00:00Sonia Devillers, votre invitée, est vice-présidente du Parti des Républicains et maire de Taverny,
00:06dans le Val-d'Oise.
00:07Bonjour Florence Portelli, hier après-midi, Éric Ciotti, président DLR, s'est physiquement
00:11barricadé au siège de votre parti.
00:13Le bureau politique s'est réuni en l'absence de celui-ci, a décidé de son exclusion.
00:18Mais Éric Ciotti a aussitôt rejeté cette décision, jugeant illégale la réunion des
00:22cadres du parti.
00:23Ce matin, Éric Ciotti l'est-il ? Oui ou non, président DLR ?
00:27Non.
00:28Non.
00:30Il estime, c'est ce qu'il a dit hier soir sur CNews, qu'il est victime d'un putsch.
00:34Oui, alors il a l'habitude du putsch du pauvre, pardon, mais quand on se barricade dans un
00:38siège et qu'on ne sait pas que la secrétaire générale a le double des clés, c'est assez
00:43inquiétant sur ses capacités à gérer les problèmes de sécurité des Français.
00:46Enfin pardon, mais c'est quand même assez grotesque, je veux dire, c'est l'USS 117.
00:51Donc je m'excuse d'avance pour les gens qui sont dégoûtés par la politique, parce
00:56que là on leur offre quand même un vaut de ville assez grotesque.
00:58Je me désolidarise évidemment de gestes aussi stupides et traumatisants d'ailleurs,
01:04parce qu'on avait des salariés dans le siège qui ont été traumatisés.
01:07Moi je suis allée déjeuner avec certains d'entre eux, j'ai vu les permanents, une
01:12salariée du parti qui était en larmes, parce qu'elle a trouvé ça extrêmement violent.
01:15Ce sont des gens aussi qui comptent, il n'y a pas que les députés, les anciens ministres,
01:20etc.
01:21Un parti politique est composé de tous ces gens-là.
01:23Mais franchement, Florence Portelli, Bruno Retailleau, président du groupe au Sénat
01:27qui dit avoir été victime de mensonges, Annie Gennevard dont on vient de parler qui
01:30sort les clés pour déverrouiller le bâtiment, Geoffroy Didier qui dit qu'il faut utiliser
01:35la force pour le déloger, vous qui en appelez au Samu, le tout devant les caméras et les
01:40militants.
01:41Oui d'accord, on surchauffe, mais comment on en est arrivé là ? Il n'y avait aucun
01:44signe avant-coureur ?
01:45Là non, une telle dérive individuelle, ça honnêtement, même dans les scénarios les
01:52plus faux, on ne peut pas l'imaginer, on nous dirait que c'est trop gros.
01:55Non, on ne pouvait pas l'imaginer et c'est la première fois, je crois, dans l'histoire
01:59de la vie politique française qu'un chef de parti trahit son parti, trahit les candidats
02:03qui vont partir dans des législatives extrêmement compliquées.
02:06On n'a visiblement rien à faire, fait ça tout seul dans son coin, vire les gens parce
02:11qu'il avait aussi viré la présidente de la commission nationale d'investiture qui
02:14était quand même une proche, qui est en plus dans un département aussi le même que
02:18lui assez difficile, où le RN et Reconquête sont très forts et qui a eu le courage de
02:22dire « je ne suis pas d'accord avec toi » parce qu'elle n'était pas d'accord
02:25avec lui.
02:26Manu Militari, tout seul derrière son bureau, il l'a viré.
02:29Je rappelle pour ceux qui n'auraient pas suivi le feuilleton que Eric Ciotti a annoncé
02:35de son propre chef une alliance politique électorale avec le rassemblement national.
02:40Alors cette fameuse commission nationale des investitures, parlons-en, elle a réinvesti
02:4559 des 61 députés sortants.
02:48Qui sont les deux manquants ?
02:49Une collègue de M. Ciotti, M. Ciotti lui-même, parce qu'ils ont annoncé une alliance avec
02:55le RN.
02:56Hier, nous avons été extrêmement clairs, tout candidat qui fera alliance avec le RN
03:00sera viré.
03:01Viré.
03:02Donc Christelle Dintorni, c'est ça Dintorni, elle est virée ?
03:05Oui, bien sûr, elle n'est plus chez nous.
03:07Vous savez, on nous dit « ce n'est pas clair vos statuts etc. », c'est sûr qu'il
03:11faudrait un peu les toileter, pour d'autres raisons aussi, mais ce qui est très clair
03:15c'est qu'on a une charte, une charte des valeurs, qui dit très clairement pas d'alliance
03:19avec les extrêmes.
03:20Il est président du parti, il doit respecter ces valeurs-là, en plus il n'a pas eu mandat,
03:25je n'ai pas entendu dans sa campagne, sinon d'ailleurs je ne l'aurais pas soutenu au
03:28second tour.
03:29Il n'a jamais dit qu'il ferait alliance avec le RN, donc il n'a jamais eu mandat
03:34populaire pour cela, quand il dit qu'il a le soutien des militants, dans tous les cas
03:38il n'y avait pas le soutien de ceux qui ont voté pour lui.
03:40Donc oui, il a trahi son camp, il a trahi les gens qui ont voté pour lui.
03:44Mais quand même on aimerait comprendre, parce que Jordan Bardella a assuré de son côté
03:46que plusieurs dizaines de députés LR seraient investis par le RN, hier soir Éric Ciotti
03:51a annoncé qu'environ 80 candidats LR seraient soutenus par le RN au législatif, ça veut
03:58dire quoi ? Ça veut dire que dans certaines circonscriptions, il y aura deux candidats
04:02de droite ?
04:03Alors, si vous appelez ça la droite, c'est une sémantique dont on peut discuter, mais
04:09non, parce que pour moi c'est l'extrême droite, il faut appeler un chat un chat, mais
04:13non.
04:14L'extrême droite a ce même micro, refuse de se faire appeler extrême droite ?
04:17Oui, ça je pense qu'on va avoir des débats sémantiques pendant un certain temps, mais
04:21vous avez, si des gens sont investis par le RN, c'est qu'ils ne sont plus chez nous.
04:26Donc ce n'est pas possible, on ne peut pas avoir la double appartenance.
04:29Donc on n'a pas d'un côté des candidats LR RN, et de l'autre côté des candidats
04:33LR Canal Politique Historique ?
04:34Non, ça n'existe pas, c'est un oxymore.
04:36Ils sont pourtant contre la double nationalité, mais visiblement ils ne sont pas contre la
04:41double appartenance, mais nous on est contre la double appartenance, et pas contre la double
04:45nationalité.
04:46C'est la question posée France Inter au journal de 7h, c'est-à-dire, qui a le mandat
04:49juridique ? Qui a l'autorité pour investir ?
04:52Est-ce qu'il va falloir en appeler à la justice pour qu'il fasse ?
04:54Non, en fait pas du tout, on a une commission nationale d'investiture, qui est de nouveau
04:58présidée par Michel Tabarro.
04:59Vous l'avez remise en place ?
05:01Il l'avait fait de manière totalement dictatoriale, ce cher Eric Ciotti, et moi je fais partie
05:09de la commission nationale d'investiture, hier j'ai siégé, en plus on avait une urgence.
05:13Il est tellement individualiste et immoral, qu'il sait très bien que jusqu'à dimanche
05:20on doit investir des gens parce que c'est la date limite, et il n'en a rien à cirer.
05:24C'est-à-dire qu'il a été alimenté par des gens, par des militants, par des élus,
05:29et en plus il faudrait s'aborder la commission nationale d'investiture de son propre camp
05:34il y a encore quelques heures, en espérant qu'il ne puisse même pas investir des gens.
05:37Il faut être profondément tordu, excusez-moi.
05:39Alors, tout le monde à droite, pas que à droite à écouter Yael Ghosn, toute la classe
05:46politique n'a plus qu'un seul mot à la bouche, c'est le mot « clarification ».
05:49Alors, essayons de clarifier.
05:51Parce que moi j'ai appelé à la démission d'Eric Ciotti, j'appelle aussi à la démission
05:54de Monsieur Faure.
05:55D'Olivier Faure ?
05:56Bien sûr.
05:57Alors, de quoi vous vous mêlez là ?
05:59Vous aussi vous avez une double appartenance ?
06:01Non mais, je vais vous dire très clairement, on nous donne des leçons en disant, voilà,
06:06il faut clarifier.
06:07Olivier Faure c'est le premier secrétaire général du Parti Socialiste.
06:10Nous on a clarifié les choses à droite.
06:11Ni Macron, ni rassemblement national.
06:14On est libre et indépendant.
06:16C'est clair, c'est net.
06:17Monsieur Faure, après avoir dit que la LFI était infréquentable, vient de faire le
06:21pacte du diable avec un parti qui tient des propos antisémites.
06:26Eh bien voilà, moi j'ai pas de leçons à recevoir de ces gens-là.
06:28C'est pas un front populaire, c'est une indignité.
06:30Moi je suis fière d'être dans un parti qui a été clair et je rappelle à la gauche
06:35à ses fondamentaux et à quelques amis du Parti Socialiste qui ont aujourd'hui une
06:40pince à linge sur le nez.
06:41Vous savez ce qu'il va se passer ? Il va se passer un second tour des législatives
06:45où très probablement, je joue pas avec des chiffres qui n'existent pas encore, mais
06:49très probablement, il y a beaucoup de circonscriptions, on va se retrouver avec un duel, d'un côté
06:53ce front populaire que vous dites diabolique et indigne et de l'autre côté le rassemblement
06:57national.
06:58Qu'est-ce que vous allez faire ? En fait, qu'est-ce que vous allez donner comme consignes
07:02de vote à vos électeurs ?
07:03Alors déjà, pas de consignes de vote.
07:05Je vais vous dire les consignes de vote parce que ça ne marche pas, ça a l'effet inverse.
07:07Les gens ont l'impression qu'on les prend pour des imbéciles, qu'on se prend pour
07:11leurs parents, qu'on les met sous tutelle.
07:12Les Françaises et les Français sont des gens matures, intelligents et ils votent pour
07:16qui ils veulent, même si ça ne me plaît pas.
07:18Ça s'appelle le suffrage, la souveraineté populaire, etc.
07:22Comment ?
07:23Comment j'aimerais à vous de voter au second tour ?
07:25Pour un candidat Les Républicains.
07:26Et s'il n'y a pas de candidat Les Républicains ?
07:28S'il n'y a pas de candidat Les Républicains, il y a plusieurs cas de figure, mais s'il
07:31y a un parti extrémiste qui se retrouve au second tour, je voterai blanc.
07:34Le vote blanc existe en France, je voterai blanc.
07:37Comme Gérard Larcher qui dit aller à la pêche ce jour-là ?
07:39Ah non, je n'irai pas à la pêche parce que j'irai quand même voter, je tiendrai mes
07:41bureaux de vote, je suis maire d'une commune.
07:43Oui, mais ce que je veux dire c'est que c'est une image bien sûre, mais François-Xavier
07:46Bellamy lui dit non, je ferai barrage.
07:48Alors, il n'a pas dit clairement je voterai à la RN, mais il a dit je ferai barrage.
07:52Non, moi c'est très clair, ni l'un ni l'autre.
07:54Ni l'un ni l'autre.
07:55Je suis contre les extrêmes, qu'elles soient de gauche ou de droite.
07:57D'accord.
07:58Alors clarifions.
07:59Parce que vous comprenez que d'un côté vous dites on n'a rien à voir avec le RN,
08:03de l'autre côté on entend que Les Républicains s'alignent depuis trop longtemps sur certaines
08:09positions du RN, il suffit de reprendre.
08:11Ça c'est votre point de vue.
08:12Non, simplement le vote de la loi immigration, l'examen de ce texte, le remaniement de ce
08:18texte par la droite et Marine Le Pen elle-même qui dit c'est formidable, la droite a repris
08:23mes mots, mes idées, c'est une victoire idéologique du RN.
08:26Je ne suis pas d'accord avec ça, mais je pense que si on ne résout pas les difficultés
08:30que nous rencontrons parfois dans certains quartiers prioritaires, les problèmes qu'on
08:34peut rencontrer aussi en termes d'intégration, je parle bien d'intégration et pas d'immigration,
08:38on distingue les deux, justement vous aurez le RN au pouvoir.
08:43Donc on a déjà le devoir de faire ça, on a le devoir d'être extrêmement ferme parce
08:48que les gens attendent de la fermeté, mais je vous dirais mais pas que.
08:51Et c'est justement l'intérêt de la droite républicaine, c'est qu'elle repose sur
08:54deux jambes.
08:55Il faut de l'autorité mais il faut aussi du respect.
08:57Moi je respecte mes compatriotes dans mes quartiers qui sont d'origine étrangère
09:02et qui apportent beaucoup aussi à la vie de ma commune.
09:05Ça dit quoi ? Ça dit que les républicains aujourd'hui ont une vraie différence avec
09:09le Rassemblement de la République ?
09:10Bien sûr qu'on a une vraie différence, puis on parle aussi de logement, d'éducation,
09:13on parle de culture.
09:14Je peux vous dire que là-dessus ce n'est pas une différence, c'est un gouffre qu'il
09:17y a entre nous.
09:18Merci Florence Portali.