00:00C'est jour de manif. Et pour les candidats à la présidentielle, ça tourne au casse-tête.
00:04A gauche, droite et macronistes n'y seront pas, mais à gauche, ils vont en ordre, pas en ordre de
00:10marche, mais enfin ils sont en ordre dispersés plutôt.
00:12Oui Lorraine, ce samedi, les politiques regarderont la rue avec prudence, mais ils ne la regarderont pas tous du même
00:18endroit, ni avec les mêmes arrière-pensées.
00:21Car derrière l'appel des gilets jaunes, rejoint par les lycéens, les étudiants, la CGT, la question c'est qui
00:28peut prétendre incarner la colère sociale ?
00:30A gauche, Jean-Luc Mélenchon sera à Paris, accompagné d'une délégation d'insoumis.
00:34Manuel Bompard sera à Marseille. Marine Tondelier a prévu de participer à la mobilisation.
00:39Fabien Roussel manifestera chez lui, dans le Nord. François Ruffin en Picardie.
00:43Et les socialistes ? Olivier Faure sera discrètement dans le cortège, en Seine-et-Marne, sans caméra.
00:49Et Raphaël Buxman, lui, restera chez lui. Vrai problème de sécurité.
00:54Quand bien même il aurait voulu y aller, il y a la question des insoumis qui sont en train d
00:58'entraver sa campagne.
00:59Mais ça c'est aussi un autre sujet.
01:01A droite, vous l'avez dit, les macronistes et la droite, la question ne se pose pas.
01:06A l'autre bout de l'échiquier, le Rassemblement National, lui, a choisi la distance.
01:10Jordan Bardena dénonce, je le cite, un prétexte pour la France du chaos rassemblé derrière Jean-Luc Mélenchon.
01:16Le contraste est saisissant avec 2018. Marine Le Pen soutenait les Gilets jaunes sans participer au manif.
01:21Cette fois, elle se méfie d'un mouvement un peu trop éléfisé.
01:25Alors, on va se concentrer sur ceux qui y seront, Bruno. Et ils n'y vont pas tous avec les
01:28mêmes intentions.
01:29Oui, effectivement. Pour la France insoumise, l'enjeu est de montrer que le mouvement social et le combat politique peuvent
01:35se rejoindre.
01:36Jean-Luc Mélenchon l'encourage, souffle sur les braises et espère en tirer.
01:39C'est bénéfice pour les écologistes et les communistes. Il s'agit d'afficher leur solidarité avec les mouvements populaires.
01:45François Ruffin, je l'ai dit, c'est sa marque de fabrique.
01:49Reste que personne ne peut décréter l'unité dans la rue.
01:53Être présent dans un cortège ne signifie pas en prendre le contrôle.
01:57Et c'est bien toute l'ambiguïté de cette journée.
01:59Et le pouvoir dans tout ça, Bruno ?
02:02Eh bien, l'exécutif observe, jauge, mesure les risques et retient son souffle.
02:07On a entendu, Emmanuel Macron a appelé au calme.
02:10Sébastien Lecornu et Laurent Nunez, eux, évidemment, c'est une journée très compliquée pour eux.
02:16Car une mobilisation limitée ne bouleverserait pas le paysage politique.
02:21En revanche, une convergence des luttes, on verra si ça arrive, poserait de gros problèmes à l'exécutif.
02:27Ce samedi 17 octobre sera donc autant une journée sociale qu'une journée politique.
02:31Ça sera surtout une journée inédite.
02:33Jamais à 200 jours d'une présidentielle, il y a eu un mouvement social aussi important,
02:37en tous les cas annoncé comme tel, la preuve que la colère dans la rue devrait se prolonger dans les
02:43urnes.
02:44Demain, on sera le 18 octobre, on sera à 6 mois pile du premier tour de la présidentielle.
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