00:00Europe 1 Info, 13h-15h, Clélie Mathias.
00:04Et bienvenue si vous nous rejoignez dans Europe 1 Info, deuxième partie qui commence,
00:08on va continuer à parler de la crise sociale, de la crise politique, on va en débattre.
00:11On parlera aussi de votre santé avec votre rendez-vous avec le docteur Brigitte Millot,
00:16ce sera comme tous les jours à 2h30 et elle répondra à vos questions.
00:19Alors vous pouvez d'ores et déjà nous appeler au 01 80 20 39 21, c'est un numéro non surtaxé.
00:26Deux thèmes aujourd'hui, le premier, si vous avez un somnambule dans votre entourage,
00:32si ça vous concerne vous-même, n'hésitez pas à nous poser vos questions sur ce qu'il est conseillé de faire
00:37ou alors si vous avez des anecdotes à nous raconter sur le sujet.
00:41Le somnambulisme donc, deuxième thème, ce sera la thyroïde.
00:45On en a déjà parlé la semaine dernière, grand succès, vous étiez nombreux à nous appeler pour poser vos questions.
00:51Le professeur Philippe Touraine est de nouveau avec nous et il répondra, il vous écoutera,
00:56et il tentera de vous rassurer si besoin.
00:59Je vous rappelle le numéro 01 80 20 39 21.
01:04On continue à parler politique avec vous, Jean-Claude Dessier, Yvan Riouffol, c'est reparti.
01:09On va s'intéresser un peu aux stratégies des partis.
01:12Je vous rappelle le vote qui a lieu aujourd'hui à l'Assemblée Nationale à 15h.
01:17Les partis qui devraient donc destituer et ne pas voter la confiance pour François Bayrou.
01:22On va commencer par le RN, Marine Le Pen, la chef de file des députés du Rassemblement National.
01:27Elle était hier dans son fief à un hénin Beaumont.
01:30Elle faisait en fait sa rentrée parlementaire et elle met la pression maintenant sur Emmanuel Macron.
01:36Elle demande la dissolution de l'Assemblée.
01:37Écoutez-la.
01:38Le président de la République devra tirer les conséquences du vote des députés.
01:42Il m'apparaît aujourd'hui inenvisageable qu'à tout le moins, il ne rappelle les Français aux urnes pour désigner une nouvelle Assemblée.
01:48La décision lui appartient.
01:50Mais si le président décide de gagner du temps et de nommer un nouveau Premier ministre,
01:55il faut que ce dernier ait bien conscience que nous resterons inlassablement les invocats des intérêts de la France et des Français.
02:03Sans prise en compte de ses aspirations, il sera lui aussi censuré.
02:08Alors, Yvan Riaufol, ce que dit Marine Le Pen là, c'est que quel que soit le futur Premier ministre,
02:13qui sera nommé dans les jours qui viennent,
02:15de toute façon, si ce n'est pas un député, un RN, un politique, un RN, elle censurera.
02:21Donc ce qu'elle conseille tout de suite à Emmanuel Macron, c'est dissoudre.
02:24Point.
02:24Est-ce que ce serait la solution ?
02:26Est-ce que finalement, est-ce que le RN peut y gagner ?
02:29De toute façon, même si, par hypothèse, Emmanuel Macron décidait de nommer ce soir un membre du RN,
02:36j'imagine que le RN refuserait, parce que le RN pour l'instant, dans l'Assemblée, n'a pas de majorité.
02:41Donc on retomberait dans ce même immobilisme.
02:45Je pense qu'en effet, l'analyse de Marine Le Pen, mais pas que de Marine Le Pen,
02:48l'analyse en fait de tous les gens réalistes,
02:50est de dire que ce monde-là ne peut pas tenir, puisqu'il n'y a pas de majorité.
02:54Il n'y en avait pas plus hier, il n'y en aura demain.
02:57Donc il faut aller, et ça me paraît inexorable,
03:00il faut aller vers cette dissolution qu'on se refuse pour l'instant d'envisager.
03:04Les Français sont profondément divisés, est-ce que ça ne donnerait pas...
03:06Je ne crois pas qu'il le soit autant que cela.
03:08Je pense que les Français veulent maintenant précisément que la démocratie donne la parole au peuple.
03:13C'est quand même la définition même de la démocratie.
03:15Et j'observe qu'il y a tout de même des changements depuis l'année dernière,
03:18car ce que l'on appelait le Front Républicain est un Front Républicain qui s'est passablement effrité.
03:24J'entendais le MEDEF qui, par exemple, trouve maintenant beaucoup de qualité à M. Bardella.
03:30Nicolas Sarkozy lui-même, dans une interview au Figaro, a dit,
03:33parlant du Rassemblement National, qu'il était dans l'arc républicain.
03:36J'entends d'autres personnalités, centristes, voire de gauche, dire la même chose aujourd'hui.
03:41Donc, je n'imagine pas, en tout cas, que le Front Républicain qui avait été initié par la France Insoumise,
03:47en collaboration d'ailleurs avec les macroniens,
03:49n'oublions pas quand même cette connivence d'il y a un an,
03:51que ce Front-là puisse à nouveau porter ses fruits.
03:54Donc, s'il y avait des élections législatives, je termine,
03:56s'il y avait des élections législatives, je pense...
03:59Quel schéma serait différent ?
04:00Je pense que ce serait naturellement différent,
04:02et que le Rassemblement National pourrait prétendre,
04:04peut-être pas une majorité absolue,
04:06mais en tout cas, une solide majorité relative.
04:08C'est ce qui expliquerait donc la stratégie de Marine Le Pen.
04:10Jean-Claude, c'est qu'en pensez-vous ?
04:12La majorité, elle est à 290.
04:13Oui, bien sûr, je ne dis pas de majorité absolue, je ne crois pas, non ?
04:15Ils en ont beaucoup moins, donc il faudrait un allié.
04:17Jusqu'à présent, le Rassemblement National a toujours échoué à trouver un allié.
04:21Là, ils en ont un, c'est M. Ciotti,
04:23qui peut faire un très bon résultat.
04:25Il a combien de députés aujourd'hui ?
04:2630 ou 40, je ne sais pas.
04:27Donc, une quinzaine, non ?
04:28Bon, je ne sais pas ce que donnerait une nouvelle dissolution.
04:32Je ne suis pas sûr que le Rassemblement National plus M. Ciotti
04:36obtiendrait une majorité suffisante pour gouverner.
04:40Je ne sais pas ce que ferait le Rassemblement de M. des gaullistes,
04:47enfin, des anciens républicains.
04:51C'est une question qu'il faut se poser.
04:53Néanmoins, je pense que dans un premier temps,
04:56le Président de la République n'ira pas jusque-là.
04:59Je pense qu'il va essayer de nommer quelqu'un.
05:01Certainement pas, mais je ne suis pas d'accord avec votre analyse.
05:03Moi, je pense que c'est ce qui sous nos yeux, au contraire,
05:06c'est ce qui sous nos yeux,
05:07un rapprochement de ce que l'on appelle l'union des droites,
05:10l'union des droites que je défends notamment.
05:12Je m'en explique.
05:13Je pense qu'on a surinterprété la décision de Laurent Wauquiez
05:18de dire en cas de s'il y avait un vote de confiance
05:21pour le Parti Socialiste, je voterai la confiance.
05:23Il avait dit également s'il y a un vote de confiance
05:25pour le Rassemblement National,
05:27je voterai également pour le Rassemblement National.
05:30Est-ce qu'il est reproché à Laurent Wauquiez ?
05:31On va en parler, mais c'est surtout le fait qu'il dise
05:33le contraire de ce qu'avait dit Bruno Rotaillot,
05:35qui est le chef du parti.
05:36Oui, j'entends, mais parce qu'il essayait de s'amender
05:37sur le Parti Socialiste pour essayer de faire comprendre,
05:38c'est comme ça que je l'ai compris également,
05:40en tout cas, qu'il était prêt à donner sa confiance
05:42pour le Rassemblement National.
05:44Donc, précisément, de casser ce lien,
05:47ce cordon sanitaire qui interdisait le Rassemblement
05:49aux Républicains, pardon, de se rapprocher,
05:51quoi qu'il arrive, du Rassemblement National.
05:52Il me semble que dans les esprits des Républicains,
05:55mais alors là, je fais une surinterprétation, peut-être,
05:57mais en tout cas, Wauquiez en a donné une clé,
06:01il me semble que de plus en plus,
06:02les Républicains se rendent compte
06:04que s'ils avaient à nouveau à s'accrocher
06:06à ce centrisme qui s'effondre sous nos yeux,
06:08ou alors à moins qu'ils ne voient rien,
06:10et s'ils continuent à cautionner un gouvernement
06:12et un système qui s'effondre,
06:14ils ne seront pas compris,
06:15mais je termine juste,
06:16qu'ils ne seront pas compris par les Français,
06:17et tout leur intérêt aujourd'hui
06:18est d'écouter le peuple qui gronde, tout simplement.
06:21Mais quand on a 40, 50 ou 60 députés
06:23se marier avec un parti,
06:25le Rassemblement National,
06:26quand on a 150, 160,
06:27et qui en aurait peut-être davantage.
06:29Tu te fais bouger, bien sûr.
06:30Tu te fais bouger, tu disparais.
06:32Donc je pense que les Gaullistes,
06:34enfin, les ex-Gaullistes, les Républicains,
06:36ne mangeront pas de ce pain-là,
06:38si j'ose dire, tout de suite.
06:39En revanche...
06:40Peut-être pas tout de suite.
06:41Pas tout de suite.
06:42En revanche, je pense que dans l'immédiat,
06:45je ne suis pas tout à fait certain de ce que je dis,
06:46mais je pense quand même que le Président de la République
06:48va essayer de trouver un Premier ministre
06:50remplaçant de M. Béraud,
06:53qui soit proche de lui,
06:55de manière à homogénéiser quelque peu le pouvoir,
06:59en espérant que les talents de négociateur,
07:03de l'homme qu'il choisira,
07:06M. Lecornu ou un autre,
07:08seront peut-être capables,
07:09seront peut-être capables,
07:11de décrocher un budget,
07:14et peut-être quelques projets de loi.
07:16Oui, mais c'est sur ces qualités-là,
07:18que François Bayrou était arrivé au pouvoir,
07:23il avait dit, je connais François Bayrou,
07:25il était arrivé au pouvoir en décembre dernier,
07:27justement sur ces qualités-là,
07:28de grands négociateurs,
07:29de grands politiques,
07:30de grandes discussions avec les autres,
07:32il avait tendu la main aux socialistes,
07:34en donnant des leçons à Michel Barnier au passage.
07:36Il a fait des erreurs de méthode,
07:37qui sont incompréhensibles,
07:38son appel au 49.1 est absolument incompréhensible,
07:43ou alors il l'a souhaité,
07:45ce qui était autre chose.
07:46Je pense qu'un Premier ministre,
07:47je ne dis pas même quel est mon choix personnel,
07:51je dis que dans l'immédiat,
07:53je pense très sincèrement,
07:54que le Président de la République
07:56ne dissoudra pas une nouvelle fois,
07:58la première fois,
07:58il a donné les résultats qu'on connaît,
08:00qui sont calamiteux et catastrophiques,
08:02je pense qu'il va essayer de nommer
08:03un nouveau chef de gouvernement,
08:05que le nouveau chef du gouvernement
08:07cessera à gouverner,
08:08je ne suis pas sûr que ce soit possible.
08:11J'ai l'impression qu'on tourne un petit peu en haut,
08:12vous ne croyez pas en haut ?
08:13C'est pour ça que je vous disais tout à l'heure
08:15que ce scénario est pathétique,
08:16parce qu'on voit que le Président de la République,
08:18pour l'instant, cherche à gagner du temps,
08:20il sait très bien que le sol s'effondre sous ses pas,
08:23et il ne veut pas admettre effectivement
08:25qu'il a perdu,
08:26que le macronisme a perdu,
08:27que le centrisme a perdu,
08:28que le bloc central a perdu,
08:30que Beyrou a perdu.
08:31Ces gens-là ont perdu,
08:32et c'est précisément pour ça
08:33qu'ils s'accrochent à leur pouvoir.
08:34Or, je suis désolé,
08:35mais les faits sont têtus,
08:36et à un moment donné,
08:37il va falloir revenir aux élections.
08:39On peut en effet...
08:39Tu n'es pas sûr d'avoir une majorité,
08:41et c'est une deuxième dissolution
08:43qui n'est pas sûr d'avoir une majorité.
08:44On peut jouer cette comédie indéfiniment
08:46de ramener un autre Premier ministre,
08:48mais la France perd du temps.
08:50Ce que Macron avait promis
08:52d'une société en marche
08:53est une société immobile
08:54depuis maintenant 4 ans,
08:56et il faut sortir de ce piège-là.
08:57Sur ce point, je suis d'accord.
08:59Or, c'est un piège qui évolue
09:00par des exacerbations égotiques,
09:05si je puis dire,
09:06d'hommes politiques
09:06qui se croient supérieurs à d'autres.
09:08Mais non, il faut maintenant
09:08que les hommes politiques
09:09apprennent à être modestes,
09:10et écouter ce que disent les gens.
09:11Les gens disent qu'ils ne veulent plus d'eux.
09:13Allez, on continue de parler ensemble.
09:16La population française est très inquiète.
09:18Il y a quoi ?
09:19Les économies des Français explosent.
09:21La croissance est quasiment
09:24à moins de 1, etc.
09:26On ne peut pas conserver
09:27une situation comme celle-là
09:29très longtemps.
09:30Allez, on va parler santé
09:32dans un instant sur le moment.
09:33Mais avant, ensemble,
09:36on va essayer de dire un mot
09:37quand même sur ce qui nous attend
09:38mercredi,
09:39avec le mouvement
09:40Bloquons-tout.
09:41Quelle mobilisation ?
09:42Sous quelle forme ?
09:42Est-ce que le mouvement
09:43peut s'étendre ou pas ?
09:44On en débat,
09:45on en discute ensemble.
09:46Alors, restez bien avec nous.
09:46Il est 14h13,
09:47à tout de suite avec Lélie Mathias
09:48sur Europe 1.
09:5013h15,
09:51Europe 1 Info.