00:00En Hongrie, le Premier ministre national, Viktor Orban, a gagné une grande majorité dans l'élection parlementaire ce samedi.
00:11Orban a un pouvoir absolu.
00:15Orban utilise son pouvoir d'État pour channeler les fonds dans le football.
00:19C'est le stade de football le plus beau sur la planète.
00:22Même si c'est corrupte, c'est très difficile de prouver la corruption en elle-même.
00:27Sa maison, elle est là. Il a construit son stade juste à côté.
00:32C'est le stade du football le plus beau sur la planète.
00:36Même si c'est corrupte, c'est très difficile de prouver la corruption en elle-même.
00:40Il a construit son stade juste à côté.
00:43Même si c'est corrupte, c'est très difficile de prouver la corruption en elle-même.
00:47Il a construit son stade juste à côté.
00:50Il a construit son stade juste à côté.
00:55Salut tout le monde et bienvenue dans COP, notre série sur les supporters de foot en Europe.
01:00C'est le troisième épisode et aujourd'hui je vous emmène en Hongrie pour vous parler d'un supporter un peu spécial,
01:05le Premier ministre Viktor Orban.
01:08C'est le leader de l'extrême droite européenne, un dirigeant autoritaire, nationaliste et anti-immigration.
01:14C'est aussi un passionné de foot qui a même eu une petite carrière de joueur semi-professionnel.
01:19Il a fondé son propre club, la Puskás Académia, une équipe moyenne mais qui a l'un des plus beaux stades du monde.
01:25Mais c'est quoi la recette d'Orban ? Ce que j'ai découvert est dingue.
01:28En fait, il pousse les plus grandes fortunes du pays à injecter des millions d'euros dans son propre club.
01:33Et pour vous raconter ça, j'ai débarqué dans le village le plus connu des Hongrois.
01:43Pelschutz, c'est un petit village de 1800 habitants qui est à une quarantaine de kilomètres de Budapest, la capitale.
01:50Il y a une grande rue principale mais c'est tout, c'est tout petit.
01:55Et vous devez forcément vous dire mais qu'est-ce que Street Press fout dans un bled paumé de Hongrie ?
02:00Et bien en fait, il faut savoir que ce village, Pelschutz, c'est le village d'enfance de l'homme le plus puissant du pays,
02:06Viktor Orban, le premier ministre.
02:14Je vous présente Balint Mladovic, c'est un politologue et un économiste très critique de Viktor Orban.
02:26Par exemple, depuis qu'il est arrivé au pouvoir en 2010,
02:30Orban a modifié plusieurs fois la constitution pour que son parti, le Fidesz, reste au pouvoir.
02:36Ce qui fait de lui le chef d'État de l'Union Européenne en poste depuis le plus longtemps.
02:41Viktor Orban, c'est un premier ministre d'extrême droite.
02:44Il est nationaliste et anti-immigration.
02:46En 2011, il a été élu président de l'Union Européenne.
02:50Viktor Orban, c'est un premier ministre d'extrême droite.
02:52Il est nationaliste et anti-immigration.
02:54En 2015, il a fait construire un mur de barbelé entre la Hongrie et la Serbie.
02:59Il voulait empêcher le passage de milliers d'exilés qui fuyaient la guerre en Syrie notamment.
03:03Ce qui lui a valu les compliments de Marine Le Pen.
03:14Dans ses discours, il répète sans cesse que la Hongrie et son identité chrétienne sont menacées par l'immigration
03:19et qu'il faut les défendre.
03:26Pour lui, le responsable de cette perte d'identité, c'est l'Union Européenne,
03:29avec qui les relations sont très souvent tendues.
03:50La première chose qu'on a faite, c'est de demander aux habitants
03:52ce que ça fait de vivre dans le village du premier ministre.
04:20Si les habitants n'ont aucun problème avec lui, c'est parce qu'Orban prend bien soin du village.
04:26À coût de millions d'euros de subventions européennes et d'argent public,
04:30il veut faire de Feldschutz son Disneyland.
04:33Par exemple, il y a un petit train qui va d'un bout à l'autre du village.
04:36En gros, il va d'un champ à un autre champ.
04:38Et le problème, c'est qu'il est très souvent vide.
04:40Avec mon collègue Samuel, on a fait l'expérience.
04:43On a pris le train et on était les seuls passagers.
04:46Avec nous, il y avait juste ces deux employés qui discutaient.
04:52Bon ben voilà, c'était très court, mais c'était sympa.
04:57Et ce train-là, il est devenu le symbole de la politique d'Orban
05:00et de l'utilisation des fonds européens.
05:03Parce que ça a coûté 2 millions d'euros de subventions,
05:06ce sont nos impôts qui sont passés là-dedans,
05:08pour rien en fait, pour satisfaire juste Orban.
05:11Mais la vraie attraction du village, c'est la Pancho Arena.
05:17C'est un stade unique au monde.
05:19Parmi l'un des plus beaux, avec son architecture tout en bois.
05:22Il a coûté presque 4 milliards de forins.
05:24Ça fait 12 millions d'euros.
05:26Et pour l'emplacement, c'était déjà tout vu.
05:29Vous voyez la maison là qui est juste derrière moi, la maison blanche,
05:32ça c'est la maison secondaire de Victor Orban.
05:35Et c'est juste à faire quelques pas, je me tourne, et voilà le stade.
05:39Ouais, c'est ça, il s'est fait un énorme kiff.
05:41L'équipe qui joue ici, c'est la Pushkash Academia,
05:44le club d'Orban qui joue en première division hongroise.
05:48Cette équipe, c'était son rêve.
05:50Orban est tellement un passionné qu'il a placé le fonds
05:53dans le stade de la Pushkash Academia.
05:55Orban est tellement un passionné qu'il a placé le foot au cœur de sa politique.
05:59Et pour en parler, on a quitté la campagne pour la capitale, Budapest.
06:17On est allé dans la rédaction de 444.
06:19C'est l'un des rares gros médias du pays qui n'est pas détenu par un proche d'Orban.
06:23Pour vous donner un ordre d'idée, c'est un peu le Mediapart hongrois.
06:27Il publie de grosses enquêtes sur le Premier ministre et ses proches.
06:30Par exemple, en février 2024,
06:32une de leurs révélations a forcé la présidente hongroise à démissionner.
06:36Ce qui a poussé le gouvernement d'Orban dans sa plus grave crise politique.
06:41Chez 444, on a rencontré Daniel Rényi.
06:44Il est journaliste et il a écrit un livre de référence sur Orban et le football.
06:53Quand il a été premier ministre, de 1998 à 2002,
06:57il n'a jamais vraiment trouvé sa position.
06:59Il voulait être un joueur professionnel.
07:01Il n'était pas assez bon.
07:03Après ça, il a continué à parler de ce qu'il voulait faire.
07:06Il voulait devenir un entraîneur.
07:08Au cours des dernières années, il a compris qu'il voulait encore plus.
07:11Il voulait être le savior du football et de la faim.
07:14C'est comme ça qu'en 2006, Victor Orban fonde la Pushkash Academia.
07:18L'idée de départ, c'est de faire un centre de formation pour les futurs stars du pays.
07:22En gros, le Clairefontaine hongrois.
07:24Pour mener à bien ce projet, il va encore une fois modifier la loi.
07:37Je vous explique avec un schéma.
07:39Je suis une entreprise de construction.
07:41Cette année, j'ai fait des bénéfices.
07:43Je paye donc des impôts dessus.
07:45Avec cette nouvelle loi, j'ai deux choix.
07:48Soit je décide de verser cette somme au budget central
07:50qui servira ensuite pour les écoles et les hôpitaux, par exemple.
07:54Soit je décide de verser cette somme au club de sport de mon choix,
07:57par exemple la Pushkash Academia.
08:21Grâce à ce système,
08:22des milliards de forints ont été injectés dans le football hongrois.
08:25Et avec cet argent, les clubs se sont mis à construire des stades.
08:28Beaucoup de stades.
08:30Depuis 2014, 15 enceintes de 1ère et 2ème division
08:33ont été construites ou rénovées dans le pays,
08:36dont 5 uniquement à Budapest.
08:38Les clubs se sont mis à construire des stades.
08:40Beaucoup de stades.
08:42Depuis 2014, 15 enceintes de 1ère et 2ème division
08:45ont été construites ou rénovées dans le pays,
08:47dont 5 uniquement à Budapest.
08:49Le plus grand des gagnants, c'est lui,
08:51Lorenz Mesaros.
08:53C'est un ami d'enfance de Viktor Orban.
08:55Pendant longtemps, il n'était qu'un modeste patron
08:57d'une entreprise de football.
08:59Mais il a fait un grand progrès.
09:01Le plus grand des gagnants, c'est lui,
09:03Lorenz Mesaros.
09:05C'est un ami d'enfance de Viktor Orban.
09:07Pendant longtemps, il n'était qu'un modeste patron
09:09d'une entreprise de football.
09:11Mais il a fait une grosse différence.
09:13Lorsque le club a commencé à construire des stades,
09:15il a fait une grande contribution.
09:17Pendant longtemps, il n'était qu'un modeste patron
09:19d'une entreprise de gaz.
09:27Selon le magazine américain Forbes,
09:29la fortune de Mesaros est estimée à
09:311,6 milliard de dollars en 2024.
09:33Son empire compte une centaine d'entreprises
09:35dans plein de secteurs différents.
09:37La construction, les assurances, les banques,
09:39l'hôtellerie, les médias et j'en passe.
09:47Deux tiers des Hongariens croient qu'il est juste un frontier.
09:49Il garde juste l'argent d'Orban
09:51parce qu'il est en position complètement indépendante.
10:17Ce soir-là, la Pushkas Academia reçoit Ferencvaros.
10:19C'est le plus grand club de Hongrie.
10:21Et moi je me demandais si les villageois
10:23soutenaient leur équipe locale.
10:25Alors avant le match,
10:27on a demandé aux spectateurs
10:29quelle équipe y supportait.
10:47On n'est pas du tout dans des gros stades européens,
10:49on n'est pas du tout dans des grosses ambiances fumigènes,
10:51typho, etc.
10:53Les gens viennent avec leurs plaides,
10:55les gens viennent avec leurs petits coussins.
10:57On a assisté au match.
10:59Le stade était magnifique,
11:01mais à moitié rempli.
11:03À la fin de la rencontre,
11:05on a pu discuter avec un joueur
11:07de la Pushkas Academia.
11:09Il s'appelle Quentin Maceras,
11:11il est suisse,
11:13et je lui ai demandé
11:15s'il croisait souvent Victor Orban.
11:17Je crois qu'il est là
11:19tous les matchs à domicile.
11:21C'est un vrai passionné du football.
11:23Je l'ai croisé le jour de ma signature.
11:25J'ai vu pas mal d'agents de sécurité,
11:27je me suis dit comment ça se fait qu'il y a tant de sécurité.
11:29Ensuite je l'ai vu rentrer
11:31dans le stade,
11:33il est venu me serrer la main tout gentiment,
11:35me demandant comment s'était passé l'entraînement.
11:37Il a créé une belle académie pour les jeunes.
11:39Franchement c'est top.
11:41Je me souviens de l'époque
11:43on pensait
11:45comment c'était politiquement sensible.
11:47Le truc c'est que
11:49les gens s'en sont habitués.
11:51Parce que ce système a été
11:53construit depuis 13 ans.
11:55Même si c'est grotesque
11:57et bizarre,
11:59on accepte que c'est comme ça.
12:13Sous-titres réalisés para la communauté d'Amara.org