00:00 Les vraies voix Sud Radio, le code projecteur des vraies voix.
00:03 Et l'assidération et l'effroi submergent les enseignants ce vendredi matin,
00:07 après la mort de leur collègue lors d'une attaque au couteau dans un lycée d'Arras, près de...
00:11 dans le Pas-de-Calais. Cette attaque survient quasiment jour pour jour,
00:15 trois ans après l'assassinat de Samuel Paty, Philippe.
00:17 Oui, trois ans après l'assassinat de Samuel Paty, est-ce que encore une fois,
00:21 l'école laïque qui est visée, est-ce que les enseignants sont en danger ?
00:25 Et puis, quelle est la question ? Faut-il mettre des portiques de sécurité,
00:28 comme dans certains établissements aux Etats-Unis ?
00:31 Vous êtes enseignant, vous êtes parent d'élève, vous avez peur pour vos enfants ?
00:34 Appelez-nous au 0826 300 300.
00:36 Et notre invité avec nous, enfin en tout cas avec nous, Luc Farré,
00:40 secrétaire général de l'UNSA Fonctions Publiques,
00:42 rebonsoir Luc Farré, restez avec nous, Philippe Bilger,
00:45 forcément se demande si, avec cette question,
00:48 est-ce que c'est finalement l'école qui est attaquée ?
00:51 Alors, pour répondre très directement à la question de Sud Radio,
00:56 au moins tout ce qui viendra amplifier la capacité des écoles et des collèges et des lycées
01:05 de se défendre, à mon assentiment,
01:08 mais j'aimerais avoir une appréciation, et bien sûr, Luc Farré peut-être la contredira,
01:16 j'ai l'impression que ça n'est pas par hasard que ces criminels s'attaquent
01:22 à l'univers du collège et des lycées.
01:26 Est-ce qu'il n'y aurait pas dans cet univers tellement important pour la démocratie,
01:32 une sorte, de la part des professeurs et des éducateurs eux-mêmes,
01:37 une sorte d'humanisme très compréhensif qui interdirait parfois de mettre en œuvre
01:46 tous les dispositifs de contrôle, de surveillance et de répression
01:51 qui feraient nécessaire et donc qui profitent d'une certaine manière,
01:56 peut-être d'un univers trop perméable ?
01:58 - Avant de répondre à la question Elisabeth Lévy,
02:00 est-ce que l'école est attaquée pour l'instant ?
02:02 Ludovic de Matthieu nous dit avant tout c'est la nation qu'elle représente
02:06 et à travers elle, ses valeurs et son mode de vie.
02:08 - Mais c'est ce que je voulais dire, d'ailleurs, c'est que c'est la France évidemment
02:11 qui est attaquée par et pas n'importe où, effectivement,
02:14 dans cette institution qui symbolise ce qu'est la citoyenneté chez nous,
02:18 mais je trouve que Philippe a tout à fait raison.
02:21 Alors il a dit avec beaucoup de délicatesse ce qui est tout à fait normal
02:24 parce que je crois que d'abord on veut tous exprimer notre solidarité évidemment.
02:28 Je pense que lundi, des professeurs iront à l'école la peur au ventre.
02:32 Et ça c'est intolérable.
02:34 Mais Philippe a raison, est-ce qu'il n'y a pas une idéologie dans le corps enseignant,
02:38 si vous voulez, qui est très tolérante, trop tolérante,
02:41 à des choses qui sont insupportables pour la prolonger un tout petit peu ?
02:45 Et par ailleurs, peut-être, je ne sais pas,
02:48 je pense que c'est aux policiers de nous dire s'il faut ou pas mettre des portiques,
02:51 ça ce n'est pas une question qui relève de ma compétence.
02:53 En revanche, ce que je sais, c'est que je n'aimerais pas qu'on se contente de cela
02:58 car encore une fois, et je le répète,
03:00 et j'ai l'impression de ne pas avoir beaucoup d'écho quand je dis ça,
03:02 mais je ne veux pas qu'on se retrouve dans cinq ans, si vous voulez,
03:05 pour commenter des choses encore plus dramatiques.
03:07 C'est le terreau qu'il faut essayer d'analyser, de voir.
03:11 C'est le nombre d'élèves qui lundi vont applaudir à ce qui s'est passé.
03:15 Je pense que si on ne regarde pas cela, on va encore se planter.
03:18 - René Chich. - Oui, tout à fait, je suis d'accord avec Elisabeth et aussi Philippe.
03:21 C'est bien sûr que c'est l'école qui est attaquée, c'est évident.
03:23 En plus, il y a tout ce contexte de laïcité.
03:27 Ces gens-là attaquent l'école parce que l'école c'est le...
03:29 - La neutralité. - Exactement, la neutralité, la laïcité,
03:32 tout ce qui s'est passé avec la baïa, le voile,
03:34 tout ça fait quand même craindre, effectivement, des réactions plus que violentes.
03:39 Mais alors, en plus, outre ce jeune d'origine tchétchène,
03:41 vous avez vu que depuis septembre, il y a une multitude, en plus,
03:45 d'alertes à la bombe et de faux alertes d'attaques
03:48 faits par des jeunes eux-mêmes de lycées.
03:52 Alors, ils font ça visiblement peut-être pour s'amuser,
03:55 mais on se demande si un jour ou l'autre, ils ne vont pas faire ça sérieusement.
03:59 Ça, c'est un vrai problème.
04:00 Et dernière chose concernant la sécurité dans les lycées, dans les collèges,
04:05 il y a quand même une certaine sécurité.
04:07 Malheureusement, effectivement, il manque pour l'instant de fouilles, etc.
04:10 Et encore une fois, je crois qu'il manque aussi de gens, de personnel,
04:13 pour s'occuper de la sécurité dans les lycées.
04:15 Luc Farré, secrétaire général de l'UNSA, Fonctions publiques,
04:18 une réaction à ce qui vient d'être dit ?
04:21 Écoutez, d'abord, moi, je voulais revenir sur la première des questions que vous m'avez posées,
04:25 c'est-à-dire, est-ce que c'est l'école qui est attaquée ?
04:28 Oui, je crois que c'est l'école qui est attaquée.
04:30 C'est-à-dire que l'École de la République, aujourd'hui,
04:33 c'est elle qui accueille tous les jeunes,
04:35 qui permet d'apporter un savoir,
04:39 et d'apporter un savoir qui va permettre d'apprendre le sens critique,
04:43 et de lutter contre les ignorances et les manipulations.
04:47 Et donc, oui, la formation française,
04:51 qui est fondamentale dans notre démocratie,
04:55 que représente l'école, est attaquée ce soir.
04:58 Et oui, nous devons tout faire pour apporter un soutien
05:03 à l'ensemble des communautés éducatives de notre pays.
05:07 Et je dois avouer qu'on doit saluer ce soir la mémoire de ce professeur
05:13 qui est intervenu pour sauver des élèves,
05:17 qui en a payé le prix de sa vie.
05:20 Et je voulais, ce soir, commencer par lui rendre un immense hommage,
05:24 ainsi qu'à ses deux personnels, qui sont l'un professeur de PS
05:29 et l'autre agent de sécurité, qui ont aussi été blessés dans cet odieux attentat.
05:35 Et je tiens ici vraiment à exprimer à la fois un soutien,
05:41 mais aussi toutes mes condoléances à leurs proches, à leur famille, à leurs élèves,
05:45 et à leurs collègues.
05:47 - Oui, absolument.
05:48 - Ça réagit beaucoup au 0826 300 300, direction le Gard.
05:53 Bonsoir Benoît.
05:55 - Oui, bonsoir. Merci de nous avoir donné la parole.
05:58 On vous écoute.
05:59 - Voilà, écoutez, déjà dans un premier temps, je suis extrêmement triste,
06:04 choqué et révolté de ce qui s'est passé aujourd'hui.
06:08 Doter la vie encore une fois à des innocents dans ce pays,
06:13 malheureusement c'est quelque chose qui devient trop récurrent, trop habituel.
06:19 Et finalement on se contente juste de pleurer les morts et puis de passer à autre chose.
06:25 Moi je considère que ce qui se passe à l'heure actuelle,
06:29 c'est l'assassinat de notre école, l'assassinat de notre modèle,
06:33 et l'assassinat de notre pays.
06:36 Tout esprit critique est anéanti,
06:39 et je ne comprends pas qu'il n'y ait pas plus de réaction de la part des pouvoirs publics
06:46 pour mettre fin à tout ça, et enfin anticiper, appréhender des individus aussi dangereux,
06:52 malveillants et méprisables.
06:54 - Vous restez avec nous Benoît, 0826-300-Thierry est avec nous aussi.
07:00 Une réaction Thierry ?
07:02 - Oui tout à fait, je suis tout à fait d'accord avec Benoît,
07:05 et j'ajouterais qu'un problème c'est qu'on ne nomme pas la source du mal et du problème,
07:10 parce que les islamistes qu'est-ce qu'ils veulent ?
07:12 Ils sont embêtés par les collaïques et les éthicalitaires,
07:14 et qui ont plein de matière, des choses,
07:16 ils ne veulent pas être enseignés,
07:18 et pour eux, seul le Coran est suffisant à être enseigné,
07:24 il se suffit à lui-même pour toute la vie.
07:26 Donc je crois qu'il faut le dire, le répéter pour comprendre la source du mal,
07:30 et ensuite prendre les décisions que vous impose.
07:33 - Luc Farré, quand vous entendez ce que disent nos auditeurs ?
07:36 - Moi je voudrais d'abord vraiment redire que ce soir,
07:44 je suis comme beaucoup sous le coup de l'émotion,
07:46 et qu'il faut savoir garder raison,
07:48 parce que oui, l'école était attaquée, je l'ai dit tout à l'heure,
07:53 mais d'autre part, je tiens vraiment à saluer le travail de toute la communauté éducative,
07:59 aussi bien dans le lycée Gambetta à Hararat,
08:02 que pour l'ensemble de l'engagement des agents partout,
08:05 dans notre pays et dans toutes les écoles.
08:08 Et aujourd'hui, il ne faudrait surtout pas penser
08:11 que les enseignants ne font pas leur travail,
08:13 tout au contraire, la preuve aujourd'hui,
08:16 aucun élève n'a été blessé.
08:19 - Philippe Bigeard, on entend les réactions sur les deux débats,
08:22 on a l'impression que les gens sont à bout.
08:23 - Oui sûrement, mais si vous le permettez,
08:26 à la suite de la première réponse de Luc Farré,
08:28 j'aimerais lui poser un peu vulgairement cette question.
08:32 Est-ce qu'au fond, vous n'avez pas l'impression
08:36 que dans la tête de ce jeune assassin de 20 ans...
08:40 - On a perdu Luc Farré, Philippe Bigeard.
08:43 - Il allait peut-être me contredire.
08:45 - Peut-être une réaction, Elisabeth ?
08:47 - Oui, mais aujourd'hui, c'est probablement le jour de l'émotion,
08:51 mais on sent bien, si vous voulez,
08:53 dans ces appels à garder la raison,
08:55 je crains qu'on ait un peu trop gardé la raison.
08:57 Je ne veux plus entendre ce discours du pas d'amalgame
09:00 nous expliquant qu'il n'y a que de toutes petites micro-minorités,
09:04 car, je le répète, c'est ça qui est le ferment du déni.
09:08 Car la situation de notre pays est beaucoup plus grave.
09:11 Il y a, dans une grande partie,
09:13 évidemment pas tout le monde, mais quand même,
09:15 les sondages le montrent,
09:17 l'imprégnation islamiste, ce n'est pas quelques individus,
09:21 c'est une partie de plus en plus importante
09:23 de la jeunesse musulmane de ce pays.
09:26 Donc, on ne va pas recommencer avec le pas d'amalgame.
09:29 - 20 secondes.
09:30 - Ce que je crains vraiment encore plus,
09:32 c'est ce qui se passe actuellement à Gaza et en Israël.
09:35 Là, j'ai vraiment peur que la réaction
09:37 dans certains quartiers sensibles de jeunes élèves
09:40 soit assez violente, voire terrifiante.
09:42 - Merci à tous.
09:44 - Merci beaucoup Philippe Bilger, merci beaucoup Elisabeth Lévy,
09:47 merci beaucoup René Chigier, merci à tous nos auditeurs,
09:50 et merci Luc Faray.
09:51 Malheureusement, on a un petit problème de ligne,
09:53 secrétaire général de l'UNSA à fonction publique.