- il y a 1 an
Jean-Jacques Horvath, présenté comme le cerveau de la tuerie de Belhade, libéré en 2006, gravement malade, décède quelques mois plus tard.
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00:00:00C'est parti !
00:00:30C'est parti !
00:01:00C'est parti !
00:01:29C'est parti !
00:02:00Marie-France Lebert, la sœur de Bonnefond, est là aussi ce soir.
00:02:06Le repas se prolonge.
00:02:08Vers 11h, nous sommes partis nous coucher, donc chacun est parti dans sa chambre.
00:02:16Le garde-chat s'était parti un petit peu plus tôt.
00:02:18Une heure plus tard.
00:02:25Tout à coup, j'ai entendu une voiture, un bruit de voiture arriver.
00:02:31J'ai quand même sursauté un petit peu en pleine nuit, comme ça j'ai eu peur.
00:02:38J'ai entendu tout de suite la porte de la cuisine s'ouvrir.
00:02:45Il y a eu une petite bousculade et un coup de feu, mais un coup de feu très étouffé.
00:02:50J'ai entendu quelqu'un gémir et pour moi, c'était Mme Gousse.
00:02:57Il y a eu un deuxième coup de feu.
00:02:59Un deuxième coup de feu avant que la lumière ne s'allume dans la salle à manger.
00:03:02J'ai regardé et là, j'ai vu un homme s'approcher de la chambre du garde qui se trouvait juste en face de la mienne.
00:03:16Et il avait évidemment sur le côté un grand pistolet ou un fusil, enfin quelque chose de très grand qui était assez impressionnant.
00:03:28J'ai compris qu'on venait de tuer mon frère et tout le monde.
00:03:32J'avais peur qu'une chose, c'était qu'on me tue et qu'on me viole.
00:03:39En une seconde, Marie-France Lebert saute par la fenêtre, son chien dans les bras.
00:03:47Je suis partie droit devant moi et je me suis cachée à 50 mètres de la ferme.
00:03:54Quelques instants après, des ombres ont surgi de derrière de la cuisine et il y a eu quelque chose d'enflammé, de lancé dans la maison.
00:04:07Et ils sont montés dans la voiture et ils sont venus dans ma direction.
00:04:12Aplatie dans les ronces, elle retient son souffle.
00:04:21Quand elle n'entend plus aucun bruit, elle court vers la maison la plus proche à 800 mètres du relais.
00:04:27Elle tambourine à la porte.
00:04:28Je les ai poussés comme une furie.
00:04:32Je suis rentrée donc chez eux en leur expliquant simplement qu'il y avait le feu à la maison de Jean-Claude.
00:04:45Marie-France Lebert appelle la gendarmerie.
00:04:48Le 15 décembre à 3 heures du matin, Mme Lebert nous signale que le feu, qu'un incendie s'est déclaré à la chasse de Belade.
00:05:00Les gendarmes de Pissos préviennent les pompiers et se rendent immédiatement sur place.
00:05:06À notre arrivée, bon, c'est un brasier immense, terrible.
00:05:10Des flammes de 5, 6 mètres d'eau, ils ont faillis de partout.
00:05:16C'est mon fils qui m'a appelé.
00:05:18Pour nous prévenir qu'il y avait un incendie à la chasse gardée.
00:05:22À ce moment-là, on ne savait pas s'il y avait des morts.
00:05:25Il n'y avait simplement que l'incendie.
00:05:30Très vite, une douzaine de pompiers et 4 camions sont sur place.
00:05:41Le relais est en flamme.
00:05:44Il n'y a plus grand chose à faire, sauf empêcher le feu.
00:05:47De gagner la forêt.
00:05:50Véronze, à la demi-midi, la charpande s'est effondrée.
00:05:55Alors à ce moment-là, ils ont pu éteindre plus facilement.
00:05:59Les gendarmes peuvent enfin pénétrer dans ce qu'il reste du relais de chasse.
00:06:10Marie-France Lebert les a prévenus.
00:06:12À l'intérieur, il en restait trois.
00:06:14À partir de là, il a fallu, par le biais des employés communaux, des pompiers et des gendarmes, déblayer tous les gravats.
00:06:23Et c'est là qu'on a commencé à découvrir les cadavres.
00:06:35On aperçoit une jambe qui dépasse les gravats.
00:06:37Et en fait, il s'avère que c'est la jambe du garde-chasse, du jeune garde-chasse.
00:06:44On a trouvé le jeune garde, qui avait 20 ans, le pauvre garçon.
00:06:49Et il n'avait pas été content de le tuer.
00:06:51Il avait tué son chien, en plus.
00:06:53Le corps est presque entièrement calciné.
00:06:59Il est couché en chien de fusil sur le lit.
00:07:02Manifestement, Michel Linder a été tué dans son sommeil.
00:07:09Madame Gousse, la compagne de M. Bonnefond, on l'a retrouvée dans sa chambre.
00:07:13Elle était plavante.
00:07:17Apparemment, Lucienne Gousse a eu le temps de se lever.
00:07:19Son corps calciné est découvert à côté de son lit, vêtu d'un pyjama.
00:07:26Et quant au propriétaire de la chasse, M. Bonnefond, lui, on l'a découvert en début d'après-midi.
00:07:32Je me rappelle, j'ai reconnu Bonnefond.
00:07:34C'est moi qui l'ai reconnu le premier, d'ailleurs.
00:07:37Il avait une gourmette à nord, et je l'ai reconnu à Saint-Gourmette.
00:07:42Jean-Claude Bonnefond est allongé sur le ventre, sur le sol de la cuisine.
00:07:45Les corps sont transportés à Mont-de-Marsan pour être autopsiés.
00:07:56Jean-Marie Guilhemsan, vous êtes l'actuelle maire de Bélade.
00:08:00Et à l'époque des faits, c'est votre père.
00:08:02Tout à fait.
00:08:03Qui était maire de Bélade.
00:08:05Parlez-moi du Bélade au moment de la tuerie.
00:08:09C'est un tout petit village.
00:08:09Tout petit village, à l'époque de cette tuerie, puisque ça a été dénommé ainsi.
00:08:16Il y avait une centaine d'âmes.
00:08:18Mais c'était un village tranquille jusqu'à ce moment-là.
00:08:23Qu'est-ce qui se disait, à l'époque, sur ce qui se passait à Bélade ?
00:08:26C'était un monde à part.
00:08:28Tout le monde parlait de la chasse gardée.
00:08:31Il y a la chasse gardée, mais peu de gens de la commune y allaient.
00:08:35La gendarmerie avait un oeil attentif sur cette chasse privée.
00:08:41Mais les habitants de Bélade n'étaient au courant de rien.
00:08:45Ils faisaient leur business, si vous voulez, dans leur coin.
00:08:49Voilà.
00:08:50Et votre père, qu'est-ce qu'il savait des doutes des gendarmes ?
00:08:54Il savait, les gendarmes l'avaient informé, qu'il y avait quelque chose.
00:08:59Il y avait des va-et-vient nocturnes, puisqu'ils avaient monté quelques planques, etc.
00:09:04Et donc, ils essayaient de surveiller.
00:09:08Et lorsqu'il y a eu ce drame, ils ne savaient pas ce qu'il y avait, évidemment.
00:09:11Mais lorsqu'il y a eu ce drame, ils s'en doutaient qu'il y aurait quelque chose de spécial.
00:09:17Vous le connaissiez, vous, le relais de chasse de Bélade ?
00:09:19Je connaissais les habitants.
00:09:22M. Bonnefort, Mme Gousse, etc.
00:09:26Ils venaient un petit peu dans le village.
00:09:28Mais c'était des gens très discrets.
00:09:30Et ils se mélangeaient très peu avec le village.
00:09:33Est-ce que le simple fait que c'était des gens de Bordeaux,
00:09:37donc Bordeaux, c'est la grande ville dans le sud-ouest,
00:09:39qui peut alimenter quelques fantasmes,
00:09:42qui venaient là, ne pouvaient pas suffire à faire régner une atmosphère de suspicion ?
00:09:48À la campagne, chez nous, à Bélade, comme on est à 50 minutes de Bordeaux,
00:09:54le village se trouve à 50 minutes au sud de Bordeaux,
00:09:59on surnomme les Bordelais, mais on ne les voit pas d'un bon oeil dans le village.
00:10:04Parce que ce sont eux qui viennent ramasser les cèpes,
00:10:07alors on est quand même conservateurs, tout ça.
00:10:09Et puis ce sont eux qui viennent chasser, là, ça a évolué.
00:10:13Ça aussi, ça a évolué.
00:10:14Mais il y avait quand même cette suspicion des gens qui venaient de Bordeaux, oui, à l'époque, oui.
00:10:20À Bélade, les gendarmes poursuivent leurs investigations.
00:10:25La chasse privée s'étend sur près de 500 hectares.
00:10:28Le terrain est entièrement clôturé.
00:10:31Quand ils sont arrivés, ils ont remarqué que l'entrée principale était cadenassée.
00:10:35Mais ils trouvent d'autres entrées.
00:10:44Nous avons mis un périmètre de sécurité de genre mobile pour éviter les actionnaires sur la chasse.
00:10:50Et c'est à ce moment-là qu'on a trouvé ce portail ouvert des cadenassés.
00:10:54Ce qui vient s'apparencer qu'ils avaient au moins une clé pour pénétrer dans la chasse.
00:10:58Cette entrée est située sur une route départementale, très à l'écart du village de Bélade.
00:11:06Elle donne sur une piste qui sert de pare-feu et qui n'était utilisée que par le gérant Jean-Claude Bonnefond.
00:11:14Manifestement, le ou les tueurs connaissaient bien les lieux.
00:11:19Dans les décombres du relais, les gendarmes font une autre découverte.
00:11:24On trouve la séance de la porte d'entrée de la chasse, déverrouillée.
00:11:30Il n'y a pas d'effraction.
00:11:32La porte d'entrée était volontairement ouverte par le propriétaire des lieux.
00:11:36Il n'y a pas d'effraction.
00:11:38Jean-Claude Bonnefond a ouvert volontairement.
00:11:42Mais pas sans crainte.
00:11:47Monsieur Bonnefond, il avait une serpe, un genre de serpe dans la mer.
00:11:50Ce qui veut dire qu'il aurait voulu se défendre.
00:11:54L'autopsie est réalisée le lendemain.
00:11:57Les corps sont très abîmés.
00:11:59Mais il est certain que ce n'est pas l'incendie qui a tué.
00:12:03Marie-France Lebert avait raison.
00:12:06Tous les trois ont été exécutés.
00:12:09Lucienne Gousse a reçu une balle dans le front.
00:12:12Jean-Claude Bonnefond, son compagnon, une balle dans la tête qui a pénétré par l'œil droit.
00:12:16Le jeune Michel Linder a subi le même sort.
00:12:21Leur mort a été immédiate.
00:12:23Ou presque.
00:12:26Trois morts.
00:12:28Tous exécutés d'une balle dans la tête, dans leur sommeil, au fond des bois, dans un relais qui n'avait rien d'un château.
00:12:34Alors pourquoi ?
00:12:35Qui a voulu éliminer ces gens ?
00:12:38Et puis que se passait-il dans cette maison ?
00:12:39Et sur cette chasse ?
00:12:41Les gendarmes veulent des réponses à ces questions et vite.
00:12:47Jean-Claude Bonnefond et sa compagne, Lucienne Gousse, étaient originaires de Bordeaux.
00:12:52Ils tenaient autrefois un bureau de tabac.
00:12:56Bonnefond venait parfois chasser à Bélade.
00:12:59Début 1984, il avait appris que le fonds de commerce était à vendre.
00:13:04Ça a dû leur plaire puisque mon frère a voulu tout de suite vendre le commerce pour aller s'installer comme gérant de cette chasse.
00:13:18C'était un endroit merveilleux.
00:13:21Au milieu des bois, il y avait un cheval.
00:13:23On faisait des week-ends superbes.
00:13:28Jean-Claude Bonnefond s'occupait de l'élevage du gibier.
00:13:31Lucienne Gousse préparait les repas qui étaient servis aux chasseurs.
00:13:35Un couple sans histoire.
00:13:37Le gérant passait pour un homme jovial sympathique qui savait accueillir avec chaleur les actionnaires de la chasse.
00:13:46Il y avait un va-et-vient tout le temps avec les chasseurs.
00:13:50Quand il y avait 30 ou 40 chasseurs, il y avait du monde, c'est sûr.
00:13:53Je pense que ça marchait bien.
00:13:57Il y avait pas mal de chasseurs.
00:13:59Bon, je n'étais pas dans les confidences, mais je pense que ça marchait bien.
00:14:03Oui, il y avait l'heure d'avoir les week-ends.
00:14:05Il y avait beaucoup de monde.
00:14:09En mai 1985, huit mois avant la tuerie,
00:14:13Jean-Claude Bonnefond avait embauché Michel Linder comme homme à tout faire.
00:14:18Le jeune homme vivait à Bordeaux.
00:14:19Il cherchait du travail.
00:14:20Il a eu l'occasion de partir là-bas.
00:14:25Donc il est parti sur connaissance d'un de mes cousins.
00:14:29Et mon père a l'échassé là-bas aussi.
00:14:31Donc par connaissance, il est parti.
00:14:35Et ça lui a plu.
00:14:37Donc il a décidé de rester là-bas.
00:14:41Il lâchait le gibier.
00:14:43Il servait au bar.
00:14:45Mon frère était heureux.
00:14:47Heureux là-bas.
00:14:49Très heureux.
00:14:50Les occupants du relais sortaient très peu.
00:14:55Et la chasse privée restait un endroit un peu mystérieux pour les gens de Bélade.
00:14:59Un endroit que les gendarmes tenaient un peu à l'œil.
00:15:02Du coup...
00:15:02On s'y arrête de temps à autre, de temps à autre pour voir comment ça se passe un peu, bon, sous le prétexte de contrôler la chasse comme normalement.
00:15:14Bon, a priori, il n'y a pas de problème particulier.
00:15:17Mais bon, on sent bien que M. Bonnefond est toujours sur la réserve.
00:15:19Il répond aux questions, vite fait, bon, on voit bien qu'il y a un air, quand même, c'est pas net, c'est pas net.
00:15:30Des choses pas nettes, Michel Linder en avait peut-être vu.
00:15:35Trois semaines avant le drame, le garde-chasse s'était confié à son ex-femme.
00:15:38Enfin, il se passait de drôles de choses à Bélade.
00:15:45Il me disait que c'était un peu... Ils étaient un peu bizarres, quoi.
00:15:50Il m'avait dit qu'il y avait des voitures qui avaient été brûlées, des voitures maquillées.
00:15:57Et on ne s'est pas trop étendu dessus, quoi.
00:16:01Moi, je lui ai conseillé, j'ai la police, mais...
00:16:04Je pense qu'il avait peur de parler.
00:16:06Et donc, moi, j'avais dit de revenir sur Bordeaux.
00:16:09Mais il a préféré Célande.
00:16:12Il est sur le métier.
00:16:17Sur le terrain, les gendarmes trouvent effectivement six voitures garées près du relais.
00:16:24Après vérification, aucune d'entre elles n'est volée.
00:16:28À l'arrière de la maison, il remarque aussi trois caravanes.
00:16:37On fouille une caravane, bien sûr.
00:16:39Donc, dans une, on trouve des bouquins porno.
00:16:41Bon, des bouquins porno.
00:16:42Il y a partout, des bouquins porno.
00:16:44Et lorsqu'on trouve des fusils, bon, on l'a passé au fichier, puis on l'a vu qu'il était volé, quoi.
00:16:53Par contre, là, il y a une caravane, il y a un fusil volé.
00:16:56Bon, c'est sur la chasse de balade.
00:16:57À ce stade, le juge d'instruction décide de dessaisir les gendarmes du coin.
00:17:11L'affaire est un peu grosse pour eux.
00:17:13Désormais, ce sont les policiers du SRPJ de Bordeaux qui enquêtent.
00:17:19Et les policiers commencent par s'intéresser à cette caravane dans laquelle on a retrouvé un fusil volé.
00:17:25Un fusil qui appartient à un certain Jean-Jacques Horvatte, un habitué du relais de Bélade.
00:17:33Le patron de la chasse l'a autorisé à amener sa caravane.
00:17:36Il y vient régulièrement.
00:17:39Il y a même attribué une chambre dans le pavillon de chasse.
00:17:43Il est chez lui, quoi, en fait.
00:17:46Il amène ses relations, il amène sa copine.
00:17:50Ils étaient installés là, mais ils étaient installés là même avant que mon frère prenne la chasse.
00:17:54C'était déjà des gens qui étaient sur la chasse.
00:18:01Très vite, Jean-Jacques Horvatte était devenu très ami avec Jean-Claude Bonnefond.
00:18:05Il venait de plus en plus souvent débarquant à l'improviste, toujours avec une bande de copains.
00:18:11Ils ne viennent pas pour la chasse.
00:18:12Je n'ai jamais vu partir avec leur fusil à la chasse, mais ils sont là.
00:18:17Ils paraissaient avoir la vie sans doute facile.
00:18:23On voyait des grosses voitures venir.
00:18:27C'est vrai qu'ils n'hésitaient pas à payer une bouteille.
00:18:32Des flambeurs.
00:18:34Dans le milieu de la chasse, forcément, la bande d'Orvatte détonnait.
00:18:37Je n'y suis allé qu'une seule fois.
00:18:41J'avais un jeune chien et c'était pour l'entraîner avant l'ouverture de la chasse.
00:18:45Je suis rentré au bar, je vois qu'il y avait une population féminine assez importante.
00:18:51C'est une ambiance feutrée, une ambiance sombre.
00:18:53C'est très... c'était bizarre.
00:18:55C'est assez inhabituel, dans la lande qui est la nôtre, de trouver derrière le bar d'un club de chasse ce que j'y ai vu.
00:19:09Mon frère m'avait dit, tu serres ces gens-là, mais tu ne te mêles pas de leurs conversations.
00:19:14Tu les serres, c'est tout.
00:19:19Ces gens-là faisaient tous plus ou moins partie du milieu de la nuit de Bordeaux.
00:19:24Ils étaient propriétaires de bars, de nightclubs ou videurs.
00:19:29Quant aux femmes...
00:19:31Mon frère m'avait dit au courant que ces femmes étaient des prostituées, qu'elles allaient travailler la nuit sur Bordeaux.
00:19:43Officiellement, Jean-Jacques Horvatte est un honnête commerçant.
00:19:47Mais la police judiciaire le soupçonne d'être un... macro.
00:19:54Jean-Jacques Horvatte, on le connaissait, il était connu devant du groupe de répression du banditisme.
00:20:00Horvatte avait quand même une réputation de voyou croissi suffisamment posée pour qu'on se pose des questions sur quel était son rôle exact dans cette affaire.
00:20:15Marie-France Lebert raconte au policier que le samedi 14 décembre, quelques heures avant la tuerie, quand elle est arrivée au relais, son frère lui a raconté une drôle d'histoire.
00:20:33Mon frère est arrivé vers la voiture en nous disant, oh là là, tu sais, j'ai eu une altercation avec monsieur Horvatte.
00:20:48Et franchement, ça m'embête beaucoup parce que c'est allé très loin.
00:20:52Mon frère était à deux doigts d'aller chercher son pistolet pour le tuer et que même Gousse s'était interposé.
00:21:08La dispute avait eu lieu trois jours plus tôt.
00:21:11D'après Bonnefond, il n'y avait pas de réconciliation possible.
00:21:17Il avait demandé à Horvatte de retirer sa caravane.
00:21:23Mon frère me dit, je vais aller à la chasse.
00:21:28Je le sentais anxieux.
00:21:29Je vais aller faire un tour à la chasse.
00:21:31Il est parti, il a pris un fusil, il est parti.
00:21:34Et monsieur Horvatte est arrivé, donc l'accompagné de notre monsieur.
00:21:41Marie-France Lebert en avait profité pour parler à Horvatte.
00:21:49Moi, je lui ai dit, vous savez, Jean-Claude a l'air très chagriné, qu'est-ce qui s'est passé ?
00:21:56Et à ce moment-là, il m'a dit, ton frère, c'est une balance, il mérite la mort.
00:22:11Maître de Cônes, dans cette affaire, vous êtes l'avocat de Jean-Jacques Horvatte.
00:22:20Dès le début de l'enquête, enfin assez vite, trois jours après le meurtre, il est interrogé.
00:22:25Alors, est-ce qu'il reconnaît qu'il est allé sur place l'après-midi de la tuerie ?
00:22:28Sans aucun problème.
00:22:29Pour ?
00:22:30Sans aucun problème, pour y passer comme il y passait régulièrement, pour aller voir son ami Jean-Claude Bonnefond.
00:22:36Il dira plusieurs reprises qu'il se considérait un peu comme chez lui, là.
00:22:40Est-ce qu'il évoque la querelle qu'il aurait eue avec Bonnefond ? Est-ce qu'il admet qu'il s'est disputé avec Bonnefond ?
00:22:45Il n'en parle pas le 19. Il n'en parle pas à la première audition. Je ne crois pas qu'on l'ait interrogé là-dessus. Non, mais il va longuement s'expliquer sur un emploi du temps qu'on lui demande.
00:22:57Alors, il a un alibi.
00:23:00Ah oui, un alibi extrêmement sérieux et vérifié. Il a passé la soirée au petit chef. Il a terminé la soirée au couche-tard.
00:23:14Il fêtait l'anniversaire de Carmen, si la mémoire est bonne. Oui, et puis nombreux sont ceux qui l'ont vu et qui pourront attester qu'il était là, oui.
00:23:23Qu'est-ce qu'il fait Orvat dans la vie, officiellement ?
00:23:28Alors, Orvat est issu d'une famille nombreuse. Il a une formation de boucher. Il a été de nombreuses années durant boucher. Il n'a jamais été à son compte. Il a toujours été salarié.
00:23:42Jusqu'au jour où il va cesser cette activité pour en trouver une plus lucrative, mais plus...
00:23:50Limite ?
00:23:51Moins apparente, disons. Plus occulte.
00:23:54Et qui consiste ?
00:23:56Et qui consiste à avoir des revenus non déclarés.
00:23:59De ? De filles ?
00:24:01Il est considéré comme étant un voyou influent sur la place de Bordeaux, considéré comme un macro, comme un proxénète sur ce qui est à l'époque au plein cœur de Bordeaux, la place des grands hommes, les allées de Tourny, qui est un lieu de prostitution notoire.
00:24:16Mais pour rien de tout ça, il n'a jamais été condamné ?
00:24:19Il n'a jamais été poursuivi pour proxénétisme. Et il n'a eu jamais aucune autre condamnation.
00:24:24Focasie judiciaire ne porte aucune condamnation lorsque intervient l'affaire de Bellade.
00:24:34Orvat a donc un alibi. Mais la police garde quand même un œil sur lui. Elle le place sous surveillance téléphonique.
00:24:40Ça ne donne rien. Elle met tous ses indics sur le coup et découvre qu'un bruit court dans le milieu bordelais.
00:24:52C'est un certain Barthélémy qui se vante d'avoir fait le coup de Bellade.
00:24:57Et qui prétend l'avoir fait pour le compte de Jean-Jacques Horvat.
00:25:02Les policiers retrouvent rapidement ce Barthélémy. C'est un bordelais d'une trentaine d'années.
00:25:16Il n'est pas connu de l'estertégie. Il est surveillé par le groupe de répression du banditisme.
00:25:22Déjà pour le connaître physiquement, pour voir ses relations, ses activités.
00:25:28Barthélémy habite dans une rue du centre-ville de Bordeaux.
00:25:33Il vit dans un petit deux-pièces avec son beau-fils de 20 ans, Pascal Maillet.
00:25:39Une jeune fille de 18 ans, Laura, habite avec eux.
00:25:43Ça ressemble à un ménage à trois.
00:25:47Jean-Bernard Barthélémy n'a pas de travail régulier.
00:25:51Barthélémy, c'est un gars qui a fait des petits boulots.
00:26:00Mais bon, il était un peu instable. Il ne restait pas trop longtemps dans les différents emplois.
00:26:05Il a été bûcheron. Il a fait également le chauffeur poids lourd, je crois, aussi, quelque temps.
00:26:09Il rendait des services.
00:26:13On sait, d'autre part, qu'à ce moment-là, qu'il fréquente un restaurant à Bordeaux.
00:26:17Le Petit Chef.
00:26:18Le Petit Chef.
00:26:20C'est dans ce restaurant que Jean-Jacques Horvat a fait la fête avec des amis le soir de la Turie de Bélade.
00:26:26Jean-Bernard Barthélémy vient lui aussi régulièrement, toujours, avec le même homme.
00:26:33Barthélémy rencontre le nommé Ardani Francis, que nous connaissons lui.
00:26:38Francis Ardani.
00:26:41Videur dans les boîtes de nuit de Bordeaux.
00:26:43Moi, ce qui me concerne, si vous voulez, j'ai eu des relations professionnelles, parce que, comme il était portier dans ses établissements, à la suite d'incidents intervenus la nuit, j'ai été amené à le contacter pour divers témoignages.
00:26:56C'est un gars qui fréquente le milieu de la nuit, quoi, qui ne se laisse pas trop marcher sur les pieds, disons, une forte personnalité.
00:27:06Chez les policiers, Francis Ardani n'est pas connu que pour ses talents de videur.
00:27:10Il a déjà été condamné pour coups et blessures volontaires et pour extorsion de fonds.
00:27:18Les policiers apprennent que depuis plusieurs mois, Francis Ardani et Jean-Bernard Barthélémy sont inséparables.
00:27:26Barthélémy lui rend des services.
00:27:29Là où il a besoin d'aller, c'est Barthélémy qui sert de chauffeur, quoi.
00:27:33Or, Francis Ardani est aussi un habitué de la chasse de Bélade.
00:27:38Il y va en général avec Barthélémy.
00:27:41Et là-bas, il retrouve un de ses grands copains, Jean-Jacques Orvate.
00:27:46Pour les policiers, la boucle est bouclée.
00:27:48Grâce à Ardani, Barthélémy connaît la chasse de Bélade.
00:27:53Reste à comprendre comment Barthélémy est devenu l'homme de main d'Orvate,
00:27:56au point d'assassiner Bonnefond, sa compagne et le garde.
00:28:02Le 27 mai 1986, les policiers les interpellent, tous les trois.
00:28:08Ils embarquent au passage le beau-fils de Barthélémy, Pascal Maillet.
00:28:15Barthélémy n'a pas fait le coup tout seul.
00:28:17Il soupçonne le gamin d'être son complice.
00:28:23Les quatre hommes sont immédiatement interrogés.
00:28:26C'est l'inspecteur Darouille qui se charge de Barthélémy.
00:28:29Moi, j'étais chasseur, donc si vous voulez, en plus connaissant bien les Landes,
00:28:34donc je lui ai parlé de cet environnement, donc si vous voulez, la discussion s'est engagée naturellement.
00:28:43Petit à petit, l'inspecteur Darouille met Barthélémy en confiance.
00:28:47Et au bout de quelques heures, ses collègues lui font passer discrètement une information capitale.
00:28:52Dans la pièce d'à côté, Pascal Maillet, le beau-fils de Barthélémy, a avoué.
00:28:59Il reconnaissait les faits, avoir participé et y mettait en cause Barthélémy.
00:29:03Alors, Barthélémy se met à table, à son tour.
00:29:11Alors là, il nous a dit qu'il était tenu par des voyous de Bordeaux.
00:29:15Donc il nous avait parlé qu'Ardani lui avait proposé un marché,
00:29:19en disant que des gens au-dessus de lui lui avaient demandé de mettre le feu à la chasse de Vélade.
00:29:26Et s'il n'obéissait pas, Ardani menaçait de mettre Laura sur le trottoir.
00:29:33Laura, la gamine que se partageait Barthélémy et Maillet.
00:29:37Ardani lui aurait accordé huit jours de réflexion.
00:29:44Le soir du 13 décembre 85, la veille de la tuerie,
00:29:49Ardani avait convoqué Barthélémy au petit chef
00:29:51et lui avait reparlé de la chasse et de Bonnefond.
00:29:56Le patron parle trop, il sait des choses,
00:29:59on ne sait pas très bien lesquelles, mais il sait des choses,
00:30:02il va faire des conneries, donc il va parler,
00:30:04donc on va enrichir à avoir des problèmes et faire des années de prison.
00:30:08Donc cette fois-là, il ne faut plus mettre le feu à la chasse,
00:30:12il faut tuer le patron et ne pas laisser de témoins.
00:30:15Le lendemain, le samedi 14 décembre,
00:30:18Barthélémy aurait mis Pascal Maillet au courant des ordres d'Ardani.
00:30:22Il lui aurait demandé de l'accompagner.
00:30:24Maillet aurait accepté par amour pour Laura.
00:30:29Le soir même, dans leurs deux pièces de la rue Nojac,
00:30:32Barthélémy et son beau-fils ont donc préparé leur expédition.
00:30:36Barthélémy a eu une carabine de l'enrif,
00:30:39il s'est allé chercher sa carabine,
00:30:41il a pris dix cartouches qu'il a mises en vrac dans sa poche.
00:30:43Pascal Maillet a pris une carabine de neuf millimètres, un coup.
00:30:48Toutes ces carabines sont des carabines simples, un coup.
00:30:51Et ils sont partis, donc, direction Bélade.
00:30:58Sur la route, Barthélémy a fait le plein.
00:31:02Il a aussi rempli un jerrycan de 10 litres.
00:31:05Arrivés à Bélade, ils sont allés directement au portail Est.
00:31:11Barthélémy savait qu'il n'était pas verrouillé.
00:31:14Et ils vont à la porte de la cuisine, située à l'arrière de la maison.
00:31:23Là, ils frappent, ils frappent à la porte.
00:31:26Le patron, M. Bonnefond, est encore debout, donc il vient ouvrir.
00:31:31Il dit, qu'est-ce qui se passe, qu'est-ce que tu viens faire ?
00:31:33Il dit, écoute, on vient parce que tu fais des conneries, tu parles trop, enfin voilà.
00:31:37Et à ce moment-là, il rentre et Pascal Maillet tire de suite sur M. Bonnefond.
00:31:43Il s'écroule.
00:31:44Barthélémy voit qu'il bouge un peu, parce qu'il bouge encore un petit peu.
00:31:51Donc il se saisit de sa carabine dans le rift et là, il achève le tirage au portant.
00:31:58C'est là que Lucienne Gousse s'est levée.
00:32:06Ils remettent chacun une balle dans leur arme et ils pénètrent dans la chambre.
00:32:12Où ils tirent immédiatement, c'est le nom de Gousse.
00:32:13Qui, elle, tombe entre le lit et la poison de la chambre.
00:32:22Barthélémy et Maillet se sont alors dirigés vers la chambre de Michel Linder, le garde-chasse.
00:32:28Et là, c'est Barthélémy qui tire le premier sur le garde-chasse.
00:32:38Barthélémy sort, cherchez le gérican d'essence.
00:32:41Il arrose toute la salle à manger.
00:32:43Il est en flamme avec des allumettes et il le jette sur l'essence.
00:32:46Il s'embrase immédiatement.
00:32:47A tel point que même les flammes, si vous voulez, ça fait effet de lance-flammes.
00:32:52Les flammes sont sorties à l'extérieur, ça a léché la voiture qui était stationnée.
00:32:55La garde à vue est terminée.
00:33:06Barthélémy et Maillet doivent être transférés chez le juge d'instruction.
00:33:10Mais quelque chose tarabuste encore le policier.
00:33:14L'indique parler de trois tueurs.
00:33:16Alors en route, il pose une dernière question à Barthélémy.
00:33:21À ce moment-là, on dit, ben voilà, mais tu nous as raconté ça,
00:33:23ben bon, on veut bien croire, mais est-ce qu'il n'y a pas une autre personne ?
00:33:28Et là, ce qu'il a, il dit, oui, effectivement, il reconnaît qu'il y a eu un troisième, Jean-Pierre Allario.
00:33:34Jean-Pierre Allario, serveur au petit chef.
00:33:39Les policiers l'avaient à l'œil.
00:33:42Le lendemain, ils interpellent Allario chez lui.
00:33:45En garde à vue, il avoue à son tour avoir participé à la tuerie de Bélade.
00:34:00Jean Gourdon, à l'époque, dans cette affaire, vous êtes l'avocat de la famille Bonnefond.
00:34:07Barthélémy, Maillet et Allario ont avoué avoir participé à l'opération.
00:34:13Ce qu'ils disent colle, leur déclaration colle entre elles ou pas ?
00:34:17Il y a de très légères différences d'appréciation.
00:34:22Maillet et Allario ne savent pas tout.
00:34:24Ce sont des seconds couteaux.
00:34:26Ils sont sous les ordres de Barthélémy, qui est une espèce d'adjudant de choc.
00:34:30Il dit, il faut faire ceci, terminer, les autres exécutent.
00:34:34Alors, sur les faits eux-mêmes, après, il y a très peu, très peu de différences d'appréciation.
00:34:39Alors, Barthélémy dit tout de suite qu'il a agi sur ordre, qu'il a un commanditaire, qu'il désigne.
00:34:46Il s'appelle Ardani.
00:34:48Et il dit aussi qu'à son avis, Ardani a quelqu'un au-dessus.
00:34:53C'est-à-dire que le vrai commanditaire, ce n'est pas lui, c'est encore un autre, placé, il dit plus haut.
00:34:58On a une idée de qui c'est, tout de suite.
00:35:01La chaîne commence à se dessiner assez rapidement.
00:35:05On sait que, très vite, qu'il y a un super-chef, qui est un homme du milieu, et qui s'appelle Orvat.
00:35:12Et on ne peut pas comprendre la situation telle qu'elle se présente dans le cadre de cette procédure,
00:35:17si on ne met pas Ardani au milieu.
00:35:20Donc, on a cette chaîne, Barthélémy, Ardani, et on ne peut pas, nécessairement, on remonte ensuite vers Orvat.
00:35:27Mais Barthélémy désigne Orvat ou pas ?
00:35:30Barthélémy ne peut pas désigner Orvat.
00:35:32Barthélémy ne connaît que Ardani.
00:35:34Mais il sait que les deux, Orvat et Ardani, s'entendent remarquablement bien.
00:35:39Orvat et Ardani sont placés en garde à vue. Qu'est-ce qu'ils disent ?
00:35:44Ah, dénégation totale.
00:35:45Ils sont pour rien.
00:35:46Ah non, je ne connais pas.
00:35:48Je ne connais pas, vous me parlez de quoi ?
00:35:50Nous avons des alibis, ce n'est pas nous.
00:35:52Il est impossible que nous ayons pensé une seconde, surtout Orvat, à faire quoi que ce soit contre ton bon enfant.
00:35:59C'était mon ami, Diti.
00:36:08Barthélémy, Maillet et Alario sont inculpés d'assassinats et d'incendies volontaires.
00:36:13Orvat et Ardani nient toute implication dans cette affaire, mais ils sont quand même inculpés de complicité d'assassinats et d'incendies volontaires.
00:36:21Tous les cinq sont placés sous mandat de dépôt.
00:36:26Pour l'instant, le juge a les aveux de Barthélémy, plutôt bavard.
00:36:31Mais Orvat et Ardani jurent qu'ils mentent.
00:36:35Il manque aussi au juge, le mobile.
00:36:40Le 30 mai, il convoque Maillet et Alario pour tenter d'y voir plus clair.
00:36:49Maillet, c'est le premier contact que j'ai avec lui.
00:36:53Ses premières paroles me disent, il est fou mon beau-père de m'avoir entraîné dans cette aventure.
00:36:59Moi, je n'aurais jamais cru qu'on fasse ça.
00:37:00Il est très perturbé. Il sort de 24 heures ou peut-être 48 heures de garde à vue.
00:37:05Il est très perturbé, Maillet.
00:37:08Pascal Maillet affirme que le soir de la tuerie, Barthélémy lui a ordonné de prendre sa carabine 9 mm
00:37:14et de venir avec lui faire un tour à la campagne.
00:37:18Sans plus d'explications.
00:37:24Maillet, à l'époque, il a 22 ans, 21 ans.
00:37:27Barthélémy a l'indice ou 15 plus que lui.
00:37:31Il pouvait être violable, Barthélémy.
00:37:33Il était violable, Barthélémy.
00:37:36Et alors, Maillet le craignait énormément à son beau-père.
00:37:40Ça n'est que dans la voiture que Barthélémy lui aurait annoncé qu'il se rendait à Belade dans une chasse privée.
00:37:49Et qu'il s'agissait de faire peur au patron, qui se serait mal comporté.
00:37:54Pascal Maillet ne connaissait ni la chasse, ni son gérant.
00:37:57Maillet le dira.
00:37:58Barthélémy raconte souvent du vent.
00:38:00C'est un vent de tort, une grande gueule.
00:38:02Et je ne croyais pas qu'on allait tuer.
00:38:05Parce que ce à quoi le juge de l'instruction, il faut marquer.
00:38:08Mais attendez, monsieur Maillet, vous prenez des armes quand même.
00:38:10Oui, mais c'était pour intimider.
00:38:11On peut vous intimider avec une arme.
00:38:14Maillet n'en dira pas plus.
00:38:19Un peu plus tard, c'est au tour d'Alario
00:38:20de passer devant le juge.
00:38:24Alario, quand je le rencontre, est un garçon assez introverti,
00:38:29très calme,
00:38:31et que je trouve très distancié par rapport aux faits qui lui sont reprochés.
00:38:35Le juge d'instruction lui demande quels sont ses rapports avec Barthélémy.
00:38:39Alario répond qu'il l'a croisé au petit chef quand il était serveur.
00:38:44Il le voyait souvent en compagnie d'Ardanie.
00:38:48Jean-Pierre Alario, c'est quelqu'un un peu d'efface et d'anonyme.
00:38:51Et on arrive à parler devant lui,
00:38:52parce qu'il est inexistant pour tout ce monde-là.
00:38:56Et Alario entend certaines conversations.
00:38:59Et il s'y intéresse.
00:39:00C'est un milieu à la fois qui doit lui faire peur,
00:39:02très certainement, je pense,
00:39:03et qui en même temps, certainement aussi, le fascine.
00:39:06Le soir des faits, Barthélémy lui aurait demandé un service.
00:39:11Et Alario se serait retrouvé dans une voiture,
00:39:13en route pour les Landes, sans en savoir plus.
00:39:18Lui non plus n'était jamais allé à Bélade,
00:39:20il dit qu'il avait la trouille.
00:39:26Je me demande en quel état étaient ces jeunes gens,
00:39:28en ce qui concerne Alario et Maillet,
00:39:30et surtout Maillet.
00:39:31Je ne sais pas s'il était franchement dans un état normal,
00:39:35s'il avait pleine possession de ses moyens,
00:39:37parce que...
00:39:38parce que c'est vrai que les souvenirs sont vagues, quand même,
00:39:41et peu précis.
00:39:42Le juge d'instruction décide d'organiser une reconstitution.
00:39:50Il veut comprendre le rôle de chacun
00:39:52et tester la fiabilité des accusations que Barthélémy porte contre Orvade et Ardany.
00:39:58L'opération commence le 11 juin 86 à 10 heures,
00:40:02chez Barthélémy et Maillet.
00:40:07C'est Barthélémy, au départ, qui est très très prolixe
00:40:10et qui raconte exactement la chronologie des faits
00:40:12telles qu'il les avait que lui.
00:40:15Le soir des faits,
00:40:17Barthélémy a quitté la rue Nojac en compagnie de Maillet.
00:40:20Ils se sont arrêtés à une cabine téléphonique.
00:40:26Maillet est resté dans la voiture
00:40:28pendant que Barthélémy téléphonait au petit chef.
00:40:31Barthélémy dit à Lario, par téléphone,
00:40:33il faudrait que tu me rendes un service.
00:40:36Et c'est pour Ardany.
00:40:38Et Lario répond, si c'est pour Ardany, d'accord.
00:40:41Et il lui donne rendez-vous au pont de pierre à Bordeaux.
00:40:47Barthélémy nous dit
00:40:48qu'il a pensé à Lario
00:40:50dans la mesure où, pour lui,
00:40:53Lario était totalement admiratif d'Ardany,
00:40:58qu'il voulait rentrer dans sa bande
00:41:00et qu'il était prêt à tout pour se faire reconnaître
00:41:04et repérer même par Ardany
00:41:07et briller à ses yeux.
00:41:11La reconstitution continue devant le petit chef
00:41:15en présence de Jean-Pierre Lario.
00:41:18Il confirme que ce soir-là, vers minuit,
00:41:21Barthélémy lui a demandé de lui rendre un service.
00:41:24Mais il est formel.
00:41:25Le nom d'Ardany n'a jamais été prononcé.
00:41:29Il a accepté,
00:41:30sans savoir de quoi il s'agissait.
00:41:31Le trio est reparti à bord de la voiture.
00:41:39D'après Barthélémy,
00:41:41ils auraient fait un deuxième arrêt devant une autre cabine téléphonique.
00:41:45Il va s'arrêter pour téléphoner à Ardany.
00:41:50« Oui, alors c'est... Qu'est-ce que je fais ? »
00:41:54« C'est ça. »
00:41:55« Là aussi, hein. »
00:41:56« La tue. »
00:41:59« Ardany, vas-y, hein. »
00:42:01Parce qu'il n'osait pas quand même Barthélémy
00:42:03demander « Mais qu'est-ce qu'il faut que je lui dise au gérant ? »
00:42:07« Est-ce que je dois le tuer de sang-froid ou discuter avec lui ? »
00:42:11Ça, c'est ce que dit Barthélémy.
00:42:15À 16h, le cortège arrive au relais de Bellane.
00:42:20Les trois inculpés refont les gestes qu'ils ont effectués
00:42:23le soir de la tuerie.
00:42:26Sur leur arrivée au relais, tout le monde est à peu près d'accord.
00:42:29C'est Barthélémy qui dit à Maillet et à Lario
00:42:32« Je vais frapper et vous, vous vous postez de chaque côté de la porte. »
00:42:37« Donc il semble que Barthélémy ait organisé un plan
00:42:44qui consistait à supprimer ces gens-là. »
00:42:49Pascal Maillet dit qu'il se tenait derrière Barthélémy, arme au pied.
00:42:53Barthélémy a frappé à la porte.
00:42:56Quand Jean-Claude Bonnefond a ouvert,
00:42:58Maillet a vu qu'il tenait un objet tranchant à la main.
00:43:03Maillet dit « Moi, je me suis senti menacé par M. Bonnefond.
00:43:06J'ai tiré. »
00:43:09Barthélémy dit « J'ai vu que Maillet a visé. »
00:43:14Le juge d'instruction fait remarquer à Barthélémy
00:43:17« M. Barthélémy, c'est pas possible que vous ayez vu Maillet visé
00:43:22puisque vous étiez devant lui. »
00:43:24« Ah oui, il se reprend. »
00:43:25« Barthélémy dit non, j'étais à son niveau. »
00:43:29Ensuite, Maillet est formel.
00:43:32Il est allé directement dans la chambre du garde-chasse et il a tiré.
00:43:37Barthélémy lui revient sur ses aveux.
00:43:39Il n'a tiré ni sur Mme Gousse, ni sur Bonnefond.
00:43:42Quant à Al-Ariot, il ajoute encore à la confusion.
00:43:47« Il est absent, en fait.
00:43:49Moi, il me paraît absent.
00:43:51On dirait un automate.
00:43:53Il dit qu'il a tiré sur M. Bonnefond et Mme Gousse.
00:43:57Il suit un peu ce qui est dit par Barthélémy.
00:43:59Et on dirait qu'il répète. »
00:44:03« Mais ça a été très long.
00:44:04Ça a duré toute l'après-midi, ça.
00:44:07Parce qu'ils hésitaient, ils se contredisaient.
00:44:09Vous savez, dans ces cas-là,
00:44:12les gars qui sont pris,
00:44:13ils ne savent plus comment s'en sortir.
00:44:15Ils essaient de se contredire. »
00:44:19« Plus personne ne sait trop qui a tiré avant qui.
00:44:22Et tout s'est passé en quelques secondes,
00:44:25en quelques minutes,
00:44:26même si les gestes sont disséqués, etc.
00:44:29et qu'en fin de compte, ça a été un affolement total.
00:44:31Moi, c'est l'impression que j'en ai eu le jour de la reconstitution. »
00:44:40Jean Gourdon, je rappelle que dans ce dossier,
00:44:42vous êtes l'avocat de la famille Bonnefond.
00:44:44Est-ce qu'après la reconstitution,
00:44:46on peut répondre à la question
00:44:47« Est-ce qu'ils étaient venus pour tuer ? »
00:44:51Alario et Maillet,
00:44:54Maillet surtout,
00:44:57ne pouvaient pas ne pas le savoir.
00:44:59Ils ont pris des fusils.
00:45:01Ils ont mis des jériscandescents à la voiture.
00:45:05Et Barthélemy, à un moment,
00:45:07dit « Nous allons faire peur. »
00:45:10Mais il précise ensuite
00:45:11« Et nous allons peut-être tuer. »
00:45:13Votre sentiment à la fin de la reconstitution,
00:45:15c'est que le juge penche pour une commandite
00:45:20de manière assez claire.
00:45:22« Ce sont des hommes de main pitoyables,
00:45:25qui ont d'ailleurs effectué une action pitoyable.
00:45:29Mais il est évident que, compte tenu de leur cursus,
00:45:33de leur qualité qui ne sont pas brillantes,
00:45:35ils ne peuvent pas se lancer dans une opération d'envergure de ce genre
00:45:39sans qu'il y ait un super-chef au-dessus,
00:45:42donc un commanditaire. »
00:45:43Alors, Dominique Rizet,
00:45:50pour cerner le personnage de Barthélemy
00:45:52qui apparaît comme étant au centre de toute cette affaire,
00:45:55ils vont interroger son entourage
00:45:56et notamment ses beaux-enfants.
00:45:58De qui s'agit-il ?
00:45:59C'est un peu compliqué parce qu'il s'est remarié
00:46:01et il a cinq beaux-enfants.
00:46:04Trois beaux-fils, deux belles-filles.
00:46:06Et effectivement, on va leur poser des questions.
00:46:08L'un de ses beaux-fils dit
00:46:10« Barthélemy m'a fait participer à quelques-uns de ses méfaits.
00:46:13On a volé du gasoil,
00:46:15on a volé des boissons dans des entrepôts,
00:46:17on a creusé des trous pour y cacher des armes.
00:46:19Il nous a appris à fracturer des fenêtres sans faire de bruit,
00:46:23à neutraliser des systèmes d'alarme. »
00:46:25Ça vous montre un peu ce qu'il apprenait à ses beaux-enfants.
00:46:27Un autre dit
00:46:27« Courant 85, il nous avait fait découper trois voitures au chalumeau.
00:46:31C'était pour le comte d'Ardani
00:46:33qui voulait que ces véhicules disparaissent. »
00:46:35Audition de la femme de Barthélemy,
00:46:37la mère des cinq enfants.
00:46:39Ça se passait très mal.
00:46:40Il nous menait une vie impossible.
00:46:42Il allait voler dans les supermarchés.
00:46:44Il cassait ensuite la plupart du temps
00:46:46ce qu'il avait volé au cours de crises de nerfs mémorables.
00:46:50Et j'ai su qu'il couchait avec mes filles.
00:46:52L'une des filles dit d'ailleurs,
00:46:53confirme aux enquêteurs,
00:46:55Barthélemy me forçait à coucher avec lui
00:46:56trois fois par semaine.
00:46:58Écoutez bien ça,
00:46:59« Ma fille est la sienne. »
00:47:01Barthélemy a eu un enfant avec une de ses belles-filles.
00:47:04Et à cette même belle-fille,
00:47:05il a fait des confidences,
00:47:07dit-elle, sur l'oreiller.
00:47:10Elle dit,
00:47:10« Ardani venait souvent à la maison.
00:47:13Il se parlait avec Barthélemy à voix basse.
00:47:15Il chuchotait. »
00:47:17Et ensuite, Barthélemy me répétait tout.
00:47:19C'est comme ça que j'ai compris
00:47:20qu'il cachait des armes,
00:47:21qu'il cachait des choses à Belade,
00:47:23des armes, des voitures, des fourrures.
00:47:25Ils avaient peur que le patron,
00:47:27donc le patron du relais de chasse,
00:47:28Bonnefond,
00:47:28Bonnefond,
00:47:29ne parle.
00:47:30Et le moyen de l'empêcher,
00:47:32c'était de le descendre.
00:47:33Barthélemy m'a raconté que ce soir-là,
00:47:34ils avaient tué trois personnes.
00:47:37Donc, conclusion,
00:47:39première chose,
00:47:40Barthélemy a bien commis des actes délictueux
00:47:42pour Ardani.
00:47:44Et deuxième chose,
00:47:45ce monsieur Barthélemy,
00:47:46il a une conduite morale
00:47:47qui est quand même assez spéciale.
00:47:48Pendant des mois,
00:47:53le juge convoque
00:47:54et reconvoque
00:47:55les trois tueurs présumés.
00:47:57Barthélemy,
00:47:58Alario
00:47:59et Maillé.
00:48:01Il les interroge d'abord en tête à tête
00:48:03et puis,
00:48:03il les confronte les uns aux autres.
00:48:06Avec une obsession,
00:48:07savoir si Barthélemy dit vrai.
00:48:10Si Ardani et Horvat
00:48:11sont dans le coup.
00:48:13Chaque fois,
00:48:15Maillé et Alario répètent la même chose.
00:48:17Le nom d'Ardani
00:48:18n'a jamais été prononcé.
00:48:20Ni avant,
00:48:21ni pendant l'expédition.
00:48:24Puis à la fin de l'année 86,
00:48:26un an après la tuerie,
00:48:28Jean-Pierre Alario
00:48:28change d'attitude.
00:48:30Il écrit au juge d'instruction
00:48:31qu'il est amoureux,
00:48:33qu'il se projette dans l'avenir,
00:48:35qu'il faut qu'on le comprenne
00:48:38et qu'en fin de compte,
00:48:40qu'il n'est pour rien dans cette affaire
00:48:41si ce n'est qu'il a été embarqué malgré lui.
00:48:43Qu'en fin de compte,
00:48:45il devrait être libéré.
00:48:48Le 12 février 87,
00:48:51devant le juge d'instruction,
00:48:53Alario
00:48:53revient sur ses aveux.
00:48:55Jean-Pierre Alario
00:48:56n'est plus sorti de la voiture,
00:48:58il n'est plus question de personne
00:48:59et il ignore tout de tout.
00:49:02Il est resté prostré dans la voiture
00:49:04et il a à peine aperçu quelque chose.
00:49:06Un an plus tard,
00:49:10Alario fait de nouveau volte-face.
00:49:12Il promet cette fois de dire toute la vérité.
00:49:15Le juge d'instruction le convoque
00:49:16le 24 février 88.
00:49:19Alario indique qu'il fait l'objet
00:49:21de pressions absolument terribles
00:49:23au sein de la maison d'arrêt,
00:49:26que c'est pour cela
00:49:28qu'il n'a pas mis Ardany en cause
00:49:29délibérément jusqu'à présent
00:49:31et que maintenant,
00:49:33s'il bénéficie de garanties de protection,
00:49:36il peut dire ce qu'il sait.
00:49:38Il nomme précisément Ardany.
00:49:41Il dit que Barthélémy
00:49:43l'a mis en cause
00:49:44comme étant le commanditaire
00:49:45et que la mission était très claire,
00:49:48c'était de tuer.
00:49:50Alors,
00:49:51le juge convoque de nouveau Ardany
00:49:53et le met en présence
00:49:54de son principal accusateur,
00:49:57Jean-Bernard,
00:49:58Barthélémy.
00:49:59Ils se connaissent,
00:50:03mais l'un ne va pas commettre
00:50:05un énorme délit pour l'autre
00:50:06ou ne va pas commettre
00:50:07un crime pour l'autre.
00:50:08Ça ne cadre pas du tout
00:50:10dans les rapports qu'ils ont.
00:50:14Ardany se débrouille,
00:50:15il va avoir de l'argent,
00:50:16il travaille,
00:50:17si vous voulez,
00:50:17Barthélémy est plutôt
00:50:18comme un semi-clochard.
00:50:20À un moment,
00:50:21Ardany est blessé
00:50:22et Barthélémy va l'aider,
00:50:24lui servir de chauffeur
00:50:25et va pouvoir lui rendre
00:50:26quelques menus services.
00:50:28On n'est pas dans le système
00:50:29du garde du corps
00:50:30ni du chauffeur.
00:50:31Ardany n'est pas l'homme du milieu
00:50:33qui a son chauffeur.
00:50:35Non,
00:50:36c'est pas ça.
00:50:39Devant le juge,
00:50:40Barthélémy dit que
00:50:41si Francis Ardany
00:50:42avait fait appel à lui,
00:50:44c'est parce qu'il le tenait.
00:50:46Il l'avait mêlé
00:50:47à tous ses petits trafics,
00:50:48ses arnaques à l'assurance,
00:50:49ses raquettes.
00:50:51Il faisait le sale boulot.
00:50:53Dans le cabinet du juge,
00:50:55Ardany s'étrangle.
00:50:56Vous avez d'un côté Ardany
00:50:59qui conteste formellement,
00:51:01l'autre qui est là
00:51:02et qui l'accuse.
00:51:04Qu'est-ce qu'il pourrait faire ?
00:51:05Et il dit non.
00:51:06Il dit c'est pas vrai.
00:51:07Et puis alors,
00:51:07la seule chose qu'il aura envie,
00:51:08c'est de lui te filer de tarte.
00:51:09Bien évidemment.
00:51:10Pour impliquer Ardany et Orvat,
00:51:21le juge doit donc trouver des preuves.
00:51:23Car pour l'instant,
00:51:24c'est parole contre parole.
00:51:26Et justement,
00:51:27Barthélémy lui a fourni
00:51:28un élément matériel intéressant.
00:51:30Le soir de la tuerie,
00:51:35Barthélémy aurait volé
00:51:36deux fusils anciens.
00:51:39Et quand Ardany l'aurait appris,
00:51:40il aurait exigé de récupérer les armes.
00:51:43Barthélémy les lui aurait rendus.
00:51:47Or,
00:51:48chez Ardany,
00:51:50les policiers ont trouvé
00:51:50beaucoup d'armes
00:51:51qu'ils ont toutes saisies.
00:51:53Et parmi elles,
00:51:55il y a effectivement
00:51:56deux fusils anciens.
00:52:00Le juge d'instruction
00:52:01les montre à Marie-France Lebert,
00:52:04la sœur de Bonnefond.
00:52:07Ils étaient chez mon frère.
00:52:08Il y en avait un au-dessus
00:52:09de son bar.
00:52:12Et l'autre était,
00:52:13me semble-t-il,
00:52:14sur la porte
00:52:14de la chambre du garde-chasse.
00:52:17C'était des fusils.
00:52:18Il y en avait un
00:52:18qui était très particulier
00:52:19parce qu'il y avait une baguette
00:52:21en bois
00:52:22il y avait une sculpture.
00:52:25Enfin, bon.
00:52:26D'autres habitués
00:52:27de la chasse de Bélade
00:52:28reconnaissent les deux fusils.
00:52:30Ils sont formels.
00:52:31Les fusils étaient encore
00:52:32au relais
00:52:33le samedi 14 décembre,
00:52:35le jour de la tuerie.
00:52:39On trouve ces fusils
00:52:40chez Ardany.
00:52:41Qu'est-ce qui fait la preuve
00:52:42qu'ils viennent de Bélade ?
00:52:44Quelques témoins
00:52:46qui disent les avoir vus.
00:52:49Est-ce que ce sont
00:52:49des spécialistes
00:52:50de ces fusils ?
00:52:52Et là encore,
00:52:53Francis Ardany
00:52:54s'en tient
00:52:55à son système de défense.
00:52:56Il nie tout
00:52:57en bloc.
00:52:58Ces fusils,
00:52:59il les a toujours eus.
00:53:01Il peut même
00:53:01en apporter la preuve.
00:53:02La fameuse baguette
00:53:03de bois
00:53:04qui rend un de ces fusils
00:53:05si caractéristique,
00:53:07c'est lui
00:53:07qui l'a fabriqué.
00:53:08Avec une flèche.
00:53:10Il accepte
00:53:11de fournir
00:53:11une flèche
00:53:12du même lot
00:53:13que celle
00:53:13avec laquelle
00:53:14il aurait bricolé
00:53:15la baguette.
00:53:15mais l'expertise
00:53:17montre
00:53:17que la baguette
00:53:18du fusil
00:53:18et celle
00:53:19de la flèche
00:53:19ne sont pas faites
00:53:21du même bois.
00:53:23Ardany
00:53:26vient de perdre
00:53:28un point.
00:53:33Alors maintenant,
00:53:34Dominique Rizet,
00:53:35il faut évoquer
00:53:35un élément
00:53:36du dossier
00:53:37qui semble
00:53:38bien démontrer
00:53:39que Ardany
00:53:40est les deux mains
00:53:42dans ce coup-là.
00:53:43Cet élément,
00:53:44c'est une carte grise
00:53:45falsifiée.
00:53:46L'histoire,
00:53:47c'est que Ardany
00:53:48dit aux enquêteurs
00:53:50« Moi,
00:53:50je n'ai plus revu
00:53:51Barthélémy
00:53:52depuis novembre 85. »
00:53:54C'est sa manière
00:53:54de se défausser
00:53:55de l'affaire.
00:53:55Voilà.
00:53:56La tuerie,
00:53:57c'est le 15 décembre.
00:53:57J'ai plus revu
00:53:58Barthélémy
00:53:58depuis novembre 85.
00:54:00Or,
00:54:00les enquêteurs
00:54:01vont prouver
00:54:02le contraire
00:54:03puisqu'ils vont
00:54:03retrouver le garagiste
00:54:04chez lequel
00:54:04tous les deux
00:54:05sont allés
00:54:06acheter une voiture.
00:54:08Et ça,
00:54:08c'est la carte grise
00:54:09de la vente
00:54:11de la voiture.
00:54:11Et le garagiste,
00:54:12lui,
00:54:12il va écrire
00:54:13« Vendu le
00:54:148 janvier 86. »
00:54:17Et en fait,
00:54:18c'est très embêtant.
00:54:19C'est très embêtant
00:54:20parce que ça prouve
00:54:21que Ardany
00:54:22et Barthélémy
00:54:23se sont vus en 86.
00:54:25Donc Ardany
00:54:26a menti.
00:54:27Donc quelqu'un,
00:54:28mais on ne saura jamais
00:54:29qui,
00:54:29a falsifié
00:54:30la carte grise.
00:54:31Regardez.
00:54:31Quelqu'un va écrire
00:54:3210 novembre
00:54:33et va oublier
00:54:34de modifier 86.
00:54:35Ça devrait être 85.
00:54:37Et on ne saura
00:54:37jamais
00:54:38qui a modifié
00:54:39la carte grise.
00:54:40Mais qui avait intérêt
00:54:41à ce qu'on pense
00:54:42que la voiture
00:54:42avait été vendue
00:54:43en novembre
00:54:43et pas en janvier ?
00:54:44Lui,
00:54:45Ardany.
00:54:46Parce que cette carte grise,
00:54:47elle prouvait
00:54:48qu'ils ont
00:54:50continué à se voir,
00:54:52Ardany a continué
00:54:52à voir Barthélémy,
00:54:54contrairement à ce
00:54:54qu'il dit aux policiers,
00:54:56après la tuerie
00:54:57de Belade.
00:54:59Donc,
00:55:00on sait que
00:55:01Ardany
00:55:01a menti.
00:55:04Et c'est important
00:55:04parce que
00:55:05le juge,
00:55:06il a deux versions.
00:55:07Barthélémy qui dit
00:55:08c'est Ardany le commanditeur
00:55:09et Ardany qui dit
00:55:10moi,
00:55:10Barthélémy,
00:55:11je ne le vois plus.
00:55:12Le juge,
00:55:12il aura plutôt intérêt
00:55:13à croire Barthélémy
00:55:13puisque maintenant,
00:55:14il sait que Francis Ardany
00:55:16est capable de lui mentir.
00:55:24Finalement,
00:55:24les accusations
00:55:25de Barthélémy
00:55:25semblent crédibles.
00:55:27Ardany est probablement
00:55:28dans le coup.
00:55:28En tout cas,
00:55:29il se défend tellement mal
00:55:30qu'il n'arrive pas
00:55:31à convaincre le juge
00:55:32du contraire
00:55:32ni les policiers.
00:55:34Reste à faire le lien
00:55:35avec Jean-Jacques Horvat.
00:55:37Lui avait un différent
00:55:38avec Bonnefond.
00:55:39Lui pouvait avoir
00:55:40un mobile
00:55:41dans ce triple meurtre.
00:55:42La clé du mystère
00:55:43de Belade
00:55:43se cache sans doute
00:55:44de ce côté-là.
00:55:48Au Couche-Tard,
00:55:50une boîte de Bordeaux,
00:55:51les policiers ont recueilli
00:55:52les confidences
00:55:53d'un barman.
00:55:55Il leur raconte
00:55:55qu'en février 86,
00:55:57deux mois après la tuerie,
00:55:58Barthélémy est venu
00:56:00un soir.
00:56:01Il a beaucoup bu
00:56:02et aussi beaucoup parlé
00:56:03de Belade.
00:56:06Il lui aurait dit
00:56:06qu'il avait tué
00:56:07les trois occupants
00:56:09du relais
00:56:09pour le comte
00:56:10d'Ardany
00:56:11et d'Orvat.
00:56:15Et le lendemain,
00:56:17raconte le barman,
00:56:19ça a chauffé.
00:56:20Orvat buvait un verre
00:56:21au bar.
00:56:22Quand Barthélémy
00:56:22est arrivé,
00:56:24il les a vus discuter.
00:56:27Puis Orvat s'est levé
00:56:28et il s'est tourné
00:56:29violemment vers Barthélémy
00:56:31qui a pris la fuite,
00:56:33l'air totalement paniqué.
00:56:35Et Barthélémy confirme.
00:56:37Il a bien vu Orvat ce soir-là
00:56:38et s'est effectivement
00:56:39fait passer
00:56:40un sacré savon.
00:56:42Il raconte au juge
00:56:43que ce soir-là,
00:56:44Orvat lui a reproché
00:56:45de trop parler
00:56:45et l'a menacé
00:56:47de lui mettre
00:56:48une balle
00:56:49dans la tête.
00:56:50Il y a eu
00:56:51ces propos violents
00:56:54entre Orvat
00:56:55et Barthélémy
00:56:57qui rapportaient
00:57:00et peut-être
00:57:01amplifiés
00:57:02par le barman
00:57:03font qu'on pouvait
00:57:05se demander
00:57:06si Orvat
00:57:07ne voulait pas
00:57:07cacher
00:57:08tout simplement
00:57:09le commandite
00:57:10entre guillemets
00:57:10qu'il avait donné.
00:57:12Pour le juge
00:57:13d'instruction,
00:57:14Jean-Jacques Orvat
00:57:15est le seul
00:57:16qui pourrait avoir
00:57:17une raison
00:57:17de tuer
00:57:18Jean-Claude Bonnefond.
00:57:19Et cette raison,
00:57:20c'est cette chasse
00:57:21privée, isolée
00:57:22où Orvat
00:57:23était devenue
00:57:23omniprésent.
00:57:25Il est vrai
00:57:25que l'endroit
00:57:26est idéal
00:57:26pour trafiquer
00:57:27en toute discrétion
00:57:28et Bonnefond
00:57:29commençait
00:57:30à trouver Orvat
00:57:31un peu trop
00:57:32envahissant.
00:57:36Il n'était plus
00:57:37chez lui.
00:57:38Il n'était plus
00:57:38chez lui.
00:57:39Sa voiture,
00:57:41à peine s'il pouvait
00:57:42en disposer.
00:57:43Il y avait toujours
00:57:44quelqu'un
00:57:44qui la prenait
00:57:45pour un oui
00:57:46pour un non.
00:57:47on le sentait
00:57:49vraiment très mal.
00:57:51Très mal.
00:57:52Et puis,
00:57:53il y avait
00:57:53cette jeune femme,
00:57:55Carole,
00:57:56qui avait servi
00:57:56quelques mois
00:57:57au bar.
00:57:58C'est Orvat
00:57:58qui avait persuadé
00:57:59Bonnefond
00:57:59de l'embaucher.
00:58:01Orvat l'a présentée
00:58:02comme une amie.
00:58:04L'enquête a montré
00:58:04que c'était
00:58:05une de ses protégées.
00:58:07Elle avait quitté
00:58:08Bélade
00:58:08un mois avant la tuerie.
00:58:10Personne ne l'avait vue
00:58:11se prostituer sur place.
00:58:14Mais c'est peut-être
00:58:14ce que voulait Orvat
00:58:15et ce qui a provoqué
00:58:17s'abrouille
00:58:18avec Bonnefond.
00:58:23On a toujours supposé
00:58:25policièrement
00:58:26qu'en fait,
00:58:29il voulait
00:58:29s'accaparer
00:58:30cet établissement
00:58:32à des fins
00:58:34de proxénétisme.
00:58:36Et bien sûr,
00:58:38ça,
00:58:38ça n'allait pas
00:58:39au propriétaire.
00:58:47Jean Gourdon,
00:58:48le mobile,
00:58:49ça serait quoi ?
00:58:50Nous savons
00:58:51au cours
00:58:51de la procédure
00:58:53que Orvat
00:58:54est un proxénète
00:58:55notoire,
00:58:57que Ardani
00:58:58est son second.
00:59:00Mais Orvat
00:59:01a mis la main
00:59:01sur Bélade.
00:59:03Il s'est aperçu
00:59:04que ce lieu
00:59:05était privilégié,
00:59:07ultra privilégié
00:59:08pour l'exercice
00:59:09de sa profession.
00:59:12Donc,
00:59:13il a un conflit majeur
00:59:14à un moment donné,
00:59:15semble-t-il,
00:59:17avec Bonnefond.
00:59:18Qui, lui,
00:59:18ne veut pas
00:59:18que la chasse
00:59:19se transforme
00:59:19en bordel,
00:59:20quoi,
00:59:20pour délégier
00:59:20du gouvernement.
00:59:21Bonnefond
00:59:21a des chasseurs,
00:59:2480 chasseurs
00:59:25qui appartiennent
00:59:26à son secteur,
00:59:28qui sont là.
00:59:29Il adore la chasse.
00:59:31Je ne dis pas
00:59:31que c'est un homme pur,
00:59:32mais c'est un homme
00:59:33qui, en tous les cas,
00:59:34ne supporterait pas
00:59:35qu'on monte
00:59:36une entreprise
00:59:37colossale
00:59:37de progénétisme.
00:59:39Or,
00:59:39ce serait le cas
00:59:40avec Orvat.
00:59:47Maître Philippe de Cône,
00:59:49l'idée,
00:59:50à la fin de l'enquête,
00:59:51c'est que votre client
00:59:52Orvat
00:59:53aurait voulu monter
00:59:54un bordel
00:59:55à Bélade
00:59:56et qu'il aurait fait
00:59:58éliminer Bonnefond
00:59:59et les autres
01:00:00parce qu'ils étaient
01:00:01gênants
01:00:01dans le cadre
01:00:02de cette activité.
01:00:04Qu'est-ce que
01:00:04vous pouvez répondre
01:00:05à ça ?
01:00:05Il est évident
01:00:09que la preuve
01:00:10de la commandite
01:00:10par Orvat
01:00:12et a fortiori
01:00:12par Orvat
01:00:13n'est absolument
01:00:14pas établie
01:00:15dans ce dossier
01:00:15qu'elle émane
01:00:16d'une hypothèse
01:00:17qui est une hypothèse
01:00:18émise dès l'origine
01:00:19par les enquêteurs
01:00:20à partir
01:00:21des déclarations
01:00:23qui ont été faites
01:00:23par Mme Bonnefond.
01:00:25Et c'est de là
01:00:25que ça part.
01:00:26On va,
01:00:27à l'occasion
01:00:27de cette affaire
01:00:28et c'est un peu
01:00:29historique,
01:00:30dirais-je,
01:00:31il y avait des bordels
01:00:31qui existaient
01:00:32sur la route
01:00:33entre Bordeaux
01:00:34et Pote
01:00:34où les gens du Sud-Ouest
01:00:35le savent.
01:00:36À l'occasion
01:00:37de cette affaire,
01:00:37il va y avoir
01:00:38une grande opération
01:00:39un matin
01:00:39et on va fermer
01:00:40tous ces claques.
01:00:41Orvat va être condamné
01:00:42à deux années
01:00:42d'emprisonnement
01:00:43pour proxénétisme aggravé.
01:00:45Ce qui fait
01:00:45qu'effectivement,
01:00:46lorsqu'il comparaîtra
01:00:47en cours d'assises,
01:00:48il aura
01:00:48cette condamnation
01:00:50pour proxénétisme
01:00:51dont j'ai toujours pensé
01:00:52qu'elle était intervenue
01:00:54opportunément
01:00:55pour asseoir
01:00:56la thèse
01:00:57que vous êtes
01:00:58précisément
01:00:58de rappeler
01:00:59pour laquelle
01:00:59vous m'interrogez.
01:01:01C'est-à-dire
01:01:01que pour vous,
01:01:03l'idée
01:01:03qu'il aurait voulu
01:01:04monter un bordel
01:01:05à Bélade
01:01:06et qu'il aurait fallu
01:01:07qu'il se débarrasse
01:01:07pour ça
01:01:08de Bonnefond
01:01:08ne tient que
01:01:10par hypothèse.
01:01:12Rien dans le dossier
01:01:13ne vient corroborer
01:01:14une telle hypothèse.
01:01:15Il y a quand même
01:01:15cette discussion
01:01:16entre Horvat
01:01:18et la sœur
01:01:19de Bonnefond
01:01:20au cours de laquelle
01:01:20il lui aurait dit
01:01:21« Ton frère est une balance,
01:01:23il mérite la mort ».
01:01:24Oui,
01:01:25c'est le grand...
01:01:28C'est l'une des grandes
01:01:30difficultés du dossier,
01:01:31je le sais très bien.
01:01:35Il reconnaît
01:01:36l'existence
01:01:36de cette phrase,
01:01:38Horvat ?
01:01:39Ce que je dirais,
01:01:40c'est que Horvat
01:01:41est un homme
01:01:41de caractère,
01:01:43est un homme
01:01:43qui avait un franc-parler
01:01:44qui fait que
01:01:46je l'ai bien connu,
01:01:47qui fait qu'il prononçait
01:01:48des expressions
01:01:49qu'elle est très au-delà
01:01:51de la pensée commune
01:01:52et des mots communs
01:01:53que vous emploieriez
01:01:54vous et moi.
01:01:55Il peut dire
01:01:55que Bonnefond
01:01:57mérite la mort
01:01:57et ce n'est pas pour ça
01:01:58qu'il l'a tué.
01:01:58Pour moi,
01:02:00c'est de tout temps
01:02:00une évidence.
01:02:01Le procès approche,
01:02:03le dossier renvoyé
01:02:03devant la cour d'assises.
01:02:05Quels sont a priori
01:02:06comme ça
01:02:06vos arguments
01:02:07de défense ?
01:02:09L'argumentation
01:02:11qui est très difficile
01:02:12à mettre en place
01:02:13puisqu'il s'agit
01:02:14de plaider un acquittement.
01:02:15Un acquittement ?
01:02:17Il s'agit de plaider
01:02:17un acquittement.
01:02:18Pour vous,
01:02:20votre défense
01:02:20sera basée
01:02:21sur l'idée
01:02:21qu'il n'est...
01:02:22Ma conviction profonde,
01:02:23et à ce jour encore,
01:02:27est que jamais
01:02:28Jean-Jacques Horvath,
01:02:30et je ne parle
01:02:31que de Jean-Jacques Horvath,
01:02:33jamais Jean-Jacques Horvath
01:02:34n'a donné
01:02:34le moindre ordre
01:02:36d'action
01:02:36à quiconque
01:02:37sur Bellade.
01:02:39J'en suis
01:02:39strictement convaincu.
01:02:42Le 13 décembre 1989,
01:02:46le procès s'ouvre
01:02:47devant la cour d'assises
01:02:48des Landes
01:02:48à Mont-de-Marsan.
01:02:50Il doit durer
01:02:51dix jours.
01:02:53À l'Ariot,
01:02:53Barthélémy
01:02:54et Maillet,
01:02:54les trois tueurs
01:02:55présumés de Bellade,
01:02:56font plutôt
01:02:57pâle figure
01:02:57à côté de ceux
01:02:59qu'ils accusent
01:03:00d'être les commanditaires
01:03:01du triple meurtre,
01:03:02Horvath
01:03:02et Ardany.
01:03:08Je garde
01:03:09le souvenir
01:03:10d'un Pascal Maillet
01:03:11à l'ouverture
01:03:11du procès terrorisé.
01:03:14Et il se doute
01:03:15de la manière
01:03:16dont les gens
01:03:16vont le regarder.
01:03:18Toi,
01:03:1820 ans,
01:03:1922 ans,
01:03:20tu te retrouves
01:03:20dans un box
01:03:21avec deux morts
01:03:23sur la conscience.
01:03:24Comment tu fais ?
01:03:26Ça, il le sait.
01:03:27Et ça,
01:03:28ça le terrorise.
01:03:30À l'Ariot,
01:03:34on se demande
01:03:34vraiment
01:03:35ce qu'il fait là.
01:03:38Pas l'individu
01:03:39très timide,
01:03:41s'exprime un peu.
01:03:44Maillet,
01:03:45on sent
01:03:45l'enfant sacrifié.
01:03:48Et nous avons
01:03:49Barthélémy
01:03:50qui est à la tête
01:03:52de ce petit clan
01:03:52de Meneufretin
01:03:53qui, lui,
01:03:55a une diarrhée verbale
01:03:56et très prolixe.
01:03:59Et Sacha,
01:04:00contre Ardany.
01:04:02Pour les trois tueurs,
01:04:03les jeux sont faits.
01:04:05Mais Ardany
01:04:05et Orvat,
01:04:07depuis le début,
01:04:08les policiers
01:04:08et le juge
01:04:09sont convaincus
01:04:10qu'ils sont dans le coup.
01:04:11Mais devant la cour,
01:04:12il faut le prouver.
01:04:13Il faut avoir des billes.
01:04:15Et la défense
01:04:16ne les voit pas.
01:04:17Nous arrivons
01:04:19au cour d'assises.
01:04:21Bon,
01:04:21au cour d'assises,
01:04:23on pense
01:04:23qu'effectivement,
01:04:26les jurés landais
01:04:27vont dire
01:04:30cette histoire
01:04:32est invraisemblable.
01:04:34Et tout ça,
01:04:34nous sommes un groupe
01:04:35d'avocat.
01:04:36Nous arrivons
01:04:36tous sereins.
01:04:38Nous arrivons
01:04:38tranquilles.
01:04:41Nous avons
01:04:41deux truands.
01:04:43Est-ce que
01:04:44ces deux truands
01:04:44ont un mobile
01:04:46pour aller tuer
01:04:48un certain nombre
01:04:49de personnes ?
01:04:50Et s'ils ont
01:04:51ce mobile,
01:04:52est-ce qu'ils vont
01:04:53envoyer
01:04:54cette équipe
01:04:55de bras cassés ?
01:04:56Dans la conclusion,
01:04:57ce n'est pas possible.
01:04:58Face à Barthélémy
01:05:00qui l'accuse,
01:05:02Ardany,
01:05:03fidèle à son image
01:05:04de videur,
01:05:05joue les gros bras.
01:05:08Il est véhément,
01:05:09Ardany.
01:05:10Il s'agite
01:05:12dans son box.
01:05:13Il est véhément,
01:05:14il s'explique
01:05:15avec force.
01:05:17Parfois même,
01:05:18il est nécessaire
01:05:19de le rappeler
01:05:19un petit peu à l'ordre.
01:05:20Quand il s'en prend
01:05:21directement à des témoins,
01:05:23il faut lui rappeler
01:05:24les règles du jeu,
01:05:24à savoir qu'il est là
01:05:25pour se défendre,
01:05:26s'expliquer,
01:05:27et qu'il n'est pas là
01:05:27pour impressionner
01:05:28ni ses co-accusés,
01:05:30ni les témoins.
01:05:34Jean-Jacques Horvat,
01:05:35lui,
01:05:36adopte l'attitude inverse.
01:05:40Horvat est plus discret.
01:05:42Je veux dire
01:05:43qu'il est plus fin.
01:05:45Quand il y a des éléments
01:05:46qui sont en sa défaveur,
01:05:48il fait le doron.
01:05:52Quand on lui rappelle
01:05:53son passé de proxénète,
01:05:55il ne conteste pas vraiment.
01:05:57mais il dit non,
01:06:00ces filles qui travaillaient,
01:06:02dit-on pour moi,
01:06:02ce n'est pas du tout le cas.
01:06:03Je ne leur demandais pas
01:06:04de l'argent.
01:06:05Elle me le prêtait.
01:06:06C'était des relations
01:06:07de bonne amitié.
01:06:11Il ne passait pas.
01:06:12la difficulté,
01:06:13c'est qu'Orvat ne passait pas.
01:06:15Au procès,
01:06:16c'est le jury
01:06:18des Landes.
01:06:20Il regarde
01:06:21ces proxénètes
01:06:23de la ville,
01:06:24de Bordeaux,
01:06:25un petit peu
01:06:26comme des bêtes curieuses.
01:06:28quand Marie-France Lebert,
01:06:32la sœur de Bonnefond,
01:06:34vient témoigner à la barre,
01:06:36Orvat reste impassible.
01:06:38Mais au moment
01:06:39où elle évoque
01:06:39les menaces
01:06:40qu'il a proférées
01:06:40contre son frère,
01:06:42Orvat se lève
01:06:43dans son box.
01:06:44d'ailleurs étonné
01:06:46ou faussement étonné,
01:06:48disant
01:06:48« Mais pourquoi dis-tu ça ?
01:06:49Je ne comprends pas.
01:06:51Nous étions
01:06:51les meilleurs amis du monde
01:06:52avec ton frère. »
01:06:54Voilà.
01:06:55Et ça, c'est la façon
01:06:56de se défendre d'Orvat.
01:07:01Les avocats,
01:07:02ils vous font passer
01:07:03pour menteuse.
01:07:04Les avocats,
01:07:06oui,
01:07:07je suis une menteuse.
01:07:09Je suis...
01:07:10Je suis complet.
01:07:11J'affabule.
01:07:12Je dis n'importe quoi.
01:07:14Les avocats d'Orvat
01:07:17font citer un témoin
01:07:18qui vient dire à la barre
01:07:19qu'Orvat et Bonnefond
01:07:20étaient les meilleurs amis du monde
01:07:22et qu'ils ne s'étaient
01:07:23jamais disputés.
01:07:27L'avocat général
01:07:29a produit à l'audience
01:07:31le casier judiciaire
01:07:32de ce témoin
01:07:33sur lequel est figuré
01:07:36entre autres condamnations
01:07:37une condamnation,
01:07:39ce qui est assez rare
01:07:40pour faux témoignages
01:07:41en matière pénale.
01:07:44sa déposition
01:07:47s'en est trouvée
01:07:47quelque peu édulcorée
01:07:49et il est reparti
01:07:50sans demander son reste.
01:07:55À ce stade,
01:07:57la cour bute encore
01:07:58sur un mystère,
01:08:01les raisons
01:08:01de ce triple meurtre.
01:08:03C'est là
01:08:09qu'arrive un témoin
01:08:10tout à fait inhabituel
01:08:12en cours d'assises,
01:08:13un psychanalyste.
01:08:15En prison,
01:08:15tous les accusés
01:08:16ont rencontré
01:08:16un psychiatre
01:08:17qui a conclu
01:08:18qu'ils ne souffraient pas
01:08:19de maladie mentale
01:08:19et qu'ils étaient accessibles
01:08:21à une sanction pénale.
01:08:22Mais le juge d'instruction
01:08:23a aussi nommé
01:08:24un expert psychanalyste
01:08:26pour tenter de comprendre
01:08:27à quelle pulsion
01:08:28les cinq accusés
01:08:29ont pu obéir.
01:08:31Le 15 décembre,
01:08:36c'est avec beaucoup
01:08:36de curiosité
01:08:37que la cour d'assises
01:08:38des Landes
01:08:39accueille le professeur
01:08:41d'Espagnac.
01:08:45Il a fière allure
01:08:46la cinquantaine,
01:08:50le cheveu gominé,
01:08:53un peu grisonnant,
01:08:55bien habillé,
01:08:58descendant de sa jaguar,
01:09:01conduite par un chauffeur.
01:09:06Il s'exprime
01:09:07avec beaucoup d'assurance,
01:09:08avec une grande prestance,
01:09:10un expert comme les autres.
01:09:15Le professeur d'Espagnac
01:09:17explique avec brio
01:09:18comment fonctionne
01:09:19la petite bande.
01:09:21Pour lui,
01:09:21pas de doute,
01:09:22le chef,
01:09:23c'est Orvat.
01:09:24Il fascinait
01:09:25et Ardany rêvait
01:09:26de lui ressembler.
01:09:27Alors il a fait
01:09:28de Barthélémy
01:09:29son lieutenant,
01:09:30sa chose.
01:09:32Et Barthélémy,
01:09:33qui admirait Ardany,
01:09:34a fait pareil
01:09:35avec les deux gamins
01:09:36et les a entraînés
01:09:38dans cette histoire.
01:09:40Du côté de la défense,
01:09:41c'est la consternation.
01:09:42Nous, on avait un certain mépris
01:09:49pour le rapport,
01:09:49mais je crois
01:09:50qu'on s'est trompé
01:09:51parce que les jurés,
01:09:52ils ont vu un rapport
01:09:53et puis que tout cadrait,
01:09:55on avait l'impression
01:09:56que tout cadrait parfaitement.
01:10:00Il a fasciné
01:10:01les jurés
01:10:02et il y avait de quoi
01:10:03être fasciné.
01:10:05Il a séduit
01:10:06et surtout,
01:10:08il a convaincu.
01:10:09Terminé.
01:10:09convaincu aussi
01:10:11l'avocat général
01:10:13qui requiert
01:10:14la réclusion criminelle
01:10:15à perpétuité
01:10:16contre Orvat
01:10:17et Ardany.
01:10:20On ressent
01:10:21parfaitement
01:10:22que
01:10:23finalement,
01:10:26tout ce qu'on peut dire
01:10:27n'est pas très important
01:10:29dans la mesure
01:10:29où on présente
01:10:30un paquet
01:10:31bien ficelé
01:10:32avec
01:10:34un mobile
01:10:35que l'accusation
01:10:37estime
01:10:37charpenté
01:10:39et puis
01:10:40les jurés
01:10:41des Landes
01:10:42n'ont plus
01:10:42qu'à faire
01:10:43l'oeuvre finale.
01:10:45Le 24 décembre
01:10:4689,
01:10:47après six heures
01:10:48de délibéré,
01:10:50le jury
01:10:50des Landes
01:10:51condamne Orvat
01:10:52et Ardany
01:10:52à la réclusion
01:10:54criminelle
01:10:54à perpétuité
01:10:55avec une peine
01:10:56de sûreté
01:10:57de 18 ans.
01:10:59Même peine
01:10:59pour Barthélémy.
01:11:01Maillet
01:11:02échappe
01:11:03à la peine
01:11:03de sûreté.
01:11:03Alario
01:11:08s'en sort
01:11:08avec 15 ans
01:11:09de prison.
01:11:12L'horreur.
01:11:14L'horreur.
01:11:18Ardany
01:11:18condamnait
01:11:19à perpétuité.
01:11:21Orvat
01:11:21condamnait
01:11:22à perpétuité.
01:11:23Je me dis
01:11:24mais c'est...
01:11:25Ce n'était
01:11:26pas possible.
01:11:28On était
01:11:29hors logique.
01:11:30Nous vivions
01:11:31un cauchemar.
01:11:33C'est fini.
01:11:40Le dossier
01:11:40est a priori
01:11:41clos.
01:11:42A l'époque,
01:11:42il n'y a pas
01:11:42d'appel
01:11:43aux assises.
01:11:44De longues
01:11:45années de prison
01:11:45attendent
01:11:46des accusés
01:11:46mais
01:11:47deux ans
01:11:48plus tard,
01:11:49rebondissement.
01:11:52Le 6 décembre
01:11:531991,
01:11:55maître
01:11:55du Cossadère,
01:11:56l'un des
01:11:56avocats
01:11:57d'Orvat,
01:11:58reçoit
01:11:58un coup
01:11:59de téléphone
01:11:59du procureur
01:12:00de Périgueux.
01:12:01il me dit
01:12:03maître
01:12:04du Cossadère
01:12:05je vais vous
01:12:05faire une révélation
01:12:08dans le procès
01:12:08de la tuerie
01:12:09de Bélade.
01:12:10Et il me dit
01:12:12nous venons
01:12:13d'arrêter
01:12:13et d'interpeller
01:12:14un expert
01:12:16ou soi-disant
01:12:18expert
01:12:18monsieur
01:12:19Payset
01:12:19qui se fait
01:12:20appeler
01:12:20Payset d'Espagnac
01:12:21et il m'explique
01:12:22que
01:12:23ce Payset d'Espagnac
01:12:25était un véritable escroc.
01:12:27Payset d'Espagnac
01:12:28le professeur
01:12:30l'expert
01:12:31du procès
01:12:31de Bélade
01:12:32il vient
01:12:33d'être condamné
01:12:33à 30 mois
01:12:34de prison
01:12:34avec sursis
01:12:35pour escroquerie.
01:12:37Il n'a jamais
01:12:38été
01:12:39psychanalyste.
01:12:41L'escroc
01:12:41qui avait tout faux
01:12:42mais tout de même
01:12:43il a réussi
01:12:44à tromper
01:12:44tout son monde
01:12:45très longtemps.
01:12:46Faux psychanalyste
01:12:47faux beau-frère
01:12:48de ministre
01:12:48et surtout
01:12:49faux-experts
01:12:50car la cour d'assises
01:12:51lui avait même demandé
01:12:52son avis
01:12:52sur certaines affaires.
01:12:57Voilà un homme
01:12:58qui a été
01:12:58faux évêque
01:13:00faux chirurgien
01:13:03esthétique
01:13:03faux-experts psy.
01:13:06Il a eu
01:13:07dans son cabinet
01:13:08psychanalyste
01:13:10des grands médecins
01:13:11des grands policiers
01:13:13mais surtout
01:13:14beaucoup de magistrats
01:13:15parce qu'il était
01:13:15évidemment fasciné
01:13:16à l'époque
01:13:16par les magistrats.
01:13:18Et
01:13:18ces grands
01:13:19magistrats
01:13:21font partie
01:13:23de ceux
01:13:23en particulier
01:13:24juges d'instruction
01:13:25qui évidemment
01:13:25le désignaient
01:13:26en tant qu'experts
01:13:27psy.
01:13:31Il a dû apprendre
01:13:31que le juge d'instruction
01:13:32était en charge
01:13:33de ce dossier
01:13:33qui avait quand même
01:13:35frappé les esprits
01:13:36non seulement
01:13:36sur le plan
01:13:37au cadre
01:13:37mais même
01:13:37sur le plan national
01:13:38parce que c'est
01:13:39une affaire criminelle
01:13:40retentissante.
01:13:42Donc il s'est fait connaître
01:13:42du juge d'instruction
01:13:43et il lui a fait savoir
01:13:45qu'il serait intéressé
01:13:46de réaliser
01:13:48une expertise
01:13:48en cette matière.
01:13:51Et cette expertise bidon
01:13:53avait parfaitement servi
01:13:55l'accusation.
01:13:59Tout ça c'est du vent
01:14:00tout ça c'est rien
01:14:02c'est de la poudre aux yeux
01:14:04et là
01:14:04on est à la fois
01:14:06un peu estomaqué
01:14:07un peu
01:14:08un peu surpris
01:14:09mais on est surtout
01:14:11un peu déçu
01:14:12on n'a rien vu
01:14:14on n'a rien senti
01:14:15on est quoi ?
01:14:18On est à la merci
01:14:19de l'escroc.
01:14:23Cette histoire
01:14:24d'experts
01:14:24et de faux experts
01:14:26a fait rire
01:14:27tout le monde
01:14:28sauf
01:14:29Andani, Orbat
01:14:30et les avocats.
01:14:31Maître de Cône
01:14:41c'est faux expert là
01:14:44quelle aubaine pour vous
01:14:47quelle aubaine
01:14:48Oui
01:14:51nous essayons de faire
01:14:54prendre en compte
01:14:54cette information
01:14:55décisive
01:14:56par la Cour de Cassation
01:14:57et nous obtenons
01:14:58que la Cour de Cassation
01:14:59pour une violation
01:15:01de la loi
01:15:02dans l'intérêt
01:15:04de la loi
01:15:04ce qui est quand même
01:15:05assez rare
01:15:06prononce
01:15:07non pas
01:15:09l'annulation
01:15:10du verdict
01:15:12mais en amont
01:15:13prononce
01:15:14l'annulation
01:15:15de l'arrêt
01:15:16de renvoi
01:15:17prononcé
01:15:17par la chambre d'instruction
01:15:18la chambre d'accusation
01:15:19de la Cour d'appel
01:15:20de Pau
01:15:20C'est plus qu'une remise à zéro
01:15:22c'est une remise avant zéro
01:15:24Tout à fait
01:15:25on remet en cause
01:15:26même la mise en accusation
01:15:28Et pour vous
01:15:29c'est banco
01:15:31parce qu'il va y avoir
01:15:32un nouveau procès
01:15:33qui n'est pas un procès en appel
01:15:34qui est un nouveau procès
01:15:36de première instance
01:15:37vous repartez pour
01:15:39une plaidoirie d'acquittement
01:15:41Nous repartons pour 15 jours
01:15:42d'audience à nouveau
01:15:43avec
01:15:45oui
01:15:46oui
01:15:46un acquittement escompté
01:15:48espéré pour
01:15:49Orvat
01:15:50bien sûr
01:15:50Seconde chance
01:15:54pour Orvat
01:15:54et Ardani
01:15:55Le 8 février 93
01:15:57le deuxième procès
01:15:59de la tuerie de Bellade
01:15:59s'ouvre
01:16:00à Mont-de-Marsan
01:16:01Alors
01:16:05bon
01:16:05j'allais dire
01:16:06jurez des Landes
01:16:07et à nouveau
01:16:08jurez des Landes
01:16:09il y a quand même
01:16:11certainement
01:16:13pour la défense
01:16:14un peu l'impression
01:16:15qu'on se retrouve
01:16:18devant les mêmes
01:16:19et ça c'est
01:16:20quelque chose
01:16:21qui est gênant
01:16:22mais
01:16:22on a toujours
01:16:23l'espoir
01:16:24Dès le troisième jour
01:16:27du procès
01:16:28cet espoir
01:16:29grandit encore
01:16:30Maillet
01:16:30Allario
01:16:31et maintenant
01:16:31Barthélémy
01:16:32changent complètement
01:16:33de version
01:16:34Ardani
01:16:35ne leur a jamais
01:16:36donné l'ordre
01:16:37de tuer
01:16:37Ce revirement
01:16:39est un coup de théâtre
01:16:40une aubaine
01:16:41pour la défense
01:16:41et pourtant
01:16:42elle déchante
01:16:43très vite
01:16:44Cet élément
01:16:45nous retombe dessus
01:16:46encore
01:16:46Cet élément
01:16:47nous retombe dessus
01:16:48parce qu'au second procès
01:16:49évidemment
01:16:50on va voir
01:16:51on va dire
01:16:52ils ne le disent pas
01:16:53parce qu'ils ont peur
01:16:54et parce qu'ils ont reçu
01:16:54des pressions
01:16:55C'est ce que vont penser
01:16:58donc les magistrats
01:16:59et ce que vont penser
01:17:00les jurés
01:17:01Effectivement
01:17:03le 19 février 93
01:17:05Ardani et Orvat
01:17:07sont de nouveau condamnés
01:17:08à la réclusion criminelle
01:17:10à perpétuité
01:17:11mais cette fois
01:17:12sans peine de sûreté
01:17:13comme Barthélémy
01:17:14Allario prend 15 ans
01:17:16seul Maillet
01:17:17tire bénéfice
01:17:18de ce nouveau procès
01:17:1918 ans de prison
01:17:21au lieu de perpète
01:17:31Les peines sont lourdes
01:17:33mais le mystère
01:17:35de Bellade
01:17:35demeure
01:17:36Pourquoi l'équipe
01:17:37du relais de chasse
01:17:38a-t-elle été abattue ?
01:17:38On ne le sait toujours pas
01:17:40Ardani a été libéré
01:17:41après 18 ans de prison
01:17:42Il affirme toujours
01:17:43qu'il n'a jamais
01:17:45commandité
01:17:45ces trois meurtres
01:17:46Quant à Orvat
01:17:47il a acclamé lui aussi
01:17:48son innocence
01:17:49jusqu'au bout
01:17:50jusqu'à sa mort
01:17:51en 2007