui ne fermaient pas la porte.
00:54:40 Mais quand vous avez 19 députés, c'est-à-dire un tiers du groupe qui a voté la motion de
00:54:44 présidence, vous ne pouvez pas exclure quasiment 20 députés quand vous n'en avez que 61.
00:54:48 Ce n'est pas possible.
00:54:49 Alors comment l'expliquer ? En fait, il faut bien comprendre les électorats très différents
00:54:53 des députés LR.
00:54:54 C'est-à-dire que quand vous êtes un député comme Eric Ciotti, vous avez de nombreux retraités
00:54:58 du sud de la France qui sont favorables à une réforme des retraites, j'allais dire
00:55:01 pourquoi pas à 70 ans.
00:55:03 Alors que quand vous êtes Aurélien Pradié et que vous avez été élu avec des voix
00:55:07 de Marine Le Pen, c'est-à-dire que je m'explique dans les circonscriptions des proches d'Aurélien
00:55:11 Pradié, donc Aurélien Pradié lui-même, Pierre-Henri Dumont, Marine Le Pen a parfois
00:55:13 fait un meilleur score au second tour qu'Emmanuel Macron.
00:55:16 Marine Le Pen évidemment et ses électeurs très farouchement opposés à cette réforme
00:55:21 des retraites.
00:55:22 Donc si vous voulez, vous vous retrouvez avec des députés LR qui ont des électorats
00:55:25 très différents et chacun fait en fonction de sa circonscription et pas en fonction de
00:55:29 la ligne du parti.
00:55:30 Donc à partir de ce moment-là, vous avez les divisions qu'on voit au grand jour sur
00:55:34 la place publique.
00:55:35 C'est compliqué de rester un bloc monolithique dans ces conditions, en effet, néanmoins.
00:55:40 Il y a des questions de personnes aussi, il y a des gosses.
00:55:41 Jonathan m'a tristé un peu.
00:55:43 Ça voudrait dire qu'il est désolé.
00:55:44 Des députés, des parlementaires, des parlementaires qui en fonction votent en fonction de leur
00:55:48 réélection et pas de l'intérêt du pays.
00:55:49 Il faut en fonction de leur circonscription.
00:55:50 Absolument.
00:55:51 Donc de leur réélection.
00:55:52 Parce que j'ai des électeurs, je risque de perdre mon élection, donc je vote comme
00:55:54 ils disent.
00:55:55 Très bien.
00:55:56 Bravo.
00:55:57 En politique, moi, vous savez, ça m'est arrivé de voter contre ce qu'on me disait
00:56:00 dans mon territoire, ce que je pensais bon.
00:56:02 Les lois de santé publique en particulier.
00:56:03 Tout le monde n'en voulait pas.
00:56:04 J'en ai eu.
00:56:05 J'en ai eu quand même, malgré tout.
00:56:06 Et j'ai perdu mon siège.
00:56:07 Et je l'ai assumé.
00:56:08 Et je ne le regrette pas aujourd'hui.
00:56:09 Donc il y a des gens aujourd'hui, maintenant, je dis que je rends aussi hommage aux républicains
00:56:14 qui n'ont pas tous, comme M. Ciotti, qui a été dans l'électorat, vous le connaissez,
00:56:17 mais qui ont courageusement voté ce texte.
00:56:19 Il y a des électeurs, il y a des députés du Jura que je connais qui ont un électeur
00:56:24 fondationnel.
00:56:25 Ils ont voté quel texte, du coup ? Parce qu'il n'y a pas eu de vote sur le texte.
00:56:28 Ils n'ont pas voté la censure.
00:56:30 Ils m'ont dit ouvertement qu'ils voteraient le texte.
00:56:31 Ils ne sont pas tous de la même façon.
00:56:33 Bon, un instant quand même sur la victoire.
00:56:35 J'entends bien parler aujourd'hui.
00:56:36 Mais quelle était la démonstration de ce vote ? Ce n'est pas dans les 9 voix du 49-3.
00:56:41 C'est la démonstration qu'il n'y a pas de majorité alternative.
00:56:44 L'alliance de la CARP et du Lapin entre le RN et l'LFI fait-il une majorité pour
00:56:50 gouverner demain ? Dites-le-moi.
00:56:51 Est-ce que ça fait une majorité pour gouverner demain ?
00:56:54 Ça ne fera jamais une majorité.
00:56:55 Donc aujourd'hui, qui est-ce qui est capable d'avoir une majorité, même relative, et
00:56:59 même avec une partie des républicains ? C'est nous.
00:57:01 Exactement.
00:57:02 Dissolvez l'Assemblée nationale qu'on voit un peu.
00:57:04 Dites-moi, où est la majorité ? Quelle est la majorité alternative ?
00:57:07 On a une motion de censure positive quand on a une majorité alternative.
00:57:11 Il n'y en avait pas.
00:57:12 Mais vous n'êtes pas majoritaire dans le pays.
00:57:13 Si on refait des élections législatives aujourd'hui, vous la perdez votre majorité.
00:57:16 Plus infinie, la dissolution sera inéluctable pour sortir de cette crise, de ce blocage.
00:57:21 Si Emmanuel Macron fait le choix de dissoudre demain, il a de grandes chances de perdre
00:57:24 sa majorité relative et de renforcer les rangs du RN.
00:57:28 C'est ce que disent toutes les enquêtes d'opinion.
00:57:31 Effectivement, il est dans une impasse parce qu'avec la configuration telle qu'elle
00:57:34 est aujourd'hui de l'Assemblée nationale, il ne pourra pas faire ce qu'il veut puisque
00:57:38 l'alliance avec les républicains, ça fonctionne une fois sur deux pour ne pas dire une fois
00:57:41 sur trois.
00:57:42 Et s'il dissout, plus aucune réforme n'est possible puisqu'on se retrouvera avec deux
00:57:46 blocs quasiment égalitaires, si on en croit les enquêtes d'opinion, entre la majorité
00:57:50 d'aujourd'hui et le RN.
00:57:51 Je vous propose d'écouter ce que disait Marine Le Pen sur l'antenne d'Europe 1 ce
00:57:54 matin à propos des républicains.
00:57:56 Je ne sais pas s'il existe encore un parti, les républicains.
00:58:00 Un parti, c'est quand même une association de gens qui partagent le même corpus idéologique.
00:58:06 Il n'y a plus de corpus idéologique à LR, il n'y a plus de dirigeant, il n'y a plus
00:58:09 rien du tout.
00:58:10 Donc je crois qu'il n'y a plus de mouvement LR.
00:58:13 Et ceux qui l'en restent, à profondément déçus, à mon sens, une grande partie de
00:58:17 leurs électeurs, dont je rappelle qu'une majorité de leurs électeurs était pour
00:58:21 le vote de la motion de censure.
00:58:22 Donc ils sont devenus en réalité un soutien de la majorité.
00:58:27 Il y aura des conséquences électorales à tout ça ? Les électeurs ont-ils tant de
00:58:31 mémoire que ça, Jean Messiaen ?
00:58:32 Des conséquences électorales pour l'instant, comme il n'y a pas d'élection, c'est
00:58:35 précisément à ça que s'emploie la...
00:58:37 Mais pour plus tard, vu les divergences entre républicains ?
00:58:41 Moi je crois qu'il s'ouvre une période de très grande incertitude parce que moi je
00:58:46 crois qu'aujourd'hui le pays et nos institutions sont bloquées.
00:58:51 Ce que disait M.
00:58:52 Patria n'est pas complètement faux.
00:58:53 C'est vrai qu'aujourd'hui, même si on dissout la sommet national, est-ce qu'il
00:58:57 y aura une majorité susceptible, ou même des alliances susceptibles de constituer un
00:59:02 gouvernement homogène ? Je n'en suis pas sûr et je suis même sûr du contraire.
00:59:06 Mais le problème c'est que le statut quo, lui non plus, n'est pas optimal, puisque,
00:59:12 encore une fois, même sur un texte comme celui de la réforme des retraites, qui est
00:59:16 un texte qui concerne, qui va rentrer en vigueur dans la décennie, on a quand même ce que
00:59:22 vous avez vu.
00:59:23 Donc imaginez tous les textes qui vont suivre.
00:59:25 Ça va être très compliqué, je pense, de dégager une majorité sur des textes aussi
00:59:28 sensibles que la loi sur l'immigration, par exemple, dont on sait que c'est un sujet
00:59:33 qui est extrêmement inflammable et qui constitue des lignes de fracture au sein même…
00:59:38 C'est pour ça qu'on a fait un aller-relaigué au calendre grec.
00:59:40 Et pour cause.
00:59:41 Et pour cause.
00:59:42 Donc si vous voulez, soit c'est le statut quo, on ne fait rien passer, le Parlement
00:59:46 est bloqué parce que de toute façon le gouvernement sort, quoi qu'il en dise, terriblement affaibli
00:59:51 de ce qui vient de se passer, même si la motion de censure n'a pas été votée,
00:59:54 elle ne l'a été que de très peu, ce qui est quand même assez rare dans l'histoire
00:59:57 de la Ve République, convenez-en, mais surtout, même si on dessoude, il n'y aura pas non
01:00:02 plus de majorité.
01:00:03 Donc le pays est bloqué.
01:00:05 Je crois que la meilleure des solutions eût été quand même pour apaiser la situation,
01:00:10 soit un remaniement, soit tout simplement, grand seigneur, Emmanuel Macron annonce que
01:00:14 même si le gouvernement ne tombe pas, de lui-même, il retire la réforme pour apaiser
01:00:18 le pays et penser ses plais.
01:00:20 Mais je crois qu'Emmanuel Macron, vu son narcissisme et comme dit son ami, il a dit
01:00:24 ce qu'il disait Henri de Bonterland, "malheur au pays dont le roi est un enfant".
01:00:29 Un petit interruption.
01:00:30 Ce qui a surtout changé en un mot, contrairement par exemple à Nicolas Sarkozy qui est le
01:00:33 dernier à avoir fait une réforme des retraites décalant l'âge légal de 60 à 62 ans,
01:00:36 Nicolas Sarkozy était très minoritaire dans la rue, mais il était majoritaire au Parlement,
01:00:40 il avait la majorité absolue.
01:00:41 Ce n'est plus le cas aujourd'hui, c'est ça le vrai changement par rapport à l'alignement.
01:00:44 Exactement.
01:00:45 Je crois qu'ils ont surtout mal jugé ou présagé ce qui allait se passer avec les
01:00:49 LR et ils étaient peut-être un peu surconfiants.
01:00:50 Oui parce qu'Olivier Marlex, c'était comme le disait le sénateur Patria, s'était engagé
01:00:54 à apporter les voix qui manquaient de LR.
01:00:56 Et jeudi, le jour du 49.3, il a appelé Elisabeth Borne pour lui dire qu'il ne pourra pas lui
01:01:00 fournir les voix qui manquent.
01:01:01 Petite interruption, on revient pour parler des recours.
01:01:03 Il reste des recours.
01:01:04 Des recours ont été déposés au Conseil constitutionnel, on verra ce que ça donne
01:01:07 et puis on parlera aussi, c'est un peu plus technique, du référendum d'initiative partagée.
01:01:11 Est-ce que ça a une chance d'aboutir ?
01:01:13 A tout à l'heure.
01:01:14 De retour avec vous dans 90 minutes info, on entame la toute dernière partie de cette
01:01:22 émission avec nos invités.
01:01:23 On va reparler politique mais j'aimerais qu'on fasse un petit détour par l'actualité immédiate
01:01:27 dans la rue.
01:01:28 On vous parle depuis plusieurs jours de ces manifestations spontanées qui dégénèrent
01:01:31 parfois à l'appel parfois d'étudiants, de cette jeunesse qui se mobilise dans la rue.
01:01:36 C'est le cas cet après-midi du côté de la gare d'Austerlitz.
01:01:38 Bonjour Jeanne Cancard.
01:01:39 Des étudiants qui spontanément sont venus en soutien au mouvement des éboueurs.
01:01:46 Racontez-nous, combien sont-ils et que demandent-ils précisément au sortir de cette séquence
01:01:51 parlementaire assez mouvementée ?
01:01:53 Exactement Nelly, des étudiants, un million environ d'étudiants, vous le voyez en ce
01:02:00 moment sur les images de Fabrice Hesner.
01:02:01 Ils sont en ce moment présents devant la gare d'Austerlitz mais ils sont partis un petit
01:02:05 peu plus tôt.
01:02:06 Une heure et demie environ depuis l'incinérateur d'Ivry parce qu'ils voulaient afficher leur
01:02:10 soutien aux éboueurs actuellement en grève.
01:02:13 C'est pas seulement aux éboueurs auxquels ils veulent apporter leur soutien mais à
01:02:16 plusieurs corps de métier, notamment les cheminots.
01:02:18 C'est aussi pour ça qu'ils ont décidé de terminer cette manifestation, cette marche
01:02:23 devant la gare d'Austerlitz.
01:02:24 Vous voyez qu'il y a environ un millier de personnes qui sont réunies ici pour la plupart
01:02:29 des étudiants qui souhaitaient afficher leur soutien mais aussi d'autres étudiants de
01:02:34 différentes universités qui sont venus ici pour les rejoindre.
01:02:37 Ce qui demande tout simplement c'est le retrait de cette réforme des retraites au lendemain
01:02:41 du rejet des deux motions de censure présentées à l'Assemblée nationale.
01:02:45 Ils veulent qu'Emmanuel Macron ne promulgue pas cette loi, un petit peu comme l'avait
01:02:49 fait Jacques Chirac déjà en 2006 avec le CPE.
01:02:52 Parmi les manifestants qui sont actuellement présents ici, certains vont rejoindre d'autres
01:02:57 rassemblements qui auront lieu un petit peu plus tôt, tard dans la journée, notamment
01:03:01 à République et à l'Hôtel de Ville pour continuer leur contestation ici dans les
01:03:04 rues de la capitale.
01:03:05 Merci beaucoup Jeanne Cancard, Fabrice Elsner pour les images.
01:03:09 On voulait vous faire part de ce qui se déroule à 17h dans les rues de Paris.
01:03:13 On va reparler de ce qui pourrait intervenir après le texte, le texte qui devrait donc
01:03:19 être promulgué.
01:03:20 Mais peut-il être retoqué par le Conseil constitutionnel ? Vous le savez, le RL a déposé
01:03:25 aux premières heures de la matinée un recours.
01:03:28 On va entendre les deux représentants de cette formation politique s'en exprimer à la sortie.
01:03:32 C'est de faire en sorte que ce texte tombe dans les oubliettes de l'histoire, soit mis
01:03:37 à la poubelle en ayant une censure globale.
01:03:40 On ne fait pas les choses en mettant pas toute notre intention.
01:03:44 Évidemment, il y a des jurisprudences déjà qui ont pu exister.
01:03:47 Et encore une fois, c'était important pour nous de dire aux Français, voilà, la boucle
01:03:50 est bouclée, on a fait tout ce qui était en notre pouvoir pour empêcher cette réforme
01:03:54 inique et brutale.
01:03:55 Gauthier Lebray du service politique, quelle chance réelle auprès du Conseil constitutionnel
01:04:00 de voir ce texte retoqué ?
01:04:02 Alors, il faut savoir que pour porter cette réforme des retraites, le gouvernement a
01:04:07 fait le choix de passer par un texte budgétaire, projet de loi rectificatif de la sécurité
01:04:11 sociale.
01:04:12 Pourquoi un texte budgétaire ? Parce que sur les textes budgétaires, l'usage des 49.3
01:04:15 est illimité.
01:04:16 On en est à 11 depuis le début de cette nouvelle session.
01:04:20 Tandis que pour les autres textes, on n'avait le droit qu'à un 49.3 par session.
01:04:23 Donc le gouvernement a fait le choix de passer par un texte budgétaire.
01:04:26 Alors dans ce cas-là, il faut que chaque article soit un article budgétaire.
01:04:30 Et c'est là qu'il y a un hic, notamment l'article 2 sur l'index senior qui vise à contraindre
01:04:35 les entreprises de révéler leurs données sur le nombre de seniors qu'elles emploient.
01:04:39 Et cet index senior pourrait tomber avec le Conseil constitutionnel, puisqu'a priori,
01:04:44 ce n'est pas un article budgétaire justement.
01:04:46 Alors le risque de voir toute la réforme retoquée par Laurent Fabius et les sages du Conseil
01:04:52 est faible, ce sera un terrible revers évidemment pour le gouvernement.
01:04:56 Mais c'est possible que des articles qui ne sont pas budgétaires soient retoqués par
01:05:00 le Conseil constitutionnel.
01:05:02 Donc des modifications à la marge, ça affaiblit quand même la portée de ce 49.3.
01:05:07 J'ai cru comprendre que les avancées qu'il y avait dans le texte tel que les a obtenues
01:05:12 le gouvernement passaient pour peu de choses aux yeux de certains opposants et de certains
01:05:16 syndicalistes.
01:05:17 Malgré que moi je pense qu'elles sont importantes.
01:05:19 Effectivement, il peut y avoir deux sujets au Conseil constitutionnel.
01:05:24 D'abord le véhicule.
01:05:25 Est-ce que le véhicule pris par le gouvernement, qui est celui d'un PLFSSR, un projet de loi
01:05:32 de finances ratificatif, est-ce qu'il est le bon ?
01:05:35 Je pense que sur ce plan-là, je ne vois pas ce qui peut s'y opposer puisqu'il s'agit
01:05:39 de dépenses et de recettes.
01:05:40 Le deuxième point, c'est effectivement, y a-t-il dans ce texte des éléments tels
01:05:45 que l'index senior ou le CDI senior, est-ce que ces deux textes-là ont leur place ?
01:05:49 Bon, écoutez, à ce moment-là, le Conseil constitutionnel s'est déjà arrivé, retire
01:05:54 l'article, il est retiré de la loi, mais ça n'empêche pas toutes les autres mesures,
01:05:57 carrière longue, carrière hachée, la retraite à 64 ans, le minimum de retraite, etc.
01:06:01 Tout ça n'empêche pas.
01:06:02 Donc, ça peut amputer de la loi de l'index senior.
01:06:04 Il faudra trouver dans la loi travail un moyen d'y pourvoir.
01:06:08 On pourra y trouver, je le pense.
01:06:09 On va discuter de la valeur du travail demain.
01:06:11 Ce serait transféré vers un autre texte.
01:06:14 Jean, qu'est-ce que ça vous inspire ? Ce serait quand même un revers pour l'exécutif
01:06:18 ? Que le Conseil constitutionnel dise, bon, là, clairement, ça ne s'inscrivait pas
01:06:23 dans l'esprit du texte ?
01:06:24 Un revers ou une bouée ? C'est la question.
01:06:28 Parce que si, effectivement, le Conseil constitutionnel retoque, c'est peut-être la solution qui
01:06:33 permet à ce que tout le monde sorte la tête haute de cette crise.
01:06:37 Le président de la République aura joué son rôle, la majorité aura joué son rôle
01:06:41 et les oppositions auront joué leur rôle.
01:06:42 C'est dans le cas où le Conseil constitutionnel retoque.
01:06:44 Il vient de vous dire qu'il ne va pas tout retoquer.
01:06:47 Après, si vous voulez, c'est vrai que dans ce projet de loi, il y a quand même pas mal
01:06:51 de cavaliers.
01:06:52 Il y a des choses qui n'ont rien à y faire.
01:06:54 C'est une loi pour tout.
01:06:55 Il y a des cavaliers budgétaires.
01:06:56 Vous savez que c'est une pratique qui est courante.
01:06:58 Par exemple ? Je ne sais pas, l'âge de départ, par exemple.
01:07:02 Ça, c'est de la surplace.
01:07:03 La loi, elle était faite pour ça.
01:07:04 Toutes les mesures que vous avez prises sur la pénibilité, etc., les mesures budgétaires,
01:07:10 c'est pas...
01:07:11 Si vous voulez, le problème, c'est que le principe même de cette loi, qui est une loi
01:07:14 sur le long terme, c'est une réforme des retraites.
01:07:17 Donc, c'est quelque chose qui engage les finances publiques de manière pluriannuelle.
01:07:20 Or, une loi rectificative, son esprit, c'est quoi ? C'est de rectifier le budget en cours
01:07:25 d'année.
01:07:26 Ce n'est pas de prévoir les dépenses et les recettes sur plusieurs années.
01:07:29 Donc, vous voyez...
01:07:30 Parce que ça impacte le budget en année en 2023.
01:07:31 Le Conseil constitutionnel, il juge la loi sur la lettre, mais il la juge aussi dans
01:07:37 son esprit.
01:07:38 Donc, moi, je ne sais pas.
01:07:39 C'est un peu tangent quand même.
01:07:40 Si l'article 7 venait à être retoqué, là, ce n'est plus le même texte.
01:07:42 On n'est plus du tout dans le même...
01:07:43 C'est un sérieux revers pour le gouvernement.
01:07:44 C'est un sérieux revers.
01:07:45 Ça n'arrivera pas.
01:07:46 On l'a dit pendant tous les débats à l'Assemblée nationale et au Sénat, on l'a répété,
01:07:49 c'est le cœur de cette réforme des retraites puisque c'est celui qui prévoit de décaler
01:07:52 l'âge légal à 64 ans.
01:07:53 Juste un dernier mot pour le référendum d'initiative partagée.
01:07:55 S'il était validé par le Conseil, est-ce que ça peut sonner le glas de la réforme ?
01:07:59 Parce qu'il y a plusieurs étapes avant d'y parler.
01:08:02 180 parlementaires, ça, c'est fait.
01:08:09 C'est porteur à la réforme des retraites.
01:08:14 Donc, ce n'est pas impossible de trouver 5 millions de Français qui s'opposent à
01:08:16 cette réforme des retraites et qui veulent être consultés et soumettre aux voix cette
01:08:20 réforme des retraites.
01:08:21 Effectivement, si un référendum est organisé contre la volonté du gouvernement et que
01:08:25 cette réforme des retraites est retoquée par le peuple, ce qui est fort probable puisque
01:08:30 7 Français sur 10 sont opposés à cette réforme des retraites, là aussi, sérieux
01:08:33 revers pour le gouvernement.
01:08:34 On ne parlera plus de victoire.
01:08:35 On ne parlera plus de victoire, ça c'est sûr, du côté de l'Elysée comme ce matin.
01:08:38 Merci à tous les trois d'avoir rejoint cet après-midi.
01:08:41 Dans un instant, punchline bien sûr, Laurence Ferrari.
01:08:44 Et puis n'oubliez pas, le rendez-vous dans ZDJA est pris demain, 13h.
01:08:47 Vous pourrez suivre en direct sur notre antenne l'interview d'Emmanuel Macron.
01:08:51 Puis nous en parlerons bien évidemment avec Sonia Mabrouk à compter de midi.
01:08:56 Je vous retrouve un petit peu plus tard d'ailleurs, tiens, sur l'antenne, avec les mousquetaires
01:08:59 de la chaîne, vous l'aurez compris, ce sera dans Face à l'info à tout à l'heure.
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