Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 3 ans
Cela fait désormais quatre semaines que les caissières de Grand Frais Saint-Priest-en-Jarez - rejoints par celles de Firminy et Andrézieux-Bouthéon - sont en grève. Après un mois, malgré une fatigue physique et morale, les grévistes ne lâchent rien.
Un reportage de Nathan Vacher.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00 Voilà un mois que les caissières et caissiers de Grands Frais sont en grève.
00:04 Un mois mentalement et physiquement difficile pour tous ces salariés, en CDI comme en CDD.
00:09 La grève au début ça allait, mais plus le temps avance et plus ça devient dur,
00:13 parce que plus ça, moralement, on commence à être fatigué, physiquement,
00:17 on se pose des questions sur comment ça va évoluer,
00:19 mais en même temps on est une équipe donc on reste solidaires,
00:21 quand il y a quelqu'un qui commence à faiblir on essaye de le rebooster pour que ça aille mieux.
00:25 Et parmi les grévistes présents depuis le premier jour de grève, nous retrouvons Victor.
00:30 Il est salarié depuis 4 ans à Grands Frais,
00:32 et à part une revalorisation liée à l'évolution de la convention collective,
00:36 son salaire n'a pas bougé.
00:37 Mais quand il regarde la situation de ses collègues,
00:40 salarié depuis plus de 10 ou 20 ans, c'est encore pire.
00:43 C'est vrai qu'au début, en France, il y a un petit tabou sur le salaire,
00:46 donc on n'en parle pas des masses,
00:47 mais quand on commence à apprendre à connaître la personne,
00:49 qu'on crée des liens, on commence à en discuter,
00:51 et c'est là qu'on remarque qu'entre 4 ans d'ancienneté et 20, 30 ans,
00:57 il n'y a pas spécialement de différence.
00:58 On se dit "à quoi ça sert de rester là ?"
01:00 ou "pourquoi je n'ai pas une reconnaissance qui est à la hauteur de ce que j'ai investi dans ma vie ?"
01:05 Impossible donc pour les salariés de lâcher cette grève,
01:08 malgré la fatigue mentale et physique,
01:10 tous restent solidaires, avec en tête le même objectif qu'il y a un mois.
01:14 On ne peut pas lâcher, on se dit "c'est pas possible, il y a des gens qui nous font confiance,
01:18 notre travail est reconnu par la clientèle,
01:21 si la direction n'est pas capable de voir ça, on est obligé de leur faire ouvrir les yeux."
01:25 Et on ne peut pas lâcher, c'est pas possible.
01:27 Si on lâche, c'est qu'on ne comprend pas ce qu'on fait là,
01:30 sauf que nous on le sait, on sait ce qu'on veut,
01:32 on sait ce qu'on veut faire, on sait ce qu'on a à faire,
01:35 et on sait ce qu'on revendique.
01:36 Les grévistes arrivent le matin à 7h30 pour repartir le soir une fois le magasin fermé.
01:41 Alors pour s'occuper la journée, on sensibilise les clients,
01:45 mais on se réserve aussi le droit de décompresser,
01:47 et ça passe par un repas copieux mais convivial.
01:50 Ça maintient, on va dire, entre parenthèses, un petit peu le moral.
01:55 Ça relève un petit peu le moral.
01:56 Quand on a un bon casse-croûte, ça fait du bien.
01:59 C'est très convivial dans la lutte, c'est important aussi de bien se nourrir.
02:04 Les salariés déplorent que les négociations avec la direction soient encore au point mort.
02:08 Ils espèrent que la situation se débloquera rapidement, d'ici les prochains jours.

Recommandations