00:00 certains avaient eu ce professeur dans leur classe, d'autres ont été profondément choqués.
00:07 Je pense qu'aujourd'hui, le plus important c'est cette émotion, une émotion très lourde.
00:13 Un hommage ? Vous avez le coup ?
00:16 Oui, mais c'est pour après. Au moment où on parle, il y a des parents qui sont soulagés
00:22 parce qu'aucun lycéen, aucun collégien n'a été blessé.
00:25 Il y a ces deux blessés pour lesquels les familles sont contentes de voir que les jours ne sont plus en danger
00:33 et puis il y a une famille qui est dans la douleur.
00:35 Le lycée va rouvrir demain ?
00:37 Oui, le lycée va rouvrir demain. Le proviseur qui est formidable, qui est exemplaire, je ne sais pas comment il tient.
00:42 Le proviseur a décidé de rouvrir demain. Les professeurs qui le souhaiteront viendront,
00:49 les élèves qui le souhaiteront viendront, comme lundi. Lundi, ce sera également ouvert.
00:54 Est-ce que les cours se dérouleront normalement ? Il verra. On organisera les choses en fonction.
00:59 Mais en attendant, une chose est certaine, le lycée, le collège seront bel et bien ouverts dès demain matin
01:05 parce qu'il y a des cours le samedi matin et ils seront ouverts également lundi matin.
01:09 On est en direct sur BFMTV. Quel est le message que vous avez adressé au président de la République tout à l'heure lorsque vous l'avez rencontré ?
01:15 La première des choses, c'est l'émotion.
01:19 C'est à la fois un lycée, quelques jours avant le terrible anniversaire de l'assassinat de Samuel Paty.
01:26 C'est un établissement, on n'en sait pas plus aujourd'hui. On sait bien évidemment qu'il est un terroriste islamique.
01:32 On le sait. On sait qu'il était fiché S. On sait aussi qu'hier encore, il a été vu par la police.
01:39 Tout ça, on le sait. Mais aujourd'hui, le plus important pour toute la communauté éducative,
01:44 pour les gens d'Arras, ces gens d'Eau de France, ces gens de toute la France, c'est de l'émotion par rapport à un attentat terroriste qui a fait une victime.
01:51 C'est ça, aujourd'hui, le plus important. Je crois qu'il était important que le président de la République vienne,
01:56 prenne aussi du temps avec les familles, avec l'ensemble de la communauté éducative.
02:02 Ça, c'est le temps d'aujourd'hui.
02:05 Quel dispositif de sécurité allez-vous mettre en place dans les établissements scolaires de votre région ?
02:10 Ça, ça s'est produit à l'extérieur de l'établissement. L'assassinat a eu lieu à l'extérieur de l'établissement.
02:17 Et c'est ce que m'a dit l'une des personnes qui travaille ici. Elle me dit mais est-ce qu'on est vraiment en danger partout maintenant ?
02:25 C'est ça, la question. Ça, c'est les questions qui doivent avoir des réponses. Mais si je peux me permettre, demain.
02:30 Aujourd'hui, c'est pas ça. Il y a aujourd'hui, vous le savez bien, il y a un dispositif qui a permis d'alerter aussitôt.
02:35 Franchement, les policiers sont intervenus très vite. Si les policiers n'étaient pas intervenus aussi vite, il n'y aurait pas ce soir une disparition.
02:42 Il y en aurait beaucoup d'autres. Beaucoup d'autres. Ils sont intervenus de façon remarquable.
02:46 Ce qui est un dispositif d'alerte qui, en plus, a permis aussi à chacun de se protéger, de rester dans les classes.
02:51 Ça, c'est une chose. Mais ce qui est vrai, c'est qu'aujourd'hui, on le voit bien, les forces de l'ordre ont été vraiment exemplaires.
03:00 Comme les pompiers qui sont intervenus. Parce que si la personne qui était en urgence absolue ce matin n'est pas décédée,
03:07 c'est parce qu'elle a été stabilisée sur place et ensuite stabilisée à l'hôpital d'Arras.
03:11 Eux aussi ont fait un travail remarquable. Mais s'il n'empêche que malgré le travail remarquable des uns et des autres,
03:16 il y a une famille qui, ce soir, est endeuillée. Il y a un drame. Il y a un attentat terroriste de plus, un attentat terroriste de trop.
03:22 Il y a des enfants choqués. Est-ce que la cellule psychologique va être prolongée ?
03:25 Oui, bien sûr. La cellule est prolongée pendant tout le week-end et elle le sera également pendant la semaine.
03:32 Parce que ce qui est important dans ces cas-là, c'est de pouvoir parler, c'est de se libérer de ce point intérieur, de se libérer de ce qu'on a vu.
03:38 Et même si certains hésitent un peu, il faut vraiment le faire. De parler à sa famille, de parler à ses proches, de parler à cette cellule.
03:46 Ils ont tout le savoir-faire. Il y a beaucoup de médecins qui sont là, beaucoup de psychologues qui sont là, justement, pour les aider à soulager.
03:52 Ce qu'ils ont connu, ce qu'ils ont vu pour certains. Ils ont même parlé des réseaux sociaux où une vidéo a circulé aussitôt.
03:58 Mais pour l'instant, en ce moment, c'est le temps de l'émotion. Mais il y a aussi personne qui m'a dit qu'il faut que ça s'arrête tout ça.
04:08 Il faut des solutions. Il faut des actes. Pas des paroles, il faut des actes. Mais ça, si je peux me permettre, ce n'est pas aujourd'hui encore.
04:16 Ici, dans les Hauts-de-France, ici à Arras, c'est l'émotion avant tout. Mais demain, il faut effectivement que ça s'arrête.
04:21 — Avec ce lien qui est établi par le président de la République aussi et que vous avez également évoqué, on est presque 3 ans jour pour jour après l'assassinat de Samuel Paty.
04:28 Ça prend donc une dimension symbolique aussi particulière pour vous aujourd'hui.
04:33 — Nous savons que nous sommes toujours avec un danger islamiste de la plus haute gravité en France. On le sait bien. Mais les gens, aujourd'hui, ils vous disent une chose.
04:42 Monsieur me disait « Je veux pas parler politique, mais faut que ça s'arrête ». Et ça veut dire que pour s'arrêter, pas des déclarations, c'est autre chose.
04:51 Mais aujourd'hui, je m'en tiendrai à une chose, l'émotion. Demain, des propositions, des solutions. Il en faut absolument. Mais aujourd'hui, c'est avant tout l'émotion.
05:00 — Merci. — Merci à vous.
05:03 — L'agression se fait à l'extérieur de l'établissement. — On l'écoute à nouveau.
05:11 — Parce que c'est sécurisé. Il y a effectivement les caméras. Donc l'agression... M. Bernard se fait agresser et est tué devant l'établissement.
05:21 Son collègue est blessé devant l'établissement. Mais c'est l'intercours. C'est-à-dire que les portes s'ouvrent parce que des élèves sortent. Et lui en profite pour rentrer.
05:30 Il monte l'escalier pour se diriger vers le bureau du proviseur. Personne ne sait ses motivations. Le policier m'a dit que pour l'instant, il n'avait pas parlé ce matin.
05:39 Donc il se dirige. Il voit pas le proviseur dans son bureau. Il redescend. Et là, il se dirige dans la cour. Donc il est rentré parce qu'au moment de l'intercours,
05:48 les portes s'ouvrent pour laisser sortir. Et c'est à ce moment qu'il rentre dans l'établissement. — Il n'y a pas de contrôle à l'entrée.
05:53 — Pardon ? — Il n'y a pas de contrôle à l'entrée. — Si, bien sûr. Il y a des caméras de vidéosurveillance. Il y a tout ça. Mais c'est parce que les portes s'ouvrent pour laisser sortir
05:59 qu'il rentre à ce moment-là. Et ensuite, l'autre agression, l'autre blessé, M. Davoli, lui, se fait agresser à l'intérieur de la cour parce qu'il est rentré en cour.
06:09 Il connaît le lieu. Il a été élève ici pendant quelques années. Et là, d'après le récit qui nous est fait, il y a notamment les agents de la région qui, avec des chaises,
06:21 avec des manches de balai, essayent de le repousser ou de le neutraliser. L'un d'entre eux tombe. L'agresseur se jette sur lui.
06:29 C'est là où M. Davoli vient s'interposer. Et c'est là où il est frappé. M. Davoli, c'est cet agent qui était en urgence absolue ce matin et qui, aujourd'hui,
06:38 au moment où je vous parle, est en réanimation. Mais son pronostic vital n'est plus engagé. — C'était un agent de la région ? — Oui, tout à fait.
06:44 — Il était sur fonction ? — C'était le manager des équipes de la région. Il y a à peu près ici une cinquantaine de personnes qui travaillent pour la région,
06:51 pour à la fois la partie lycée, classe préparatoire et collège. Il y a un peu plus de 1 600 élèves ici en tout. Donc c'est lui qui pilotait un peu toutes ces équipes.
07:00 Ils s'y sont mis à plusieurs, notamment aussi le chef de cuisine, pour essayer de le repousser, de le neutraliser. Mais bon, la vérité aussi, c'est que la police s'est intervenue rapidement.
07:08 Ils ont utilisé leur taser. Et c'est comme ça qu'il a pu être neutralisé. — L'autre blessé, c'est un enseignant ? — Pardon ? — L'autre blessé est un enseignant ?
07:16 — M. Bernard, qui est décédé. Il y a un autre enseignant qui a aussi été agressé devant l'établissement. Je crois qu'il est professeur d'éducation physique.
07:27 Et le troisième blessé, celui qu'il était très gravement ce matin, c'est M. Davoli. C'est un des agents de la région.
07:33 — J'imagine que vous saluez aussi le courage de toutes ces personnes qui se sont interposées, forcément.
07:39 — Ils sont venus dans la cour. Ils ont essayé par tous les moyens possibles de le repousser, de le neutraliser. Et je pense que leur action plus l'action de la police,
07:47 qui est intervenue très vite, ça nous a évité une tragédie plus importante encore. Ça, c'est l'évidence. C'est l'évidence. Merci à vous.
07:54 — Merci. Merci beaucoup.