00:00 C'est un avance, c'est un plein avance.
00:02 Sud Radio, la radio de la coupe du monde de rugby.
00:05 -Millions !
00:06 -Des millions, vous êtes charmante.
00:08 Vous voyez ce que ça fait déjà ? Un million, Armina.
00:10 Où est l'argent ?
00:12 -C'est mon pote mort.
00:13 -En fait, je viens retirer de l'argent.
00:15 -Félicitations, Anguero, qui est sur Sud Radio avec nous
00:28 pour nous parler d'économie et notamment du Portugal.
00:31 Sportivement, le Portugal a fait une coupe du monde
00:33 de très haut niveau, exceptionnelle.
00:35 Mais maintenant, il faut structurer sur cet exploit sportif.
00:38 Philippe Anguero, on a vu le retour des joueurs portugais au Portugal.
00:43 Retour magnifique, avec beaucoup de supporters, beaucoup de jeunes.
00:46 Il y a le terreau pour construire une nation du rugby, peut-être, Philippe ?
00:51 -Honnêtement, cet accueil reçu par les Portugais
00:54 à leur retour au pays est quand même assez hallucinant
00:57 et montre à quel point il y a un terreau fertile
01:00 pour notre sport et plus généralement pour les pays
01:03 comme cette fierté nationale.
01:05 Et ce parcours du Portugal, il est marquant.
01:09 -Oui, il est marquant. Il est très très marquant, Philippe.
01:14 Ce parcours du Portugal. Est-ce que tu es toujours avec nous, Philippe ?
01:18 Ah, on a perdu Philippe. C'est embêtant pour la chronique.
01:22 Quentin ?
01:23 -A priori, il est toujours là.
01:25 -Il est toujours là, Philippe ? Moi, je ne l'entends plus.
01:27 -On va essayer de le reprendre dans un instant.
01:30 Félix Panguero, c'est vrai que sportivement,
01:32 le rugby portugais a battu quand même les Fidji.
01:34 On a vu un retour exceptionnel avec tous les jeunes.
01:38 C'était beau.
01:39 On a vu la Une d'Abola, qui est le journal de sport référence au Portugal.
01:45 Très très football, extrêmement football, Abola.
01:48 On t'avait perdu, Philippe.
01:49 On te récupère sur l'engouement à la suite de cette Coupe du Monde au Portugal.
01:54 -Oui, pardon, j'ai été coupé.
01:56 Il y a encore un peu de sujets techniques, de transition entre les studios, visiblement.
02:01 Ce que je disais, c'est que le Portugal a un terreau rugby.
02:06 Il y a une vieille tradition de rugby.
02:08 Ça peine à se développer malgré tout,
02:11 parce que les clubs sont concentrés vraiment autour de Lisbonne.
02:14 Ce n'est pas homogène dans le pays.
02:16 Quelque part, on retrouve un peu la même problématique en France à d'autres échelles.
02:20 Mais c'est exacerbé dans un pays comme le Portugal.
02:24 Aujourd'hui, il y a moins de 7000 licenciés au Portugal.
02:27 75 clubs.
02:29 Je ne sais pas si vous imaginez la comparaison avec la France.
02:32 -Par exemple, 7000 licenciés, c'est 4000 de moins que la Ligue des Hauts-de-France,
02:38 que la région des Hauts-de-France, qui est à 11000 licenciés.
02:41 -Oui, et qui n'est pas une des plus grandes ligues.
02:44 -Et qui est une des plus petites de France.
02:46 -Donc aujourd'hui, l'enjeu, c'est quoi pour ce genre de nation ?
02:49 Le Portugal ou d'autres, parce qu'on en a parlé pour les Fidji,
02:52 on en a parlé pour ces nations émergentes.
02:54 C'est d'attendre un peu de soutien supplémentaire de World Rugby,
02:58 et également de voir comment se développer entre les Coupes du Monde
03:02 pour élever le niveau de jeu.
03:04 Pour moi, il y a deux choses à regarder de près.
03:07 C'est cette compétition de l'URC.
03:09 Cette compétition de l'URC, pour moi, c'est le meilleur véhicule
03:13 pour que demain, des pays comme le Portugal arrivent à structurer au moins une province,
03:18 parce que l'économie du Portugal, avec cet engouement pour le rugby,
03:22 doit permettre de faire vivre au moins une province,
03:25 avec des joueurs qui jouent très régulièrement
03:28 contre ce qui se fait de mieux en Europe,
03:30 et même au-delà de l'Europe, puisque les Sud-Africains,
03:32 maintenant, ont rejoint l'URC aussi.
03:34 Ça, c'est une première hypothèse dans les années qui arrivent,
03:37 c'est que ces pays-là, comme l'Espagne, le Portugal,
03:40 puissent avoir une white card pour rejoindre l'URC.
03:44 -Qui sont dans la Super Ligue Européenne actuellement,
03:46 avec les Black Lions, avec Tel Aviv,
03:48 il y a les Lusitanos côté portugais,
03:51 il y a une franchise espagnole,
03:53 mais c'est vrai qu'il faut passer maintenant l'étape au-dessus.
03:56 -Il faut passer l'étape au-dessus,
03:58 parce qu'on voit que cette équipe peut prétendre au top 15 mondial.
04:02 Et pour prétendre au top 15 mondial,
04:04 il faut avoir des joueurs qui, toute la saison,
04:06 jouent contre de grandes équipes,
04:09 de clubs ou de provinces,
04:11 et aussi, et on en revient au même problème,
04:14 on est dans une équation qui est très complexe.
04:17 C'est qu'on n'arrive pas à trouver de date,
04:19 et les calendriers sont très compliqués à manœuvrer,
04:22 mais il faut à tout prix que ces équipes
04:25 arrivent à jouer plus régulièrement contre les grandes nations.
04:28 Donc, il y a des solutions à trouver.
04:31 Peut-être que les Barbarians ont un rôle à jouer en ça,
04:36 avec un réservoir de Français
04:38 qui ne sont pas qualifiés pour les phases finales,
04:41 et qui pourraient, une fois par an, aller jouer un match.
04:43 Les Barbarians britanniques aussi.
04:45 Je n'ai pas les solutions, parce que sinon...
04:48 La FED française a un rôle à jouer auprès du Portugal ?
04:52 Parce qu'on voit déjà que c'est David Gerrard et Patrice Lagisquet,
04:55 des Français, qui sont à la tête de cette équipe,
04:57 et il y a énormément de joueurs de Pro D2 aussi dans cette équipe.
04:59 Moi, je crois que la Fédération française, non.
05:02 Il faut arrêter de penser qu'on va sauver le monde.
05:04 Le rugby français a des problématiques à gérer à même terme,
05:07 mais par contre, on fait partie de ces fédérations
05:10 et on a le devoir d'accompagner les nations à grandir.
05:13 Parce que ce que je disais la dernière fois,
05:15 c'est qu'aujourd'hui, on se rend compte de quoi ?
05:17 Que les équilibres mondiaux du rugby sont très fragilisés.
05:20 L'économie anglaise va mal, le rugby gallois va mal,
05:23 le rugby australien est à la casse,
05:25 les Sud-Africains ont dû se tourner vers un fonds d'investissement,
05:29 et l'URC pour sécuriser leurs finances.
05:32 Donc, tout ça est très très très fragile.
05:35 Donc, l'issue, c'est de trouver de l'homogénéité.
05:39 Donc, on a nos problèmes à gérer, les grandes fédérations,
05:42 mais il faut trouver des solutions pour créer les temps
05:46 et les fenêtres nécessaires dans le calendrier
05:49 pour que ces équipes grandissent au-delà du financier,
05:51 mais qu'elles jouent plus régulièrement.
05:53 Et en ça, je pense qu'on aura répondu à la problématique
05:57 de l'homogénéité du rugby.
05:59 Il faut à tout prix, on le disait dans la nouvelle formule
06:02 de la Coupe du Monde à venir,
06:03 mais il faut qu'on arrive à avoir au moins une vingtaine d'équipes
06:06 qui puissent figurer et qu'on ne se demande pas
06:09 et qu'on ne parie pas sur le fait qu'il y ait 100 points
06:12 sur certaines rencontres en Coupe du Monde,
06:14 parce que ça décédibilise beaucoup trop le produit.
06:16 Merci beaucoup, Philippe, pour cette chronique.
06:19 Très belle soirée à toi.
06:20 On va en parler justement avec Yoann Uger et Eric Bonneval.
06:23 Belle soirée, Philippe.
06:24 Bonne soirée, Dominique.