- il y a 3 ans
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00:00 à l'Assemblée nationale avec Laurent Sénécha.
00:02 [Musique]
00:06 Bonjour Jean-Philippe Tanguy.
00:08 Bonjour.
00:09 Le Rassemblement national a critiqué le remaniement
00:11 avant même qu'il ait lieu par la voix de Marie Le Pen
00:13 cet émercredi.
00:14 Maintenant qu'il a eu lieu, est-ce qu'il y a quand même
00:16 une bonne nouvelle dans ces changements au gouvernement ?
00:21 Non, Marie Le Pen a eu la préscience
00:23 de ce remaniement, c'est-à-dire
00:25 c'est vraiment un resserrement sur la Macronie.
00:28 C'est un remaniement de fin de règne.
00:30 C'est ce genre de remaniement qu'on avait
00:32 dans les mandats précédents, quelques mois avant
00:34 une élection présidentielle et un changement de majorité.
00:37 Donc c'est assez consternant parce que
00:39 si le président de la République, on verra ce qu'il dit tout à l'heure,
00:42 au Conseil des ministres pense relancer son gouvernement
00:45 avec ces quelques changements vraiment très superficiels,
00:48 il ne se passera pas grand-chose.
00:50 Quand je vois ce qui se passe notamment sur l'éducation
00:53 avec l'arrivée de M. Attal, avec les finances,
00:55 avec l'arrivée de M. Casnard, c'est vraiment un poche.
00:57 - Vous l'accusez d'être "wokist" etc.
01:00 Le fait que Gabriel Attal arrive, c'est pas une bonne nouvelle pour vous ?
01:03 - Non, si vous voulez.
01:05 D'ailleurs, c'est assez intéressant, c'est que le discours d'arrivée de M. Attal,
01:08 c'était vraiment un anti-portrait de l'action du gouvernement
01:11 depuis 6 ans, puisqu'il a dit qu'il faut rétablir l'autorité,
01:13 il faut rétablir les savoirs fondamentaux.
01:15 Bref, on avait l'impression que la Macronie
01:17 arrivait à l'éducation nationale.
01:19 Ça fait 6 ans qu'il y a l'action d'Emmanuel Macron
01:21 à travers ses ministres à l'éducation nationale,
01:23 en particulier M. Ndiaye.
01:25 Mais on n'a jamais réduit, si vous voulez, au Rassemblement National,
01:27 nos critiques sur le programme éducatif,
01:30 à la personne de M. Ndiaye,
01:32 qui était quand même le porte-serviette de M. Macron.
01:34 - Mais justement, vous ne vous félicitez pas de ces mots de Gabriel Attal ?
01:36 Gabriel Attal qui dit effectivement qu'il faut remettre
01:39 le respect de l'autorité, les savoirs fondamentaux,
01:41 la laïcité en priorité au cœur de l'école.
01:43 Ça, c'est pareil.
01:45 - Mais ça c'est comme M. Blanquer, le prédécesseur de M. Attal,
01:48 quand il était arrivé, au milieu de toutes les catastrophes macronistes,
01:51 on s'était dit peut-être que M. Blanquer sera la seule bonne nouvelle
01:54 sur les mots qu'il avait, dans le programme qu'il affichait,
01:56 une certaine restauration de l'éducation traditionnelle,
01:59 comme on la propose, fondée évidemment sur l'autorité,
02:02 les savoirs fondamentaux.
02:04 L'action de M. Blanquer a été le contraire de ces mots,
02:06 et je pense que M. Attal fera malheureusement le contraire
02:08 de ce qu'il annonce, pour une raison simple.
02:10 Un des problèmes fondamentaux à l'éducation nationale,
02:12 c'est que ce ministère n'est pas tenu par le politique
02:14 ou la volonté politique,
02:16 mais par une administration, une haute administration,
02:19 qui menotte l'action politique,
02:21 et qui veut imposer son programme de déconstruction
02:24 de l'éducation qu'elle mène depuis 40 ans,
02:26 contre vents et marées.
02:27 Donc en fait, il se passera quelque chose à l'éducation nationale,
02:29 le jour où, au-delà des mots,
02:31 il y aura une action politique capable de faire obéir
02:33 l'administration à ce que veut une grande majorité
02:35 du peuple français, à savoir, effectivement,
02:37 une école fondée sur l'autorité, les savoirs fondamentaux,
02:39 qui permettent vraiment aux classes populaires
02:41 et aux classes moyennes de reprendre l'ascenseur social.
02:43 - Il y a un autre changement à la santé,
02:45 et lui, il connaît bien l'administration,
02:47 c'est Aurélien Rousseau, qui était directeur de cabinet
02:49 d'Elisabeth Borne, qui remplace François Bohn.
02:51 Il a dirigé l'Agence régionale de santé
02:54 pendant le Covid, donc il connaît bien le sujet.
02:56 Il est légitime, non ?
02:58 - Il connaît exactement tous les mots,
03:00 et il incarne tous les mots du système de santé français
03:02 depuis 20 ans. - Les mots MAUX.
03:04 - Oui, exactement, MAUX, c'est-à-dire
03:06 toute cette bureaucratisation,
03:08 cette vraiment technocratie.
03:10 Au contraire, pendant le Covid, qui a montré ses limites,
03:12 pendant le Covid, on avait eu une petite période
03:14 où on avait redonné le pouvoir aux soignants,
03:16 que ce soit dans les hôpitaux, sur les territoires,
03:18 la nomination de M. Rousseau,
03:20 je trouve que c'est vraiment une reprise en main,
03:22 une fois plus par la bureaucratie, mais ce qu'incarne
03:24 M. Macron, du système de santé et du système
03:26 de l'État en général. M. Macron, c'est quoi ?
03:28 C'est une espèce de champion de la technocratie,
03:30 de la bureaucratie, qui est totalement à l'inverse
03:33 d'ailleurs de ces mots, puisque beaucoup de Français
03:35 ont voté à M. Macron en pensant qu'on allait mettre
03:37 un peu d'air dans la technocratie française,
03:39 qu'on allait un peu libérer les énergies.
03:41 Et en fait, depuis 6 ans, on se rend compte qu'avec le record
03:43 de taxes, record de normes, et cette présence
03:46 des hauts fonctionnaires français,
03:48 qui sont la caricature
03:50 de la nouvelle administration,
03:52 tout est corsété.
03:54 - Je comprends pas, il faut un gouvernement avec des personnalités civiles, en fait ?
03:56 - Parfois, c'est pas forcément
03:58 une opposition entre le civil
04:00 et la haute administration, c'est qui vous choisissez
04:02 pour incarner cela.
04:04 Vous avez tout un tas de contre-exemples dans les deux catégories.
04:06 Mais M. Rousseau, il connaît pas grand-chose
04:09 au monde du soin et à la base.
04:11 - Il a dirigé l'ARSF de France en point de suite.
04:13 - M. Braune, mais oui, mais au contraire,
04:15 les ARS, si vous voulez, ont symbolisé
04:17 avant, les autorités régionales de santé,
04:19 avant et pendant le Covid,
04:21 symbolisent tout ce qu'il ne faut pas faire
04:23 pour le système de santé français.
04:25 Les soignants sont écrasés,
04:27 étouffés, leur bonne volonté est étouffée
04:29 par l'administration et la sur-bureaucratisation.
04:31 Donc c'est vraiment le symbole, au contraire,
04:33 de tout ce qu'il ne faut pas faire.
04:35 M. Braune, il avait énormément de défauts,
04:37 notamment le fait qu'il avait visiblement pas de dimensions
04:39 politiques, de poids politique pour mener son administration.
04:41 - Mais là, faut savoir. Donc faut être politique ou faut être...
04:43 - Mais je n'ai jamais dit que M. Braune ne connaissait pas
04:45 le système de santé. Vous n'avez jamais entendu
04:47 une critique du Rassemblement national critiquant M. Braune
04:49 pour son absence de connaissance du système de santé.
04:51 - J'ai du mal à définir le profil type d'un bon
04:53 ministre, d'après vous, puisqu'il ne faut pas qu'il soit
04:55 au fonctionnaire, mais en même temps,
04:57 il faut qu'il soit politique, mais en même temps, il faut que...
04:59 - Il faut que ce soit une personnalité qui a à la fois
05:01 des compétences et une vision politique.
05:03 - Et Aurore Berger, par exemple ? - C'est assez simple, hein.
05:05 - Vous qui critiquez les experts déconnectés,
05:07 Aurore Berger, c'est une élue, c'est une politique,
05:09 elle remplace Jean-Christophe Combe au Solidarité.
05:11 Ça, ça va dans le bon sens ? - On va voir.
05:13 Moi, je ne vais pas faire de procès d'emblée
05:15 à Mme Berger. Sur les questions sociales,
05:17 Solidarité, elle a défendu souvent plusieurs
05:19 dossiers, notamment pour les droits des personnes
05:21 en situation de handicap. Donc moi, je ne souhaite pas
05:23 la politique du pire. On va voir
05:25 quel enjada elle va mener. Mais
05:27 moi, je suis à la Commission des Finances.
05:29 Compte tenu du fait que le gouvernement a annoncé
05:31 15 milliards d'économies, ça a été
05:33 centré visiblement sur le système
05:35 de soins, sur des économies à faire sur le système de soins.
05:37 Je crains que par contamination,
05:39 ça concerne aussi le secteur
05:41 parallèle à la santé,
05:43 comme l'accompagnement des personnes
05:45 en situation de handicap. Donc j'espère que Mme Berger
05:47 ne va pas faire vers la censure
05:49 des politiques qui se sont un peu développées
05:51 en faveur des droits et de la dignité des personnes
05:53 en situation de handicap. - Emmanuel Macron doit s'exprimer
05:55 en ouverture du Conseil des ministres à 11h,
05:57 justement pour mettre des mots aussi sur ce
05:59 remaniement. Vous en attendez quelque chose ?
06:01 - On va voir. Moi, je ne vais pas faire le procès
06:03 du président, mais je trouve déjà la forme
06:05 de cette émeute qui est très étrange.
06:07 Ce refus de s'adresser directement à la Nation
06:09 au 14 juillet,
06:11 cette volonté de faire des bruits de couloirs
06:13 mis en scène
06:15 à la télévision ou à la radio,
06:17 je trouve ça très étrange. Moi, ce qui me semble,
06:19 c'est que M. Macron, avec Mme Borne,
06:21 veut vraiment acter le fait qu'il ne se passe
06:23 finalement rien en France,
06:25 que tout va bien Mme la Marquise, et qu'on avance.
06:27 Les émeutes, on l'a vu hier à la discussion
06:29 qu'on a eue au Parlement sur cette loi de reconstruction,
06:31 ne sont pas caractérisées comme des émeutes,
06:33 c'est un événement subalterne,
06:35 l'ordre serait revenu,
06:37 tout irait bien, c'est pareil sur le pouvoir
06:39 d'achat, sur l'économie, sur l'endettement.
06:41 Bref, il y a une minimisation, si vous voulez, depuis un an
06:43 des difficultés que rencontre la France
06:45 avec un gouvernement qui a l'air complètement
06:47 à côté de la plaque. - Vous parliez des émeutes
06:49 et de ce projet de loi d'urgence pour favoriser la reconstruction.
06:51 Votez définitivement à l'Assemblée
06:53 hier, on en parle dans un tout petit instant avec vous,
06:55 Jean-Philippe Tanguy, député RN de la Somme.
06:57 D'abord, le Filinfo, 8h40, Diane Ferchitte.
06:59 - Et le premier conseil des
07:01 ministres du gouvernement remanié se tiendra
07:03 tout à l'heure à 11h, il débutera par une prise de parole
07:05 d'Emmanuel Macron, le remaniement est
07:07 dès hier soir, Pape Ndiaye a laissé sa place
07:09 à Gabriel Attal, à l'Education nationale
07:11 à suivre ce matin la passation de pouvoir.
07:13 Au ministère de la Santé, Aurélien Rousseau,
07:15 l'ancien bras droit d'Elisabeth Borne, y remplace
07:17 François Braune, or Berger quitte
07:19 elle la présidence du groupe Renaissance
07:21 à l'Assemblée nationale pour devenir ministre
07:23 des Solidarités. Ils sont mis en examen
07:25 pour violence en réunion,
07:27 4 policiers suspectés de s'en être
07:29 pris à un jeune homme à Marseille au début
07:31 du mois, en parallèle des émeutes urbaines.
07:33 L'un des agents est placé en détention
07:35 provisoire. La contre-offensive ukrainienne
07:37 connaît des difficultés mais elle avance.
07:39 Déclaration dans le Figaro ce matin,
07:41 de l'ambassadeur d'Ukraine en France, "Nous sommes
07:43 assur-t-il en train de gagner la bataille de l'artillerie ?"
07:45 Selon lui, les forces de Kiev ont
07:47 encore des réserves. En football,
07:49 premier rendez-vous cet après-midi pour
07:51 Louis-Henri Quay, c'est le tout nouvel entraîneur
07:53 du PSG Paris qui affronte
07:55 le Havre, récent promu en Ligue 1,
07:57 une rencontre amicale. Coup d'envoi
07:59 de ce match sera à 17h.
08:01 *Musique*
08:03 *France Info*
08:05 *Le 8/30 France Info*
08:07 *Agathe Lambret*
08:09 *Laurence Méchal*
08:11 *Toujours avec Jean-Philippe Tanguy, député Rassemblement National de la Somme*
08:13 *Le projet de loi pour faciliter, accélérer
08:15 la reconstruction après les émeutes a été
08:17 voté au Parlement à l'unanimité au
08:19 Sénat. A l'Assemblée Nationale,
08:21 seul le RN a voté
08:23 contre. Pourquoi ? On a du mal à comprendre.
08:25 Mais c'est une raison assez simple, il est hors de question
08:27 de faire comme si ne s'était rien
08:29 passé en France. Là, ce que veut faire le gouvernement,
08:31 c'est alors que les fondations de la République
08:33 sont fragilisées, alors que
08:35 on a vécu les pires émeutes en période
08:37 de paix que la France ait connue, on fait
08:39 comme si rien ne s'était passé et on reconstruit en toute vitesse
08:41 comme si on voulait effacer
08:43 les traces de ces
08:45 méfaits et les responsabilités politiques
08:47 qui vont avec. Nous, notre prise de parole
08:49 de Marine Le Pen, nos intervenants, elle a été très claire,
08:51 c'est qu'on n'est pas contre le fait de simplifier
08:53 certaines règles pour permettre aux élus de reconstruire
08:55 mais on ne veut pas, on veut
08:57 que ce soit pris en compte les causes
08:59 et qu'il y ait, comment dire, vraiment un changement
09:01 de cap politique. Par exemple, symboliquement...
09:03 - Mais il ne faut pas construire le plus rapidement possible, qu'est-ce que vous dites aux enfants et à leurs parents
09:05 dans les écoles ? - Mais on leur dit, mais vous savez,
09:07 et je pense que les règles sont vues... - Vous leur dites "on l'attend, il faut
09:09 d'abord qu'on aille chercher les responsables et puis ensuite on..."
09:11 - Oui, d'une part, oui. - Vous voulez que les émeutiers
09:13 payent, c'est ça ? - Oui, exactement. Ce qu'on veut,
09:15 par exemple, c'est que symboliquement, les mairies,
09:17 les communes qui demandent de pouvoir
09:19 reconstruire rapidement, et c'est normal, soient
09:21 partis civils des poursuites
09:23 qui sont faites contre les émeutiers et qu'elles
09:25 demandent le remboursement, la compensation
09:27 aux émeutiers. - Parallèlement ? - Non, parce que, en fait,
09:29 là, ils ont voté cette loi.
09:31 On va repartir sur un phénomène de reconstruction,
09:33 ils vont sans doute encore mettre des milliards
09:35 sur la table, et on fera comme si rien ne s'était
09:37 passé et les émeutiers ne seront pas,
09:39 à la fin, ne rembourseront pas
09:41 tout au parti des méfaits qu'ils ont causés. - Mais ça n'empêche pas
09:43 qu'il y ait une procédure judiciaire et qu'ils soient en partie...
09:45 - Oui, mais c'est justement la procédure judiciaire aujourd'hui,
09:47 un certain nombre de mairies, par idéologie,
09:49 refusent de se constituer
09:51 parti civil et demander aux émeutiers
09:53 le remboursement, la compensation
09:55 des dégâts qu'ils ont causés. Parce que je peux
09:57 renverser la question... - Souvent, ils sont insolvables.
09:59 - Non, mais ça, ça m'étonnerait, parce qu'on ne peut pas être insolvable
10:01 sur 40 ans, sur toute sa vie, vu l'âge, si vous voulez,
10:03 des personnes mises en cause,
10:05 soit des très jeunes adultes, soit des mineurs,
10:07 on ne peut pas déjà préjuger qu'ils vont être insolvables toute leur vie.
10:09 Mais j'inverse la question.
10:11 Pourquoi est-ce que les autres groupes
10:13 politiques n'ont pas accepté de mettre
10:15 comme condition à cette reconstruction rapide
10:17 le fait que les communes soient
10:19 parties civiles dans ces poursuites ? C'est quand même pas
10:21 très compliqué à faire. Donc en fait,
10:23 au-delà de la position d'opposition
10:25 du Rassemblement National, on voit bien le comportement
10:27 des autres forces politiques. C'est le système
10:29 qui a mené à ces émeutes, c'est que pas de vagues,
10:31 c'est les contribuables,
10:33 les travailleurs, qui doivent toujours payer,
10:35 y compris d'ailleurs ceux qui vivent
10:37 paisiblement et qui travaillent dans ces
10:39 quartiers, qui doivent payer pour les casseurs.
10:41 Donc vous cassez, vous payez,
10:43 et nous on aurait soutenu cette loi si vraiment
10:45 il y avait eu un signal fort pour faire payer les casseurs.
10:47 - Jean-Philippe Tanguy, on va parler pouvoir d'achat.
10:49 L'UFC Que Choisir pointe
10:51 l'augmentation de 10% en un an
10:53 des fournitures scolaires. Olivier Grégoire,
10:55 qui est chargé du commerce au gouvernement, a demandé à la répression
10:57 des fraudes d'ouvrir une enquête pour vérifier
10:59 qu'il n'y ait pas d'abus de la part des distributeurs.
11:01 Vous auriez fait la même chose ?
11:03 - Oui, on aurait fait la même chose, mais surtout,
11:05 on se serait assuré que les distributeurs
11:07 respectent leur engagement, puisqu'un certain
11:09 de distributeurs, pardon,
11:11 de patrons de la grande distribution, avait promis
11:13 de limiter la hausse des fournitures scolaires
11:15 à 3%. Et là, on annonce
11:17 10%. Donc c'est vraiment, c'est
11:19 scandaleux. D'ailleurs, ce constat
11:21 d'échec, il y a la méthode qu'ont choisies
11:23 Olivier Grégoire et Bruno Le Maire
11:25 depuis qu'on subit l'hyperinflation
11:27 depuis deux ans. Il n'y a jamais de contrainte.
11:29 C'est toujours demander des efforts
11:31 aux grandes entreprises, organiser des réunions.
11:33 On en a parlé plusieurs fois sur ce plateau, d'ailleurs,
11:35 depuis un an et demi. - Donc il fallait bloquer les prix des compas, bloquer les prix des règles,
11:37 bloquer les prix des cahiers ?
11:39 - La répression des fraudes aurait dû intervenir
11:41 sur le phénomène d'hyperinflation il y a 18 mois.
11:43 Pas maintenant.
11:45 Elle va faire son rapport, Mme Grégoire l'a dit, en septembre.
11:47 Ce sera trop tard. Les Français et les
11:49 Françaises auront déjà équipé leurs
11:51 enfants. Donc ce gouvernement
11:53 court après le phénomène
11:55 d'inflation, ne l'anticipe pas, ne se rend pas
11:57 compte que depuis 18 mois, il y a eu des prises abusives.
11:59 - Il y a eu des prises abusives, quand même, le trimestre anti-inflation, par exemple.
12:01 - Exactement, le trimestre anti-inflation. D'ailleurs, soit disant,
12:03 les fournitures scolaires devaient être impliquées
12:05 dans le trimestre anti-inflation. Donc on se rend bien compte
12:07 que c'est une arnaque. C'est exactement ce que je
12:09 dénonce. On n'a pas, l'État, si vous voulez,
12:11 n'a pas à demander
12:13 gentiment à la grande distribution
12:15 et aux multinationales de faire des efforts. Parfois, il faut
12:17 imposer des normes. Je vous ferai quand même
12:19 remarquer que ce soit les banques centrales, que ce soit
12:21 - c'est pas la répression des fraudes, c'est l'autorité
12:23 de la concurrence - elles ont toutes confirmé
12:25 l'analyse qu'a faite Marine Le Pen sur
12:27 l'une des causes de l'inflation depuis
12:29 18 mois, c'est les pratiques abusives des
12:31 multinationales et des
12:33 reconstitutions de marges abusives. Donc maintenant,
12:35 tout le monde est d'accord pour dire qu'il y a
12:37 ces phénomènes-là et personne ne prend
12:39 de mesure à la hauteur
12:41 du phénomène. Parce qu'on parle quand même de
12:43 dizaines de milliards d'euros que des multinationales
12:45 et la grande distribution se sont mis dans
12:47 la poche, non pas à cause de la réalité de l'inflation,
12:49 mais à cause de pratiques abusives.
12:51 - Il y a aussi les prix de l'électricité
12:53 qui vont augmenter de 10% dès le 1er août.
12:55 Le Rassemblement national dit que le gouvernement
12:57 a trahi ses promesses et en même temps, l'exécutif
12:59 rappelle que les Français bénéficient
13:01 toujours de l'électricité la moins
13:03 chère en Europe, l'une des moins chères.
13:05 Est-ce que vous auriez fait mieux, vous, au pouvoir ?
13:07 - Mais bien sûr qu'on aurait fait mieux pour une raison très simple.
13:09 Déjà, c'est pas le Rassemblement national qui pense que le
13:11 gouvernement a menti. Vous avez des dizaines
13:13 de déclarations de Bruno Le Maire jurant
13:15 qu'il n'y aurait pas de rattrapage des factures en 2023.
13:17 Bon ben, on a un rattrapage de 15%
13:19 en février et 10%
13:21 en août. - Ça reste quand même très loin de
13:23 la hausse des prix. Il y a quand même eu un
13:25 tarifaire qui a... - Mais pas du tout. Où vient
13:27 cette hausse des prix, monsieur Sieneschal ? Elle ne vient pas
13:29 du fait que le parc nucléaire français ou le parc hydroélectrique
13:31 français, éolien et solaire,
13:33 ce qui représente entre 90 et 95%
13:35 de la production électrique française
13:37 a eu ses coûts explosés. - C'est plutôt 66%
13:39 dernièrement, le nucléaire. - Non, le nucléaire,
13:41 66%, mais vous rajoutez l'hydroélectricité
13:43 dont le coût est stable et encore moins cher que le nucléaire,
13:45 l'éolien, que je critique, mais dont le coût est stable,
13:47 le solaire, dont le coût est stable, tout ça, c'est 90
13:49 à 95% de l'électricité française.
13:51 Donc, il y a une stabilité du parc
13:53 du coût de production en France.
13:55 Donc, elle n'augmente que parce que nous sommes
13:57 liés à des règles européennes stupides
13:59 qui indexent le prix français sur le prix
14:01 européen via souvent l'augmentation
14:03 du prix du gaz et en fait, nous payons, les Français
14:05 paient, d'ailleurs ils ont compris maintenant, pour les
14:07 erreurs des Allemands, des Autrichiens, des Pays-Bas.
14:09 - Et justement, Emmanuel Macron veut réformer ce système.
14:11 - Ça fait 18 mois qu'il veut réformer. Là, le
14:13 Conseil européen a pris sa décision.
14:15 La France a été mise en échec. Voilà. Donc,
14:17 Emmanuel Macron, une fois plus, a été mis en échec.
14:19 Il ne s'y oppose pas d'ailleurs frontalement. La France
14:21 ne met aucun poids
14:23 dans cette réforme du marché de l'électricité. Nous, on dit, on le redit,
14:25 j'avais déposé une proposition de résolution
14:27 l'année dernière avec Marine Le Pen,
14:29 il faut sortir de ces règles
14:31 européennes qui sont absurdes et c'est très simple,
14:33 le prix de l'électricité française, d'ailleurs
14:35 Monsieur Le Maire le dit maintenant, le prix de l'électricité
14:37 française doit correspondre au prix
14:39 au coût, pardon, du parc français.
14:41 C'est quand même très simple. Et là, on aura effectivement
14:43 l'une des électricités les moins chères d'Europe.
14:45 - Jean-Philippe Tanguy, 4 policiers de la BAC de Marseille
14:47 sont mis en examen, l'un d'entre eux est même
14:49 en détention provisoire. Ils sont tous
14:51 soupçonnés de violences en réunion, accusés par un jeune
14:53 homme de 21-22 ans
14:55 qui est toujours à l'hôpital.
14:57 Il les accuse de l'avoir passé à tabac
14:59 pendant les émeutes, c'était
15:01 à Marseille, lui dit qu'il n'avait rien
15:03 à voir avec les violences.
15:05 Est-ce que vous avez été choqué par ces images qui
15:07 tournent beaucoup, d'une haie d'honneur hier
15:09 de policiers qui ont applaudi leurs collègues
15:11 qui sortaient de garde à vue et qui allaient donc être
15:13 mis en examen ?
15:15 - Il faut différencier deux choses. Il y a
15:17 une procédure judiciaire, ce qui prouve d'ailleurs
15:19 qu'en France, ce sont des policiers et gendarmes,
15:21 s'il y a des soupçons
15:23 d'abus ou de mauvais comportements,
15:25 la justice fonctionne et la procédure
15:27 suit son cours. Après, le fait qu'il y ait
15:29 une solidarité de corps
15:31 de nos policiers, de nos forces de l'ordre, qui vivent
15:33 un enfer au quotidien, c'est tout à fait normal.
15:35 Ça existe dans tous les corps de métier
15:37 qui sont exposés. - Qu'on vienne
15:39 applaudir des gens qui sortent de garde à vue.
15:41 - Parce que ni vous ni moi ne savons ce qui s'est passé.
15:43 Les policiers de Bachelor, en particulier
15:45 à Marseille, vivent quand même une situation
15:47 extrêmement compliquée.
15:49 Il y a une présomption naturellement
15:51 de confiance envers nos policiers.
15:53 - Il y a aussi des mises en examen. Un des policiers
15:55 qui est en détention provisoire, certes, on ne sait
15:57 pas ce qu'il s'est passé, mais c'est quoi le symbole ?
15:59 Ils sont quand même accusés d'avoir passé un jeune
16:01 homme à tabac, cette personne est encore
16:03 hospitalisée. Est-ce que c'est nécessaire
16:05 d'applaudir ces policiers ?
16:07 - C'est une solidarité de corps
16:09 qui est tout à fait naturelle, Mme Lambret,
16:11 une fois plus. La situation que vivent les forces
16:13 de l'ordre à Marseille depuis des années est extrêmement
16:15 tendue. Les forces
16:17 de l'ordre comptent de nombreuses victimes, malheureusement,
16:19 des mères et des pères de famille dans leur rang.
16:21 Et c'est normal qu'il y ait cette solidarité de corps.
16:23 La justice ensuite
16:25 passera, une enquête sera faite.
16:27 Et moi, ce que je trouve quand même
16:29 un peu inquiétant dans notre pays, c'est qu'il n'y a
16:31 jamais de présomption d'innocence
16:33 dans notre pays. - Ces gens ne se rendent pas compte
16:35 de ce qu'ils font, c'est ce que déclare l'avocat du jeune
16:37 homme sur France Info en parlant des policiers.
16:39 Ils ne se rendent pas compte de l'image que ça
16:41 renvoie à la société française,
16:43 le fait d'applaudir des policiers mis en cause.
16:45 - Non mais, moi, l'image que je voudrais,
16:47 c'est qu'on ait une présomption de confiance
16:49 dans nos forces de l'ordre. Moi, je n'ai aucune raison de croire
16:51 qu'a priori, ces personnes sont
16:53 coupables. C'est à la justice de le dire.
16:55 Et de la même manière, d'ailleurs, je vous ferai quand même remarquer que l'attitude
16:57 générale du Rassemblement National, ce qui est assez rare
16:59 dans le paysage politique, c'est de considérer la présomption
17:01 d'innocence. Et je pense que tous les hommes
17:03 politiques devraient se tenir
17:05 à cette
17:07 discipline, sauf quand il y a des
17:09 flagrants délits, ce qui n'est pas le cas ici.
17:11 - Jean-Philippe Tanguy, merci beaucoup. - Merci à vous. - Député Rassemblement
17:13 national de la Somme, invité du 8.30 ce matin, bonne journée à vous.
17:15 8h50, c'est le Filinfo avec Yann Fershit.