- il y a 2 jours
Chaque soir, Jérémy Brossard vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00Le casse-tête du budget, Sébastien Lecornu prépare une loi de finances 2027 qui sera difficile à boucler, à la
00:06fois financièrement mais aussi politiquement à l'Assemblée.
00:09Après des fuites dans la presse sur certaines pistes de travail, le Premier ministre a tenu à rassurer en assurant
00:14que rien n'était tranché.
00:16Vous allez voir ce message publié sur les réseaux sociaux notamment.
00:20Suppression des APL, des aides personnalisées au logement pour les étudiants, gel du RSA ou minimum vieillesse, remise en cause
00:28du crédit d'impôt pour les services à la personne, hausse de l'impôt sur le revenu.
00:32Tout est faux. Il y a une chose qui n'a pas été démentie pour l'heure par le Premier
00:36ministre, c'est la désindexation des retraites pour les plus aisés qui a été évoquée par le ministre des Finances
00:42en personne cet été.
00:43On en débat avec nos invités, Aurélien Taché, députée LFI du Val d'Oise qui sera avec nous dans un
00:49instant, Anne Jeunetet, députée Ensemble pour la République des Français d'Asie, d'Océanie et d'Europe orientale.
00:56Et puis nous avons Frédéric Bizarre qui est avec nous. Bonsoir Frédéric, économiste spécialiste de la santé et professeur à
01:00l'ESCP.
01:02Anne Jeunetet, je commence avec vous. Pas de démentie pour l'heure du Premier ministre sur cette question de désindexation
01:09des retraites, des retraités en tout cas les plus aisés.
01:12Est-ce que pour vous, c'est la solution pour boucler le budget 2027 ?
01:17Alors d'abord, vous conviendrez que je ne peux pas commenter une décision qui n'a pas été annoncée, qui
01:22n'est pas confirmée, puisque le budget sera présenté seulement dans les semaines qui viennent.
01:25Maintenant, la philosophie générale, en tout cas que nous défendons, c'est d'une part de pouvoir faire en sorte
01:31que chacun puisse contribuer à hauteur de ses moyens, bien entendu,
01:34mais néanmoins avec une règle très importante qui est de s'attaquer à la dépense publique et de ne pas
01:39toucher au niveau de prélèvement obligatoire,
01:42qui est aujourd'hui en France l'un des plus élevés qui soit, et de rester donc sur une trajectoire
01:47sans hausse d'impôts.
01:48Donc protéger les plus vulnérables, avoir un sérieux budgétaire, dont je rappelle que ce sérieux budgétaire pour le budget 2027,
01:55il n'est ni de droite ni de gauche.
01:58Le sérieux budgétaire, c'est un enjeu de souveraineté nationale.
02:02Est-ce que ce budget soit un budget de sérieux budgétaire, soit un budget de compromis, faute de quoi la
02:07France serait face à des difficultés ?
02:08Nous serions donc amenés à subir de l'austérité, alors que nous pouvons encore choisir de redresser nos comptes publics.
02:15Aurélien Taché, est-ce que vous partagez le constat qui vient d'être dressé à l'instant à l'antenne
02:20?
02:22Non, et je suis désolé de dire à ma collègue qu'il faut être clair avec les Français.
02:27Là, on a encore une fois des éléments de langage qui sont récités, mais on ne comprend pas les choix
02:31qui vont être faits.
02:32On voit bien qu'il y a des ballons d'essai qui sont lancés par ce gouvernement.
02:36On voit bien que la priorité pour ce gouvernement semble être de s'en prendre aux retraités.
02:41On nous dit les plus aisés, vu les économies qui sont envisagées sur les retraités,
02:46ça va certainement commencer à partir de 2500 euros de retraite.
02:49C'est important que les gens qui nous écoutent le sachent, à quelle sauce ils vont être mangés cet hiver.
02:53Puisqu'effectivement, c'est à partir de ce niveau-là qu'on va leur dire, vous savez, messieurs, dames, vous
02:56avez travaillé toute votre vie,
02:58l'inflation continue d'augmenter, mais votre retraite, elle va rester gelée.
03:01Et par contre, ça vient d'être dit, pas de hausse d'impôts.
03:04Ah ben non, il ne faudrait surtout pas demander d'effort à ceux qui ont vraiment de l'argent,
03:07aux milliardaires, aux multinationales, encore une fois à tous ceux que ce pouvoir épargne depuis 9 ans.
03:12Donc nous ne pouvons pas être d'accord avec ça.
03:13L'argent, il faut aller le chercher ailleurs.
03:15Et il faut laisser ceux qui ont travaillé toute leur vie,
03:17qui doivent souvent continuer à aider leurs enfants, leurs familles,
03:20parce que ce gouvernement a précarisé la jeunesse comme jamais aucun gouvernement ne l'avait fait avant.
03:24Ces retraités qui doivent continuer à aider leurs enfants et leurs petits-enfants,
03:26il faut les laisser tranquilles et effectivement indexer leurs pensions sur l'inflation.
03:30C'est le minimum de décence, en fait.
03:32Anne Jontey, sans prendre aux plus riches, aux super-riches,
03:36et non pas à ceux ou celles qui touchent 2 ou 3 000 euros de pension,
03:40ça ne vous semble pas une bonne idée ?
03:43Je n'ai pas l'intention de délivrer des brevets de richesse aux uns et aux autres.
03:49Je crois qu'il est important d'avoir en tête,
03:50et je ne crois pas que nous soyons désaccord sur ce point-là,
03:53pour que chacun puisse contribuer à hauteur de ses moyens.
03:58Mais quand je dis chacun, c'est chacun à titre individuel, bien évidemment,
04:01mais également au niveau de nos administrations publiques.
04:03Il est logique, quand on s'attaque à la dépense publique,
04:05que les efforts que nous demandons au ministère soient aussi des efforts,
04:08au fonctionnement de l'État, soient aussi des efforts,
04:12d'efficacité, qui gardent un service public efficace,
04:16mais qui passent aux dépenses inutiles.
04:17Donc oui, c'est un budget qui doit être un budget sérieux,
04:21qui doit chasser la dépense inutile,
04:23qui doit demander à chacun des efforts à hauteur de ses moyens.
04:25Alors, j'entends la discussion sur les retraités,
04:28mais je crois qu'au-delà des retraités,
04:30encore une fois, c'est que chacun puisse contribuer à hauteur de ses moyens,
04:33de manière à ce que nous cessions à tout prix de nous financer aujourd'hui
04:38avec la carte de crédit de nos enfants.
04:42Frédéric Bizarre, est-ce que cette désindexation rapporterait finalement beaucoup à l'État ?
04:46Est-ce que c'est une mesure, au fond, qui arrangerait le gouvernement,
04:49parce que ça permettrait effectivement de renflouer les caisses ?
04:52D'abord, quand on essaie de constituer un budget,
04:54il n'est pas anormal de regarder le premier poste de dépense publique,
04:58que sont les retraites, ces 14 points de PIB.
05:00C'est le poste le plus important.
05:03Maintenant, la désindexation, ça rapporte,
05:07si on désindexe l'ensemble des retraites, c'est 6 milliards d'euros.
05:11Les limites de cette mesure-là, c'est d'abord que plus vous voulez être juste,
05:17c'est-à-dire plus vous voulez avant tout faire contribuer les retraites les plus aisées,
05:20plus vous diminuez les gains budgétaires.
05:22Ou alors, si vous voulez faire contribuer un maximum de retraités,
05:26vous allez avoir notamment l'aile gauche,
05:27qui va considérer que c'est un scandale.
05:29La deuxième limite, c'est que là, vous touchez au contrat social.
05:33Parce que lorsque vous contribuez tous en tant qu'actifs,
05:36vous vous attendez à ce que le système vous permette d'avoir une vie décente,
05:40et notamment des retraites qui soient indexées sur l'inflation,
05:43qui, je rappelle, ne permettent pas de devenir plus riches,
05:45mais qui permettent juste de ne pas perdre en pouvoir d'achat.
05:48Donc c'est quand même une remise en cause de ce contrat social,
05:50et donc qui fait qu'on a déjà une jeunesse jusqu'à 35 ans
05:53qui ne croit plus beaucoup dans l'avenir de ses retraites.
05:56Et donc c'est quand même un signal envoyé à cette génération-là
06:00qui n'est pas très bon.
06:01Donc on voit bien que cette mesure-là, elle est très fragile.
06:03Encore une fois, elle est très difficile à ajuster,
06:05et elle est très fragile dans sa défense par rapport au contrat social.
06:09Juste un point, ce budget-là, j'entends vos deux invités,
06:13il est quand même dans un contexte assez exceptionnel.
06:16D'abord, sur un plan économique, la France aujourd'hui,
06:18emprunte à plus de 4%, c'est le taux d'emprunt le plus élevé de la zone euro.
06:24Ça ne nous est pas arrivé depuis des décennies.
06:27On emprunte plus cher que l'Italie, plus cher que la Grèce.
06:300,4 points, plus cher que la Grèce.
06:33Donc on voit bien qu'on a un niveau de défiance de nos investisseurs
06:37qui nous prête, qui nous permette de lever de l'argent sur le marché,
06:40qui est quand même à un très haut niveau.
06:42Est associé à ce défi économique, à un contexte politique,
06:47avec deux extrêmes, et ce n'est pas un jugement politique que je porte là,
06:50mais deux extrêmes qui sont aux portes du pouvoir,
06:52et qui font plutôt assez peur, à ce stade-là, au marché financier.
06:56Donc on voit bien qu'on a un système de cercle vicieux.
06:59Plus on se rapproche des échéances,
07:01qui fait que c'est d'autant plus difficile de finaliser un budget
07:06qu'on a des échéances électorales qui mettent à mal notre capacité d'emprunt.
07:12Donc ça, c'est quand même, parce qu'on parle toujours des difficultés à faire les budgets,
07:17mais là, on est dans un contexte particulièrement périlleux.
07:21On accueille sur ce plateau Arthur Delaporte.
07:23Bonsoir, merci de nous rejoindre dans ce débat.
07:24Vous êtes député PS du Calvado, c'est porte-parole du groupe à l'Assemblée.
07:30Désindexer les retraites des plus riches, pour ou con ?
07:32En fait, je pense qu'on pose très mal le débat.
07:34Parce qu'aujourd'hui, on est en train de chercher des rustines, des bouts de chandelle,
07:37alors que l'enjeu, c'est le financement de la dépendance.
07:39Aujourd'hui, on a un système qui n'est pas suffisamment équilibré.
07:44Pourquoi ? Parce qu'on a finalement une évolution démographique
07:46qui est plutôt défavorable et qui va faire qu'on a de plus en plus,
07:49ça a peut-être été dit juste avant, mais c'est su par tous ceux qui nous regardent, je pense,
07:53de retraités par rapport au nombre de cotisants.
07:55Maintenant, l'enjeu du financement de la dépendance,
07:57ça nous impose de chercher des mécanismes où ceux qui ont les moyens peuvent contribuer.
08:02Pourquoi pas dire que les retraités les plus riches contribuent,
08:05mais les plus riches, c'est à partir de quel niveau ?
08:07Pour Laurent Wauquiez, il y a un an, c'était 1 500 euros.
08:11Là, j'ai l'impression que c'est autour de 2 000 euros.
08:13Moi, vous demandez à des retraités autour de 2 000 euros s'ils vivent bien,
08:17ce n'est pas certain.
08:18Par contre, ce qui est sûr, c'est qu'aujourd'hui,
08:19l'indexation des retraites sur l'inflation,
08:23sur des niveaux de retraite autour de 2 500, 3 000, 3 500 euros,
08:27ce n'est pas juste parce que finalement,
08:28ce n'est pas vous qui allez être le plus touché.
08:30En général, en plus, quand vous avez ce niveau de retraite,
08:32vous avez votre patrimoine.
08:33Donc, en fait, il faudra avoir une pensée globale.
08:35Est-ce que vous avez votre patrimoine ?
08:36Quel est votre reste à vivre ?
08:38Bon, voilà, ça, c'est tout un tas de choses qu'il faut penser.
08:40mais ce n'est pas forcément au niveau de la petite Rustine
08:44qu'on aura la réponse.
08:45Mais ça, c'est un débat, je pense, de présidentiel
08:47plus qu'un débat de budget.
08:48Aurèle ?
08:49Oui, je suis d'accord avec M. Laporte
08:52que les enjeux de la dépendance sont absolument crucials
08:56puisqu'on va avoir ce pic de la dépendance dans les années 2030.
09:00Mais le budget, ça se regarde du côté du solde.
09:04C'est-à-dire que ce n'est pas la question du niveau de dépense
09:06ou du niveau de retraite.
09:06Si vous avez un budget équilibré pour le projet de loi de financement,
09:11ce n'est pas un sujet en soi.
09:12Et quand vous regardez l'ensemble de ce budget social
09:14dont on concentre toute l'attention aujourd'hui,
09:18finalement, il est quasi à l'équilibre.
09:20D'accord ?
09:20Ce qu'on appelle les assos,
09:24tout ce qui concerne la sécurité sociale,
09:25c'est quasiment à l'équilibre.
09:27L'essentiel du problème est du côté de l'État,
09:30de l'administration publique centrale.
09:32Et assez curieusement, on passe très très peu de temps dans ce budget
09:36à rechercher, à équilibrer.
09:38Puisqu'encore une fois, le but, c'est d'arriver à moins de 5% du PIB
09:42et d'essayer de baisser le déficit.
09:43On n'est pas là pour améliorer les services publics.
09:46Je comprends que je suis aussi sensible que vous pour le sable,
09:48mais je crains que ce budget-là ne soit pas un budget pour se dire
09:51qu'on va améliorer le fonctionnement de la dépendance.
09:54La question, c'est pour que les marchés continuent à nous prêter,
09:57il faut absolument qu'on arrive à un étiage de 5% de PIB.
10:00Là où je vous suis, c'est qu'on a dépouillé l'État au fil des années
10:04et notamment sur un certain nombre d'exonérations de cotisations sociales
10:07qui ont fait qu'aujourd'hui, le budget de la sécurité sociale,
10:10il est déséquilibré parce que l'État notamment,
10:13mais les entreprises aussi,
10:14ne vont pas, l'État ne va pas compenser les exonérations
10:16qu'il a accordées aux entreprises.
10:17Donc aujourd'hui, c'est vrai qu'il faudrait remettre à plat tout ça.
10:20Peut-être d'abord en se disant,
10:21quelles sont les entreprises, je ne sais pas si LVMH a besoin
10:24d'exonérations de charges sur les bas salaires, par exemple,
10:27qui vont être autant de cotisations en moins sur la sécurité sociale.
10:30Donc voilà, est-ce que ce besoin-là, il existe ?
10:32Ben oui, moi j'ai tendance à dire qu'on va les reprendre.
10:35Là, on a trop donné et ça évitera de mettre à contribution
10:37des retraités modestes qui sont autour de 1 800, 2 000 euros par mois.
10:42Maintenant, je comprends qu'on ait ce débat, mais il est mal posé.
10:45Aurélien Taché, vous êtes toujours en direct avec nous.
10:47Au fond, est-ce qu'il ne faut pas se rendre à l'évidence ?
10:48Il y a toujours plus de retraités à financer.
10:50Il y a de moins en moins d'actifs pour financer les retraités.
10:53Est-ce qu'on n'a pas changé de système ?
10:55Il y a certains candidats, notamment, qui prônent pour une forme
10:58de faire rentrer, en tout cas, une partie de capitalisation
11:01pour le financement des retraites des Français.
11:06Mais écoutez, se rendre à l'évidence, forcément,
11:09quand on a énormément de gens qui sont d'accord maintenant
11:12dans toutes les nuances de droite, et même certains à gauche,
11:14puisque j'entends qu'au Parti Socialiste, maintenant,
11:16on commence aussi à poser la capitalisation,
11:19on pourrait se dire que c'est une évidence.
11:22Mais ce n'en est absolument pas une.
11:23Vous savez, ce qui a été une des plus belles choses
11:25qui a été issue, finalement, du programme du Conseil National de la Résistance,
11:30c'est ce contrat social qui a été évoqué sur votre plateau avant,
11:32et qui compte, notamment, la retraite par répartition.
11:35On cotise pour ceux, effectivement, qui ont travaillé avant nous,
11:40et c'est ainsi de suite que les générations se transmettent, finalement, le flambeau.
11:44Et il faut garder ce beau modèle.
11:45Il faut garder ce modèle qui fait la France, qui fait sa fierté.
11:48Et non seulement nous pouvons le garder, mais nous pouvons même l'améliorer.
11:50Parce qu'en effet, il faut savoir si on veut faire un budget pour rassurer les marchés
11:54ou pour améliorer le service public.
11:55Votre intervenant en plateau vient de le dire.
11:56Il a au moins l'honnêteté de le dire, ce que ne fait pas le gouvernement.
11:59Moi, je ne voterai pas un budget pour rassurer les marchés.
12:00Je voterai un budget, effectivement, qui peut améliorer la vie des Français.
12:04Et nous, pendant cette élection présidentielle,
12:06nous proposerons même de revenir à la retraite à 60 ans,
12:09de revenir à un système où les salariés gèrent leur système de retraite.
12:11Ça vient d'être dit aussi par votre expert en plateau.
12:14Finalement, ce n'est pas là que sont les déséquilibres.
12:16C'est au niveau de l'État.
12:17Et pourquoi il y a des déséquilibres au niveau de l'État ?
12:19Eh bien, parce que nous avons appauvri l'État.
12:21Nous avons asséché les recettes.
12:22À force d'exonérer, effectivement, un certain nombre de grandes entreprises,
12:26un certain nombre de grandes fortunes d'impôts,
12:27eh bien, il n'y a plus d'argent.
12:28Alors, on va aller chercher cet argent.
12:30On va renflouer les caisses de l'État.
12:31Et on va confier le système de retraite aux salariés
12:33pour revenir à un système où ils pourront partir,
12:35beaucoup plus tôt à la retraite,
12:37car c'est ce à quoi aspire une très, très grande majorité de nos concitoyens.
12:40Je vous rappelle que près de plus de 80% des travailleurs
12:43étaient contre la réforme des retraites qui a été proposée par ce gouvernement.
12:46Tout ça est une anomalie démocratique.
12:47Nous vivons avec parce que M. Macron a décidé de gouverner
12:50contre les urnes depuis 2024.
12:51Nous allons rétablir tout ça en 2027.
12:53Anne Jeunet, qu'est-ce que vous répondez à Aurélien Taché ?
12:56Alors, la première chose, c'est que je rejoins mon collègue Arthur Delaporte
12:59sur la réalité que représente la démographie.
13:02Soyons très lucides.
13:03Moi, je suis tout à fait d'accord pour protéger le système de retraite par répartition.
13:06Enfin, à partir du moment où vous n'avez plus une proportion d'actifs suffisamment nombreux
13:11pour financer les pensions de retraite inversées aujourd'hui même,
13:14nous ne pouvons pas continuer dans cette direction-là.
13:16Et nous sommes là devant un mur auquel nos enfants et nos petits-enfants vont se heurter.
13:21Et nous ne pouvons pas leur laisser cela.
13:23D'où l'importance, et c'est ce que nous proposons derrière Gabriel Attal,
13:26c'est d'ajouter une part de capitalisation qui n'est pas un gros mot.
13:29Je rappelle qu'aujourd'hui, la capitalisation existe pour les fonctionnaires.
13:33Ça s'appelle la pré-fond.
13:34Elle existe déjà.
13:35Donc, ça n'est pas un gros mot.
13:36Et ça n'est pas supprimé à la répartition, certainement pas.
13:39C'est la compléter pour permettre d'une part, avec ce fonds
13:42qui se constituera progressivement de capitalisation,
13:45pouvoir investir dans notre économie.
13:47Et rappelez aussi que c'est bien gentil,
13:49tous les cadeaux que mon collègue Aurélien Taché peut proposer.
13:52Mais la retraite à 60 ans, comment faisons-nous pour la financer ?
13:55Nous avons un problème de financement là aussi.
13:57Nous savons tous qu'aujourd'hui, nous devons travailler plus longtemps.
14:00Ça, c'est une obligation pour pouvoir justement financer la retraite de nos retraités d'aujourd'hui.
14:05Faute de quoi, nous pourrions être amenés.
14:07Et ça n'est pas une solution à réduire le montant des pensions de retraite.
14:10Ça n'est pas ce que nous voulons, certainement pas.
14:12Mais en revanche, demander à chacun de contribuer à la hauteur de ses moyens, oui.
14:16Protéger les plus petites retraites, certainement.
14:19Protéger d'une manière générale les plus vulnérables, comme nous l'avons toujours fait.
14:22Et avoir ce cercle budgétaire, qui nous permet d'envisager de revenir avec un déficit à moins de 3%,
14:27comme nous l'avions fait, je vous tiens à le rappeler, en 2017 et 2018,
14:31où la trajectoire budgétaire était pour une réduction très nette du déficit,
14:34puisque nous étions sortis de la procédure de déficit excessif de l'Union européenne.
14:39Arthur Delaporte.
14:40Philippe Brun, qui est de votre famille politique, socialiste,
14:43s'est prononcé en faveur d'un système mixte avec beaucoup de capitalisation.
14:46Est-ce que vous partagez cette opinion ?
14:47Vous dites beaucoup, après il a dit un peu.
14:50En tout cas, je laisse à Philippe Brun ses propositions.
14:52Moi, je regarde le programme du Parti Socialiste.
14:54Nous, c'est la défense du système par répartition.
14:56Donc, je ne laisserai pas Aurélie Intaché dire que le Parti Socialiste défend tout à coup la retraite par capitalisation.
15:03C'est une proposition qu'il met dans le débat.
15:04Mais moi, j'ai plutôt entendu de l'ordre de, si on regarde dans le détail,
15:083-4 milliards d'euros par an, ce n'est pas ça qui va révolutionner le système de retraite.
15:12C'est plus un petit élément de com' dans une campagne primaire pour pouvoir poser un sujet dans le débat
15:17public.
15:18Non, ce que j'entends, en tout cas, c'est qu'il faut consolider le système de retraite par répartition.
15:22Parce qu'aujourd'hui, c'est celui-là qui est en jeu et qui doit nous amener à faire des
15:25choix.
15:26Et si on fait le choix, et nous, c'est ce que nous défendons, d'un retour à la retraite.
15:47Donc, il faudrait travailler plus longtemps.
15:48Avec la possibilité de pouvoir partir plus tôt à la retraite pour les carrières longues,
15:52pour les métiers pénis, pour un certain nombre de choses qui ont été par ailleurs supprimées par les gouvernements d
15:57'Emmanuel Macron.
15:57Y compris dans des lois qui ont été prises quand M. Taché était député macroniste.
16:02Donc, voilà, les critères de pénibilité, ils ont été supprimés par Emmanuel Macron.
16:05Nous, on les rétablira.
16:06Ils redonneront des droits à la retraite pour celles et ceux qui pouvaient la prendre avant 62 ans.
16:11Et c'est plusieurs dizaines de milliers de personnes qui avaient pu le faire avant 2017.
16:15Aurélien Taché, vous avez été cité.
16:18Répondez à Arthur Delaporte.
16:19Oui, j'ai entendu.
16:21Je lui réponds que moi, contrairement à lui, j'ai pris mes choix il y a longtemps
16:25et que je n'ai pas hésité à censurer tous les gouvernements.
16:28J'ai quitté cette majorité il y a 7 ans maintenant.
16:30Je suis dans l'opposition depuis 7 ans.
16:32Et contrairement à mon collègue socialiste, moi, j'ai censuré tous les gouvernements de M. Lecornu.
16:36J'espère d'ailleurs qu'on pourra compter sur lui et ses collègues pour le faire à cette rentrée
16:40parce qu'il n'y aura pas d'autre solution si on veut être un petit peu sérieux dans le
16:43débat qu'on a ce soir.
16:44Et donc protéger effectivement les retraités qui vont certainement être attaqués par ce gouvernement une nouvelle fois
16:50si nous le laissons faire et bien d'autres attaques sociales qui sont à venir.
16:53Donc la seule solution, c'est de censurer M. Lecornu.
16:55Je n'ai pas dit non plus que ce serait dans cette loi qu'on mettrait la retraite à 60
16:58ans.
16:58J'ai bien parlé de la campagne présidentielle et de la victoire que nous aurions l'année prochaine.
17:03Et enfin, pour les solutions pour le financement, écoutez, moi, j'ai une solution toute simple.
17:06Il suffit d'augmenter les salaires.
17:08Écoutez les partenaires sociaux. Si on faisait simplement l'égalité salariale entre les femmes et les hommes
17:12en termes de recettes pour les caisses de retraite, on aurait déjà énormément de choses.
17:14Donc quand Mme Gentel nous dit il n'y a pas d'autre solution, il faut travailler plus longtemps, c
17:18'est les 3% de budget.
17:20Tout ça, c'est la doxa du patronat français. Tout ça, c'est la doxa des milliardaires.
17:23C'est la doxa de la politique macroniste. Ce n'est absolument pas la seule option.
17:26Il faut bien le dire à ceux qui nous écoutent. D'autres options sont possibles.
17:29Elles seront proposées à l'élection présidentielle l'année prochaine par Jean-Luc Mélenchon.
17:32Et vous verrez que la retraite à 60 ans, ce sera possible. Nous le referons et nous aurons des salaires
17:37qui augmentent, des retraites à l'équilibre.
17:39Il faut simplement changer de braquet complètement par rapport à la politique qui a été menée depuis 10 ans.
17:44Frédéric Bizarre, combien de temps on peut tenir comme ça quand on voit les intérêts de la dette qui augmentent,
17:48quand on voit que les réformes des retraites ne se font pas ?
17:52Combien de temps notre système de retraite peut survivre ?
17:56Le temps, je sais que ça ne fait pas plaisir à M. Taché, mais le temps que les marchés nous
18:00prêtent de l'argent et nous autorisent à pouvoir financer.
18:03On lève plus de 300 milliards de dettes par an.
18:07Donc le temps de le faire.
18:08J'ai quatre collègues qui ont été missionnés par le gouvernement, qui ont sorti un rapport disant que si on
18:13ne faisait pas de réformes majeures,
18:15on devrait être avec un taux d'endettement de 130% de PIB.
18:19Je rappelle que l'Allemagne est à peu près à 65% de PIB, avec un déficit qui va dépasser
18:256 à 7,
18:26c'est-à-dire quelque chose qui ne sera pas accepté par les marchés.
18:28Donc on est quand même dans un contexte, et je ne veux pas du tout être alarmiste ou autre que
18:34ça,
18:34mais dans un contexte qui est extrêmement périlleux.
18:36Moi, juste ce qui me frappe en écoutant les parlementaires, c'est qu'il n'y a pas un seul
18:41mot autour de la réforme, de la restructuration.
18:45On a l'impression et on parle même...
18:47J'ai commencé comme ça mon propos.
18:50Moi, je suis très attaché au modèle de 45, par exemple.
18:54Mais c'est parce que je suis très attaché au modèle de 45 que je sais qu'il faut vraiment
18:58le réformer de l'intérieur pour l'adapter au nouveau monde.
19:01Il a été conçu dans un monde qui s'est considérablement transformé sur un plan démographique,
19:06sur un plan de l'évolution des risques épidémiologiques pour la santé, et surtout de la révolution technologique.
19:12Donc on ne peut pas continuer avec le modèle social de 45 sans l'adapter, même si on y est
19:17très attaché.
19:18Réforme de la dépendance pour sortir du tout-épad et aller vers quelque chose qui permette davantage de rester au
19:24domicile et de faire de la prévention.
19:26En santé, pour aller vers un modèle qui soit aussi beaucoup plus préventif et qui permette de gérer des pathologies
19:31chroniques.
19:32Bref, je ne vais pas détailler.
19:33Et donc pour les retraites, quoi qu'il en soit, il va falloir, si on veut un système libre, il
19:38va falloir qu'on permette aux personnes,
19:40et donc probablement supprimer l'âge légal, de partir quand ils le veulent et en protégeant les plus fragiles.
19:48Bon, donc ça c'est... Vous voyez que ce n'est pas des réformes révolutionnaires.
19:51Et l'État, c'est pareil, juste pour terminer, c'est qu'il y a un peu le même enjeu
19:54entre la sécurité sociale et l'État.
19:56C'est qu'il y a un moment où il va falloir redéfinir le périmètre de l'État et redéfinir
20:00le périmètre de la sécurité sociale,
20:01tout en conservant les valeurs fondamentales de la République d'un côté et du modèle social de l'autre.
20:07Mais si on ne le fait pas, le système va s'effondrer.
20:11Donc on a un peu l'impression d'être dans une illusion dans le débat politique.
20:15Le principe de réalité, il est quand même beaucoup plus rude que ça.
20:20Désolé, les marchés financiers ne regardent que la réalité.
20:23Anne Jonté, vous êtes en ligne avec nous toujours.
20:26En cas d'impasse cet automne à l'Assemblée, le gouvernement pourrait recourir à ce qu'on appelle une loi
20:31spéciale.
20:31C'est un outil qui permet, au fond, de reconduire les recettes de l'année précédente,
20:35tout en assumant les nouvelles dépenses.
20:38Et selon l'Inspection générale des finances, cette loi spéciale coûterait 15 milliards d'euros.
20:43Est-ce qu'en cas d'impasse, vous pensez que le gouvernement devrait adopter une loi spéciale,
20:48quitte à alourdir encore plus la facture ?
20:50Alors, deux points.
20:51La première chose, sur la réforme du système de retraite que votre commentateur évoquait à l'instant,
20:58Gabriel Attal avec Renaissance, nous avons toujours proposé une réforme du système
21:01qui va dans le sens qui a été évoqué, pas d'âge légal, une durée de cotisation
21:06et un système par points avec un ajout d'une petite part de capitalisation.
21:10Je tiens à le dire, c'est la proposition de Renaissance que fait Gabriel Attal aujourd'hui.
21:13S'agissant de la loi spéciale, je veux simplement dire que cette loi spéciale,
21:16elle fige le pays, elle le fige totalement, elle le glace complètement,
21:21ce qui après la période de chaleur est un peu incontraste, elle le fige totalement
21:25et derrière, ça veut dire qu'il y a tout un tas de prestations qui pour le coup ne bougeront
21:29pas,
21:29qui sont l'équivalent finalement d'une année blanche
21:31et pour le coup, les personnes les plus vulnérables, c'est elles qui ont paillé le prix en premier.
21:36Donc la loi spéciale n'est pas pour moi une réponse acceptable,
21:40elle ne répond pas à l'enjeu de sérieux budgétaire que j'évoquais tout à l'heure
21:43et ce sérieux budgétaire, je veux le répéter, il n'est ni de droite, il n'est ni de gauche,
21:47il est un enjeu de souveraineté nationale, nous devons voter un budget de compromis
21:51qui ne sera peut-être pas un budget qui satisfera tout le monde, j'en ai bien conscience,
21:55mais nous devons le faire pour que d'une part, nous puissions continuer à protéger les plus fragiles,
21:59c'est très important, et d'autre part, que nos entreprises puissent continuer à investir
22:03pour créer de l'emploi, car je pense notamment à notre jeunesse qui subit un chômage important,
22:08nous avons besoin aujourd'hui que nos entreprises, pour cette jeunesse, créent des emplois.
22:12Merci d'avoir regardé cette vidéo !
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