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- il y a 3 ans
Du mardi au jeudi, retrouvez le match du soir entre Pablo Pillaud-Vivien et Charles Consigny dans l'émission 90 minutes de Julie Hammett. Au programme ce mercredi, les critiques formulées par Éric Dupond-Moretti contre la présence du Syndicat de la magistrature à la Fête de l'Humanité et le refus par un gynécologue d'ausculter une femme transsexuelle.
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00:00 [Musique]
00:04 Bonsoir Pablo, bonsoir Charles, bonsoir à tous les deux.
00:10 On va parler de la fête de l'Humain, parce que vous avez peut-être un peu suivi la polémique autour de...
00:16 Il y en a eu plusieurs, mais là c'en est une autre.
00:18 Et c'est une première, le syndicat de la magistrature qui sera présent à la fête de l'Humain.
00:23 Et cette présence évidemment, elle ne plaît pas à tout le monde.
00:25 Certains y voient clairement une politisation de la justice.
00:28 C'est un peu ce que dit Éric Dupond-Moretti, le garde des Sceaux,
00:32 très remonté contre cette présence à la fête de l'Humain. On l'écoute.
00:35 Je suis pour ne rien vous cacher excédé.
00:42 Je pense que le syndicat de la magistrature n'a pas pris la mesure de ce pathétique événement qui était le mur des cons.
00:51 Et depuis que je suis ministre, j'assiste impuissant à un certain nombre de dérapages.
00:57 Le syndicat de la magistrature a pris fait et cause pour les émeutiers.
01:03 Que ce soit à Sainte-Soline ou après la mort dramatique du jeune Nael.
01:07 D'ailleurs, le syndicat de la magistrature a dit "ça n'est pas à la justice de rétablir l'ordre".
01:12 Et moi je pense le contraire.
01:13 Moi je suis fier que les magistrats de ce pays aient répondu avec fermeté aux émeutiers.
01:19 On a dans un temps record rétabli l'ordre républicain.
01:23 C'est cela que les français attendent.
01:25 Le syndicalisme doit évidemment avoir une grande liberté d'expression.
01:31 Mais cette liberté, elle doit être conjuguée avec la neutralité, l'impartialité et l'apparence d'impartialité.
01:43 Moi je ne veux pas qu'un justicier de ce pays pénètre dans une juridiction en se disant "mais à quelle sauce idéologique je vais être mangé".
01:52 Je veux que tous nos compatriotes pensent que quand ils pénètrent dans une juridiction,
01:57 la seule boussole du magistrat qu'ils auront en face d'eux, c'est celle du droit et exclusivement celle du droit.
02:03 Je ne voudrais pas que nos compatriotes fassent un certain nombre d'amalgame.
02:09 Le syndicat de la magistrature, ça n'est pas la justice.
02:13 Le syndicat de la magistrature, ça n'est pas loin sans faute l'ensemble de la magistrature.
02:18 Et voyez, ce message brouille les choses.
02:22 Table ronde à la fête de l'humanité, pourquoi ?
02:27 Pour critiquer le travail des forces de sécurité intérieure.
02:31 Et je trouve que ce type d'expression est absolument délétère.
02:36 Parce que les Français se demandent vers quelle dérive va notre justice.
02:41 Et je veux les rassurer, tout cela est infiniment minoritaire et tout cela n'a strictement aucune raison d'exister.
02:49 Je me tourne d'abord vers l'avocat.
02:51 Charles Cronciani, est-ce que vous aussi ça vous dérange cette présence du syndicat de la magistrature à la fête de l'humain ?
02:57 En tout cas, je trouve Eric Dupond-Moretti absolument excellent dans son intervention.
03:04 Je trouve qu'il retrouve le talent que nous lui connaissions quand il était avocat, sans doute parce que la cause lui tient à cœur.
03:14 Et je comprends, sans souscrire complètement, je comprends ce qu'il veut dire.
03:19 La justice est souvent suspectée, notamment par certains médias et certains responsables politiques.
03:26 Nicolas Sarkozy notamment, encore aujourd'hui d'ailleurs, sur BFM TV.
03:30 Alors c'est différent, parce que c'est différent, vous allez voir.
03:33 S'agissant d'abord sur, je vais essayer de ne pas être long du tout, mais elle est souvent suspectée d'être laxiste.
03:43 S'agissant des délinquants, des criminels, etc.
03:47 Certains se font une idée, à mon sens pour le coup, fantasmée, des juges comme étant de gauche,
03:56 au sens où ils auraient je ne sais quelle complaisance à l'endroit des racailles, pour parler vite.
04:03 Moi je fais du droit pénal pour l'essentiel, je suis en contact quasiment tous les jours avec des magistrats, quasiment quotidiennement.
04:12 - Et vous dites que non, c'est pas le cas ? - Non, clairement.
04:14 - Il n'y a pas de complaisance ? - Moi je n'observe pas de laxisme judiciaire.
04:17 J'observe une justice qui est totalement engorgée par le flux de dossiers qu'elle a traités.
04:23 Encore hier, mon cabinet représentait quelqu'un dans une affaire de violence conjugale, l'audience commençait à 13h30,
04:30 il y avait 22 dossiers à traiter.
04:34 La présidente du tribunal, héroïquement, traitait les dossiers les uns auprès des autres,
04:39 dans un état d'épuisement qui leur ait conduit à un arrêt de travail dans n'importe quelle autre situation.
04:45 - Mais en tout cas, pas de complaisance, c'est ce que vous dites. - Donc c'était très dur.
04:47 - Mais il y a des exemples, par exemple, je reparle de Nicolas Sarkozy,
04:51 quand la présidente du tribunal correctionnel de Paris avait été mise en cause par Sarkozy,
04:56 après sa condamnation dans l'affaire Bismuth, parce qu'en 2009, elle avait signé dans les colonnes du Monde
05:00 une tribune dans laquelle elle critiquait la politique pénale, quand il était à l'Elysée.
05:05 - Alors, c'était une présidente de cours d'appel, qui était clairement une adversaire politique de Nicolas Sarkozy.
05:14 Et ça, c'est vrai par contre qu'il y a une politisation des juges qui existe sur leur obsession et leur détestation
05:23 des hommes politiques de droite. Ça, c'est une réalité.
05:26 - Est-ce que ça abîme, cette présence-là, du syndicat de la magistrature à la fête de l'Huma,
05:30 ça abîme la confiance que les Français ont en leur justice, selon vous ?
05:36 - Non, pas du tout. Je ne vois pas le rapport.
05:39 Moi, j'avoue que je suis un peu tombé de ma chaise lorsque j'ai entendu la belle diatribe,
05:45 comme l'a souligné Charles, d'Éric Dupont-Moretti, parce qu'en gros, il est très inquiet
05:50 du manque d'impartialité des juges, ou je ne sais pas quoi.
05:54 Éric Dupont-Moretti, je ne l'ai pas entendu moufeter, lorsque des policiers sont allés manifester
06:00 devant l'Assemblée nationale, disant que le problème de la police, c'était la justice.
06:05 Il y avait même la présence d'un ministre, le ministre de l'Intérieur, dans cette manifestation.
06:09 Et à ce moment-là, ça n'a pas posé de problème à Éric Dupont-Moretti
06:13 que des policiers agissent de la sorte, et fassent des demandes, c'est-à-dire jettent l'opprobre
06:18 de façon aussi violente sur l'institution judiciaire.
06:21 Là, qu'est-ce qu'on a ? On a des juges, on a un syndicat.
06:24 Un syndicat, je le rappelle, les juges ont le droit d'être syndiqués.
06:28 Ça a même été validé il y a une dizaine d'années par la Cour européenne des droits de l'homme.
06:32 - Mais ils sont soumis à une certaine réserve quand même, non ?
06:34 - Mais ils sont soumis totalement, c'est vrai, ils sont soumis à une certaine réserve,
06:38 mais sauf que là, ils n'y vont pas en tant que juges à la fête de l'humanité.
06:41 Ils y vont en tant que syndicalistes. Et c'est très important.
06:44 Il y a plein de pays dans lesquels les magistrats sont syndiqués.
06:48 L'Espagne, le Portugal, l'Italie. Et ça ne pose absolument aucun problème.
06:53 Alors moi, je veux bien qu'Éric Dupont-Moretti dise, parce qu'il joue un peu sur les mots,
06:57 il dit "oui, ils ont le droit d'être syndiqués, mais..."
06:59 Je suis désolé, il n'y a pas de "mais". Ils ont le droit d'être syndiqués,
07:02 ils ont même le droit d'être de gauche et de revendiquer des opinions politiques.
07:05 Je rappelle que le syndicat de la magistrature a appelé à voter contre Nicolas Sarkozy en 2007.
07:10 Parce qu'effectivement, le programme qui était proposé pour la justice de Nicolas Sarkozy
07:15 n'était pas en accord avec les statuts, c'est-à-dire ce pour quoi doivent se battre
07:20 les membres du syndicat de la magistrature.
07:22 Mais là, ce dont Éric Dupont-Moretti a peur, c'est que dans la salle, dans les tribunaux,
07:29 il ne rende pas la justice sur la base du droit, mais de la politique.
07:32 Mais là, il fait une erreur. Ou alors qu'il le prouve.
07:34 Mais c'est ce qu'il faut.
07:35 Exactement, il le rend sur la base du droit, mais qu'il le prouve.
07:37 S'il dit que c'est sur la base de la politique, qu'il le prouve.
07:39 Par exemple, s'agissant de Nicolas Sarkozy, moi je considère que l'affaire dite des écoutes,
07:46 dans laquelle on a écouté et utilisé contre lui des écoutes téléphoniques
07:51 entre Nicolas Sarkozy et son avocat, de conversations qui étaient en plus
07:56 passées sur une ligne exclusivement dédiée à leur conversation avocat-client,
08:00 moi je considère que c'était dans ce cas-là une justice politique qui s'est exprimée.
08:04 Et donc je comprends ce que veut dire Éric Dupont-Moretti.
08:07 Il y a plusieurs strats.
08:08 Je pense par ailleurs.
08:09 C'est-à-dire que tu peux faire appel, si t'es pas content.
08:11 Oui, mais le problème, Pablo, c'est que parfois il y a certains dossiers dans lesquels,
08:16 mais c'est pas à être complotiste, il y a certains dossiers dans lesquels
08:19 on se retrouve devant une espèce de bloc monolithique de juges,
08:23 qui dans certains dossiers, notamment par exemple le dossier Sarkozy,
08:26 ont tendance à faire bloc.
08:27 Mais tout ça doit être prouvé.
08:29 Et lorsqu'on regarde des sceaux, il faut faire très attention à ce qu'on dit.
08:31 Donc s'il dit qu'il y a des juges qui font de la politique, très bien.
08:35 Mais qu'il le prouve et qu'il montre que les 35% de juges qui ont voté pour la magistrature
08:39 sont des juges qui ne jugent pas.
08:42 Je viens de le prouver, moi, j'estime que l'affaire des écoutes,
08:47 où les juges ont violé tous les principes en utilisant des écoutes entre un avocat et son client,
08:58 ça a été une justice politique.
09:00 Et précisément le fait que ça a été validé à tous les étages de la procédure,
09:06 ça montre qu'il y avait un problème.
09:08 Donc est-ce qu'on a besoin, pour en mettre une couche,
09:12 de la présence du syndicat de la magistrature à la fête de l'UPR ?
09:14 Ça j'en sais rien, si vous voulez.
09:15 Ce que je pense par ailleurs, pour être clair,
09:18 c'est qu'Éric Dupond-Moretti aussi en profite pour flinguer,
09:22 comme ça a été écrit sur le bandeau, un syndicat.
09:25 Pourquoi ? Parce que le syndicat de la magistrature lui mène une guerre ouverte depuis qu'il est nommé.
09:30 Avec l'autre syndicat.
09:32 Je rappelle que la présidente de ce syndicat avait évoqué quand même
09:36 le fait que la nomination d'Éric Dupond-Moretti représentait une déclaration de guerre contre les magistrats.
09:42 Moi je ne veux pas faire d'amalgame entre tous les magistrats.
09:45 Il m'arrive très souvent, et c'est un grand plaisir quand on est avocat,
09:48 de plaider devant des magistrats qu'on trouve remarquables,
09:51 qu'on admire, des gens extrêmement intelligents,
09:54 des gens qui font preuve d'impartialité totale,
09:57 qui recherchent la vérité, qui en plus sont respectueux des uns et des autres,
10:01 des principes qui sont courageux.
10:02 Non, je ne fais pas d'amalgame.
10:04 Ce que je dis simplement, c'est que par exemple,
10:07 la guerre que certains magistrats font à Éric Dupond-Moretti
10:11 depuis qu'il a été nommé garde des Sceaux,
10:13 elle me paraît inadmissible.
10:15 Parce qu'aux dernières nouvelles, le garde des Sceaux c'est le pouvoir politique,
10:19 c'est donc la démocratie qui choisit,
10:21 le pouvoir investi démocratiquement qui choisit le garde des Sceaux.
10:24 Ce ne sont pas les juges, ne le rendez-vous pas plaide.
10:26 - Si tu es tout le temps scandaleux, il y a des recours, utilise-les.
10:28 - Moi je pense... - Utilise-les.
10:29 Et d'ailleurs, ça fait que Dupond-Moretti peut les utiliser aussi.
10:31 - Mais c'est ce qu'il essaye de faire.
10:33 Mais parfois, ils sont jugés partis.
10:34 - J'aimerais qu'on garde un peu de temps aussi pour parler d'un autre sujet de société
10:37 sur lequel j'aimerais beaucoup avoir votre avis.
10:39 Cette histoire d'un gynécologue attaqué pour avoir refusé d'examiner une femme trans.
10:44 Tout a commencé donc par un avis laissé sur Google,
10:49 parce qu'on peut laisser des avis maintenant,
10:51 concernant nos médecins.
10:53 Voilà, c'était le premier rendez-vous de ma compagne trans.
10:56 Il a refusé de la recevoir.
10:57 Sa secrétaire nous a jetés froidement.
10:59 Je déconseille plus jamais.
11:01 Il a répondu, le médecin, et voilà ce qu'il a mis.
11:04 "Monsieur, je suis gynécologue et je m'occupe des vraies femmes.
11:08 Je n'ai aucune compétence pour m'occuper des hommes.
11:11 Même s'ils se font raser la barbe et viennent dire à ma secrétaire qu'ils sont devenus femmes,
11:15 ma table d'examen gynécologique n'est pas adaptée pour examiner les hommes.
11:18 Vous avez des services spécialisés et très compétents pour s'occuper des hommes comme vous.
11:22 Je vous remercie d'avoir informé les personnes trans de ne jamais venir me consulter."
11:26 Voilà donc pour sa réponse.
11:28 Il a concédé que sur la forme, il y avait quand même un problème
11:31 avec la manière dont il avait répondu.
11:34 Il a présenté ses excuses sur l'antenne, sur BFMTV.
11:38 "J'ai eu une réaction excessive.
11:42 J'ai répondu quasiment instantanément aux propos qui ont heurté toutes ces personnes.
11:46 Et je le regrette vraiment.
11:48 Je n'aurais pas dû tenir des propos.
11:50 Je présente mes excuses et je suis désolé que ça ait pu blesser toutes ces personnes."
11:53 Voilà donc sur la forme, il regrette.
11:56 Sur le fond, non.
11:58 En gros, il maintient qu'il n'est pas compétent pour ausculter une femme trans.
12:04 Est-ce que selon vous, c'est discriminatoire ?
12:07 C'est homophobe ?
12:09 C'est transphobe en l'occurrence.
12:11 Sur le fond, il a tout à fait le droit de s'estimer incompétent.
12:16 Je le pense.
12:18 Mais donc du coup, qu'est-ce que ça veut dire ?
12:20 Ça veut dire que derrière, il faut une formation pour les gynécologues
12:22 pour qu'ils puissent accueillir des femmes transgenres
12:26 si aujourd'hui, il y a des gynécologues qui s'estiment incompétents en la matière.
12:31 Sur la forme, SOS Homophobie a porté plainte contre ce médecin
12:35 parce que ses propos, même s'il les regrette, sont discriminatoires,
12:39 sont particulièrement violents.
12:41 Et ils disent en sous-texte ce que vivent beaucoup de femmes et d'hommes trans
12:46 aujourd'hui dans la société, que ce soit vis-à-vis de nos administrations,
12:52 vis-à-vis du corps médical ou tout simplement dans la rue.
12:57 Cette violence, j'en ai encore rencontré la semaine dernière
13:00 des hommes et des femmes trans dans une association qui leur est dédiée
13:06 et qui me racontait leur vie.
13:08 Il faut bien que les gens imaginent, leur vie est faite de violence.
13:13 Leur vie, être une femme trans et marcher dans la rue,
13:17 c'est s'exposer à la violence transphobe d'énormément de gens.
13:22 Et donc la forme est importante.
13:24 La forme est très importante.
13:26 Si vraiment ce monsieur s'était estimé incompétent,
13:28 il aurait dû recevoir cette femme trans, pas lui dire que c'était trop...
13:31 Et la rediriger.
13:32 Et la rediriger et dire "comment on fait ?"
13:35 Mais l'accompagner.
13:36 Ces femmes et ces hommes trans ont besoin d'accompagnement.
13:39 Ils ont besoin d'accompagnement, ce que dit aussi Charles,
13:42 c'est que justement, peut-être que notre société n'a pas encore...
13:50 a besoin d'évoluer sur ces questions-là.
13:52 Ce médecin qui s'est retrouvé désemparé face à une femme trans,
13:56 ce n'est pas normal, mais en même temps, il n'a pas été formé,
13:59 comme vous le disiez, peut-être qu'on n'a pas encore fait assez
14:01 dans une société pour mieux les accueillir, les suivre, médicalement notamment,
14:06 parce que l'accès aux soins, on le rappelle, est universel.
14:08 Oui, peut-être.
14:11 Pourquoi vous rigolez ?
14:12 Parce que vous posez des questions qui donnent les réponses
14:17 presque en même temps que les questions.
14:19 C'est un peu des questions rhétoriques.
14:21 C'est un médecin qui a déconné, il le reconnaît, il s'est montré très véhément.
14:27 Je pense qu'il n'y a pas de débat particulier à avoir.
14:31 Peut-être qu'en effet, les médecins doivent être un peu plus...
14:34 Enfin, certains médecins doivent être un peu plus mis au parfum
14:37 de ces évolutions rapides de la société.
14:41 Après, on en parle quand même énormément.
14:44 Je pense qu'on en parle d'ailleurs de manière...
14:48 En proportion du nombre de personnes que ça concerne,
14:50 je pense que ça prend une place dans les médias vraiment très importante.
14:54 Alors après, c'est peut-être nécessaire.
14:57 Je pense que les questions, par exemple, sur les transsexuels,
15:00 les questions de genre, toutes ces questions sur lesquelles...
15:04 Enfin, desquelles on parle quand même beaucoup.
15:06 - Elles prennent trop de place dans les médias ?
15:07 - Non, je ne dis pas qu'elles prennent trop de place.
15:09 Oui, à mon sens, peut-être qu'elles en prennent un petit peu trop.
15:12 C'est-à-dire qu'au bout d'un moment, vous avez aussi là la réaction,
15:15 que moi je condamne absolument, de ce médecin.
15:17 Mais on a un peu l'impression que c'est quelqu'un aussi qui est exaspéré,
15:20 ce qui ne l'excuse en rien.
15:22 Il a bien fait de présenter des plates excuses.
15:24 Mais je remarque simplement qu'on en parle déjà beaucoup,
15:28 les médecins, aux dernières nouvelles,
15:29 ne sont pas exactement des gens dépourvus de capacités intellectuelles.
15:33 Donc je pense qu'en fait, ils comprennent tout à fait
15:35 qu'ils ont besoin de la société.
15:36 Je ne suis pas sûr qu'ils aient besoin qu'on leur mette des formations.
15:39 - Techniquement, peut-être que techniquement,
15:41 on s'amérite d'avoir des formations.
15:43 - Oui, peut-être que ceux qui en ressentent le besoin peuvent le demander.
15:45 Mais je ne tiens pas, si vous voulez, à ce qu'on embête des médecins
15:49 avec des nouvelles formations qui auraient été dictées par des modes médiatiques.
15:53 - Moi, je pense qu'on parle beaucoup de cette question,
15:57 de la question trans, aujourd'hui, dans les médias
16:00 et plus globalement dans la société,
16:01 parce que les hommes et les femmes trans sont victimes de violences,
16:04 mais particulièrement quotidiennes,
16:07 et qu'il faut trouver une solution à ça,
16:09 il faut faire évoluer la société.
16:10 Et donc, je trouve ça bien qu'on en parle.
16:12 Si les transphobes pouvaient un peu moins prendre la parole,
16:14 je pense qu'on se porterait mieux.
16:16 Après, il y a une deuxième chose,
16:19 c'est que, moi, je pense qu'il y a aussi un petit problème
16:21 avec les gynécologues, en général.
16:23 Parce que je vous rappelle que le président de l'association des gynécologues,
16:27 il avait répondu à Agnès Buzyn sur la question de l'IVG,
16:32 et il avait dit "vous savez, moi, je ne pratique pas l'IVG,
16:36 je ne veux pas accueillir, je ne veux pas pratiquer l'IVG,
16:38 je suis gynécologue, je ne veux pas".
16:39 - C'est son droit.
16:40 - Alors, c'est son droit, mais ça pose des questions.
16:42 - C'est son droit.
16:43 - C'est son droit, et moi d'ailleurs, je suis plutôt pour,
16:44 moi, exactement comme Agnès Buzyn à l'époque,
16:46 qui était ministre de la Santé,
16:47 je suis pour qu'effectivement, il ne s'approche pas d'une femme
16:50 qui veut pratiquer l'IVG, si lui-même, fondamentalement,
16:53 il est contre l'IVG.
16:54 Mais ça pose une question du caractère réactionnaire de ce corps.
16:57 - Enfin, là, on parle d'un exemple, peut-être qu'on peut la généraliser.
17:01 - Non, mais justement, il y a des femmes qui vont voir des gynécologues.
17:04 - Il faut rééduquer les gynécologues.
17:06 - Non, mais il faut faire attention, ces gens accueillent des femmes,
17:09 accueillent, là, en l'occurrence, des femmes trans.
17:11 - Il faut que Caroline Dehaze vienne faire des formations aux gynécologues.
17:15 - Non, mais il faut penser que, en fait, le corps médical,
17:18 comme tous les corps, ne sont pas complètement imperméables
17:22 aux polémiques et aux réactionnariats.
17:25 Et donc, il y a aussi, à mon sens, à aller vers ce corps médical...
17:29 - Mais attention à ne pas le généraliser non plus.
17:32 Tous les gynécologues ne sont pas réactionnaires et anti-IVG.
17:36 - À l'époque, Agnès Buzyn avait sorti des chiffres
17:40 et les gynécologues, en fait, qui refusaient l'IVG,
17:43 je n'ai plus les chiffres en tête, mais ce n'était pas négligeable.
17:46 Et, encore une fois, c'était le président de l'Association des gynécologues.
17:49 - Mais c'est leur droit le plus strict.
17:51 - Mais c'est à la fois leur droit le plus strict et à la fois, c'est un problème.
17:54 - Ah bon ?
17:55 - Est-ce que là, ça va trop loin qu'il porte plainte contre les associations ?
17:59 - SES notamment.
18:00 - Mais de toute façon, tout le monde porte plainte pour tout.
18:04 Moi, je trouve que dès lors qu'il s'est excusé, qu'il reconnaît qu'il a déconné,
18:08 non, ce n'est pas la peine de porter plainte.
18:10 - Tu as un drôle d'avocat, toi.
18:12 - Mais tout le monde porte plainte.
18:14 - Mais c'est bon, on porte plainte.
18:16 - Oui, quand quelqu'un vient me voir pour déposer une plainte inutile,
18:19 je lui dis "Madame, Monsieur, cette plainte est inutile".
18:21 - Je pense que la transphobie doit être reconnue aussi par la justice
18:24 et c'est important lorsque il y a des faits de transphobie.
18:27 - Tu seras content, la justice, elle, elle est très perméable à l'air du temps.
18:31 C'est un des sujets que je voulais aborder sur le sujet précédent,
18:34 c'est que les juges sont des éponges à l'air du temps.
18:37 Donc tous les mouvements #MeToo, etc., on les retrouve dans les cabinets des juges
18:41 et ça, ils y vont aveuglément.
18:42 - Et c'est tant mieux.
18:43 - Non, pas toujours.
18:44 - Mais c'est tant mieux qu'ils puissent suivre ces événements du chambat.
18:46 - Pas toujours, pas toujours.
18:47 - Sur la question du féministe et d'aller contre la transphobie...
18:50 - Sur la question, par exemple sur #MeToo, moi je vois des dossiers totalement effarants
18:55 dans lesquels des gens sont poursuivis sans preuve et mis en examen sans preuve
18:58 sur la base de simples déclarations parce que depuis qu'il y a eu ce mouvement,
19:02 il y a une espèce de terrorisme intellectuel sur les juges notamment.
19:06 - Et oui, c'est quelque chose qui existe.
19:08 - Un terrorisme intellectuel sur les juges ?
19:10 - Mais bien sûr, parce qu'un juge qui refuserait d'écouter une parole
19:14 qui vient se plaindre d'une agression sexuelle
19:16 serait décrit par des gens comme Pablo comme réactionnaire
19:19 et comme misogyne, etc.
19:22 Et il y a sur certains sujets aujourd'hui, moi je trouve,
19:25 une forme d'autoritarisme intellectuel sur lesquels on ne peut rien dire.
19:29 - Et typiquement, par exemple, si ces recours n'aboutissent pas...
19:34 Je ne comprends pas en fait ta propension à jeter l'opproche sur l'institution judiciaire.
19:38 - Moi c'est quelque chose...
19:39 - C'est quand même un billet important de la République.
19:41 - Ben justement, je te donne mon témoignage personnel et je te dis que...
19:45 - T'es à la télé !
19:46 - Oui. - Tu peux pas jeter et dire
19:48 "l'institution judiciaire, de toute façon ça marche pas".
19:50 - Mais je te dis que beaucoup... - Mais si, c'est ce que tu dis !
19:52 - Je te dis que par exemple, les mouvements...
19:54 Tu te plains du fait que les gynécologues sont réactionnaires.
19:57 - Oui ! - Je te réponds, comme beaucoup de corps de l'État...
19:59 - Tu seras content d'apprendre que les magistrats sont progressistes.
20:02 Progressistes au point d'être extrêmement perméables à l'ère du temps.
20:05 Et moi je pense que l'ère du temps, c'est un peu comme l'opinion publique,
20:09 c'est quelque chose qui doit rester à la porte de l'enceinte judiciaire.
20:12 - Tu voudrais qu'il reste féministe des années 19e siècle ?
20:15 - Non, je veux qu'il ne se laisse pas intimider par des ayatollahs de la pensée.
20:21 - Merci beaucoup à tous les deux. Merci Pablo. Merci Charles.