- il y a 5 mois
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00On va revenir sur la guerre au Proche-Orient. On a 75 jours, un conflit qui s'enlise pour le
00:05moment,
00:06parce qu'il n'y a pas de victoire précise des Américains.
00:11Le président Trump est à Pékin pour s'entretenir avec le président Xi Jinping, la Chine qui est alliée de
00:17l'Iran.
00:18Justement, les enjeux diplomatiques, on va voir ça avec vous, Antoine Allard. Vous êtes à Washington pour BFM TV.
00:23— Oui, absolument. En fait, ce qui est intéressant, c'est que quand ce sommet a été programmé, au départ,
00:31il y avait surtout des enjeux économiques et commerciaux, des enjeux qui restent d'actualité,
00:35parce que Trump, d'ailleurs, est venu avec dans ses valises plusieurs grands patrons, une bonne douzaine de grands patrons,
00:41et notamment des patrons très favorables à la Chine, comme Elon Musk ou le PDG de Nvidia.
00:46Mais évidemment, la guerre en Iran va s'inviter au menu des discussions.
00:50Trump lui-même, avant de partir, a reconnu qu'il aurait une longue conversation avec Xi Jinping au sujet de
00:55ce conflit.
00:56L'espoir secret de Donald Trump, c'est de faire pression sur Xi Jinping pour que le président chinois joue
01:01un petit peu les intermédiaires
01:02et aille convaincre les Iraniens d'aller lever le blocus sur le détroit d'Hormuz.
01:07Trump sait que la Chine a un intérêt là-dedans, puisque si le blocus du détroit se poursuit, l'économie
01:13chinoise va souffrir.
01:14Elle pourrait perdre un point de croissance.
01:16Reste à savoir si Donald Trump est vraiment en mesure d'imposer quoi que ce soit à Xi Jinping.
01:21C'est un Donald Trump particulièrement affaibli qui s'est posé à Pékin tout à l'heure.
01:25Un président englué dans une guerre qu'il n'arrive pas à régler.
01:28Ce qui est certain, en tout cas, c'est que ces discussions sur l'Iran, elles vont vraiment avoir lieu
01:32en coulisses.
01:33Donald Trump ne veut surtout pas donner l'impression ou montrer qu'il a besoin des Chinois pour s'en
01:38sortir.
01:38D'ailleurs, avant de partir, il a bien insisté là-dessus en disant qu'il n'avait besoin de personne
01:41et qu'il s'en sort très bien sur l'Iran et qu'il s'en sort très bien tout
01:45seul.
01:45La Chine, en tout cas, est peut-être la clé de ce conflit.
01:49Il faut rappeler que le mois dernier, les Chinois avaient joué un rôle très important.
01:52Les Chinois, on le rappelle, sont alliés aux Iraniens.
01:54Et les Chinois avaient convaincu Téhéran d'accepter le cessez-le-feu de Donald Trump.
01:58L'intervention chinoise avait joué un rôle déterminant à l'époque.
02:02Merci Antoine Nolard.
02:02Alors, Washington pour BFM TV.
02:04Alors, officiellement, Didier François, Trump dit qu'il n'a pas besoin de Pékin
02:07pour arriver à conclure ce fameux accord avec le régime iranien.
02:12Mais en coulisses, est-ce qu'effectivement, ça va être l'un des sujets de discussion ?
02:17Est-ce qu'on peut imaginer que la Chine pousse Téhéran à aller vers cet accord ?
02:22Alors, je pense que c'est ce qu'on dirait.
02:23Mais enfin, Antoine nous l'a parfaitement bien résumé.
02:26Évidemment, Donald Trump ne veut pas être débiteur.
02:29En tout cas, ne veut pas se montrer en débiteur de Xi Jinping.
02:32Xi Jinping, je pense, a tout de même, lui aussi intérêt à ce que ça s'assouplisse
02:36sur le détroit d'Hormuz, honnêtement, parce qu'il y a quand même l'essentiel
02:39de son pétrole et de ce qu'il raffine.
02:40Même si c'est que 15% à la louche de ce qu'il consomme,
02:43c'est 90% du pétrole iranien, il va en Chine,
02:47dont l'ensemble des usines de raffinage sont fabriquées pour lui.
02:51Et la Chine est très inquiète aussi.
02:52La deuxième chose, c'est les sanctions secondaires.
02:55Puisqu'ils ne peuvent pas utiliser ce pétrole, leurs entreprises sont à risque.
02:58Donc, vous voyez bien que pour eux, je pense que
03:00essayer d'obtenir une situation qui permette de calmer le jeu,
03:04ils l'ont déjà un peu, de fait, en douce.
03:07Mais parce que quand même, beaucoup de choses se font en douce dans cette affaire.
03:09Regardez, sur les deux derniers jours, il y a une dizaine de pétroliers
03:13qui sont passés et que les Iraniens ont laissés passer,
03:16pour montrer que finalement, la Chine n'était pas aussi prise à la gorge
03:21qu'on ne pouvait l'espérer.
03:23et donc, laisser un peu de marge à Xi Jinping par rapport à Trump.
03:27Mais en fait, pas tant que ça, puisque Trump les a aussi laissés passer.
03:30Alors qu'il rappelait hier, il disait, non, non, blocus hermétique à 100%.
03:34Mais il laisse passer les Chinois aussi, parce qu'il ne veut pas s'embêter.
03:37Il veut essayer de les ramener de ce comté.
03:38Donc, je pense que oui, en discrètement, il va en discuter.
03:41Alors après, qu'est-ce qu'ils vont faire les Chinois ?
03:42Mystère et boule de gomme.
03:43Alors justement, est-ce que la clé peut être chinoise, Karim Émile Bittard ?
03:47Est-ce que c'est le président chinois qui peut débloquer la situation ?
03:50La clé pourrait être chinoise, en effet.
03:52Mais comme ça a été dit, Trump a beaucoup trop de fierté, d'amour propre
03:55pour demander lui-même des concessions aux Chinois.
03:58Par ailleurs, je crains que la part des discussions qui soient consacrées à la Chine
04:01soient réduites à la portion congrue,
04:03parce que les hommes d'affaires qui accompagnent Trump sont très nombreux.
04:06Alors, comme votre correspondant l'a bien dit,
04:07il y en a qui ont des sympathies pour la Chine.
04:09Elon Musk, le patron d'Nvidia, etc.
04:11Mais il y a également tous ceux qui craignent pour l'avenir de la mondialisation.
04:15Il y a les patrons de Visa, de Mastercard, de Boeing, etc.
04:19qui, eux, voudront arracher des concessions
04:21parce que la guerre douanière enclenchée depuis un an
04:23commençait à menacer toute l'économie mondiale.
04:26Donc, ce n'est que lorsqu'il aura un peu rassuré ses partenaires chinois
04:30que Trump pourrait éventuellement leur dire
04:32de monter un peu la pression sur leurs alliés iraniens
04:35pour que ces derniers passent un geste.
04:36Ils ont moyen de faire pression sur l'Iran ?
04:38Ils ont moyen. Bien qu'ils soient dépendants des ressources pétrolières de l'Iran,
04:44l'Iran ne peut pas se permettre de se passer des Russes et des Chinois.
04:47Ce qui permet aux Iraniens de tenir encore aujourd'hui,
04:49c'est que ni les Russes ni les Chinois
04:52ne souhaitent voir une hégémonie américaine ou israélienne
04:55remplacer l'hégémonie iranienne au Moyen-Orient.
04:57Alexis, vous vouliez rajouter quelque chose là-dessus ?
04:59En fait, je voulais juste confirmer, il ne faut pas oublier également
05:02les liens entre l'Iran, la Russie et la Chine.
05:05Et ce n'est pas par hasard que l'ambassadeur iranien en Chine
05:07a demandé qu'en cas potentiel accord,
05:10que ce soit pris en considération par le Conseil de sécurité de l'ONU
05:13et avec supervision, entre guillemets, par la Chine et par la Russie.
05:18Donc, les Chinois ont intérêt également à trouver un accord.
05:20La Russie, pareil.
05:22Mais pour les Iraniens, ils doivent trouver un accord.
05:24Or, la Chine peut exercer une pression ou une influence,
05:26mais pas à n'importe quel prix non plus.
05:28Donc, les Iraniens ne feront pas n'importe quelle concession.
05:31En attendant, le cessez-le-feu,
05:33même s'il est sous respirateur artificiel,
05:35comme le dit Donald Trump,
05:36il tient, il tient un fil, mais il tient.
05:39D'ailleurs, les Américains ont toujours la menace
05:42de frapper encore plus fort.
05:43C'est leur fameuse opération Sledgehammer
05:45qu'on peut traduire par coup de masse ou massue.
05:49Les Américains insistent bien sur le fait
05:51qu'aujourd'hui, le détroit d'Hormuz,
05:52ils continuent aussi leur opération,
05:54opération de contrôle.
05:56Ils affirment avoir redirigé 67 navires commerciaux,
05:59autorisé 15 navires de soutien à l'aide humanitaire à passer.
06:02Ils expliquent aussi,
06:03ce sont des images qui ont été envoyées
06:05par le centre de commandement américain militaire.
06:09Ils expliquent qu'ils ont mis hors service 4 navires
06:12pour garantir le respect des règles.
06:14Cette opération massue,
06:17ça peut être de nouvelles cibles potentielles
06:19pour les Américains en général ?
06:20– A priori, c'est comme ça qu'on peut le comprendre.
06:23– Alors lesquelles ? Quelles cibles ?
06:24– Alors, c'est ça toute la difficulté.
06:26C'est-à-dire que l'appareil militaire iranien
06:29a été très largement entamé,
06:31même si, quand on lit le New York Times,
06:35ils disent que…
06:36– Il y aurait des lances missiles.
06:37– Oui, mais il faut rester très prudent.
06:40Ce dont on est à peu près sûr,
06:42c'est que les Iraniens conservent une capacité de nuisance.
06:46C'est-à-dire, on a la flotte moustique,
06:49c'est-à-dire ces vedettes rapides
06:50qui sont cachées le long du détroit d'Ambouze,
06:53des drones par milliers, voilà.
06:57Il y a aussi, on a vu aujourd'hui des images de propagande
07:03où on voit des combattants Toyota en 4x4
07:07avec des mitrailleuses lourdes.
07:09Ce que j'appellerais, c'est la flotte moustique à terre.
07:11C'est-à-dire, en quelque sorte, dire, voilà,
07:14donc dire on contrôle notre territoire
07:16et que s'il y a une opération terrestre sur le sol iranien,
07:20on ira les combattre.
07:21Donc, capacité de nuisance.
07:23Mais pour autant, en fait, pour les Américains,
07:26il faut des cibles qui soient vraiment…
07:30dont la destruction aura un impact lourd.
07:32Parce que si c'est pour détruire des vieux hangars
07:36d'une ancienne base aérienne qui a déjà été détruite,
07:39ce n'est pas très intéressant.
07:40Donc, c'est toute la difficulté du ciblage
07:43et il faut que ce ciblage réponde à la fois
07:46à des objectifs militaires,
07:48mais surtout à un objectif politique,
07:49c'est-à-dire d'obliger le régime
07:52à venir à la table des négociations,
07:55mais pas en cherchant à gagner du temps.
07:57C'est ça toute la difficulté.
07:57Mais cette opération Massu,
07:58elle peut démarre à n'importe quel moment
08:00ou ça sera après le voyage en Chine ?
08:02– Ça ne me paraît pas pendant le voyage en Chine,
08:03ça serait inélégant et pas très efficace
08:06s'il veut obtenir un peu de soutien.
08:08– Il y a un précédent, il y a un précédent.
08:10– Oui, effectivement, oui, non.
08:11– C'est quoi le précédent ?
08:12– C'était quand Netanyahou était à l'ONU,
08:15il avait donné l'ordre d'assassiner
08:17un dirigeant du Hezbollah.
08:19– Non, mais ça arrive, regardez,
08:23Poutine a attaqué indépendamment
08:25des Jeux Olympiques en Chine, en Ukraine,
08:27donc il n'y a pas de règle absolue.
08:28Mais là, honnêtement, si la logique,
08:30et ça a l'air d'être la logique de Donald Trump,
08:32c'est plutôt quand même d'aller sur de la dégo,
08:35ça ne serait pas ultra-philo de sa part.
08:36– Cette opération Massu,
08:38c'est une menace, une énième menace ?
08:40– Non, alors d'abord, ça peut se déclencher après,
08:42mais en fait, on voit bien qu'il y a quand même…
08:45ils ont un problème,
08:47ce n'est pas un problème militaire qu'ils ont fait.
08:49– Non.
08:49– C'est en fait la vraie question.
08:51– Militairement, ils ont fait un peu pas tout ce qu'ils pouvaient faire.
08:53– C'est un problème politique.
08:54– En fait, c'est les Iraniens,
08:55ils ont été malins comme tout,
08:56au lieu de répondre sur le plan militaire,
08:58parce qu'ils n'avaient pas la capacité de s'affronter les États-Unis.
09:00– Ils ont bloqué les trois d'Hormuz.
09:01– Ils ont bloqué Hormuz et ils ont tapé les voisins.
09:04Et ils n'ont même pas tapé Israël beaucoup plus…
09:07Enfin, ils l'ont tapé, évidemment.
09:08– Il y a le Hezbollah, oui.
09:09– Comme pendant la guerre des Zoujours,
09:11c'était Israël qui prenait tout.
09:12Là, ils ont été super malins,
09:19parce qu'en fait, les Américains, eux,
09:21ils ne prennent pas grand-chose dans l'histoire.
09:22Ils ont le pétrole, ça les embête sur les engrais.
09:25Mais le problème, c'est que les pressions sont très indirectes sur eux.
09:28Ils ne vont pas se prendre des missiles sur la figure.
09:29Bon, à part sur quelques bases, mais même sur quelques bases.
09:31– D'accord, mais ça veut dire que l'Iran est faible ou l'Iran reste fort ?
09:34– Non, ils ont une capacité de nuisance, je pense que la définition…
09:37– Là, dans le rapport de force,
09:39on a l'impression qu'ils sont même…
09:40– Ils sont dominateurs, ils sont dominateurs.
09:42– Exactement, dans une guerre du faible au fort,
09:44il suffit qu'il soit encore en vie,
09:47qu'il respire encore,
09:48pour prétendre avoir emporté cette bataille.
09:51Et puis, vous disiez que le cessez-le-feu tient,
09:53en effet, ça tient dans le Golfe,
09:54mais au pays où nous sommes nés, Alex et moi, au Liban,
09:57ça n'a jamais tenu.
09:58– On va en parler.
09:59– Un cessez-le-feu uniquement sur le papier,
10:01on est à 360 morts, y compris des journalistes, des secouristes, etc.
10:04Et donc, s'il doit y avoir une opération massue,
10:06ça va également se répercuter sur les autres théâtres de guerre,
10:09parce que le Hezbollah est désormais entièrement dirigé
10:12par les gardiens de la révolution iranienne.
10:14Donc, il n'y a plus véritablement de théâtre séparé,
10:17tout est intimement lié,
10:19et vouloir une escalade dans le Golfe,
10:21ça impliquerait une escalade dans le Golfe.
10:23– Pardon, mais ça veut dire qu'on est vraiment
10:25toujours dans une tactique de partage des rôles.
10:27C'est-à-dire que les États-Unis ne tapent plus,
10:29mais on laisse faire Israël,
10:31qui cogne sur le Hezbollah,
10:33et qui donc affaiblit l'Iran aussi.
10:35– Donc, ça n'affaiblit pas tellement les…
10:38Je pense que la problématique tapée sur le Hezbollah
10:42n'affaiblit pas Téhéran.
10:45C'est-à-dire que c'est le problème vraiment,
10:48effectivement, existentiel d'Israël par rapport au Hezbollah,
10:53tant que, en fait, la seule solution,
10:55c'est que Téhéran dise à un moment donné,
10:57dans le cadre de négociations,
10:58dise au Hezbollah, stop, vous arrêtez.
11:00Mais Israël peut taper jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien du Hezbollah,
11:05Téhéran s'en fout.
11:06– Alors justement, on va au Liban,
11:07si vous permettez, puis comme ça,
11:09ça va nous permettre de continuer cette discussion
11:11sur ce qui se passe sur place au Liban,
11:12où se trouve Jérémy Paire, à Beyrouth,
11:14pour BFMTV, parce que, comme on l'évoquait,
11:17les frappes continuent, elles sont intenses,
11:19elles sont dévastatrices, les frappes israéliennes.
11:21– Oui, absolument, elles sont très intenses.
11:27Aujourd'hui, l'armée israélienne,
11:28qui a utilisé des drones pour cibler des véhicules,
11:31d'abord au milieu de la matinée,
11:32sur cette autoroute qui relie Beyrouth à Tire,
11:35le long de la côte libanaise,
11:37ils ont tué 4 personnes dans des frappes
11:39sur 2 véhicules différents,
11:40à 20 km au sud de Beyrouth.
11:43Ils ont tué, selon les médias libanais,
11:45une famille en visant un véhicule
11:46dans une ville qui est située encore un peu plus au sud,
11:49sur cette même autoroute,
11:51un père, une mère et un enfant en bas âge.
11:53Les Israéliens qui ont mené
11:54de très nombreuses frappes d'aviation
11:56dans des dizaines de localités
11:58dans le sud du Liban,
11:59la plupart d'entre elles qui sont bien loin
12:01de cette zone tampon imposée par l'État hébreu
12:03dans l'extrême sud du pays.
12:05L'armée israélienne qui donc ne respecte pas
12:07ce CSL feu,
12:08comme le Hezbollah qui lui aussi publie tous les jours
12:10des dizaines de vidéos montrant des drones,
12:13FPV, des drones kamikazes
12:15visant des positions israéliennes
12:17dans le sud Liban occupées,
12:19des chars, des bulldozers, des soldats.
12:21Pour le coup, Saal ne communique que très peu
12:23le bilan de ces attaques.
12:25Mais vous l'aurez compris,
12:26ni Israël, ni le Hezbollah
12:28ne respectent ce CSL feu
12:30alors que des négociations vont s'ouvrir
12:31dès demain à Washington,
12:33le 14 et le 15 mai
12:35entre le Liban et Israël.
12:37Washington qui espère ouvrir une voie à la paix,
12:39une paix qui semble très loin
12:41d'être signée dans le sud du Liban.
12:44Jérémy perd avec Fanny Moret pour BFATU.
12:46C'est ça Alexis, parce que ça cogne,
12:47mais ça discute aussi.
12:48Et ça, c'est inédit, voire même historique
12:52entre Israël et les Libanais.
12:54D'une part, ce n'est pas la première fois.
12:56Il ne faut pas oublier que même avant 1982,
12:58Israël a déjà bombardé Beyrouth en 1968,
13:01l'aéroport de Beyrouth.
13:02Par exemple, en 1973,
13:04des opérations commando,
13:0578 opérations litanie,
13:0782 opérations paix en Galilée.
13:08Le problème qui se pose aujourd'hui,
13:10c'est par rapport à la crise humanitaire,
13:11notamment, et la violation
13:12des droits internationaux et humanitaires.
13:14Donc, comme le correspondant l'a bien mentionné,
13:16il y a des familles qui sont touchées, qui sont tuées.
13:19Donc, des familles qui ne sont pas
13:20des combattants du Hezbollah non plus.
13:21La destruction des infrastructures,
13:23des ambulanciers également,
13:25qui sont touchées,
13:26l'utilisation du phosphore blanc.
13:28Il y a plein de conventions internationales
13:30qui ne sont pas respectées aujourd'hui.
13:31Et il y a une crise humanitaire
13:32à prendre en considération
13:33et à ne pas sous-estimer.
13:35Donc, pour beaucoup de gens,
13:36notamment de la population sud-libanaise,
13:38il s'agit d'une guerre
13:39contre les Libanais en soi.
13:40Et pour parler d'une paix durable,
13:42il faut parler vraiment
13:43de l'importance de la mémoire collective.
13:45Donc, comment pouvoir négocier
13:47tous les bombardements, d'une part ?
13:49Comment pouvoir vraiment...
13:50Pourtant, les négociations...
13:51C'est ça qui est surprenant,
13:53c'est qu'il y a un troisième ronde
13:54de négociations à Washington
13:55qui va s'ouvrir
13:56entre le régime libanais...
13:58Alors, le Hezbollah n'est pas autour de la table.
14:00On avait compris
14:00entre le gouvernement libanais
14:03et les Israéliens,
14:04malgré les bombes.
14:05Mais est-ce vraiment une négociation
14:07ou une paix imposée ?
14:08Parce qu'il fait la différence.
14:10Il y a ces discussions...
14:11...de quel gouvernement libanais y participe.
14:12Il y a ces discussions
14:13qui démontrent le volontarisme
14:15du gouvernement libanais
14:16d'enfin trouver une solution
14:18à cette situation.
14:20Il y a aussi un autre élément
14:21très important aujourd'hui.
14:22C'est une plainte déposée
14:23par l'État libanais
14:24à l'ONU contre l'Iran.
14:26Le Liban qui dépose plainte
14:28contre l'Iran aux Nations Unies
14:29pour protester
14:30contre les ingérences iraniennes.
14:32On le sait évidemment
14:33par le biais du Hezbollah
14:35mais par d'autres acteurs.
14:37Eh bien, il y a évidemment
14:38une ingérence très très forte au Liban.
14:40Rappelons qu'au début de la guerre
14:42le Liban a essayé
14:44d'expulser l'ambassadeur d'Iran
14:46du territoire libanais.
14:47Il est resté.
14:48On a même pu assister.
14:49Moi j'étais au Liban
14:50il y a quelques semaines.
14:50J'ai pu me rendre
14:51à l'ambassade d'Iran
14:52à Beyrouth
14:53qui organisait
14:54en plein cœur de la capitale
14:56une grande commémoration
14:57en hommage à la Yotala Ramenei
14:58qui avait été tuée
14:59au premier jour de la guerre.
15:00C'était une énorme
15:01démonstration de force.
15:02Il y avait les 13 ou 15 députés
15:04du Hezbollah
15:04parce que le Hezbollah
15:05c'est une milice
15:06considérée comme terroriste
15:07par l'Union Européenne
15:08mais au Liban
15:08on le rappelle
15:08ils ont des députés
15:09qui sont élus au Parlement.
15:10Donc il y avait tout ce
15:10que l'Iran compte d'alliés
15:12au Liban.
15:13Il y avait les députés
15:14il y avait les imams chiites
15:14il y avait évidemment
15:15des combattants du Hezbollah
15:16et donc aujourd'hui
15:17cette plainte
15:18en parallèle des discussions
15:19de demain
15:20elle montre évidemment
15:21la volonté
15:22du gouvernement libanais
15:23d'infléchir
15:24et c'est aussi un message
15:25envoyé au peuple libanais
15:26qui continue de subir
15:27cette situation.
15:28Vous avez dit tout à l'heure
15:29Karim et Émile Bittard
15:30c'est qu'aujourd'hui
15:31le Hezbollah est dirigé
15:32directement par les guerres
15:33dans la révolution ?
15:34Oui, c'est pour ça
15:34que ces négociations
15:35sont un peu surréalistes
15:36parce que quand bien même
15:37le gouvernement libanais
15:38se mettrait d'accord
15:39avec les Américains
15:40et les Israéliens
15:41ils n'ont aucun moyen
15:42aucun levier
15:43pour désarmer le Hezbollah
15:45et le Hezbollah
15:46se sert de ces négociations
15:47pour les accuser de trahison
15:49aussi bien le président
15:50que le premier ministre
15:50Le président qui est menacé
15:52directement
15:52Menacé de mort
15:53On lui dit
15:53tu vas finir
15:54comme Anwar el-Sadat
15:55autrement dit
15:56si tu serres la main
15:57de Netanyahou
15:58tu ne vas pas vivre longtemps
16:02donc la triste réalité
16:04c'est que seuls les Iraniens
16:05peuvent contraindre
16:06le Hezbollah
16:07à changer
16:07Oui mais les Libanais
16:08eux-mêmes
16:08aujourd'hui
16:09est-ce qu'ils en ont
16:10assez du Hezbollah
16:12et est-ce qu'ils sont
16:12plutôt sur un chemin
16:13de paix avec Israël
16:15ou pas ?
16:15C'est un pays
16:16extrêmement polarisé
16:18donc le Hezbollah
16:20conserve un certain
16:21ancrage dans la communauté
16:22chiite
16:23je dirais que 60 à 70%
16:24de la communauté
16:25chiite
16:25restent soudés
16:26autour du Hezbollah
16:27et comme le disait
16:27le général
16:28les frappes israéliennes
16:29peuvent au contraire
16:30renforcer cet esprit
16:31de corps
16:31autour du Hezbollah
16:33par contre
16:34le Hezbollah
16:34a perdu tous ses alliés
16:35dans les autres communautés
16:37même si l'hostilité
16:38envers le Hezbollah
16:39ne se traduit pas
16:40par une sympathie
16:41pour Israël
16:41l'écrasante majorité
16:42des Libanais
16:43on veut aussi bien
16:44au Hezbollah
16:44et n'accepte pas
16:46les pratiques israéliennes
16:47d'occupation permanente
16:48Ce qui fait bien comprendre
16:48en fait
16:49le gouvernement libanais
16:51ça décharge
16:52un peu de moyens
16:53il a un problème
16:55de souveraineté
16:55attaqué à la fois
16:57par le Hezbollah
16:58et par Israël
16:59puisque le Hezbollah
17:00déclasherait une guerre
17:00contre la vie du gouvernement
17:02et est un groupe armé
17:03plus fort que son armée
17:04et qu'Israël a riposté
17:06et que donc
17:06aujourd'hui
17:06ils ont un problème là-dessus
17:07et que la deuxième chose
17:08c'est qu'ils voudraient en sortir
17:09mais en évitant
17:10une chose terrible
17:11la guerre civile
17:12et donc c'est ça
17:13le double
17:14l'étau
17:14qui enserre
17:15et qui
17:16qui asphyxie
17:18les Libanais
17:19à part le Hezbollah
17:20qui lui évidemment
17:21est un
17:22alors c'est
17:23et un pseudopode
17:24et le représentant
17:25d'une partie
17:26de la population chiite
17:26etc
17:27qui effectivement
17:28à chaque fois qu'ils se prennent
17:28des bombes
17:28restent proches de lui
17:30au début de la guerre
17:31moins sûr
17:32maintenant
17:32il y a ce risque là
17:34donc c'est ça
17:35la vraie difficulté
17:35c'est comment
17:37garder sa souveraineté
17:38face à deux puissances
17:39qui s'affrontent
17:39sur son sol
17:40et en évitant une guerre civile
17:41c'est pas simple
17:42parce qu'il faut bien comprendre
17:43que quand on roule
17:45en voiture
17:46dans la région
17:46du sud Liban
17:47dès qu'on quitte
17:48Saïda
17:49qui est la dernière
17:49grande ville
17:49avant le sud
17:50tous les drapeaux
17:51qui jalonnent la route
17:52sont les drapeaux
17:53du Hezbollah
17:54et les drapeaux libanais
17:55disparaissent peu à peu
17:56c'est une région
17:56qui est administrée
17:58par le Hezbollah
17:58qui contrôle
18:00tous les aspects
18:01de la vie
18:01et on parlait
18:02de l'ombre
18:03de la guerre civile
18:04il y a quand même
18:04des situations
18:04qui sont très parlantes
18:05par exemple
18:05il y a des villages
18:06chrétiens
18:06tout au sud du Liban
18:07où les habitants
18:08se constituent
18:09quasiment en milice
18:12empêcher les combattants
18:12du Hezbollah
18:13d'entrer dans ces villages
18:14et ensuite
18:14de lancer leurs roquettes
18:15ce qui amènerait
18:16ensuite l'armée israélienne
18:17à cibler ces villages chrétiens
18:18donc il y a vraiment
18:19des scènes comme ça
18:19qui exacerbent les tensions
18:21et qui rappellent
18:22à la population
18:22ce qu'elle a connu
18:23jusque dans les années 90
18:24Il nous reste deux minutes
18:26je voudrais qu'on revienne
18:27sur cette information
18:27il y aura encore
18:28des lance-missiles
18:29à disposition
18:30du régime iranien
18:31qui pourraient notamment
18:33servir
18:34à protéger Hormuz
18:36et à maintenir ce blocus
18:37Oui ce que l'on sait
18:38c'est qu'ils ont construit
18:41depuis des années
18:41des silos
18:43très profonds
18:44donc dans lesquels
18:45on met les missiles
18:46et visiblement
18:48un certain nombre
18:49de ces silos
18:50n'ont pas été
18:51totalement neutralisés
18:52ce que les américains
18:53ont essayé de faire
18:54c'est de neutraliser
18:55par contre
18:56les entrées
18:57des souterrains
18:58mais pour autant
18:59depuis plus d'un mois
18:59une partie de ces silos
19:02vraisemblablement
19:02les iraniens
19:03ont pu déboucher
19:04en quelque sorte
19:05et donc ils sont prêts
19:07à être utilisés
19:08et donc à frapper
19:09non pas
19:09des bâtiments
19:11de commerce
19:11mais frapper
19:12les émirats arabes unis
19:14les bases aériennes
19:15c'est bien ça le problème
19:16et les américains
19:16n'ont pas réussi
19:17à les détruire
19:17pas la totalité
19:18pourquoi ?
19:19parce qu'ils sont enfouis
19:19profondément ?
19:20parce qu'ils sont enfouis
19:20alors très profondément
19:22quand vous avez quelque chose
19:23qui est construit
19:24à plus de 50 ou 60 mètres
19:26même les bombes GBU
19:28les plus puissantes
19:28ne parviennent pas
19:29ce qui a été neutralisé
19:30ce qui a été neutralisé
19:30c'est les entrées
19:31mais après
19:31à coup de bulldozer
19:32vous pouvez reconstruire
19:35les entrées
19:35ils s'enfuient tellement profondément
19:36qu'Hubert Védrine
19:37ironisait
19:38il disait
19:38on n'a pas besoin d'inspecteur
19:39on a besoin de spéléologue
19:40parce que c'est véritablement
19:41quand on dit 6 pieds sous terre
19:42c'est plutôt 600 pieds sous terre
19:44non