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  • il y a 4 mois
Dans la deuxième heure de son émission consacrée à la culture, Thomas Isle reçoit chaque jour un invité.

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00:00Europe 1
00:00Vous êtes bien sur Europe 1, vous écoutez Culture Média tous les jours de 10h à 11h30 avec Thomas Hille,
00:06avec Olivier Pouls et Joïm ce matin
00:07et votre invité Thomas, vous recevez le réalisateur Jean-Jacques Hannault pour son ciné-concert symphonique le 12 novembre 2026
00:15et c'est au Palais des Congrès à Paris.
00:16Et vous nous étiez en train de nous raconter Jean-Jacques Hannault comment l'ours du film L'ours, comment
00:22il s'appelait d'ailleurs cet ours ?
00:23Barthes.
00:23Barthes, comment il vous était tombé dessus un jour et avait été particulièrement...
00:28C'est lui qui m'est tombé dessus.
00:28Oui voilà, il avait été très agressif avec vous.
00:31Et alors je vous demandais quelles étaient les séquelles aujourd'hui, parce que vous nous disiez que vous le portez
00:35encore sur votre corps.
00:36Non, je porte surtout le souvenir d'un film très agréable à tourner, avec un animal qui s'est cru
00:43agressé.
00:43Et moi j'ai pris le risque de faire un film comme ça, c'est très dangereux.
00:47Les ours sont très dangereux en vérité.
00:50Les gens pensent que les nounours c'est tellement gentil, mais non.
00:54Ils sont supposés être gentils parce qu'ils sont plantigrades, donc ils marchent debout.
01:01Très souvent, ils ont un joli pelage.
01:03Quand ils sont bébés, c'est des amours.
01:05Trop mignon.
01:06Mais ils sont bébés pendant deux mois.
01:08Mon film a duré longtemps.
01:12Non, si vous voulez, moi toute ma vie j'ai pris des risques, d'abord sur les sujets de mes
01:16films.
01:18Ensuite, j'ai fait beaucoup d'hélicoptères, j'ai fait une planter, je ne sais pas combien de fois.
01:22Sur un film comme Stalingrad, on a frôlé l'eau trop bas, il y avait une mine sous-marine qui
01:28nous a explosé dessus, on a failli sombrer.
01:31D'autres fois, sur un film, ça a eu des ailes du courage, en IMAX 3D, on longeait des parois
01:36en pleine orage.
01:38Mais bon, le film est bien.
01:39C'est ce qui compte, c'est le but.
01:41C'est ce qui compte, bien sûr.
01:42Et alors, j'ouvre maintenant la page beau gosse de votre carrière, Jean-Jacques Hannault,
01:46parce que vous avez dirigé d'immenses stars quand même dans vos films,
01:49même si ce n'était pas toujours prévu, comme dans Le Nom de la Rose.
01:58Et alors, Le Nom de la Rose, c'est Sean Connery qui a dû vous convaincre de l'embaucher.
02:04Oui, parce que...
02:05C'est surprenant quand même.
02:06Alors, j'étais à Alessandria hier.
02:09C'est une ville, un rendez-vous culturel.
02:12On a beaucoup parlé de ça.
02:17Mais...
02:17Non, si vous voulez, diriger un acteur célèbre,
02:24c'est très bien, mais je n'avais pas cette tentation.
02:26Je voulais un acteur frais,
02:29parce que je débarquais dans un monde du XIVe siècle,
02:33et je ne voulais pas qu'on reconnaisse quelqu'un de célèbre.
02:37James Bond, en particulier.
02:39En plus, attendez, l'invention de l'auteur Umberto Eco,
02:43c'était de mélanger un intellectuel franciscain du XIVe siècle avec Sherlock Holmes.
02:48Et je disais à son agent, qui s'appelait Mike Covis,
02:50je disais, Mike, arrête de me gonfler.
02:53Je ne peux pas rajouter la couche 007 sur, déjà, un assemblage.
02:59Et Mike Covis, qui était le grand agent de Chessier,
03:03m'appelait quasiment tous les 15 jours.
03:05Et je disais non tout le temps.
03:07J'ai fait le tour du monde.
03:08Je suis allé jusqu'en Nouvelle-Zélande voir des acteurs.
03:11Et puis, comme personne n'a voulu financer le film en France,
03:16j'avais des amis allemands, la plus grande boîte de production allemande,
03:21qui m'a invité à faire le film avec une équipe allemande.
03:26Ils ont fait une co-production avec l'Italie.
03:28Et donc, si vous voulez, j'étais, moi, j'ai résidé en Allemagne et en Italie,
03:33mais en quatre ans, je n'ai pas touché la France.
03:39Et donc, Sean Connery ?
03:40– Oui, oui. Et alors, un jour, j'étais en train de faire mon storyboard,
03:45enfin, mes cro-barres de storyboard, à Munich, dans mon bureau.
03:49Mon producteur vient, il me dit « Ah, ben, dis-donc, tu vas voir une visite, là, ce matin. »
03:54Je lui dis « Ah bon ? C'est pas prévu, ça. »
03:58Il me dit « Oui, oui, c'est… »
04:00Il n'y a pas qu'un long temps.
04:03Sean Connery va venir.
04:04« Oh, je lui dis, mais tu es infernal.
04:07Tu sais que je lui ai déjà dit 20 fois, non.
04:10Alors, il me dit « Ben, tu lui diras les yeux dans les yeux. »
04:12– Ah oui, oui.
04:13– Dix minutes plus tard, on frappe à ma porte,
04:16la porte s'ouvre, c'est Sean Connery.
04:19Et je me dis, pardonnez-moi de la vulgarité de mon propos intérieur,
04:23je me dis « Puis-un, qu'il est beau, mec. »
04:25– Ah oui, on se l'est tous dire.
04:27– Et donc, ça vous a convaincu ?
04:29– Un charisme.
04:30Ben, j'avais vu tous ces films.
04:32– Mais de le voir en vrai, ça vous a convaincu ?
04:34– Mais grand, costaud, sympathique dans le regard,
04:38un vrai, et il me dit, il avait mon scénario sous le bras.
04:42Il s'assoit face à moi, il me dit « Listen, boy. »
04:46– Écoute, garçon, gamin.
04:49– Il vous a convaincu.
04:51Alors, il y a un autre beau gosse avec lequel vous avez tourné aussi,
04:54Jean-Jacques Hannault, et là, vous avez réuni la beauté,
04:56des paysages à couper le souffle,
04:58et le compositeur de Steven Spielberg dans un même film,
05:01ça c'est en 97.
05:06– C'est Brad à la montagne.
05:08– C'est Brad.
05:08– Brad.
05:09C'est au haut-tibet avec Brad Pitt,
05:11cette bande originale signée du génie John Williams.
05:14Il était sympa, Brad, d'ailleurs ?
05:16– Extraordialement sympathique.
05:18Vous savez, on était comme un grand frère
05:22avec son jeune frère.
05:23C'était une des premières fois où
05:26la star était plus jeune que moi.
05:28– Ah oui.
05:28– Eh oui, ça me faisait un choc,
05:30parce que généralement, j'étais plus jeune sur le plateau,
05:32moi, depuis ma sortie de l'école de cinéma.
05:36Et là, si vous voyez ce qu'il s'est...
05:38En fait, c'est Brad aussi qui est venu me voir.
05:42Parce qu'il...
05:43– De rien.
05:43– J'avais donné mon scénario,
05:45la première version,
05:47à mon agent et au directeur de Columbia,
05:50au chairman,
05:52seulement deux exemplaires.
05:53Et puis à mon agent, trois.
05:56C'était un vendredi,
05:57le samedi matin,
05:59j'ai le fameux Mike Ovis
06:01qui m'appelle et qui me dit
06:02« Dis donc, il y a un Brad Pitt
06:03qui devrait être rencontré. »
06:05Je lui dis « Mais quoi ? Pourquoi ? »
06:06« Mais il a lu ton scénario,
06:08il trouve ça formidable, etc. »
06:10Et je vais vous faire l'anecdote rapide.
06:13Je ne peux pas refuser,
06:14parce que je n'ai pas du tout en tête.
06:17Je pense que...
06:17Mais enfin, bon.
06:19Je sais que c'est un acteur montant.
06:21J'ai vu ses films, évidemment.
06:23Et je prétends que j'ai un déjeuner,
06:28mais...
06:30Donc, s'il vient à 11h,
06:31on pourra se voir,
06:32et puis après...
06:33Oh, Markovic me dit « Ça tombe bien ! »
06:35Parce que lui aussi a un déjeuner.
06:36Alors, je dis « Parfait ! »
06:37Donc, Brad vient me voir
06:41au Bel Air,
06:42à l'hôtel où j'habitais.
06:44Et...
06:45– Et là, c'est sa beauté aussi
06:46qui vous a convaincu ?
06:47– Non.
06:48– Qu'est-ce qui vous a convaincu, alors ?
06:50– Sa sincérité.
06:52– Ah oui.
06:53Vous êtes tout de suite entendu avec lui.
06:55– Je peux le dire.
06:55J'ai beaucoup hésité à le dire,
06:58parce que ça fait prétentieux,
07:00mais...
07:01Brad, avant de me dire bonjour,
07:03ou pendant qu'il me dit bonjour,
07:04il me dit « Voilà, moi,
07:07je ne suis pas un très bon acteur,
07:09mais j'ai besoin de faire des films
07:10comme ceux que vous faites. »
07:11– Ah, c'est chouette.
07:13– Donc, celui-là,
07:14cette sincérité-là m'a ébloui.
07:17– Et après, vous allez aussi.
07:18– C'est amusant, c'est que...
07:21Du coup, on avait évidemment un déjeuner,
07:23c'est-à-dire qu'en fait,
07:24le déjeuner, c'était ensemble.
07:25– Ah !
07:26– Mais ça, je ne le savais pas au début.
07:28Et...
07:29Attendez, on est restés jusqu'à 7h du soir.
07:32– Ah oui, donc ça a bien marché.
07:33– C'était...
07:35Et Brad m'a demandé
07:37de lui faire connaître un peu le monde.
07:39Et il a exigé, sur contrat,
07:41que je sois présent
07:43dans toutes les émissions,
07:46dans toutes les interviews,
07:47ce que nous avons fait.
07:49À la fin, on a fait, je ne sais pas,
07:5120 pays ensemble,
07:52peut-être pas 20,
07:53mais en tout cas, une quinzaine.
07:57On finissait par ne plus écouter les journalistes,
07:59parce qu'on disait,
07:59disons, tu te souviens de ce jour-là,
08:00quand tu étais suspendu au bout du filin, etc.
08:03Bon, et que tu ne disais rien.
08:04– Et puis, il y en a un dernier
08:05avec qui vous avez tourné un autre beau gosse.
08:07C'était ça, le film.
08:15– Très belle musique aussi de Stalingrad
08:18et l'incroyable Jude Law
08:20avec qui vous avez tourné.
08:22Alors lui, vous avez reconnu
08:23l'avoir d'abord choisi pour son physique.
08:26Vous avez dit même,
08:28la beauté, ça se vend.
08:29– Ça se vend bien.
08:30– Ça se vend bien.
08:32– Mais non.
08:32– Ça fait acheter des billets de cinéma.
08:34– Mais vous avez mis du temps à le trouver,
08:35je crois, par contre.
08:36– Je suis allé, comme d'habitude, au théâtre.
08:38J'ai vu plein d'acteurs.
08:40Et à travers l'agent de Jude,
08:46je suis allé le voir dans un Shakespeare,
08:48à Londres,
08:50où j'habitais d'ailleurs à l'époque,
08:52et je l'ai trouvé remarquable.
08:54– Oui.
08:55– Et vous savez,
08:56il y a une chose amusante,
08:58il me donne rendez-vous pour déjeuner
09:01dans une salle
09:02où il y avait bien,
09:04c'était comme la coupeau l'autre fois,
09:05mais à Londres,
09:06il y avait, je ne sais pas,
09:07500 personnes.
09:08Je monte l'escalier,
09:10je découvre la salle,
09:11je ne vois que lui.
09:13Il irradiait.
09:14– C'est fou, hein ?
09:15– Oui.
09:15– On a la même chose dans l'équipe
09:17avec Olivier Pouls.
09:18Dès qu'il entre dans ce studio,
09:19il se passe un truc.
09:20– Parce que vous l'avez pris
09:21pour ma beauté aussi,
09:21je crois que c'était ça.
09:22– C'est l'avantage de la radio, ça.
09:26On n'est pas obligé
09:26de se payer de jus de l'eau.
09:27– Sous-titrage Société Radio-Canada
09:27– Sous-titrage Société Radio-Canada

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