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Avec Emeric Salmon, député RN de Haute-Saône

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##LE_FAIT_DU_JOUR-2025-02-13##

Catégorie

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News
Transcription
00:00C'est l'assassinat sur la piste de danse, c'est ce qui s'est passé au Bataclan, on se le rappelle, tout le monde s'en souvient, en novembre 2015, c'est moins de 10 ans bien sûr.
00:15Et là, on va parler de cette petite ville de Lure en Hauts-de-Saône.
00:19Donc il y a la présence dans la commune, il a signé la résidence, il est surveillé bien sûr, de Karim Mohamed Agad.
00:26Qui est Karim Mohamed Agad ? C'est le frère de l'un des trois auteurs, des terroristes auteurs de l'attentat du Bataclan en 2015.
00:33Donc il est fiché S, Karim Mohamed Agad, il a 34 ans, il est assigné à résidence dans l'un des hôtels de la ville en attendant son expulsion.
00:42Bonjour Éric Salmon, vous êtes député RN de Hauts-de-Saône, alors qu'est-ce qui se passe exactement ?
00:50Moi j'habite à Lure, charmante ville de 7500 habitants.
00:58Ma permanence parlementaire est à Lure et vendredi dernier, j'ai eu la visite d'une commerçante de la ville de Lure
01:06qui venait s'inquiéter auprès de moi de la présence d'un personnage qui fréquentait son magasin
01:17et qui avait des comportements parfois étranges et donc les gens ne sont pas forcément suspicieux.
01:22Mais les quelques salariés de cette grande surface ont fait des petites recherches pour trouver qui était cette personne
01:29en cherchant sur internet, parce qu'ils ont récupéré son nom assez facilement.
01:33Ils ont découvert que c'était le frère d'un des terroristes du Bataclan.
01:37Donc moi j'ai tout de suite questionné...
01:39Pardon, vous, vous ne saviez pas du tout ?
01:41Je n'étais pas au courant.
01:43Je l'ai appris ce vendredi dernier quand j'ai reçu cette personne à ma permanence.
01:48J'ai questionné la gendarmerie parce que j'ai appris qu'il pointait trois fois par jour à la gendarmerie.
01:55C'est ça ce qu'on appelle une grosse surveillance.
01:58Trois fois par jour ?
01:59Trois fois par jour, le matin, le midi, le soir.
02:01Il doit aller à la gendarmerie pour pointer ?
02:03Il doit aller à la gendarmerie pour pointer.
02:05Le reste du temps il est libre. J'ai appelé la préfecture pour en savoir un petit peu plus.
02:09Le préfet m'a expliqué qu'effectivement il était logé au frais du contribuable français.
02:14Ça coûte 90 euros, petit déjeu décompris.
02:16Il m'a précisé le préfet par jour.
02:18Ça fait un mois de 30 jours, à peu près 2700 euros par mois.
02:20Il est logé à Lure, dans un hôtel de Lure ?
02:22Voilà, dans un hôtel de Lure.
02:23Il n'est pas nourri.
02:24Et d'ailleurs c'est l'excuse que m'a donnée le préfet qui me dit s'il se rend souvent dans ce supermarché,
02:29c'est que vu qu'il n'est pas nourri, il doit lui-même comparer les prix pour acheter au plus juste.
02:33La réponse m'a paru un peu légère.
02:36J'ai pu ainsi alerter la population.
02:39Les personnes qui étaient venues me voir, on avait aussi parlé à un journaliste de la presse locale
02:44qui a fait son travail, qui a fait une petite enquête.
02:46De l'Est-République et de l'Est-Républicain.
02:48De Lure, voilà, qui a publié un reportage à l'article des Dimanches.
02:52Et moi j'ai pu questionner le ministre de l'Intérieur, mardi lors des QAG à l'Assemblée,
02:58où j'ai rappelé le curriculum vitae de cet individu.
03:01Parce que, oui, vous avez cité qu'il était le frère du terroriste d'Inde,
03:05le terroriste du Pataclan, mais il avait lui-même fait un séjour en Syrie avant.
03:12Il a été condamné à 9 ans de prison en 2016, libéré en 2022, ce qui fait 6 ans.
03:19Mais j'ai appris depuis qu'avec la préventive qu'il avait faite avant,
03:22il a effectué 8 ans sur ses 9 ans.
03:26Mais d'ailleurs, ça soulève un autre sujet.
03:28C'est-à-dire qu'il était aux mains de la justice un an avant le Pataclan.
03:31Donc peut-être qu'il y a eu un petit défaut de renseignement.
03:35– Mais c'était le frère. – C'était le frère, voilà.
03:38Sa mère, qui est marocaine, a elle-même été expulsée,
03:41car quand ses deux enfants étaient en Syrie,
03:44elle leur avait envoyé de l'argent, 13 000 euros,
03:46pour qu'ils puissent subvenir à leurs besoins en Syrie, j'imagine.
03:50Donc sa mère est expulsée, elle est au Maroc actuellement.
03:53Et aujourd'hui, il est dans une situation, le ministre de l'Intérieur dit inextricable,
03:57mais sa mère est au Maroc.
03:59Lui a été déchu de sa nationalité, parce qu'il l'avait obtenue à l'âge de 13 ans.
04:04– Il a été déchu en novembre 2023.
04:06– À la sortie de sa deuxième peine de prison,
04:08parce que quand il est sorti en 2022,
04:10il avait déjà des contraintes de surveillance,
04:13d'aller pointer à la gendarmerie, et qu'il n'a pas respecté.
04:16Donc il est retourné 6 mois en prison.
04:18Et à la sortie de sa deuxième peine de prison,
04:20il a été déchu de sa nationalité par décret de Madame Borne.
04:24– Alors à ce moment-là, quand on est déchu d'un soiété,
04:29est-ce que ça signifie automatiquement l'expulsion ou pas ?
04:32– Alors ça signifie que la France, le gouvernement français
04:37a la main sur cette personne, parce qu'il sort de prison,
04:40et essaie de l'expulser.
04:43Donc ce qui a été fait, c'est qu'il a été placé en crâne,
04:45en centre de rétention administrative, en novembre 2023.
04:49Et comme vous le savez, parce qu'on en a beaucoup parlé récemment
04:52au moment des discussions sur les différentes lois immigration,
04:55la période de maintien en crâne est limitée dans le droit français,
04:59210 jours, et au bout de 210 jours, il est sorti du crâne.
05:03Et là, vu qu'il a été considéré comme dangereux, risqué,
05:09il a été assidu à résidence.
05:11Il s'est tombé sur l'outzone, je ne sais pas pourquoi.
05:13Il s'est tombé sur l'URSS, je ne sais pas pourquoi.
05:15Mais donc maintenant, il est à l'URSS.
05:18Le gouvernement dit qu'il aimerait bien l'expulser.
05:21Lui-même, parce que là aussi, dans les histoires qui ne vont pas...
05:23– Que vous a dit Retailleau quand vous l'avez interrogé en question ?
05:26– Il a répondu à côté de la plaque parce qu'il a parlé des mesures
05:30qu'il souhaiterait mettre pour maintenir en détention ces personnes-là
05:33que sanctionnerait le conseil conditionnel.
05:36Mais nous, ce que nous demandons, ce n'est pas qu'il soit maintenu en prison
05:38ou maintenu en rétention administrative, c'est qu'il soit expulsé, vraiment.
05:41Et aujourd'hui, le souci de cette expulsion, c'est que lui-même,
05:46visiblement, a exprimé le souhait de partir au Maroc.
05:49Mais le Maroc n'en veut pas.
05:51Et donc, c'est à l'État français de faire, comme nous le réclamons depuis longtemps,
05:56comme l'a fait Donald Trump sur d'autres sujets,
05:59mais des mesures de rétorsion contre les pays.
06:01– Il a fait Colombie-Venezuela et compagnie, oui, et Mexique.
06:04– Nous devrions faire pareil sur les sujets migratoires,
06:07avec l'Algérie et le Maroc.
06:09– Mais vous avez vu ce qui s'est passé avec le lanceur d'alerte
06:12qu'on a envoyé, que Bruno Retailleau a expulsé, et qui est revenu illico.
06:16– Justement, la parole est ferme dans la bouche de M. Retailleau,
06:20mais la main est plus molle quand il s'agit d'agir.
06:22Et nous, ce que nous demandons, c'est des actions fortes du gouvernement
06:25pour pouvoir, effectivement, faire une pression sur le Maroc ou l'Algérie,
06:29parce que la maire est marocaine, le père est algérien,
06:32donc on va pouvoir trouver une solution.
06:35On a de meilleures relations, je crois, avec le Maroc qu'avec l'Algérie en ce moment.
06:39Et justement, il y a peut-être des moyens diplomatiques de faire pression sur les pays.
06:43– En fait, c'est la population, une partie de la population
06:46qui est venue vous voir à votre permanence, le député, qui s'en est ému,
06:50qui a appris cela et qui s'en est ému.
06:52– Et d'ailleurs, le préfet, et je crois même le maire, disent maintenant
06:57« Ah bon, on est étonnés que ça ait tenu 6 mois avant que ça sorte un peu dans les médias,
07:03parce qu'ils pensaient que ça allait sortir avant.
07:05Moi, en toute honnêteté, ce que je pense, c'est qu'il risque d'être déplacé,
07:08on va le prendre, on va le mettre dans une autre...
07:10Mais on ne le dira pas à la population, dans le nouveau lieu où il sera.
07:12Et dans 3, 4, 5, 6 mois, les habitants du nouveau lieu, du nouveau département
07:16vont s'en rendre compte.
07:18– Vous pensez que c'est comme ça, que ça va se passer ?
07:20– Oui, parce que le préfet, alors je ne voudrais pas faire de noms,
07:22mais je crois que c'est M. Daoudi, le préfet de Haute-Saône m'a parlé d'un cas,
07:25M. Daoudi, qui est assis à la résidence depuis 21 ans, depuis 2004, dans le sud-ouest.
07:30– 21 ans.
07:31– Et il est promené, baladé, mais au frais du contribuable français,
07:34parce qu'il est dans des hôtels.
07:36Et il est depuis 21 ans, parce que personne ne veut l'excuser,
07:40je crois que c'est parce qu'il risquerait de la torture s'il était expulsé.
07:44– Oui, il y a ça aussi.
07:46– C'est la Cour européenne des droits de l'homme qui refuse qu'on l'expulse.
07:48C'est un cas un peu différent, mais voilà.
07:50Il y a des gens comme ça en France qui sont au frais du contribuable français.
07:54– Mais on a l'impression, bon chaque cas est différent,
07:57on ne va pas évidemment comparer les cas, mais on a l'impression dans certains cas
08:00qu'il y a certains qui sont inexpulsables, si on peut dire, enfin on ne sait pas.
08:05– C'est là où je pense qu'il faut de la fermeté de la part de nos gouvernants,
08:10et c'est pour ça que moi je pense que ça ne se fera jamais
08:13avec les gouvernements actuels et il faut changer.
08:15C'est pour ça que moi je fais de la politique et je milite pour le RN.
08:19Et tant que Marine Le Pen à l'Élysée ou Jordan Bardella à Matignon
08:22n'auront pas pris les choses en main, je pense que ça…
08:24– Vous avez besoin de prêcher pour votre angoisse.
08:26– Voilà, mais c'est mon intime conviction.
08:28Et la réaction de M. Retailleau me laisse penser que j'ai raison
08:31dans ce que je souhaite pour la gouvernance de notre pays.
08:36– Mais en fait, aujourd'hui, pour revenir au statut,
08:40aujourd'hui en l'état actuel, non seulement vous ne pouvez rien faire,
08:44ou les habitants de Lure ne peuvent rien faire,
08:46parce qu'on dit qu'il est surveillé, il faut savoir,
08:49il est vraiment étroitement surveillé, c'est clair,
08:52mais vous ne pouvez pas dire, on aimerait qu'il ne soit plus à Lure,
08:56qu'il soit ailleurs, quel est votre marge d'action, quel est votre périmètre d'action ?
09:00– Mon périmètre d'action, c'est qu'il y a quand même encore
09:02des points un peu flous dans cette histoire,
09:05et sur lesquels, moi, je ne vais pas lâcher,
09:07et je questionnerai régulièrement le ministre,
09:10par question écrite, via les médias,
09:13par exemple, pourquoi en septembre 2024,
09:16France Télévisions est venu faire un reportage sur ce monsieur à Lure,
09:20c'est-à-dire que le ministère de l'Intérieur a-t-il donné
09:22les coordonnées de ce monsieur au service public ?
09:25Ça me paraît un point à soulever, parce que ça me paraît surprenant.
09:30Comment vit ce monsieur ?
09:32Parce qu'on me dit qu'il est logé et qu'il n'est pas nourri,
09:34mais avec quel argent vit-il ?
09:36Avec quel argent fait-il ses courses ?
09:38Bénéficie-t-il de l'aide sociale française ?
09:40Bénéficie-t-il du RSA, d'une aide quelconque ?
09:42– Est-ce qu'il a un délai de l'aide médicale d'État ou autre ?
09:45– Voilà, donc il y a plein de points quand même,
09:47et qui, je pense, nous permettront de maintenir une certaine pression
09:50sur le gouvernement et sur M. Retailleau à ce sujet,
09:53qui feront que nous, nous ne lâcherons pas l'affaire.
09:55Bien évidemment, même s'il quitte l'URB,
09:57on continuera à poser ces questions pour savoir ce que devient ce monsieur,
10:02car ce monsieur, il n'est plus français, il n'a rien à faire en France,
10:05il a été condamné à 9 ans de prison pour association de malfaiteurs
10:09en vue de commettre un acte de terrorisme,
10:11c'est ce qu'a dit M. Retailleau,
10:13mais quand il était en Syrie pendant quelques mois,
10:16il était membre de l'État islamique,
10:18qu'a-t-il fait comme crime horrible là-bas, on n'en sait rien.
10:21Donc la dangerosité de ce monsieur n'est démentie par personne.
10:25Moi je comprends la légitime inquiétude des habitants de Lure en Haute-Saône,
10:29j'ai encore un rendez-vous, je sais, demain,
10:33avec des habitants qui veulent me revoir pour en parler,
10:35on va aussi mettre une petite pression amicale,
10:38mais quand même forte, sur le maire de Lure,
10:40pour qu'il s'explique pourquoi n'a-t-il rien dit,
10:42est-ce qu'il avait peur de la conséquence électorale,
10:45parce que s'il avait déclaré en juin 2024, en pleine campagne,
10:49la présence de ce monsieur, je pense qu'il aurait probablement perdu encore des électeurs,
10:53mais on ne va pas jouer avec la sécurité des habitants pour essayer de gagner quelques voix.
10:59– Tout à fait, mais si le maire de Lure veut s'exprimer,
11:01évidemment il est bienvenu dans cette émission,
11:03mais en attendant, Éric Chalmond, vous vous dites,
11:06cette situation n'est pas normale.
11:08– Cette situation n'est pas normale,
11:10et nous ne lâcherons pas les baskets de M. Retailleau,
11:13pour qu'il nous donne des explications et qu'il passe aux actes.
11:16Moi je serais ravi que M. Retailleau sorte un peu les muscles,
11:20et ne fasse plus que parler, moi comme je l'ai dit, et comme on le dit souvent,
11:23les paroles qu'il dit, oui, elles sont fermes,
11:26mais maintenant il faut des actes fermes aussi.
11:28– Vous dites, les Yaka Faucon, on l'entend, mais quand on a envie d'une chose…
11:30– Voilà, mais maintenant il faut le faire.
11:32– Merci beaucoup. – Merci à vous.

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