00:05Bonjour, je m'appelle Hervé Morin, je suis journaliste au service sciences et médecine du
00:09monde depuis une trentaine d'années et je suis plus particulièrement chargé de couvrir les
00:13questions d'archéologie, de paléontologie humaine, mais aussi de génétique, neurobiologie.
00:22Quand on couvre les questions d'archéologie ou de paléontologie humaine, on est fréquemment
00:27confrontés à des histoires de cannibalisme. J'ai eu la chance de partir en portage à Tapuerca,
00:33c'est en Espagne, au nord de l'Espagne, un site assez exceptionnel où il y a le plus ancien
00:39européen qui s'appelle Pink, à 1,4 million d'années, mais il y a aussi le cas le plus
00:43ancien de cannibalisme, 850 000 ans, ce n'était pas notre espèce, c'était Homo antecessor et
00:49donc j'avais pu raconter ça et puis j'ai aussi pu rencontrer des chercheurs qui s'intéressent
00:56face à ces questions-là. J'ai fait notamment le portrait de Bruno Boulestin qui est un spécialiste
01:01du cannibalisme et donc ça m'a donné envie d'approfondir à l'occasion de ces séries
01:07estivales qui permettent de faire un pas de côté.
01:11Le plus surpris, c'est de découvrir que des chiens sont capables de sentir et de localiser
01:16des cadavres par-delà les millénaires et qui sont utilisés comme assistants par des
01:23archéologues, notamment aux États-Unis mais ailleurs également et donc je pense que je
01:29vais peut-être prolonger l'enquête sur ces chiens chercheurs honifleurs de cadavres.
01:36Je pense que ce n'est pas donné à toutes les rédactions de pouvoir se consacrer à
01:41des sujets de fond comme ça, de pouvoir les creuser. De toute façon les chercheurs n'étaient
01:45pas forcément disponibles immédiatement donc on prend plusieurs mois d'avance pour pouvoir
01:49accumuler toute la documentation et les témoignages donc c'est comme ça qu'on travaille.