00:00C'est l'un des films les plus attendus de l'année, l'un des plus secrets aussi.
00:03On découvre cette semaine Digger de Alejandro González Signarito avec Tom Cruise.
00:36Alors Tom Cruise, depuis le temps qu'il cavale à Hollywood de Mission Impossible en Mission Impossible,
00:42on a bien vu tous qu'il vieillissait pas trop.
00:45Il a 64 ans, bon voilà, il pourrait être mon fils quasiment, chaque fois qu'on le voit dans un
00:50film.
00:51Alors évidemment le défi là c'est Tom Cruise vieux.
00:54Donc il y a une petite curiosité à ce niveau là, c'est-à-dire comment il fait pour le
00:59rendre vieux,
01:00et on le reconnaît sous les prothèses, on le reconnaît sous le maquillage et ça crée une petite fascination,
01:05enfin un quart d'heure, faut pas rigoler non plus.
01:08Mais voilà, on est curieux de voir un peu comment Tom Cruise se réinvente en dehors de ce qu'on
01:15a l'habitude de voir,
01:16l'action hero, etc.
01:17Et donc voilà, il a une bedaine, un pyjama de soie, on lui a collé dans les bras une espèce
01:22de chat blanc subclaquant
01:24qui a vraiment l'air d'être le chat du méchant de James Bond, mais qui est dans un drôle
01:28d'état.
01:29Et ce qui frappe en fait dans le film, c'est la bizarrerie partout, tout le temps,
01:34la bizarrerie des décors, la bizarrerie de ce chat, on voit bien que quelque chose cloche.
01:39Dès le début, on est dans ces décors tellement particuliers,
01:42il y a le jeu assez étrange de Tom Cruise auquel il faut un petit peu de temps pour s
01:46'habituer,
01:47où tout est too much, tout est outrancier, on se dit, il y a forcément anguille sous roche,
01:51voire, vu qu'on a dit que tout est très pesant, baleine sous cailloux.
01:54Alors effectivement, assez vite, on a le poteau rose de l'affaire.
01:58Il se produit quelque chose d'étrange dans ce film, qui est quand même un pinceum assez interminable
02:05pendant un bon moment, et dont je dirais les 15 dernières minutes sont censées racheter le pinceum
02:11et vous dire, mais vous avez eu raison de vous accrocher, tout ça, ça valait la peine, quoi.
02:15On va vous donner des clés pour comprendre ce à quoi vous venez d'assister.
02:18Bon, ça ne marche pas vraiment.
02:19Le problème du film, c'est que c'est très difficile de caricaturer ce qui est déjà une caricature en
02:23soi,
02:23et le film court après ça en permanence, c'est-à-dire qu'on est dans l'outrance permanente,
02:27toujours plus dans les décors, toujours plus dans les cris, et toujours plus dans le jeu de Tom Cruise.
02:34Donc le film est assez épuisant, parce que vraiment ça crie tout le temps, ça gigote tout le temps.
02:38Le problème, c'est qu'on vit dans un temps où c'est impossible de caricaturer ces gens-là.
02:44C'est-à-dire qu'ils sont eux-mêmes des caricatures tellement folles,
02:47les milliardaires, les politiques, les trumpistes, les évangélistes,
02:51on est déjà tellement au-delà de toute raison, au-delà de tout réel, au-delà des faits,
02:57qu'il faudrait inventer quelque chose qui n'existe pas encore pour arriver à forcer le trait,
03:03pour arriver à caricaturer des gens qui tiennent la planète entre leurs mains.
03:12Et donc, on sourit deux, trois fois, notamment parce qu'il y a des petits gags sur l'absence de
03:18femmes,
03:18par exemple, dans tous ces décisionnaires.
03:21Mais c'est vrai qu'une fois qu'on a capté ce qui était en train de se passer,
03:25une fois qu'on s'est dit « Non, ça fait beaucoup de contre-plongée ! »
03:28parce qu'il multiplie un peu les signaux comme ça, et notamment pour rappeler le docteur Follamour de Stanley Kubrick,
03:37qui racontait déjà une bande de vieux mecs blancs, fous, autour d'une table, avec le sort du monde entre
03:43leurs mains.
03:44Une fois qu'il a fait ses citations et qu'il a épuisé un peu les trois gags qu'il
03:48avait sur ses personnages,
03:49le film tourne en rond, le film se répète.
03:51On revoit que Iñárritu, c'est un peu le spécialiste des films concepts.
03:56Donc il arrive, effectivement, il y a toujours, sur le papier, c'est toujours très intriguant ce qu'il produit.
04:01À l'arrivée, ça coince souvent aussi.
04:03Et Tom Cruise, de la première seconde à la dernière seconde, il est vraiment dans la quête de son Oscar.
04:09Ça en est un peu gênant.
04:11C'est-à-dire, c'est vraiment, il faut toujours plus, toujours plus, toujours plus.
04:15Et il refait des morceaux de bravoure qu'il a fait autrefois.
04:18C'est-à-dire que, comme dans Magnolia, il jouait le rôle d'un influenceur masculiniste.
04:21Il avait un grand discours, à un moment, face à son auditoire.
04:25Et bien là, c'est un petit peu la même chose.
04:26À un moment, le personnage de Digger, il est face à une assemblée, un genre d'assemblée de l'ONU.
04:31Je n'ai pas très bien compris, mais enfin voilà.
04:33Et là, il se livre à un grand discours sur les mérites du capitalisme.
04:37Et il en fait des caisses, il saute partout.
04:39D'un seul coup, le vieillard, Kakochim, il bontit partout.
04:43Voilà, donc la performance, elle est là, c'est indéniable.
04:46Parce que Tom Cruise, c'est un grand acteur.
04:47Il a fait beaucoup mieux que ça.
04:49Digger, c'est un film qui se creuse la tête, mais c'est bof.
04:52Digger, beaucoup de bruit pour pas grand-chose, c'est bof.
04:55Please, there are women present.
04:57Sous-titrage Société Radio-Canada
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