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  • il y a 2 jours
Chaque soir, Jérémy Brossard vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00Entre menaces réelles et guerres de communication, autre image reçue aujourd'hui, ce sont des essais de missiles russes.
00:06On est au large des îles Kurils, c'est dans l'océan Pacifique.
00:09Vladimir Poutine s'y était rendu la semaine dernière.
00:12Le Japon a officiellement protesté contre ces tirs qu'il juge inacceptables.
00:15Rappelons que ces îles font l'objet d'un litige entre la Russie et le Japon depuis la fin de
00:21la Seconde Guerre mondiale.
00:22Nicolas Tenzer, à quoi joue Vladimir Poutine dans ces îles Kurils, de l'autre côté de la Russie, côté Pacifique
00:28?
00:29Ça montre d'abord que Poutine est d'une certaine manière en guerre contre l'ensemble du monde libre.
00:34C'est-à-dire que non seulement contre l'Europe, bien évidemment, et contre l'Ukraine, mais également contre une
00:39autre grande démocratie qui est le Japon.
00:42Et qu'on sait aussi que quand même, je dirais, le grand allié de la Russie, la Corée du Nord,
00:47est de plus en plus menaçante en même temps à l'endroit de la Corée du Sud.
00:52Donc si vous voulez, c'est essayer de, pardon pour le néologisme, d'horizontaliser la guerre d'une certaine manière,
00:59c'est-à-dire de montrer qu'il y a plusieurs terres impossibles, de montrer que de toute manière il
01:04ne peut pas céder, qu'il ne veut pas céder,
01:06et d'essayer à chaque fois de tester la résolution et la détermination des différents alliés.
01:12Que ce soit évidemment les alliés en Europe, que ce soit évidemment le Japon, qui a quand même un traité
01:17d'alliance militaire et de défense avec les États-Unis,
01:21mais on sait aussi que les États-Unis, la parole des États-Unis sur l'ensemble des traités, que ce
01:25soit l'OTAN ou les traités d'assistance, de défense ou de sécurité,
01:28ça dépend de leur appellation, ne sont pas véritablement crédibles.
01:33Donc je pense que c'est effectivement aller jusqu'au bout de cette menace pour essayer de dissuader,
01:38et c'est précisément à ce moment-là qu'il ne faut pas que nous nous soyons dissuadés.
01:42Nous devons manifester d'abord notre soutien clair au Japon, dans le cas présent,
01:45et les alliés doivent essayer maintenant, et je crois qu'il est plus que temps d'être adultes, de répondre
01:50au coup par coup à la menace russe.
01:53Ça s'appelle l'impunité. Tant que Poutine, il peut le faire, il va aller pousser le bouchon encore plus
01:58loin et encore plus loin.
02:00S'il n'y a pas de réponse, si en face nous n'avons que des indignations, même très profondes,
02:06si on n'a que des paroles, bien sûr il va faire, et peut-être il ira même plus loin.
02:11Et ça, c'est ce qu'il faut craindre, parce que les nombreux renseignements de différents pays
02:17préviennent qu'il y a une action militaire qui se prépare contre les pays européens.
02:21Donc pourquoi pas le Japon, pourquoi pas encore prendre d'autres îles, de courils ?
02:26Il n'y a pas de limite pour Poutine, tant qu'il n'est pas arrêté.
02:30Il faut l'arrêter seulement par la force.
02:31C'est le seul langage qu'il comprend quand on lui tape vraiment sur sa gueule.
02:35C'est comme ça qu'il peut comprendre qu'il faut s'arrêter, sinon il va aller encore plus loin.
02:39Donc c'est aux Européens, au monde occidental, de prendre son courage en main
02:43et en fait dire stop, non, tu arrêtes.
02:46On a entendu votre message.
02:48Général Sidos, vous êtes toujours en ligne avec nous.
02:51Est-ce qu'au fond, là, le Japon n'est pas en train de payer son soutien à l'Ukraine
02:56?
02:56On sait notamment que le Japon a adopté des sanctions contre la Russie.
03:02Oui, tout à fait.
03:03C'est dans la suite de la visite de Poutine dans les îles Courils.
03:06Il y a quand même eu protestation.
03:08Ça reste toujours un gros problème, cette affaire des îles Courils avec le Japon.
03:12Donc en fait, oui, on est tout à fait dans l'agitation, dans la démonstration avec ces tirs de missiles.
03:19Puis en même temps, vous savez, la première réflexion que j'ai eue, c'est de me dire, là au
03:22moins, ils peuvent les tirer à l'abri.
03:23Les bateaux russes ne sont pas menacés dans cette zone-là.
03:27Le croiseur qui a tiré, le sous-marin qui a tiré les missiles, ils ne sont pas en mer Noire,
03:31donc ils peuvent les tirer à l'abri.
03:32Bon, ça, c'est le premier aspect.
03:33Le deuxième aspect, oui, effectivement, c'est le dialogue, je dirais, le dialogue par la force qui est présenté au
03:38Japon pour dire,
03:39non, les îles Courils, c'est à nous, vous pouvez protester.
03:42Mais on a des moyens de défense dans la zone.
03:45Et quoi que vous fassiez, c'est de l'intimidation.
03:48C'est de la gesticulation intimidation, oui.
03:50C'est de la diplomatie militaire, je dirais, par la force.
03:54Oui, on est tout à fait dans cette optique-là.
03:58Éric Bounin.
03:58Oui, non, mais c'est complètement ça.
04:00C'est-à-dire qu'en fait, ce qu'il faut savoir, c'est que suite à la visite de
04:03Vladimir Poutine,
04:03qui est en campagne électorale, il faut le rappeler,
04:05donc flatter le nationalisme, ça peut toujours servir en campagne électorale.
04:09Donc, effectivement, il y a eu une protestation japonaise.
04:11Dans la foulée, l'ambassadeur japonais à Moscou a été convoqué.
04:15Il y a eu une espèce de séance d'humiliation à l'entrée du ministère des Affaires étrangères
04:18avec des médias russes extrêmement agressifs.
04:21Donc, en fait, on est dans cette espèce de réponse et dans cette espèce d'escalade, là aussi,
04:25où Vladimir Poutine, en quelque sorte, dit aux Japonais qu'il a, en quelque sorte,
04:28cette capacité à aller toujours à un cran plus loin.
04:31Et les missiles n'ont pas été tirés, d'ailleurs, n'importe où.
04:33En fait, les îles courries se divisent en deux.
04:35Il y a quatre îles qui sont considérées par les Japonais comme les territoires du Nord
04:38qu'ils veulent récupérer.
04:39Et ces missiles ont été tirés au niveau d'une de ces quatre îles.
04:42Donc, il y a une volonté très claire de la part de Vladimir Poutine
04:44de faire comprendre aux Japonais et aux Russes que, grosso modo, ce n'est pas négociable.
04:49Et effectivement, depuis 2022, des négociations qui avaient...
04:51Enfin, avant 2022, il y avait quelques négociations entre le Japon et la Russie
04:54qui ne menaient pas très loin.
04:56Mais il y avait quand même un canal diplomatique ouvert.
04:57Depuis 2022, ce canal diplomatique est fermé.
04:59Anthony Nabila.
05:00Alors, effectivement, Vladimir Poutine a réaffirmé la souveraineté russe
05:04sur cette zone qui est très importante stratégiquement.
05:08Il y a aussi beaucoup de pétrole sur l'île de Sakhalin qui était co-gérée avec les Japonais
05:13jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale, il faut le rappeler.
05:16La ville où il était, Yuzhno-Sakhalin, c'était la préfecture japonaise de l'île de Sakhalin.
05:22Donc, c'est très symbolique toute cette visite.
05:26Et tout cela fait système de, comment dire, l'extrême-orient russe, la Corée du Nord, la Chine.
05:32En fait, elles sont entravées par les démocraties de cette région que sont le Japon, la Corée du Sud et
05:38Taïwan.
05:38Si la marine chinoise, qui maintenant équivaut presque à la marine américaine,
05:43devait s'aventurer dans le Pacifique, elle doit passer par les eaux territoriales de ses alliés des États-Unis
05:47et elle serait évidemment touchée et diminuée par ce passage par des eaux hostiles.
05:53Donc, ces trois pays qui sont en train de former une alliance permanente se rapprochent
05:59et ils ont des nouveaux moyens de faire la guerre, des drones, des missiles.
06:04Et nous sommes encore assez pris au dépourvu par cette révolution
06:07que la Russie est obligée de mener à tambour battant parce qu'elle combat.
06:11Nous, nous ne combattons pas.
06:12Nous faisons des réformes, presque pas cosmétiques, mais, comment dire, incrémentales, on va dire.
06:17Ça prend plus de temps.
06:19Mais pour ne pas se laisser dissuader, comme le disait très bien Nicolas Tenzer,
06:23il faut non simplement avoir des actions diplomatiques,
06:25mais aussi repenser les partenariats militaires avec ces pays.
06:29Mais c'est très difficile parce que nous sommes déjà très occupés avec le front ukrainien.
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