00:00On a vu beaucoup de groupes reçus par votre commission d'enquête cette semaine.
00:04Oui, vous avez reçu Danone, CMA, CGM, Accor, la SNCF, rien que pour les auditions de cette semaine.
00:10On retient par exemple l'audition de Rodolphe Saadé, le PDG de l'armateur CMA, CGM.
00:15Il a notamment été question de la taxe de tonnage qui s'applique dans son secteur économique,
00:20qui pèse sur les finances publiques, 5,6 milliards en 2023.
00:24Qu'est-ce que vous reprochez exactement à cette aide publique en particulier ?
00:27Pardon, mais le mot n'est pas bon.
00:30Ce n'est pas un reproche, c'est un débat et un échange en transparence avec les PDG.
00:36Pour la première fois, une trentaine de PDG sont auditionnés par une commission parlementaire
00:39et pour la première fois, ils révèlent le montant des aides publiques.
00:43Et pour la première fois, ils jouent tous ou quasiment tous le jeu de la transparence.
00:48Ils donnent les chiffres et à partir de là, nous avons un débat et un échange
00:51où nous pouvons mettre sur la table la question des aides publiques et leur utilité en termes d'emploi,
00:57de maintien de l'outil industriel, de décarbonation, de stratégie industrielle,
01:02le nombre d'impôts, les prélèvements obligatoires, le versement des dividendes.
01:05Et moi, je pense que le débat que nous menons est un débat d'intérêt public et d'intérêt général.
01:11Et donc, lorsqu'on a une niche fiscale qui s'applique à 98% pour une seule personne,
01:16qui pèse sur l'année de référence 5,7 milliards et qui a permis notamment au groupe
01:22à lourdement investir et à se diversifier dans le transport et le fret, notamment aérien,
01:28mais aussi dans la presse et les médias et dans d'autres secteurs,
01:31il est légitime que nous ayons ce débat avec le PDG.
01:34– Oui, autre PDG reçu, François-Henri Pinault, le PDG du groupe de luxe Kering,
01:39qui possède les marques Gucci ou encore Saint-Laurent, Balenciaga.
01:43Alors, il touche peu d'aides publiques, mais en tout cas, il a dit qu'effectivement,
01:46il fallait qu'il y ait moins d'aides générales et des aides beaucoup plus ciblées
01:50avec des logiques de priorisation et de sectorisation.
01:53On voit donc des patrons qui vont pour certains dans ce que pourraient être vos recommandations
01:57à la fin de la commission d'enquête.
01:58– Alors, sur les recommandations, on me permettrait de ne pas en débattre avec vous,
02:01parce que d'abord, j'en débattrai avec le président, puis ensuite avec l'ensemble des membres de la commission,
02:06et on rendra notre rapport probablement le 8 juillet, mais ce qui est réel…
02:09– Le 10 juillet ?
02:10– Le 8, je pense que c'est le 8.
02:12On s'est donné l'objectif du 8, on regardera si on peut tenir l'objectif, voir un peu l'avancée.
02:17Par contre, juste pour préciser sur Kering, peu d'aides publiques directes,
02:22mais j'ai noté une niche fiscale des taxes qui coûtent 2 milliards d'euros pour l'État
02:28et 200 millions pour Kering.
02:30Donc, ce n'est pas une mince affaire, c'est vrai que c'est 8 millions d'aides directes,
02:33mais aussi 200 millions de détaxes qui, quand même, profitent à ce groupe de luxe
02:37comme à ses concurrents.
02:39Mais oui, effectivement, c'est ce que je redis, on a un échange et un débat d'intérêt général,
02:43et sur des propositions, comme avec Patrick Pouyanné, lorsqu'il a dit que lui,
02:47lorsqu'on aidait une entreprise, elle ne devait pas verser de dividende
02:51ou qu'il était plutôt favorable à des avances remboursables,
02:53vous voyez qu'y compris avec un rapporteur communiste,
02:56on peut avoir des échanges intéressants et trouver des pistes de travail communes.
02:59– Allez, j'ai encore deux questions, si vous le parliez, on a très peu de temps,
03:02mais il y a un cabinet d'avocats, Auguste Debouzy,
03:04qui serait à la manœuvre pour accompagner des grands groupes
03:07qui témoignent au Parlement.
03:08C'est une information du média La Lettre.
03:10Que vous évoquent ces révélations ?
03:12Qu'est-ce qui se joue ?
03:12Ce sont les entreprises qui se méfient des questions des parlementaires ?
03:15Il paraît, il paraît que je fais peur, je n'en sais rien.
03:19En tout cas, tout le monde reconnaît que je fais du travail,
03:21que les questions sont précises, tant mieux.
03:24Après, si des PDG ne se sentent pas en confiance et prévient à donner de l'argent
03:27à des cabinets d'avocats qui vont à peu près leur servir à rien,
03:31libre à eux, bon…
03:33– Mais ils craignent qu'en fait, les parlementaires s'occupent de ce qui ne les regarde pas,
03:36au lieu de s'occuper de l'État, s'occupe de ce qui se passe à l'intérieur de ces entreprises privées.
03:40– Pardon, j'ai entendu le président de la République hier, qui n'a pas dit grand-chose,
03:43mais qui a évoqué le budget de l'État.
03:47L'aide aux entreprises, c'est 170 à 250 milliards d'euros à travers 2200 dispositifs.
03:53Et contrairement à ce qu'a affirmé le président Macron, c'est le premier budget de l'État.
03:57Donc, il est à peu près normal que des parlementaires,
04:00y compris de la majorité comme de l'opposition,
04:03se posent des questions et puissent avoir des réponses sur ces questions.
04:06– Sous-titrage ST' 501
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