Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 3 ans
Jeff Wittenberg reçoit Olivier Véran, porte parole du gouvernement, sur le plateau des 4 vérités. 

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00 Bonjour à tous, bonjour Olivier Véran.
00:03 Bonjour.
00:04 Toujours porte-parole comme ça vient d'être mentionné.
00:06 Vous serez tout à l'heure donc au premier conseil des ministres de ce gouvernement
00:09 borne-remanié.
00:10 On a appris ce matin que le président de la République prendrait la parole au départ
00:15 de ce conseil.
00:16 Est-ce que vous confirmez cette information ?
00:17 Je vous confirme qu'il y aura à la fois une prise d'image et que les Français pourront
00:21 entendre les mots du président de la République en début du conseil des ministres.
00:25 Alors je le dis tout de suite, je ne sais pas ce qu'il va dire et quelle sera la durée
00:28 puisque je suis porte-parole et que je vais découvrir, je suis ministre et je découvrirai
00:32 cela avec les autres mais je pense que c'est important que le président de la République
00:36 puisse poser lui-même des mots sur la séquence que nous venons de vivre à la fois sur les
00:41 100 jours s'il l'aborde et sur la nouvelle composition de ce gouvernement qui est un
00:45 gouvernement renforcé.
00:46 C'est-à-dire qu'il va donner un sens à ce que lui-même a appelé des ajustements ?
00:50 Est-ce que ça veut dire qu'il va tracer un nouveau cap ?
00:53 Je ne peux pas vous répondre par anticipation sur ce que dira le président de la République.
00:56 Il y aura d'autres expressions ou a priori c'est l'expression qui était prévue avant
01:00 la fin du mois comme il l'avait dit.
01:01 De la même manière c'est le président de la République qui décide comment et quand
01:04 il s'exprime et je serai le porte-parole qui pourra vous dire aussi et faire la lecture
01:11 peut-être des choses.
01:12 Alors le porte-parole que vous êtes, voient les commentaires de la presse, de l'opposition,
01:15 un gouvernement replié sur lui-même, beaucoup de bruit pour rien, j'imagine que vous les
01:19 trouvez sévères ces commentaires voire injustes.
01:21 Vous, vous le définissez comment finalement ? Qu'est-ce qu'il faut retenir ? Ces ajustements
01:26 étaient nécessaires pour corriger l'action du gouvernement ?
01:29 Certains parlent de remaniement, d'autres d'ajustement.
01:31 Moi je parlerai de renforcement.
01:33 Renforcement parce que vous avez au sein du nouveau gouvernement des élus d'expérience,
01:39 des élus aussi de terrain.
01:40 Je pense au maire d'une ville industrielle du Nord, je pense à une députée de la deuxième
01:44 ville de France, je pense à Fadila Katabi qui était la présidente de la commission
01:49 des affaires sociales.
01:50 Donc il y a aussi un retour du politique renforcé au sein de ce gouvernement.
01:54 Et donc un constat d'échec des ministres de la société civile, lorsque vous dites
01:57 un retour du politique, l'expérience des ministres, on pense à Papendiaï, on pense
02:01 à François Braune, à d'autres, n'ont pas réussi finalement à s'imposer ? C'était
02:07 une des clés d'ailleurs, une des marques d'Emmanuel Macron depuis 2017.
02:10 Plusieurs choses, d'abord moi je leur rends hommage parce qu'ils ont fait du travail
02:14 et qu'ils ont fait avancer les choses.
02:15 Vous citiez l'éducation, à la rentrée scolaire pour la première fois, aucun prof
02:19 ne gagnera moins de 2000 euros.
02:21 Vous parliez de santé, et bien cet été il y aura moins de tensions dans les services
02:24 d'urgence qu'il y en avait l'année dernière.
02:26 Après, Javier Dramper, il n'y a pas d'école de ministre.
02:30 Et être ministre c'est être capable de faire et de faire savoir.
02:34 Et c'est aussi pouvoir tenir le débat politique dans l'hémicycle.
02:37 Personne ne dit cela.
02:39 Vous savez, d'abord le président de la République et la première ministre sont fondés par
02:43 définition à décider d'opérer des changements.
02:46 Quant à la question de la société civile, toujours une notion que, à titre personnel,
02:49 je trouve un petit peu plus vague.
02:51 Il y a quatre ans, j'étais médecin en blouse au CSU de Grenoble.
02:54 À quel moment est-ce que j'ai quitté les sphères de la société civile ?
02:56 Vous étiez déjà de la politique.
02:57 Vous étiez au parti socialiste.
02:58 Oui, mais vous pouvez faire de la politique, de l'action publique, de l'action associative
03:02 en étant membre de la société civile.
03:04 Ce qui est sûr, c'est que nous avons renforcé des segments fondamentaux, non seulement du
03:10 gouvernement, mais pour la vie des Français.
03:12 L'éducation et la santé sont quand même les deux sujets qui sont le plus au contact
03:16 des Français et qui portent les priorités.
03:17 Et ce sont les deux ministères dont vous changez les têtes.
03:20 À l'éducation, on y revient, dans son premier discours de ministre de l'Éducation nationale,
03:26 Gabriel Attal a dit, je le cite, qu'il avait comme priorité la restauration de l'autorité
03:31 et des savoirs.
03:32 On a l'impression d'être revenu plutôt à l'ère de Jean-Michel Blanquer.
03:36 Est-ce que vous admettez qu'il y a une correction, encore un changement de cap ? Sinon, pourquoi
03:41 l'a-t-il dit ?
03:42 Ce que je peux vous dire, c'est qu'à l'éducation nationale, il y a énormément d'attentes
03:46 de la part des enseignants.
03:47 Gabriel Attal l'a dit hier, c'est le plus beau métier du monde.
03:50 Il faut que chacun puisse à nouveau le percevoir comme tel, donc donner envie aux enseignants
03:55 d'enseigner.
03:56 Pourquoi ? Parce qu'on a besoin d'enseignants heureux pour bien enseigner et aussi parce
03:59 qu'on a besoin d'enseignants heureux pour que les enfants soient heureux.
04:01 C'est un mot qu'il a utilisé et que j'ai bien aimé dans sa passation de pouvoir,
04:04 que les enfants soient heureux.
04:05 Par ailleurs, il y a le respect de l'autorité, des savoirs fondamentaux.
04:10 C'est sa feuille de route qu'il a tracée, vous le connaissez bien, c'est un politique
04:14 expérimenté, un excellent communicant.
04:16 Et surtout, il a fait le choix, il l'a dit hier, de la proximité avec le milieu éducatif.
04:21 Je retiens notamment l'idée d'aller trois jours par mois dans un rectorat au contact
04:26 des Français avec toutes les administrations centrales.
04:28 Le plus beau métier du monde, disiez-vous Olivier Véran.
04:30 Alors pourquoi séduit-il si peu ? Il manquera 3 000 profs à la rentrée.
04:33 Comment Gabriel Attal va-t-il résoudre la quadrature du cercle et trouver, comme il
04:39 a dit, le fait que chaque élève aura un professeur face à lui chaque jour, alors qu'on sait
04:44 qu'il y a des manques, notamment sur les absences de courte durée ?
04:46 À la demande du président de la République, le gouvernement a déjà mis en place un dispositif
04:51 qui incite, qui intéresse même financièrement les enseignants, parfois à effectuer des
04:55 missions qu'ils effectuaient déjà par mobilisation personnelle et qui n'étaient pas forcément
05:01 reconnues financièrement comme telles, parfois pour englober de nouvelles missions, comme
05:06 celle de davantage remplacer certains collègues.
05:07 C'est ce travail-là qu'il faut être aussi capable de mettre en musique.
05:10 Et puis il y a cette question de ce qu'on appelle les fameux CNR, les Conseils Nationaux
05:14 de la Refondation, qui donne de l'autonomie.
05:16 Dont on n'a pas encore vraiment vu d'utilité, Monsieur Véran.
05:18 Mais on ne le voit pas à Paris.
05:19 On ne le voit pas à Paris.
05:21 Vous savez pourquoi ? Parce que c'est territorial.
05:23 Parce que c'est à l'échelle d'une école que les choses se décident, qu'elles changent
05:26 et qu'elles bougent.
05:27 Il faut que nous-mêmes, nous avons amorcé à la demande du président de la République
05:31 un changement de logique.
05:32 On fait davantage confiance aux acteurs de terrain.
05:34 On enlève un peu des normes, on réduit des contraintes.
05:36 Pardon, excusez-moi, ce sont des mots, est-ce qu'il y aura des professeurs ?
05:38 Mais sur place, ils s'en rendent compte ? Sur place, quand vous avez une école qui
05:41 a investi avec de l'argent public pour changer la méthode d'enseigner, lorsque vous êtes
05:45 capable de faire en sorte que les gamins aillent mieux, qu'ils n'aient plus la boule au ventre
05:48 parce qu'on est capable de les faire travailler davantage ensemble à l'échelle d'une école,
05:52 sur place on s'en rend compte.
05:53 Et vous verrez que ça va faire des petits.
05:55 Il y a des milliers d'écoles qui sont rentrées dans ces dispositifs et qu'à la fin des fins,
05:58 on aura une vision nationale des changements qui auront été réalisés.
06:01 L'autre secteur qui change, c'est la santé, que vous connaissez bien puisque vous avez
06:04 été l'emblématique ministre de la santé pendant la période du Covid.
06:08 C'est un médecin comme vous, François Braune, qui cède la place 1 au fonctionnaire, Aurélien
06:13 Rousseau, l'ancien directeur de cabinet d'Elisabeth Borne.
06:15 Ça sera quoi sa première mission ? Désengorger le secteur des urgences dont souffrent, qui
06:21 n'arrivent plus à faire face dans de nombreux hôpitaux, ce que François Braune n'a pas
06:24 réussi à faire ?
06:25 D'abord, on ne peut pas en quelques semaines ou en quelques mois ou en un an transformer
06:33 globalement l'accès aux soins.
06:34 Par contre, on y travaille et on y travaille depuis six ans.
06:37 La suppression du numérus clausus, l'augmentation de la télémédecine, les nouvelles missions
06:41 pour les soignants paramédicaux.
06:42 Aurélien Rousseau connaît parfaitement ces sujets-là, je peux vous le dire.
06:46 Et c'est un acteur de terrain puisqu'il a dirigé la plus grosse ARS de France en
06:50 pleine crise Covid.
06:51 C'est quelqu'un qui a aussi une vraie pensée sociale.
06:54 Il a une vraie pensée sociale.
06:55 Il insiste aussi sur les questions de solidarité.
06:58 Et je l'ai vu lorsqu'il était à l'ARS.
07:00 Donc c'est quelqu'un qui aura, il va s'exprimer tout à l'heure lors de sa passation,
07:04 mais il aura, j'en suis certain, à cœur de viser aussi la réduction des inégalités
07:08 de santé dont on a vu pendant la crise qu'elle entraînait des dégâts.
07:11 Et donc sa feuille de route, elle est claire, que les urgences tournent, que tous les patients
07:15 en infection longue durée aient accès à un soignant référent et puis continuer
07:20 de donner envie aux infirmières, aux aides-soignants de travailler dans les hôpitaux et en ville.
07:23 À propos d'Aurélien Rousseau, vous avez vu une première polémique naître dès hier soir.
07:27 L'épouse du nouveau ministre, Marguerite Cazeneuve, est l'actuelle directrice déléguée
07:31 de la Caisse nationale d'assurance maladie.
07:33 Est-ce que ses fonctions sont compatibles avec celles désormais de son mari, ministre de la Santé ?
07:38 Est-ce qu'on peut en quelque sorte diriger toutes ces institutions en famille ?
07:42 D'abord, moi, en tant que personnel, je ne considère pas qu'avoir partagé sa vie avec quelqu'un
07:46 qui a la même passion professionnelle que vous et qui connaît très bien les politiques de santé,
07:50 soit un problème ou une polémique.
07:52 La seule question, elle porte sur le maintien des fonctions.
07:55 Et donc, nous avons une autorité pour la transparence de la vie publique,
07:59 une autorité indépendante qui devra statuer.
08:01 Marguerite Cazeneuve connaît très bien les sujets, effectivement, santé, solidarité.
08:05 Elle travaille au service du public, elle n'est pas dans une entreprise privée.
08:07 Donc, il faudra regarder dans cette situation les décisions qu'il a lieu de prendre.
08:12 Alors, vous, on le disait en débutant cette interview, le président de la République va s'exprimer
08:17 au début du Conseil des ministres tout à l'heure.
08:18 Le cap des 100 jours est passé.
08:20 C'est Emmanuel Macron lui-même qui l'avait fixé. 100 jours d'apaisement.
08:23 100 jours au cours desquels la première ministre avait pour mission d'élargir sa majorité en toute franchise.
08:29 Est-ce que vous considérez apaisement, élargissement de la majorité, que ces objectifs sont atteints ?
08:34 Regardons deux secondes les faits.
08:35 Moi, ça fait plus de 10 ans que je fais de la politique nationale.
08:39 Je disais que j'étais société civile, vous l'avez rappelé, j'avais un mandat aussi en 2012 de parlementaire.
08:44 49 textes de loi ont été adoptés par le Parlement en un an. 49.
08:48 Je ne sais pas si vous imaginez ce que ça représente.
08:50 Ça fait un texte par semaine, une loi par semaine.
08:52 Dans un parlement qu'on disait bloqué parce qu'on était en majorité relative.
08:57 49 textes, on n'est pas dans le record, mais on n'est pas très loin.
08:59 On a plutôt entendu 49.3 que 49 textes, excusez-moi.
09:02 C'est ce qu'on retient de cette première année.
09:04 Vous avez peut-être beaucoup parlé de 49.3.
09:06 Ce que je veux vous dire, c'est que beaucoup de textes ont été adoptés avec une majorité absolue,
09:10 identifiée dans un parlement dans lequel nous n'avions qu'une majorité relative.
09:15 Ça, c'est fondamental.
09:15 Cette semaine, c'est un texte sur l'industrie verte.
09:18 Ça a été le vote à la majorité de la loi sur la justice.
09:22 Ça a été un vote quasi unanime sur la question de nos armées.
09:25 Donc c'est une façon de regarder les choses qui ne va pas selon vous.
09:28 Je ne me permettrai pas de dire cela.
09:30 Ce que je veux vous dire, c'est que alors que les conditions,
09:32 qui sont les conditions qu'ont choisi les Français et que nous respectons,
09:35 sont celles d'une majorité relative, c'est-à-dire qu'on ne peut pas normalement adopter de loi à nous seuls,
09:40 eh bien nous sommes capables d'aller à chaque fois identifier des majorités avec la gauche et avec la droite,
09:44 et ce, une fois par semaine depuis le début du quinquennat.
09:46 Une toute dernière question, M. Véran.
09:48 Pourquoi le président est-il si économe de paroles et d'hommages à l'égard de sa première ministre ?
09:52 Il va rectifier le tir aujourd'hui.
09:54 Elle a été reconduite, on l'a appris, par l'entourage du président.
09:58 Lorsqu'il s'est exprimé cette semaine devant les députés, il n'a pas prononcé son nom une seule fois.
10:03 Va-t-il en faire un petit peu plus que ce service minimum qu'on a observé ?
10:06 Le président de la République, il a conforté sa première ministre.
10:08 Il a conforté.
10:08 Ça ne vous a pas échappé.
10:09 Il a reconduit dans ses fonctions la première ministre à l'issue des 100 jours
10:15 et il a avec elle bâti un gouvernement renforcé.
10:19 C'est-à-dire qu'on est capable de se projeter vers l'avant et de regarder.
10:21 Lorsque vous avez un nouveau ministre pour la santé, un nouveau ministre pour l'éducation,
10:25 c'est que vous regardez les choses loin.
10:26 Donc, nous verrons encore une fois ce qu'aura à dire le président.
10:30 Moi, je suis très content de pouvoir continuer la mission
10:33 et je remercie le président et la première ministre pour leur confiance.
10:35 Merci beaucoup, Olivier Véran.
10:37 Porte-parole du gouvernement, on vous entendra tout à l'heure
10:39 pour ce premier compte-rendu du nouveau Conseil des ministres.
10:42 C'est vrai.
10:42 Bonne journée.
10:43 A tout à l'heure.

Recommandations