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  • il y a 3 ans

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00:00 *Musique*
00:08 20h21, France Info, les informés, Céline Asselot.
00:14 Bonsoir et bienvenue sur le plateau des informés.
00:16 Il voulait lancer un nouvel appel aux Européens alors que la bataille fait à nouveau rage dans l'Est de l'Ukraine.
00:22 Volodymyr Zelensky, privé de discours ce soir à l'Eurovision, ce qui suscite pas mal de critiques.
00:27 Alors le concours de chant le plus regardé de la planète peut-il vraiment être imperméable à la politique ?
00:32 Ce sera notre premier sujet de débat ce soir.
00:35 Au programme également, J-1 pour la Turquie qui s'apprête à voter.
00:39 Et dernier jour de campagne, toujours aussi tendu pour le président Erdogan et son grand rival.
00:44 Et puis non, la France ne fait pas de pause dans l'action climatique.
00:48 Elisabeth Borne tente aujourd'hui de rassurer après les propos d'Emmanuel Macron sur les règles.
00:53 Trop de règles peut-être en matière d'écologie.
00:56 On va voir ce qu'en pensent nos informés ce soir.
00:58 Alors comme tous les samedis, vous le savez, ce sont des journalistes de la presse internationale
01:02 qui ont pris place autour de la table des informés.
01:05 Je salue d'abord Anna Navarro-Pedro, bonsoir.
01:07 - Bonsoir.
01:08 - Vous êtes correspondante de la presse portugaise à Paris, à vos côtés Bogdan Bodnar.
01:12 Bonsoir à vous.
01:13 Vous êtes journaliste pour le magazine Numérama, journaliste franco-ukrainien.
01:16 Face à vous, Miraëlla Antokhe, bonsoir.
01:18 - Bonasera.
01:19 - Bonasera à vous, journaliste pour la télévision roumaine en France.
01:23 Bon, j'ai pas le bon accent, vous me pardonnerez.
01:26 Et puis Marc Bassett, bonsoir.
01:28 Vous êtes correspondante d'El País, le quotidien espagnol, ici à Paris.
01:31 Bienvenue à tous les quatre.
01:33 Et c'est parti pour une heure de débat.
01:35 Alors ce sera comme toujours un festival de strass, de paillettes.
01:40 Pas toujours de très bon goût d'ailleurs, mais qui est sans doute un petit peu moins léger cette année que d'habitude.
01:45 La 67e édition de l'Eurovision a lieu ce soir.
01:49 Ça commence dans un petit peu moins d'une heure, à 21h.
01:51 C'est l'Ukraine qui avait gagné l'année dernière, qui aurait dû organiser, selon la tradition, cette année, le concours de chant.
01:57 Il y a eu possible, évidemment, à cause de la guerre.
01:59 C'est donc à Liverpool, au Royaume-Uni, que les 26 finalistes vont chanter ce soir.
02:05 Liverpool, où l'on retrouve Benjamin Ely.
02:07 Bonsoir.
02:08 - Bonsoir.
02:09 - Alors moins d'une heure, je le disais, avant le coup d'envoi.
02:11 J'imagine qu'il commence à y avoir un petit peu d'ambiance autour de vous.
02:14 - Ah oui, une ambiance magnifique, il faut le dire.
02:16 L'Eurovision s'est vraiment emparée de Liverpool.
02:18 Il y a un beau brassage dans les rues.
02:19 Ça parle toutes les langues. On voit beaucoup de gens déguisés, en paillettes.
02:22 Ça brille beaucoup, partout. C'est vraiment très vivant, très sympa.
02:25 La ville est vraiment aux couleurs de l'Eurovision, au balcon, dans les commerces.
02:29 Même les bus sont aux couleurs de l'Eurovision.
02:31 C'est un joyeux carnaval.
02:33 Beaucoup disent que l'Eurovision, c'est kitsch.
02:35 Moi, je vous dirais surtout que l'Eurovision, c'est une très grande et très belle fête, très positive, très bienveillante.
02:40 - Bon, alors, quels sont les favoris ?
02:42 On a forcément envie de savoir.
02:43 J'imagine que tout le monde a un petit peu ses pronostics.
02:45 C'est quoi les vôtres, Benjamin ?
02:47 - Alors, désolé de vous le dire, mais parmi les favoris, on ne peut pas franchement parler de la France.
02:54 On reste bien placé. On est dans le top 10 des bookmakers.
02:56 Lazara, ses belles tenues glamour, son humour, son franc-parler ont vraiment marqué cette édition.
03:00 Sur les réseaux sociaux, d'ailleurs, les Eurofans l'appellent "Mother", "Maman".
03:04 Et je vous le garantis, en langage d'Eurofans, c'est un compliment.
03:07 Lazara et la délégation française qui ont misé cette année sur une scénographie très eurovisionnaise.
03:12 Lazara perchait sur une colonne aussi brillante qu'une boule à facettes, à près de 5 mètres de haut.
03:17 Une robe qui brille de mille feux, là aussi.
03:19 Et puis, il reste finalement à chanter très, très bien ce soir.
03:22 C'est dur, les jurys comme le public, car rappelons que c'est du 50-50.
03:26 La moitié des points est attribuée par les jurys, l'autre moitié par le public.
03:30 Mais elle a fort à faire, Lazara. Comme je vous le disais, elle ne part pas vraiment favorite.
03:34 Il faudra renverser la table parce que le chemin vers la victoire est compliqué.
03:37 Compliqué de succéder à Marie Myriam.
03:39 On rappelle que ça fait 46 ans que la France attend ce micro de cristal de l'Eurovision.
03:44 Et Lazara devra battre la grande favorite des bookmakers, Lorin, la suédoise, avec son titre "Tatou".
03:50 Elle a déjà gagné le concours en 2012.
03:52 En embuscade, le sautillant finlandais Caridja, je l'aime beaucoup, et son titre "Tcha-Tcha-Tcha".
03:57 C'est déjà un tube, franchement.
03:59 Alors là, il y a moins d'ambition musicale, il faut l'avouer.
04:01 Mais franchement, c'est très drôle, très dansant, très Eurovision, j'ai envie de dire.
04:05 Et puis attention aussi aux Ukrainiens de Dvorsky, qui suscitent peu d'émoi dans la bulle des Eurofans.
04:09 Car leur chanson sur le plan musical est assez terne, mais le fond est intéressant.
04:13 Ils s'inspirent du siège de l'usine Azovstal à Mariupol.
04:16 Et surtout, ils sont de solides 3e chez les bookmakers.
04:19 J'ai bien compris en tout cas que vous aviez une petite préférence pour les Finlandais.
04:22 Benjamin, on verra ce que ça donne tout à l'heure.
04:24 Il y a comme une petite polémique qui a accompagné cette édition,
04:27 en tout cas qui a suscité des critiques avant le début de cette édition.
04:30 C'est que Volodymyr Zelensky aurait bien aimé s'exprimer pendant la soirée.
04:35 Les organisateurs de l'Eurovision ont dit non, Benjamin.
04:38 Oui, c'est un enfermé définitif. Il y a une règle d'or à l'Eurovision.
04:42 On ne mélange pas la grande fête de la musique à la politique.
04:46 Ça, c'est la règle officielle. Il y a eu des écarts dans le passé.
04:49 On pourrait retrouver plusieurs exemples comme ça de prises de position sociétales,
04:54 parfois qui flirtaient avec la politique.
04:57 Mais là, cette année, les organisateurs ont vraiment voulu se concentrer sur la musique.
05:02 Donc, on a décliné la demande du président Zelensky,
05:05 qui voulait tenir un discours comme ça pendant la compétition, en ouverture,
05:11 ou peut-être à la fin, on ne sait pas.
05:13 Quoi qu'il en soit, j'ai tordu le micro à des Ukrainiens.
05:17 Ils sont là, les Ukrainiens, d'ailleurs, à Liverpool,
05:20 des réfugiés ukrainiens en Grande-Bretagne.
05:23 Les autorités britanniques ont mis en vente des billets à prix cassé,
05:28 réservés aux Ukrainiens, à peine 20 livres.
05:30 C'est vraiment un prix sacrifié par rapport au prix réel.
05:34 Parfois, il faut dépenser plus de 300 euros aujourd'hui
05:37 pour être dans l'arène où se tient la finale.
05:40 J'ai tendu le micro à ces Ukrainiens.
05:42 Quand on leur demande « Est-ce que vous pensez que le président Zelensky
05:45 aurait dû s'exprimer ? », la réponse est très claire.
05:48 Oui, il aurait dû parler. On ne peut pas faire la fête,
05:51 célébrer et faire comme si tout allait bien chez nous.
05:53 La guerre continue. Il fallait laisser l'occasion
05:56 au président Zelensky de parler, même au cœur de cette grande fête.
06:00 Mais après, très honnêtement, la plupart nous disent
06:03 qu'il ne faut pas polémiquer, s'éterniser sur ces problèmes.
06:07 Ils veulent, eux aussi, profiter de la fête.
06:09 Ils en ont bien besoin parce qu'en effet, ils sont réfugiés.
06:12 Ils ont fui la guerre. Des moments de bonheur, de joie,
06:14 comme ce que peut leur offrir l'Eurovision, il n'y en a pas tant.
06:17 Donc voilà, ces Ukrainiens sont là. Ils sont déguisés,
06:19 en paillettes comme les autres et ils en profitent.
06:21 Bon, qu'ils passent une bonne soirée. On vous souhaite tous, en tout cas,
06:23 de profiter bien de cette édition de l'Eurovision.
06:26 On vous retrouvera, bien évidemment, tout au long de la soirée
06:28 d'un Jamais Allé pour suivre cette édition de l'Eurovision sur France Info.
06:32 Merci à vous. On va voir ce que vous en pensez,
06:34 les uns et les autres, justement, de ce choix de tenir à l'écart
06:37 peut-être la politique. Je me tourne vers vous, Bogdan Bodnar, tout d'abord.
06:40 Est-ce que c'est un regret pour vous aussi que Zelensky
06:44 n'ait pas pu lancer un appel, en tout cas,
06:46 adresser un message comme il aurait souhaité ?
06:48 C'est probablement dommage. Ensuite, on accorde un peu,
06:51 peut-être trop de temps médiatique à une question qui est surtout réglementaire.
06:55 On n'a jamais voulu, on va dire, donner la parole à un politique
07:00 pendant l'Eurovision. On a fait pareil aux Oscars.
07:02 Je pense que Zelensky, aujourd'hui, il est habitué.
07:04 En revanche, c'est sûr qu'on fait un peu comme si de rien n'était.
07:08 Aussi, en France, on aime bien faire ça. On aime bien oublier qu'il y a une guerre.
07:11 On l'a rappelé, d'ailleurs, au début du journal.
07:13 Il y a eu deux enfants morts, tués par un missile.
07:16 Et puis Zelensky, il est dans son rôle.
07:19 Il est là pour rappeler que malgré les chants, malgré la fête,
07:24 la stabilité de l'Europe, elle est en jeu.
07:27 Mais en dehors de tout ça, je pense que l'Ukraine sera quand même
07:31 très bien représentée. Déjà, c'est un Eurovision aux couleurs d'Ukraine, en soi.
07:36 Il y aura de la politique. On a vu des gens avec des képis,
07:40 des robes et des costumes. Donc, c'est les Croates
07:43 qui vont un peu se moquer aussi d'un dictateur.
07:45 Je ne sais pas si c'est Lukašenko ou Poutine.
07:47 Je pense qu'il n'y aura pas que les Croates qui vont faire passer des messages.
07:49 L'Ukraine sera mise en avant par tous les autres pays.
07:52 Il n'y aura pas forcément besoin du discours de Zelensky aussi.
07:54 On va continuer à en parler dans un instant.
07:56 20h11, on va d'abord faire le point sur l'actualité de ce samedi soir.
07:59 C'est le Fil-Info et c'est avec vous Guillaume Farion.
08:01 C'est une énorme fierté réagitée d'Iriner.
08:04 Le judoka français remporte ce soir un 11e titre de champion du monde des plus de 100 kilos.
08:09 Il s'impose en finale à Doha face au russe Sinal Tassouef.
08:13 Les renforts policiers à Valence resteront sur place tant que cela sera nécessaire.
08:19 C'est la promesse du patron de la police nationale après trois règlements de comptes mortels
08:23 cette semaine dans la ville dromoise.
08:25 Encore un mort ce matin tué par balle sur fond de trafic de drogue.
08:28 Les Républicains bien sûr participeront aux consultations sur l'immigration,
08:32 assure le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau
08:35 qui charge le gouvernement sur sa gestion de ce dossier.
08:38 Il se moque du monde, dit-il.
08:40 Le projet de loi immigration avait été reporté avant de revenir à l'agenda.
08:44 Il devrait être présenté en juillet en Conseil des ministres.
08:48 La Russie comme l'Ukraine revendiquent des victoires sur le front.
08:52 Kiev a surgagné du terrain autour de Barmout.
08:55 Moscou fait état de progression dans cette ville du Donbass.
08:58 Théâtre de la plus longue bataille depuis le début de la guerre en Ukraine.
09:02 Les affrontements se poursuivent entre Gaza et Israël.
09:05 Deux hommes ont été gravement blessés cet après-midi selon les secours israéliens.
09:09 Ce matin, deux combattants palestiniens tués dans un raid de l'armée israélienne en Cisjordanie.
09:14 Et puis la Suède, la Finlande et de nouveau l'Ukraine parmi les favoris de la 67e édition de l'Eurovision.
09:20 C'est ce soir à Liverpool.
09:22 À partir de 21h, la France est donnée dans le top 10 avec Lazara et son titre, évidemment.
09:38 Est-elle incompatible avec la politique ?
09:40 On se pose la question ce soir avec les informés à trois quarts d'heure maintenant, du coup, d'envoi de l'Eurovision.
09:44 Et alors que Volodymyr Zelensky a été privé de discours par les organisateurs, pourtant de la politique, on a le sentiment,
09:50 et on le disait tout à l'heure, qu'il y en a déjà beaucoup, avant même le début de cette compétition.
09:54 Il y en a en tout cas dans les propos des candidats ukrainiens, le groupe Vorshi.
09:58 Écoutez l'un des membres pour qui la victoire à l'Eurovision ne serait pas la plus importante.
10:05 Pour nous, le plus important est de gagner la bataille et d'avoir la paix dans notre pays.
10:09 Si nous gagnons et que ça se passe en Ukraine, nous l'apprécierons et nous serons heureux.
10:14 Alors, Anna Navarro-Pedro, est-ce qu'on n'est pas un peu hypocrite de dire "mais non, un concours de chants,
10:19 ça n'a rien à voir avec la géopolitique, on peut tout oublier, ils ont concentré sur la fête et les paillettes".
10:24 Alors, plusieurs choses, que ça n'ait rien à voir avec la géopolitique, même si c'est ce membre du Kitsch qui a le festival de l'Eurovision.
10:32 Évidemment que quand on arrive au vote, et ça depuis des années, on y trouve des lignes de fracture et d'alliances géopolitiques.
10:41 Il n'y a rien à faire. Parfois on s'étonne, par exemple, le Portugal, souvent dans les votes qui ont le 50% du public,
10:48 c'est pour l'Ukraine, la Moldavie ou pour la Biélorussie, très très fort, beaucoup de points.
10:53 Mais tout simplement parce qu'on a de très fortes communautés immigrées de ces pays chez nous et qui sont là, tous en train de voter.
10:59 Mais ça se passe entre Portugal et l'Espagne, on est toujours en train de voir si l'Espagne va donner des points,
11:03 est-ce que nous allons donner des points à l'Espagne ? Non mais franchement, et la France qui se demande...
11:07 Donc évidemment qu'il y a un jeu dans les pays des Balkans aussi, on le sent, il y a un jeu géopolitique.
11:12 Cela dit, le règlement, comme disait Bogdanovic, Zelensky était tout à fait dans son rôle de demander à intervenir.
11:20 C'est plusieurs millions, c'est beaucoup de millions de téléspectateurs.
11:23 Et les autorités de l'Eurovision étaient dans leur rôle de dire non, ce n'est pas dans le règlement.
11:29 Et voilà, à un moment donné, il faut que les bornes soient respectées.
11:34 Et en même temps, la Russie, la Biélorussie ne sont pas invitées, donc c'est bien la preuve qu'il y a quand même...
11:39 En même temps.
11:40 Qu'on est perméable aussi à ce qui se passe autour de nous, que l'Eurovision n'est pas aveugle à ce qui se passe sur le continent européen.
11:48 Mirella Anktoke, qu'est-ce que vous en pensez ?
11:50 L'Allemagne n'est pas en finale, alors je commence par dire bonne chance pour la France.
11:55 Très bien, c'est noté.
11:57 Oui, c'est comme ça.
11:58 Mais il faut parler un petit peu de cette polémique de ce soir en donnant un petit peu le mot de commencer avec l'histoire.
12:06 En 2005, si je ne me trompe pas mon cher confrère, Viktor Yushchenko, le président de l'Ukraine, était monté sur scène pour donner le prix au vainqueur.
12:14 C'était une grande polémique.
12:16 En 2009, Vladimir Poutine était empêché de monter sur scène pour donner le prix au vainqueur
12:22 parce que c'était cette polémique autour de la musique, Eurovision et pas le débat politique.
12:28 Mais, comme disait mon cher confrère, quand il y a le moment du vote, la Roumanie,
12:34 les grandes communautés de Roumaines qui se trouvent en Espagne, en Italie, en France,
12:40 donnent des votes pour l'Ukraine, la République de la Moldavie, je ne sais pas, Italie, Espagne, etc.
12:48 Et maintenant, on dit "ah, c'est trop politiqué, c'est trop de la politique".
12:53 Mais c'est de l'alliance des politiques qui se fait sur la géostratégie.
12:59 Et vous voyez, je n'ai rien dit sur la musique.
13:02 C'est vrai.
13:03 C'est vrai.
13:04 Marc Bessette, pour qui vous allez voter, vous ?
13:06 Je ne vote pas.
13:07 Vous ne votez pas.
13:08 En tant que journaliste, je dois être neutre et impartial.
13:11 Je crois que, bien sûr qu'il y a la politique.
13:13 Ça me rappelle beaucoup la Coupe du monde du foot.
13:17 Quand on disait "ah, le foot, il ne faut pas politiser le foot"
13:19 et les joueurs ne voulaient pas prendre des encaissements au Qatar.
13:23 Bien sûr que c'est la politique.
13:24 Et c'est plus que la politique.
13:26 Quand on dit "Zelensky ne peut pas parler parce qu'on ne peut pas politiser",
13:30 on n'est pas en train de parler des élections de deux candidats
13:33 et où Eurovision va prendre parti pour un de deux candidats qui sont des démocrates.
13:37 Non, non, c'est quelque chose de beaucoup plus sérieux, on peut dire,
13:40 et beaucoup plus grave que la politique.
13:42 Comme a dit Bogdan, il y a la guerre en Europe maintenant.
13:46 Zelensky avait l'opportunité de parler à des millions de personnes
13:49 et un public auquel il ne s'adresse pas d'habitude.
13:52 Il a parlé à des parlements.
13:54 Il parle dans les sommets, il parle avec les leaders, les chefs d'État et de gouvernement.
13:58 Mais le public d'Eurovision a, je crois, un caractère sociologique,
14:03 une sociologie qui n'est pas celle à laquelle s'adresse normalement Zelensky,
14:10 et qui est l'Europe.
14:11 C'était l'occasion de toucher effectivement à notre public.
14:13 Et expliquer ce qui se passe en Ukraine, l'enjeu de l'Ukraine, ce qui est enjeu à l'Ukraine.
14:18 Donc je comprends bien sûr, c'est un club Eurovision,
14:21 ils font leurs règles qui peuvent parfois être aussi adaptées,
14:24 mais je crois qu'il y a une occasion ratée ce soir.
14:27 Mais je ne sais pas si je me trompe, corrigez-moi s'il vous plaît.
14:30 Quand c'était Saint-Rémy, Volodymyr Zelensky a parlé ? Non, il n'a pas parlé.
14:35 C'était exactement la même chose.
14:37 Mais même si Volodymyr Zelensky ne parle pas ce soir,
14:40 il n'a pas parlé à Saint-Rémy, qui est un grand festival aussi de la musique.
14:43 On parle de Volodymyr Zelensky, on parle de l'Ukraine, on ne parle même pas dans les...
14:48 Et on parle de son discours et de l'Ukraine et de la guerre.
14:52 Voilà, c'est ça.
14:53 C'est un peu gagner ce que vous dites.
14:54 Peut-être pour bon dire, parce que vous disiez,
14:56 Yushchenko à l'époque, c'était déjà une révolution ukrainienne aussi.
14:58 Oui, oui, c'était 2005.
15:00 Et Poutine, c'était déjà un dictateur qui avait déjà commis des massacres,
15:04 l'invasion de la Georgie.
15:05 J'ai donné deux exemples par rapport à la Russie et l'Ukraine.
15:07 Mais ce n'est pas vraiment le piédestal.
15:08 Le même festival de la musique, Eurovision.
15:12 Juste un dernier mot pour terminer sur l'Eurovision
15:14 et cette question de ce non-discours de Zelensky, Bogdan Bodnar.
15:18 Est-ce que nous on a l'impression que ce serait symbolique, effectivement,
15:21 que ça permettrait de montrer aussi peut-être encore l'unité,
15:26 l'intérêt des Européens pour ce qui se passe en Ukraine ?
15:29 Comment c'est vécu du côté des Ukrainiens ?
15:31 Est-ce que c'est vraiment aussi important que ça, finalement ?
15:33 Alors, ça l'est.
15:35 Et c'est vrai qu'en France, on ne comprend peut-être pas trop l'Eurovision.
15:39 C'est beaucoup plus important dans les pays scandinaves,
15:41 au Royaume-Uni aussi quand même,
15:43 dans les pays nordiques et Europe de l'Est.
15:45 Donc, c'est sûr que ça aurait été préférable de voir aussi Zelensky,
15:50 si on regarde du point de vue ukrainien.
15:51 Maintenant, les Ukrainiens, ils sont quand même imperméables
15:53 à des petites polémiques comme celle-ci.
15:55 Aujourd'hui, on a parlé de Barmout.
15:57 Je pense que l'avancée du front, c'est des choses plus importantes.
16:00 Et c'est vrai que l'Eurovision, ça sera une parenthèse un peu sympathique
16:03 pour beaucoup de gens à la télé.
16:04 Parce que pendant qu'il y a l'Eurovision,
16:07 Volodymyr Zelensky continue, lui, effectivement,
16:09 à porter son message autrement.
16:11 Donc, demain, il sera en Allemagne.
16:12 Aujourd'hui, il était en Italie.
16:14 Il a rencontré le pape.
16:15 Il a rencontré la chef de gouvernement italien.
16:18 Ça participe de la même volonté à Navarro-Pedro,
16:22 c'est-à-dire de continuer à parler, à ne pas faire oublier
16:25 ce qui se passe en Ukraine.
16:27 Absolument, parce que remarquez, on voit apparaître
16:29 de plus en plus régulièrement dans la presse européenne
16:31 et même américaine, mais surtout européenne,
16:33 de plus en plus, est-ce qu'il y a une fatigue en Europe
16:35 avec le soutien à l'Ukraine.
16:37 Je pense que tu ne me contrediras pas.
16:41 Et donc, effectivement, il est complètement dans son rôle
16:44 de chef d'État et de chef de guerre aussi,
16:47 d'aller relancer cette flamme
16:50 et de la maintenir bien vivante.
16:55 - Elle se pose au Portugal, cette question, par exemple ?
16:57 - Je ne sais pas si elle est prévue d'aller au Portugal.
17:00 Je ne pense pas. Non, ça ne se pose pas au Portugal.
17:02 - Le Portugal soutient beaucoup l'Ukraine.
17:04 - Oui, oui. Et puis, il y a une forte communauté ukrainienne
17:07 qui vit chez nous aussi, donc énormément de réfugiés aussi
17:10 qui ont choisi de venir chez nous.
17:12 Donc, la question ne se pose pas chez nous.
17:14 - En Espagne, en Roumanie ?
17:16 - En Espagne, pas pour l'instant.
17:18 Je trouve que c'est curieux. Il y a un an, l'été dernier,
17:21 je me rappelle, j'ai même écrit un article là-dessus,
17:23 on disait que la fatigue de la guerre va arriver.
17:25 L'hiver va être très dur.
17:27 Les Européens vont voir les prix de l'énergie flamber
17:30 et vont dire qu'il faut arrêter de l'Ukraine.
17:32 Ce n'est pas arrivé. C'est une bonne nouvelle, en réalité.
17:35 Parfois, on ne remarque pas les bonnes nouvelles inattendues.
17:38 Mais il n'y a pas de fatigue de la guerre.
17:40 Elle peut arriver plus tard. Ça, c'est une autre question.
17:43 - En Roumanie ?
17:45 - En Roumanie, on ne peut pas se permettre de dire qu'on est fatigué.
17:48 Il faut se tenir, il faut se tenir, il faut se tenir encore.
17:51 Der Spiegel notait aujourd'hui que l'Allemagne va donner
17:56 le plus grand paquet pour l'armée ukrainienne
18:01 de 2,7 milliards de russes.
18:03 Ça veut dire que c'est quelque chose d'assez important.
18:05 - Des chars, des blindés, des systèmes de défense.
18:07 - Alors, il y a encore une alliance forte autour de l'Ukraine.
18:10 On ne peut pas dire que non, ou il y a une fatigue.
18:13 Mais évidemment, il y a de plus en plus de voix qui disent
18:19 que c'est le pouvoir économique qui est tombé, l'inflation,
18:23 le pouvoir d'achat, etc. Mais non, encore.
18:28 - Il y a un enjeu des médias aussi, à part répéter "fatigue",
18:30 parce que derrière, on donne un message aussi en parlant.
18:34 - La prédiction, l'auto-prédiction, c'est ça.
18:37 On va continuer cette discussion dans un instant.
18:39 20h21 sur France Info. Restez avec nous.
18:41 Ce qu'il faut retenir de l'actualité, c'est Guillaume Fariol.
18:44 - Un nouveau revers pour la préfecture de police de Paris.
18:48 La justice suspend l'interdiction d'une manifestation
18:51 d'action française demain matin dans la capitale,
18:54 comme elle l'a fait aujourd'hui pour le colloque
18:56 de ce mouvement royaliste d'extrême droite, également à Paris.
19:00 Un accord de cesser le feu trouvé entre Israël et Gaza.
19:02 Il doit entrer en vigueur à 21h ce soir,
19:04 au terme d'une nouvelle journée de violence.
19:06 Deux Israéliens gravement blessés et deux combattants palestiniens tués.
19:10 Volodymyr Zelensky remercie le pape pour l'attention
19:13 qu'il porte à la tragédie de millions d'Ukrainiens.
19:16 Le président ukrainien s'est entretenu pendant 40 minutes
19:19 avec François au Vatican.
19:21 Il a aussi rencontré la chef du gouvernement italien
19:24 puis sera demain à Berlin.
19:26 Benjamin Brière est soulagé, apaisé, mais très affaibli.
19:30 Il fait savoir la famille de cet otage français libéré hier par l'Iran
19:34 avec son compatriote Bernard Félan.
19:37 Les deux hommes ont atterri hier soir à l'aéroport du Bourget.
19:41 Près d'un millier de postes d'enseignants ne seront pas pourvus
19:44 à la rentrée dans le primaire dans les académies de Créteil, Versailles et de Guyane.
19:48 Un chiffre du SNU-IPP-FSU.
19:50 Le syndicat alerte au lendemain des résultats d'admissibilité
19:53 au concours d'enseignants dans ces académies.
19:56 Il y a moins d'admissibles que de postes à pourvoir.
19:59 Et puis du football, la 35e journée de Ligue 1.
20:02 Strasbourg s'impose 2-0 face à Nice.
20:04 À 21h, le PSG reçoit Ajaccio.
20:07 Côté foot féminin, Lyon remporte la Coupe de France.
20:10 Victoire en finale face au PSG.
20:12 Volodymyr Zelensky reçu tout à l'heure au Vatican.
20:25 C'était une image symbolique, une de plus, pour le président ukrainien
20:28 Volodymyr Zelensky qui est venu en Italie, à Rome aussi,
20:32 parler de paix, faire des propositions concrètes.
20:35 C'est en tout cas ce qu'il a dit après avoir rencontré
20:37 la première ministre italienne, Giorgia Melloni.
20:40 Nous avons discuté à plusieurs reprises de la paix.
20:43 L'an dernier, l'Ukraine a proposé une formule de paix
20:45 pour mettre fin à la guerre.
20:47 Mais la Russie a répondu à notre proposition avec des missiles
20:49 et son artillerie, parce qu'ils ne veulent pas la paix.
20:52 Nous la voulons. Nos partenaires veulent la paix.
20:55 Je le vois ici, en Italie.
20:56 Notre formule de paix comprend 10 points concrets.
20:59 Et je veux en souligner un, notamment.
21:01 Le retour en Ukraine de tous les prisonniers adultes
21:03 et des enfants déportés de force en Russie.
21:06 Est-ce qu'il vient bien parler de paix, Bogdan Bodnar ?
21:09 Est-ce qu'il vient demander du soutien militaire ?
21:11 Ou est-ce que c'est un petit peu les deux à la fois, finalement ?
21:13 J'ai du mal à comprendre.
21:15 Soutien militaire et paix, c'est exactement la même chose
21:18 à partir du moment où on vous déclare la guerre.
21:20 Je ne vois pas de distinction entre les deux.
21:22 Parce qu'il n'y a pas de paix sans une bataille, en soi.
21:27 Là, il a plus parlé, en tout cas, de processus de paix
21:29 que de la nécessité pour les Européens
21:32 de participer à l'armement militaire.
21:34 C'est souvent un message qu'il a envoyé.
21:37 C'est comme les deux.
21:38 Parce que c'est tout simplement soit une paix
21:40 avec une victoire de l'Ukraine,
21:42 soit une paix avec d'autres guerres
21:44 avec potentiellement une victoire de la Russie.
21:46 Donc, c'est extrêmement naïf.
21:49 En fait, c'est un mot qui ne devrait même pas exister.
21:50 Parce qu'à partir du moment où un pays envahit un autre,
21:52 c'est qu'il n'y aura pas de paix derrière.
21:54 Il y a un combat et que l'un des deux doit remporter quelque chose.
21:57 Donc, il n'y aura pas de négociation.
21:58 Ce n'est pas un conflit local entre la Bourgogne
22:01 et je ne sais pas, l'Alsace.
22:03 C'est un conflit, on l'oublie,
22:06 avec la stabilité mondiale qui est engagée derrière,
22:08 avec une puissance nucléaire
22:09 et avec extrêmement d'enjeux derrière.
22:11 Et pourquoi l'Italie d'ailleurs ?
22:13 Est-ce que c'est un choix qui peut surprendre
22:14 que ce déplacement au Vatican et à Rome ?
22:17 Les uns et les autres, Marc Bassett.
22:19 Je crois que la clé peut être dans le Vatican.
22:22 Et peut-être aussi la clé pourquoi il parle de paix.
22:25 Il met l'accent sur le mot paix.
22:27 Parce qu'il ne va pas demander des chars au pape François.
22:31 Par contre, le pape François a eu des déclarations
22:35 qui ont été considérées d'une certaine manière ambigües sur l'Ukraine.
22:39 Au moins, il a cherché un certain agrilibre.
22:41 Et il a aussi laissé entendre que le Vatican
22:45 était engagé dans une vague, un effort de paix.
22:50 On ne sait pas très bien ce que c'est.
22:51 Donc, je crois que là, il faut comprendre
22:54 cette étape italienne par le Vatican.
22:56 Et après, il y a Giorgia Milani qui est intéressant aussi.
22:59 Une leader héritière du parti post-fasciste italien.
23:04 Alliée avec des russophiles italiens.
23:07 Quand elle est arrivée au pouvoir,
23:09 il y avait dans certaines capitales de l'Europe occidentale
23:11 des craintes sur sa possible russophilie.
23:16 Ça n'a pas été le cas.
23:17 – C'est que l'idée, on craignait qu'elle soit un peu le maillon faible
23:19 dans le fonds unis de l'Europe.
23:21 – Oui, exactement.
23:22 Et elle a été très pro-Otan, très pro-Ukraine.
23:26 Et donc, je crois qu'elle…
23:27 J'imagine, je n'ai pas des informations d'ailleurs,
23:29 mais j'imagine qu'il y a une certaine manière de reconnaissance
23:32 de la part de Zelensky à Giorgia Milani.
23:35 – Elle est en toqué, cette tournée européenne de Volodymyr Zelensky.
23:38 Elle a lieu sur fond de bataille aussi.
23:40 On en parlait avec Bodnar tout à l'heure.
23:42 Intense à Barmoutz, c'est l'épicentre de la guerre.
23:44 Il y a eu de nouveaux bombardements, deux morts, dix blessés.
23:47 Les deux armées qui assurent en même temps gagner du terrain.
23:50 Est-ce que ça veut dire que ça reste et ça restera
23:52 un point central de la guerre ?
23:53 – Oui, c'est très important.
23:54 Parce que maintenant, je peux dire qu'on assiste
23:57 à une bataille de communication en quoi concerne Barmoutz.
24:01 Parce que Kiev annonce avoir des petites avancées, n'est-ce pas ?
24:07 – Il y a eu une percée aujourd'hui, globalement.
24:10 – Voilà. Moscou annonce qu'il y a été libéré
24:13 un quartier nord-ouest de Barmoutz.
24:15 À Lourdes, il y a des accusations par la part de Moscou
24:20 que l'armée ukrainienne a utilisé des missiles qui proviennent du Royaume-Uni.
24:25 Ça veut dire qu'il y a une bataille de communication
24:28 et on ne voit pas exactement comment se passe la réalité sur le front.
24:33 En tout cas, je veux dire maintenant toutes mes condoléances
24:37 pour le collègue journaliste qui a perdu sa vie.
24:39 Voilà, la presse a un rôle assez important dans ce guerre de communication.
24:45 Elle ne veut pas s'empêcher de dire, encore une fois,
24:48 qu'il y a des réseaux qui alimentent des choses qui ne sont pas très claires
24:52 pour être un peu dans la politesse, si vous voulez dire comme ça.
24:57 Il y a encore un manque de communication et des infos.
25:02 – Allez, demain, Volodymyr Zelensky sera donc en Allemagne
25:04 où il devrait recevoir le prix Charlemagne.
25:06 C'est une distinction qui récompense un engagement marquant
25:09 en faveur de l'entente en Europe.
25:11 Les informés reviennent dans un instant.
25:13 Restez avec nous sur France Info.
25:15 [Générique]
25:33 Événements sur France Info.
25:35 Suivez le Festival de Cannes tous les jours à partir de 18h sur le Canal 27.
25:40 Les interviews de stars en direct du Tapis Rouge avec Louise Eclande.
25:44 Les coups de cœur de nos experts.
25:46 La montée des marches du film du jour.
25:49 Le monde de l'oison spécial Festival de Cannes.
25:52 Tous les soirs du 16 au 26 mai à 18h en direct sur France Info, Canal 27.
25:58 [Générique]
26:12 – Bonsoir à tous, l'essentiel de l'actualité avec Volodymyr Zelensky
26:15 en déplacement en Europe, première étape ce samedi avec l'Italie et le Vatican.
26:19 Le président ukrainien a rencontré le pape François, notamment Estelle Farge.
26:26 – C'est par une poignée de mains chaleureuses qu'a débuté leur rencontre,
26:30 la première depuis l'invasion de l'Ukraine.
26:33 Au Vatican cet après-midi, Volodymyr Zelensky s'est entretenu avec le pape François.
26:38 Une audience d'environ une heure avec le souverain pontife
26:41 qui vient clore cette visite expresse du président ukrainien à Rome.
26:45 – J'ai rencontré le pape François, je lui suis reconnaissant de l'attention personnelle
26:49 qu'il a portée à la tragédie de millions d'Ukrainiens.
26:52 – Il est 10 heures passées ce matin lorsque Volodymyr Zelensky
26:55 foule le sol italien sur le tarmac pour l'accueillir,
26:58 le chef de la diplomatie italienne.
27:01 À bord d'une Jeep blindée, le président ukrainien s'est directement rendu
27:05 au palais du Quérinal où il s'est entretenu avec son homologue Sergio Mattarella.
27:10 Volodymyr Zelensky a ensuite pris la direction du siège du gouvernement italien.
27:14 Dans la cour, il est reçu à bras ouverts par la première ministre Giorgia Meloni.
27:18 Tous deux ont donné une conférence de presse commune.
27:21 Pour la première ministre, l'avenir de l'Ukraine ne peut être qu'européen.
27:25 – Le message que nous voulons réitérer aujourd'hui est clair et simple.
27:31 L'avenir de l'Ukraine est un avenir de paix et de liberté.
27:39 Un avenir européen et il n'y a pas d'autre solution possible.
27:44 Je suis convaincue que l'Ukraine gagnera et qu'elle renaîtra plus forte,
27:49 plus fière et plus prospère qu'avant.
27:56 – Après l'Italie, direction l'Allemagne, Volodymyr Zelensky sera à Berlin demain.
28:01 Il y rencontrera notamment le chancelier allemand Olaf Scholz.
28:05 En Turquie, face à son destin, demain les Turcs votent notamment pour la présidentielle.
28:10 On suivra ça sur France Info bien sûr.
28:12 Recep Tayyip Erdogan, le président conservateur depuis 8 ans,
28:16 apparaît en difficulté de vencer dans les sondages par son opposant Kemal Kiliç Daroglu.
28:23 L'événement culture ce soir c'est bien sûr l'Eurovision diffusée en direct sur France 2.
28:28 Cette année c'est Lazara qui nous représente.
28:31 La finale est à Liverpool où l'on vous retrouve Ambroise Boulaïs.
28:34 – Eh bien la chanson de Lazara coche selon les spécialistes
28:38 presque toutes les cases d'une bonne chanson à l'Eurovision.
28:41 Avec un refrain entraînant et entêtant, une scénographie soignée et une artiste charismatique.
28:46 Elle a d'ailleurs fait une très belle remontée dans les classements des pronostiqueurs cette semaine,
28:51 passant de la 10e à la 3e place avant de redescendre.
28:55 Sa cote est aujourd'hui à la 7e place sur 26 pays participant à la finale.
28:59 Il faut dire que la concurrence est rude, à commencer par la Suède,
29:03 qui est la plus favorite, qui représente cette année une chanteuse,
29:06 Lorine, qui a déjà gagné l'Eurovision en 2012.
29:09 Autre candidate à surveiller, la Finlande, avec un numéro complètement décalé
29:14 d'un chanteur en costume de catcheur vert qui présente une prestation très loufoque.
29:20 Mais c'est aussi ça l'extravagance de l'Eurovision.
29:24 – Et puis un monument, Teddy Riner vient de remporter son 11e titre de champion du monde de judo.
29:30 Il a battu le Russe Inal Tassoev dans la catégorie des plus de 100 kg.
29:34 Teddy Riner qui n'avait pas participé au mondiau depuis 6 ans.
29:38 La prochaine étape, bien sûr, c'est les JO de Paris en 2024.
29:41 A noter que la Française Julia Tolofiova est, elle, médaillée d'argent dans la catégorie des plus de 78 kg.
29:47 Elle s'est inclinée contre la japonaise Akira Soné.
29:51 Voilà pour l'essentiel, je vous souhaite une très bonne soirée.
29:54 Merci à la régie qui a réalisé cette tranche info.
29:57 A demain, 17h en direct sur France Info.
30:00 [Générique]
30:09 – Avec toujours sur le plateau des informés, Anna Navarro-Pedro,
30:12 correspondante de la presse portugaise à Paris, à vos côtés Bogdan Bodnar,
30:15 vous êtes journaliste franco-ukrainien pour le magazine "Numerama",
30:19 Marc Bassett c'est également à nos côtés, correspondant du quotidien espagnol "El País" à Paris.
30:24 Et Mirella Andoque, vous êtes, vous, journaliste pour la télévision roumaine en France.
30:29 Alors, elle cherche visiblement à rassurer Elisabeth Borne
30:32 après la polémique provoquée par les propos d'Emmanuel Macron sur le climat.
30:35 Il y a quelques jours, le président demandait une pause dans les normes environnementales européennes,
30:42 estimant qu'il fallait donner plus de visibilité aux investisseurs étrangers
30:46 et donc ne pas changer constamment les règles en matière d'écologie,
30:49 ce qui avait suscité beaucoup de critiques dans les rangs de l'opposition à gauche.
30:53 Aujourd'hui, la Première Ministre tempère depuis l'île de la Réunion où elle est en déplacement.
30:58 Il n'y a pas du tout de pause dans l'ambition climatique,
31:01 simplement une fois qu'on a adopté tout ce paquet qui s'appelle "Feed for 55",
31:05 maintenant il s'agit de le mettre en œuvre,
31:08 évidemment de continuer à porter cette exigence climatique qui s'impose à nous,
31:13 mais il n'y a plus besoin de rajouter des normes aux normes, maintenant il faut les mettre en œuvre.
31:17 Alors, quel regard vous portez sur ces propos ?
31:19 Est-ce qu'on peut dire que c'est un exercice un petit peu d'équilibriste à la Navarro-Pedro ?
31:23 Il faut faire une pause, mais on ne fait pas vraiment une pause.
31:25 C'est moins intéressant que Bachmout, sérieusement.
31:27 Mais néanmoins, Emmanuel Macron dans ses déclarations n'a peut-être pas tort
31:33 quand il dit qu'il faut quand même commencer par mettre en place déjà ce qu'il a dit,
31:38 ne pas être dans la surenchère permanente de l'annonce à partir de Bruxelles
31:42 de ce que l'on va faire pour le Green Deal, c'est quoi ?
31:45 Le Pacte Vert Européen, je ne sais même plus le nom en français.
31:49 Le Pacte Vert, oui.
31:50 Le Pacte Vert.
31:51 Effectivement, il faut peut-être, dès qu'il a été annoncé par Madame von der Leyen,
31:58 c'était "Alléluia" et c'était des chants et des cantiques et des louanges.
32:04 Et pourtant, il y a des critiques à faire à ce pacte de la part d'économistes,
32:08 de la part de spécialistes, scientifiques, des industriels, etc.
32:12 Il y a une bonne intention certainement.
32:15 Elles pavent aussi le chemin vers l'enfer, les bonnes intentions.
32:18 Donc peut-être qu'il faut aussi réfléchir sur ce qu'il y a dans ce pacte,
32:23 comment il est appliqué, s'il a effectivement une base, par exemple pour l'agriculture,
32:27 beaucoup de spécialistes nous disent qu'il n'y a pas de base scientifique
32:30 dans ce qu'il propose pour l'agriculture.
32:32 L'industrie de l'automobile européenne est en train de se dire
32:35 qu'elle ne va pas pouvoir tenir les délais qui lui sont imposés,
32:38 qu'elle va se casser la figure.
32:40 Donc on veut que le continent européen soit neutre climatiquement en 2035, je crois,
32:47 2050, je ne sais même plus.
32:49 Mais est-ce qu'on va prendre des mesures très, très spectaculaires,
32:55 mais est-ce qu'on va du même coup tuer l'économie européenne ou pas ?
33:00 Et ça, ça mérite réflexion.
33:02 Ça ne veut pas dire que le pacte n'est pas bon,
33:04 mais il y a des critiques qui sont faites et elles sont immédiatement attaquées avec vigueur.
33:09 Il n'y a plus de dialogue possible.
33:11 Et c'est dommage qu'Emmanuel Macron, à cause de sa politique intérieure,
33:15 de sa rigidité en politique intérieure, soit tellement démonétisé sur le plan international,
33:22 parce que, justement, sur le plan international et le plan européen,
33:25 il a une voix de bon sens depuis un certain temps.
33:29 Est-ce que vous dites, Marc Bessette, c'est un peu comme Ana Navarro-Pedro,
33:32 qu'il n'a pas totalement tort, qu'on peut questionner en tout cas,
33:34 et peut-être est-ce le cas d'ailleurs en Espagne, les règles environnementales européennes ?
33:40 Peut-être qu'il n'a pas totalement tort, mais il faut d'abord comprendre ce qu'il a dit et ce qu'il a voulu dire.
33:47 Et je crois que là est le problème.
33:49 Et quand on a vu cette polémique, j'ai eu l'impression d'avoir déjà vu ce film plusieurs fois.
33:55 Quand le président Emmanuel Macron fait une déclaration tonitruante
33:59 et provoque des réactions indignées, d'autres applaudissements, des gens qui ne comprennent pas très bien.
34:06 Et après, c'est les ministres, les conseillers, la première ministre Elisabeth Borne.
34:12 C'est quand même curieux l'image de voir Elisabeth Borne dans l'île de la Réunion en train de corriger son chef,
34:17 ou préciser les mots de son chef.
34:19 Oui, corriger son chef.
34:21 Et faire le commentaire de texte.
34:23 Il fait des déclarations qui ont la vertu de créer des débats, des débats intéressants.
34:29 Il a fait ça aussi quand il est revenu de Chine, sur le Taïwan.
34:33 Ça me rappelle beaucoup.
34:34 Le contenu n'a rien à voir, le sujet, mais la forme est très similaire.
34:40 Il fait ça, il crée des débats, mais après il faut bien comprendre ce qu'il a voulu dire ou pas voulu dire.
34:46 Il a dit qu'on ne veut pas toucher au Green Deal, au pacte vert.
34:50 On parle des normes qui seraient négociées ou approuvées après que le pacte vert soit appliqué.
34:57 Mais ça donne raison un peu à ce qu'il critique, justement, ce pacte vert,
35:00 notamment à droite, au Parlement européen.
35:02 Il y a beaucoup d'opposants, en fait, à toutes ces mesures qui disent "ça va nous affaiblir économiquement",
35:07 et qui se sont sentis peut-être un peu confortés par cette petite phrase,
35:10 alors peut-être mal comprise, d'Emmanuel Macron.
35:13 Il a été applaudi par la droite et par le secteur, disons, démocrate, chrétien,
35:18 conservateur du Parlement européen.
35:21 Mais c'est vrai qu'il met le doigt sur un sujet, sur un débat, comme disait Anna, essentiel dans notre temps.
35:28 Et qui n'existe pas en réalité. Tout est politisé.
35:31 Et dans un monde, peut-être pour revenir au sujet géopolitique, de prédateurs,
35:37 de pays qui font des investissements sur l'industrie,
35:41 qui sont en compétition féroce avec l'Europe,
35:44 et l'Europe ne peut pas être naïve non plus face à tout ça.
35:47 On veut réconcilier l'économie et l'écologie, c'est ce que dit le ministre de l'Industrie, Roland Lescure.
35:52 Est-ce que ça, ça résonne avec ce qui se questionne, ce qui se passe dans d'autres pays, d'autres gouvernements, Mireille Aonthoquet ?
35:58 D'abord, il y a des critiques et des priorités.
36:01 Et l'Armanie fait partie de l'Union européenne.
36:03 Évidemment qu'il y a des questions qui se posent sur l'agriculture,
36:07 questions de l'écologie, de transition écologique.
36:10 C'est pas facile à faire. C'est pas facile à faire, c'est coûteux.
36:13 En plus, Emmanuel Macron est dans son rôle.
36:17 À partir de 2017, le premier mandat, je vous rappelle le discours de Sorbonne,
36:22 quand il a dit qu'il veut redorer la France et qu'elle mérite, la France mérite son rôle.
36:27 La France est la deuxième puissance d'Europe du point de vue économique.
36:31 Faut pas négliger ça, elle est la cinquième de l'Europe.
36:34 Après ça, c'était la crise sanitaire, la pandémie.
36:38 On a vu ici en France, en Europe et parmi d'autres pays de la planète,
36:44 que les masques, les matières premières, les choses qu'on a besoin,
36:50 on ne se trouve pas dans l'Europe, on ne se trouve pas dans les pays qui ont besoin de ça.
36:54 Encore une fois, Emmanuel Macron a dit, oui, il faut donner pour l'industrie française la priorité.
36:59 C'est pour ça que je dis, il y a des critiques et des priorités.
37:02 On parle de Brexit aussi, on parle de la place que France et l'Europe peuvent avoir dans ce contexte économique.
37:14 Et en plus, il y a la guerre.
37:16 Alors, les choses ont changé et voilà, je dis pour la troisième fois, il y a des priorités et des critiques.
37:23 Ça ne veut pas dire qu'on n'est pas pour l'écologie, pour la transition écologique
37:27 mais pour les choses qui sont vraiment urgentes, de le prendre.
37:32 C'est ça que je pense.
37:34 Juste pour rappeler le contexte dans lequel il a prononcé ses propos,
37:38 c'était au moment où il rappelait la nécessité de réindustrialiser la France,
37:43 notamment au moment où il a annoncé l'implantation d'usines de batteries.
37:47 On sait que c'est effectivement un enjeu très important.
37:50 Est-ce qu'on a raison, est-ce que la France a raison, Bogdan Bodnar, de miser sur ce secteur-là ?
37:55 Est-ce que c'est un secteur qui peut effectivement être porteur ?
37:59 Et est-ce qu'on peut faire face à la concurrence de la Chine sur ce sujet-là ?
38:04 Ce n'est pas un débat, c'est qu'en soi, on n'a pas le choix.
38:07 On est obligé de trouver des solutions aujourd'hui.
38:09 Toutes les terres rares ne sont pas situées en France,
38:11 elles sont situées en Chine, en Australie et en Chili à peu près.
38:13 Mais il n'y a pas un débat là-dessus.
38:15 Et en l'occurrence, il y a une économie verte qui est absolument...
38:19 L'écologie et l'économie, ça peut aller ensemble, ça peut aller dans le même sens.
38:24 D'abord, c'est une grosse erreur de communication.
38:26 Je pense d'Emmanuel Macron, un peu comme Taïwan.
38:28 Ce n'est pas utile de le dire.
38:30 On sait que ce n'est pas simple, on sait que ça demande des coûts.
38:32 Ce n'est pas la peine d'essayer de réconforter les industriels.
38:35 Tout le monde le sait.
38:36 Et derrière, on revoit ces scènes avec Elisabeth Borne qui dit non, mais il n'a pas vraiment dit ça.
38:40 Donc de fait, oui, il faut investir dans les batteries en lithium.
38:45 Elles aussi ne sont pas totalement écologiques.
38:47 Mais de toute façon, on n'a pas le choix parce que sinon Paris, aujourd'hui,
38:50 cet été, il sera à 40 degrés, l'été prochain, il sera à 60.
38:53 Donc on n'a pas le choix, on avance.
38:55 Maintenant, dire c'est difficile, on le sait déjà.
38:58 Et je pense que les erreurs de communication d'Emmanuel Macron, ce n'est peut-être pas nécessaire à ce moment précis.
39:02 Plus de maladresse sur la forme que sur le fond, si j'en crois bien l'avis de nos informés ce soir.
39:06 20h42, restez avec nous sur France Info.
39:08 Tout de suite, le Fil Info, c'est avec Guillaume Fariol.
39:11 La justice autorise la manifestation d'action française demain à Paris en hommage à Jeanne d'Arc.
39:17 Elle suspend l'interdiction de la préfecture de police.
39:20 Même scénario qu'aujourd'hui, le coloc, toujours dans la capitale de ce mouvement royaliste d'extrême droite,
39:26 a pu se tenir contre l'avis de la préfecture.
39:29 Le gouvernement se moque du monde, critique le patron des sénateurs LR.
39:33 Dans une interview au Parisien, Bruno Retailleau, visiblement agacé par le report,
39:37 puis le maintien du projet de loi immigration, il sera finalement présenté en juillet en Conseil des ministres.
39:42 Les Républicains participeront bien sûr aux consultations, assure le sénateur de Vendée.
39:47 Le parquet de Nîmes donne des précisions sur le double homicide en début d'après-midi à Saint-Dionysie, dans le Gard.
39:53 Les deux victimes sont vraisemblablement l'ex-compagne du tireur et le nouveau compagnon de cette dernière.
39:59 Le suspect s'est suicidé.
40:02 Il doit entrer en vigueur dans 20 minutes.
40:04 Un accord de cessez-le-feu trouvé entre Israël et des groupes armés de la bande de Gaza.
40:08 Les affrontements entre les deux camps ont fait 35 morts depuis mardi.
40:13 La famille de Benjamin Brière donne des nouvelles de l'otage français libéré hier par l'Iran avec son compatriote Bernard Félan.
40:21 Il est soulagé et apaisé, mais aussi très affaibli physiquement et moralement.
40:26 Un monument du sport français salue la ministre des Sports sur Twitter après la victoire ce soir de Teddy Riner.
40:32 Il décroche son 11e titre de champion du monde au mondiaux de judo, c'est à Doha.
40:37 France Info.
40:42 20h, 21h, les informés.
40:45 Célina Slot.
40:48 L'actualité ce week-end, c'était aussi le dernier jour de cette campagne en Turquie.
40:51 Campagne très longue, très intense, tendue aussi même un par moment entre le président sortant, récepta hyper Doha,
40:58 plus contesté que jamais après deux décennies à la tête du pays et son grand rival Kemal Kelic Taroulou
41:04 qui lui promet de faire revenir le droit à la justice en Turquie qui se présente comme le candidat de l'apaisement et de la démocratie.
41:12 Lors de son dernier meeting tout à l'heure, le président sortant Erdogan s'est montré très dur.
41:17 Écoutez envers son concurrent.
41:19 Dimanche, vous devez protéger l'urne afin de protéger l'appel à la prière, notre drapeau et l'héritage de nos martyrs.
41:30 Je lance un appel aux étudiants, aux femmes, aux personnes handicapées et à tous les citoyens de ce pays.
41:36 Il peut y avoir un accident aux urnes, un prix lourd à payer.
41:40 Un prix lourd à payer, voilà, qui sonne presque comme une menace.
41:48 Quel regard vous portez sur ce scrutin en Turquie, sur les tensions aussi qui ont accompagné cette campagne, Marc Bassett ?
41:54 Il dit qu'il faut protéger l'appel à la prière. Il y a cette dramatisation qu'en fait on voit partout dans les élections.
42:03 De plus en plus, la rhétorique est enflammée. Mais en Turquie, cette fois, je crois qu'il faut faire attention.
42:09 Les sondages disent qu'il va y avoir une grande égalité.
42:16 C'est très serré effectivement. Les sondages donnent l'opposition en tête, mais c'est très serré.
42:20 C'est très serré. Et il y a certaines personnes qui craignent qu'Erdogan ne va pas accepter une défaite
42:26 et qu'il pourrait y avoir un problème à Bolsonaro ou à Trump.
42:31 On peut dire que la capitale mondiale, occidentale, et aussi Moscou, regarde cette élection avec une grande attention.
42:40 Mais justement, comment on peut expliquer que ce soit un scrutin qui soit aussi, j'allais dire, scruté ?
42:45 Le jeu de mots n'était pas volontaire. Mais en tout cas, qu'on y soit aussi attentif partout en Europe, Anna Navarro-Pedro.
42:53 Parce que c'est une pièce géopolitique fondamentale. La Turquie, de par sa situation géographique, évidemment,
42:59 de par l'importance politique qu'elle a pris régionalement dans l'Asie mineure.
43:03 C'est un pays membre de l'OTAN qui, jusqu'à présent, s'éloigne justement de l'Occident sous la férule d'Erdogan,
43:11 qui s'éloigne un petit peu de ses alliés traditionnels, c'est-à-dire les États-Unis, l'OTAN, l'Union européenne,
43:20 pour s'approcher d'une façon un peu tordue et pas toujours très nette un peu de Moscou.
43:28 C'est un pays impliqué dans une guerre en Syrie. Donc c'est la deuxième armée de l'OTAN, l'armée de la Turquie, il ne faut pas oublier.
43:36 Une industrie d'armement extrêmement puissante. Et puis un pays qui, effectivement, a aidé, qui aide à contourner les sanctions occidentales
43:46 contre la Russie dans le cadre de la guerre contre l'Ukraine. Donc c'est extrêmement important.
43:51 Et s'il y a quelque chose dont Erdogan peut effectivement se valoir, c'est que son arrivée au pouvoir en 2003
43:58 a remis la Turquie au centre de la géopolitique. Il l'a remis sur la scène internationale.
44:08 Alors que c'était un pays où succédaient coups d'État militaire et instabilité politique, il l'a remis au centre...
44:14 – C'est devenu un interlocuteur. – Absolument. Et donc... Mais là, maintenant, il y a un délitement politique.
44:20 Je crois qu'on va en parler. Il y a un délitement politique. Il y a une fatigue de son image.
44:24 Il y a une génération qui va voter demain qui n'a connu que lui au pouvoir. Comment vont-ils voter ? On ne sait pas.
44:32 Toutes les capitales observent avec beaucoup d'attention. Et tout le monde essaye de dire, surtout américains et russes,
44:37 de dire qu'ils ne perpètrent absolument rien. Alors qu'évidemment, c'est un nid de vivier d'interférences à Ankara
44:46 et dans toute la Turquie en ce moment et depuis quelques mois déjà.
44:50 – Est-ce qu'on peut dire que ça pourrait changer quelque chose dans la guerre en Ukraine, Bogdan, Bodnar,
44:55 ou en tout cas dans le processus de paix, dans les tentatives de médiation ?
44:59 S'il y avait changement, parce qu'on va rester prudents évidemment, s'il y avait changement à la tête de la Turquie ?
45:03 – Alors peut-être l'Ukraine, je ne pourrais pas dire directement. Je ne crois pas que ce soit la deuxième armée de l'OTAN.
45:09 – Derrière les États-Unis. – Derrière les États-Unis ?
45:11 – Derrière les États-Unis. – Et la France, le Royaume-Uni, on ne les compte pas dans l'OTAN ?
45:15 – Alors je ne sais pas quelle classe ils sont. – Ils sont dans l'OTAN, mais ils ne sont pas la deuxième la plus importante.
45:18 – Oui, j'ai eu du mal à comprendre la distinction, mais bon, excusez-moi.
45:22 Et donc, on sait que sa position géographique est extrêmement importante,
45:28 mais le problème, je ne dirais pas que c'est un pays qui s'est dissocié de l'Occident,
45:32 mais c'est un pays qui fait du chantage à l'Occident. Et il joue vachement de ça.
45:35 C'est quand il n'a pas ce qu'il veut, il dit de toute façon je me tournerai vers Poutine si je n'ai pas ce que je veux.
45:40 Le problème, il est plutôt là. Et je pense que ce chantage constant,
45:44 il agace Bruxelles, Paris, Berlin, Londres, Washington, un peu tout le monde,
45:49 de se dire est-ce qu'on peut négocier avec eux sans avoir un chantage derrière ?
45:52 Alors parfois, ils sont punis. On sait qu'ils ont acheté des batteries antiaériennes
45:57 et que derrière, ils n'ont pas les avions de chasse américains, par exemple.
46:00 Ils se tournent un peu vers la Russie pour l'énergie.
46:04 Et puis derrière, ils ne sont pas invités à des sommets.
46:08 Et derrière, on sait que Kemal… Comment je peux le prononcer ?
46:13 Kélesi…
46:15 Je m'excuse devant tous les Turcs qui peuvent nous regarder.
46:21 Mais le leader de l'opposition a lancé peut-être des messages.
46:26 Il y a des réalités économiques, géographiques qui ne feront pas changer la Turquie en tant que telle.
46:32 Et c'est normal, c'est un pays qui a aussi ses intérêts.
46:34 Mais derrière, je pense que dans les discussions, on évitera de se faire traiter de nazis
46:38 ou de malades mentaux comme Erdogan l'a fait précédemment.
46:41 Est-ce qu'on peut espérer effectivement, Mireille, que l'on ait une relation plus apaisée avec l'Europe ?
46:46 Ou est-ce que c'est peut-être un fantasme de se dire tout va changer parce que ça ne sera plus Erdogan
46:50 et que finalement, ça ne va peut-être pas être aussi… si ça arrive, aussi nette que ça ?
46:56 C'est un dimanche… Quand on attend un vote pour ou contre Recep Erdogan, ça c'est sûr.
47:04 Il y a 6 millions de jeunes qui votent demain pour la première fois.
47:08 Et ça peut basculer le résultat.
47:11 Et le président surtout reconnaît qu'il a bien du mal à leur parler.
47:13 Exactement. En plus, il y a 2 millions de Turcs qui vivent en étranger et qui ont déjà voté.
47:19 Demain, on va probablement avoir le résultat de ce vote.
47:22 Ça veut dire 6 plus 2, 8 millions de votes qui se sont… oui ou non pour Recep Erdogan.
47:34 Kemal Kalaçdaroglu, si j'ai bien dit, qui a maintenant tous les mots de l'opposition
47:44 et tous les discours de l'opposition, a sa chance. Ça c'est vrai.
47:49 Qu'est-ce qu'on reproche à Recep Erdogan après 20 ans de pouvoir ? C'est énorme.
47:55 C'est énorme, 20 ans de pouvoir. La gestion de séisme. On n'a pas parlé de ça.
48:01 D'inflation, crise économique, les droits de femme, les droits de l'homme,
48:06 les droits de manifester, les droits, les droits, voilà, on parle beaucoup de ça pour la Turquie.
48:11 Ici, on voit, il y a une fatigue pour Recep Erdogan, mais il y a encore du soutien.
48:18 Et la Turquie est une puissance économique, est parmi le 20e pays du monde en quoi il concerne le pouvoir économique.
48:26 Ça veut dire que c'est un procès électoral très important de même, mais pas pour le président.
48:33 On dit de l'élection présidentielle, évidemment, ça c'est sûr, mais il y a aussi, il faut parler des élections législatives.
48:41 En même temps, voilà, c'est 600 députés pour leur parlement qui sont élus demain.
48:51 On va continuer à en parler. De parler de majorité absolue ou pas.
48:56 De tous ces aspects, de tous ces enjeux, parce qu'ils sont très nombreux, et vous avez raison de le rappeler, juste après le Fil-Info, c'est à 20h52, et c'est avec Guillaume Fariol.
49:03 Ce sera sans doute un peu kitsch, mais le spectacle devrait être au rendez-vous.
49:07 La 67e édition de l'Eurovision débute dans 10 minutes 21 heures. Le concours de chant se tient à Liverpool.
49:14 Lazara, avec son titre, évidemment, défend la France, 46 ans après la dernière victoire tricolore.
49:21 Aucune incitation à provoquer des troubles à l'ordre public, tranche le tribunal administratif de Paris.
49:27 La justice suspend l'interdiction d'une manifeste d'action française demain matin dans la capitale, comme elle l'a fait aujourd'hui pour le colloque de ce mouvement royaliste d'extrême droite.
49:38 A Valence, l'homme abattu ce matin était connu pour des faits liés au trafic de drogue.
49:42 C'est le troisième homme tué cette semaine dans la ville de Romoise sur fond de règlement de compte.
49:47 On ne voulait plus subir les premiers mots de Yannick Moraise, maire démissionnaire de Saint-Brévin en Loire-Atlantique.
49:53 Il a quitté son poste après l'incendie criminel chez lui en mars, dans un contexte tendu autour du projet d'extension d'un centre d'accueil de demandeurs d'asile.
50:03 L'armée ukrainienne progresse dans deux directions, dans la banlieue de Barmoutes, selon le vice-ministre de la Défense à Kiev.
50:09 La Russie, dans le même temps, revendique des progrès dans cette ville du Donbass, théâtre de la plus longue bataille depuis le début de cette guerre en Ukraine.
50:17 Et puis du football, le PSG reçoit à Jacques Ciot, ce soir, coup d'envoi dans 10 minutes 21 heures.
50:22 Plus tôt dans la soirée, la victoire de Strasbourg 2-0 face à Nice.
50:36 64 millions d'électeurs turcs appelaient aux urnes demain, sous les yeux attentifs de toute l'Europe, et avec peut-être aussi la peur d'un scénario à la Bolsonaro, c'est ce que vous disiez il y a un instant, Marc Bassett.
50:46 Est-ce qu'on peut craindre, effectivement, de voir cette élection confisquée, contestée, en tout cas, surtout si elle est serrée, Anna Varou-Pedro ? Est-ce que c'est une peur ?
50:58 Déjà, parlons de l'élection présidentielle, parce qu'il y a l'élection législative, effectivement, le même jour.
51:04 Mais s'il y a un deuxième tour, là, la Turquie entre dans une phase de turbulence immense, quelle que soit la différence entre les deux candidats.
51:11 Ça va être deux semaines absolument cruciales et qui peuvent ébranler cette région, sans l'ombre d'un doute.
51:17 Si demain, il y a un vainqueur, le résultat dépendra. Si le résultat est trop serré, je pense qu'Erdoğan va demander sûrement un recontage des votes.
51:25 S'il est un peu plus vaste, c'est un peu plus, mettons, plus de 2 %, là, il n'y a plus aucun sens.
51:32 Ces déclarations des derniers jours m'ont fait douter de quelque chose... Erdoğan a toujours, souvent, mis en avant le fait qu'il a été élu,
51:42 que sa légitimité vienne du vote. Toujours, toujours, toujours, il a mis ça en avant à l'intérieur du pays, à l'extérieur.
51:49 Et là, ces deux derniers jours, on semble pouvoir discerner, si les traductions sont bonnes, un certain début de contestation ou d'idée de contestation du résultat,
52:01 si jamais il perdait demain ou dans deux semaines, on ne sait pas. Donc, il reste à voir.
52:06 Et puis, il y a tout le problème, disait ma consérgée romaine, c'est qu'il y a aussi, en même temps, l'élection législative,
52:14 qu'il y a une chambre qui est peut-être introuvable ou peut-être qu'il y a une cohabitation qui peut en sortir. On n'en sait rien.
52:19 Mais c'est vraiment extrêmement à le temps, ces élections.
52:23 C'est pour ça qu'on la suit, effectivement, autant ces élections législatives et présidentielles. Il y a un risque d'instabilité aussi, on peut dire ça, Bogdan Bodnar ?
52:31 Il y en a déjà beaucoup dans la région. Ce n'est pas la peine d'en rajouter en plus.
52:37 Je crois, dans mes souvenirs, il y avait déjà eu, c'était en 2016, je crois, non ? Sur les précédentes élections, avec une tentative de coup d'État.
52:46 Si on voit, la situation est déjà pas mal tendue en Europe, en plus. On rajoute ça à la Turquie. Je pense que c'est quelque chose que personne ne veut.
52:56 Maintenant, ça reste aux Turcs de décider. Il y a deux doctrines qui s'affrontent réellement.
53:05 Il ne faut pas oublier aussi qu'il y a les Turcs à l'étranger, en Allemagne, qui sont très pro-Erdogan.
53:09 J'ai pris l'Allemagne, c'est le pays le plus représentatif, mais ce vote pourrait venir aussi de là-bas.
53:16 Donc, je pense qu'on sent une tension, on va dire, et puis on lui donne 24 heures pour voir ce que ça va donner.
53:21 Ça veut dire qu'on ouvre peut-être une nouvelle page, en tout cas pour la Turquie, et pas forcément la plus sereine possible, on va dire ça, Marc Bessette.
53:28 Oui, et en tout cas, il y a un signal qui partira de la Turquie et qui est observé. On peut situer Erdogan dans ce qu'on pourrait appeler l'international nationaliste populiste.
53:39 Poutine, Bolsonaro, Modi en Inde, qui sera, soit dit en passant, invité le 14 juillet à Paris comme grand invité d'honneur pour le défilé par le président Macron.
53:51 Bolsonaro a perdu déjà. Si Erdogan perd, on ne sait pas ce qui va se passer demain, mais si Erdogan perd demain...
53:59 Ça veut dire qu'on ne l'imaginait pas il y a quelques années, que là, ça devient imaginable, en tout cas.
54:03 Oui, et qu'une pièce importante de cet international nationaliste populiste tombe, et que même si la Turquie ne va pas faire sûrement un virage abrupt dans sa politique internationale,
54:15 elle ne va pas couper les ponts avec Moscou, pour le résumer, il y aura un type de leadership totalement différent, une manière de gouverner,
54:25 d'être en relation avec les partenaires occidentaux et européens probablement très différente.
54:31 Il y a quelque chose dont on ne parle pas dans toutes ces élections, et j'ai mentionné tout à l'heure l'écho d'État militaire, c'est de l'armée.
54:37 On ne sait pas où se tient l'armée turque en ce moment. Elle est silencieuse, mais elle reste puissante et elle reste politiquement intervenante.
54:44 Donc à suivre aussi de ce côté-là.
54:47 Ça fait beaucoup d'incertitudes, ça fait beaucoup d'enjeux, et on aura certainement l'occasion d'en reparler, notamment sur ce plateau.
54:53 Merci à tous les quatre d'être venus ce soir, d'avoir alimenté le débat. Merci à vous de l'avoir suivi. Restez avec nous, bien sûr, sur France Info. Les informés reviennent demain.

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