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  • il y a 4 ans
Olivier Benkemoun revient sur la journée d'infos et de débats traités sur l'antenne de CNEWS dans #lemeilleurdelinfo

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00:00:00 différents lieux de rassemblement qui avaient été notamment ordonnés
00:00:02 via les réseaux sociaux.
00:00:04 Et ils ont peur, ils craignent, justement,
00:00:05 qu'il y ait de nouvelles manifestations sauvages
00:00:07 qui soient organisées ici, dans les rues de la capitale.
00:00:11 Mais pour l'instant, ici, place de la République,
00:00:12 il y a encore plusieurs milliers de personnes
00:00:14 qui sont présentes, rassemblées,
00:00:16 dans une ambiance, pour l'instant, calme.
00:00:18 Est-ce que vous voyez également ici place de la République ?
00:00:28 -Les deux, tu revends ?
00:00:30 -C'est triché, ça.
00:00:32 -Allez, il est bientôt 21h. Bonsoir à tous.
00:00:34 Merci d'être avec nous en direct sur CNews,
00:00:37 dans "Le Meilleur de l'Info".
00:00:38 Je remercie au passage Jeanne Concard et Fabrice Elsner
00:00:41 qui sont tous les deux sur le terrain ce soir.
00:00:45 Émission un petit peu particulière, désormais, vous le savez,
00:00:47 dans "Le Meilleur de l'Info", ce soir encore,
00:00:50 parce qu'on va évidemment revenir sur l'actualité
00:00:52 qui a rythmé ce mardi 21 mars,
00:00:56 mais on sera également sur le terrain
00:00:58 parce qu'effectivement, comme depuis jeudi dernier désormais,
00:01:01 il y a ces cortèges sauvages, ces manifestations.
00:01:04 Ce soir, en l'occurrence, elle se déroule place de la République,
00:01:07 plusieurs centaines de personnes,
00:01:09 visiblement, quelques tensions dans les rues de Paris.
00:01:12 On va donc faire des allers-retours entre le terrain et le plateau.
00:01:15 On sera également à Rennes dans cette émission
00:01:17 avec Michael Chahut et Thibault Marcheteau,
00:01:19 en plateau avec moi ce soir,
00:01:21 pour m'accompagner pendant cette heure d'émission.
00:01:23 Alexandre Devecchio, bonsoir. -Bonsoir.
00:01:24 -Merci d'être avec nous, rédacteur en chef au Figaro,
00:01:26 Kévin Bossuet, bonsoir.
00:01:28 Merci d'être avec nous, d'être professeur d'histoire.
00:01:31 Je ne sais pas si on peut retourner sur le terrain,
00:01:33 place de la République,
00:01:34 retrouver Michael Dos Santos avec Charles Bajet.
00:01:38 Michael, bonsoir.
00:01:39 Vous êtes place de la République depuis quelques temps.
00:01:41 Maintenant, ce soir, quelle est la situation actuellement ?
00:01:45 -Eh bien, écoutez, depuis le début de la soirée,
00:01:52 on assiste à des scènes qui sont assez similaires.
00:01:56 Les manifestants mettent le feu à du mobilier urbain,
00:02:01 à des scooters de la ville de Paris.
00:02:05 La police intervient pour essayer de protéger les pompiers
00:02:08 qui éteignent les feux.
00:02:10 Et puis là, on assiste à des scènes,
00:02:12 des jets de projectiles,
00:02:15 des bouteilles de bière, des pétards,
00:02:19 toutes sortes de projectiles.
00:02:22 Et puis ce qu'il se passe,
00:02:24 c'est que la police termine toujours
00:02:25 par lancer des gaz lacrymogènes
00:02:27 pour essayer d'évacuer les personnes
00:02:30 qui jettent ces projectiles.
00:02:32 Des scènes qui se répètent, on le dit assez souvent,
00:02:34 depuis le début de la soirée.
00:02:35 C'est un peu le jeu du chat et de la souris,
00:02:39 puisque cette place de la République est totalement fermée.
00:02:42 Il faut le savoir, la police a fermé tous les axes
00:02:45 pour essayer de garder les manifestants
00:02:47 sur la place de la République.
00:02:48 Mais dès que ces manifestants tentent de prendre l'une des artères,
00:02:52 effectivement, la police réagit assez vite.
00:02:54 -Michael Dos Santos, j'ai une 2e question.
00:02:57 Est-ce que, pour les journalistes,
00:02:59 il est facile de travailler dans cette manifestation ?
00:03:03 Ce soir, on sait que parfois, c'est un petit peu difficile.
00:03:05 On est un petit peu pris à partie,
00:03:07 quelle que soit la chaîne, d'ailleurs, par les manifestants.
00:03:09 Est-ce que ce soir, vous pouvez travailler
00:03:10 un petit peu plus tranquillement ?
00:03:12 -Alors, écoutez, Vincent, pour le moment,
00:03:17 c'est assez calme pour nous.
00:03:18 Effectivement, on n'a pas de problème
00:03:20 avec les manifestants ni avec les forces de l'ordre.
00:03:22 On n'est pas forcément pris à partie,
00:03:25 ce qui est assez compliqué,
00:03:26 et vous le savez sûrement aussi bien que moi,
00:03:28 puisque ça vous arrive, effectivement,
00:03:30 de faire des manifestations.
00:03:31 Et là, il y a une nouvelle charge, à nouveau, de la police,
00:03:33 voilà, sous nos yeux, des gaz lacrymogènes
00:03:36 qui sont lancés pour disperser les manifestants.
00:03:38 Ce qui est assez difficile, et j'en venais,
00:03:40 c'est, effectivement, d'avoir tout cet équipement,
00:03:42 c'est-à-dire ces lunettes, ces masques à gaz,
00:03:45 ce casque, l'oreillette.
00:03:47 Donc c'est assez compliqué, et très rapidement, on a,
00:03:49 et c'est le cas, d'ailleurs, dans quelques secondes,
00:03:51 puisque le nuage de gaz lacrymogène arrive vers nous,
00:03:54 les yeux qui piquent et la gorge qui gratte, voilà.
00:03:58 -Michel Dos Santos, mettez-vous à l'abri,
00:04:00 buvez un petit peu d'eau, un petit peu de sérum physiologique aussi.
00:04:03 Et il faut le dire, d'ailleurs, à chaque fois qu'on part
00:04:05 sur ce genre de manifestation,
00:04:07 grâce à la production de notre chaîne,
00:04:09 comme nos collègues, d'ailleurs, des autres chaînes de télévision,
00:04:12 de radio et de presse écrite,
00:04:13 on a un espèce de kit de survie,
00:04:15 on est accompagnés à chaque fois d'agents de sécurité,
00:04:17 un kit de survie, en tout cas de premier secours,
00:04:19 avec du sérum physiologique, des pansements également,
00:04:21 au cas de... si on reçoit des projectiles,
00:04:23 un casque, des lunettes de protection, également.
00:04:26 Ça, c'est des choses que vous, téléspectateurs,
00:04:27 ne savez pas, ne voyez pas.
00:04:29 Néanmoins, c'est ce que nous, reporters,
00:04:31 et notamment ce que nos reporters sur le terrain ce soir,
00:04:34 eh bien, portent avec les agents de sécurité.
00:04:37 Une réaction par rapport à ces tensions,
00:04:41 je vais dire débordements, ces tensions,
00:04:43 ce soir, Alexandre Devecchio.
00:04:44 On entendait dans le ton de Michel Dos Santos,
00:04:46 et c'est vrai, on est désormais habitués,
00:04:48 c'est comme si on reprend le copier-coller d'hier soir,
00:04:52 d'avant-hier soir, et puis c'est la même chose.
00:04:53 -C'est ce que j'allais vous dire.
00:04:55 Ça commence à devenir habituel, et je pense que ça va durer, moi,
00:05:00 parce que je pense que, d'une part,
00:05:02 la colère de l'opinion ne va pas retomber,
00:05:05 la colère des manifestants qui manifestent pacifiquement,
00:05:10 et par ailleurs, le problème d'ordre dans ce pays
00:05:12 dure depuis des décennies, j'ai envie de dire,
00:05:15 et particulièrement depuis cinq ans,
00:05:17 donc les gauchistes qui cassent à chaque malaise
00:05:21 vont aussi rester là et ne pas être interpellés.
00:05:25 Maintenant, la question, c'est,
00:05:28 est-ce que l'opinion va se retourner, finalement,
00:05:31 contre les casseurs et être tellement fatiguée
00:05:33 par les manifestations, la casse, etc.,
00:05:37 qu'elle va finir par accepter cette réforme des retraites,
00:05:41 ou est-ce que la colère va s'accentuer encore
00:05:44 contre le gouvernement ?
00:05:46 Je crois qu'Emmanuel Macron fait le premier pari,
00:05:49 le pari que la bordélisation du pays, finalement,
00:05:52 va lui profiter.
00:05:53 C'est un pari, je trouve, dangereux pour la société.
00:05:56 -Vous comprenez les manifestants à Altermann,
00:05:57 tout à l'heure ? "Bordélisation du pays".
00:05:58 -Oui, c'est pas un terme qui est pris au hasard.
00:06:01 Ils ont réfléchi au terme, et c'est vrai que,
00:06:05 pendant les Gilets jaunes, ça avait fini par leur réussir.
00:06:09 Finalement, une partie des Français s'étaient ralliés
00:06:12 au parti de l'ordre. Est-ce que ça va être encore le cas ?
00:06:14 Les événements vont le décider.
00:06:17 En tout cas, je trouve que c'est un pari dangereux
00:06:19 pour la société et pour le pays.
00:06:21 Ca ne peut qu'aboutir à un pays fracturé, émietté
00:06:24 et nourrir un ressentiment qui est déjà très grand
00:06:27 à l'égard du pouvoir.
00:06:28 -Emmanuel Mossouet ? -Oui, je crois qu'il faut faire
00:06:29 la différence entre la France qui souffre
00:06:32 et les militants que nous voyons ce soir dans la rue,
00:06:35 parce que ce sont évidemment des militantes extrême-gauche
00:06:38 qui peuvent faire preuve d'une violence extrême,
00:06:41 d'une violence dans laquelle ne se reconnaît pas forcément
00:06:44 cette France populaire.
00:06:46 Mais c'est vrai qu'aujourd'hui, la France populaire
00:06:47 se retrouve méprisée.
00:06:49 Elle a l'impression, finalement, de ne pas avoir écouté,
00:06:52 d'avoir été écartée, et finalement, on ne reconnaît pas
00:06:57 son existence au niveau démocratique.
00:07:00 Il suffit de voir dans les enquêtes d'opinion,
00:07:02 cette réforme est évidemment rejetée
00:07:05 par une majorité de Français, et on a l'impression,
00:07:08 finalement, que cette France se sent méprisée,
00:07:11 qu'on remet en cause sa dignité pendant longtemps.
00:07:13 Les milieux populaires se sont dit la chose suivante.
00:07:16 "Bon, on travaille dur, mais au moins, on aura une dignité
00:07:19 "une fois arrivée à la retraite."
00:07:21 Sauf que là, ils ont l'impression que, finalement,
00:07:23 quand ils vont arriver à l'âge de la retraite,
00:07:25 qu'ils vont être fatigués, ils vont être lessivés,
00:07:27 et ils ne vont pas pouvoir en profiter.
00:07:30 On est ici dans une crise, évidemment, qui est politique,
00:07:32 mais aussi une crise sociale qui est très importante.
00:07:37 Et je pense aussi à cette France rurale,
00:07:40 à cette France périurbaine, qui ne manifeste pas ce soir,
00:07:43 mais qui paye, encore une fois,
00:07:45 les peaux cassées de la politique d'Emmanuel Macron.
00:07:48 Le problème d'Emmanuel Macron, c'est qu'il mène
00:07:50 une véritable politique de classe,
00:07:52 et qu'il incarne, finalement, ces élites mondialisées,
00:07:55 ces élites qui ont conscience qu'il faut faire
00:07:58 des efforts budgétaires, mais des efforts budgétaires
00:08:01 que l'on fait souvent sur le dos des plus modestes,
00:08:04 et ça, ce n'est plus possible.
00:08:05 Et quand je vois Emmanuel Macron, en effet, parler de victoire,
00:08:09 enfin, son entourage parle de victoire,
00:08:11 il y a une forme de mépris.
00:08:12 -On va y venir dans un instant, Kevin Bossuet.
00:08:14 Justement, les mots d'Emmanuel Macron,
00:08:15 on ne va pas teaser tout de suite toutes les missions,
00:08:17 mais je vous garde sous le coude, néanmoins.
00:08:21 Régine Delfour, vous êtes avec Antoine Durand
00:08:22 sur place de la République.
00:08:25 Kevin Bossuet a parlé à l'instant, justement, de ces manifestants.
00:08:30 Je sais que ce n'est pas toujours facile
00:08:31 d'approcher les manifestants, de leur parler,
00:08:33 d'apprendre un petit peu à connaître les raisons de leur présence.
00:08:38 Qui sont-ils ?
00:08:39 -Bien, Vincent, on a pu, au début de cette manifestation,
00:08:44 échanger avec plusieurs manifestants.
00:08:47 Là, évidemment, dans ces conditions,
00:08:49 on ne va pas pouvoir leur demander qui ils sont et d'où ils viennent,
00:08:52 mais ceux avec qui nous avons pu échanger
00:08:54 sont des étudiants, des jeunes qui veulent...
00:08:57 En fait, qui nous ont dit, en fait,
00:08:59 qu'ils refusaient tout ce qui se passait.
00:09:02 Ils nous parlent de dictature.
00:09:04 Ils n'ont pas compris l'utilisation du 49-3,
00:09:08 les motions de censure qui ont été rejetées,
00:09:11 et puis encore cette déclaration d'Emmanuel Macron
00:09:14 qui va faire le 13h demain et non pas le 20h.
00:09:19 Pour eux, c'est encore un affront.
00:09:20 Une jeune, une lycéenne me disait
00:09:22 "Mais c'est aussi pour mes parents, c'est aussi pour l'inflation."
00:09:24 En fait, on n'en peut plus de ce gouvernement.
00:09:26 Et on ira jusqu'au bout, jusqu'à temps qu'il démissionne.
00:09:29 Alors là, nous sommes, nous, toujours rue du Faubourg du Temple.
00:09:33 Et depuis à peu près une demi-heure,
00:09:35 il y a vraiment des affrontements face à face
00:09:37 entre les forces de l'ordre et les manifestants.
00:09:40 Les manifestants qui tentent, qui aimeraient passer par cette rue
00:09:43 pour rejoindre peut-être le canal Saint-Martin.
00:09:45 Il y a des échanges de tirs de gaz lacrymochaine,
00:09:49 des tirs de mortier.
00:09:50 Alors là, il y a une petite alchimie,
00:09:51 mais on sait que ça va revenir à la charge.
00:09:55 Et c'est un peu la tension qui règne ici
00:09:57 depuis plus d'une demi-heure, Vincent.
00:09:59 -Justement, Régine, on sait que la place de la République
00:10:03 est habituée aux rassemblements, à la foule, j'allais dire.
00:10:07 Vendredi dernier, ça se passait à la place de la Concorde,
00:10:10 et justement, elle était complètement quadrillée.
00:10:12 Les manifestants ne pouvaient pas aller dans les rues adjacentes.
00:10:14 Est-ce que le dispositif de sécurité, ce soir, est similaire ?
00:10:17 Ou alors est-ce que les manifestants ont le loisir
00:10:20 de partir de la place de la République
00:10:22 pour aller, comme on a vu les derniers soirs,
00:10:24 dans les rues de Paris ?
00:10:26 (Cris de la foule)
00:10:29 -Non, pour le moment, non.
00:10:30 En fait, nous, quand on est arrivés, on est arrivés assez tôt.
00:10:32 On était à la place de la République,
00:10:33 et les forces de l'ordre étaient dans toutes les artères
00:10:36 autour de la place de la République.
00:10:37 La rue du Faubourg du Temple, on ne les voyait pas,
00:10:40 mais quand les manifestants se sont...
00:10:42 Alors, il y a des jets de bouteilles en ce moment
00:10:44 sur les forces de l'ordre.
00:10:46 Je ne sais pas si vous voyez sur les images d'Antoine Duhant.
00:10:49 Et donc, en fait, quand les manifestants ont tenté
00:10:51 de s'engouffrer dans la rue du Faubourg du Temple
00:10:53 pour s'éloigner, là, les forces de l'ordre sont apparues,
00:10:56 se sont montrées, elles étaient en fait dans les petites rues.
00:10:59 Et en fait, il est très compliqué pour les manifestants de partir.
00:11:04 Je suppose que vous entendez les cris anti-police
00:11:07 qui sont scandés à côté de moi.
00:11:10 Et là, en fait, vous avez vraiment, vraiment un face-à-face
00:11:13 entre les policiers et les manifestants qui restent.
00:11:16 -Dernière question, Régine.
00:11:18 Est-ce que vous entendez des chants anti-réforme des retraites ?
00:11:20 (Cris de la foule)
00:11:23 -Ah bah oui. Oui, oui, on n'est pas là ce soir,
00:11:26 pas là en ce moment.
00:11:27 Mais sinon, pendant toute la soirée, oui, oui,
00:11:29 on les a entendus, on les a entendus anti-Emmanuel Macron,
00:11:32 on l'a entendu... Continuons la grève,
00:11:34 continuons les blocages,
00:11:36 faisons une grève générale encore pendant un petit moment,
00:11:42 jusqu'à temps que le gouvernement plie,
00:11:45 que cette réforme soit retirée,
00:11:49 puisque pour eux, il n'est hors de question
00:11:51 que cette réforme reste dans l'Etat.
00:11:53 -Merci, chère Régine. Merci à Antoine Durand pour les images
00:11:58 et merci à vos agents de sécurité également,
00:11:59 qui assurent votre sécurité.
00:12:02 Kevin Bossuet, je rappelle, vous êtes professeur d'histoire.
00:12:05 J'imagine que... Alors, vous avez une classe de 6e et 3e,
00:12:08 me semble-t-il. -Bien sûr.
00:12:09 -Je trahis les offres, parce que je vous ai posé la question
00:12:11 à l'instant.
00:12:12 J'imagine que vos élèves regardent un petit peu la télévision,
00:12:14 se renseignent, voient ces images.
00:12:16 Est-ce que vous en parlez un petit peu,
00:12:17 pour prendre un petit peu la température ?
00:12:19 Est-ce qu'eux vous en parlent spontanément ?
00:12:20 -Oui, naturellement, ils ne m'en parlent pas.
00:12:22 Ils voient bien qu'il y a un problème
00:12:23 dans la société française.
00:12:25 Il y a des grèves de plus en plus importantes.
00:12:26 Ils sont aussi choqués par les détritus en plein Paris,
00:12:31 par cette violence sociale qu'ils subissent aussi,
00:12:34 mais surtout, ils me parlent beaucoup de cette exemplarité,
00:12:38 parce que c'est vrai que ce qui s'est passé
00:12:39 à l'Assemblée nationale n'était pas exemplaire.
00:12:42 Quand on voit le comportement des députés de la NUPES,
00:12:45 alors qu'ils ont un devoir d'exemplarité,
00:12:47 forcément, ça a choqué beaucoup mes élèves,
00:12:50 quand ils voient la négociation sociale.
00:12:52 Pour eux, ils ne comprennent pas, si vous voulez,
00:12:54 qu'on ne tente pas la main au syndicat,
00:12:56 qui est une véritable, finalement, négociation dans ce pays.
00:13:01 Donc, évidemment, ils m'en parlent beaucoup.
00:13:02 Alors après, ils sont très jeunes, évidemment,
00:13:04 pour eux, la retraite, c'est très, très, très loin,
00:13:06 mais on retrouve également dans ces banlieues,
00:13:08 parce que moi, j'enseigne en banlieue parisienne,
00:13:10 une forme de malaise, une forme de mépris,
00:13:12 le senti-dent de ne pas être écouté,
00:13:14 et surtout que l'école de la République,
00:13:15 qui leur a fait beaucoup de promesses,
00:13:17 fonctionne très mal, parce qu'il est vrai qu'on leur dit
00:13:20 "faites des études, faites des études, faites des études",
00:13:22 mais il y a beaucoup d'élèves qui me disent
00:13:24 "mais monsieur, mon frère a un master de droit,
00:13:26 mais il ne trouve pas de travail.
00:13:27 Est-ce que vous pensez que je vais réussir
00:13:29 à travers l'école de la République ?"
00:13:30 Donc, il y a ces gros doutes, et ça participe, en effet,
00:13:33 à cette crise sociale qui s'empare aujourd'hui
00:13:35 de la société française.
00:13:36 -Se sent-il concerné par...
00:13:37 Alors, vous voyez toujours ces images,
00:13:40 place de la République,
00:13:42 ces charges des forces de l'ordre contre les manifestants,
00:13:45 si tant est qu'on puisse les appeler manifestants,
00:13:48 éléments perturbateurs, manifestants radicaux.
00:13:50 J'ai une dernière question
00:13:52 par rapport à notre conversation, Kévin Bossuet.
00:13:53 Se sent-il concerné par la réforme des retraites à leur âge ?
00:13:56 -Bon, c'est un petit peu compliqué.
00:13:57 Ils ne se sentent pas concernés par cette dernière.
00:14:00 Mais par contre, il y a une chose que moi,
00:14:01 que j'ai remarquée en banlieue, c'est ce sentiment antipolice
00:14:04 qui est alimenté notamment par les femmes
00:14:07 et les hommes politiques d'extrême-gauche.
00:14:09 Quand vous avez M. Boyard,
00:14:10 qui est très écouté par la jeunesse,
00:14:12 qui nous raconte que la police tue,
00:14:14 forcément, ça a des conséquences aussi
00:14:16 sur les élèves de banlieue.
00:14:19 Donc, à un moment donné, on ne peut pas jouer avec le feu,
00:14:22 et il faut absolument réconcilier la jeunesse française
00:14:25 avec la police, sinon on ne va pas s'en sortir.
00:14:29 -M. Dos Santos, vous êtes sur place.
00:14:31 On voit ces images, ces mouvements de foule,
00:14:32 ces feux de poubelle, ces jets de gaz lacrymogènes
00:14:35 et ces charges de police.
00:14:37 Bon, je vais peut-être dire un petit peu tout votre direct,
00:14:39 mais que se passe-t-il autour de vous, cher Michael ?
00:14:42 -Ecoutez, ce qui vient de se passer,
00:14:47 c'est ce qui se passe depuis le début de cette soirée
00:14:50 ou du moins depuis au moins une demi-heure,
00:14:52 on va dire une demi-heure, une heure.
00:14:54 C'est-à-dire que la police vient effectivement
00:14:56 de charger à nouveau contre les manifestants
00:14:59 pour tenter de les éloigner.
00:15:00 Très rapidement, on voit que les manifestants
00:15:02 essayent de s'approcher de la police,
00:15:03 et puis, dès qu'ils sont trop près,
00:15:05 effectivement, la police charge avec des gaz lacrymogènes
00:15:09 pour tenter de disperser, effectivement, cette foule,
00:15:11 ce qui fonctionne, dans un premier temps,
00:15:13 puisqu'on voit les manifestants très rapidement déguerpir,
00:15:16 essayer de s'éloigner pour éviter ce nuage de fumée
00:15:19 qui, comme je vous le disais tout à l'heure,
00:15:20 est assez irrespirable, qui est assez dérangeant,
00:15:24 ça pique les yeux.
00:15:25 Donc, effectivement, les manifestants
00:15:26 sont incapables de rester sur place.
00:15:28 Et puis, très rapidement, dès que le nuage de fumée est passé,
00:15:30 les manifestants reviennent à nouveau dans cette même artère
00:15:34 et font à nouveau face à la police avec des champs,
00:15:37 des champs qui sont, cette fois-ci,
00:15:39 qui ne concernent plus du tout la réforme des retraites,
00:15:42 mais qui sont des champs qui vont à l'encontre de la police.
00:15:44 On entend des "hack-up",
00:15:46 on ne va pas faire la traduction de ce que c'est,
00:15:49 mais effectivement, c'était une insulte envers la police.
00:15:51 On entend "tout le monde déteste la police",
00:15:52 voilà des slogans qu'on entend depuis maintenant plusieurs minutes.
00:15:57 -Il faut rappeler que la police,
00:15:58 beaucoup de policiers étaient contre cette réforme,
00:16:01 et même les syndicats de police ont appelé à manifester
00:16:04 contre cette réforme.
00:16:05 Donc, ce gauchisme ne sert à rien, si ce n'est in fine, je pense,
00:16:09 à renforcer le pouvoir en place,
00:16:11 parce qu'Emmanuel Macron espère bien tirer profit
00:16:15 de ce désordre, de ce chaos.
00:16:17 -Mickaël Chahou, vous êtes avec Thibault Marche-Thot à Rennes,
00:16:21 en Bretagne.
00:16:22 Là aussi, un cortège, une manifestation était prévue.
00:16:27 Il y a eu quelques tensions avec les forces de l'ordre.
00:16:29 Que se passe-t-il ce soir dans la capitale bretonne ?
00:16:33 -Ecoutez, il y a eu le défilé classique
00:16:36 à l'appel de l'état syndical,
00:16:38 qui a duré environ une heure dans les rues de la ville.
00:16:41 Tout à fait normal, j'ai envie de dire, tout à fait classique.
00:16:44 Mais depuis maintenant quelques minutes,
00:16:46 la tension est montée un petit peu.
00:16:47 Vous voyez ces feux de grosses poubelles
00:16:50 qui atteignent maintenant une voiture qui était garée
00:16:52 juste devant.
00:16:53 Et les pompiers sont en train d'intervenir,
00:16:55 en ce moment même, à Rennes,
00:16:57 sous la protection des forces de l'ordre,
00:16:59 qui, maintenant, depuis, j'ai envie de dire,
00:17:01 une demi-heure, une heure, peut-être,
00:17:03 repoussent les quelques centaines de manifestants qui restent.
00:17:07 Ils ne sont plus très nombreux.
00:17:08 Peut-être 400 manifestants encore qui restent
00:17:12 et qui se baladent dans les rues d'un point à l'autre.
00:17:15 Mais les forces de l'ordre ont totalement bouclé
00:17:18 le centre ancien de Rennes,
00:17:21 là où il y avait eu des problèmes ces derniers jours.
00:17:26 Donc voilà, les choses sont en train...
00:17:28 Malgré l'image que vous voyez là,
00:17:30 j'ai envie de dire, les choses sont en train de se tasser,
00:17:33 même s'il y a eu un petit peu de tension
00:17:35 avec ces feux de poubelles,
00:17:37 qui, on le voit maintenant,
00:17:40 prennent de l'ampleur un petit peu ce soir,
00:17:41 avec cette voiture qui est en train de s'enflammer
00:17:44 à proximité, puisqu'elle était garée juste à proximité.
00:17:48 Mais vous allez le voir tout de suite,
00:17:49 les pompiers sont en train d'intervenir en ce moment même.
00:17:53 -Michel, vous connaissez très bien la ville de Rennes,
00:17:55 tout comme la ville de Nantes, d'ailleurs.
00:17:57 Ce sont des images que vous avez, en tout cas,
00:18:00 l'habitude de voir en marge des manifestations sur place.
00:18:04 -Alors, c'est vrai que, malheureusement, j'ai envie de dire,
00:18:10 alors qu'il y a des manifestations de l'intersyndicale,
00:18:14 que ce soit à Nantes ou à Rennes,
00:18:16 qui se passent généralement très bien,
00:18:19 et il y a, évidemment, à chaque fois,
00:18:22 maintenant, depuis quelques mois, et même plus que ça,
00:18:26 des fauteurs de troubles qui sont là dans la manifestation
00:18:29 et qui tentent de s'en prendre aux forces de l'ordre,
00:18:34 à du mobilier urbain, comme vous le voyez ce soir à Rennes.
00:18:38 Voilà, c'est devenu, j'ai envie de dire, quelque chose
00:18:41 de quasi traditionnel, maintenant, dans ces 2 villes,
00:18:44 et c'est vraiment bien regrettable,
00:18:46 parce que ça vient gâcher le message
00:18:50 de l'intersyndicale ce soir.
00:18:52 Je voudrais quand même qu'on parle de ça 2 secondes,
00:18:53 puisqu'on a parlé ce soir, pendant cette manifestation,
00:18:57 de ce qu'on attendait demain d'Emmanuel Macron,
00:19:01 et c'est vrai que ce qu'on a ressenti ce soir
00:19:03 en discutant avec les 1 200 personnes qui étaient là,
00:19:06 c'est un chiffre donné par la préfecture de Rennes,
00:19:09 ce que l'on a ressenti ce soir,
00:19:11 c'est cette rupture avec le président de la République.
00:19:16 C'est ça que les gens sont venus dire,
00:19:19 une perte de confiance dans le président de la République,
00:19:22 et même, j'ai envie de vous dire, dans la Ve République,
00:19:25 on a beaucoup entendu, il faut maintenant passer
00:19:27 à autre chose, à un système démocratique
00:19:30 qui permettrait, en tout cas, aux citoyens
00:19:35 d'avoir à plusieurs reprises, le long d'un quinquennat,
00:19:38 par exemple, la possibilité de donner leur avis.
00:19:41 Voilà, c'est ça qu'on a entendu ce soir dans la manifestation.
00:19:44 Je me souviens d'une conversation
00:19:47 avec quelqu'un qui travaille à La Poste,
00:19:48 Jean-Michel, 57 ans, qui gagne 1 400 euros par mois,
00:19:53 et qui me disait combien ce qui s'est passé
00:19:57 avec cette réforme des retraites était pour lui
00:19:59 un point de rupture sans retour, m'a-t-il dit,
00:20:03 avec la politique ?
00:20:05 Voilà les déçus, en fait, de la politique en général,
00:20:10 qui était là ce soir lors de ce défilé à Rennes,
00:20:14 même s'il voit maintenant que les choses
00:20:16 sont en train de prendre une autre tournure
00:20:18 ce soir dans les rues de la capitale bretonne.
00:20:20 – Merci, Michael, merci Thibault Marchoteau qui vous accompagne.
00:20:24 Il a raison, Michael, de dissocier les éléments perturbateurs
00:20:28 de ces manifestations et les manifestants
00:20:30 qui ont de vraies revendications,
00:20:32 et qui pour avoir couvert moi-même ces manifestations
00:20:35 en ont ras-le-bol de ces casseurs qui viennent voler leur message.
00:20:39 – Oui, non seulement ils viennent voler leur message,
00:20:41 mais là quand on voit des voitures brûlées,
00:20:44 ce sont probablement des voitures de Français qui travaillent,
00:20:48 ce n'est pas seulement du matériel, c'est leur outil de travail.
00:20:51 Donc je ne comprends pas quel est le but ?
00:20:55 Si le but c'est de faire en sorte que les plus humbles
00:20:59 peut-être travaillent moins ou partent à la retraite
00:21:01 ou dans des meilleures conditions,
00:21:02 je ne pense pas que de détruire leur outil de travail ce soit la solution.
00:21:06 Donc on voit bien qu'on est dans un anticapitalisme stérile,
00:21:10 dans une détestation de l'État, de la France, des forces de l'ordre.
00:21:14 Effectivement tout cela n'a rien à voir avec les manifestants,
00:21:19 il faut à tout prix éviter je dirais l'amalgame entre les deux.
00:21:25 Mais je ne peux qu'en vouloir beaucoup à l'État finalement
00:21:29 de ne pas avoir su mettre hors d'état de nuire ce type de groupuscules.
00:21:35 Cela fait quand même longtemps qu'ils sévissent en France
00:21:37 et dans le discours politique, on note à la gauche ou à la gauche de la gauche
00:21:42 chez Jean-Luc Mélenchon une forme de complaisance
00:21:44 avec tous ces groupuscules, un refus de s'en démarquer,
00:21:47 voire ils alimentent par une haine anti-flic effectivement leur violence.
00:21:53 Et puis même je dirais dans des parties plus centristes,
00:21:57 il y a quand même une forme de géométrie variable.
00:21:59 J'entends beaucoup le président de la République, ses ministres,
00:22:04 pester, fustiger une prétendue peste brune,
00:22:09 que pour le coup je ne vois pas beaucoup se manifester dans le pays.
00:22:12 Par contre je ne les vois pas condamnés avec la même fermeté ces agissements-là
00:22:18 et en plus je les vois les laisser encore une fois prospérer
00:22:22 parce qu'on ne me dit pas que ce n'est pas possible
00:22:24 de les mettre hors d'état de nuire.
00:22:26 Alors là c'est désormais très compliqué parce qu'ils se mélangent à des manifestants
00:22:30 mais quand on parle à la police, on sait qu'ils sont identifiés depuis longtemps,
00:22:34 on sait qu'un certain nombre d'entre eux ont déjà été interpellés dans des manifs.
00:22:39 Pourquoi ?
00:22:40 – Et on les voit très facilement dans les manifestations aussi.
00:22:42 – Oui mais aussi pourquoi est-ce qu'on ne les fait pas pointer
00:22:44 comme on le fait pour les hooligans ?
00:22:46 Pourquoi récemment dans un match France-Maroc,
00:22:50 on a pu arrêter des gens d'extrême droite
00:22:56 avant qu'ils aient commis quoi que ce soit
00:22:57 et pourquoi on ne demande pas à ces gens-là d'aller pointer au commissariat
00:23:00 et pourquoi les peines ne sont pas beaucoup plus dures
00:23:03 quand ils comparaissent devant la justice ?
00:23:06 Il y a peut-être une responsabilité des juges
00:23:09 mais il faut sans doute se doter d'un arsenal pénal spécifique.
00:23:14 Ça fait dix ans que ça dure, rien n'a été fait
00:23:16 donc j'en déduis qu'il y a un manque de volonté politique.
00:23:19 – Alors d'après ce que nous dit notre reporter sur place,
00:23:22 c'est un feu de voiture accidentel
00:23:24 parce qu'il a été garé trop près de cette poubelle.
00:23:26 Néanmoins ça arrive effectivement…
00:23:27 – Il y a aussi des feux de voiture volontaires.
00:23:29 – Il y en a aussi effectivement, pour le coup a priori c'est accidentel
00:23:33 donc soyons précis tant qu'on le peut.
00:23:35 Merci Michael Chahou.
00:23:37 On va évidemment faire des allers-retours entre le terrain Rennes-Paris
00:23:40 et le plateau pour vous donner les dernières informations sur le terrain
00:23:45 mais on va revenir également sur l'actualité de ce jour avec cette phrase
00:23:49 "Quand on gagne un vote, c'est une victoire, pas une défaite".
00:23:52 Ce sont les mots d'Emmanuel Macron au lendemain de ce rejet
00:23:55 des deux motions de censure à l'Assemblée Nationale
00:23:57 dont une motion de censure qui a été rejetée à 9 voix près,
00:24:01 victoire dans les chiffres avec un goût néanmoins de défaite
00:24:04 selon les observers.
00:24:05 Regardez.
00:24:06 – Emmanuel Macron il a eu cette phrase, vous allez me la confirmer,
00:24:11 il a dit "le rejet de la motion de censure c'est une victoire"
00:24:14 alors que c'est passé à 9 voix près.
00:24:16 – Il dit "Quand on gagne un vote, c'est une victoire, pas une défaite".
00:24:19 Alors factuellement c'est vrai, mais c'est nul.
00:24:22 C'est une victoire qui s'est illustrée à travers des moyens extrêmement faibles.
00:24:27 On ne peut pas dire que c'est une victoire,
00:24:29 c'est une victoire peut-être numérique au bout du bout du bout,
00:24:32 mais il n'y a aucun Français qui considère aujourd'hui
00:24:34 qu'Emmanuel Macron a gagné, mais même dans la majorité,
00:24:36 vous appelez des ministres et tout, globalement ils sont tous extrêmement gênés,
00:24:40 ils sont conscients que la situation est très très difficile.
00:24:42 – S'il a vraiment dit "le chef de l'État c'est une victoire"
00:24:45 avec 9 voix d'écart,
00:24:46 est-ce qu'il n'y a pas une forme d'indécence à prononcer ce mot ?
00:24:48 – Si Madame Pannot était élue avec une voix,
00:24:50 est-ce qu'elle dirait qu'elle a été élue avec une voix ?
00:24:52 – Ce n'est pas la même légitimité quand même.
00:24:53 – Elle dirait "je suis député, j'ai une voix d'avance".
00:24:55 – Vous en convenez, est-ce que c'est la même légitimité ?
00:24:57 – Dans la démocratie, une voix, une voix c'est la majeure.
00:25:00 Alors qu'est-ce que vous auriez dit si le gouvernement avait perdu ?
00:25:04 Vous auriez dit quoi ?
00:25:06 – C'est une défaite pour l'exécutif.
00:25:09 – Le texte est passé et la réforme est passée, c'est clair.
00:25:14 – J'ai écouté si vous voulez, avec une grande béatitude
00:25:18 et la bouche ouverte l'exposé de M. Patria sur la situation du pays.
00:25:21 – Merci de reconnaître mes talents.
00:25:23 – Sur la forme, je n'ai rien à dire, sur le fond par contre,
00:25:26 vous allez moins apprécier.
00:25:29 Je pense que, je crois que vous n'habitez pas en France en fait.
00:25:32 Je ne sais pas si vous connaissez le pays dont pourtant vous êtes élu.
00:25:38 Vous n'entendez pas ce qui se passe dans le pays, vous ne le voyez pas.
00:25:41 Je sais bien que le macronisme est connu pour une forme de hauteur,
00:25:44 enfin ils appellent ça de la hauteur,
00:25:45 mais en réalité c'est de la morgue, de la désinvolture
00:25:48 et du mépris vis-à-vis de ce que pensent les Français.
00:25:50 Dire dans les conditions actuelles, avec les violences qu'il y a,
00:25:53 avec ce qui s'est passé à 9 voix près au Parlement,
00:25:56 avec les oppositions au Parlement, dire que c'est une victoire,
00:25:59 franchement, je ne sais pas dans quel monde déconnecté vous vivez.
00:26:03 – Vous voulez le chaos, j'ai compris que vous vouliez le chaos.
00:26:05 – Non, personne ne dit ça enfin.
00:26:07 – Vous l'annoncez à longueur de micro et d'antenne, ça va être le chaos.
00:26:09 – Non, personne n'a dit ça.
00:26:12 – C'est bien la griffe du macronisme.
00:26:14 – Mais vous êtes à profètes de chaos.
00:26:16 – Tous ceux qui ne sont pas d'accord, en général…
00:26:18 – Vous êtes à profètes de chaos et de blocage.
00:26:19 – Non mais vous savez, le messiah vient de messie,
00:26:22 c'est en général pas le messie du chaos,
00:26:23 c'est au contraire le messie pour réveiller les gens.
00:26:25 – Bon, on va quand même revenir sur cette petite phrase dans un instant,
00:26:28 mais ça bouge visiblement Place de la République,
00:26:30 Jeanne Cancard, expliquez-nous.
00:26:32 – Pardon, c'est toi ?
00:26:36 – C'est le mien, c'est le mien.
00:26:38 – Jeanne Cancard, allez-y.
00:26:39 – Une nouvelle charge vient d'être ordonnée par…
00:26:42 Une nouvelle charge, Vincent, je vous le disais à l'instant,
00:26:44 vient d'être ordonnée par les forces de l'ordre,
00:26:46 et là, au même moment où je vous parle,
00:26:48 vous voyez en direction de notre image,
00:26:50 une nouvelle charge de la part des forces de l'ordre
00:26:52 qui tente de disperser les manifestants,
00:26:54 qui depuis de longues minutes,
00:26:55 envoient des tirs de projectiles en direction de ces forces de l'ordre.
00:26:59 Nous sommes ici rue du Faubourg du Temple,
00:27:02 c'est une des rues perpendiculaires à cette Place de la République,
00:27:05 il y a des gaz lacrymogènes,
00:27:06 beaucoup de gaz lacrymogènes qui est envoyé justement
00:27:08 de la part des forces de l'ordre
00:27:10 pour tenter de disperser les manifestants ici sur cette place,
00:27:13 puisque pour vous expliquer un petit peu le contexte,
00:27:16 les manifestants, ils se regroupent à certaines rues,
00:27:18 à l'entrée de certaines rues,
00:27:20 soit pour entrer en confrontation avec les forces de l'ordre,
00:27:23 soit tout simplement pour tenter de quitter la place,
00:27:26 mais l'objectif, ce soir, des forces de l'ordre,
00:27:28 c'est de maintenir au maximum les manifestants ici,
00:27:32 sur cette place, dans le calme,
00:27:33 ils craignent également qu'il y ait des scènes
00:27:35 comme on a pu voir hier soir dans les rues de la capitale,
00:27:38 avec des cortèges, vous savez,
00:27:39 des manifestations dites "sauvages",
00:27:41 improvisées dans les différentes rues de Paris,
00:27:44 où des feux de poubelles notamment ont été allumés
00:27:47 dans différentes rues.
00:27:49 Là, ce qu'on voit en ce moment ici, place de la République,
00:27:51 nous nous sommes côté forces de l'ordre,
00:27:53 donc nous sommes vraiment entourés en ce moment
00:27:55 de dizaines de gendarmes qui sont mobilisés ici
00:27:58 pour encadrer au maximum cette manifestation.
00:28:00 On peut dire que maintenant, depuis une heure et demie,
00:28:03 la tension est clairement montée ici, place de la République.
00:28:06 Il y a évidemment des manifestants qui sont présents,
00:28:08 mais aussi beaucoup d'éléments perturbateurs,
00:28:11 même des éléments plus radicaux, qui viennent ici, clairement,
00:28:14 pour rentrer en affrontement avec les forces de l'ordre
00:28:17 qui sont fortement mobilisées ici, sur cette place de la République.
00:28:21 Tout à l'heure, on a vu des feux de poubelles,
00:28:22 un scooter également a été incendié ici, sur cette place.
00:28:26 Vous demandiez tout à l'heure à une autre équipe
00:28:28 qui est présente en ce moment sur le terrain, justement,
00:28:31 qui étaient ces manifestants qui sont présents ici.
00:28:35 Est-ce qu'ils scandent des slogans contre la réforme des retraites ?
00:28:37 Disons qu'en effet, en début de manifestation,
00:28:40 ils nous disent qu'ils viennent ici pour ça,
00:28:42 pour protester pour le retrait de cette réforme des retraites.
00:28:47 Mais quand on parle avec eux, quand ça se tend un peu plus,
00:28:49 c'est beaucoup plus général.
00:28:51 C'est vraiment une contestation contre la politique générale
00:28:53 du gouvernement. Et puis, dernière chose,
00:28:55 ce qui est aussi paradoxal dans la bouche de ces manifestants,
00:28:57 c'est quand on les voit, parfois, vous savez,
00:28:59 allumer les feux de poubelles ou même prendre les poubelles
00:29:01 qui sont souvent entassées ici, dans les rues de Paris,
00:29:03 pour les mettre au milieu de la route.
00:29:04 Et ensuite, les incendies, ils nous disent,
00:29:06 "Nous, on est avec les éboueurs.
00:29:07 "On est désolés, finalement, d'en arriver là
00:29:10 "et de leur donner, finalement, du travail aussi supplémentaire
00:29:13 "à faire le lendemain", puisqu'il y a évidemment beaucoup de dégâts,
00:29:15 souvent dans certaines rues de Paris,
00:29:17 après ces soirées de manifestation.
00:29:18 Mais on a le sentiment que c'est la seule façon, aujourd'hui,
00:29:21 de se faire entendre.
00:29:23 -Jeanne, il y a quelque chose sur laquelle j'aimerais revenir
00:29:27 un instant. Il y a donc encore des manifestants
00:29:29 parmi ces personnes présentes, place de la République, ce soir.
00:29:33 J'entends par "manifestants", des personnes avec des revendications
00:29:38 qui manifestent contre la réforme des retraites.
00:29:40 -Oui, j'ai bien compris votre question.
00:29:44 Évidemment, c'est toujours difficile de les distinguer clairement,
00:29:47 puisque là, vous le voyez sur notre image,
00:29:48 on est vraiment du côté où ce sont uniquement, quasiment,
00:29:51 des éléments perturbateurs qui sont présents ici.
00:29:53 Mais il y a encore quelques minutes,
00:29:54 on a vu des manifestants, même certains,
00:29:56 qui avaient, vous savez, des pancartes.
00:29:57 Donc là, ils sont clairement identifiables
00:29:58 comme des manifestants qui viennent protester
00:30:00 contre la réforme des retraites.
00:30:01 Mais il y a environ une demi-heure, on a aussi assisté, au départ,
00:30:04 de plusieurs dizaines de personnes qui ont, dans le calme,
00:30:07 pu quitter cette place de la République.
00:30:09 Là, c'était clairement des manifestants.
00:30:11 Alors évidemment, quand la situation se tend,
00:30:13 certains ont justement l'envie, le besoin de quitter le lieu
00:30:17 où la tension monte ici.
00:30:19 Et étant donné que c'est clairement le cas,
00:30:21 on peut dire aussi que certains manifestants
00:30:23 qui étaient seulement venus pour protester
00:30:24 contre cette réforme des retraites
00:30:26 et contre le moger des 2 motions de censure,
00:30:30 hier, ces manifestants-là sont partis
00:30:33 pour la plupart de cette place de la République,
00:30:35 alors qu'en ce moment, vous voyez, en même temps que je vous parle,
00:30:37 à l'image des tirs de projectiles qui continuent à être envoyés
00:30:40 par certains éléments perturbateurs à l'encontre des forces de l'ordre.
00:30:43 - Merci, Jeanne. Merci, Fabrice Elsner, pour les images.
00:30:48 Kevin Bossuet, votre réaction par rapport à ces images ?
00:30:51 - Ces images sont toujours les mêmes.
00:30:53 Moi, j'ai quand même une pensée pour l'image de la France à l'étranger,
00:30:57 puisque toutes ces images circulent en Europe.
00:31:00 - Et pas que, j'allais dire, Kevin Bossuet.
00:31:02 Même les personnes qui n'habitent pas à Paris
00:31:04 ou dans les petites villes qui voient les images de Paris.
00:31:07 Je parlais à des proches qui sont en Bretagne,
00:31:10 dans des petites villes, qui voient ça et qui disent
00:31:11 "Paris est à feu et à sang".
00:31:12 - Ah, mais c'est certain, Paris est à feu et à sang.
00:31:15 Qu'est-ce qu'il se passe ?
00:31:17 Et surtout, nos partenaires européens
00:31:19 ont fait toutes ces réformes bien avant nous.
00:31:22 Ils ne comprennent pas, finalement,
00:31:24 que le fait de passer l'âge de départ de 62 ans à 64 ans
00:31:28 soit autant un problème.
00:31:29 La vérité, c'est que M. Macron a tout échoué.
00:31:32 Parce que quand on regardait les sondages,
00:31:34 les Français étaient pour une réforme des retraites.
00:31:36 Sauf que la méthode a complètement été à côté de la plage.
00:31:40 C'était une accumulation de fausses explications,
00:31:46 de mensonges, avec une dose de mépris.
00:31:48 Vous ne pouvez pas réformer un pays
00:31:51 en méprisant ce qui remonte de la part des élus,
00:31:55 en méprisant les partenaires sociaux,
00:31:57 en méprisant l'opinion.
00:31:59 A un moment donné, je veux bien que M. Macron
00:32:02 soit hyper intelligent et raison tout seul contre tous.
00:32:05 Mais à un moment donné, quand on est président de la République,
00:32:08 quand on est père de la nation, il faut discuter,
00:32:11 il faut faire vivre la démocratie.
00:32:13 Et sa méthode, qui se résume à un mépris permanent,
00:32:17 ce n'est évidemment pas possible.
00:32:20 Et le summum, c'est quand même parler de victoire.
00:32:22 On est ici dans une provocation qui n'est pas possible.
00:32:26 Si M. Macron veut que cette bordélisation continue,
00:32:29 il faut qu'il agisse comme il le fait,
00:32:31 de même parler à la nation française
00:32:34 en choisissant l'horaire qui est 13h,
00:32:37 où il n'y a pratiquement personne devant la télévision.
00:32:39 On sent bien que M. Macron va être dans une phase d'explication.
00:32:42 Il va dire que tout ce qu'il a fait, c'est formidable.
00:32:45 Évidemment qu'il n'est pas à la hauteur.
00:32:47 Et moi, ça me choque.
00:32:49 -A l'instant, justement, cette phrase d'Emmanuel Macron,
00:32:53 "La foule n'a pas de légitimité", a-t-il dit
00:32:55 lors d'une réunion avec les parlementaires
00:32:57 de la majorité à l'Élysée ?
00:33:00 On ira peut-être voir Gautier Lebret,
00:33:02 qui est justement devant l'Élysée ce soir.
00:33:04 Ça ne va pas aider, Alexandre de Vécu.
00:33:06 Entre ça et "quand on gagne un vote, c'est une victoire, pas une défaite",
00:33:11 ça ne va pas aider à écraser les tensions.
00:33:12 -Ce n'est pas la première fois.
00:33:13 Ça rappelle les "foules haineuses" au moment des Gilets jaunes.
00:33:16 Et on peut se dire qu'il le fait exprès.
00:33:18 Je pense que là où il faut être clair,
00:33:20 il y a une volonté, sans doute,
00:33:23 de s'en sortir par le pourrissement.
00:33:25 En réalité, c'est la politique du pire.
00:33:28 Je comprends les gens qui pourraient avoir le réflexe de se dire
00:33:32 "c'est le cas où on se réfugie derrière le pouvoir légitime".
00:33:35 Mais il faut savoir qui allume la mèche.
00:33:37 Et je pense que là, Emmanuel Macron allume délibérément la mèche
00:33:41 puisqu'il n'a plus d'outils, notamment institutionnels,
00:33:45 pour mener sa politique.
00:33:46 Et donc, la seule chance qu'il a, c'est effectivement
00:33:50 de prospérer sur le désordre.
00:33:54 Je pense que, encore une fois,
00:33:57 c'est de ne pas servir l'intérêt général.
00:34:01 -Gauthier Lebret,
00:34:03 vous êtes avec Marion Berchet, Place Beauvau, devant l'Elysée.
00:34:07 Il n'y a pas grand-chose qui sort en général de ces réunions à huis clos
00:34:11 avec soit les ministres, soit les parlementaires.
00:34:13 On a eu cette 1re phrase,
00:34:14 "quand on gagne un vote, c'est une victoire, pas une défaite".
00:34:16 Et puis ce soir, la "foule" n'a pas de légitimité.
00:34:20 Ca relève du hasard ?
00:34:22 Question ironique, évidemment.
00:34:25 -Oui.
00:34:26 Oui, effectivement, Vincent, 2 phrases qui vont faire beaucoup parler,
00:34:30 qui font beaucoup parler, déjà, effectivement,
00:34:32 cette 1re phrase où il a dit que le vote sur les motions de censure
00:34:36 était une victoire, puisque ces motions de censure
00:34:38 ne sont pas passées, effectivement.
00:34:40 "Victoire", c'est aussi un mot utilisé par la 1re ministre.
00:34:43 Ca, c'était dans une des 1res réunions de la journée.
00:34:45 Et une nouvelle phrase que l'agence France Presse
00:34:48 nous divulgue ce soir,
00:34:49 dans l'une des réunions de la journée, effectivement,
00:34:51 cette phrase, alors que nous sommes à moins de 4 km
00:34:54 de la place de la République
00:34:55 et à moins de 48 heures d'une nouvelle journée de mobilisation.
00:34:58 Macron, donc Emmanuel Macron, affirme, selon l'AFP,
00:35:00 que la "foule" n'a pas de légitimité
00:35:02 face au peuple qui s'exprime à travers ses élus.
00:35:05 On savait déjà que le 49-3 pouvait venir renforcer
00:35:10 les cortèges de l'intersyndicale dans 2 jours, jeudi.
00:35:14 Ca a déclenché aussi toute une série de mobilisations
00:35:18 qu'on commente chaque soir sur notre antenne.
00:35:21 Donc, effectivement, faire le choix d'une telle phrase
00:35:23 en disant que la "foule" n'a pas de légitimité,
00:35:26 évidemment, quelques heures avant une nouvelle journée de mobilisation,
00:35:29 alors qu'à quelques kilomètres de l'Elysée,
00:35:33 il y a de nouvelles manifestations avec de nouveaux débordements,
00:35:37 évidemment, ça interroge.
00:35:39 La stratégie de l'exécutif depuis le départ,
00:35:41 depuis l'utilisation de ce 49-3, c'est de dire quasiment
00:35:43 "Circulez, il n'y a rien à voir, on veut le minimiser ici à l'Elysée".
00:35:47 Il a reçu pendant une heure et demie les parlementaires de la majorité,
00:35:50 ça vient tout juste de se terminer,
00:35:52 il leur a demandé de retourner sur le terrain,
00:35:54 il a fait applaudir ses députés, il a fait applaudir Olivier Dussopt,
00:35:58 ça ressemblait quelque part à un grand moment d'auto-congratulation.
00:36:02 -Et donc de célébrer cette victoire de la majorité.
00:36:06 Merci, cher Gauthier.
00:36:07 -Je l'aurai dit, je pense que c'est une stratégie de la provocation,
00:36:12 qui est une stratégie qu'il emploie peut-être depuis le débat,
00:36:17 le départ avec ses fameuses petites phrases,
00:36:20 mais aussi une stratégie plus globale, qui résume sa manière de penser,
00:36:24 c'est-à-dire "Nous sommes en réalité le cercle de la raison,
00:36:28 les seuls à être légitimes, et c'est nous ou le chaos".
00:36:32 Et ça, c'est quelque chose qu'il a employé très souvent,
00:36:34 dès sa première élection, d'une certaine manière,
00:36:37 face à Marine Le Pen, en disant "C'est moi ou c'est l'extrême droite",
00:36:40 ensuite il l'a refait pendant les Gilets jaunes,
00:36:43 pendant la crise du Covid, c'était un peu ça,
00:36:46 dans la manière de gérer notamment la politique vaccinale
00:36:50 et la politique sanitaire, et donc il continue.
00:36:53 Voyons maintenant si les Français ne sont pas lassés de tout cela,
00:36:59 et si désormais ils ne comprennent pas la stratégie.
00:37:03 Je crois quand même qu'à travers ces images,
00:37:05 au-delà de la réforme des retraites,
00:37:07 il y a une agrégation des colères autour de la personne de Emmanuel Macron
00:37:11 et de sa manière de gouverner.
00:37:14 Donc c'est très dangereux, je le disais pour le pays,
00:37:18 mais y compris même pour son pouvoir, d'une certaine manière,
00:37:23 parce que cette situation qui est déjà grave
00:37:27 peut continuer de dégénérer, je crois, dans un pays qui est très malade.
00:37:33 Donc je crois que ce n'est pas à la hauteur, finalement, de sa fonction
00:37:36 de s'exprimer ainsi pour le président de la République.
00:37:39 Je voudrais ajouter que les images qu'on voit sont inquiétantes.
00:37:43 Kévin Bossuet parlait tout à l'heure de l'image qu'on renvoyait au monde.
00:37:49 Effectivement, ce sont des images d'un État déliquescent.
00:37:53 Je crois que c'est ça la réalité de ce pays.
00:37:55 C'est sans doute dans les démocraties occidentales,
00:37:57 le pays où l'État est le plus déliquescent,
00:38:01 alors que nous avions une tradition d'avoir un État fort.
00:38:04 C'est effectivement le problème des forces de l'ordre qui sont à bout,
00:38:09 des gauchistes qui cassent tout.
00:38:11 Quand ce n'est pas les gauchistes, ce sont les racailles,
00:38:13 mais c'est aussi le problème des hôpitaux qui ne tiennent pas debout.
00:38:16 La crise de l'école, comme l'a évoqué Kévin Bossuet,
00:38:21 on a l'impression que désormais tout dysfonctionne dans l'État.
00:38:26 Et je pense que ça, ça aurait dû être la priorité, en réalité, du gouvernement.
00:38:30 C'est aussi pour ça que cette réforme des retraites est mal reçue,
00:38:33 parce qu'on a un taux de dépense publique record,
00:38:37 on a un pays très imposé.
00:38:39 On demande effectivement aux classes populaires,
00:38:41 à la France qui travaille, de travailler toujours plus,
00:38:44 mais on ne voit pas les résultats,
00:38:46 on ne voit pas là où passent nos impôts.
00:38:47 Et c'était d'ailleurs la revendication des Gilets jaunes,
00:38:50 l'interrogation des Gilets jaunes, où va l'argent ?
00:38:52 Et je pense que la clé pour sortir de cette impasse démocratique,
00:38:57 ce sera le jour où un gouvernement répondra à cette question
00:39:01 et sera capable de rebâtir un État fort et digne de ce nom.
00:39:06 – Vous voyez en direct ces images, place de la République,
00:39:08 de ces charges des forces de l'ordre
00:39:11 pour aller interpeller ces éléments perturbateurs.
00:39:15 C'est le modus operandi, j'allais dire, habituel lors de ces manifestations,
00:39:20 les forces de l'ordre qui tentent de rester un petit peu en retrait.
00:39:23 Et dès qu'un de ces éléments perturbateurs,
00:39:26 en général plutôt les leaders à portée, j'allais dire,
00:39:30 eh bien ils vont interpeller ces personnes
00:39:32 pour tenter justement de calmer le reste de la foule.
00:39:36 – Kevin Bossuèche, vous voyez acaissé ce que dit Alexandre Delecchio.
00:39:40 – Bien sûr, moi il y a une phrase qu'a prononcée Emmanuel Macron
00:39:43 qui m'a beaucoup marqué, quand on est dans une gare,
00:39:46 on croit ceux qui ont réussi et ceux qui ne sont rien.
00:39:49 Sauf que ceux qui ne sont rien en ont marre,
00:39:53 en ont ras le bol d'être méprisés, en ont ras le bol de ne pas être écoutés,
00:39:57 en ont ras le bol qu'on ramène finalement leurs propos
00:40:00 à ce qu'on peut appeler du populisme.
00:40:03 Je veux dire, tous les Français payent aujourd'hui beaucoup d'impôts
00:40:07 pour, comme l'a dit Alexandre Delecchio,
00:40:09 une école de la République qui fonctionne très mal,
00:40:11 des hôpitaux qui fonctionnent très mal,
00:40:12 une justice qui est très lente et qui fonctionne très mal,
00:40:15 un système social qui est certes généreux
00:40:17 mais qui est aussi profondément injuste et qui confine à la cistana.
00:40:22 Je crois qu'à un moment donné, les Français ne peuvent plus être
00:40:26 dans un système où ils ont l'impression de beaucoup donner à l'État
00:40:30 et de ne pas recevoir assez.
00:40:32 Et moi, il y a quelque chose qui me choque aussi,
00:40:34 parce que M. Macron est en train d'abîmer nos institutions
00:40:39 en utilisant le 49-3 à la hâte de cette manière.
00:40:44 Enfin, à un moment donné, il est aussi le garant de nos institutions,
00:40:48 il est le garant de la stabilité de notre société
00:40:51 et la manière dont il agit, ce n'est pas responsable.
00:40:54 On ne peut pas mener une politique en méprisant les Français,
00:40:57 en méprisant les partenaires sociaux,
00:40:59 en méprisant les députés de l'opposition,
00:41:01 mais également ses propres députés.
00:41:03 On a l'impression finalement d'un homme qui est tout seul
00:41:06 à la tête de l'État, qui a forcément raison contre les autres,
00:41:09 sauf que tout ça, ça va très mal finir,
00:41:11 parce que la radicalisation qu'on craignait,
00:41:14 elle arrive, regardez la CGT, qui était au départ plutôt modérée,
00:41:18 c'est vrai qu'il y a eu une intersyndicale plutôt modérée
00:41:22 qui a manifesté de manière digne,
00:41:23 là, il y a une radicalisation de la CGT.
00:41:26 Les syndicats en ont marre d'être autant méprisés,
00:41:29 et moi, je l'ai vu dans l'éducation nationale.
00:41:31 Vous savez que je ne suis pas un amoureux
00:41:33 des syndicats de l'éducation nationale,
00:41:34 mais c'est vrai que depuis plusieurs années,
00:41:36 ça a commencé sous Blanquer, ça continue sous Papel Yal,
00:41:39 les syndicats ne sont pas écoutés, sous-méprisés.
00:41:42 Je pense que M. Macron doit renouer avec la démocratie sociale,
00:41:45 sinon, c'est la démocratie politique qui risque de vaciller,
00:41:49 et on entre dans une crise qui va être terrible.
00:41:51 -On continue ce débat dans un instant.
00:41:53 On va aller sur le terrain, rejoindre Régine Delfour
00:41:56 avec Antoine Durand.
00:41:58 Régine, quelle est la situation actuellement
00:41:59 en place de la République à Paris ?
00:42:01 (Propos inaudibles)
00:42:03 -Eh bien, vous devez pouvoir le voir, Vincent,
00:42:05 sur les images d'Antoine Durand,
00:42:06 la situation se tend de plus en plus.
00:42:08 Ici, nous sommes toujours au niveau de l'entrée,
00:42:11 enfin, du début de la rue du Faubourg du Temple.
00:42:14 Alors, les forces de l'ordre se sont approchées,
00:42:17 ont gagné un peu la rue,
00:42:18 et l'objectif pour eux, c'est d'aller sur la place,
00:42:21 et vous voyez cette place qui est dans les nuages
00:42:24 de gaz lacrymogènes.
00:42:26 Donc l'objectif, c'est d'arriver dans cette place
00:42:28 et de procéder aux interpellations,
00:42:30 de faire place nette,
00:42:32 de faire place nette, donc, sur cette place,
00:42:34 parce qu'il reste un petit peu de monde,
00:42:36 mais c'est quand même pas vraiment énorme.
00:42:38 Alors, on assiste depuis à peu près 3/4 d'heures
00:42:41 à ces charges, à ces gaz,
00:42:45 à ces tirs de gaz lacrymogènes,
00:42:47 à ces mouvements de panique.
00:42:49 Vous les connaissez, Vincent, sur le terrain.
00:42:52 Tout à l'heure, vous saluez nos agents de sécurité,
00:42:55 heureusement, évidemment, qu'ils sont là.
00:42:57 Et donc, là, la situation est toujours un peu au statu quo.
00:43:01 Ils vont, ils procèdent aux premières interpellations.
00:43:04 Ils vont essayer de reprendre, en fait,
00:43:06 la place de la République
00:43:08 pour que cette manifestation,
00:43:11 ce rassemblement, en fait, se termine maintenant.
00:43:15 -Merci, chère Régine.
00:43:16 Alexandre de Vécuiaux, on évoquait cette légitimité,
00:43:20 en tout cas, comment Emmanuel Macron va pouvoir
00:43:22 continuer à gouverner pendant 4 ans.
00:43:25 Il y a la réforme du travail qui doit arriver, me semble-t-il,
00:43:27 la réforme sur l'immigration également.
00:43:30 Comment va-t-il faire ?
00:43:32 Va-t-il inviter, par exemple, ou alors Elisabeth Borne,
00:43:35 si tant est qu'elle reste à Matignon,
00:43:37 les syndicats ?
00:43:38 Allez, venez, on va venir discuter un peu
00:43:40 de la réforme du travail.
00:43:42 Vont-ils venir ?
00:43:43 Est-ce qu'on peut imaginer que ça se passe dans les mois qui viennent,
00:43:45 voire même les années qui viennent ?
00:43:46 -La situation est en réalité très compliquée,
00:43:49 ne serait-ce que pour, sur le plan, je dirais, institutionnel.
00:43:52 Ce que révèle cette crise, c'est qu'Emmanuel Macron
00:43:55 n'a pas de majorité.
00:43:56 Et donc, dès qu'il va y avoir une loi importante,
00:44:00 il va être confronté au fait qu'il n'aura pas assez de votes
00:44:03 à l'Assemblée nationale, donc il pourra passer par le 49-3.
00:44:07 Mais aujourd'hui, le 49-3 a été délégitimé
00:44:09 par le président de la République lui-même,
00:44:11 parce qu'il a commencé par expliquer qu'il fallait absolument un vote,
00:44:14 que le 49-3 n'était pas forcément l'outil le plus adapté.
00:44:19 Et quand bien même il gouvernerait au 49-3 pendant 4 ans,
00:44:24 aujourd'hui, les règles font qu'il n'y a qu'un seul 49-3
00:44:28 par session parlementaire hors loi de finances.
00:44:30 Donc, objectivement, ça me paraît extrêmement compliqué
00:44:33 de gouverner dans ces conditions, sauf à conclure un accord avec LR.
00:44:38 Mais là encore, ça me paraît difficile,
00:44:40 parce qu'on voit bien que le groupe LR est divisé,
00:44:44 et sans doute, même s'il y avait un accord au bout du bout,
00:44:47 il n'y aurait pas assez de députés LR qui rejoindraient le président de la République.
00:44:52 – Je suis presque en même temps de vous dire, laissez-moi vous laisser reposer.
00:44:55 – Non, non, mais je vous fais juste les différentes options.
00:44:57 Après, il y a l'option du référendum qu'il a exclue,
00:44:59 et l'option de la dissolution qu'il a exclue,
00:45:01 mais à laquelle il va peut-être venir,
00:45:04 mais là encore, pas sûr que ça permette de résoudre la crise,
00:45:08 parce qu'il faudrait qu'une majorité nette se dégage,
00:45:12 que ce soit pour lui ou pour les oppositions, et rien n'est moins sûr.
00:45:17 Donc on est dans une situation de blocage total,
00:45:22 qui montre, je crois, que derrière ce conflit social,
00:45:25 il y a effectivement, et là je rejoins Kevin Bossuet,
00:45:29 une prise démocratique profonde, qui va au-delà de la procédure du 49-3,
00:45:33 parce qu'en réalité, la procédure du 49-3
00:45:35 est effectivement une procédure constitutionnelle
00:45:37 qui a été utilisée de nombreuses fois.
00:45:39 Mais je crois qu'il y a vraiment une déconnexion désormais
00:45:42 entre les élites et la volonté populaire,
00:45:46 et on paye justement des années et des années
00:45:48 durant lesquelles les élites ont gouverné
00:45:51 selon une espèce de consensus gestionnaire,
00:45:53 notamment sur les questions économiques,
00:45:56 sans tenir compte de l'avis de la majorité.
00:46:00 On a eu par exemple le référendum de 2005 sur l'Union européenne,
00:46:04 qui a été totalement bafoué.
00:46:06 Moi je crois qu'il y a un boomerang de ce référendum
00:46:10 et de cette manière de gouverner,
00:46:12 en se réfugiant derrière les institutions
00:46:15 et en pensant que cela suffit.
00:46:16 En réalité, ça n'a jamais suffi.
00:46:18 Effectivement, il y a aussi la démocratie sociale,
00:46:20 il y a aussi le fait que quand on est élu,
00:46:23 on a un programme,
00:46:24 mais il faut tenir compte des oppositions.
00:46:28 Tout cela, aujourd'hui,
00:46:30 le fait d'avoir gouverné dans la même direction
00:46:33 pendant des années,
00:46:35 eh bien nous sommes en train de le payer.
00:46:37 Emmanuel Macron est en train de le payer.
00:46:39 Il n'est pas seul à avoir pratiqué comme ça.
00:46:42 On en rappelait le référendum, c'était Nicolas Sarkozy à l'époque,
00:46:44 mais il l'a peut-être poussé encore plus loin que les autres.
00:46:47 En assumant de gouverner au centre
00:46:50 et en repoussant toute forme d'opposition
00:46:53 dans le camp des extrêmes,
00:46:54 finalement, il a créé une exaspération
00:46:57 de toute une partie du pays
00:46:58 qui ne se sent plus du tout représentée.
00:47:01 - Et une défiance vis-à-vis des institutions, des élus,
00:47:03 une haine, même presque pour certaines personnes.
00:47:06 Moi, si je devais comparer un petit peu à ce qui se passe,
00:47:09 on a vu des permanences de députés
00:47:10 qui ont été dégradées encore ces dernières heures.
00:47:12 Je me rappelle, si on doit comparer avec un autre pays,
00:47:15 avec le Royaume-Uni, par exemple,
00:47:16 pendant les manifestations contre le Brexit ou pour le Brexit,
00:47:19 dans l'occurrence, c'était pour le Brexit,
00:47:21 devant la Chambre des communes, devant Westminster,
00:47:22 c'est comme s'ils étaient devant l'Assemblée nationale.
00:47:24 Il y a des députés pro-Brexit qui sortaient,
00:47:27 qui prenaient leur taxi,
00:47:28 ils n'étaient même pas hués,
00:47:29 même pas insultés par les manifestants qui étaient là, en nombre.
00:47:32 Imaginez ces scènes en France
00:47:34 des députés de la majorité face à ces personnes-là.
00:47:38 - Justement, très courte, et après je laisse parler Kevin Bossuet,
00:47:41 parce que j'ai beaucoup parlé,
00:47:42 très simplement, il n'est venu personne à l'idée,
00:47:45 à l'idée d'aucun parlementaire britannique
00:47:48 et à l'idée de la classe politique britannique
00:47:51 de s'asseoir sur le Brexit.
00:47:53 Une fois qu'il a été voté, il y avait au moins un consensus,
00:47:55 c'était sur le fait qu'il fallait l'appliquer.
00:47:56 En France, on n'en est pas là.
00:47:58 - Kevin Bossuet.
00:47:59 - Il y a une crise de la représentativité
00:48:01 avec un sentiment, finalement, de trahison,
00:48:04 avec le sentiment, finalement, que ceux qui nous représentent
00:48:08 ne nous représentent pas vraiment.
00:48:09 Il suffit de voir ce qu'il y a à l'Assemblée nationale.
00:48:11 Il y a certes une diversité, une pluralité idéologique,
00:48:15 mais quand vous vous interrogez sur l'origine sociale des députés,
00:48:19 c'est vrai que c'est très homogène.
00:48:21 Il y a très peu d'ouvriers,
00:48:23 il y a deux femmes de ménage, je crois.
00:48:26 Je crois que l'Assemblée nationale doit être aussi le reflet
00:48:29 de ce qu'est la société française.
00:48:32 Et de manière générale, moi qui suis professeur d'histoire,
00:48:35 je le vois avec les jeunes.
00:48:36 Ils ont envie de s'engager,
00:48:38 ont envie de s'engager pour différentes causes,
00:48:41 pour servir la démocratie, pour servir la société française,
00:48:46 mais ils ne se reconnaissent plus dans les partis politiques.
00:48:48 Ils ont l'impression que finalement,
00:48:50 c'est quelque chose qui est déjà dépassé.
00:48:52 On n'arrive pas à réinventer la démocratie
00:48:55 parce qu'on est encore sur d'anciens modèles.
00:48:58 Regardez ce qu'a fait Mme Borne.
00:48:59 Mme Borne a refusé de dialoguer avec la CGT et la CFDT.
00:49:04 Elle pensait qu'elle pouvait s'en sortir
00:49:06 en faisant un pacte avec les élus LR.
00:49:11 Elle pensait qu'elle allait pouvoir avoir la majorité,
00:49:13 mais ça, c'est de la vieille politique politicienne.
00:49:15 Je rappelle que M. Macron a été élu
00:49:18 pour inventer une nouvelle méthode de gouvernement,
00:49:21 sauf que là, il retourne dans les travers du passé.
00:49:25 Et encore une fois, sur le fait qu'il va pouvoir s'en sortir,
00:49:28 enfin qu'il pourrait s'en sortir s'il gouverne avec la droite.
00:49:31 Et moi, je n'y crois absolument pas
00:49:33 parce que chez les élus de droite,
00:49:34 l'antimacronisme est bien supérieur, finalement,
00:49:38 à leurs valeurs et leurs idées initiales.
00:49:41 Et c'est ce qui s'est passé au moment de cette motion de censure.
00:49:45 En outre, il y a quand même des ministres qui sont de droite,
00:49:47 M. Darmanin, M. Le Maire.
00:49:51 -M. Darmanin a dit récemment, je crois cet été,
00:49:54 qu'il était le ministre le plus de gauche du gouvernement.
00:49:57 C'est ce qu'il a dit dans un journal.
00:50:01 -Il va falloir se faire plaisir, M. Darmanin.
00:50:02 Mais voyez bien que les électeurs ne suivent pas la vérité.
00:50:05 C'est que là, on est dans une crise profonde.
00:50:07 Et le problème, ce n'est pas Mme Borne.
00:50:10 Le problème, ce n'est pas M. Dussopt.
00:50:11 Le problème, c'est M. Macron.
00:50:13 C'est là où la crise est importante.
00:50:15 Il y a une haine contre le président de la République
00:50:17 qui est incroyable dans ce pays.
00:50:19 Et bon courage à lui pour dompter cela
00:50:22 et continuer à réformer au cours du quinquennat...
00:50:26 Enfin, au cours de son quinquennat.
00:50:28 -Finalement, des mots sympas pour Emmanuel Macron.
00:50:30 Vous lui souhaitez bon courage.
00:50:32 -Je lui souhaite bon courage.
00:50:33 Je lui souhaite la réussite de la France.
00:50:34 -Michel de Santos, vous êtes place de la République
00:50:37 avec, exactement, avec Charles Baget.
00:50:39 Vous avez assisté à une scène surprenante,
00:50:40 il y a quelques instants.
00:50:42 -On fait tout pour la vente !
00:50:46 -Effectivement, il y a quelques minutes,
00:50:49 vous avez pu le voir sûrement sur nos images,
00:50:52 une charge de police contre les manifestants.
00:50:55 Et c'est à ce moment, effectivement,
00:50:57 où une famille, un père de famille, une mère de famille
00:51:01 et leurs 2 enfants, qui étaient assez jeunes, visiblement,
00:51:05 ont été, finalement, pris entre la charge de police
00:51:09 et les manifestants.
00:51:11 Visiblement, ils étaient à Paris, de passage,
00:51:14 peut-être même des touristes.
00:51:16 Et c'est à ce moment où, effectivement,
00:51:18 une charge a eu lieu et cette famille a commencé à courir,
00:51:23 comme c'est le cas, d'ailleurs, en ce moment,
00:51:24 puisque vous assistez à nouveau, en direct,
00:51:26 à une nouvelle charge de police.
00:51:29 Des charges qui permettent des arrestations.
00:51:31 On a pu en apercevoir quelques-unes il y a quelques minutes.
00:51:34 3, 4 personnes ont été arrêtées par la police.
00:51:38 Et puis, c'est des scènes qui se répètent inlassablement.
00:51:41 La police charge, les manifestants reculent.
00:51:44 Et puis, finalement, on assiste à nouveau à cette scène,
00:51:48 indéfiniment.
00:51:49 Donc, voilà, je voulais vous raconter, effectivement, cette scène.
00:51:51 Et puis, on a assisté aussi à des jets de projectiles.
00:51:56 C'est intéressant aussi de voir ce qui est jeté
00:51:58 par les manifestants.
00:51:59 Parce que si on peut apercevoir parfois
00:52:01 des bouteilles de verre volées au-dessus de nos têtes,
00:52:04 il y a aussi parfois du mobilier urbain et des pavés,
00:52:08 ou alors du ciment qui est arraché du sol,
00:52:10 qui est cassé par les manifestants pour en faire des petites pierres
00:52:14 qui sont lancées sur les forces de l'ordre.
00:52:16 Et forcément, quand cela arrive, la police charge
00:52:20 pour essayer, donc, que les manifestants
00:52:22 se dispersent à nouveau.
00:52:24 -Merci, cher Michael.
00:52:25 Alors, effectivement, c'est une scène qui symbolise un petit peu
00:52:29 ce chaos, j'allais dire.
00:52:30 Ce chaos, c'est peut-être un petit peu trop grand,
00:52:33 ce désordre, en tout cas, dans les rues de Paris
00:52:36 depuis jeudi dernier.
00:52:37 Parce que c'est vrai que ce soir, par exemple, ça se place,
00:52:39 place de la République, mais dans les autres quartiers de la ville,
00:52:41 tout se passe tout à fait normalement,
00:52:43 mis à part peut-être quelques poubelles sur les trottoirs
00:52:46 pour les passants.
00:52:47 Mais Paris n'est pas forcément non plus à feu et à sang.
00:52:50 Ce sont certains quartiers, de temps en temps,
00:52:53 qui sont victimes de ces cortèges sauvages.
00:52:56 Mais effectivement, il y a des passants, des touristes,
00:52:58 des personnes qui veulent juste aller au travail
00:53:01 ou rentrer chez elles, qui restent coincées.
00:53:04 Et ça peut donner des scènes parfois assez dangereuses,
00:53:06 par exemple, des automobilistes qui restent coincés
00:53:07 dans ces cortèges sauvages.
00:53:09 On a vu des images passer sur les réseaux sociaux,
00:53:11 quelqu'un qui panique, qui appuie sur l'accélérateur
00:53:13 et qui peut écraser plusieurs personnes.
00:53:16 On va s'intéresser peut-être un petit peu à Elisabeth Borne,
00:53:19 Alexandre de Vecchio.
00:53:22 Qu'en est-il ? Va-t-elle rester ? Va-t-elle partir ?
00:53:24 Quand ?
00:53:26 Si vous êtes la question, c'est quand va-t-elle partir ?
00:53:27 – Oui, je pense que c'est plutôt la question.
00:53:29 Il y a un match avec Edith Cresson pour savoir qui aura le record
00:53:33 du départ le plus rapide de l'histoire.
00:53:35 Mais je pense qu'elle va finir par partir.
00:53:39 Je trouve juste qu'Emmanuel Macron a dit qu'il ne,
00:53:42 pour l'instant, il n'envisageait pas de remaniement,
00:53:45 ni remaniement, ni dissolution, ni référendum.
00:53:48 Il y a un côté bravache chez Emmanuel Macron
00:53:51 qui ne veut pas qu'on lui force la main.
00:53:53 Mais je pense qu'à un moment ou à un autre,
00:53:55 en démocratie, c'est le peuple qui décide.
00:53:59 Alors les foules n'ont pas de légitimité,
00:54:01 mais derrière les foules, il y a quand même une opinion
00:54:03 qui est à 60% contre cette réforme, 93% des actifs
00:54:08 qui sont quand même ceux qui portent aujourd'hui la France.
00:54:12 Donc peut-être que sa stratégie du pourrissement va fonctionner,
00:54:18 mais je crois qu'elle peut aussi trouver rapidement ses limites.
00:54:21 - Ce serait intéressant d'avoir un peu le pouls,
00:54:23 peut-être un sondage, je vais donner une idée à nos amis sondeurs,
00:54:26 de savoir dans les rangs de la majorité,
00:54:28 les électeurs d'Emmanuel Macron,
00:54:30 que pense-t-il de ce qu'il a fait jeudi dernier en déclenchant le 49.3 ?
00:54:34 Est-ce que c'était légitime ?
00:54:35 Est-ce qu'il a eu raison de le faire ou pas ?
00:54:37 - C'est intéressant parce que c'est très loin de l'image
00:54:40 qu'il avait voulu se donner au moment de sa première campagne présidentielle.
00:54:43 C'était la démocratie participative,
00:54:46 une nouvelle manière de faire de la politique.
00:54:49 Là effectivement, comme l'a dit Kévin Bossuet,
00:54:51 on est dans la politique, tout ce qu'il y a de plus ancien,
00:54:57 de l'ancienne politique.
00:55:00 Donc je pense que je suis plutôt quelqu'un qui vient d'une tradition bonapartiste,
00:55:04 donc la verticalité du pouvoir, pour peu qu'elle soit portée par une majorité,
00:55:10 ce qui n'est pas le cas ici, il n'y a pas de majorité ni dans la rue, ni à l'Assemblée,
00:55:16 mais la verticalité n'est pas quelque chose qui me dérange.
00:55:18 Mais par contre, je ne comprends pas que ces électeurs
00:55:20 qui avaient plébiscité le côté "start-up nation",
00:55:23 le côté "nouvelle manière de faire de la politique",
00:55:26 que ces électeurs-là se reconnaissent vraiment
00:55:31 dans la manière dont Emmanuel Macron gouverne aujourd'hui.
00:55:34 Et puis il y a un côté presque enfantin.
00:55:38 Tout à l'heure, vous avez dit qu'Elisabeth Borne parlait de victoire.
00:55:42 Je crois qu'Emmanuel Macron aussi.
00:55:44 On a l'impression que c'est un jeu.
00:55:46 Je crois que ce n'est pas un jeu.
00:55:47 – Et même, ce que vous avez dit à l'Assemblée nationale,
00:55:49 on voit Elisabeth Borne tout sourire le jour d'après,
00:55:52 et même d'ailleurs lors des discours des uns et des autres hier,
00:55:55 ce sont des scènes où on se dit,
00:55:56 ce ne sont pas les seuls, tous les parlementaires en général.
00:55:59 – Oui, mais là la situation est grave, on le voit bien,
00:56:02 ce n'est pas un jeu, c'est l'avenir de la France qui est en jeu.
00:56:06 Et si ces images sont si dures à regarder,
00:56:11 c'est qu'elles traduisent un malaise profond.
00:56:13 Ce n'est pas seulement quelques casseurs,
00:56:16 ce n'est pas seulement quelques gauchistes,
00:56:17 c'est, je vous le disais, le sentiment d'une forme de déliquéscence,
00:56:20 d'affaissement de l'État français.
00:56:23 Et que les hommes politiques qui sont censés nous représenter
00:56:26 soient aussi légers face à cela, je trouve que c'est dramatique.
00:56:30 – Kevin Bossuet.
00:56:31 – Même au sein de la majorité présidentielle,
00:56:34 ça grogne, on le voit au sein des élus d'horizon,
00:56:37 on le voit au sein des élus du Modem.
00:56:39 – On ne les entend pas les élus d'horizon.
00:56:40 – Oui, mais bon, ils tiennent à leur poste, etc.
00:56:43 On sent bien quand même qu'on a affaire ici à un coup de force
00:56:47 et beaucoup auraient aimé aller au vote.
00:56:51 Et tout à l'heure on parlait de Mme Borne,
00:56:53 mais est-ce vraiment Mme Borne le problème ?
00:56:56 Et en plus il y a une forme de contradiction,
00:56:58 on ne peut pas parler de victoire et de l'autre côté,
00:57:00 de se séparer finalement de la femme qui a permis cette victoire.
00:57:05 Moi je pense qu'Elisabeth Borne n'est pas le problème,
00:57:08 le problème c'est la dérive autoritaire d'Emmanuel Macron
00:57:13 et même si on remplace Mme Borne, par qui va-t-on la remplacer ?
00:57:17 M. Macron a déjà eu beaucoup de marle à trouver ses premiers ministres,
00:57:22 c'était un casse-tête pour trouver Jean Castex,
00:57:24 c'était un casse-tête pour trouver Mme Borne,
00:57:26 donc à un moment donné, encore une fois, ce n'est pas ça le problème.
00:57:29 Le problème c'est la méthode, le problème c'est le mépris
00:57:33 et le sentiment qu'ont les Français de ne pas être écoutés
00:57:37 et c'est ça qui est très grave et c'est ça qui peut dégénérer.
00:57:41 - Jeanne Cancart, vous êtes dans Paris ce soir,
00:57:44 vous êtes au canal Saint-Martin exactement,
00:57:46 parce qu'il semble que les manifestants, les éléments perturbateurs
00:57:52 se sont échappés de la place de la République, expliquez-nous.
00:57:55 - Oui exactement Vincent, pour vous situer un petit peu,
00:57:59 ce que vous voyez au fond de l'image, c'est la place de la République,
00:58:01 donc nous on est un petit peu plus en retrait,
00:58:03 on est ici donc sur le canal Saint-Martin,
00:58:04 vous voyez en ce moment à l'image un feu de poubelle qui a été allumé,
00:58:08 puis éteint par les sapeurs-pompiers,
00:58:09 il y a également un véhicule qui a été incendié
00:58:12 par des éléments perturbateurs qui étaient donc présents
00:58:14 à la manifestation, place de la République.
00:58:16 Il y a eu quelques dizaines de personnes qui ont pu quitter
00:58:19 dans le calme cette place de la République,
00:58:22 mais ce que craignent ce soir les forces de l'ordre,
00:58:23 c'est que ces dizaines de personnes se regroupent ensuite
00:58:26 dans différentes rues de la capitale,
00:58:28 comme on a pu le voir hier soir,
00:58:29 les policiers qui sont mobilisés
00:58:31 donc tout autour du secteur de la place de la République,
00:58:35 on a aussi vu des cortèges dits sauvages,
00:58:38 des manifestations finalement improvisées
00:58:40 qui se dirigeaient vers la rue de Rivolique
00:58:42 dans le premier arrondissement de la capitale,
00:58:44 c'était aussi une des destinations, entre guillemets,
00:58:48 des manifestants hier soir,
00:58:50 hier soir qui a été également marqué par des rassemblements,
00:58:54 notamment en place de la Bastille ou encore avenue de l'Opéra.
00:58:57 Et c'est encore une fois ce que redoutent ce soir
00:58:59 les forces de l'ordre qui sont mobilisées ici en ombre,
00:59:02 vous l'avez vu et vous le suivez en ce moment en direct sur CNews
00:59:04 avec les équipes qui sont toujours place de la République,
00:59:07 il y a encore des milliers de personnes
00:59:08 qui sont regroupées sur cette place avec des tensions
00:59:11 bien souvent entre certains éléments perturbateurs
00:59:14 et les forces de l'ordre.
00:59:15 Alors le travail en ce moment de ces policiers,
00:59:18 c'est de repérer aussi ces éléments perturbateurs
00:59:20 qui quittent la place de la République
00:59:22 pour se rendre dans d'autres rues de la capitale,
00:59:24 ils procèdent à des fouilles, parfois à des interpellations,
00:59:27 et puis aussi le travail essentiel ce soir des forces de l'ordre,
00:59:29 c'est de permettre aux sapeurs-pompiers
00:59:31 d'intervenir rapidement sur les différents feux de poubelles
00:59:34 qui sont allumés tout autour de cette place de la République,
00:59:37 donc là nous nous trouvons à l'extérieur.
00:59:38 Pour l'instant, la situation est calme et sous contrôle,
00:59:42 mais ce que craignent évidemment les forces de l'ordre,
00:59:43 c'est que cela continue à déborder à la fois sur la place de la République
00:59:46 et puis dans d'autres quartiers de la capitale,
00:59:48 comme on a pu le voir hier soir.
00:59:50 - Merci Jeanne Cancart en direct du canal Saint-Martin,
00:59:54 donc dans Paris, alors que vous voyez toujours ces images en direct
00:59:56 de la place de la République, et c'est face à face,
00:59:58 c'est va et vient entre les éléments perturbateurs
01:00:01 et les forces de l'ordre ce soir.
01:00:03 Avant de clore le meilleur de l'info pour ce soir,
01:00:07 j'aimerais terminer sur une touche, un petit sourire quand même.
01:00:10 Ce sont des mots que j'aimerais dire là maintenant,
01:00:13 mais que je ne peux pas me permettre de le dire,
01:00:15 je vais laisser Pascal Praud s'en charger.
01:00:18 - Pardonnez-moi de le dire comme ça ce matin,
01:00:22 d'une manière aussi triviale, nous sommes dans la merde.
01:00:25 - Voilà, vous êtes d'accord ?
01:00:28 - Oui évidemment, quand on dit ça au théâtre, ça porte bonheur,
01:00:31 mais hélas, nous ne sommes pas au théâtre, mais dans la vie réelle.
01:00:34 - Voilà, c'est un petit peu lâche, désolé cher Pascal,
01:00:36 si vous ne regardez ce soir, je me suis permis de vous diffuser,
01:00:40 je n'allais pas le dire moi-même, mes parents me regardent en plus,
01:00:43 donc forcément je n'allais pas non plus jurer en direct à l'antenne.
01:00:47 Dans un instant, merci messieurs, merci Kevin Bossuet,
01:00:49 merci Alexandre Devecchio,
01:00:50 dans un instant vous retrouverez Julien Pasquet
01:00:53 pour Soir Info et ses invités,
01:00:54 mais avant on fait un point sur la situation,
01:00:57 sur place, place de la République, avec vous Régine Delfour.
01:01:01 - Oui écoutez Vincent, la situation est toujours aussi compliquée,
01:01:06 tendue ici rue du Faubourg du Temple,
01:01:09 qui semble être vraiment l'artère,
01:01:12 où c'est vraiment le point de crispation,
01:01:13 où il y a évidemment des manifestants qui font face à la République.

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