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  • il y a 2 ans
Le cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille, a rendu hommage au pape François depuis la cité phocéenne, saluant un homme "paternel". "Quand je l'ai appris je suis allé prié tout simplement, j'ai pleuré un peu", a-t-il confié à la presse.

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Transcription
00:00J'ai appris la nouvelle comme tout le monde, peut-être pas dans les premiers d'ailleurs,
00:04parce que j'étais en train de rattraper un peu du retard de courrier à cause de toute la semaine dernière.
00:10Et donc voilà, quand je l'ai appris, j'étais très touché, je suis allé prier tout simplement.
00:17C'est à dire le lendemain ?
00:19Prier et pleurer un peu.
00:20Derrière le pape, quel team d'hommes il était ? C'était quoi sa personnalité ?
00:24C'était faux, on disait qu'il pouvait être autoritaire.
00:26Sa personnalité, c'était paternelle, dans tous les sens de ce mot.
00:31C'est à dire à la fois exigeant et aimant.
00:37Exigeant, mais il y avait toujours la possibilité de pouvoir parler, de pouvoir être écouté.
00:42Moi c'est ce qui m'avait très touché la première fois que je l'ai rencontré pour de bon.
00:46C'était quelques mois après ma prise de fonction ici.
00:49J'étais allé le voir, un peu comme on fait.
00:52C'est pas une visite de courtoisie, mais enfin bon, c'était un peu ça.
00:55Pour lui parler de Marseille.
00:57Alors moi, oui, j'étais impressionné, mais une fois qu'on est avec lui, on n'est plus impressionné.
01:01J'étais impressionné avant, parce qu'on passe de salon en salon, on a des gardes, ceci et cela.
01:06Mais une fois que j'étais avec lui, non.
01:08C'est là justement le côté paternel que je vous disais.
01:11Et on est resté plus d'une heure tous les deux.
01:13Je lui ai parlé de Marseille, je lui ai expliqué tout ça.
01:16J'ai vu que ça l'intéressait.
01:18Et voilà, donc personnellement, c'est d'abord ça qui m'a touché.
01:22Il est mort le lendemain de la résurrection, c'est un message envoyé à tous les fidèles ?
01:26Si vous voulez, les papes choisissent, on dirait que les papes choisissent leur jour, mais c'est pas vrai.
01:31Mais quand même, regardez pour Paul VI, il est mort le jour de la transfiguration, le 6 août.
01:35Lui qui avait, depuis le début de son pontificat, dit à quel point cette fête était importante pour lui,
01:39au point qu'il avait publié sa première encyclique en 6 août.
01:42Mais voyez Jean XXIII qui est mort le lundi de Pentecôte, Benoît XVI est mort le dernier jour de l'année,
01:50et Jean-Paul II est mort le dimanche de la miséricorde, le dimanche après Pâques,
01:54le dimanche qu'il avait lui-même institué comme nouvelle fête dans le calendrier ecclésial.
01:58Donc oui, il y a un signe particulier.
02:00Il a conduit l'église jusqu'au jour de Pâques pour la faire entrer dans ce mystère de Pâques.
02:06Et moi j'ai trouvé très beau, j'ai vu quelques images hier soir, j'ai trouvé son visage très fatigué.
02:15Et j'ai compris que c'était dur.
02:19Mais enfin, il est venu, il a fait lire le texte de la bénédiction Urbi et Torbi,
02:25mais c'est un texte qui est cohérent avec tout son pontificat,
02:28avec l'indignation à l'égard de ceux qui tuent d'autres.
02:32Et puis après, ça n'était pas prévu semble-t-il,
02:36mais comme si lui avait su que c'était peut-être son dernier geste pastoral,
02:42le fait d'aller sur la place Saint-Pierre, d'être avec les gens tout simplement,
02:46un peu devant, un peu derrière, un peu au milieu, comme il aimait à le dire.
02:51Peut-être savait-il lui-même que c'était le dernier.
02:54En tout cas, c'est un message extraordinaire, extraordinaire.
02:56Vous êtes dans ma liste pour devenir pape ?
02:59Comment vous appréhendez le conclave ?
03:01Ben, le conclave, moi je ne sais pas, je n'en ai jamais vécu,
03:04donc j'ai reçu une lettre aujourd'hui disant qu'il faudrait être demain matin à 9h à Rome.
03:08Mais moi, je dis, il faut d'abord célébrer la messe ici,
03:11donc j'ai écrit pour dire d'abord qu'on célèbre la messe avec le peuple de Dieu à Marseille,
03:15et puis après je prendrai l'avion, et tant pis si je loupe la première matinée.
03:18Et dans quel état d'esprit ?
03:19Dans quel état d'esprit, dans quel état d'esprit, si vous voulez, c'est...
03:23Je pense que le conclave et toutes les réunions qu'il y a avant,
03:28personnellement, je me dis que c'est une expérience spirituelle qu'on n'a pas toujours, quoi.
03:33Enfin, c'est une expérience spirituelle assez unique,
03:36et tous les évêques n'ont pas eu cette occasion de vivre à ce point une des décisions importantes pour l'Église,
03:43et de les vivre ensemble.
03:44Donc pour moi, j'y vais comme une grande retraite spirituelle, voilà.
03:49Et puis, advienne que pourra, et en écoutant ce que l'esprit nous soufflera à l'oreille, voilà.
03:55Vous êtes prêt à devenir pape si jamais on dit que vous êtes dans la liste des 20 000 de...
03:58Ah ben dans les listes, vous savez, ça change ça, il y en a...
04:00Non, non, ça, ça change.
04:02Mais j'y vais avec, comme je vous l'ai dit, c'est-à-dire comme une grande retraite spirituelle,
04:07ça va durer, ce que ça durera, je pense qu'en tout ça va faire à peu près un mois,
04:10entre les obsèques du pape, les congrégations, ce qu'on appelle les congrégations,
04:15c'est-à-dire les réunions préparatoires, et puis le conclave lui-même.
04:20Ça, ça peut durer quelques jours encore, puis après il faut encore attendre
04:22que le nouveau pape soit installé, puis après on revient.
04:26Donc à mon avis, je pars pour un mois.
04:28Donc voilà.
04:29Je sais pas, je sais pas.
04:32J'ai pas vraiment d'expérience pour ça.
04:35Il a marqué, il a marqué parce qu'il a été étonnant du début à la fin,
04:40mais cohérent avec lui-même du début à la fin aussi.
04:43Donc non, c'est un grand pontificat.
04:46Et alors après, il faut que nous, nous nous rencontrions entre cardinaux,
04:49parce qu'on ne se connaît pas.
04:51On ne se connaît pas.
04:52Donc...
04:53Est-ce que vous avez gardé personnellement au pontificat ?
04:55Ben, je vais, moi je vais garder le souvenir d'abord de sa visite à Marseille,
04:59parce que ça, ça nous a tellement fait du bien,
05:02ça a été tellement important pour les Marseillais, tout ça.
05:05Il est arrivé à Marseille.
05:08Voilà.
05:09Non, non.
05:11Oui, la visite de Marseille, ça a été un moment très important.
05:14Moi, j'avais, bon, j'avais senti dès la première fois qu'il aimait
05:17ce que Marseille représentait,
05:19et j'ai compris qu'il aimerait bien un jour venir.
05:23Après, il fallait trouver la bonne occasion.
05:25Bon, il y a eu plusieurs essais,
05:27mais cette tentative-là avec les rencontres méditerranéennes a pu marcher.
05:31Moi, je retiens surtout cette proximité,
05:35cette proximité toute familiale.
05:38Et j'ai eu à cœur, pour moi, de montrer aussi aux Marseillais
05:41que ce pape-là faisait partie de la famille.
05:44Et lui, d'ailleurs, s'y prêtait tout à fait.
05:46Donc, pour moi, ça a été très important,
05:48une expérience aussi personnelle très profonde.
05:50et aussi la joie de pouvoir offrir à ce pape
05:54la chaleur d'un peuple tel que celui de Marseille
05:57et de pouvoir offrir au pape de Marseille
06:00l'encouragement fort qu'il pouvait recevoir de ce peuple-là.
06:04Et lui a été très touché.
06:06Quelques temps après, me trouvant à Rome pour le synode,
06:09j'ai rencontré ceux qui l'accompagnaient,
06:11qui avaient aussi logé chez moi, avec lui,
06:13le chauffeur, le garde-suisse et tout ça, le médecin et tout.
06:17Et ils m'ont pris à part et ils m'ont dit,
06:18vous savez, nous, on l'accompagne pour tous ces voyages.
06:21Mais jamais on l'avait vu aussi heureux qu'à Marseille.
06:25Alors, je me suis dit, ça me fait plaisir
06:27et je le dirai aux Marseillais.
06:29Et donc, il a préféré Marseille à Notre-Dame ?
06:31C'est une victoire, quand même.
06:31À l'époque où il est venu à Marseille,
06:34il n'était pas question de Notre-Dame.
06:36Mais il voulait venir ici parce que, ici,
06:38c'est, dans son vocabulaire à lui,
06:40c'est un peu une périphérie, si vous voulez.
06:42C'est à la fois l'Europe et la Méditerranée.
06:44Donc, il pouvait s'adresser ici, à Marseille,
06:47à la France, pour inviter la France
06:49à ne pas se regarder elle-même continuellement,
06:52mais à regarder la Méditerranée.
06:54Et aussi à l'Europe,
06:56puisque c'est aussi une responsabilité européenne.
06:58C'était un pas politique.
06:59Il a parlé des migrants quand il est venu ici.
07:01On disait qu'il pouvait être un peu plus de gauche que de droite.
07:04Oui, bon, lui, il s'en fiche de la gauche et de la droite.
07:06Mais il a parlé au nom de l'Évangile.
07:08Mais, au nom de l'Évangile,
07:10il avait la liberté aussi
07:11de dire un certain nombre de choses
07:13qui entrent dans la politique, au bon sens du mot,
07:17aux soins de tous,
07:19aux biens communs et aux biens de la cité.
07:21Donc, oui, de ce point de vue-là,
07:23oui, à cause de l'Évangile.
07:24Pas pour prendre position d'un côté comme de l'autre.
07:28Merci beaucoup.
07:29La maître a commencé. Je suis désolé.
07:30Et les coulages qui vous êtes mal.
07:31Merci.
07:32Oui, oui, c'est un...
07:34Pour toute l'Église, c'est un père.
07:37Et voilà, moi, je vous dis,
07:38ma première réaction, c'était d'aller à la chapelle
07:40et de pleurer.
07:42Et voilà.
07:43Et ce soir, je suis content que les Marseillais
07:45soient venus.
07:47J'ai reçu, je ne sais pas combien de messages aujourd'hui,
07:50mais sur un ton toujours de reconnaissance
07:54et surtout pour sa proximité.
07:57Voilà.
07:57Et puis, je vous remercie à vous.
07:58Merci.
07:59Pardon de vous avoir fait attendre,
08:00mais on a peu de temps.
08:02Mais merci en tout cas pour la façon dont vous l'avez suivi
08:06et dont vous nous avez aidé à recevoir son message.
08:09Merci.
08:10Merci.

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