00:00L'Ukraine qui cherche toujours la parade contre les missiles balistiques russes, notamment faute de systèmes patriotes pour les intercepter.
00:06Le président ukrainien souhaiterait utiliser Starlink pour guider ses drones.
00:11Antoine Lahr, on vous retrouve, vous êtes à Washington.
00:14Pour cela, il faudrait bien sûr obtenir l'accord d'Elon Musk, le propriétaire de SpaceX et de Starlink.
00:22Oui, alors il faut rappeler que les Ukrainiens utilisent aujourd'hui le réseau Starlink, mais uniquement à l'intérieur de
00:29leurs frontières.
00:30C'est d'ailleurs devenu un outil fondamental puisqu'il aide l'armée ukrainienne à guider ses drones.
00:35Aujourd'hui, Kiev veut aller plus loin et veut pouvoir utiliser ce réseau Starlink à l'extérieur de ses frontières.
00:42Et ce, pour aller frapper de façon très précise certaines cibles, en particulier les lanceurs de missiles balistiques.
00:49Ces missiles balistiques qui font énormément de dégâts en Ukraine, faute de pouvoir les intercepter, Volodymyr Zelensky voudrait les neutraliser
00:55à la source.
00:56Pour cela, vous l'avez dit, il faut impérativement obtenir le feu vert d'Elon Musk, le patron de Starlink.
01:02Et c'est pour cette raison que Volodymyr Zelensky s'est tourné vers Donald Trump en espérant que le président
01:07américain puisse jouer les intermédiaires et obtenir ce fameux feu vert.
01:11Les deux hommes ont évoqué le sujet, c'était fin juillet quand Volodymyr Zelensky a été reçu à la Maison
01:16Blanche.
01:17Seulement voilà, selon plusieurs médias, Donald Trump n'a pas semblé convaincu par cette demande et il n'a pas
01:23donné suite.
01:24Alors il n'a pas dit non formellement, mais c'est tout comme quant à Elon Musk, il a refusé
01:28de rencontrer Volodymyr Zelensky.
01:30Et manifestement, lui non plus n'a pas envie de franchir ce pas.
01:33Il ne voudrait pas entreprendre quelque chose qui pourrait être perçu par le Kremlin comme une provocation.
01:39Elon Musk craint les représailles de Vladimir Poutine, des représailles qui pourraient aller jusqu'à la destruction de certains satellites
01:45du milliardaire.
01:46Merci Antoine Alara, Washington pour BFM TV.
01:49Général Sidos, en quoi ce système et l'appui de Starlink permettraient à l'armée ukrainienne d'être plus performante
01:56face à la Russie ?
01:59Alors effectivement, le système Starlink d'ailleurs est même utilisé par les Russes.
02:04Donc ils ont cherché un système de remplacement avec un système de guidage par satellite russe.
02:12Alors oui, effectivement, là ça rentre dans la grande campagne lancée par les Ukrainiens depuis quelques mois
02:19pour frapper en profondeur tout le système industriel militaire de production et le système pétrochimique russe.
02:27Et d'ailleurs, les Ukrainiens ont créé le 10 juillet un commandement spécialisé dans les frappes en profondeur
02:33avec également un autre commandement pour rationaliser un petit peu tous les systèmes qui vont de l'artillerie au système
02:43de missiles.
02:43Donc effectivement, c'est un petit peu une autre étape supplémentaire avec le système Starlink.
02:50Alors là, effectivement, on est encore à nouveau dans les appréhensions, les craintes que certains systèmes ou certaines armes sont
02:57utilisées
02:58et que ça donne lieu à des représailles de la part des Russes.
03:01Alors ça, c'est le problème de l'escalade constante dont on cherche bien évidemment à se libérer les Ukrainiens,
03:08ce qui les a amenés avec la production de leurs propres missiles.
03:12Vous savez même que le missile Storm Shadow qui s'appelle Scalp en France,
03:18il y a une licence de fabrication qui a été donnée aux Ukrainiens depuis quelques temps.
03:22Donc vous voyez, et puis même eux développent leurs missiles avec la fameuse entreprise Firepoint
03:26qui doit bientôt produire un missile balistique.
03:29Et puis le fameux Flamingo avec des composants étrangers, des composants européens.
03:35Donc alors tous les systèmes de guidage ont besoin d'être mis en œuvre.
03:39Alors il n'y a pas que Starlink qui sert à guider les missiles et les drones ukrainiens.
03:45Mais effectivement, c'est un complément qui pourrait être utile.
03:49Mais donc voilà.
03:50Et puis c'est surtout pousser un petit peu plus la coopération avec les Américains
03:54qui se sont retirés de la fourniture de certains matériels.
03:58Pas de tout.
03:58Ils continuent à fournir du renseignement, même si la France fournit beaucoup de renseignements.
04:02C'est ce qu'a dit le président Macron lors de son discours de vœux aux armées en janvier.
04:07On fournit énormément de renseignements.
04:09C'est une réalité.
04:11Donc vous voyez, la coopération avec les Européens est aussi dans la capacité à frapper,
04:17à coopérer avec l'armée ukrainienne pour limiter les frappes russes,
04:23à frapper sur leur territoire.
04:24Et cette accélération des frappes ukrainiennes sur le territoire russe depuis trois mois
04:31est une réalité stratégique pour atteindre les capacités de production,
04:37le système pétrochimique, pour frapper à la source les usines,
04:40à la source les capacités russes de lancement de missiles.
04:43Et donc les Ukrainiens ont besoin d'aide.
04:45Ils ont besoin de guidage.
04:46Mais j'ai un petit peu l'impression que les Ukrainiens se débrouillent très bien,
04:49même si Starlink n'est pas totalement à disposition.
04:52– Ulrich Bounas, ça pourrait permettre de pallier l'absence de systèmes patriotes ?
04:55Ça pourrait faire une bascule dans la guerre ?
04:57Ou ce serait un appui, mais ce ne serait pas aussi décisif qu'on peut le penser ?
05:01– Alors en fait, ça ne permettrait pas d'arrêter les missiles balistiques russes.
05:05En revanche, ça permettrait probablement à l'Ukraine d'être un peu plus précise dans ses frappes.
05:09Il faut comprendre que le système Starlink ne fonctionne pas au-dessus du territoire russe.
05:13Et donc pour se guider, les drones ou les missiles ukrainiens,
05:16ils utilisent, qu'au somme d'autres deux systèmes,
05:18donc des centrales inertielles qui leur permettent à peu près de savoir
05:21où ils en sont par rapport à leur trajectoire.
05:23Et aussi des systèmes avec des caméras embarquées, des modules IA,
05:26qui leur permettent de faire des relevés topographiques
05:28et de comparer grosso modo avec une IA pour savoir à peu près où ils en sont.
05:31Si vous rajoutiez un système Starlink,
05:34ça permettra en temps réel au drone d'être parfaitement positionné,
05:36éventuellement d'avoir une liaison avec un pilote qui serait situé en Ukraine
05:40pour pouvoir effectivement mieux guider le drone,
05:42qu'il soit plus précis, et notamment pour viser des systèmes mobiles
05:45comme sont les lanceurs d'Iskander.
05:46Là, effectivement, ça ferait du sens.
05:48Après, il est quand même peu probable qu'Elon Musk donne son feu vert.
05:51Je rappellerai juste qu'il n'a pas donné son feu vert aux Ukrainiens au début de la guerre
05:54pour qu'ils aillent frapper en Crimée parce que, justement,
05:56il ne voulait pas, qu'au somme d'eau, que son système serve à des options offensives.
06:00Donc, il est peu probable qu'Elon Musk change d'avis.
06:04Juste un élément peut-être bémol, c'est que l'ancien ministre de la Défense,
06:08M. Fedorov, qui est assez proche d'Elon Musk,
06:11se rendra aux États-Unis prochainement.
06:12Donc, il faudra voir si la discussion entre les deux change quelque chose.
06:14Alors, justement, l'ancien ministre dont vous parlez, Ulrich,
06:17qui a communiqué notamment sur les réseaux,
06:19assez proche d'Elon Musk,
06:21qui parle d'Elon Musk comme de la personnalité technologique
06:25et l'entrepreneur le plus important au monde pour notre pays.
06:28Et Elon Musk a répondu à cet ancien ministre ukrainien
06:31en expliquant, face à cette demande de technologie Starlink,
06:36« J'essaie de faire le nécessaire.
06:37J'espère qu'il y aura bientôt la paix. »
06:39Alors, ce n'est pas une réponse,
06:40mais en tout cas, ce n'est pas une porte fermée complètement non plus.
06:43Anthony Daimila, Volodymyr Zelensky a eu cette phrase.
06:46Aujourd'hui, il a dit, concernant Starlink,
06:48« C'est le plus grand défi à l'heure actuelle pour l'Ukraine. »
06:52Oui, parce qu'on voit beaucoup les drones
06:54et les images qu'on a vues tout à l'heure sur le centre commercial
06:55sont saisissantes.
06:56On voit les missiles balistiques,
06:58mais une grande partie de cette nouvelle guerre
06:59se passe aussi dans l'espace.
07:02Le « new space », c'est-à-dire l'exploitation commerciale de l'espace,
07:05fait qu'il y a beaucoup plus de moyens dans l'espace
07:08et ça coûte beaucoup moins cher de lancer des satellites.
07:10Comme il y a beaucoup plus de choses,
07:11il faut à la fois protéger les choses qui sont dans l'espace
07:15et il faut être en mesure d'utiliser tout ce qui se trouve
07:19comme satellite d'observation.
07:21Ça va beaucoup plus vite
07:22et on est capable d'avoir une couverture optique
07:25de ce qui se passe sur le champ de bataille
07:27quasiment en temps réel avec les satellites.
07:29Donc, cette guerre de l'espace, elle est cruciale.
07:32Il y a ce qu'on appelle le « segment sol »
07:35qui a été frappé à la fois en Ukraine et en Russie
07:38par les Ukrainiens et donc c'est une composante primordiale.
07:42L'Europe était depuis longtemps quasiment dans le peloton de tête
07:49de la course à l'espace.
07:51Elle prend un peu de distance en région de choix technologiques
07:54qui n'ont pas cru par exemple aux lanceurs réutilisables d'Elon Musk
07:57et aujourd'hui, ça sera fondamental d'avoir cette composante
08:01pour la souveraineté française européenne.
08:04C'est comme ça que j'interprète la phrase de Volodymyr Zelensky.
08:08Elon Musk est le pionnier de ce « new space »
08:11et il faut être en mesure d'accompagner le mouvement
08:13sinon cela réduira à Néron tous les autres efforts que l'on peut faire.
08:18À la poignée.
08:19Aujourd'hui, la situation vitale pour l'Ukraine,
08:22c'est les frappes balistiques russes.
08:25Nous n'avons pas d'intercepteurs,
08:27nous n'avons pas de missiles PAC-3 pour les systèmes patriotes
08:30et nous avons compris que, en tout cas, Donald Trump a refusé
08:35pour l'instant donner ce qui reste.
08:37Déjà, on ne sait même pas combien il en reste, mais il a refusé.
08:41Donc, les Ukrainiens ont trouvé la solution
08:43qui leur paraît aujourd'hui vraiment la solution du moment,
08:47c'est de frapper les lanceurs de missiles balistiques.
08:50Donc, les lanceurs de missiles balistiques,
08:52à partir du moment quand ils se développent,
08:54ils se mettent sur place avant de tirer,
08:56ils commencent à émettre déjà la chaleur.
08:58Et c'est ça qui permettra, grâce au système Starlink,
09:01de les détecter à l'avance avant qu'ils frappent
09:03pour détruire le lanceur avant qu'il envoie le missile balistique sur l'Ukraine.
09:07C'est pour ça qu'il est absolument nécessaire
09:09d'avoir l'aval d'Elon Musk
09:12pour recevoir les signaux de Starlink sur la Russie.
09:16Nicolas Tenzer, vous y croyez, à l'aval d'Elon Musk ?
09:19Et ça ne sera pas sans l'aval non plus de Donald Trump, on imagine.
09:22C'est la question.
09:23Est-ce qu'Elon Musk peut, justement,
09:25parce que les relations avec Trump se sont distendues pour le moins,
09:29est-ce qu'Elon Musk peut dire à Trump
09:30« Je suis le patron d'une société privée, donc je fais ce que je veux ».
09:33Et vous n'avez pas à donner mon...
09:34Et d'ailleurs, ce serait un signal
09:35qui serait donné à un certain nombre d'autres clients de Starlink
09:38qui serait extrêmement important.
09:41Donc ça, c'est le premier thèse.
09:42Et deuxièmement, quel est effectivement le pouvoir de conviction de Fedorov
09:45si effectivement il se rend compte ?
09:46Là aussi, c'est une question à voir.
09:48Les deux personnes s'entendent bien,
09:50quelles que soient leurs différences idéologiques quand même,
09:51il faut le rappeler, mais c'est quand même important.
09:54Et troisièmement, le vrai sujet aujourd'hui,
09:56je rebondis une seconde sur ce qu'elle a dit à l'instant,
09:58c'est bien sûr de frapper l'archer.
10:00Et je crois que ça, c'est aussi le défi essentiel des Européens
10:04que d'aider de manière beaucoup plus décisive
10:07par tous les moyens possibles à frapper les archers.
10:11Parce qu'une fois que la flèche est partie,
10:12il peut être beaucoup trop tard.
10:13Merci, merci à vous quatre.
10:15Merci également au général Sidos qui était en ligne avec nous
10:17de nous avoir apporté vos éclairages, vos témoignages ce soir
10:20sur l'actualité dans cette guerre entre l'Ukraine et la Russie.
10:24Merci.
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