- il y a 1 an
Mercredi 22 octobre 2025, retrouvez Clément Aubouin (Directeur des investissements dette corporate, Arkéa AM), Aurélien Leguay (Directeur délégué des investissements, Agrica) et Véronique Aubin (Président, Xelis Family Office) dans SMART PATRIMOINE, une émission présentée par Nicolas Pagniez.
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00:00Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans Smart Patrimoine.
00:11Smart Patrimoine, l'émission qui vous accompagne dans le décryptage des tendances et des actualités du secteur de la gestion de patrimoine.
00:17Une émission que vous pouvez retrouver tous les jours sur Bsmart4Change, sur les réseaux sociaux de Bsmart4Change.
00:22Et bien sûr, nous écouter en podcast sur toutes les plateformes de podcast au programme de cette édition spéciale Smart Patrimoine dédiée à la dette privée et à la souveraineté.
00:33Nous allons nous demander ensemble pendant près d'une demi-heure comment financer la souveraineté au moyen de la dette privée.
00:38Pour cela, nous ferons un focus définition sur ce que l'on entend par le terme souveraineté avec Clément Aubouin, directeur des investissements de dette corporate chez Arkea Asset Management.
00:47Ce sera donc la première partie de Smart Patrimoine.
00:50Et dans la deuxième partie, nous irons un petit peu plus sur le volet stratégique.
00:53Nous nous demanderons comment financer concrètement la souveraineté au moyen de la dette privée avec trois invités.
00:59Aurélien Leguay, directeur délégué des investissements chez Agrica, Véronique Aubin, présidente de Xélis Family Office et Clément Aubouin qui restera avec nous en plateau,
01:07directeur des investissements d'aide corporate chez Arkea Asset Management.
01:10On se retrouve tout de suite sur le plateau de Smart Patrimoine.
01:13De quoi parle-t-on lorsque l'on parle de souveraineté ?
01:20Voilà le sujet qui va nous animer dans la première partie de Smart Patrimoine.
01:23Et pour cela, j'ai le plaisir de recevoir sur le plateau Clément Aubouin.
01:26Bonjour Clément Aubouin.
01:27Bonjour Nicolas.
01:28Merci d'être avec nous.
01:29Vous êtes directeur des investissements d'aide corporate chez Arkea Asset Management.
01:32Le sujet souveraineté en matière d'investissement.
01:35On en entend de plus en plus parler.
01:36Ça a commencé avec la crise Covid.
01:39On en a ensuite beaucoup entendu parler avec un prisme défense au moment du début de la guerre en Ukraine.
01:46C'est devenu une thématique d'investissement.
01:47Mais tout le monde a plus ou moins sa définition du sujet souveraineté chez Arkea Asset Management.
01:53Que veut dire souveraineté, thématique souveraineté ?
01:57Alors très bonne question.
01:58La thématique souveraineté aujourd'hui, c'est quoi ?
02:00C'est quoi du moins à l'aune d'Arkea Asset Management ?
02:02C'est une thématique d'investissement qui s'incarne à travers différents secteurs.
02:06Finalement, des secteurs qui ont un point commun.
02:09Et ce point commun, c'est comment valoriser, favoriser dans aujourd'hui et demain,
02:15la capacité et l'autonomie de décision de notre pays.
02:18C'est aussi simple que ça.
02:19Donc là, on parle de souveraineté française pour le coup.
02:21Exactement.
02:22Pour l'instant, française.
02:23Bien entendu, la France fait partie de l'Europe.
02:25Donc on n'est pas fermé à l'Europe non plus.
02:27Mais l'idée, c'est aujourd'hui de valoriser cette souveraineté française
02:30à travers des entreprises françaises et européennes notamment.
02:33Est-ce que quand on parle de souveraineté, on entend uniquement le secteur de la défense
02:37du coup ou est-ce que c'est plus large que ça ?
02:39Alors bien entendu, le secteur de la défense fait partie de cette thématique de souveraineté.
02:43Mais pas que.
02:44Parce que sinon, si moi je propose à mes investisseurs une idée de fonds strictement défense,
02:50mes investisseurs me diront légitimement que l'univers d'investissement est trop étroit.
02:53Donc du coup, par rapport à ça, nous, on a rebondi sur cette idée de souveraineté,
02:57aussi à l'aune de ce qu'est le desk d'aide privée chez Arkea depuis une dizaine d'années,
03:00c'est-à-dire financer et accompagner des entreprises françaises notamment.
03:03D'accord.
03:04Et en fait, cette souveraineté aujourd'hui s'infuse dans différents secteurs,
03:08dont quatre principalement, qui sont la réindustrialisation, dont la BITD,
03:12donc la base industrielle de technologie et de défense.
03:14D'accord.
03:14L'agroalimentaire, notamment aussi tout ce qui est lié à l'éducation
03:18et tout le volet qui est lié à, on va dire, les entreprises du numérique au sens large.
03:23On en parlait juste avant l'émission, notamment les problématiques d'hier.
03:26Est-ce que le sujet pharma, par exemple, est un sujet de souveraineté également ?
03:30Certains parlaient de réindustrialisation française ou de souveraineté
03:34au moment de la sortie de la crise Covid.
03:36Est-ce que là aussi, c'est un sujet de souveraineté ?
03:37Alors, c'est un sujet de souveraineté aussi.
03:40Le cas échéant, aujourd'hui, ce qui a manqué pendant le Covid,
03:42c'était notamment une capacité industrielle.
03:44Effectivement, oui, on parle de masques ou autres.
03:46Exactement.
03:47Et donc, cette capacité industrielle, là, nous souhaitons en fait l'accompagner
03:50à travers cette thématique souveraineté.
03:52Donc, la pharma, on peut la jouer chez nous aussi à travers cette thématique souveraineté.
03:57Alors, une question qui devrait intéresser beaucoup les investisseurs,
03:59quand on parle de souveraineté, est-ce qu'on parle uniquement de grandes entreprises
04:02qui, justement, sont dans les thématiques que vous citez ?
04:06Alors, c'est exactement le biais qu'on ne veut pas prendre.
04:09D'accord.
04:09Pour le coup, nous, la réalité du desk d'être privé chez nous,
04:12c'est qu'on est pertinent et capable d'accompagner globalement des entreprises
04:15qui font entre 5 et 20 millions d'euros débit d'art.
04:18Ces entreprises-là, en fait, c'est les entreprises qui correspondent au cœur,
04:22en fait, du tissu économique français.
04:24Et pour nous, en fait, jouer la souveraineté à travers une stratégie d'investissement,
04:28c'est d'abord jouer sur ces entreprises-là.
04:30D'accord.
04:30Donc, on parle quoi ? De PME et TI françaises ?
04:32On parle d'ETI françaises principalement, qui sont aujourd'hui, pour les différents fonds
04:39sur lesquels, nous, on a déjà investi, qui sont en territoire notamment.
04:43Donc, il y a un fort tropisme territorial autour de ces investissements-là
04:47et a fortiori un fort tropisme, notamment lié autour de l'emploi.
04:50D'accord.
04:50Qui sont, en fait, qui sont accompagnés par ces entreprises-là.
04:55Aujourd'hui, les PME et les ETI françaises, c'est vraiment le trait d'union
04:57entre les territoires, l'emploi, et finalement, ce qui fait que demain,
05:01on pourra se projeter sur une capacité décisionnaire, d'où la définition de souveraineté.
05:05Mais avec un maillage beaucoup plus étalé sur le territoire également,
05:09comment est-ce qu'on accompagne ces ETI et ces PME au moyen de la dette privée
05:13quand on veut justement jouer cette thématique souveraineté ?
05:17Alors, aujourd'hui, la dette privée, globalement, c'est un outil d'accompagnement
05:24pour les entreprises. En fait, la dette privée répond globalement à deux besoins.
05:27Pour les entreprises, c'est une ressource qui est plutôt longue,
05:29c'est une ressource infinie, donc qui se rembourse à la fin,
05:31vous ne payez que les intérêts et qui ne vient pas ponctionner les cash flows.
05:35Donc, c'est plutôt positif. Et en fait, l'entreprise joue cette dette privée
05:38à partir du moment où elle a des changements structurels,
05:41notamment une croissance externe ou un changement d'actionnariat
05:47globalement. Pour les investisseurs, de l'autre côté, c'est quoi ?
05:50C'est une classe d'actifs qui a déjà un sens, sur lequel on peut flécher
05:53complètement une thématique d'investissement et la rendre très concrète,
05:58très, très, très concrète pour le coup, et c'est ce qu'on a apporté
06:00aux investisseurs, avec un rendement, contrairement à d'autres classes d'actifs,
06:04qui n'est pas un rendement in fine, qui est un rendement qui paye des intérêts
06:07sur une base semestrielle et qui, en fait, est complémentaire
06:10à d'autres typologies de stratégies. Typiquement, vous pouvez jouer la défense
06:13sur des actifs cotés, vous pouvez jouer d'autres types de stratégies,
06:16mais c'est vrai que cette stratégie souveraineté, avec un tropisme,
06:20notamment PME et ETI, quelques acteurs, bien entendu, en France la jouent,
06:23mais nous, on est, je pense, assez pertinents par rapport à la réalité
06:26de l'historique du DESC.
06:29Est-ce que financer des PME ou des ETI en France sur une thématique
06:33souveraineté et réindustrialisation, c'est plus risqué que financer
06:36des grandes entreprises ?
06:37De fait, oui, c'est plus risqué. Je ne vendrai pas une classe d'actifs
06:40sans risque, notamment. Le boulot du gérant en face de ce risque-là,
06:44il est assez clair. Il est à la fois de sélectionner les bons actifs d'un côté
06:49et de les accompagner tout au long du temps.
06:52Donc, cette notion d'accompagnement fait que, globalement,
06:55nous, on est en capacité d'accompagner les entreprises que l'on finance,
06:59au même titre que les banquiers accompagnent leurs entreprises.
07:02Nous, nous sommes un fournisseur d'argent à ce titre-là.
07:04Bien sûr.
07:05On ne vient pas remplacer les banques, ça, c'est un point important.
07:07On vient jouer quelque chose de complémentaire par rapport aux banques,
07:09notamment, en fonction du risque.
07:11Et moi, le cœur de mon métier, il est où ? Il est sur le fait de bien
07:14pricer un risque en face d'un rendement.
07:17D'accord.
07:18C'est de mettre les deux l'un en face de l'autre.
07:20Donc, l'historique, finalement, du desk
07:21Arkea, Asset Management, sur la dette privée,
07:24qui a aujourd'hui plus d'une dizaine d'années,
07:26c'est d'avoir financé plus de 160 entreprises,
07:28d'avoir levé plus de 2 milliards d'euros sur ces thématiques-là
07:31et d'avoir une vraie connaissance de l'écosystème local.
07:33Et je vous propose de rester en plateau avec nous, Clément Aubouin,
07:36parce que vous allez nous expliquer dans un instant, notamment,
07:37comment vous sélectionnez les entreprises et ce qui vous permet de définir
07:41ce qui est dans le cadre de la souveraineté et ce qui ne l'est pas.
07:45On va tout de suite accueillir nos deux autres invités
07:48pour la deuxième partie de Smart Patrimoine.
07:49Comment concrètement financer la souveraineté au moyen de la dette privée ?
07:58Voilà le sujet qui va nous animer à présent sur le plateau de Smart Patrimoine.
08:01Nous avons le plaisir d'avoir été rejoint par Véronique Aubin.
08:03Bonjour Véronique Aubin.
08:04Bonjour.
08:05Vous êtes présidente de Xélis Family Office.
08:07Nous avons été rejoints également par Aurélien Leguay.
08:09Bonjour Aurélien Leguay.
08:10Bonjour.
08:10Merci d'être avec nous.
08:11Vous êtes directeur des investissements d'Agrica.
08:13Et puis enfin, nous avons le plaisir d'être toujours avec Clément Aubouin.
08:16Bonjour Clément Aubouin.
08:17Bonjour.
08:17Directeur des investissements Debt Corporate chez Arkea Asset Management.
08:21On a fait un focus en première partie avec Clément Aubouin
08:23sur la définition de la souveraineté chez Arkea Asset Management.
08:26Il peut y avoir d'autres définitions de la souveraineté.
08:29Véronique Aubin, une question vis-à-vis des clients que vous avez chez Xélis Family Office.
08:34Est-ce que vous constatez que la thématique souveraineté est plus demandée qu'avant
08:38en lien peut-être avec les sujets de défense, avec le sujet guerre en Ukraine
08:43ou alors les sujets réindustrialisation nés au moment de la crise Covid ?
08:47Est-ce que vous avez constaté une augmentation de la demande des investissements sur la thématique souveraineté ?
08:54Alors une augmentation, oui.
08:55Après, notre clientèle, ce sont des familles.
08:58Donc naturellement, les familles, lorsqu'elles investissent,
09:01elles pensent à leurs enfants, à leurs petits-enfants,
09:03au monde dans lequel leurs petits-enfants vont vivre.
09:06Bien sûr.
09:06Donc c'est assez naturel pour ce type de clientèle,
09:09et effectivement, ils n'ont pas attendu le Covid ou la guerre en Ukraine,
09:12d'essayer d'avoir un certain impact concret avec leurs investissements.
09:18Parce qu'ils savent qu'en fait, ils veulent protéger finalement leur génération future.
09:22D'accord, mais ça ne date pas d'il y a 5 ans ?
09:24Ça ne date pas d'il y a 5 ans, après ça s'est renforcé.
09:27C'est vrai qu'il y a 15 ans, vous aviez effectivement des gens,
09:31quand vous commenciez à discuter un peu avec eux de leur allocation stratégique d'actifs,
09:35qui vous disaient, je veux juste que mon patrimoine grossisse le plus possible.
09:40D'accord, performance, performance.
09:42Voilà, maintenant c'est quand même de plus en plus rare.
09:44D'accord.
09:45Alors c'est quoi la première chose qu'on demande ?
09:47Parce qu'on parle quand même de placer ces économies,
09:50de réfléchir peut-être à une transmission au sein de sa famille,
09:53mais la première demande, la première condition n'est pas un sujet de performance.
09:58Alors la première condition, la performance est quand même importante.
10:01Et d'ailleurs, l'ESG, avec le track record qu'on a sur l'ESG,
10:06nous a montré que c'était possible, tout en essayant d'être vertueux,
10:09de faire de la performance.
10:11Ça on le sait, donc la performance reste importante.
10:15Mais tant qu'à faire, autant flécher ses investissements vers quelque chose d'utile.
10:18Après, qu'est-ce qu'on considère comme utile ?
10:21Et ça rejoint un peu la thématique de la souveraineté.
10:23Qu'est-ce qu'on considère comme de la souveraineté ?
10:25Finalement, en fait, ça dépend de chacun.
10:27Donc ça dépend de chacun de vos clients, par exemple ?
10:29Exactement. On n'a pas une sorte de thématique qui ressorte,
10:35qui soit plus importante que les autres.
10:37Chacun a sa propre définition.
10:38Il y a des gens qui vont naturellement aller vers la défense,
10:41parce qu'ils se disent « je veux que mes enfants grandissent dans une démocratie ».
10:44Donc on défend le modèle français ?
10:46Le modèle français, exactement.
10:48Vous avez des gens qui vont vouloir soutenir l'industrie d'un territoire en particulier.
10:52On a par exemple des clients qui peuvent habiter en Bretagne
10:55et qui veulent soutenir l'activité économique en Bretagne
10:59et qui veulent investir dans des entreprises bretonnes.
11:01Donc vous avez effectivement toutes sortes de demandes différentes.
11:05Et il n'y a pas vraiment de thématique.
11:07Et c'est ça qui est super, c'est que quelque part,
11:08c'est une manière de complètement personnaliser son investissement.
11:12Alors vous allez nous expliquer comment est-ce que vous mettez en place une méthodologie
11:15justement pour répondre à ces différentes demandes.
11:18Juste avant, Aurélien Leguay, pour le coup, chez Agrica,
11:20vous avez une définition très claire de la thématique souveraineté
11:24en lien avec l'activité d'Agrica.
11:28Chez vous, on parle de souveraineté alimentaire.
11:31Oui, au final, nous avons fait, moi je considère, de l'approche sans le savoir.
11:34C'est-à-dire que le terme de souveraineté est très en vogue.
11:41Mais je considère qu'il y a une définition qui appartient un peu à chacun.
11:46Bon, moi je ne suis pas assez vieux, mais je me souviens quand même
11:50que nos grands-parents, dans les années 50,
11:54ils avaient des coupons pour pouvoir se nourrir après la Seconde Guerre mondiale.
11:58Et que donc, on a demandé à nos agriculteurs de nourrir la France.
12:04Et Agrica est un groupe de protection sociale dédié au monde agricole
12:08avec une gouvernance paritaire.
12:09C'est-à-dire que nos administrateurs sont composés pour moitié de représentants
12:14de syndicats salariés et pour moitié de représentants de syndicats patronaux
12:19du monde agricole.
12:20D'accord.
12:21Et nous avons une ambition RSE d'accompagner la résilience du monde,
12:27la résilience sociale et environnementale du monde agricole.
12:31Et dans ce cadre, on pourra y revenir après, la dette privée est un bon outil.
12:38Puisque, alors quand on dit dette privée, en fait, c'est un peu un gros fourre-tout.
12:43Puisqu'on peut avoir...
12:43Souveraineté, tout le monde a sa définition.
12:45Et dette privée, tout le monde a sa définition, c'est ça ?
12:47C'est-à-dire, en fait, qu'on a des tailles d'entreprises qui peuvent ne rien avoir à voir.
12:55Quand vous faites de la dette privée, vous pouvez financer un LBO d'une société de 15 milliards
12:59qui en rachète une autre de la même taille.
13:01Vous pouvez avoir du financement à 300 000 euros d'une PME.
13:07Vous pouvez financer aussi des actifs, des énergies renouvelables, des infrastructures, des bateaux, des avions.
13:17Comment vous faites, vous, votre sélection, du coup, dans cette grande thématique de dette privée
13:23avec un filtre souveraineté alimentaire ?
13:25Alors, nous, nous allons, en fait, spécialement regarder, en fait, la notion, au final, de territoire.
13:32Et donc, on perçoit un continuum entre la transition énergétique
13:39en finançant des moyens de production, éoliennes, panneaux photovoltaïques, de manière assez classique,
13:49mais aussi un secteur que, moi, je trouve très intéressant, qui est la méthanisation, le biométhane,
13:55d'utiliser soit des déchets alimentaires, soit des déchets agricoles
13:59pour générer du méthane qui va être réinjecté dans le réseau.
14:03D'accord. Ah oui, donc, quand on parle de souveraineté alimentaire,
14:06ça peut aller jusqu'à des sujets énergétiques,
14:08si tant est que ça ait un lien sur la chaîne de valeur alimentaire, si je comprends bien, agroalimentaire.
14:12Tout à fait, mais en même temps, quand on parle de panneaux photovoltaïques,
14:15ça peut être des panneaux photovoltaïques qui vont être mis sur des ombrières
14:20au-dessus de vignes dans le sud-ouest, parce qu'il y a trop de soleil,
14:25et qu'en fait, le vin va être... La personne qui m'a raconté l'histoire se reconnaîtra.
14:30Les vins, en fait, avec trop de soleil, sont trop alcoolisés,
14:33et donc, bon, il y a un moment où il faut arrêter, quand même.
14:37Et donc, il vaut mieux que le soleil serve à créer de l'énergie
14:39plutôt qu'à alcooliser le vin, si je comprends bien.
14:40Voilà, tout à fait.
14:43Et aussi, on a, comment dire, on a identifié quelques fonds de niche
14:48qui vont accompagner, en fait, des PME, ETI françaises de la galaxie agroalimentaire
14:55avec, comment dire, des indicateurs sociaux ou environnementaux.
15:00C'est-à-dire, tout concrètement, on va déterminer quelques KPIs.
15:03Et si ces KPIs sont là où elles doivent aller,
15:07eh bien, en fait, l'emprunteur va payer moins cher sa dette.
15:12Et idéalement, s'il ne respecte pas ses engagements, il la paiera plus cher.
15:16Un mot, peut-être, de méthodologie.
15:17Alors, on va continuer avec vous, Clément Aubouin,
15:19puis vous nous expliquerez, effectivement, comment vous sélectionnez
15:21les entreprises dans lesquelles vous investissez.
15:24Chez Arkea Asset Management, vous fonctionnez comment ?
15:26Parce que vous nous avez, effectivement, donné en première partie
15:28une définition de la souveraineté chez Arkea Asset Management.
15:31Comment on définit ce qui est une entreprise
15:33qui correspond à sa thématique souveraineté et ce qui ne l'est pas ?
15:35C'est en discutant avec le dirigeant
15:36ou on peut avoir une approche un peu plus scientifique du sujet ?
15:39Alors, c'est une très bonne question,
15:41mais qui est, en fait, assez centrale
15:43par rapport à l'intervention d'Aurien et de Véronique.
15:45C'est-à-dire que Véronique dit globalement
15:47qu'il faut apporter du sens
15:48et que le sens est un point clé,
15:52notamment de l'investissement du client final.
15:55Ce que dit Aurélien, c'est qu'il y a une méthodologie, en fait,
15:58forte et, comment dire,
16:02au milieu d'un mesclom assez large sur lequel on pourrait finalement,
16:07moi, en qualité de gérant, je pourrais faire rentrer à peu près tout.
16:11En fait, nous, la réalité de notre job, elle est assez simple.
16:14C'est que moi, je me présente à Aurélien et à Véronique
16:16en ayant des résultats et en opposant des méthodes.
16:19Et cette méthodologie, pour répondre à la question,
16:22c'est qu'on s'engage, une fois que je gère l'argent d'Aurélien et de Véronique,
16:25sur une grille, sur ce qui correspond à un investissement
16:27et ce qui ne correspond pas à un investissement,
16:30avec une grille qui est claire et qui est opposable aussi dans le temps,
16:34en fait, par rapport à mes clients.
16:37Et cette thématique-là, comme je le citais dans les différentes thématiques,
16:41dont l'agroalimentaire, le cas échéant,
16:42en fait, crée cette logique de souveraineté.
16:45Et cette logique de souveraineté, en fait, soyons clairs,
16:48elle n'a pas été construite en disant, il y a un momentum marketing,
16:53elle a été construite sur la base d'un deal flow, en fait.
16:55Et la réalité de ce deal flow, et pour reprendre ce qu'Aurélien a mentionné,
16:58c'est qu'il y a un vrai continuum entre le territoire, l'entreprise, les salariés.
17:03Mais on va regarder quoi concrètement ?
17:05On va regarder le nombre d'embauches, par exemple, sur les territoires ?
17:08C'est très simple. La chaîne de valeur.
17:09D'accord.
17:09La chaîne de valeur.
17:10D'où viennent, où sont mes fournisseurs, à qui je vends.
17:13Ensuite, c'est la réalité du business model.
17:15Est-ce que c'est exportable ou pas exportable ?
17:18C'est la réalité des brevets et de la technicité même de l'entreprise.
17:22Tout ça rentre dans une grille et ça rend quelque chose d'assez basique,
17:26souverain ou pas souverain.
17:26Une fois qu'on a dit ça, il y a des zones grises.
17:29Typiquement, nous, dans notre thématique d'investissement,
17:31la réalité de l'infrastructure est un petit peu moins éligible de notre côté
17:37parce que ce n'est pas ce qu'on vend à nos investisseurs globalement.
17:39On ne vend pas d'une dette d'infrastructure.
17:41Il y a une équipe très compétente qui le fait par ailleurs.
17:45On vend une dette d'entreprise purement.
17:48En synthèse, méthodologie et méthodologie confrontable à nos clients
17:54pour matcher complètement cette idée de sens.
17:56Véronique Aubin, comment est-ce que vous créez des méthodologies uniques à chaque fois
18:02en fonction des besoins d'impact et de souveraineté des clients que vous accompagnez ?
18:06En fait, les discussions préalables lorsqu'on met en place l'allocation stratégique pour les clients
18:13peuvent être très longues et très approfondies, très fouillées.
18:16Après, derrière, une fois qu'on a déterminé les classes d'actifs
18:20dans lesquelles on veut aller avec le client,
18:23et bien sûr, la diversification est clé
18:25parce que même si on veut avoir un impact,
18:27je vous donnais l'exemple de la Bretagne tout à l'heure,
18:30on ne va pas mettre 90% du portefeuille dans des entreprises bretonnes.
18:33Évidemment, ce ne serait pas raisonnable.
18:35Mais pardon, je rebondis sur l'exemple breton,
18:37ça veut dire que souvent, quand même, il y a un biais territorial quand on parle de souveraineté ?
18:41Pas souvent, mais ça peut.
18:44Après, le principe de souveraineté, ça peut être sur un territoire aussi vaste que l'Europe.
18:49D'accord.
18:49Parce qu'on fait quand même partie d'un ensemble qui est l'Union européenne
18:53et qui aussi est un support de souveraineté.
18:56Mais effectivement, derrière, ce qui va être très important,
19:00c'est de sélectionner des gérants
19:03qui ont une thèse d'investissement extrêmement claire
19:07avec un réel alignement d'intérêts.
19:09Nous, on fait très attention à ça.
19:11C'est-à-dire que les gérants aient leur propre argent investi dans le fonds
19:15et pas qu'un peu, vraiment dans des proportions importantes.
19:20C'est très important.
19:21de manière à aligner réellement les intérêts.
19:24Et nous, on va préférer dire à un client,
19:27écoutez cette thématique hyper spécifique, hyper niche que vous nous avez indiquée.
19:31On a trouvé des acteurs qui le font.
19:33Mais finalement, la manière dont ils le font,
19:36leur discipline d'investissement, leur thèse,
19:39leur alignement d'intérêts ne correspond pas à nos critères.
19:42Donc, en fait, je suis désolée,
19:44mais on n'a pas trouvé le gérant
19:47qui va vous permettre aujourd'hui de jouer cette thématique.
19:50On préfère ça plutôt que de les laisser, effectivement,
19:53aller entre les mains de gens un peu moins disciplinés
19:56qui, parce qu'ils ont collecté énormément de fonds,
19:59vont être un peu moins regardants.
20:01Donc, il y a une vraie exigence avec qui on travaille sur les sujets de souveraineté.
20:05Exactement.
20:06Parce que ça reste de l'investissement.
20:08Et donc, du coup, il faut quand même appliquer les mêmes critères de l'investissement.
20:11La discipline, la thèse d'investissement, les critères,
20:13c'est très important.
20:15Et la dette privée ?
20:16Pourquoi financer la souveraineté avec la dette privée ?
20:20Quand, justement, vous parlez de souveraineté,
20:22quand est-ce que le sujet de dette privée arrive sur la table ?
20:24Alors, la dette privée, en fait, c'est ça qui est génial,
20:26c'est que c'est un peu inhérent à cette classe d'actifs
20:29de financer la souveraineté, au minimum la souveraineté économique,
20:32puisque dès lors que vous prêtez,
20:34puisque la dette privée, ça consiste à prêter à une entreprise,
20:38dès lors que vous prêtez à une entreprise,
20:40vous soutenez l'activité de cette entreprise
20:42et le territoire de cette entreprise.
20:44Donc, c'est un peu inhérent à la classe d'actifs.
20:46Nous, nos clients aiment beaucoup cette classe d'actifs,
20:49et elle fait partie des portefeuilles depuis un moment,
20:52parce que c'est une manière d'avoir effectivement un impact concret,
20:56en prenant un risque important,
20:58mais légèrement moindre,
21:00que lorsqu'on va sur le private equity,
21:02puisqu'étant prêteur et non actionnaire,
21:04comme dans le private equity,
21:05on a quand même un rang de priorité en cas de problème un petit peu plus favorable.
21:11Et ça, ça va bien avec le côté patrimonial des familles.
21:14Aurélien Leguay, quand on est effectivement un acteur de la protection sociale
21:19du monde agricole ou de l'agroalimentaire,
21:23mais surtout du monde agricole,
21:25on doit intégrer une notion de risque, j'imagine,
21:27dans la sélection des fonds
21:30qui vont être sur cette thématique de souveraineté alimentaire.
21:35Comment est-ce que vous construisez vos allocations d'actifs
21:38sur le sujet en matière de dette privée ?
21:40Alors, historiquement, nous étions très présents.
21:43On a dû commencer le private equity
21:44sur la partie non cotée il y a 20-25 ans.
21:49Ça fait une petite dizaine d'années
21:51qu'Agrica fait de la dette privée.
21:54Et en fait, comment on l'adresse ?
21:56En fait, un peu comme tous nos investissements,
21:59dans le sens où, pour simplifier,
22:01moi, je considère que je suis un acheteur.
22:03D'accord.
22:04En face de moi, j'ai des gens qui veulent me vendre des produits financiers.
22:07Et donc, au-delà du joli discours qui va m'être servi,
22:13le but, c'est de savoir si derrière,
22:15il y a vraiment des processus robustes,
22:17des équipes de qualité, engagées,
22:20et que ce n'est pas très joli comme ça en habillage,
22:27ce n'est pas juste du marketing.
22:27D'accord, on veut une méthodologie.
22:30Oui, et en fait,
22:31moi, j'ai la même analyse
22:34sur tout ce qui est souveraineté alimentaire
22:36que sur la souveraineté,
22:39ce qui est sur la défense
22:41ou ce qui est sur la biodiversité.
22:45Mon objectif, c'est de savoir
22:48si en fait un gérant,
22:49ce n'est pas juste dire,
22:50il y a une demande,
22:51et donc, je vais lancer un produit,
22:54est-ce que j'ai une réelle expertise sur la thématique ?
22:56Pas vraiment, mais ce n'est pas grave,
22:58je vais dire que j'en ai une,
23:00et puis ça va marcher.
23:01Voilà, moi, mon objectif,
23:02c'est d'identifier ça,
23:03et de ne pas investir là,
23:04et d'investir chez des gens
23:06qui sont vraiment compétents,
23:09et pour qui la thématique,
23:13il y a vraiment une,
23:14par exemple, sur la thématique de la biodiversité,
23:16qui est une thématique très intéressante
23:17qu'on est en train d'étudier,
23:19honnêtement, pour l'instant,
23:21c'est extrêmement difficile,
23:23parce que pas trop grand monde
23:25c'est, en fait,
23:27on est dans la même situation
23:28qu'avec l'empreinte carbone
23:29vers 2017-2018,
23:32où tout le monde disait,
23:33bon, d'accord,
23:34mais on n'a pas de données
23:34extra-financières pour mesurer,
23:37donc là, on a la biodiversité,
23:39donc en fait,
23:39c'est un peu le concours lépine
23:42du fonds biodiversité,
23:44tout le monde a sa méthodologie,
23:46il faut être honnête
23:46qu'il y a certaines méthodologies
23:47qui tiennent la route,
23:50ou en tout cas,
23:50qui sont prometteuses,
23:51et puis il y en a,
23:52voilà,
23:53qui sont un peu plus
23:54critiquables.
23:56Et donc, comment est-ce que
23:56vous défrichez quelque part
23:58ces sujets-là
23:59ou les différents fonds ?
24:00Donc, en fait,
24:00ça va être l'historique
24:02et l'équipe
24:03et potentiellement
24:04la méthodologie proposée,
24:05c'est ça ?
24:05Si on regarde la biodiversité,
24:07malheureusement,
24:08on ne peut pas avoir
24:08de trac-record,
24:09puisqu'en fait,
24:10c'est totalement nouveau.
24:11Donc, le but,
24:12c'est d'identifier
24:13les choses
24:14qui vont être
24:14les plus intelligentes.
24:18Ma chance,
24:19c'est que sur
24:19l'agroalimentaire,
24:21c'est quand même
24:21une classe d'actifs
24:22qui est traitée
24:23par un certain nombre
24:23de sociétés
24:24de gestion spécialisées
24:26depuis quand même
24:27un certain temps.
24:28Donc, en fait,
24:29là-dessus,
24:29oui,
24:29on a des trac-record.
24:32Voilà comment nous procédons.
24:34Clément Aubouin,
24:34il nous reste
24:35quelques secondes,
24:36mais si je comprends moi,
24:37il y a quand même
24:37pas mal d'exigences
24:38sur le sujet.
24:40C'est normal,
24:40c'est normal.
24:42Finalement,
24:44tout ce qu'on se dit là
24:45et on va dire
24:46l'exigence nécessaire
24:49pour un thème
24:50qui est,
24:52de notre point de vue
24:53et a fortiori
24:54à titre même
24:55strictement personnel,
24:56qui est quelque chose
24:57de très important
24:58pour les 10,
25:0015,
25:0020 prochaines années
25:01de notre territoire
25:02et de notre pays.
25:04Voilà.
25:05Merci à tous les trois,
25:07on va devoir s'arrêter là.
25:08Merci Clément Aubouin,
25:09directeur des investissements
25:10d'Ed Corporate
25:11chez Arkea Asset Management.
25:12Merci Véronique Aubin,
25:13présidente de Xelis Family Office.
25:15et merci Aurélien Leguet,
25:16directeur des investissements
25:17chez Agrica.
25:18Merci à vous
25:19d'avoir suivi Smart Patrimoine
25:21et je vous donne rendez-vous
25:21très vite sur
25:22Be Smart for Change.
25:23Be Smart for Change.