- il y a 1 an
Vladimir Poutine se dit favorable à une paix durable. Volodymyr Zelensky, de son côté, affirme être prêt à rencontrer le président russe. Des paroles plutôt encourageantes, même si sur le terrain, le feu russe ne faiblit pas. Est-ce le tournant diplomatique dans la résolution de la guerre en Ukraine ? Donald Trump, lui, va-t-il encore maintenir la pression sur Moscou ? On en parle avec : Jean-Didier Revoin, correspondant de BFMTV à Moscou (Russie). Alexandre Quéry, correspondant de BFMTV à Kiev (Ukraine). Thierry Arnaud, éditorialiste politique internationale de BFMTV. Jérôme Poirot, ancien adjoint du coordonnateur national du renseignement à l'Elysée. Masha Kondakova, réalisatrice ukrainienne du documentaire "Inner Wars". Guillaume Lasconjarias, historien militaire, professeur à la Sorbonne Université et ancien chercheur à l'OTAN. Olivier Vedrine, politologue, administrateur de l'Association Jean Monnet.
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00:00On en vient donc à l'actualité internationale J-7 avant la fin de l'ultimatum lancé par Donald Trump à la Russie.
00:08Et l'actualité du jour, c'est cette prise de parole importante de Vladimir Poutine.
00:14Il s'est dit favorable, je cite, à une paix durable. On l'écoute.
00:19Je le répète une fois de plus, nous avons besoin d'une paix durable et pérenne.
00:23Il y a peu, nos ennemis et nos détracteurs parlaient encore de la nécessité de vaincre la Russie sur le champ de bataille.
00:34Aujourd'hui, ils n'ont plus qu'une seule obsession, stopper notre avancée en Ukraine à tout prix.
00:42Et on vous retrouve Jean-Didier Revoin à Moscou pour BFM TV.
00:46Jean-Didier, paix durable, ça veut dire quoi précisément dans la langue de Vladimir Poutine ?
00:51Écoutez, c'est une solution qui prenne en compte la défense de ce que Moscou considère relevé de son intérêt national.
00:57Une solution qui neutralise ce que la Russie perçoit comme une menace pour sa sécurité.
01:03Alors, dans l'idée du président russe, il faudrait conclure un accord qui redéfinisse une nouvelle architecture de sécurité en Europe.
01:09Sur le modèle des accords d'Helsinki, conclu en 1975.
01:13Et contrairement aux Ukrainiens qui réclament un cessez-le-feu immédiat, Vladimir Poutine n'est pas disposé à faire taire les canons tant que les bases d'une telle discussion ne sont pas posées.
01:24On le voit, les missiles et les drones continuent de s'abattre chaque jour sur l'Ukraine.
01:29Et puis, il faudra aussi tenir compte des réalités du terrain pour le président russe.
01:32C'est ce qu'il a tenu à rappeler cet après-midi à Donald Trump, qui lui a posé un ultimatum qui échoua vendredi prochain.
01:39Et puis, dans l'attente de l'arrivée à Moscou de Steve Whitkoff, l'émissaire de Donald Trump,
01:45qui doit arriver à Moscou aujourd'hui ou dans les heures qui viennent, pour notamment rencontrer Vladimir Poutine.
01:51Jean-Didier Revoin à Moscou pour BFM TV.
01:53Et malgré ses déclarations de Donald Trump la nuit dernière, a été sanglante à Kiev, l'une des plus violentes depuis le début du conflit.
02:01Une offensive qui n'a pas empêché aujourd'hui Volodymyr Zelensky de proposer une nouvelle fois une rencontre avec Vladimir Poutine.
02:09Précision à Kiev, Alexander Kerry.
02:12Oui, aujourd'hui, Zelensky se dit prêt à rencontrer Vladimir Poutine en face à face, donc au niveau des leaders, comme il le dit.
02:19Puisque jusqu'ici, les négociations entre la Russie et l'Ukraine se sont déroulées à un niveau d'officiel inférieur.
02:24Elle n'a pas abouti à grand-chose à part des échanges de prisonniers et l'assurance d'autres négociations, d'autres rounds de négociations à Istanbul.
02:34C'est aussi une façon pour Zelensky de montrer à Donald Trump qu'il fait preuve de bonne volonté.
02:39Jusqu'ici, le Kremlin fait la sération d'oreille en insistant sur le fait que s'il y avait négociations,
02:45eh bien, ce serait sur les termes de, je cite, juin 2024, ça c'est d'après Vladimir Poutine,
02:50les termes de juin 2024, eh bien, finalement, ce sont les termes de mars 2022.
02:55Ça n'a pas changé, à savoir une captivation effective de l'Ukraine, une armée de 50 000 hommes
03:00et un changement de régime à la tête de Kiev.
03:04Donc aujourd'hui, ce sont des conditions qui sont absolument inacceptables de la part de Kiev.
03:08Et aujourd'hui, c'est surtout que sur le terrain, on ne voit pas beaucoup de différences du côté russe,
03:13c'est-à-dire qu'ils ont l'impression d'avoir une initiative stratégique,
03:15notamment autour de Pokrovs et de Konstantinivka en direction de Kramators,
03:19parce qu'on a beaucoup parlé de Chassé-Villard, notamment.
03:21Ils auraient plus ou moins le contrôle de cette ville,
03:23mais aujourd'hui, cette ville, c'est un hommage-lande, il faut quand même le comprendre,
03:27ou dans laquelle les combats sont raves.
03:29Et surtout, aujourd'hui, ce sont aussi les populations civiles qui souffrent le plus,
03:33puisque l'Ukraine a reçu plus de 6 000 drones, 200 missiles depuis le début de l'année,
03:41depuis le début du mois, pardon.
03:44Et aujourd'hui, en juin, ce seraient donc 232 civils tués en Ukraine.
03:50Donc par les frappes russes, ce bilan qui s'alourdit encore,
03:53et qui a sans doute s'alourdit encore, avec ce mois très meurtrier,
03:56puisqu'aujourd'hui, en Ukraine, avec Kiev, on a et on reçoit toutes les nuits des frappes russes,
04:03ce qui montre bien le manque de volonté de la part de la Russie de négocier,
04:06en tout cas d'arriver vraiment à une paix durable.
04:08– Et on en parle tout de suite avec nos invités sur ce plateau.
04:12Masha Kondakova, bonsoir, vous êtes réalisatrice ukrainienne du documentaire Inerswar.
04:17À vos côtés, Jérôme Poirot, ancien adjoint du coordinateur national du renseignement à l'Elysée,
04:22Guillaume Laskon-Jarias, historien militaire et professeur à la Sorbonne,
04:26et Thierry Arnaud, notre éditorialiste international BFM TV.
04:30Peut-être avant de parler du fond de cette déclaration de Vladimir Poutine,
04:32ne serait-ce que sur la forme, on a depuis longtemps,
04:35on voit souvent Dimitri Peskov, le porte-parole du Kremlin,
04:37là, on a, c'est assez rare pour le signaler,
04:40le président russe en personne qui s'exprime face aux caméras, Thierry peut-être ?
04:45– Oui, j'allais dire, plus ça change, plus c'est la même chose.
04:48Quand il parle sur ce sujet, c'est à chaque fois pour dire la même chose,
04:51que bien entendu, il est prêt à faire la paix,
04:53mais c'est aussitôt pour rappeler les conditions russes
04:57qu'il pose à cette paix,
05:00garder évidemment le contrôle de tous les territoires revendiqués,
05:04qui ne sont d'ailleurs pas totalement contrôlés par la Russie militairement,
05:06moi, on ne se parle.
05:08Ensuite, ne plus avoir, au-delà des frontières russes,
05:12qu'une Ukraine totalement démilitarisée,
05:15avec un nouveau régime, bref, un État vassal,
05:19pour ne pas dire une province supplémentaire de la Fédération de Russie.
05:23Il sait bien naturellement que ces conditions sont inacceptables pour l'Ukraine.
05:28Il demande également des garanties de sécurité apportées par l'Europe,
05:31au-delà du fait, bien sûr, que l'Ukraine s'engagerait formellement
05:35à ne jamais appartenir à l'OTAN.
05:38Voilà l'agenda défendu par Vladimir Poutine.
05:42On comprend bien la logique de cette position de son point de vue.
05:45C'est que, un, il considère que, petit à petit,
05:49la Russie prend l'avantage sur le terrain.
05:53Pas de manière très spectaculaire,
05:54mais, manifestement, jour après jour, ça progresse.
05:58Selon l'étude que publie aujourd'hui l'Institute for the Study of War de Washington,
06:02la Russie a progressé d'à peu près 700 km² sur le seul mois de juillet.
06:08C'est sa plus forte progression depuis des mois maintenant
06:12et depuis, en gros, la période où le front s'est un peu stabilisé.
06:17Et donc, dans ce contexte-là,
06:20il considère, un, que la Russie a l'avantage,
06:23et, deux, que c'est important pour lui,
06:26au fond, comme Volodymyr Zelensky,
06:27il a un interlocuteur particulier dans cette conversation à distance,
06:31c'est Donald Trump.
06:32Et il faut apparaître auprès du président américain
06:34comme n'étant pas celui qui porte la responsabilité
06:37de l'échec des discussions
06:39et de l'absence d'un accord de paix
06:40d'ici la fin de l'ultimatum du 8 août.
06:43Jérôme Poirot, vous êtes d'accord avec ça ?
06:44En fait, le président russe parle directement à Donald Trump.
06:48Oui, là, il n'a pas d'autre solution,
06:50parce que c'est quand même une des toutes premières fois
06:52que le président américain s'exprime avec autant de netteté
06:56depuis qu'il a été réélu sur le conflit en Ukraine.
07:00Donc, on ne sait pas quels sont véritablement les ressorts
07:03chez Donald Trump,
07:04mais au moins dans ses déclarations publiques,
07:07ce qui l'horrifie, semble-t-il,
07:08ce sont ses morts, ses morts civiles,
07:10et il y en a de plus en plus en Ukraine
07:12du fait des attaques qui sont de plus en plus terribles
07:16maintenant depuis plusieurs semaines
07:17sur beaucoup de villes ukrainiennes.
07:19Mais il ne cherche qu'une chose,
07:21c'est à gagner du temps,
07:22comme il le fait, j'allais dire,
07:23maintenant depuis des décennies.
07:25C'est-à-dire faire en sorte
07:26de ne pas trop fâcher les Américains
07:28pour que la guerre puisse continuer.
07:30Et puis, il espère,
07:32ou son successeur d'ailleurs,
07:33puisque ce sera, si rien ne se passe,
07:35il aura un successeur qui aura sans doute
07:37la même ligne politique,
07:38de trouver le moment où les leaders,
07:40ici en Europe occidentale,
07:41seront plus conciliants,
07:42qu'il y ait un nouveau président américain,
07:44il avait peut-être fait ce pari
07:45avec Donald Trump qui le laisse faire
07:47ce qu'il veut en Ukraine.
07:49Donc, il joue, il joue,
07:51il joue avec le temps,
07:52il joue avec le président américain.
07:54Peut-être va-t-il finir par perdre.
07:56Masha Kondakova,
07:58est-ce que vous voyez un peu une évolution
08:01malgré tout,
08:01avec ces déclarations de Vladimir Poutine,
08:03le fait que Volodymyr Zelensky aussi
08:04se dise à nouveau prêt à le rencontrer,
08:07ou vous dites finalement
08:07que ce sont les déclarations habituelles
08:10et rien ne change vraiment dans ce conflit ?
08:13Ça change, ça change beaucoup.
08:16C'est important.
08:17N'importe quel échange aujourd'hui,
08:19même avec le dictateur,
08:20tel qui est le criminel de guerre,
08:22tel qui est le Poutine.
08:23Vous savez, il n'y a aucun ukrainien
08:25qui n'est pas traumatisé par cette guerre aujourd'hui.
08:27On sursorte quand il y a quelqu'un
08:28qui a claqué la porte,
08:30quand quelqu'un,
08:31parce qu'il y a une moto qui est passée,
08:33on pense que c'est un drôle qui vole.
08:35On est tous traumatisés,
08:36mais personne ne veut céder face à Poutine.
08:40Non, les Ukrainiens ne veulent pas être
08:42sous l'emprisonnement
08:45et sous la pression des Russes,
08:47même s'ils essayent de nous terroriser
08:49terriblement tous les jours.
08:51C'est très important de maintenir l'échange
08:53avec, encore une fois, je rappelle,
08:54ce dictateur.
08:56C'est que ce point est politique.
08:58Et clairement, si ça va arriver,
09:01si Trump va faire les sanctions,
09:03évidemment, ça va nous aider.
09:04parce que vous voyez la réaction de l'Inde,
09:07vous avez vu tout de suite
09:08la réaction de la Chine.
09:10On voit, encore une fois,
09:11qui sont les vrais alliés de Poutine.
09:13Même si Lavrov,
09:14au ministère des Affaires étrangères,
09:16il a dit que la Russie,
09:17aujourd'hui, est en guerre toute seule
09:19contre l'Ouest,
09:20donc l'Occident,
09:22comme quoi il n'avait pas
09:23ni Loukashenko,
09:24ni Xi Jinping,
09:24ni messieurs de Corée du Nord,
09:28le président.
09:29Et comme vous avez dit,
09:31il joue le jeu,
09:32mais vous avez vu que le Kremlin
09:33et tous les jours autour de Poutine
09:34ont réagi à ces sanctions.
09:36Tant mieux.
09:37Il faut que Trump continue.
09:38Même si, aujourd'hui,
09:39c'est très compliqué à croire aux paroles,
09:43moi, je tiens à chaque espoir
09:45qui est possible
09:45pour qu'il y ait l'essentiel de feu.
09:47Parce que, moi,
09:48dix mois avant,
09:49quand j'étais à Kiev,
09:50je ne voulais pas que la nuit arrive.
09:52Parce que je ne savais pas
09:52si je vais me réveiller.
09:53– Alors, justement,
09:55vous parliez des sanctions.
09:57Guillaume Lascon-Jarias,
09:58il y a eu cette déclaration
09:58de Donald Trump
09:59à propos des sanctions.
10:01La nuit dernière,
10:02il dit,
10:02nous allons imposer des sanctions,
10:03je ne sais pas si elles vont
10:05le déranger,
10:06la nuit-mère Poutine.
10:06Est-ce que c'est une façon
10:07peut-être d'anticiper
10:08d'ores et déjà
10:09un échec
10:10de cette carte sanction
10:11qui peut jouer
10:13dans sept jours précisément,
10:14vendredi prochain ?
10:15– On peut le voir
10:15sous deux angles.
10:16D'abord,
10:17la manière que Trump
10:19a de répondre
10:21lorsque l'on a
10:22ce moment qui arrive.
10:24C'est-à-dire que
10:25la méthode Trump,
10:27c'est
10:27ça ne marche pas,
10:28j'impose des sanctions.
10:29C'est-à-dire que
10:30c'est sa première réaction,
10:31c'est presque pavlovien
10:32comme réponse.
10:35D'abord,
10:35je réagis par des sanctions.
10:37Ce qui montre bien
10:37qu'en revanche,
10:39il a aussi ce terme
10:41de peace through strength,
10:42c'est-à-dire
10:43la paix par la force,
10:44ce qu'il a réussi
10:45à démontrer
10:45face à l'Iran.
10:46Donc en fait,
10:47il peut être capable
10:48de mesures,
10:50mais elles sont toujours
10:51temporaires
10:51et elles sont ciblées.
10:53Or,
10:53ces sanctions,
10:54déjà,
10:55elles vont impacter
10:56directement très peu
10:58la Russie,
10:59c'est-à-dire que
10:59si on regarde bien
11:00la balance commerciale
11:01entre la Russie
11:02et les États-Unis,
11:03très clairement,
11:04c'est tellement ridicule
11:05que ce type de sanctions
11:06directes
11:07n'auront que peu d'intérêt.
11:09Sur les sanctions secondaires,
11:10oui,
11:11ça peut avoir un impact,
11:12mais là encore,
11:13c'est la question
11:13dans combien de temps ?
11:14C'est-à-dire,
11:15de quelle taille
11:16est le trésor de guerre
11:17de Moscou
11:18pour accepter
11:20et combien de temps
11:21ça va durer ?
11:22Prenez un exemple,
11:23c'est-à-dire,
11:24s'il faut épuiser
11:25les ressources
11:26de la Russie
11:27en taxant
11:28ce qu'elle permet,
11:31ce sur quoi
11:31elle repose,
11:32à savoir
11:33la vente
11:34de ces hydrocarbures,
11:35ça va quand même
11:36prendre quelques semaines
11:37ou peut-être même
11:38plusieurs mois.
11:39on est vraiment
11:40dans des ordres
11:43de grandeur
11:43qui font que
11:44on ne peut pas
11:45de toute façon,
11:46le monde ne peut pas
11:47non plus se couper
11:48totalement
11:48pour des raisons
11:49très cyniques
11:50des hydrocarbures russes
11:52parce qu'on n'a pas
11:53réussi à nos mix énergétiques,
11:55etc.
11:55Donc en fait,
11:56pendant ce temps-là,
11:57on peut très bien
11:57imaginer que
11:58la Russie cherche
11:59à gagner du temps
12:00et c'est un peu
12:00ce que fait
12:01finalement Poutine
12:02pour aller en fait
12:03jusqu'à la fin
12:04de cette offensive,
12:05de cette offensive d'été,
12:06c'est-à-dire
12:07au moment,
12:08grosso modo,
12:09de la fin du mois
12:10de septembre,
12:11la moitié du mois
12:11d'octobre
12:12quand les conditions
12:13météo changent
12:14de manière assez radicale
12:15et limitent
12:16la poursuite
12:16des opérations militaires.
12:18Ça ne les interdit pas,
12:19on a vu qu'on s'est battus
12:20à Barmout
12:20pendant quasiment
12:21une année,
12:22quelles que soient
12:23les conditions météo,
12:24mais c'est vrai que
12:24la grande phase
12:25de l'offensive d'été
12:26pourrait s'éteindre
12:28et à ce moment-là,
12:29peut-être qu'on aura
12:29un deuxième round
12:30ou un troisième
12:31ou un quatrième round
12:32de négociations.
12:33Alors, Olivier Védrine,
12:34vous êtes en ligne
12:35avec nous,
12:35politologue et administrateur
12:36de l'association Jean Monnet.
12:38Il y a un autre élément
12:39nouveau,
12:41c'est l'annonce
12:41par Donald Trump
12:42de l'envoi
12:42dans les prochains jours
12:43de son émissaire
12:44Steve Vitkoff
12:45qui se trouve actuellement
12:46dans la bande de Gaza.
12:48Ça, c'est un élément
12:49aussi qui va peut-être
12:51permettre de mettre
12:52un peu plus
12:53la pression sur
12:54Vladimir Poutine.
12:54Ça fait partie
12:55de la stratégie
12:56de Donald Trump
12:57avant la fin
12:57de cet ultimatum
12:58dans une semaine
12:59tout juste ?
13:00Écoutez,
13:02c'est bien
13:03qu'on discute.
13:05Le problème,
13:06c'est que je ne vois
13:07pas de changement
13:08majeur
13:09par rapport
13:10au comportement
13:11de Poutine.
13:12Et je pense
13:12que la feuille de route
13:14qu'il s'est fixée,
13:15il continue
13:16de la suivre.
13:18Il s'inscrit
13:19dans une guerre longue.
13:20Pourquoi ?
13:22Parce que cette guerre longue
13:23lui permet effectivement
13:24de gagner du temps
13:25et d'espérer
13:26fatiguer
13:27les Occidentaux.
13:30Il n'a pas
13:31comme en Occident,
13:33s'il voulait,
13:33une pression
13:34d'opinion publique
13:35sur le nombre
13:36de morts.
13:38Et pour lui,
13:41émissaire américain
13:42ou pas,
13:43l'objectif
13:44est simple.
13:45L'objectif
13:46reste le même,
13:47la capitulation
13:48de l'Ukraine,
13:50la démilitarisation
13:51de l'Ukraine,
13:54les oblastes
13:56qu'il a
13:57partiellement
13:58conquis,
14:00il les veut
14:01totalement,
14:02mais il ne s'arrêtera
14:03pas là.
14:04Il a dit
14:05qu'il voulait
14:05toute l'Ukraine.
14:07Donc,
14:07si vous voulez,
14:08les Russes,
14:09quand ils parlent
14:10de la guerre
14:10avec les Suédois,
14:11de la victoire
14:12de Poltava,
14:13ils s'inscrivent
14:13dans des guerres longues,
14:15dans l'histoire
14:16de guerre longues.
14:17Jérôme Poirot
14:18va m'intervenir
14:20sur ce que vous dites.
14:20Oui,
14:20je suis d'accord
14:21avec Olivier Védrine.
14:23Ce qui est très important,
14:24c'est que,
14:24en fait,
14:25Donald Trump
14:25veut une paix,
14:27mais il se contrefiche
14:28du contenu
14:29de ce que peut être
14:30cette paix.
14:31Il veut que les hostilités
14:32s'arrêtent,
14:32quel que soit le prix
14:33pour l'Ukraine.
14:34C'est en ça
14:34que je rejoins
14:35totalement Olivier Védrine
14:36et le moment venu,
14:38il reprendra les combats
14:39quand la situation
14:40à la fois militaire
14:41et puis diplomatique
14:42internationale
14:43le permettra.
14:44En Ukraine
14:44ou ailleurs ?
14:45En Ukraine ou ailleurs ?
14:46Bien sûr,
14:46ça peut être aussi ça.
14:48Ailleurs,
14:49c'est-à-dire ?
14:49Quand vous avez
14:49une économie de guerre,
14:51quand vous avez
14:51une économie de guerre,
14:52une économie de guerre,
14:53c'est la seule façon
14:54pour la Russie
14:55de survivre économiquement.
14:56Donc,
14:57cette économie de guerre,
14:58il est sur une bicyclette.
14:59S'il arrête
14:59l'économie de guerre,
15:00il tombe.
15:01Et une économie de guerre,
15:02comme il a mis au point
15:03en Russie,
15:04ce n'est pas pour s'arrêter
15:06à quelques oblastes
15:08en Ukraine.
15:08C'est pour aller bien plus loin.
15:10Et effectivement,
15:12je crains
15:12un traité désastreux
15:14si de la part
15:16de Trump,
15:18je pense que Trump
15:18peut tout à fait
15:19se contenter
15:21d'un traité désastreux.
15:22Mais nous,
15:22les Européens,
15:23on ne peut pas
15:23se contenter
15:24d'un traité désastreux.
15:25Guillaume Lassongarias.
15:26Il faut regarder,
15:27Poutine est là
15:28depuis 1999.
15:30C'est la guerre
15:30qu'il a mise en place.
15:32La guerre de Tchétchéne.
15:33C'est une guerre
15:33absolument affreuse,
15:34qu'on a nous
15:35totalement oubliée,
15:36mais qu'il a instrumentalisée
15:38pour asseoir son pouvoir.
15:39Et de manière ensuite
15:40régulière,
15:41c'est la guerre
15:41qu'il a maintenue
15:42en selle,
15:44pour reprendre
15:44cette expression.
15:452007,
15:46alors vous allez me dire,
15:47il ne s'est rien passé
15:47en 2007.
15:482007,
15:48c'est la première
15:49cyberattaque d'ampleur
15:50en Estonie.
15:51Qui s'en rappelle ?
15:52Les Estoniens
15:52s'en rappellent très bien.
15:532008,
15:54c'est la Géorgie.
15:55Tiens,
15:55c'était au mois d'août
15:57et on a pensé
15:58que ça allait pouvoir
15:59arrêter quelque chose.
16:0020% du territoire
16:01géorgien
16:01est toujours sous contrôle
16:02avec deux régions séparatistes,
16:05l'Abkhazie
16:05et l'Ossétie du Sud.
16:07Voilà,
16:07qui s'en souvient ?
16:082014,
16:09première invasion
16:10de l'Ukraine
16:11et capture
16:12de la Crimée
16:13et puis
16:132022.
16:15Ce régime
16:15régulièrement
16:16fait la guerre
16:17parce qu'il ne vit
16:18que par la guerre
16:19et pour la guerre
16:20et aujourd'hui,
16:21structurellement,
16:22son économie,
16:23sa société aussi,
16:24sa société est
16:25dans un état d'esprit
16:26militarisé.
16:27C'est-à-dire,
16:28on a une camarade ukrainienne
16:29qui est juste en face,
16:31c'est sans doute
16:31elle qui saura mieux
16:32répondre que nous
16:33que la société
16:34ukrainienne
16:35et les sociétés russes
16:36sont là-dessus
16:37radicalement différentes.
16:39La progression,
16:39le changement
16:40de ces deux mondes,
16:42la Russie,
16:43c'est cristallisé,
16:47c'est vitrifié
16:48dans quelque chose
16:49qui est aujourd'hui
16:50une dictature.
16:52Absolument.
16:53Et si on sait cela,
16:54alors quelle est la solution ?
16:56Et deuxième chose aussi,
16:56que les gens
16:57qui vont les soldats russes
16:58attaquer les ukrainiennes,
17:00ils sont mêlés
17:00par leur propre grande
17:01ou que, par exemple,
17:02les ukrainiens
17:02se défendent absolument
17:03sans aucun...
17:04on est libres,
17:06on n'a jamais été
17:07convoqués
17:07pour aller à la guerre.
17:08Vous savez aussi,
17:09on a ce problème
17:09avec la mobilisation.
17:11Mais je veux dire,
17:12quelle est la solution alors ?
17:13Si on sait tout ça,
17:13si on sait que depuis 2007,
17:15dès le début,
17:16que Poutine et son régime
17:17font ces criminels de guerre
17:19et ils commissent
17:20cette guerre partout
17:21en Europe,
17:22pourquoi ?
17:23Pour détruire l'OTAN,
17:24pour détruire,
17:24pour nous séparer.
17:25Or que l'OTAN
17:26n'était plus jamais
17:27aussi grande,
17:28l'Europe n'était plus
17:29jamais aussi unie
17:30jusqu'à maintenant.
17:32Mais est-ce que,
17:33face à la menace,
17:33qu'on devait se renforcer ?
17:35Ou est-ce qu'on pourrait
17:36faire quelque chose de plus
17:37pour se protéger
17:39contre ce monsieur
17:41qui est hors de...
17:43Pardon,
17:43je ne trouve pas les paroles.
17:44Thierry Arnaud,
17:44pour conclure.
17:45C'est vrai que Donald Trump
17:46veut une paix rapide
17:47et c'est vrai qu'il ne sera
17:47pas nécessairement
17:48très regardant
17:49sur les conditions.
17:51Mais il faut quand même
17:52souligner que,
17:53un,
17:53il a eu un temps
17:54de plus en plus dur
17:55vis-à-vis de Vladimir Poutine,
17:56c'est très net.
17:57Et deux,
17:58sa majorité républicaine
18:00est prête
18:01à aller assez loin
18:02sur le sujet.
18:03Je vous en donnerai
18:04deux exemples.
18:05L'accord que le Sénat,
18:08sur lequel il s'est mis
18:08d'accord 80 des 100 sénateurs
18:10pour une sanction
18:11de la Russie
18:12beaucoup plus forte
18:12que ce que Donald Trump
18:13a promis jusqu'à présent.
18:15Et il y a quelques jours
18:16à peine,
18:16lorsqu'il a examiné,
18:18lorsqu'elle a examiné
18:18le sujet,
18:19la commission des finances
18:21du Sénat
18:21a décidé de débloquer
18:23un milliard de dollars
18:24qui n'étaient pas prévus
18:25pour le soutien militaire
18:26à l'Ukraine.
18:27Et ça,
18:28c'est quand même
18:28un signal très fort
18:29qui montre qu'il y a
18:30aux États-Unis,
18:31autour de Donald Trump,
18:32un courant
18:33qui est quand même
18:34de plus en plus puissant
18:35pour dire,
18:35attention,
18:36on ne peut pas abandonner
18:37l'Ukraine
18:37et on ne peut pas abandonner
18:39le soutien militaire
18:40des États-Unis à l'Ukraine.
18:42Merci d'être venu
18:44sur le plateau de BFM Sori.
18:46Merci aussi à Olivier Védrine
18:47qui était en direct
18:49à distance avec nous.