- il y a 3 ans
Avec Denis Jacob, secrétaire général du syndicat Alternative Police CFDT ; Claude Moniquet, président du Centre européen pour le renseignement stratégique et la sécurité. Ancien agent de la DGSE ; Stéphane Simon, journaliste, directeur de Factuel et auteur de "Les derniers jours de Samuel Party" publié aux éditions Plon ; Régis Le Sommier, journaliste et directeur de la rédaction d'OMERTA ; Kevin Bossuet, professeur d'histoire géographie en Seine-Saint-Denis ; Gilles Platret, maire LR de Chalons-sur-Saône.
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##POULIN_SANS_RESERVE-2023-10-13##
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NewsTranscription
00:00 Midi 13h, Alexis Poulin, sans réserve.
00:04 Et bonjour, on est ensemble jusqu'à 13h, c'est une édition de Poulin sans réserve un peu bouleversée par l'actualité.
00:12 On vient d'apprendre qu'un enseignant a été tué et deux personnes gravement blessées par un homme armé d'un couteau dans un lycée à Arras, le lycée Gambetta.
00:21 On fait le point tout de suite avec vous Félix Mathieu, qu'est-ce qu'on sait de ce qu'il s'est passé à Arras ?
00:26 - Un étayant a fait irruption vers 11h dans ce lycée Gambetta d'Arras.
00:30 Il a tué effectivement un enseignant, fait deux blessés graves des enseignants.
00:34 Un agent technique poignardé, il aurait crié à la Ouagbar selon des témoignages cités par le Parisien.
00:40 Aujourd'hui en France, en tout cas le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, précise sur Twitter que l'auteur a été interpellé après les faits.
00:46 - On va en parler tout de suite, se retrouver dans un instant avec Denis Jacob, un policier de l'Unsa Police qui va faire le point avec nous.
00:54 Ce sera le fil rouge de cette édition, on devait parler aussi de ce qui va se passer à Gaza.
01:00 On se retrouve tout de suite pour Poulain sans réserve, on est ensemble jusqu'à 13h.
01:04 Et bonjour, donc Poulain sans réserve jusqu'à 13h, on va parler bien sûr de cette actualité tragique.
01:10 Un enseignant tué par couteau à Arras et des blessés.
01:15 Pour en parler au téléphone avec nous, Denis Jacob, policier également syndicaliste à Alternative Police CFDT.
01:22 - Bonjour M. Jacob. - Bonjour.
01:25 - Que savez-vous de ce qui s'est passé à Arras ?
01:28 Évidemment on a tous en tête l'assassinat de Samuel Paty, savoir un enseignant tué dans l'enceinte d'un lycée, c'est assez choquant.
01:35 Quelles sont les informations que vous avez aujourd'hui ?
01:38 - Oui c'est totalement choquant et bien évidemment on fait tout de suite le lien avec ce qui s'est passé pour Samuel Paty.
01:44 Je voudrais tout d'abord une pensée pour la famille de la victime mais également des personnes qui ont été blessées, puisqu'au moins deux personnes auraient été blessées.
01:52 Ce que l'on sait, les circonstances de cet attentat, puisque moi je considère que c'est un attentat, au regard des éléments à ma disposition,
02:01 je ne sais pas comment ça s'est passé, en tous les cas ce que je peux vous dire c'est que les policiers n'étaient pas très loin,
02:07 ils étaient mis en place sur le dispositif relatif à la manifestation qui va avoir lieu aujourd'hui,
02:13 puisque la manifestation devait passer devant cet établissement scolaire.
02:17 On sait que l'individu est sorti avec les bras en l'air, avec un couteau, criant à la Ouagbar,
02:22 et que mes collègues l'ont neutralisé avec un taser et ont pu procéder à son interpellation.
02:29 On sait également qu'a priori il était avec son frère qui potentiellement pouvait se trouver devant un autre établissement scolaire,
02:38 mais tout cela sera précisé au niveau de l'enquête et ça les autorités feront le nécessaire.
02:45 A priori, et là aussi je mets toutes les réserves utiles et nécessaires, puisque je n'ai pas les éléments de l'enquête pour le moment,
02:51 mais ces deux individus pourraient être fichés S, et bien évidemment on ne peut pas s'empêcher,
02:57 en tous les cas en ce qui concerne Alternatives Police et FDT, de faire le lien avec ce qui se passe actuellement au Moyen-Orient.
03:03 - Oui, là encore il n'y a pas eu de revendication de cet attentat, on ne sait pas quelles ont été les motivations de ces deux frères.
03:10 L'autre frère était sur le point de commettre également des crimes dans un autre établissement ?
03:17 - Ça ne m'a pas été confirmé, en tous les cas il a été interpellé également.
03:22 Donc les deux individus ont été interpellés, voilà ce que je peux vous dire pour le moment,
03:27 on en saura certainement plus dans le cours de la journée, et je pense que du point de vue du ministre de l'Intérieur ou de la Justice,
03:34 il y aura certainement des prises de parole en cours de journée.
03:38 - Oui, évidemment, et pour la menace terroriste en France, on sait que Gérald Darmanin avait déjà évoqué cette menace qui revenait,
03:44 voilà qu'elle est donc concrétisée tragiquement aujourd'hui.
03:49 Est-ce qu'il va y avoir une montée en gamme de la protection des établissements scolaires ?
03:54 On a vu les lieux de culte évidemment, est-ce que c'est à craindre que cette action va générer d'autres passages à l'acte ?
04:02 - D'autres passages à l'acte, je ne sais pas, mais en tous les cas il y a eu le discours du président de la République hier
04:10 qui mettait en garde sur les risques bien évidemment d'apporter le conflit du Moyen-Orient sur notre territoire.
04:17 On verra s'il y a un lien entre ce qui s'est passé à Arras et ce qui se passe là-bas.
04:23 En tous les cas, oui, tout va être réactivé en puissance 10, si je puis parler ainsi.
04:28 Gérald Darmanin avait annoncé une mobilisation de plus de 10 000 effectifs sur la sécurisation notamment des lieux de culte,
04:37 des synagogues, en particulier des écoles, et bien évidemment ça va être étendu aux établissements scolaires et à tout site
04:44 qui peuvent faire l'objet d'un risque bien évidemment de nouveaux actes comme celui-là.
04:50 - Donc 10 000 effectifs supplémentaires et une alerte rouge de tous les services déjà enclenchés avant même aujourd'hui ?
04:57 - Oui, ça c'est ce qui a déjà été mis en place par rapport à la protection que l'on doit à la communauté juive sur notre territoire.
05:05 Et bien évidemment on va renforcer la sécurité des établissements scolaires, même si Vigipirate était toujours en action.
05:12 Mais bien évidemment le dispositif va être renforcé dans les heures et jours à venir.
05:17 C'est inténiable au regard de ce qui se passe.
05:20 - C'est extrêmement difficile de prévenir, d'empêcher ce type d'action.
05:25 On le voit de plus en plus, c'est une personne seule armée d'un couteau qui va commettre l'irréparable.
05:33 Comment faire pour rassurer les parents aujourd'hui qui ont leurs élèves à l'école ?
05:39 Comment faire pour éviter ce type d'action, surtout si les individus et si c'est confirmé étaient fichés S ?
05:45 - C'est malheureusement toute la difficulté.
05:48 Vous savez fichés S, ça ne veut pas dire forcément quelqu'un qui va commettre un attentat,
05:53 puisque les fichés S ne concernent pas que des personnes qui seraient radicalisées.
05:59 Il y a tout un tas de personnes qui sont fichées.
06:03 Ça concerne aussi le hooliganisme et autres.
06:06 De toute façon, c'est très compliqué à gérer.
06:09 Bien évidemment qu'ils font l'objet d'une plus ou moins grande surveillance
06:13 en fonction des éléments à notre disposition au titre du fichage S.
06:18 Mais on ne peut pas malheureusement être derrière chaque personne
06:22 et sécuriser chaque lieu de France, que ce soit des supermarchés, des écoles,
06:27 des établissements bancaires, etc.
06:29 On doit essayer d'anticiper au mieux,
06:32 mais il faut bien évidemment appeler à la vigilance de toutes et tous.
06:36 Je veux dire, là il y a nécessité d'être attentif
06:40 et chaque personne peut aider les services de sécurité à empêcher de nouveaux actes
06:46 en étant particulièrement vigilant dans les transports en commun également.
06:51 Voilà, c'est un appel que je lance à la plus grande vigilance de la part de nos concitoyens.
06:55 - Merci beaucoup Denis Jacob pour ce point.
06:57 On va faire le point, Félix, Mathieu, est-ce qu'on a d'autres informations ?
07:01 - Les circonstances du drame commencent à se préciser, ça se confirme.
07:05 Il a bien crié à l'agbar en entrant dans la cour de ce lycée Gambata du côté d'Arras.
07:10 Armé d'un couteau, les bras en l'air, nous disait à l'instant le représentant d'Alternatives Police CFDT.
07:16 Il a donc crié à l'agbar avant de tuer un enseignant.
07:19 Il aurait aussi grièvement blessé d'autres enseignants ainsi qu'un agent technique poignardé.
07:25 Réaction assez, pour le moment, sommaire de Gérald Darmanin, très factuelle, qui tweet tout à l'heure
07:31 "Une opération de police a eu lieu au lycée Gambata Arras. L'auteur des faits a été interpellé par la police."
07:37 On entendrait aussi à Alternatives Police CFDT nous indiquer à l'instant que deux frères auraient été interpellés.
07:43 Ils se posaient d'ores et déjà la question du lien avec ce qui se passe au Moyen-Orient.
07:47 On va en parler justement avec notre invité Régis Le Sommier. Bonjour.
07:51 Bonjour.
07:52 Vous êtes directeur de la rédaction d'Omerta, grand reporter. Vous connaissez bien la situation au Proche-Orient.
07:57 On devait en parler ce matin.
07:59 Est-ce que, évidemment, on a en tête cette situation ? Est-ce que ça peut être lié ?
08:04 Est-ce qu'il va y avoir là un risque accru en France de ce type d'attentat ?
08:09 D'abord, on n'a pas la certitude que la personne a agi au nom de la cause palestinienne.
08:17 Pour le moment, je pense que c'est vraiment trop tôt pour le savoir.
08:20 Mais néanmoins, ce qui est quand même intéressant, c'est le mode opératoire.
08:23 C'est-à-dire qu'on est dans un mode opératoire malheureusement classique depuis le Bataclan.
08:29 C'est-à-dire qu'en France, la vigilance et la surveillance des personnes fichées S et des réseaux islamistes a été accrue.
08:38 Elle est bien opérée par nos services de renseignement.
08:41 Et aujourd'hui, quand on est plusieurs individus qu'on veut faire un attentat,
08:45 ce qui est une possibilité qui existe encore, c'est plus difficile parce qu'on laisse des traces, forcément, des traces informatiques.
08:51 Et qu'en général, c'est comme ça que les réseaux se font démanteler.
08:54 La difficulté principale, et le policier qui vous a interviewé le disait,
08:58 c'est comment appréhender un individu qui décide d'agir seul, avec un appareil minimum, une arme, un couteau.
09:06 C'est le mode opératoire qu'a souhaité l'État islamique, souvenez-vous,
09:09 avec son numéro 2, directeur de la communication, qui s'appelait Alad Nani,
09:14 qui avait dit "prenez n'importe quoi, des pierres, et tuez les coufards que vous avez autour de vous".
09:19 Et là, on est vraiment dans ce mode où une personne décide de passer à l'acte, choisit de passer à l'acte,
09:25 et la difficulté, c'est d'arriver justement à discerner quand ces personnes vont passer à l'acte.
09:30 Est-ce que la vraie question, la vraie crainte, c'est est-ce que ce passage à l'acte est précurseur d'autres éléments
09:39 qui pourraient, en lien avec ce qui est en train de se passer en Israël, décider eux aussi de comment justement mener une action ?
09:48 C'est ça qui, aujourd'hui, à mon avis, monopolise toute l'attention des services et des autorités,
09:54 et des services des forces de l'ordre.
09:56 On apprend d'ailleurs que le président de la République, Emmanuel Macron, va se rendre sur place à Arras.
10:01 On a également avec nous en ligne Claude Moniquet, qui est président du Centre Européen pour le renseignement stratégique,
10:07 ancien agent de la DGSE. Bonjour.
10:09 Bonjour.
10:11 Vous, quel est votre regard sur cette attaque ? Est-ce qu'elle était prévisible ?
10:16 Est-ce qu'il y avait eu aussi des appels de la part du Hamas pour commettre ce type d'action sur le territoire européen ?
10:23 Cette attaque précise-là n'était probablement pas prévisible, en tout cas, manifestement, elle n'a pas été prévue.
10:29 Maintenant qu'il y a un climat général qui favorise le passage à l'Asse par des individus plus ou moins équilibrés,
10:37 ou extrêmement radicalisés, c'est une évidence qui a été soulignée à plusieurs reprises par les autorités ces derniers jours.
10:43 Est-ce qu'on a les moyens de se prémunir en France avec le renseignement de ce type d'action ?
10:50 Parce qu'on voit bien à la fois sur l'organisation, le passage à l'Axe de personnes isolées, le risque est réel,
10:58 et la situation étant extrêmement tendue avec la situation en Israël et à Gaza, on a les moyens justement de se protéger.
11:07 Le renseignement est surtout efficace contre les structures, contre les réseaux, par exemple, à plusieurs personnes
11:12 qui fatalement vont se rencontrer, ont des liens, vont communiquer entre elles.
11:16 A partir de ce moment-là, on peut les repérer, c'est comme ça que ça fonctionne.
11:20 Quand on est face à des individus isolés, comme c'est peut-être, on verra, le cas de ces deux frères,
11:25 c'est beaucoup plus difficile, sauf parfois quand ils sont déjà fichés.
11:29 Soit fiché S, mais le fichage S a déjà été dit sur votre antenne, c'est un système de signalisation pour les services de police.
11:38 Ce n'est pas un système réellement efficace pour prévenir les attentats.
11:41 Il existe d'autres fichiers, comme le fichier des personnes radicalisées, qui est beaucoup plus intéressant.
11:49 Si les gens sont sur ce fichier, il y a plus de possibilités de les repérer, de les surveiller.
11:56 Il y a des milliers de personnes, et on n'a pas les moyens de surveiller des milliers de personnes en temps réel.
12:01 C'est bien le problème. Et sur ce fichier des radicalisés, combien de personnes, actuellement, sont surveillées par les services ?
12:08 Alors si je le savais, je ne sais pas si je vous le dirais, il y a des milliers de personnes sur ce fichier.
12:16 C'est une fourchette de quelques dizaines à quelques centaines de personnes.
12:22 Et surveiller en permanence, donc une surveillance vraiment efficace qui empêcherait le passage à l'acte,
12:26 on ne parle pas plus de quelques dizaines de personnes, certainement.
12:29 D'accord, donc c'est très peu. Et évidemment, ce type d'action est indétectable avant le passage à l'acte.
12:36 On a tous en tête, évidemment, le cas de Samuel Paty, puisque c'est un enseignant qui a été tué à nouveau dans l'enceinte d'un lycée.
12:44 Est-ce qu'il y a des lieux qui sont particulièrement ciblés ?
12:49 Alors on a les lieux de culte, bien entendu, protégés, les écoles, mais est-ce que c'est à craindre aussi sur d'autres lieux de vie ?
12:56 Alors, il y a un autre point commun, malheureusement, avec l'affaire Paty, c'est que, comme vous vous rappelez,
13:00 Samuel Paty avait été égorgé par un Tchétchène, et apparemment, les deux frères qui ont agi à Arras,
13:05 sont des Tchétchènes. Bon, c'est un élément qui sera pris en compte dans l'enquête, bien entendu.
13:10 Les écoles sont particulièrement ciblées par des terroristes radicaux, parce qu'ils savent que frapper une école,
13:20 frapper des enfants, c'est particulièrement choquant pour la société. Le but du terrorisme, c'est ça, c'est de terroriser,
13:28 c'est de frapper la société, de lui faire le plus de mal possible, et comment peut-on faire plus de mal qu'en frappant une école ?
13:34 Maintenant, on verra, peut-être que comme dans l'affaire Paty, il y avait, entre guillemets, un contentieux,
13:40 peut-être qu'on reprochait à ce professeur des prises de position, ça l'enquête le dira. Mais de manière générale,
13:45 les écoles, comme les lieux de culte, comme les lieux associatifs, sont des cibles privilégiées.
13:52 Le président Emmanuel Macron se rend sur place à Arras, je pense qu'il est très conscient de la volatilité du moment,
13:59 du fait du conflit à Gaza. Est-ce qu'il va y avoir à temps des mesures sécuritaires renforcées dans les jours qui viennent
14:08 pour éviter justement une contagion ou le développement d'actes de ce type en France ?
14:15 Alors il va certainement y avoir d'abord un effort accru du renseignement, mais le renseignement tourne déjà clairement en plein régime.
14:23 Il peut y avoir plus de déploiement de ces forces de l'ordre, mais on peut peut-être protéger certains milieux restreints.
14:33 Par exemple, les institutions de la communauté juive, il n'y en a pas des milliers, on peut les protéger.
14:38 Mais des écoles publiques, il y en a combien en France ? On a combien en France ? Des dizaines de milliers ?
14:43 Je ne sais pas, je ne connais pas le chiffre. C'est impossible. Il ne faut pas...
14:46 Et d'autant plus que vous avez les écoles publiques, vous avez les églises, vous avez tout.
14:53 Donc on ne peut pas protéger toutes les cibles, c'est impossible.
14:56 L'effort pour arrêter le terrorisme doit être fait en amont sur base du renseignement.
15:00 Très bien, merci beaucoup Claude Moniquet. On se retrouve dans un instant pour continuer de parler bien sûr de cet attentat.
15:07 C'est comme ça qu'il va falloir l'appeler à Arras et développer sur ce qu'on sait et les risques en France de propagation du conflit israélo-palestinien.
15:16 Vous êtes sur Sud Radio et on est ensemble jusqu'à 13h. Édition spéciale évidemment suite à l'attaque au couteau dans un lycée à Arras.
15:24 On fait le point, Félix Mathieu, sur ce qu'on sait à 12h30 de cette attaque.
15:29 Avec ce bilan humain d'ores et déjà terrible, un enseignant tué, poignardé, au moins deux blessés graves dans ce lycée Gambetta d'Arras, dans le Pas-de-Calais.
15:36 L'assaillant, c'était vers 11h, est arrivé en criant "Alain Ghebar" et il a été arrêté.
15:41 Ainsi que son frère, nous apprenait tout à l'heure, un syndicaliste policier sur Sud Radio.
15:46 Il parlait clairement, lui, d'attentat évidemment. D'autant que les deux individus étaient sans doute fichés S.
15:53 Ça reste au conditionnel pour le moment. Emmanuel Macron en tout cas annonce se rendre sur place à Arras.
15:58 Elisabeth Borne de son côté annule un déplacement à Orléans pour revenir à Paris.
16:03 L'Assemblée nationale suspend de son côté ses travaux en solidarité avec les victimes de cet attentat dans ce lycée Gambetta d'Arras.
16:10 Merci Félix Mathieu. Pour en parler avec nous, sur ce plateau, Régis Le Sommier,
16:15 est-ce que cet attentat est à mettre dans le cadre d'un appel au djihad qu'aurait lancé le Hamas ?
16:21 Est-ce qu'il y a eu ce type d'informations et d'appels lancés depuis Gaza ?
16:26 Alors oui, pour le moment, il faut rappeler d'abord que les circonstances n'établissent pas de lien direct en dehors de Alaoua Gbar,
16:33 mais qui ne lient pas l'individu nécessairement à la cause palestinienne ou au Hamas.
16:40 Mais en tout état de cause, oui, Khaled Meshal, qui est un des membres fondateurs du Hamas et qui vit en exil à Doha, au Qatar,
16:48 a lancé un appel pour le vendredi 13, donc aujourd'hui, un jour du djihad, appelant les musulmans, en solidarité avec les palestiniens,
16:58 à renouveler les actes du Hamas.
17:01 Donc il y a évidemment une surveillance accrue des groupes palestiniens à l'étranger à cause de cet appel,
17:08 mais en tout cas c'est quelque chose qui est à prendre très au sérieux, dans la mesure où Khaled Meshal c'est une figure.
17:13 Je vous disais, non seulement un membre fondateur, il a longtemps été la voix du Hamas,
17:20 puisque c'était le communicant à l'international du Hamas, il a longtemps vécu à Damas avant la guerre en Syrie,
17:26 et depuis il vit à Doha, au Qatar, avec Ismail Haniyeh qui est l'actuel dirigeant du Hamas.
17:32 Donc les deux sont là-bas, ce ne sont pas des figures militaires du Hamas,
17:38 ce sont en tout cas des voix très importantes, des personnes qui aujourd'hui ont encore des rôles très importants.
17:45 Donc cet aspect, cet écho de ce chef du Hamas à l'international peut peser en effet,
17:52 et il est fort à parier également qu'à mesure que l'offensive imminente de Tsaïl dans la bande de Gaza
18:01 donnera des résultats malheureusement visuels avec des victimes collatérales,
18:05 avec 2,5 millions d'habitants vivant sur 360 km², avec une armée qui envahit et des combats de rues terribles,
18:12 il va y avoir des photos atroces à nouveau, et ces photos pourraient aussi déclencher la colère,
18:19 et aussi pousser peut-être certains individus à passer à l'acte.
18:22 Aujourd'hui on n'a pas du tout d'informations sur un lien entre cet acte à Harass et le conflit à Gaza.
18:29 Ce qu'on a en tête c'est plutôt l'affaire Samuel Paty, cet enseignant qui avait été tué là aussi devant son lycée.
18:36 Avec nous pour en parler Stéphane Simon, directeur de Factuel.media,
18:40 et qui est auteur du livre "Les derniers jours de Samuel Paty" aux éditions Plon. Bonjour.
18:44 Bonjour. Bonjour Alexis, bonjour à tous.
18:47 Bonjour. Monsieur Simon, évidemment on a tous en tête le cas Samuel Paty,
18:52 est-ce que les enseignants sont des cibles systématiques, ou des cibles du moins faciles,
18:59 pour ce type de profil qui souhaite attaquer au couteau et marquer la population ?
19:04 Eh bien écoutez, oui c'est clairement établi. On sait que malheureusement, depuis quelques temps déjà,
19:10 les frères musulmans ont désigné l'école comme étant, comment dirais-je, une cible prioritaire pour le combat islamiste.
19:21 Et c'est vrai que malheureusement on ne peut pas s'empêcher de faire des parallèles avec ce qui s'est passé il y a trois ans.
19:30 Je rappelle quand même que lundi prochain c'est les trois ans de la mort de Samuel Paty.
19:35 Évidemment ça ne peut pas être tout à fait un hasard.
19:38 Et il se trouve qu'on peut aussi se dire que depuis trois ans il n'a pas été fait grand chose de la mort de Samuel Paty.
19:45 Et en tout état de cause, on pourrait se dire qu'un travail de fond aurait dû être entrepris après la décapitation de Samuel Paty.
19:55 Un travail de fond qui permette de mettre au point des choses aussi simples que la protection au cas d'urgence,
20:01 de donner des kits de pédagogie et de survie pour les enseignants. Mais tout ça n'a pas été fait malheureusement.
20:09 Justement, autre point commun avec l'affaire Samuel Paty. Félix Mathieu, vous avez une information sur l'attaquant.
20:15 On parle d'un assaillant d'origine tchétchène et fiché S de source policière.
20:19 L'auteur de cet attentat dans ce lycée d'Arras qui a été interpellé dans la foulée ainsi semble-t-il que son frère.
20:26 C'était le cas aussi pour l'assaillant de Samuel Paty. C'était aussi il me semble un tchétchène. Je ne sais pas s'il était fiché S à l'époque.
20:33 Oui, c'était un tchétchène. Il s'appelait Abdullak Anzorov. Il a commis, il a perpétré son crime, son assassinat grâce à la complicité d'un autre tchétchène
20:44 et d'un autre ami qui lui a apporté assistance et qui a permis de le déplacer d'Evreux jusqu'au collège du Bois d'Oulm à Confluence-Saint-Honorin.
20:53 Donc oui, il y a parmi les tchétchènes qui font souvent l'objet d'une procédure d'asile politique en France,
21:00 il y a des militants radicaux de l'islam et parfois on le voit une détermination absolument sans faille chez eux pour mener un djihadisme du pauvre
21:11 parce que très souvent ils attaquent avec de simples couteaux. Dans l'affaire Paty, il a frappé, Abdullak Anzorov a frappé avec deux couteaux,
21:20 un couteau pour décapiter, un couteau pour frapper et puis un pistolet à air comprimé.
21:25 Vous voyez que ce sont des terroristes qui sont des terroristes "pieds nickelés" et que malheureusement en face nous n'avons pas fait le travail nécessaire
21:35 pour mettre à l'abri les professeurs. C'est pour eux que j'ai eu une pensée, moi évidemment.
21:39 Les professeurs sont laissés souvent, alors même si aujourd'hui il semblerait qu'il y ait une volonté politique pour essayer de les protéger davantage,
21:47 des intrusions et des atteintes à la laïcité à l'intérieur de l'enceinte scolaire, mais je dirais que le travail de sécurisation du périmètre scolaire est encore à faire.
21:59 - Régis Sossomier, une question ?
22:01 - Je voulais poser une question à Stéphane Simon, je crois Stéphane qu'il y avait également dans l'affaire Samuel Paty une personne, je ne sais plus si c'était un imam,
22:10 mais en tout cas qui dirigeait un comité cher Yassine, du nom du fondateur du Hamas.
22:16 - Oui, c'est-à-dire que vous avez raison Régis, dans la nébuleuse islamiste, il y a tout de même des passerelles entre ces islamismes.
22:25 On pourrait se dire qu'est-ce qui relie le Hamas avec les assassins de Samuel Paty ?
22:30 Eh bien figurez-vous qu'il y a quelque chose, il y a un certain Seyfrioui, Abdel Hakim Seyfrioui,
22:37 qui a monté et qui a fondé le collectif "Cher Yassine", ce collectif "Cher Yassine" étant ni plus ni moins que la représentation du Hamas en France.
22:50 - Du nom du fondateur du Hamas.
22:52 - Tout à fait, c'est le fondateur du Hamas et ce collectif a été évidemment dissous il y a quelques années déjà,
22:58 mais on voit bien que cette personne, Abdel Hakim Seyfrioui, eh bien elle était aux côtés du père de famille de la petite menteuse dans l'affaire Samuel Paty.
23:09 C'est lui qui va être aux côtés du père de famille pour menacer la principale si Samuel Paty n'est pas viré,
23:16 si Samuel Paty n'est pas renvoyé de l'établissement, et évidemment c'est aussi lui qui organise la diffusion de messages,
23:23 qui cible très précisément Samuel Paty, qui donne le lieu où il enseigne, etc.
23:28 et qui met évidemment en danger, c'est pour ça qu'il est actuellement toujours en prison cet homme, et qu'il sera bientôt jugé.
23:34 Mais vraiment on voit que dans la nébuleuse islamiste, il y a quand même un partage de combats, à l'évidence.
23:42 Donc il y a potentiellement la situation internationale qui va déborder en France, ou du moins dans l'esprit de certains terroristes pieds nickelés,
23:53 qui pourraient trouver là une occasion de passer à l'axe, c'est un des risques.
23:57 Vous le savez, je crois qu'hier on a entendu le président de la République, qui quand même nous appelait à l'unité nationale,
24:03 et il y a une réalité, c'est qu'on craint, les services de police à très haut niveau craignent des incidents durant ce jour.
24:10 Bon ben voilà, ils sont arrivés, il y a donc un professeur qui vient de tomber sous des coups de couteau,
24:15 et il y a deux autres blessés à ses côtés.
24:18 Donc on voit bien que malheureusement, le président avait raison de redouter le pire.
24:24 Le pire vient d'arriver, et malheureusement on a encore une fois aujourd'hui pas, je le dis,
24:29 on n'a pas fait le travail nécessaire pour mettre à l'abri les professeurs,
24:34 qui aujourd'hui, pensez bien à ce chiffre, un professeur sur deux n'ose plus enseigner tout ce qu'il a à enseigner à l'école,
24:41 il redoute pour sa sécurité.
24:43 C'est absolument anormal, c'est une situation très préoccupante, et c'est un travail colossal qui attend Gaël Attal.
24:49 - Oui c'est clair, et aussi on trouve souvent ces profils de fratrie, on rappelle des Kouachi,
24:54 là c'est encore deux frères qui sont à la maman.
24:57 - Les djihades en famille.
24:58 - C'est quelque chose qu'on retrouve souvent.
25:00 - Oui parce que d'abord c'est des cercles, c'est aussi un des modes opératoires suivis par les djihadistes,
25:06 c'est-à-dire de se rapprocher sur la cellule familiale, parce qu'on sait, la cellule familiale,
25:10 on l'a vu aussi avec la fermera, où la sœur est impliquée, où la mère était impliquée,
25:14 où il y avait un gourou également qui a radicalisé tout le monde, qui s'appelait Olivier Correl,
25:20 qui habite d'ailleurs toujours à Artigathe, pas très loin de Toulouse, qui est toujours en résidence surveillée.
25:27 Donc en fait le cercle familial, évidemment, c'est le cercle de confiance,
25:30 c'est là où on ne va pas trahir, c'est là où on ne va pas parler à des amis, des gens d'à côté,
25:35 c'est risquer de laisser des traces, et d'autant plus que j'insiste sur le fait que,
25:40 par rapport aux attentats terribles qui ont secoué notre pays en 2015,
25:44 que ce soit l'affaire de Nice, que ce soit le Bataclan,
25:47 aujourd'hui les services de renseignement ont vraiment progressé sur la détection, sur la surveillance,
25:54 sur les modes, je dirais, sur les traces que peuvent laisser ces individus,
25:59 dès qu'ils essayent de se rassembler, de communiquer, ça a été dit par Claude Moniquet tout à l'heure,
26:03 mais c'est exact et il faut insister là-dessus.
26:05 Donc le risque principal, c'est de devoir par contre s'accentuer des individus qui passent à l'acte isolément,
26:12 parce qu'ils s'endoctrinent, ils appartiennent à des groupes,
26:16 ils appartiennent à des groupes d'influence, etc.
26:18 Mais il est extrêmement difficile pour les services et pour les autorités de détecter ces gens au moment du passage à l'acte.
26:25 - Oui, on se retrouve dans un instant.
26:27 - Avant, je voulais juste ajouter un tout petit mot, si vous me le permettez.
26:30 Ces gens sont souvent signalés sur la plateforme Pharoes,
26:33 qui est une plateforme qui permet de dire quand il y a des appels à la haine,
26:37 quand il y a des problèmes de violence que constater en ligne sur les réseaux sociaux,
26:41 mais malheureusement il y a tellement de signalements qui remontent sur ces plateformes
26:45 que ces signalements ne sont pas traités.
26:48 - Oui, un manque de personnel aussi du côté de Pharoes,
26:51 qui disait déjà ces derniers jours avoir doublé, voire plus, les signalements du fait du conflit.
26:58 - C'est ça, et dans le cas de l'affaire Paty,
27:00 Abdoulak Ansouroff a fait l'objet d'une quinzaine de signalements avant,
27:04 sur la plateforme Pharoes, mais ça n'a pas permis de sentir la menace d'arriver sur ce garçon
27:11 qui disait vouloir rentrer au djihad.
27:14 Il voulait, il l'a manifesté, il l'a écrit, il l'a dit,
27:17 et pourtant je dirais que la DGSI n'a pas traité son cas.
27:21 Il y a beaucoup de cas qui se signalent,
27:23 mais malheureusement pas assez d'agents en face pour traiter convenablement le problème.
27:27 - Très bien, on se retrouve dans un instant pour continuer de faire le point
27:31 sur ce drame à Arras et les implications pour la sécurité en France.
27:34 A tout de suite dans Poulain Sans Réserve, vous êtes sur Sud Radio.
27:37 Bonjour, vous êtes sur Sud Radio, on continue de parler de cette attaque au couteau
27:41 dans un lycée à Arras. Félix Mathieu, est-ce qu'on en sait plus ?
27:44 Est-ce qu'on a d'autres déclarations par rapport à ce drame qui a lieu ce matin ?
27:48 - Emmanuel Macron a annoncé tout à l'heure qu'il allait se rendre sur place
27:51 après cet attentat qui a fait un mort, un enseignant tué.
27:55 Le parquet national antiterroriste annonce à l'instant ouvrir une enquête.
27:58 On sait déjà que l'auteur est d'origine tchétchène.
28:00 Il est fiché S de source policière.
28:02 Ce matin, il est entré vers 11h en criant à la haque-barre dans ce lycée Gambetta du côté d'Arras.
28:07 Un enseignant tué, au moins deux blessés graves.
28:10 Donc l'assaillant a été arrêté par la suite.
28:13 Ainsi que son frère, nous disait tout à l'heure sur Sud Radio, un syndicaliste policier.
28:17 Je vous le disais, le président se rend sur place,
28:19 tout comme le ministre de l'Éducation nationale, Gabriel Attal.
28:22 Tout à l'heure, c'est l'Assemblée nationale également qui a interrompu ces travaux
28:25 par la voix de sa présidente de séance du jour, Naïma Moutchou.
28:29 - Chers collègues, nous venons de prendre connaissance d'événements terribles
28:35 qui se sont déroulés dans un établissement scolaire de la ville d'Arras.
28:38 Nous attendons de savoir ce qui s'est passé, mais d'ores et déjà,
28:41 l'Assemblée nationale exprime sa solidarité et ses pensées à l'égard des victimes,
28:48 de leurs proches, de la communauté éducative dans son ensemble,
28:51 puisque nous apprenons qu'un enseignant a été tué et qu'il y aurait plusieurs blessés.
28:56 L'Assemblée nationale réagira comme il se doit dès que nous aurons confirmation
29:00 de ce qui s'est produit, eu égard aux circonstances,
29:02 et après avoir consulté les groupes et le ministre,
29:06 pendant la suspension, je vais lever.
29:08 La séance reprendra à 15h.
29:10 - La Première ministre Elisabeth Borne, de son côté, a également interrompu
29:14 un déplacement à Orléans pour rentrer à Paris après cette attaque à Arras.
29:18 On en apprend un peu plus sur le profil de l'assaillant et de son frère.
29:23 L'assaillant, qui était âgé d'une vingtaine d'années d'origine tchétchène
29:27 et fiché pour radicalisation, a été interpellé alors qu'il se trouvait à proximité
29:32 d'un autre établissement, son frère qui lui n'était pas armé,
29:36 selon les premières informations.
29:38 - Merci Félix Mathieu. Alors, on en parlait à l'instant avec Stéphane Simon,
29:42 l'assaillant de Samalpathy était également tchétchène.
29:46 Est-ce qu'il y a là, Régis Le Sommier, un lien particulier,
29:50 enfin une particularité de la communauté tchétchène dans le djihad à souligner ?
29:55 - Il y a des choses assez incroyables parce qu'on parle de deux frères,
30:00 souvenez-vous les attentats de Boston au moment du marathon de New York,
30:05 c'était les frères Tsarnaev à l'époque et c'était également deux frères d'origine tchétchène,
30:10 sur le sol américain, qui avaient déposé des bombes et fait des victimes
30:14 pendant cet attentat. Les tchétchènes, pour résumer,
30:19 parce que leur histoire est très complexe, il y a une communauté à l'international,
30:23 en France, il n'y a pas plus de 30 000 tchétchènes en France,
30:27 mais ils sont extrêmement soudés et ce sont des gens qui sont venus
30:32 après les deux guerres de Tchétchénie, donc je dirais exilés par les russes
30:39 quand la Russie de Poutine a repris Grozny,
30:43 et les tchétchènes ont versé souvent à l'étranger dans une forme de radicalisme,
30:49 non pas que ce qu'ils représentent, en l'occurrence le célèbre Kadyrov
30:54 ne soit pas lui-même un extrémiste, parce qu'il est extrêmement religieux
30:57 et il a parfois aussi des comportements très controversés,
31:01 mais à l'international, ce sont, au moment de l'état islamique,
31:06 les meilleurs combattants de l'état islamique, c'était des tchétchènes.
31:09 Il y avait trois katibas, des brigades de combat formées de tchétchènes,
31:13 et c'était le noyau dur de l'état islamique, avec des irakiens, avec des libyens,
31:17 mais en tout cas c'était des combattants extrêmement durs, extrêmement formés,
31:21 ayant surtout cette solidarité entre eux, parce que les tchétchènes,
31:25 ils sont à l'international très peu nombreux, et ils ont tendance à être très unis,
31:29 et à souvent verser dans le djihad, je vous disais, ces attentats de Boston,
31:36 qui avaient ensanglanté le marathon de Boston,
31:38 commis par deux frères tchétchènes à l'époque, les frères Tsarnaev.
31:41 - D'accord. Avec nous en ligne également,
31:43 Kévin Bossuet, professeur d'histoire en Seine-Saint-Denis.
31:46 Bonjour Kévin. - Bonjour.
31:48 - On parle évidemment du cas Samuel Paty, de cet attentat qui avait coûté la vie à ce professeur.
31:54 Est-ce qu'il y a maintenant une peur qui existait déjà, j'imagine, au sein du corps enseignant,
31:59 mais qui va empirer dans les jours qui viennent ?
32:01 Est-ce que vous vous sentez en sécurité, vous, aujourd'hui, après ce qui s'est passé ?
32:06 - Oui. Mais évidemment qu'il y a une peur qui est très très importante.
32:11 Il y a eu Samuel Paty, mais il y a aussi eu Agnès Lasalle.
32:14 Je n'aimerais pas non plus qu'on l'oublie, parce qu'elle est morte également dans sa salle de classe.
32:18 Elle a été assassinée par l'un de ses élèves.
32:20 Et aujourd'hui, il y a cet attentat, ce qu'on pense être un attentat,
32:24 n'allons pas trop vite en besogne, je pense qu'on a assez d'informations quand même pour en déduire cela.
32:28 Et en effet, on ne se sent pas en sécurité.
32:31 Quand vous avez un enseignant sur deux qui saute aux censures,
32:33 quand vous avez des enseignants qui n'osent pas enseigner certains points du programme,
32:37 quand vous avez des enseignants qui n'osent pas parfois rentrer en confrontation avec certaines familles
32:43 parce qu'ils ont peur de leur réaction, on se dit que oui, on vit dans un climat compliqué,
32:47 surtout que les islamistes ciblent les écoles, les islamistes ciblent les valeurs de la République.
32:53 Donc évidemment, on ne se sent pas en sécurité.
32:55 Et puis il y a la question aussi de la sécurisation des établissements scolaires,
32:59 parce que les établissements scolaires sont des véritables passoires.
33:02 N'importe quel adulte peut entrer dans la plupart des établissements scolaires.
33:05 Et évidemment qu'on est en première ligne.
33:08 Mais moi, ce qui me choque aujourd'hui, c'est ce déni.
33:10 Parce que les professeurs de banlieue ont dénoncé depuis des années la montée de l'islamisme,
33:15 la montée de l'antisémitisme, le fait qu'on ne pouvait plus enseigner certains pans du programme.
33:20 Et il y a une partie de la gauche qui nous rigolait au nez en disant qu'on était raciste, qu'on était islamophobe.
33:25 Sauf qu'aujourd'hui, on ne peut plus se voiler la face.
33:28 On voit bien qu'il y a un problème dans ce pays.
33:30 Et je ne sais pas si ça a un lien avec ce qui se passe en Israël.
33:33 En tout cas, la montée de l'islamisme au sein de notre société est réelle.
33:36 Et les enseignants sont en première ligne.
33:38 Il va falloir le dire combien de fois pour qu'on réagisse et qu'on prenne conscience du problème.
33:42 - Qu'est-ce que vous attendez de Gabriel Attal concrètement ?
33:45 - J'attends de Gabriel Attal qui lutte clairement contre l'antrisme islamiste au sein des établissements scolaires.
33:53 Il a déjà commencé avec l'interdiction de la Habaïa.
33:56 Maintenant, il faut prendre cette question très au sérieux.
33:59 Parce que l'école de la République, c'est sans doute ce qu'il y a de plus précieux pour les Françaises et les Françaises.
34:04 Ce qu'il y a de plus précieux également pour les petits jeunes musulmans qui sont en banlieue.
34:09 Parce qu'encore une fois, il faut faire bien la séparation entre les musulmans et les islamistes.
34:15 Ce n'est pas la même chose.
34:16 Et je n'aimerais pas non plus qu'on tourne le dos à une partie de la communauté nationale,
34:21 tout simplement parce que les gens ne font pas la différence.
34:23 Donc j'attends des mesures fortes.
34:25 J'attends des sanctions contre des enseignants, par exemple, qui luttent, qui ont fait grève contre l'interdiction de la Habaïa.
34:32 Quand vous avez des enseignants qui font grève contre l'interdiction de la Habaïa, on sent bien que le verre est dans le fruit.
34:37 Donc il faut vraiment prendre conscience du problème, sévir, interdire, réprimer ceux qui ne portent pas les valeurs de la République
34:46 et ceux qui mettent l'institution scolaire tous les jours en danger.
34:50 Et ensuite, il faut en finir avec le pas de vague, il faut en finir avec le laxisme.
34:54 Et quand un élève a un propos antisémite, un propos antirépublicain, il doit y avoir quelque chose derrière.
35:02 L'école doit taper fort parce que si jamais aujourd'hui on baisse les bras,
35:08 c'est l'ensemble de nos valeurs qui vont s'effriter sur l'autel d'un aveuglement aujourd'hui qui est coupable.
35:15 Donc j'ai confiance en Gabriel Attal.
35:17 Je sais que c'est un vrai républicain et j'espère qu'il prendra la hauteur des enjeux.
35:21 Parce que si c'est en train de se passer, c'est grave.
35:24 Merci beaucoup pour votre témoignage, Kevin Bossuet.
35:27 Avec nous également pour une réaction politique, Gilles Platrait, maire LR de Châlons-sur-Saône,
35:34 les maires qui sont eux aussi en première ligne face à la menace terroriste.
35:38 Bonjour monsieur.
35:40 Bonjour.
35:41 Qu'est-ce que vous avez comme réaction aujourd'hui ?
35:46 Tout le monde est sidéré, évidemment. C'était la crainte qui était dans toutes les têtes,
35:51 de voir un attentat sur le sol français.
35:54 Qu'attendre des pouvoirs publics et que dire aux Français aujourd'hui ?
35:59 Écoutez, je pense que oui, il y a forcément un effet de sidération,
36:02 mais il faut vite qu'on parte au-delà de ça.
36:05 C'est bien toute la difficulté, si vous voulez.
36:07 C'est-à-dire que le président va aller sur place, il y aura un hommage national.
36:11 Bien sûr qu'on a une pensée pour ce professeur qui a été assassiné au cri d'Allahu Akbar.
36:14 Ça a été confirmé par des sources du ministère de l'Intérieur,
36:16 donc je pense qu'aujourd'hui on peut le dire.
36:18 Bien sûr qu'on pense à ceux qui ont été blessés,
36:20 puisque les images sont déjà sur le net, on voit très bien comment le mode opératoire s'est établi.
36:25 Mais il faut aller au-delà de la sidération.
36:27 Parce que si on en reste à ça, on attendra simplement, patiemment,
36:31 et comme des agneaux, le prochain attentat.
36:33 Parce qu'il y aura d'autres attentats.
36:35 Et ce qui me frappe à chaque fois,
36:37 je suis complètement à ce qu'a dit Kevin Bossuet juste avant moi,
36:41 je pense qu'il a, de l'intérieur du système éducatif,
36:44 une claire vision de ce qui se passe et de la détérioration des conditions d'enseignants
36:48 face à l'islamisme depuis des années et des années.
36:50 Mais simplement, je voudrais dire la chose suivante,
36:53 si on n'élargit pas le sujet,
36:55 si on ne considère pas que l'islamisme est en train de gagner sur le terrain,
36:59 dans la société française, dans son intégralité,
37:01 alors on ne répondra pas.
37:02 Moi, mon souhait, c'est qu'une guerre officielle soit déclarée
37:06 contre tous les mouvements islamistes en France.
37:08 L'islamisme nous a déclaré la guerre,
37:10 et nous, nous subissons cette guerre sans la déclarer.
37:13 Bien sûr, ce n'est pas un État, ce n'est pas conventionnel,
37:16 donc c'est pour ça qu'on recule, et puis on a peur aussi de fâcher les musulmans.
37:19 Mais il faut aussi qu'on dise les choses réellement.
37:21 Ces mouvements ne pourraient pas se développer
37:23 s'il n'y avait pas dans la communauté musulmane non-islamiste des connivences.
37:27 Bien sûr qu'il y a trop de salles de prière encore
37:30 qui servent de réservoir à ces futurs attentats,
37:33 à ces futurs terroristes qui sont là.
37:35 Et qu'on ne vienne pas me dire que tout le monde va condamner,
37:37 parce que d'abord ce n'est pas vrai, de moins en moins condamnent officiellement.
37:40 Et on voit bien qu'aujourd'hui, si on ne s'attaque pas à la racine du problème,
37:43 il faut s'attendre demain à des attentats nouveaux.
37:46 La racine du problème, c'est quoi ?
37:48 C'est laisser, par exemple, dans la rue,
37:50 des femmes couvertes du voile par ordre du mari ou du père, ou du frère.
37:54 Ça, c'est des choses qui se passent dans la société.
37:57 Si vous laissez cette gangrène-là, pas des femmes,
37:59 mais de ceux qui les obligent à se voiler,
38:01 si vous laissez cette gangrène islamiste-là,
38:03 au petit jour, au petit matin,
38:05 et tous les jours dans la rue se développer,
38:07 il ne fera pas vous étonner que demain,
38:09 d'autres passent à l'acte, parce qu'ils considéreront qu'il faut aller à l'étage supérieur.
38:12 Donc c'est tout un bénéfice qu'il faut reprendre,
38:15 et c'est une guerre qu'il faut déclarer.
38:17 Merci, M. Le Maire, pour votre témoignage.
38:19 On arrive à la fin de cette édition spéciale.