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  • il y a 2 ans
Mardi 18 juin 2024, SMART TECH reçoit Sylvain Duranton (directeur monde, BCG X)

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00:00Générique
00:06Sylvain Duranton et mon grand invité, bonjour, bienvenue.
00:09Bonjour.
00:10Alors je rappelle que vous êtes le directeur monde du BCGX qui est l'entité tech du BCG,
00:15donc grand cabinet de conseil en stratégie.
00:18Quand je dis tech, alors ça a été lancé en 2022 pour accompagner les transformations numériques des entreprises,
00:25donc avec des besoins très spécifiques.
00:282022, il y a une énorme attente sur ces transformations numériques,
00:32beaucoup de questions sur comment accélérer.
00:35J'ai envie de dire aujourd'hui, c'est peut-être plus tellement ce qu'on vous demande.
00:38On ne vous parle que d'intelligence artificielle, non, Sylvain ?
00:41Alors on nous parle beaucoup d'intelligence artificielle, surtout d'intelligence artificielle.
00:45Effectivement, c'est le grand sujet du moment,
00:48qui d'ailleurs est la continuité de l'intelligence artificielle qu'on avait avant,
00:53qui était plus prédictive par rapport à l'intelligence artificielle générative.
00:57Et puis c'est aussi une continuité du digital, des technologies.
01:00Donc on est bien dans une suite logique, avec une accélération phénoménale qui est arrivée.
01:05Ça ne vous semble pas exagéré ? Vous dites qu'on est dans une suite logique ?
01:08Le fait que comme ça, hop, une solution technologique, on chasse plein d'autres ?
01:12Alors non, je ne pense pas qu'elle les chasse en fait.
01:15Parce que la plupart du temps, en fait, on combine les différentes technologies.
01:19Ce n'est pas un clou chasse l'autre, si j'ose dire.
01:22On les combine dans la plupart des projets qu'on voit.
01:25On combine l'IA générative avec l'IA classique.
01:28Et puis on peut mettre des blockchains, on peut mettre différentes choses.
01:31On peut mettre aussi de la réalité virtuelle.
01:33On assiste plutôt à une convergence, en fait, des projets autour des technologies.
01:38On ne cherche plus là, il y a 4 ou 5 ans, les entreprises ont cherché.
01:43Alors où est-ce qu'on pourrait mettre de l'IA ?
01:44Où est-ce qu'on pourrait mettre une blockchain ?
01:45Où est-ce qu'on pourrait mettre ceci ou cela ?
01:47Là maintenant, c'est plus où est-ce qu'on peut créer de la rupture
01:49en utilisant les technologies dans leur ensemble.
01:52L'accélération ne me paraît pas exagérée.
01:55C'est-à-dire que ce qu'apporte la technologie d'IA générative,
01:59c'est réellement très en rupture par rapport à ce qu'on faisait avant.
02:03Avant, on avait un cerveau très mathématique
02:07qui pouvait prendre des décisions très chiffrées.
02:09Là maintenant, on a un cerveau créatif qui permet de produire du contenu,
02:12des idées, des textes, des documents.
02:13Et en combinant les deux, on a des choses qui peuvent être très puissantes.
02:16Vous dites créatif, mais là-dessus, il y a débat.
02:18Parce que justement, ceux qui travaillent dans l'IA disent
02:21attention, ce n'est pas vraiment de la création,
02:23c'est de la génération à partir de création.
02:26Il y a toujours un débat qui est finalement,
02:28est-ce que ce contenu est réellement nouveau
02:30ou est-ce que finalement, c'est simplement
02:32en remâchant un peu les choses déjà vues qu'on arrive à quelque chose ?
02:38Je pense que c'est un débat d'experts.
02:40Je ne suis pas sûr qu'il soit très fructueux
02:42parce qu'à la fin, même si vous prenez ce qui a pu être fait sur le jeu de Go,
02:46en utilisant de l'intelligence artificielle,
02:48on a trouvé des stratégies qui n'existaient pas avant,
02:50que personne n'avait vues.
02:52Est-ce que c'est créatif ? Est-ce que le Go, c'est de la créativité ?
02:54Est-ce que c'est un jeu fermé ? Je ne sais pas.
02:56À la fin, on produit des choses qui n'avaient jamais été produites
03:00par un cerveau humain avant,
03:02qui auraient peut-être été produites dans quelques années.
03:04Je ne sais pas si c'est de la grande créativité,
03:06mais en tout cas, c'est de la vraie nouveauté.
03:08Je ne sais pas comment vous dire.
03:10BCGX, c'est une entité spécifique sur ces questions de transformation
03:14par les technologies, on va dire.
03:16Mais aujourd'hui, est-ce que ce n'est pas l'ensemble des transformations
03:20qui passent par le numérique ?
03:22Alors effectivement, nous, BCG, on a créé cette entité à un moment donné,
03:26puisque notre métier historique, c'est d'aider les entreprises
03:30à se transformer.
03:32Et à un moment donné, transformer les entreprises
03:35sans être capable de produire de la technologie,
03:37c'est illusoire dans un monde où la technologie a une telle importance
03:41aujourd'hui et transforme à tel point les fonctions des entreprises.
03:45Et donc c'est pour ça qu'à un moment donné, on s'est dit
03:48qu'il faut qu'on ait ses compétences en interne.
03:50Ce qui ne veut pas dire qu'on ne travaille pas aussi avec des partenaires.
03:52On a des partenariats avec la plupart des acteurs de l'écosystème technologique.
03:56Mais à un moment donné, pour faire notre métier sur les transformations
03:59d'entreprises, il fallait qu'on soit capable aussi de maîtriser
04:02et de délivrer une partie de la chaîne technologique.
04:04Donc vous êtes un producteur en fait de technologies.
04:07Alors BCGX, on n'est pas consultant, on est vraiment des fabricants de technologies.
04:11Comment est-ce qu'on fait les bons choix parmi justement
04:14ces multiples technologies à notre disposition ?
04:17Comment vous les aidez à choisir ?
04:19Je pense que la question la plus forte, c'est autour des LLM.
04:23Aujourd'hui, toute entreprise se voit sans arrêt démarchée
04:27par une start-up, un grand de la tech, etc. pour proposer son logiciel,
04:31ses services, son LLM, etc. avec des coûts qui vont de 1 à 100
04:35selon ce qu'on achète. C'est très varié.
04:40Aujourd'hui, pour un dirigeant d'entreprise, c'est difficile
04:43d'être un peu perdu face à toutes ces offres.
04:46Je pense que la première chose à faire, c'est vraiment de se demander
04:49pourquoi est-ce qu'on déploie la technologie ?
04:51Qu'est-ce qu'on veut faire avec ? Parce que les fournisseurs ont tous
04:54plein d'idées sur ce qu'on pourrait faire avec leur technologie.
04:57Mais d'essayer de clarifier un peu ce qu'on veut faire.
04:59Et notamment, il y a des choses qui sont très différentes.
05:02Beaucoup d'entreprises aujourd'hui déploient des outils qui sont utilisés
05:05par quasiment tout le monde.
05:07Toutes les formes et variations autour des notions de copilote
05:10ou d'aide qu'on peut avoir.
05:11Ça, c'est des choses qui sont utilisées par un très grand nombre,
05:14dont l'idée est de faire gagner un peu de temps à chacun.
05:17C'est la fameuse théorie de se débarrasser des 4 pires heures de la semaine.
05:20On dit, voilà, on va enlever les choses qui sont les plus pénibles,
05:23on va se faire aider par un outil qui me permettra d'aller plus vite
05:25dans ce que je fais.
05:27Ça, c'est des choix qui sont très différents que de se dire,
05:30je vais faire ma propre solution technologique sur mesure
05:33pour mes processus, mes données sur un processus hyper stratégique,
05:36je ne sais pas, la tarification, la conformité dans une banque,
05:41la relation client, je vais équiper mes conseillers clientèle
05:46avec des outils qui leur permettront de mieux faire leur métier.
05:48On est sur des choses qui sont complètement différentes.
05:50Dans un cas, on achète plutôt des solutions sur mesure.
05:53Ça ne requiert pas de compétences technologiques fortes.
05:55En fait, c'est juste qu'on déploie un logiciel.
05:58Là, on choisit le logiciel en fonction de ses besoins.
06:00Dans l'autre cas, bâtir sa propre solution.
06:03Toutes les entreprises ne le font pas,
06:05mais celles qui font ce choix, ça demande de monter des équipes
06:08hyper pointues, de choisir parmi différents modèles,
06:11parfois de combiner certains modèles, parce que selon le problème
06:14qu'on veut résoudre, ce n'est pas le même modèle
06:16qui apporte la meilleure solution.
06:18Et là, il y a des choix d'architecture, de technologie
06:20qui sont très stratégiques et difficiles.
06:23Et là, nous, on peut effectivement aider.
06:26Là, il faut y passer un petit peu de temps.
06:28Comment est-ce qu'on priorise ces investissements aussi ?
06:32Il y a tous les prix, par exemple.
06:35Il y a tous les prix.
06:37Sur cette transformation d'intelligence artificielle ?
06:39Pour faire un outil, par exemple,
06:42où tout le monde en ce moment est un peu impressionné,
06:45sur les agents conversationnels.
06:47Je pose des questions, j'ai des réponses.
06:49Selon l'agent, selon la précision que vous voulez,
06:52selon l'image que vous avez en face de vous,
06:55l'appel va pouvoir coûter entre quelques euros
06:58et quelques centimes d'euros.
07:00Et ça, c'est une question de temps de réponse,
07:02de complexité des questions,
07:04de qualité de l'architecture,
07:06de modèles que vous utilisez.
07:08Mais là, il y a vraiment de l'optimisation à faire.
07:11Et parfois, selon ce que vous faites,
07:13c'est tout à fait bien de dépenser plusieurs euros
07:15pour une conversation,
07:17parce que c'est des conversations à très haute valeur ajoutée.
07:19Dans d'autres cas, ça n'a aucun sens.
07:21Donc, il ne faut pas se contenter de regarder les prix.
07:24Non, c'est beaucoup poussé par le retour.
07:26Et la première chose que les entreprises doivent se poser,
07:28c'est où est-ce qu'il est important que je fasse la différence
07:31avec l'intelligence artificielle ?
07:33Dans quelles fonctions ?
07:34Est-ce que c'est pour gagner en productivité ?
07:36Est-ce que c'est pour mieux servir mes clients ?
07:38Est-ce que c'est pour prendre de meilleures décisions ?
07:40C'est ça, les premières questions à se poser.
07:42C'est surtout pas, on m'a proposé un outil,
07:44où est-ce que je vais bien pouvoir le mettre ?
07:46D'accord.
07:47Et ça veut dire qu'il faut aussi avoir les bonnes compétences en interne.
07:51Comment est-ce qu'on va chercher les bonnes compétences ?
07:55Déjà, est-ce qu'on sait de quelles compétences on a besoin ?
07:58Et ensuite, où les trouver ?
08:00Là, il y a une vraie pénurie, visiblement.
08:02Il y a une guerre sur les compétences.
08:04Et quand on interroge les dirigeants d'entreprise,
08:06dans les études qu'on fait régulièrement,
08:08on voit quand même que c'est le premier sujet pour les dirigeants d'entreprise
08:12qui se disent, tout ça, j'ai compris que c'était important,
08:14mais à la fin, qui peut m'aider ?
08:16Mais alors, qui ? C'est quoi ?
08:17Il faut des data scientists ?
08:18Qu'est-ce qu'il faut comme type de profil ?
08:20Dans les types de profils, il y a évidemment des data scientists.
08:23Il y a aussi beaucoup de développeurs,
08:25parce qu'à un moment, il faut arriver à développer,
08:27à fabriquer des plateformes de données.
08:28Il y a besoin d'ingénieurs données aussi,
08:30qui permettent de faire fonctionner tout ça.
08:32Il y a besoin de designers et de chefs de produits
08:35qui sont capables d'imaginer la solution,
08:37ce qu'elle va pouvoir faire, etc.
08:39Et puis surtout, il faut que ces équipes,
08:41une fois qu'on réussit à les constituer,
08:43travaillent en symbiose complète avec des équipes métiers.
08:46On n'est pas dans un produit digital
08:48où on se dit, j'imagine un produit,
08:49puis après, hop, on déploiera dans l'entreprise.
08:51Ce sont des produits qui se calibrent,
08:53qui s'optimisent avec les utilisateurs.
08:56Il y a des mois de travail de calibrage des outils
08:59avant qu'ils puissent être déployés.
09:01C'est souvent là qu'est le gros investissement pour les entreprises.
09:04Vous parliez de prioriser les investissements.
09:07On a trop de situations où les entreprises
09:09font plein de petites choses,
09:11et rien qui soit vraiment poussé à l'échelle
09:14et qui soit vraiment significatif.
09:16Pourquoi ?
09:17Parce que c'est plus facile.
09:20Si tout le monde peut faire sa petite chose,
09:22on dit oui à tout le monde.
09:23C'est moins risqué.
09:24Personne ne prend de risques.
09:25Quand on se dit,
09:26notre agenda va être ces trois sujets
09:29sur lesquels on va faire une vraie différence,
09:31ça se verra.
09:32Si jamais, au bout de 6, 12, 18 mois,
09:35on a vraiment quelque chose qui fait la différence,
09:37ou pas.
09:38Il y a besoin aussi de courage managérial.
09:41Ça veut dire que si on choisit trois sujets,
09:43il y en a 15 autres,
09:44dont certains avaient très envie,
09:46qui ne seront pas suivis.
09:47On prend plus de risques.
09:48Je pense qu'aussi,
09:49dans un environnement aussi turbulent que le nôtre,
09:51aujourd'hui, la notion...
09:52Où on manque de vision à long terme,
09:54de stabilité.
09:55Oui, mais la notion de prise de risque,
09:57à un moment donné,
09:58dans le choix stratégique,
09:59c'est plus important qu'avant.
10:01Sur ces sujets-là,
10:03on ne peut pas se dire qu'on fera tout, partout,
10:05pour être sûr de n'avoir rien oublié.
10:06On est obligé, à un moment donné,
10:08de prendre des décisions,
10:09et les décisions, c'est des risques.
10:11Et il vous semble qu'aujourd'hui,
10:13les entreprises ont pris la mesure,
10:15justement, de l'importance des technologies,
10:17de la transformation numérique.
10:19Il y a eu cette urgence post-Covid.
10:21On a l'impression que c'est un peu redescendu.
10:23Ensuite, on en est où, aujourd'hui,
10:25de la maturité des entreprises sur ces sujets,
10:27en France ?
10:28Prise de conscience.
10:29Est-ce qu'il faut bouger
10:31dans l'énorme majorité des cas ?
10:33Dans les dernières études qu'on a faites,
10:35il y a plus de 80% des dirigeants
10:37qui veulent dépenser beaucoup plus en IA
10:39et en technologie que l'an dernier,
10:41même si la conjoncture n'est pas très bonne.
10:43La volonté, elle est là.
10:44La prise de conscience, elle est là.
10:46On enquête auprès des dirigeants,
10:48mais aussi des managers
10:50et aussi des employés.
10:52On parle des grandes entreprises.
10:54Oui, sur les grandes entreprises.
10:56Là, la bascule, elle est faite.
10:58Les gens savent que c'est important.
11:00Là où la bascule n'est pas faite,
11:02c'est dans quelle mesure est-ce qu'on s'y met vraiment.
11:04C'est ça, la partie difficile.
11:06Parce que s'y mettre vraiment,
11:08ça veut dire choisir une technologie,
11:10ça veut dire monter des équipes,
11:12ça veut dire plein de choses.
11:14On voit quand même
11:16un retard à l'allumage qui est certain
11:18en France et ailleurs, d'ailleurs.
11:20Oui, pour faire des petits tests,
11:22pour faire des petits pilotes,
11:24mais j'attends d'être sûr.
11:26Pourquoi ? Parce qu'il n'y a pas
11:28de retour sur investissement évident ?
11:30Le retour sur investissement,
11:32on n'a pas de statistiques générales.
11:34Mais ce que je peux vous dire,
11:36c'est qu'en général,
11:38quand c'est bien déployé,
11:40ça rapporte beaucoup plus
11:42que ce qui était prévu,
11:44et ça coûte aussi beaucoup plus
11:46que ce que la plupart des gens attendent.
11:48Donc ce n'est pas ce qu'on a un petit peu dit,
11:50parfois, regardez, c'est génial,
11:52on branche, puis l'argent tombe.
11:54Non, non, il y a un vrai effort,
11:56il y a une vraie transformation,
11:58il faut changer des processus,
12:00des organisations, créer de la techno,
12:02monter des plateformes, etc.
12:04Mais l'impact est très important.
12:06Maintenant, si vous interrogez
12:08deux tiers aujourd'hui qui sont insatisfaits
12:10des retours économiques
12:12qu'ils ont eus sur les investissements
12:14passés en IA, parce que justement,
12:16c'était très fragmenté, pas poussé au bout et tout.
12:18Mais malgré tout, les entreprises
12:20veulent investir beaucoup plus en IA,
12:22parce qu'elles voient bien que le sujet
12:24est très important, qu'il va être transformant,
12:26mais s'y mettre vraiment à l'échelle,
12:28aujourd'hui, on voit beaucoup de
12:30mauvaises, bonnes excuses
12:32pour ne pas s'y mettre tout de suite.
12:34Et moi, mon grand...
12:36Mais parce qu'il y a eu des mauvaises
12:38applications, des mauvaises expériences par le passé ?
12:40Parce que par le passé, beaucoup de choses ont été
12:42faites qui étaient anecdotiques et qui
12:44ne sont pas passées à l'échelle, parce que c'est plus facile
12:46de faire quelque chose d'anecdotique
12:48dans un coin que de se dire
12:50je prends le processus le plus important pour moi,
12:52je ne sais pas, une compagnie aérienne, la tarification
12:54ou la gestion du programme, une compagnie
12:56pharmaceutique, la gestion de la qualité
12:58en usine et la recherche,
13:00et de se dire, voilà, sur ces sujets-là,
13:02je vais tout reconstruire
13:04autour de technologies innovantes.
13:06Ça demande du
13:08cran managérial, et ce cran managérial
13:10est pas toujours là,
13:12et s'il est pas là, par contre,
13:14si on fait plein de petites choses partout, il est certain
13:16qu'on gagnera jamais rien.
13:18Alors, John Chambers, j'imagine que vous voyez
13:20très bien de qui je parle, donc ambassadeur de la French Tech
13:22dans le monde, et puis un grand patron,
13:24ex-grand patron dans les réseaux,
13:26nous disait
13:28en interview qu'aujourd'hui,
13:30l'intelligence artificielle pouvait faire gagner
13:325 à 10%
13:34de productivité à une entreprise. Vous êtes d'accord
13:36avec ce chiffre ? Complètement d'accord.
13:38L'expérience que j'ai... On est capable de
13:40se projeter comme ça ? Oui.
13:42On le voit, nous, dans
13:44les travaux qu'on mène pour les entreprises.
13:46En gros,
13:48on peut aller chercher entre 5 à 10%
13:50de productivité, selon la taille de l'entreprise,
13:52ça va être autour d'un milliard,
13:54peut-être plus,
13:56autour de quelques grosses initiatives
13:58transformantes. C'est vraiment là.
14:00D'accord. C'est vraiment là,
14:02mais ça demande d'investir
14:04vraiment. C'est pas quelque chose où on va
14:06gagner 10% de productivité en déployant
14:08en déployant
14:10je ne sais pas quoi,
14:12une licence OpenAI
14:14ou Microsoft Copilot dans toute l'entreprise.
14:16Je ne dis pas qu'il ne faut pas le faire,
14:18mais ça ne rapportera pas 10% de productivité partout.
14:20Alors, vous êtes également membre du conseil d'administration
14:22d'Aurore, qui est une ONG française
14:24qui vise à réduire la pauvreté
14:26et améliorer l'accès au logement.
14:28Est-ce que vous diriez que l'IA fait partie
14:30des solutions ?
14:32Alors,
14:34est-ce que l'IA pourrait faire partie des solutions
14:36dans ce domaine ? Oui, c'est-à-dire qu'il y a
14:38un rôle sociétal sur tout un tas de sujets
14:40autour de l'IA,
14:42autour de l'éducation,
14:44très important, autour
14:46des approvisionnements en nourriture pour éviter
14:48le gaspillage. C'est aussi des choses sur lesquelles on a
14:50travaillé, qui se font, pas dans le cadre d'Aurore.
14:52Sur la santé, l'IA peut
14:54beaucoup apporter. Donc il y a beaucoup de sujets sociétaux
14:56sur lesquels l'IA peut apporter.
14:58Aujourd'hui,
15:00dans la situation de l'hébergement
15:02d'urgence qu'on fait et de tous les centres
15:04qu'on a chez Aurore,
15:08dans notre quotidien,
15:10je ne pense pas que ce soit l'IA
15:12qui soit attendue pour
15:14améliorer la situation. On a des budgets
15:16qui s'effondrent, qui sont très durs
15:18à défendre, des situations opérationnelles très
15:20tendues. Je pense que,
15:22oui, bien sûr, à terme...
15:24Je viens de le dire.
15:26Ce n'est pas la baguette magique qui va permettre
15:28de tout résoudre.
15:30Je vous lance dans l'interview express avec des questions très binaires.
15:32Oui ou non ?
15:34John Chambers, dont je vous ai parlé, a raison de dire que
15:36les entreprises qui n'ont pas de stratégie
15:38IA seront sanctionnées par le marché.
15:40Oui.
15:42Vrai ou faux, le mot transformation numérique
15:44est devenu un ringard. On ne vous parle plus
15:46que de IA dans les comex.
15:48Oui.
15:50Pour ou contre Chad Jipiti en entreprise ?
15:54Pour.
15:56Pas dangereux selon vous ?
15:58De confier ces données ?
16:00Alors, il y a
16:02des licences qui existent pour
16:04prendre ça. Les API publics,
16:06non bien sûr, mais
16:08le logiciel sous licence,
16:10il est déjà très utilisé dans beaucoup d'entreprises
16:12et il est protégé.
16:14Ça ne pille pas vos données et ça fait
16:16gagner beaucoup de temps à beaucoup de gens.
16:18Rêve ou cauchemar, le rythme auquel les entreprises
16:20françaises intègrent vraiment opérationnellement
16:22l'intelligence artificielle ?
16:24Cauchemar.
16:26Oui.
16:28J'aime ou je n'aime pas l'IACT ?
16:30J'aime.
16:32On a besoin d'avoir
16:34quelque chose. Est-ce qu'il est
16:36parfait ou on dira que non, mais
16:38on a besoin d'un cadre réglementaire pour opérer.
16:40Il est ce qu'il est. Je ne pense
16:42pas qu'il soit absurde.
16:44Je pense que c'est important.
16:46J'y crois ou je n'y crois pas, donc l'IA qui peut
16:48aider à répondre aux grands défis sociaux et même
16:50de l'humanité. Vous m'avez un petit peu répondu déjà.
16:52Oui, ça j'y crois complètement et je le vis
16:54tous les jours avec nos équipes puisqu'on est sur pas mal
16:56de ces sujets.
16:58Merci beaucoup Sylvain Duranton, directeur monde
17:00de BCGX d'avoir été mon grand invité.
17:02A très bientôt.

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