00:00RTL Matin
00:04Bonjour et bienvenue sur RTL, Antoine Armand.
00:06Bonjour, merci.
00:07Vous êtes donc le ministre qui va devoir nous serrer la ceinture, celui qui va devoir mettre en musique le déjà célèbre
00:12« Nous ne pourrons pas dépenser plus, nous dépenserons mieux ».
00:15Le Premier ministre a donc donné des pistes hier, on a besoin d'en savoir un peu plus et on va y aller chapitre par chapitre si vous voulez bien.
00:21Pour ramener le déficit à 5% l'an prochain, en 2025, Michel Barnier a annoncé des hausses d'impôts ciblées.
00:27Qui seront les Français les plus fortunés à qui vous allez demander une contribution exceptionnelle ?
00:32Vous avez raison de poser cette question, je voudrais avoir un mot avant sur le pourquoi.
00:35Pourquoi est-ce qu'on doit réduire le déficit à 5% en 2025 ?
00:39Pour une raison très simple, ça fait 50 ans en France qu'on n'a pas équilibré un budget et on a une dette de 3 220 milliards d'euros.
00:47Qui inquiète les Français tous les jours. On m'en parle, je suis élu de Haute-Savoie, on m'en parle tous les jours.
00:52Qui inquiète nos compatriotes et qui inquiète bien sûr les Européens.
00:55Comment est-ce qu'on va y arriver ? On va y arriver d'abord par la baisse de la dépense.
00:59Très largement, le Premier ministre l'a dit.
01:01Ce qu'il a dit hier, 2 tiers de baisse de dépense et un tiers par la baisse de l'argent.
01:04Oui mais c'est très important, vous imaginez, ça fait 50 ans que notre dépense publique augmente
01:08et on commencerait par dire ce ne sera pas par la dépense publique qu'on y arrivera.
01:12Donc c'est très important de le dire.
01:14Ça dit pardon, mais sur la baisse de la dépense, donc 2 tiers des économies, on a envie de vous dire bonne chance.
01:18Où est-ce que vous allez chercher l'argent ? Parce que le coup de la lutte contre les gaspillages,
01:22la lutte contre les fraudes fiscales, la fraude sociale.
01:24Vous écoutiez peut-être Étienne Gernel tout à l'heure à 7h15.
01:27Ça fait 30 ans qu'on nous le fait.
01:29Vous savez, je ne demande aucune indulgence.
01:31Je ne demande pas qu'on dise, c'est le nouveau ministre de l'économie, il va y arriver là où les autres ne sont pas arrivés.
01:36Vous nous jugerez sur nos résultats.
01:38Et vous avez raison de dire que la seule solution d'y arriver, c'est que chacun contribue à cet effort de dépense.
01:43C'est-à-dire chaque administration.
01:45On réorganise de nombreux services.
01:47L'État comme les collectivités et la sphère sociale.
01:50J'ai bien écouté le Premier ministre.
01:51Il a dit qu'il faut plus de policiers plus visibles.
01:53Créer de nouvelles brigades de gendarmerie.
01:54Lutter contre les déserts médicaux.
01:55Construire des prisons.
01:56Répondre aux défis des professeurs absents à l'école.
01:59Assumer la loi de programmation militaire.
02:00Offrir aux Français des services publics toujours plus performants.
02:03Tout ça, ça coûte cher et ça ne rentre pas forcément dans le
02:05nous ne pourrons pas dépenser plus, nous dépenserons mieux.
02:08Il y a une phrase qu'on me dit souvent chez moi à Haute-Savoie que je trouve très très juste.
02:12On me dit, on a l'impression qu'on ne dépense pas au bon endroit.
02:15Je crois que c'est très juste.
02:17Je crois qu'effectivement on a besoin de dépenser à terme davantage dans l'hôpital,
02:21dans la rémunération de nos soignants, dans les professeurs,
02:24évidemment les policiers, les gendarmes au quotidien.
02:26Mais notre dépense globale, elle doit baisser.
02:28Je vais vous dire quelque chose de très simple.
02:30On a la dépense publique en Europe la plus élevée.
02:33Est-ce qu'on a les services publics les meilleurs de toute l'Europe ?
02:35Je ne crois pas que ce soit une évidence.
02:37Donc il faut qu'on soit prêt à se remettre en question.
02:39Pour ramener le déficit à 5% l'an prochain, il faut économiser 40 milliards à peu près.
02:42Je parle sous votre contrôle.
02:43Il y a un ordre de grandeur qui est celui-ci, on aura l'occasion de le détailler.
02:46Ça sera combien pour la réduction des dépenses ?
02:48Et donc ce sera au moins de tiers.
02:50L'effort il doit être au moins de tiers.
02:51Mais j'ajoute quelque chose, et c'est à ça que sert le débat parlementaire.
02:54C'est que si on nous fait des propositions supplémentaires d'économie,
02:57on sera tout à fait prêt avec le ministre du budget
03:00à réduire encore l'effort qui sera demandé en fiscalité.
03:03Parce que, moi je l'ai dit, je ne serai pas le ministre du matraquage fiscal.
03:06Je ne suis pas venu à Bercy pour augmenter les impôts
03:09alors qu'on est le pays qui taxe le plus au monde.
03:11Si vous voulez bien, on va être très concrets.
03:13Je vous repose ma question de tout à l'heure.
03:14Qui seront les Français les plus fortunés,
03:16à qui vous allez demander une contribution exceptionnelle ?
03:18C'est qui les plus fortunés ?
03:19Alors, on aura l'occasion avec le ministre du budget de le présenter en détail.
03:22Et c'est normal, c'est la procédure parlementaire
03:25aux députés et aux sénateurs la semaine prochaine.
03:27Un mot pour dire que, oui, un effort sera demandé.
03:30Il sera demandé une fois.
03:32Une fois qu'on aura réussi à baisser la dépense publique, d'une grande partie.
03:35Deuxièmement, il sera demandé à celles et ceux
03:37qui ont des revenus extrêmement importants.
03:40Et j'y reviens, mais de manière exceptionnelle.
03:43Et de manière exceptionnelle, de manière temporaire.
03:46Je vais le dire très simplement.
03:47Le barème de l'impôt sur le revenu.
03:49L'impôt sur le revenu que payent au quotidien
03:51les Françaises et les Français qui travaillent de classe moyenne, c'est non.
03:54Vous ne toucherez pas au barème de l'impôt sur le revenu ?
03:56On ne touchera pas de manière générale au barème de l'impôt sur le revenu
03:59pour celles et ceux qui travaillent au quotidien.
04:01Il n'y aura pas de gère du barème de l'impôt sur le revenu, par exemple ?
04:04L'idée, c'est de respecter les engagements qu'on a toujours eus par le passé.
04:08Et c'est-à-dire que celles et ceux qui travaillent
04:10doivent continuer à mieux gagner leur vie.
04:12C'est pour ça aussi qu'on aura une augmentation du SMIC.
04:15C'est pour ça qu'on ne touchera pas à la fiscalité
04:18des classes moyennes et des classes moyennes supérieures.
04:20Mais pardon, où s'arrête la classe moyenne supérieure ?
04:22C'est toujours la même question.
04:23Où se trouve le seuil ?
04:24Encore une fois, qui sont ces Français les plus fortunés
04:27qui vont payer davantage ?
04:28Vous ne le savez pas encore ?
04:29Et à nouveau, on a transmis ce matin au Conseil des finances publiques le projet.
04:34On le présentera en primeur.
04:35Et c'est normal.
04:36On ne peut pas...
04:37Vous savez, Michel Barnier hier,
04:39il a eu une nouvelle méthode.
04:43Et je pense que ça s'est vu pour celles et ceux
04:45qui ont écouté nos échanges au Parlement.
04:46Il a dit, je ne ferai pas de miracle
04:48et je vous respecterai chacune et chacun.
04:50La base de ce respect,
04:52c'est de commencer par réserver la primeur au parlementaire
04:56du prochain budget.
04:57Alors vous avez quand même dit quelque chose.
04:58Vous avez dit, ça sera exceptionnel et temporaire.
05:00Ça va durer combien de temps ?
05:01C'est pour un an ? C'est pour deux ans ?
05:02Ou ce n'est pas fixé encore ?
05:03Vous aurez l'occasion de voir dès la semaine prochaine.
05:05Mais vous avez raison de poser cette question
05:07parce qu'en France, on connaît le temporaire pérennisé.
05:12À nouveau, et j'aurai l'occasion de le dire à la fois aux entreprises,
05:14avec le ministre du budget et aux particuliers,
05:16ce sera exceptionnel, temporaire.
05:18Ça ne sera pas une hausse pour plusieurs années
05:20sur l'ensemble des postes de fiscalité.
05:22Donc c'est un an ou deux, c'est ça ?
05:23On est à peu près dans les clous si on dit un an ou deux ?
05:25En tout cas, il est hors de question que ça dure plusieurs années.
05:27De suite, au même niveau pour tout le monde.
05:29Et pour les entreprises ?
05:30L'effort va concerner celles qui réalisent des profits importants.
05:33Le monde parlait des entreprises qui font plus de 1 milliard d'euros de chiffre d'affaires.
05:37Est-ce que c'est à peu près ça ?
05:39J'ai compris que vous ne répondrez pas précisément,
05:41mais est-ce que c'est à peu près ça, celles qui sont concernées ?
05:43L'idée, c'est que les TPE, PME, les ETI,
05:46les entreprises de taille intermédiaire
05:48et un certain nombre de groupes qui sont très exposés en ce moment
05:51ne doivent pas contribuer davantage.
05:53Et je le dis parce que, parfois ça étonne,
05:55mais on a baissé le taux d'impôt sur les sociétés
05:57de 33% à 25% en 7 ans.
05:59Et figurez-vous que ça a augmenté les recettes des impôts.
06:02Pourquoi ? Parce que quand on diminue les impôts,
06:04on redonne la possibilité aux gens d'investir, d'agir,
06:07et ça crée de la richesse.
06:09Donc il y aura une contribution, et ce n'est pas une annonce,
06:11mais je le dis quand même ici,
06:13on en a discuté avec les représentants des entreprises.
06:15Et j'ai pu voir, y compris la semaine dernière,
06:17par exemple le patron du Medef
06:19faire preuve d'une très grande responsabilité
06:21en disant que les très grands groupes sont prêts à contribuer.
06:23Et je crois que...
06:25C'est vraiment les très grands groupes, c'est le haut du panier.
06:28Oui, parce que l'idée, c'est de faire contribuer
06:30que ceux qui le peuvent, et temporairement.
06:32C'est de faire contribuer les très grands groupes du pays
06:36qui ont fait des bénéfices,
06:38y compris dans des situations difficiles,
06:40et qui peuvent contribuer.
06:42Mais ce n'est pas de faire du name and shame.
06:44Ce n'est pas du name and shame, c'est de comprendre
06:46et savoir qui va payer. Il n'y a rien de honteux.
06:48Au contraire, on les remercie s'il y a le contribut davantage.
06:50Exactement, et je fais partie de ceux qui pensent que
06:52si on commence par essayer de stigmatiser
06:54ceux qui font des profits et ceux qui gagnent correctement
06:56leur vie en France, on ne résoudra aucun de nos problèmes.
06:58Monsieur le ministre, vous êtes très fort au ni oui ni non.
07:00Là, j'ai deux petites questions très concrètes avec oui ou non.
07:02Est-ce qu'une hausse des taxes sur les électricités
07:04est à l'étude ou non ?
07:06On regarde l'ensemble des méthodes
07:08sur l'énergie qui nous permettent
07:10de faire deux choses.
07:12La première, c'est de verdir.
07:14Pourquoi ? Parce que vous le savez, aujourd'hui,
07:16on a un système qui a tendance à encourager
07:18davantage la consommation
07:20de choses qui sont mauvaises pour la planète.
07:22Mais c'est plus qu'à l'étude.
07:24C'est instruit, et on a présenté notre projet
07:26au Conseil des finances publiques.
07:28On aura l'occasion de le présenter...
07:30Une taxe sur les billets d'avion qui pourrait tripler en 2025,
07:32c'est ce qu'affirment les échos ce matin.
07:34Je ne vais pas confirmer, vous imaginez bien,
07:36des sources de presse. Ce qui est important, c'est que...
07:38Vous comprenez que c'est compliqué, pour ceux qui nous écoutent, là, quand même,
07:40parce qu'on vous pose beaucoup de questions
07:42très concrètes et on n'a pas les réponses.
07:44Et hier, on n'avait pas les réponses, et le budget, il est présenté la semaine prochaine.
07:46Donc, on se dit, est-ce que ce gouvernement
07:48sait où il va ?
07:50Monsieur Soto, vous me demandez de vous donner des informations
07:52qui, constitutionnellement, doivent
07:54arriver d'abord aux élus de la nation qui représentent
07:56vos auditeurs. Je ne peux pas,
07:58et je ne le ferai pas, dévoiler des choses
08:00qui sont le débat démocratique de base.
08:02Vous, vous avez constaté, comme moi hier,
08:04que le Premier ministre, il a dit
08:06le respect des parlementaires. Le respect des élus,
08:08ce sera la ligne 1.
08:10On commencera toujours par ça. Respecter le débat,
08:12c'est présenter les choses dans le bon ordre.
08:14Et j'ai une dernière question sur le SMIC,
08:16hausse du SMIC de 2% au 1er novembre.
08:18C'est un coup de pouce en attendant une autre
08:20hausse le 1er janvier, ou c'est la hausse du 1er janvier
08:22qui est avancée de 2 mois.
08:24Le Premier ministre a à la fois annoncé
08:26une hausse de 2%, ça pouvait être
08:28moins, et deuxièmement, il a annoncé que
08:30cette hausse n'interviendrait pas,
08:32on n'attendrait pas janvier pour qu'elle intervienne.
08:34Dès le 1er novembre, je le dis très concrètement,
08:36ça veut dire que le SMIC passera
08:38à plus de 1400 euros net
08:40par mois. C'est à peu près 30 euros de plus par mois, c'est ça.
08:42Est-ce que ça réglera tous les problèmes
08:44de pouvoir d'achat ? Personne n'est en train de le dire.
08:46Est-ce que c'est un geste significatif pour dire
08:48des salaires plus décents,
08:50une rémunération plus juste pour ceux qui travaillent ?
08:52Oui, et je crois que c'est un signal extrêmement important
08:54envoyé par le Premier ministre.
08:55Il n'y aura pas de nouvelle hausse en janvier, on est d'accord pour que les choses soient claires.
08:57Si la hausse de janvier est avancée
08:59à novembre, ce n'est pas pour refaire
09:01une immédiatement en janvier.
09:02Et d'un mot, le livret d'épargne dédié à l'industrie,
09:04ce sera pour quand et à quel taux ? C'est décidé ou pas, ça ?
09:06On est en train d'y travailler avec
09:08l'idée que dès le début de l'année prochaine, on pourra
09:10sans doute proposer une offre qui répond à un besoin
09:12très simple. On a tous et toutes
09:14envie de contribuer à ce qu'il y ait plus d'usines
09:16en France, à contribuer à ce qu'on puisse
09:18avec notre épargne.
09:20L'idée, c'est qu'on puisse la mettre en place dans les toutes prochaines
09:22semaines. Pourquoi ? Parce qu'on a aujourd'hui une épargne
09:24des Français qui est très importante
09:26avec des gens qui ont envie d'investir
09:28dans des usines, dans l'industrie française
09:30en laquelle ils ont confiance.
09:32Et ça, je crois que c'est une bonne idée à la fois pour l'industrie
09:34et pour la confiance des Français.
09:36Merci beaucoup Antoine Armand, ministre de l'économie, d'être venu en direct
09:38ce matin sur RTL nous faire partager
09:40le paradis blanc de Michel Berger en quelque sorte.
09:42Merci à vous.