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  • il y a 3 ans

Aujourd'hui dans "Punchline", Laurence Ferrari et ses invités débattent des sept interpellations annoncées par le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, dans le cadre de l'enquête concernant un jeune de 16 ans poignardé à Crépol dans la Drôme et du sentiment de colère des habitants de ce petit village.
Retrouvez "Punchline" sur : http://www.europe1.fr/emissions/punchline

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Transcription
00:00 On va tout de suite faire le point sur ce que l'on sait de ce que drame qui s'est déroulé à Crépole dans la Drôme ce week-end.
00:05 17 jeunes ont été blessés, un est décédé des suites des coups de couteau qu'il a reçus.
00:10 Avec les derniers développements de l'enquête, Gérald Darmanin a annoncé que sept individus avaient été interpellés. Le point avec Sarah Varny.
00:18 Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin l'a annoncé,
00:22 sept personnes ont été interpellées cet après-midi dans les environs de Toulouse, dont l'auteur présumait des coups mortels.
00:28 Une avancée dans l'enquête, après l'audition de 70 témoins par la gendarmerie,
00:32 les images de vidéosurveillance et les connexions téléphoniques récoltées sont aussi en cours d'analyse.
00:37 Des premiers éléments qui démontrent que les suspects ne sont pas tous du même quartier, comme le souligne le procureur de Valence.
00:44 "Il est faux d'affirmer que le groupe hostile serait composé d'individus tous originaires de la même ville et du même quartier."
00:49 Ces lycéennes présentes au bal racontent ce qu'elles ont vu. "Ils venaient danser avec les filles, ils forçaient et tout,
00:56 et à la fin ils étaient tous à la sortie, ils regardaient tout le monde qui sortait et tout,
01:01 et il y avait quelque chose de bizarre." "C'est des garçons
01:05 de la monnaie, il y en a beaucoup qui disent que c'est eux, et il y a des têtes que j'ai reconnues."
01:10 Enteuillées par ce drame,
01:13 lycéens et professeurs ont marqué une minute de silence ce lundi après-midi.
01:16 Mercredi, une marche blanche devant le lycée sera organisée pour rendre un dernier hommage aux jeunes Thomas.
01:23 Alors nous avons nos envoyés spéciaux, Mickaël Dos Santos et Justine Cercarat qui se trouvent à Crépol, bonsoir à tous les deux.
01:29 Depuis ce week-end, Mickaël, on a pu entendre l'émotion des habitants de cette toute petite commune,
01:33 mais il y a aujourd'hui un autre sentiment qui commence à se faire entendre, celui de la colère, Mickaël.
01:38 Oui, clairement la mort de Thomas a marqué un tournant pour les habitants de Crépol, mais aussi des villages voisins.
01:49 Beaucoup d'entre nous le disent "nous étions en sécurité et nous allons faire en sorte que cela continue".
01:54 Ils refusent que cette violence s'installe ici, quitte à s'armer pour se faire justice soi-même en cas de nouvelle attaque.
02:01 Beaucoup d'ailleurs de chasseurs le sont déjà ici dans le secteur.
02:06 Un changement finalement d'état d'esprit qui inquiète en revanche d'autres habitants.
02:09 Une restauratrice que nous avons pu rencontrer ce matin dans le village de Autrive où se trouve le restaurant des parents de Thomas
02:17 craint d'éventuelles violences à l'approche de Noël, de ses marchés, mais aussi des éventuelles soirées du Nouvel An.
02:24 Impossible aujourd'hui pour elle de laisser sa fille seule, participer à quelconque événement festif.
02:30 C'est ce qu'elle nous a confié, la peur au ventre.
02:32 Merci beaucoup Mickaël. De Santos avec Justine Cerquer, à Louis de Ragnel.
02:37 Sept personnes ont été interpellées à Toulouse, c'est ce qu'a annoncé le ministre de l'Intérieur.
02:42 On sait dans quelles circonstances, pourquoi elles se trouvaient dans cette ville ?
02:45 Alors pour l'instant, les gendarmes sont en train d'élucider, d'essayer de comprendre aussi tout ce qui s'est passé.
02:52 Ce qu'il faut savoir c'est qu'il y a eu un dispositif très important de la part de la gendarmerie qui a été mobilisée.
02:57 50 enquêteurs plus 50 gendarmes, 40 du GIGN central et 10 de l'antenne GIGN de Toulouse,
03:05 donc qui ont été déployés. Le GIGN central était mobilisé principalement dans la Drôme.
03:09 Et puis c'est l'antenne GIGN de Toulouse qui a fini par interpeller les sept personnes qui ont été interpellées.
03:17 A savoir qu'il y a cinq des sept interpellées sont majeures, donc ça veut dire qu'il y a deux mineurs.
03:23 Donc il y a aussi des réflexions et des questions qui se poseront aussi sur les suites pénales concernant ces deux personnes-là.
03:30 Et puis très important aussi à savoir, parmi les sept figures, l'auteur présumé,
03:37 c'est toujours gênant de dire présumé parce que la personne est réellement morte pour le coup,
03:40 de Thomas, 16 ans, qui est mort d'un coup de couteau dans le thorax.
03:45 Ce qu'on avait eu aussi, Éric Reuvel, et entendu avec notre envoyé spécial,
03:48 c'est que la colère monte dans ce petit village qui se pensait à l'abri de ces agressions sauvages.
03:54 Les Français ne supportent plus en fait cette violence débridée qui peut survenir à tout instant, désormais, et n'importe où.
04:01 Vous avez même des témoignages de gens qui expliquaient qu'ils avaient déménagé dans ce petit village-là,
04:07 ils habitaient dans des agglomérations un peu plus importantes, à 20-30 kilomètres,
04:11 précisément pour échapper à ce que devenait leur quotidien, c'est-à-dire des agressions, des incivilités.
04:17 Donc ils sont venus dans un petit village, précisément, là où il y a cette salle des fêtes,
04:21 là où a été tenu ce bal populaire tragique pour Thomas,
04:25 et en fait ils se rendent compte qu'ils se sont rattrapés par l'ensauvagement qui frappe l'intégralité du pays.
04:32 Moi je suis quand même prudent, j'attends de voir et le profil des gens, et les motifs,
04:38 parce que si vous voulez, autant de barbarie, autant de barbarie, il y a des témoignages qui sont absolument bouleversants.
04:43 Je citais le Dauphiné Libéré, qui est le journal, le quotidien PQR, enfin, de presse régionale de cette région-là,
04:50 si vous lisez le papier aujourd'hui, vous verrez qu'il y a des témoignages qui sont absolument hallucinants,
04:53 où on explique, le Dauphiné Libéré n'est pas un journal d'extrême droite,
04:56 que certains sont venus pour planter des blancs, il y a toute cette agressivité-là,
05:01 il y a eu par le passé, dans des bals populaires, Laurence, des coups de poing,
05:08 mais là, si vous voulez, on vient avec des couteaux de 25 cm de long, pour tuer en réalité.
05:13 Donc tous ces gens qui ont fui ces incivilités, ces agressions, dans des villes un peu plus importantes,
05:18 ils se retrouvent rattrapés par une réalité qui est devenue française.
05:22 Sabrina Medjeba, on voit que les gendarmes et Gérald Darmanin ont mis le paquet pour que l'enquête avance vite,
05:28 là, a priori, l'auteur des coups mortels a été interpellé, mais il n'empêche que ça montre ce qu'est notre société aujourd'hui.
05:34 Gérald Darmanin, il agit a posteriori, forcément, après des actes criminels, en tant que ministre de l'Intérieur,
05:41 évidemment, il use ses prérogatives et il déploie les dispositifs nécessaires,
05:45 mais le sentiment qu'ont les Français aujourd'hui, en fait, ce n'est plus qu'un sentiment,
05:49 c'est la volonté d'agir a priori, c'est-à-dire que lorsque l'État n'est pas fort,
05:53 eh bien, c'est la loi du plus fort qui s'impose, tout simplement,
05:56 et que les Français ont l'impression, même le ressenti, d'être dépossédés de leur identité depuis 40 ans,
06:03 d'être acculés et d'accusés d'être racistes ou islamophobes,
06:09 dès lors qu'ils se prononcent sur ce qui les touche identitairement.
06:12 Les Français, en non plus qu'assez, sont inquiets et abandonnés par leur égalien
06:16 parce que leur quartier ne sont plus en sécurité,
06:19 parce que leurs filles ne peuvent plus prendre les transports le soir
06:21 en étant habillées avec une petite jupe ou en buvant des verres
06:25 ou en allant dans un bal malheureusement dans un village.
06:28 Les Français en ont absolument marre de l'insécurité ambiante
06:33 qui devient non plus une insécurité mais une barbarie.
06:36 Moi, quand j'entends cette sémantique "l'ensauvagement de la France",
06:39 non, ce n'est pas l'ensauvagement de la France, c'est la barbarie de la France.
06:42 Aujourd'hui, pour un mauvais regard, on est dans un bal,
06:46 on demande à des usagers de la RATP de mettre un masque pendant le Covid,
06:50 on se fait tuer.
06:52 Un professeur qui enseigne la laïcité se fait tuer.
06:55 Enfin, je veux dire, il y a une telle... On peut les aigriner par dizaines.
06:58 Il y a une légion aujourd'hui d'actes criminels en France
07:01 qui suscitent évidemment l'effroi, l'incompréhension,
07:04 mais surtout la lassitude des politiques
07:07 qui n'œuvrent pas pour protéger les Français.
07:10 La sécurité, c'est une prérogative régalienne,
07:13 c'est une priorité pour le gouvernement.
07:15 Gérald Darmanin, il agit a posteriori, mais on s'en enorgueille.
07:19 Presque qu'il agisse, évidemment qu'il doit agir,
07:22 mais encore une fois, il doit le faire a priori.
07:25 Quand je vois le rapport de la Cour des comptes qui indique, par exemple,
07:28 que les dernières 22 000 policiers ont démissionné, Laurence,
07:31 où va-t-il trouver les effectifs de police nécessaires
07:34 pour assurer la sécurité des Français ?
07:36 - Vous avez raison. - Comment vont-ils faire ?
07:37 - La crise des vocations, c'est important. - Évidemment.
07:39 M. le général Desportes, vous avez un regard de militaire
07:41 sur la situation de notre pays, où l'insécurité monte,
07:45 les homicides augmentent, où vraiment,
07:48 on risque sa peau désormais n'importe où.
07:51 C'est une situation qui est évidemment terrible,
07:54 avec les conséquences qui ont été annoncées.
07:55 Les gens vont s'armer pour se défendre,
07:57 c'est-à-dire que le pacte social est rompu.
07:59 Le pacte social, j'abandonne un peu de liberté,
08:01 mais tu me protèges.
08:02 Et là, comme la protection n'est plus assurée,
08:04 on en revient au monde de Hobbes, c'est chacun pour soi,
08:07 et donc c'est le contraire de la civilisation.
08:09 Donc il est clair que la France doit se reprendre rapidement.
08:12 - Et faire preuve d'autorité. - Exactement.
08:14 Ce qui ne vous est pas étranger.
08:15 Rachel Kahn, peut-être un dernier mot sur cette situation.
08:18 C'est jeune interpellé, deux mineurs,
08:20 parmi ceux qui ont été interpellés, disait l'autre Rachel.
08:22 Effectivement, je partage le climat de violence.
08:25 On peut saluer les mots et les actions de Gérald Darmanin,
08:30 qui tient bon, je trouve, mais effectivement,
08:33 je partage aussi, il faut que cette force,
08:36 cette puissance, et d'être très...
08:39 d'incarner, au fond, ce qu'est la République,
08:41 cette unité républicaine,
08:43 elle n'est pas assez présente,
08:44 et notamment auprès de certains de nos dirigeants,
08:47 qui ont une obsession racialiste de la République,
08:51 et je trouve que ça divise cette France.
08:54 En somme, ce que disait Gérald Darmanin tout à l'heure,
08:57 il y avait un extrait,
08:59 il disait que dans cette République,
09:01 les personnes se sont condamnées par rapport à leurs actes.
09:05 L'extrême-gauche aujourd'hui, au fond,
09:07 c'est que vous êtes coupable par rapport à ce que vous êtes,
09:10 et vous êtes victime, quoi que vous fassiez.
09:13 C'est un peu le résumé de leur République,
09:16 qui est une République divisée,
09:18 qu'ils fragilisent en disqualifiant,
09:21 que ce soit les policiers,
09:22 ils disqualifient aussi les élus, et notamment les maires,
09:26 qui sont aussi violentés dans ce climat général.
09:29 Et qui sont réunis en congrès aujourd'hui.
09:31 Nathan Devers, peut-être un dernier mot.
09:33 Face à un fait comme celui-ci,
09:35 c'est-à-dire un fait absolument tragique, absolument horrible,
09:38 je pense qu'il faut se garder d'un glissement,
09:40 qui est un glissement naturel,
09:41 entre deux formes d'indignation.
09:43 Une indignation que je qualifierais de métaphysique,
09:45 c'est-à-dire que c'est pas possible, c'est atroce, c'est horrible,
09:48 et que nous ressentons.
09:49 Et cette indignation métaphysique, si on la prolonge,
09:51 parfois elle prend l'expression de non pas comment c'est possible,
09:54 mais comment ça a pu se produire.
09:56 Et ça peut tout de suite tomber dans une sorte d'indignation
09:58 qui va prendre un registre politique, sans qu'on ait d'éléments,
10:01 sans qu'il y ait eu nécessairement que l'État est responsable,
10:04 que tout cela dit quelque chose de l'état global de notre société,
10:07 qu'il y ait eu un dysfonctionnement institutionnel
10:10 qui explique qu'on en soit venu là.
10:12 Si c'est le cas, j'ai pas d'ornières,
10:14 si c'est le cas, il faut le montrer, il faut le prouver,
10:15 il y aura une enquête,
10:16 il y aura des journalistes qui font des investigations
10:19 sur le profil des personnes et qu'ils découvrent
10:21 qu'il y a eu un dysfonctionnement ici ou là
10:23 qui a permis d'en arriver ici.
10:24 Je serai le premier à le reconnaître.
10:26 Mais quand on est quelques jours après les faits,
10:28 que les gens sont encore dans la sidération,
10:29 qu'on a très peu d'informations,
10:31 il me semble très hâtif d'en tirer des conclusions globales
10:34 sur la société, même si c'est une tentation naturelle.
10:38 Oui, alors dernier mot Sabrina, parce qu'après il faut qu'on avance.
10:41 Je voudrais juste dire qu'en réalité,
10:44 le politique ne pourra jamais apporter de solution
10:47 tant qu'il ne fait pas le diagnostic anthropologique de la société,
10:50 tant qu'il ne comprend pas qu'aujourd'hui,
10:53 c'est la société de l'honneur.
10:55 Et je vais vous le dire tel que je le pense,
10:58 dans les quartiers, il y a un normatif sociologique,
11:01 il y en a même deux.
11:02 Il y a celui de la honte qui se dit l'hachouma, d'accord,
11:05 qui est fondé et qui s'articule autour de l'honneur.
11:08 Et il y a le normatif de l'ahagra, ça veut dire faire la misère,
11:11 ça veut dire terminer celui qui ne nous plaît pas.
11:14 Tant qu'on n'a pas articulé, malheureusement,
11:17 cette société de l'honneur avec la civilisation de la culpabilité
11:20 qui fonde aussi nos lois, on n'y arrivera jamais.
11:23 Le jour où on entendra un politique
11:25 prononcer un discours à l'Assemblée nationale,
11:27 comme après, par exemple, les émeutes,
11:29 pour dire "vous devriez avoir honte d'élever vos enfants comme ça",
11:33 "vous devriez avoir honte que vos enfants abîment la démocratie",
11:37 "vous devriez avoir honte que vos enfants cassent et brûlent les écoles",
11:40 "vous devriez avoir honte que vos enfants agressent les élus",
11:44 "vous devriez avoir honte qu'ils brûlent des écoles,
11:47 qu'ils brûlent des bus et qu'ils brûlent des magasins",
11:49 eh bien peut-être, peut-être qu'à ce moment-là,
11:52 ce sentiment de honte que nous portons, nous, Français,
11:55 parce que nous culpabilisons,
11:57 il sera éventuellement entendu par les gens
11:59 qui commettent tous ces actes délictuels.
12:01 Allez, une petite pause, on se retrouve dans un instant
12:03 dans Punchline, sur CNews et sur Europe.
12:05 On reviendra sur les négociations très intenses
12:07 sur la libération des otages au Manitoba.

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