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  • il y a 3 ans
Une attaque au couteau a eu lieu ce vendredi 13 octobre vers 11 heures dans le lycée Gambetta-Carnot d'Arras (Pas-de-Calais). Un enseignant a été tué et deux autres personnes blessées.

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Transcription
00:00 Priorité au direct, nous allons entendre un collègue, un enseignant du lycée d'Arras.
00:05 On a commencé à avoir des informations de qui étaient les victimes.
00:09 Donc c'est venu très très vite en fait, on n'a pas eu le temps vraiment de réagir.
00:14 Comment l'information vous est parvenue, vous qui étiez du coup en cours à l'extérieur de l'établissement ?
00:18 En fait j'ai un collègue qui m'a demandé "est-ce que vous êtes aussi confiné ?"
00:22 Donc je lui ai dit "non, nous on n'est pas confiné" et puis je lui ai dit "ça doit être un exercice".
00:26 C'est vrai qu'on en a souvent des exercices de confinement et d'alerte attentat et finalement très vite,
00:30 j'ai des autres collègues qui m'ont dit "bah non, il y a un collègue qui est blessé, un collègue qui est décédé".
00:34 Et puis les élèves le savaient aussi, donc j'ai fini comme j'ai pu mon cours pour leur dire
00:39 "on rentre au lycée pour être un petit peu plus au calme".
00:44 Donc c'est venu très vite et on a dû gérer vraiment dans l'instant.
00:49 Quelle a été justement la réaction de vos élèves ?
00:53 Moi quand j'ai eu les infos tout de suite, j'ai vu qu'il y a un collègue qui était décédé.
00:57 Donc tout de suite on se demande si on va rester debout.
01:00 Et puis on ne sait pas qui est blessé.
01:03 Moi on m'a dit que c'était un collègue à moi de PS, donc en plus j'ai eu peur pour mes collègues.
01:07 Donc forcément. Et puis les élèves on voit dans leurs yeux aussi, ils sont choqués.
01:11 Savoir quel est le professeur et puis si ça va continuer, si la personne est bien arrêtée.
01:18 C'est un petit peu les questions qu'on se pose.
01:20 Vous connaissiez ce professeur de lettres qui est décédé ?
01:22 Je le connaissais, je l'ai vu plusieurs fois en scène des profs, on a discuté.
01:26 C'est vrai qu'on est une grande entité scolaire, on est plus de 200 enseignants.
01:30 Donc on se connaît quand même un petit peu tous.
01:33 Oui je vois très bien qui c'était.
01:35 Les élèves ont donc été confinés avec leurs enseignants.
01:39 Comment ça s'est passé au juste ?
01:41 Certains élèves nous parlent de l'alarme qui a été déclenchée.
01:46 Expliquez-nous les informations que vous avez.
01:48 En fait l'alarme on a l'habitude de l'entendre parce qu'il y a des exercices plusieurs fois par an.
01:52 Après on se demande à chaque fois est-ce que c'est justement un exercice ou est-ce que c'est un vrai attentat.
01:57 Tout de suite ça s'est su parce que les élèves communiquent entre eux très vite.
02:00 Du coup ils sont restés confinés là je pense plus d'une heure.
02:02 Là j'ai eu un collègue qui vient de m'appeler, ils sont sortis, les élèves ont pu sortir.
02:06 Donc je pense que tout est sécurisé maintenant.
02:09 Mais voilà c'est choquant quand même d'entendre cette sirène et puis de se dire que c'est pour de vrai.
02:17 Quelle est la procédure justement lorsque cette sirène retentit dans votre établissement ?
02:21 Dans les établissements la procédure c'est de se confiner, se barricader avec les élèves.
02:25 Donc couper toute communication, plus faire de bruit et puis attendre qu'il y ait une sirène justement qui vienne nous dire.
02:32 C'est ça une sirène de fin d'alerte et que le chef d'établissement ou toute personne de l'autorité, soit la police, vienne nous dire de sortir.
02:40 Là donc la procédure a été respectée.
02:42 Vous parliez de votre collègue d'EPS qui lui fait semble-t-il partie des blessés.
02:47 Est-ce que vous avez des nouvelles d'abord ?
02:49 Apparemment il est parti à l'hôpital pour terminer les soins.
02:55 Mais apparemment il n'y a pas de danger.
03:01 On voit justement derrière vous les agents de force de l'ordre qui sont encore en train de mettre en place les rubanises, le périmètre.
03:08 C'est quoi votre sentiment quand vous voyez tout ça ?
03:10 On se demande ce qui va se passer.
03:12 Moi ma plus grande inquiétude c'est de savoir qu'est-ce qu'on va faire avec les élèves.
03:17 Là il reste une semaine avant les vacances.
03:19 Comment on va gérer demain ?
03:21 Je pense que demain de toute façon ça va être fermé.
03:23 Lundi, mardi, comment ils vont être suivis ?
03:25 Parce qu'il y a trois ans on a eu déjà deux drames dans le lycée.
03:29 Donc ça commence à faire beaucoup je pense pour tout le monde.
03:32 Depuis les faits, vous en discutez avec les collègues ?
03:36 Comment ça s'est passé après ?
03:38 J'ai vu quelques collègues qui sont aussi perdus.
03:40 Parce qu'on a des collègues un peu partout.
03:42 On est disséminés un peu.
03:43 On aimerait bien se retrouver un petit peu et pouvoir échanger.
03:46 Et voir qu'est-ce qu'on va faire.
03:48 Comment on va pouvoir gérer tout ça.
03:50 C'est quel type d'établissement ?
03:52 On est en plein centre-ville.
03:54 C'est quel type d'établissement là où ça s'est produit ?
03:57 C'est un établissement très calme, très serein.
04:01 Avec des bonnes relations avec les élèves.
04:04 Les parents n'ont jamais de problème.
04:07 On se dit pourquoi ça pourrait arriver ici en fait.
04:12 Selon les premiers éléments de l'enquête, c'est un ancien élève.
04:16 Est-ce que vous avez confirmation de cela ?
04:18 Est-ce que vous le connaissiez ?
04:20 Si c'est bien cet élève-là.
04:22 Oui, je l'ai eu il y a trois ans.
04:24 C'était un élève que j'avais en terminale.
04:27 Pas de profil particulier.
04:29 Un élève réservé, calme.
04:32 On n'aurait jamais pu penser que...
04:35 On ne soupçonne jamais à ces élèves de pouvoir passer à l'acte un jour.
04:39 Il était néanmoins fiché S.
04:41 Vous le saviez ?
04:42 Non, on ne sait pas. On n'a pas accès à ça.
04:44 Peut-être tant mieux.
04:46 Rien dans ses propos ne le laissait penser il y a trois ans.
04:49 Rien ne laissait penser à une radicalisation des positions particulières ?
04:54 Non, aucune.
04:55 De toute façon, on ne discute pas forcément de ça avec eux.
04:59 C'était un élève qui était calme, qui était réservé.
05:01 Mais avec qui j'avais des conversations tout à fait normales.
05:04 Du sport.
05:05 C'était vraiment un élève lambda.
05:09 Est-ce qu'il participe à la stupéfaction ce matin ?
05:12 Bien sûr. On se dit ce qui pourrait arriver.
05:15 Ce n'est pas non plus le motif.
05:18 Donc, c'est inquiétant.
05:20 On a appris en fin de matinée qu'il y avait eu une directive du ministère de l'Intérieur
05:25 pour renforcer l'ensemble de la sécurité sur l'ensemble des établissements scolaires.
05:30 Est-ce que vous avez constaté quelque chose de particulier ce matin ?
05:33 Non, depuis là, on sait que tout est bouclé.
05:36 Avant le drame ?
05:37 Avant le drame, non.
05:39 Je sais que je l'ai entendu ce matin à la radio.
05:41 On a l'habitude en ce moment avec les plans vigipirate, les alertes attentat.
05:46 Mais pas plus que d'habitude.
05:48 Pas plus de contrôle, pas plus de présence ?
05:50 Non, pas plus de présence, pas plus de contrôle.
05:52 En tout cas, moi, de ce que j'ai vu, je suis allé dans le lycée avant.
05:54 J'étais à la récré en salle des profs.
05:56 Mais on n'a pas eu d'informations.
05:59 Merci, merci beaucoup Fabien.

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