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  • il y a 1 an

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Transcription
00:00Et oui, c'est l'heure de la rubrique, ils font notre santé avec votre invité, docteur Millot.
00:05Alors je suis ravie d'accueillir le docteur Charles Melleriot, vous êtes neuroradiologue, vous êtes à la fois hospitalier à l'hôpital Saint-Anne,
00:14et vous travaillez aussi en ville, à Saint-Denis, donc vous avez la double casquette.
00:19Exactement.
00:19Et donc là, aujourd'hui, enfin on le sait, l'année 2025, c'est le plan, la grande cause nationale, la santé mentale, on en parle.
00:29J'espère que ce sera mieux que ce qui s'est passé l'an dernier avec l'activité physique et le sport,
00:35donc c'était le grand plan nationale aussi, on n'a pas vu beaucoup de choses avancer, fermons la parenthèse.
00:41Donc, ce qui m'intéresse aujourd'hui, c'est que vous m'expliquiez, en quoi l'imagerie est un apport important dans la santé mentale et dans quelle pathologie ?
00:52Alors juste un tout petit rappel, pour bien qu'on sache de quoi on parle, la santé mentale c'est 13 millions de personnes en France,
00:58donc c'est vraiment énorme, 160 milliards d'euros sont dépensés chaque année, en grande partie par l'assurance maladie,
01:04donc c'est vraiment un enjeu phénoménal.
01:06Alors ça fait très longtemps que l'imagerie, la neuro-imagerie, moi je suis neuro-radiologue, donc je fais de l'imagerie du cerveau,
01:11est utile pour la santé mentale, mais c'est plutôt dans une démarche négative.
01:14Ça veut dire que, par exemple, toute personne qui fait pour la première fois un trouble psychotique, doit avoir une imagerie.
01:19Ce sont les recommandations.
01:21C'est pour faire un diagnostic différentiel avec une tumeur, avec autre chose ?
01:24Exactement, c'est ce qu'on appelle une démarche négative, c'est un diagnostic différentiel,
01:27c'est-à-dire que, par exemple, il y a certaines tumeurs qui sont très rares,
01:30qui se manifestent comme si c'était un trouble psychotique,
01:35comme si quelqu'un commençait une schizophrénie.
01:38Donc là, c'est utile, mais en fait c'est vraiment du coup une démarche négative.
01:43La grande nouveauté, et en fait il y a depuis de nombreuses années,
01:47depuis plus de 20 ans, de la recherche sur la schizophrénie, sur la dépression,
01:51sur les troubles bipolaires, qui ont permis de comprendre comment ça marchait.
01:55Pas de traiter, mais de comprendre.
01:56Et ça, c'est déjà très important, parce que ça permet déjà de déstigmatiser.
01:58Vous savez, la maladie mentale, parfois c'est très culpabilisant, c'est très stigmatisant.
02:03Et donc le fait de comprendre, de dire que la schizophrénie, c'est un trouble, par exemple,
02:06de connexion entre deux zones cérébrales, c'est très utile.
02:09La grande nouveauté maintenant, et notamment dans la dépression,
02:12c'est qu'on va utiliser la neuro-imagerie, grâce à tous ces progrès,
02:14et notamment grâce à l'intelligence artificielle,
02:16pour sélectionner des sous-types de patients avec dépression.
02:20Et selon ces sous-types, leur donner le traitement qui est le plus adapté.
02:24C'est-à-dire, on va prendre des patients dépressifs,
02:27vous analysez leur imagerie cérébrale associée à l'intelligence artificielle,
02:32et là, par rapport à quoi ? Par rapport à qui ?
02:35En fait, ce qu'il faut savoir, c'est qu'un patient qui a une dépression à l'heure actuelle,
02:38on a plein de médicaments qui existent,
02:41plein de médicaments différents, plein de classes médicamenteuses.
02:44Un psychiatre, quand il donne un médicament à quelqu'un qui a une dépression,
02:47il n'a aucune façon, il ne peut savoir si ce médicament va marcher ou pas.
02:54Et donc, il va en essayer un, puis deux, puis trois.
02:56Maintenant, on sait que certains profils,
03:00certains sous-types de patients qui répondent à une description en imagerie,
03:04vont répondre mieux à tel traitement, à tel traitement, à tel traitement.
03:07Donc, on peut savoir en fonction de l'image.
03:10Mettons que Clélie ait une dépression,
03:13ce que je ne souhaite jamais,
03:16on pourrait, en fonction de l'imagerie que vous aurez étudiée,
03:21dire, tiens, là, je ne vais pas lui donner tel antidépresseur,
03:25mais je vais lui donner plutôt tel autre antidépresseur.
03:28Voilà, exactement.
03:29C'est déjà un grand pas.
03:30C'est une espèce d'enquête où on va combiner plusieurs méthodes,
03:34des méthodes sur la structure du cerveau,
03:36sur son fonctionnement, sur ses connexions.
03:37C'est fou !
03:38Voilà, et en fait, on peut classifier comme ça une dizaine de sous-types,
03:42et on sait que certains vont mieux répondre aux IRS,
03:45certains vont avoir d'autres types médicamenteux,
03:47et ça, c'est une avancée énorme pour les patients, bien sûr.
03:50Pour les patients !
03:51Voilà, parce que ça permet d'éviter l'errance diagnostique,
03:54ça permet de savoir que lui, en fait, ce traitement-là,
03:57ce n'est même pas la peine de commencer,
03:58parce qu'il ne va pas y répondre, alors que lui,
04:00il va d'emblée répondre tout de suite bien à un traitement.
04:04Et donc, en fait, c'est la médecine personnalisée.
04:06Ce qu'avant, la recherche, c'était, on ne faisait que des analyses de groupe.
04:09C'est-à-dire qu'on prenait, par exemple, 50 schizophrènes,
04:1250 patients normaux, on comprenait qu'il y avait des différences,
04:14mais on ne pouvait pas l'appliquer à la personne elle-même, à l'individu.
04:18Là, c'est vraiment la grande nouveauté.
04:19Ça va être du sur-mesure, maintenant.
04:19C'est du sur-mesure, exactement.
04:20C'est la médecine sur-mesure, exactement.
04:22D'accord. Mais ce que vous dites là,
04:24nous sommes fin août 2025,
04:29à quel moment
04:29on pourra envoyer un patient
04:32dépressif,
04:34faire une IRM,
04:35et à quel moment on pourra adapter le traitement ?
04:38C'est pour dans quelques mois, dans quelques années ?
04:41Clairement, aujourd'hui, ce n'est pas dans la routine.
04:42Voilà. C'est important de ne pas dire...
04:45Mais ce qu'il faut dire, quand même, c'est qu'il y a eu un gap énorme,
04:47parce que moi, je ne pensais pas que je verrais ça de mon vivant,
04:48avant de partir à l'hôtel.
04:50Je rappelle que vous êtes très jeune.
04:51C'est vrai, mais...
04:53Enfin, on était encore très, très loin.
04:55Et donc là, notamment grâce à l'intelligence artificielle,
04:57grâce à tous les progrès,
04:59et finalement, ce n'est pas pour demain,
05:01mais c'est pour, je pense, le courant de l'avenir,
05:03enfin, les mois qui vont venir.
05:05Même moi, je le verrais de mon vivant, alors.
05:07Ah bon ?
05:08Très clairement.
05:09Écoutez, c'est passionnant.
05:10J'espère que vous reviendrez nous parler
05:12de l'imagerie en santé mentale.
05:14Avec très grand plaisir.
05:14C'est un progrès énorme,
05:15et d'avoir des traitements personnalisés,
05:17c'est ce qu'on demande pour toutes les pathologies, finalement.
05:19C'est ce qu'on souhaite aux patients.
05:20Merci beaucoup de nous avoir éclairés sur ce sujet.
05:22La santé, ce n'est pas fini, hein, sur Europe.
05:24Avec vous, docteur Millot,
05:25dans un instant, le vrai faux.
05:27On s'intéressera aux idées reçues sur le cholestérol.
05:29Je rappelle qu'il y a un numéro 01 80 20 39 21
05:33pour nous appeler et poser toutes vos questions
05:36ou témoigner, tout simplement.
05:37Alors, restez avec nous et appelez-nous.

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