- il y a 5 semaines
Chaque week-end, Jérémy Brossard vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00Bonsoir à tous, BFM, grand soir. Il est 20h, aucun répit sur le front ukrainien.
00:05L'offensive russe s'est poursuivie ces dernières heures avec des frappes sur des navires en mer Noire.
00:08La région d'Odessa a été touchée, ainsi que des installations énergétiques ukrainiennes.
00:13Plusieurs morts signalés dans les secteurs de Kherson et Izium.
00:16Côté ukrainien, une centaine de drones a atteint leur cible sur le territoire russe.
00:20La Russie qui prépare une opération contre un membre de l'OTAN.
00:23Ce sont des informations des services de renseignement américains relayés par la presse aux Etats-Unis.
00:28Pas d'informations précises sur le type d'action, mais elles pourraient intervenir dès l'automne.
00:32Une sorte de test pour vérifier la réaction et la cohésion des Etats membres de l'organisation transatlantique.
00:38Analyse et décryptage ce soir avec nos invités.
00:41Nicolas Tenzer, bonsoir.
00:42Enseignant en géostratégie à Sciences Po.
00:45Elric Buna, analyste géopolitique BFM TV.
00:47Bonsoir Ulric.
00:48Et puis Masha Kondakova, réalisatrice ukrainienne.
00:51On va pour commencer prendre la direction de Moscou pour faire un point effectivement sur les dernières frappes russes
00:57de cette journée.
00:59On est en direct avec vous, Jean-Didier Revoin.
01:01Donc des frappes qui ont été signalées aujourd'hui, notamment dans les secteurs d'Odessa et de Kharkiv.
01:07Oui, effectivement.
01:08On voit que la Russie ne relâche pas la pression qu'elle met sur les troupes ukrainiennes.
01:12Et au vu de la multiplication des attaques de drones qui ciblent la Russie, avec le succès
01:17que l'on connaît et plusieurs entrepôts de l'entreprise Wildberries, cet Amazon russe,
01:22qui ont été touchés, qui ont brûlé.
01:24Eh bien, les Russes continuent, poursuivent leur offensive, n'entendent rien lâcher en Ukraine.
01:28Et c'est pour ça qu'on assiste à ces attaques sur Odessa ou encore Zaporizhia ou Kersov.
01:36Merci, Jean-Didier, pour ces précisions depuis Moscou.
01:39Nicolas Tenzer, on le voit, Odessa ciblée.
01:42On a vu aussi ces images de navires ukrainiens qui ont été visés.
01:46Là, c'est un point important pour la Russie.
01:48C'est évidemment stratégique.
01:50Et ça fait mal à l'Ukraine quand on touche aux bateaux et aux ports de la mer Noire.
01:53Oui, on a l'impression qu'on revient aussi quelques années en arrière.
01:58Parce qu'on se rappelle effectivement comment déjà en 2022-2023, les Russes avaient ciblé,
02:02en essayant d'empêcher effectivement l'exportation de blé ukrainien.
02:07Là, effectivement, pendant un certain temps, je dirais, les Ukrainiens avaient réussi à réagir
02:12et à réouvrir les lignes en quelque sorte d'exportation.
02:16Là, elles risquent d'être à nouveau fermées, avec des conséquences bien sûr pour l'Ukraine,
02:20parce qu'il y a aussi des entrepôts bien sûr qui sont visés,
02:22mais aussi des risques, je dirais, pour d'autres pays, notamment des pays du Sud,
02:26des pays africains notamment, qui risquent de souffrir considérablement de cette pénurie.
02:31Donc là, Poutine utilise en quelque sorte une arme non seulement contre l'Ukraine,
02:35mais une arme aussi de déstabilisation du commerce mondial.
02:39Et il prend effectivement le risque de recréer à nouveau une crise alimentaire mondiale.
02:43On n'y est pas encore, mais effectivement, c'est tout à fait inquiétant.
02:46Elric Gouna, on voyait les derniers chiffres communiqués.
02:49Au moins 124 frappes russes ont visé le mois dernier, c'est-à-dire au mois de juillet,
02:53les terminaux du Sud de l'Ukraine par lesquels transitent plus de 90% des exportations de céréales
02:58et d'huile de tournesol du pays.
03:00Ça montre à quel point, effectivement, l'Ukraine a besoin de cet accès à la mer,
03:05auquel s'en prend clairement Moscou.
03:07Oui, non, mais complètement.
03:09Les Russes avaient bien identifié depuis toujours, en fait, depuis 2022,
03:13que c'est qu'il y avait un point faible, en fait,
03:15que les exportations des principales matières premières,
03:18notamment les céréales ukrainiennes, passaient par les ports d'Odessa,
03:21mais globalement aussi les ports du Danube.
03:22Et donc, ils avaient essayé de mettre en place un blocus qui n'avait pas tenu
03:25parce que la marine ukrainienne avait réussi à desserrer les taux.
03:28Et donc là, ce que l'on voit ces dernières semaines,
03:31c'est qu'effectivement, il y a des frappes non seulement sur les ports
03:33pour essayer de détruire les infrastructures,
03:35mais il y a surtout des frappes sur les navires.
03:36C'est peut-être ça qui est le plus dramatique.
03:38C'est-à-dire que, du coup, il n'y a quasiment plus aucun armateur
03:41qui ose aller dans les ports ukrainiens de peur de perdre son navire.
03:44Et donc, ce que l'on constate depuis une dizaine de jours,
03:46c'est qu'il n'y a plus de navire, en fait, qui va dans notamment le port d'Odessa.
03:49Et donc ça, c'est très compliqué.
03:50Il y a des routes alternatives en passant notamment par la route
03:53pour aller via les pays de l'UE pour exporter.
03:56Mais c'est des routes qui n'ont pas du tout les mêmes volumétries.
03:59Et on estime qu'actuellement, au moins 50 à 60 % des capacités d'exportation
04:04de matières agricoles de l'Ukraine est bloquée.
04:06Et donc, ça, effectivement, va avoir un impact économique relativement important
04:09sur l'Ukraine, mais effectivement, sur tout un tas de pays.
04:12Et du coup, les Ukrainiens essaient un petit peu de faire la même chose.
04:15Toutes ces frappes sur la mer d'Azov dont on parlait,
04:17elles ont effectivement un impact sur l'approvisionnement en essence de la Crimée,
04:21mais elles ont aussi un impact sur les exportations de céréales
04:23qui passaient par la mer d'Azov, puis la mer Noire,
04:25pour aller vers les pays du Sud.
04:27La seule différence qu'on voit aujourd'hui,
04:29qu'avant, les Ukrainiens n'avaient pas la possibilité,
04:32ni, comme vous vous souvenez, on va dire,
04:34droit, autorisation de frapper à l'intérieur des pays en Russie.
04:38Or que, que vous avez, vous venez de dire,
04:42le Dublin a été bloqué déjà, je ne me souviens pas,
04:45c'était 2023 ou 2020, ça a été déjà le cas.
04:48Donc, je ne vois pas le lien que, en fait,
04:50c'est la réponse directe de l'armée russe,
04:54attaquer à nouveau et bloquer, attaquer l'infrastructure ukrainienne.
04:58Ils ont fait ça avant.
04:59La seule différence aujourd'hui, c'est que les Ukrainiens font un considérable dégât
05:04pour l'économie russe.
05:06Alors, parmi les informations du jour aussi,
05:08il y a ces frappes massives sur des installations énergétiques ukrainiennes.
05:13Ça a été donc annoncé et confirmé côté ukrainien.
05:18Là aussi, on peut presque y voir, Nicolas Tenzer, une réponse.
05:20On évoquait hier soir ces frappes en profondeur de l'armée ukrainienne
05:24sur des raffineries russes, à 700 km du front et à 1300 km du front.
05:29Aujourd'hui, c'est un peu la réponse à ces frappes.
05:31Alors, pour moi, je ne parlerai pas de réponse pour une raison très simple.
05:34C'est que je dirais qu'il y a quand même un agresseur et un agressé dans l'affaire.
05:38C'est-à-dire que celui qui a commencé à agresser, c'est la Russie.
05:41Que l'Ukraine, elle, ne fait jamais que se défendre.
05:44Quand elle décide de frapper des infrastructures pétrolières
05:47et notamment des raffineries russes,
05:48quand elle frappe des grands magasins qui vendent effectivement,
05:51comme Wilberys, on y reviendra peut-être tout à l'heure,
05:53du matériel de guerre pour les soldats russes,
05:57quand elle frappe, bien sûr, des terrains militaires ou des dépôts de munitions,
06:01elle le fait parce qu'elle, tout simplement, elle a le droit de le faire
06:05en vertu de l'article 51 de la Charte des Nations Unies.
06:07Et là, la Russie, elle ne répond pas.
06:09C'est-à-dire que la Russie frappe, continue ses frappes
06:11et en fonction des opportunités, de ce dont elle dispose,
06:14sachant qu'elle n'avance quasiment pas sur le front,
06:16elle le fait, d'abord ce qu'elle fait depuis toujours,
06:18c'est-à-dire frapper d'abord les civils, les immeubles d'habitation,
06:21les écoles, les hôpitaux, les maternités, etc.
06:24C'est aussi frapper, je dirais, de manière totalement indistincte
06:28pour essayer de terroriser ce qu'elle ne fait pas,
06:30la population ukrainienne et de manière systématique,
06:34ce qui fait que ce ne sont pas seulement des crimes de guerre,
06:36mais aussi des crimes contre l'humanité.
06:38Et puis, évidemment, comme elle dispose de missiles,
06:41elle essaye de frapper toutes les infrastructures possibles
06:43qui servent soit à la vie des Ukrainiens,
06:47les infrastructures énergétiques,
06:48ce qu'elle a fait, rappelez-vous, pendant tout l'hiver,
06:50je dirais, de 2025, 2026.
06:53C'était ça qu'elle avait fait de manière systématique,
06:55privant les Ukrainiens, notamment des villes,
06:58de toutes possibilités de chauffage,
07:00et bien sûr, toutes les infrastructures commerciales.
07:03Alors, Ulrich Bounin, la Russie a frappé au total 7 sites pétroliers,
07:06selon les dernières informations qui nous parviennent.
07:09Ça se situe à Urknafta, dans l'est de l'Ukraine,
07:12et c'est, selon la compagnie Naftogaz,
07:15qui gère ces sites,
07:16l'attaque russe la plus massive depuis le début du conflit.
07:19Oui, il y a des frappes sur le système énergétique depuis 2022,
07:22au final, sur l'Ukraine,
07:22mais on sent que là, il y a une montée en puissance,
07:25en quelque sorte, des frappes russes sur le système énergétique,
07:28en prévision de l'hiver.
07:29L'Ukraine arrive déjà dans une position affaiblie par rapport à 2025.
07:33Il y a au moins 1 gigawatt de moins en production,
07:36parce qu'il n'a pas été possible de réparer
07:38toutes les centrales du pays.
07:41Et donc, non seulement ils vont viser, effectivement,
07:43les centrales électriques,
07:43mais ils vont aussi viser les centres de stockage
07:46ou de production de gaz,
07:47pour essayer de casser, en fait,
07:49soit les centrales qui fonctionnent au gaz,
07:51soit, en fait, casser aussi les réseaux de chauffage.
07:53Et donc, finalement, on voit que les Russes
07:55essayent de préparer, en quelque sorte, déjà,
07:57la saison hivernale,
07:58qui sera probablement encore plus compliquée
08:01que celle de 2025 pour les Ukrainiens.
08:02Alors que le général Bertrand Villemeur nous rejoint.
08:04Bonsoir, merci d'être là.
08:05Vous êtes ancien chef d'état-major interarmé,
08:07ancien pilote de chasse.
08:08Parmi les faits du jour,
08:09il y a une nouvelle fois des frappes
08:12sur des sites Walburys.
08:14Vous savez, ce géant du e-commerce russe.
08:16Cette fois, ça s'est passé à Yekaterinbourg,
08:19dans l'Oural, avec notamment des images
08:22que vous allez voir d'incendie.
08:25Nikola Tenzer, ce sont des frappes quotidiennes
08:27sur ce géant du commerce russe.
08:30Est-ce que ça porte ses fruits à la longue,
08:33où les images sont certes impressionnantes,
08:34mais ça reste à la marge en termes de efficacité ?
08:37C'est très important.
08:38Bien sûr, ça ne peut pas dire que c'est ça
08:40qui va décider du sort de la guerre.
08:41Mais c'est fondamental.
08:42D'abord, parce que vous avez 80 millions
08:44d'utilisateurs russes de l'entreprise Walburys.
08:47C'est une sorte d'Amazon absolument gigantesque,
08:50qui pèse 65 milliards,
08:52et qui est détenu très largement par Poutine,
08:56par le biais d'un certain nombre
08:57de montages financiers extraordinairement compliqués.
08:59Et donc ça, c'est un facteur absolument déterminant.
09:02Les entrepôts Walburys,
09:04ils sont stockés et achetés,
09:05non seulement des composants pour les drones,
09:08des viseurs, un certain nombre de matériels de guerre,
09:11mais aussi, vous le savez, des uniformes,
09:13des gilets pare-balles,
09:15que les Russes, parfois,
09:16parce qu'ils ne sont quand même pas très bien fournis
09:18toujours par l'armée russe elle-même,
09:20décident d'acheter dans ces magasins.
09:24Et enfin, il faut quand même aussi rappeler
09:25que ces entrepôts,
09:27ils ont été construits de manière relativement récente
09:29au prix d'un endettement absolument considérable
09:32de l'entreprise Walburys.
09:34Et ça fait peser un risque de défaut majeur
09:37sur le système bancaire russe,
09:39qui dispose déjà à peu près de créances douteuses
09:41qui montent à peu près à 12% dans le bilan des banques russes.
09:45Vous avez eu en 2025 15 banques russes régionales
09:49qui ont fait faillite.
09:51Et d'ailleurs, les Ukrainiens ne le cachent pas.
09:53Ça peut effectivement représenter un choc systémique
09:56sur le système bancaire.
09:57En tout cas, ils contribuaient grandement.
09:58Général, réagir.
10:00Oui, je suis tout à fait d'accord avec ce qu'il y a de dire.
10:02Mais ce qu'on peut peut-être rajouter,
10:04c'est que la Russie est un pays qui a des républiques
10:07et qui est immense.
10:08Et il y a des républiques qui subissent des assauts,
10:12notamment de drones.
10:13Mais la république qui a 1 500, 2 000 ou 3 000 kilomètres,
10:17elle ne se sent pas tellement concernée.
10:18Et pour que toutes les républiques se sentent concernées,
10:21il y a deux solutions.
10:23Soit trouver quelque chose qui concerne tout le monde,
10:26soit frapper sur les deux capitales de la Russie
10:28qui sont Moscou et Saint-Pétersbourg.
10:29En tapant sur un site de vente en ligne
10:32qui est utilisé par tous les Russes,
10:35ça perturbe la vie de tous les Russes.
10:37Pour pas cher, finalement.
10:39Pour pas cher.
10:39Parce qu'ils ont les deux premières frappes,
10:42c'est un entrepôt sur Moscou
10:44et un entrepôt dans la banlieue de Moscou
10:46avec un avantage considérable.
10:47C'est que les entrepôts, ils sont très grands.
10:49Donc, c'est des cibles qui sont plutôt faciles à traiter.
10:51Ils sont faciles à attendre.
10:53Donc, ça présente toutes les vertus.
10:54Les cibles sont faciles et ça touche tous les Russes.
10:57Et on reste tout de même un peu dans le droit de la guerre,
11:00entre guillemets, même si c'est relatif.
11:02Parce que, comme vous venez de le dire parfaitement,
11:04il y a aussi une partie du commerce
11:05qui est faite sur des biens à usage militaire.
11:08La guerre et ses conséquences sur la population.
11:10On évoquait à l'instant les sites pétroliers
11:12touchés dans l'est de l'Ukraine.
11:14On vous retrouve, Cyril Amonsky.
11:15Vous êtes en direct de Kiev pour BFM TV.
11:17On a appris aujourd'hui que cinq régions du pays
11:20avaient subi d'importantes coupures d'électricité
11:23en raison des attaques russes
11:24qui ont visé ces dernières heures les infrastructures énergétiques.
11:28Oui, tout à fait.
11:29Il s'agit surtout des régions qui sont les plus proches des combats,
11:31à savoir la région de Donetsk,
11:32la région de Nipropetrovsk,
11:34la région de Soumy, la région de Kersonne.
11:36Et effectivement, c'est quelque chose qu'on voit assez souvent en Ukraine.
11:39On l'a vu d'ailleurs beaucoup plus souvent lors de l'hiver.
11:42C'est une campagne, une stratégie tout à fait assumée de la Russie
11:45de frapper systématiquement le secteur énergétique
11:48pour pouvoir priver les civils
11:51et également les entreprises différentes en Ukraine d'électricité.
11:54Et en ce moment même, il y a des centaines de milliers d'Ukrainiens
11:57qui ont des problèmes d'électricité,
11:59qui ne peuvent pas tout simplement se servir de leur matériel comme ils le souhaiteraient.
12:05Et c'est vraiment quelque chose qu'on voit en effet en Ukraine depuis 2022,
12:08mais ça s'est accentué notamment pendant l'hiver.
12:10Et là, c'est en train de revenir avec ces frappes par missile balistique
12:13et par frappe tout court de la part de la Russie,
12:15tout simplement parce que l'Ukraine aujourd'hui n'a pas la capacité
12:18de pouvoir protéger son secteur énergétique,
12:20raison pour laquelle, eh bien aujourd'hui, nous avons des centaines de milliers d'Ukrainiens
12:24qui sont dans cette situation et ça s'inscrit dans une campagne un peu plus large.
12:28Certains de vos intervenants l'ont mentionné,
12:29il y a également des frappes contre tout ce qui concerne l'essence.
12:32L'Ukraine n'a pas de raffinerie, contrairement à la Russie.
12:35Et donc la Russie essaie de répliquer, disons à sa manière,
12:38avant un peu tout ce qui concerne l'économie ukrainienne,
12:41mais tout ce qui concerne surtout le secteur énergétique.
12:43Cyril, expliquez-nous où vous trouvez précisément,
12:45on voit des drapeaux qui s'agitent derrière vous.
12:49Alors là, en ce moment, je suis sur la place Maïdan
12:50et sur la place Maïdan, il y a un carré entier
12:52où on retrouve des drapeaux ukrainiens
12:54et des drapeaux de nationalités différentes.
12:56Et ici, je suis juste à côté du carré français.
12:58Chaque drapeau ici correspond à une personne
13:01qui a combattu du côté ukrainien et qui est morte.
13:03Et donc il y a également une fois plus des citoyens français
13:05qui ont combattu, qui sont morts pendant les combats.
13:08On l'évoquait pendant toute la journée
13:09qu'on a ce chiffre de 16 000 volontaires étrangers
13:12qui combattent au sein de l'armée ukrainienne.
13:14Eh bien, il y a également des Français
13:15qui combattent du côté ukrainien.
13:16On estime que ce chiffre est entre 200 et 300 personnes
13:19sur toute la période entre 2022 et 2026.
13:22Et parmi les morts, il y a une trentaine,
13:24plus ou moins, de Français qui sont morts
13:26pendant les combats.
13:27Et donc cette place est extrêmement importante.
13:29Elle est aussi très impressionnante.
13:30Malheureusement, je n'ai pas la possibilité
13:32de vous montrer l'intégralité de cette place.
13:34Mais pour avoir vécu le début
13:37de l'aménagement de cet endroit
13:38avec quelques drapeaux, quelques dizaines de drapeaux,
13:41désormais, il y a des dizaines de milliers de drapeaux.
13:42Et ça vous montre, une fois de plus,
13:44le prix payé par les Ukrainiens,
13:45mais aussi par les combattants étrangers
13:47qui défendent ici l'Ukraine.
13:49Merci Cyril Lamorski en direct,
13:50donc de la place Maïdan à Kiev pour BFM TV.
13:53Ulrich Bounat, 16 000 combattants étrangers
13:55aux côtés des forces ukrainiennes.
13:57Est-ce qu'il faut y voir au fond le signe
13:59que c'est des renforts importants pour l'Ukraine
14:03ou c'est en creux le signe qu'il y a un manque
14:06d'hommes et de femmes prêts à combattre en Ukraine ?
14:10Comment il faut lire ce chiffre ?
14:11Un peu de deux façons.
14:12C'est-à-dire qu'effectivement,
14:15les nationalités ont un peu changé.
14:17Avant, c'était beaucoup des citoyens européens
14:19ou américains qui s'engageaient.
14:21Désormais, c'est beaucoup plus des mercenaires
14:23latino-américains, essentiellement colombiens.
14:25Alors, ils apportent leurs expertises.
14:28C'est essentiellement des anciens soldats
14:30de l'armée régulière colombienne
14:31qui ont été formés par les Américains
14:33depuis au moins le début des années 2000.
14:36Donc, ils connaissent parfaitement le matériel otanien.
14:38Ce sont des gens qui ont l'expérience du combat
14:40rapprochée, notamment de la guérilla.
14:42Donc, ce sont des gens immédiatement opérationnels.
14:44Donc, effectivement, c'est un plus pour l'armée ukrainienne
14:47puisqu'elle récupère des hommes aptes au combat
14:48et qui ont déjà affronté le feu.
14:49Alors, ils n'ont pas affronté les drones,
14:50mais ils savent ce que c'est que la guerre.
14:52Donc, ça, c'est effectivement quelque chose de positif.
14:54Et c'est effectivement aussi une façon pour les Ukrainiens
14:56de combler une partie des difficultés de recrutement
14:58que rencontre l'armée ukrainienne.
15:00Juste, alors, après, 16 000, ça paraît beaucoup dit comme ça,
15:02mais je rappellerai que l'armée ukrainienne,
15:04c'est plus de 700 000 hommes.
15:05Donc, ça peut faire une différence ponctuelle,
15:07mais ce n'est pas énorme.
15:08Et juste, je te rappellerai aussi
15:09qu'il y a une stratégie miroir côté russe.
15:10Les Russes aussi recrutent des centaines,
15:13voire des milliers de combattants étrangers,
15:15notamment venus d'Afrique.
15:18La différence entre les deux,
15:19c'est que les Ukrainiens,
15:20les contrats sont extrêmement clairs.
15:21Les gens savent pourquoi ils s'engagent.
15:22Les Russes, eux, c'est assez souvent
15:24des gens qui sont recrutés un petit peu contre leur gré.
15:27Je rencontrais personnellement
15:29un monsieur qui vient d'Angleterre.
15:31Il était à l'égion étrangère en France
15:34qui s'est engagé bénévolement
15:36à aller rejoindre l'armée ukrainienne.
15:38Et il s'est battu, il a perdu une jambe.
15:39Maintenant, il vit sous la prothèse.
15:41Il est resté vivre en Ukraine.
15:43Il vit à le vivre.
15:44Il vient d'acheter un terrain
15:46dans l'ouest de l'Ukraine,
15:47dans les Carpathes, dans les montagnes.
15:50Et je lui ai posé la question
15:51est-ce que tu avais un lien avec l'Ukraine ?
15:53Pourquoi tu t'es rendu comme ça ?
15:54C'est ton courage.
15:55Merci infiniment.
15:56Mais pourquoi ?
15:57Il dit aucun lien.
15:58Mais je pensais que c'était injuste.
16:00D'ailleurs, ce n'est pas seulement lui
16:01qui a parlé de ça.
16:03Franck, un connu,
16:05monsieur sniper,
16:06aussi ancien légionnaire,
16:09qui a rejoint l'armée ukrainienne.
16:13Ils ont dit qu'ils étaient frappés
16:15par la résilience ukrainienne.
16:16Frappés dans le sens
16:17qu'ils étaient touchés
16:18par comment les gens s'engagent.
16:20Ils étaient absolument frappés
16:22par ce qui s'est passé à Boucher.
16:24Et aussi la fameuse phrase
16:26de monsieur Zelensky
16:27quand il a dit
16:27« Je n'ai pas besoin de taxi,
16:28j'ai besoin de la munition »
16:29quand monsieur Biden lui a proposé
16:32de quitter le pays pour se sauver.
16:34Moi, je trouve que c'est plutôt un symbole.
16:36Évidemment, il manque des hommes et des femmes.
16:39Je pense qu'à n'importe quelle guerre,
16:40il manque des hommes.
16:41Je viens de voir l'Odyssée,
16:43j'ai lu un peu
16:43« Les batailles de Napoléon ».
16:45Il manque toujours des hommes.
16:46Ce n'est pas la question.
16:47Ce n'est pas un symbole.
16:48Pourquoi on s'engage ici ?
16:50Alors, qu'est-ce que vous avez souligné,
16:51Luc,
16:52qu'il y a beaucoup d'étrangers
16:54qui se battent du côté russe.
16:56J'ai lu un témoignage
16:58d'un monsieur qui est parti de l'Ouganda.
17:00Il a appelé à sa femme
17:02parce qu'il pensait
17:02qu'il allait travailler
17:03en tant que gardien.
17:04Parce qu'il était déjà bodyguard.
17:07Il a travaillé dans différents pays.
17:09Et là, il lui a appelé à sa femme
17:11en disant « Priez pour moi »
17:12parce qu'en fait,
17:13on m'envoie à la ligne de France.
17:15Et il a été mort en janvier 2026.
17:19Donc, c'est un sale contrat
17:21que vous avez bien dit.
17:22En tout cas,
17:23c'est plutôt un symbole.
17:25Et la solidarité
17:26partage des valeurs
17:29qu'on partage tous
17:29pour le pays démocrate.
17:31Général,
17:31des combattants étrangers
17:32dans une guerre
17:33qui n'est pas la leur,
17:35ça s'est toujours vu ?
17:36Ou là, c'est quand même
17:37dans des proportions particulières
17:38entre l'Ukraine et la Russie ?
17:39C'est dans des proportions particulières.
17:41Je pense que vous avez mis le doigt
17:42sur ce qui compte.
17:44À mon avis, la principale question
17:46auxquelles personne n'a la réponse,
17:48c'est quand est-ce que la guerre se terminera ?
17:51Un caractéristique de guerre,
17:52c'est que souvent,
17:53on sait quand elle commence.
17:54Mais quand elle se termine,
17:55c'est beaucoup plus compliqué
17:56de prévoir.
17:57Et pourquoi c'est important
17:58de prévoir la fin de la guerre ?
18:00Parce qu'il y a un coup humain.
18:02Alors, j'ai peut-être tort,
18:03mais je crois qu'on parle
18:04de 1 à 3,
18:05entre le coup humain russe
18:06et le coup humain ukrainien.
18:09Pourquoi est-ce que les Ukrainiens
18:10développent la robotisation
18:12du champ de bataille ?
18:13On ne parle plus de drones.
18:13Le drone, c'est S-Bin.
18:14On parle de robotisation
18:16du champ de bataille
18:17avec des robots
18:18qui servent de blindés,
18:20des robots qui ramènent
18:21les blessés, etc.
18:23Pourquoi ?
18:24Parce qu'ils ont un problème
18:25de coup humain sur cette guerre.
18:27Et ce coup humain,
18:28ils peuvent le résoudre
18:29en développant les combats robotiques
18:31pour remplacer les fantassins
18:34et puis en faisant comme les Russes,
18:35c'est-à-dire en élargissant
18:36l'assiette de recrutement
18:38des conscrits, si je puis dire,
18:40ou des militaires sur place.
18:41Une image qu'on voulait
18:42vous proposer aussi,
18:43ça se passe du côté de la Serbie
18:44avec l'arrivée du président ukrainien
18:47ce soir.
18:49Première visite
18:50pour le président ukrainien,
18:52Nicolas Tenzer.
18:53Il y a une portée symbolique
18:54assez importante
18:55dans ce déplacement.
18:56Oui, parce que tout simplement,
18:58on sait que quand même
18:59le président Alexandre Vucic,
19:01le président serbe,
19:02est quand même plutôt,
19:03je dirais,
19:04connu pour être
19:04assez proche des Russes
19:06et qu'il y a un certain nombre
19:07de membres de son gouvernement
19:09qui se rendent assez régulièrement
19:11en Russie,
19:12que vous avez des liens
19:13de coopération
19:14entre les services
19:16des deux pays.
19:17Mais en même temps,
19:18Vucic a toujours essayé
19:19depuis le début,
19:20depuis 2022,
19:21c'est assez curieux,
19:22a toujours dit
19:23mais finalement,
19:23je tiens à aider l'Ukraine.
19:24Il y a des livraisons d'armes
19:25effectivement de la Serbie
19:26à l'Ukraine,
19:27alors pas en quantité,
19:28je dirais, majeure,
19:29mais il y en a.
19:30Et ça fait partie,
19:31si vous voulez,
19:32de l'ambiguïté de Vucic
19:34qui d'un côté effectivement,
19:35non seulement est proche de la Russie,
19:37mais a également
19:37les méthodes autoritaires.
19:39Je veux dire,
19:39c'est quand même
19:39une méthode de répression,
19:41de contrôle,
19:42de muselage de l'opposition,
19:44de la presse,
19:44vous avez des grandes manifestations
19:45de jeunes en Serbie.
19:46et puis de l'autre côté
19:48qui essaye de garder
19:49un lien un peu différent.
19:51Vous restez avec tout
19:52dans un instant,
19:52on évoque les informations
19:53des services de renseignement américains
19:55qui évoquent une planification
19:57à Moscou
19:58d'une opération
19:58contre un membre de l'OTAN.
20:00A tout de suite.
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