00:00 avec cette réunion importante autour du président de la République,
00:02 nouvelle réunion hier, les ministres concernés évidemment par le texte sur le dossier sur la loi immigration.
00:09 Trois heures de dîner, un président de la République qui a mis la pression
00:14 et d'après ce que l'on sait, le chef de l'État, parmi les options, n'exclut pas l'échec, on est d'accord ?
00:20 Oui, dans cette réunion avec plusieurs ministres autour de la table, c'était un dîner hier soir à l'Élysée,
00:26 le chef de l'État dit sa volonté de clore le chapitre de la loi immigration le plus vite possible,
00:31 si possible avant Noël, par le biais de cette commission mixte paritaire,
00:36 et quitte à aller à un échec, autrement dit, même s'il n'y a pas de texte, il faut tourner la page.
00:41 Et puis, lors de ce dîner, il a tordu le cou à une petite musique qui commençait à monter depuis 24 heures,
00:46 celle de la dissolution, le sujet avait été abordé dans son tête-à-tête avec Gérald Darmanin lundi soir,
00:52 parce que le ministre de l'Intérieur, qui estime que si lui, un profil aussi politique que lui,
00:55 a échoué dans le projet de loi immigration, c'est que la situation est devenue ingérable,
00:59 et il fait partie de ceux qui pensent que ça ne pourra pas tenir trois ans et demi comme ça dans la majorité,
01:03 il y a des voix aussi qui disent que la recherche de majorité, texte par texte, ce n'est plus possible,
01:08 même l'opposition s'y prépare à cette hypothèse de dissolution,
01:11 hier, Jordan Bardella l'a réclamé même sur notre antenne, expliquant qu'il était prêt à s'installer à Matignon,
01:16 et il nous refait le coup de Mélenchon Premier ministre, mais Bardella Premier ministre,
01:19 mais le Président de la République a douché hier tout le monde,
01:22 si certains autour de la table considèrent que ce serait une bonne idée, je leur dis qu'il se plante,
01:25 et je leur demande d'arrêter, aurait-il dit, à ses convives, selon nos confrères de RTL.
01:29 Il a raison ?
01:30 Ça dépend de quel point de vue on se place.
01:32 Du point de vue du Président de la République, il n'y a pas lieu de tirer de conclusion générale de cette séquence,
01:37 a-t-il dit à ses convives, selon l'AFP, ce qui se discute entre nous,
01:40 parce que est-ce que c'est une péripétie parlementaire, est-ce que c'est une crise politique ?
01:44 Au-delà du contexte particulier de ce projet de loi immigration,
01:48 on a vu que les députés d'opposition étaient prêts à tout,
01:51 quitte même à renoncer à faire leur job de député, puisqu'ils ont rejeté le texte,
01:54 même à s'allier en très extrême, puisqu'on l'a vu lundi soir,
01:58 ils étaient prêts à tout pour bloquer Emmanuel Macron,
02:00 et on voit mal ce qui pourrait les empêcher de recommencer.
02:02 Mais le Président de la République s'y refuse pour tenter de pallier à l'absence de majorité,
02:05 on voit bien qu'il invente des machins, des usines à gaz,
02:08 on a vu le Conseil national de la refondation,
02:10 on a vu les entretiens de Saint-Denis,
02:13 là il a promis un rendez-vous avec la Nation en janvier,
02:16 cela ne fonctionne pas, mais il se refuse à utiliser les deux outils institutionnels dont il dispose,
02:20 l'arme de la dissolution et l'arme du référendum,
02:23 il faut dire que le dernier à s'y être essayé c'était Jacques Chirac,
02:25 et que les deux lui étaient revenus en pleine poire.
02:28 Et puis il y a les sondages, Emmanuel Macron sait qu'il n'a pas réussi à décrocher une majorité
02:32 après le souffle de sa victoire à la présidentielle,
02:34 donc ce n'est pas un an et demi plus tard, alors qu'il atteint des sommets d'impopularité,
02:38 que ce serait plus facile.
02:39 – Bon, et du point de vue de l'opposition, la dissolution ce serait une bonne idée ?
02:42 – Bah non, en fait ils le disent tous, on n'a pas peur de retourner devant les unes,
02:44 mais il y en a beaucoup qui ont les chocottes, prenez la NUPES par exemple,
02:48 Jean-Luc Mélenchon lui-même a décrété l'acte de décès de la NUPES la semaine dernière,
02:51 il est difficile d'imaginer qu'il atteindrait leur score de juin 2020,
02:55 de prenez les LR, ils n'ont pas forcément brillé pour leur cohérence cette année,
02:58 pas sûr que leurs électeurs leur pardonnent, notamment leur pas de deux sur les retraites,
03:02 et même le RN qui dit "nous on veut que les électeurs retournent devant les urnes",
03:05 et bien ils n'en veulent en fait que dans les discours parce qu'il n'y aurait aucun intérêt,
03:09 la stratégie du RN c'est de se présenter vierge de toute expérience du pouvoir en 2027
03:13 pour pouvoir dire aux français "essayez-nous",
03:15 si les français les ont essayés trois ans avant, il y a peu de chances que ça marche.