- il y a 2 semaines
Il s'exprime pour la première fois depuis la conférence de presse du 18 août au cours de laquelle il a présenté ses "excuses" au nom du gouvernement, et revient sur RTL sur l'une des plus importantes cyberattaques visant l'administration fiscale. Que prévoit Bercy pour protéger les données des près de 700 000 contribuables touchés ? Quelle voie pour faire adopter le budget 2027 dans un contexte de dette record ? David Amiel, ministre de l'Action et des Comptes publics, est l'invité de Céline Landreau à 7h40 dans RTL Matin.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Céline Landreau du 24 août 2026.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Céline Landreau du 24 août 2026.
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:05L'invité d'RTL à 7h40, des taux d'emprunt et une tête qui s'envole.
00:09Des opposants qui promettent de censurer le futur budget, des données du fisc piratées par des hackers.
00:15Rentrée agitée pour le gouvernement et particulièrement pour le ministre de l'Action et des Comptes Publics que vous êtes.
00:20Bonjour David Amiel.
00:21Bonjour.
00:22Et merci d'être sur RTL ce matin.
00:24Juste avant le conseil des ministres de rentrée auquel vous allez participer tout à l'heure.
00:28Rentrée marquée par la préparation du futur budget dans un contexte économique morose.
00:33Un taux d'intérêt de la dette qui grimpe, plus de 4% désormais.
00:36Une dette donc qui se creuse encore.
00:38A qui allez-vous demander des efforts ?
00:40Vous avez d'abord raison de le rappeler.
00:42La hausse forte des taux d'intérêt qu'on observe dans le monde entier mais qu'on observe aussi malheureusement
00:47en France, c'est un coup de semence.
00:50On a changé de monde, y compris par rapport à ce qu'on vivait il y a quelques années.
00:54Y compris par rapport au printemps dernier quand on subissait le déclenchement de la guerre dans le détroit d'Hormuz.
01:00Aujourd'hui si on dépense 100 euros sans le financer, ça coûtera ensuite 140 euros à rembourser.
01:07Dans quelques années, avant même 2030, la totalité de l'impôt sur le revenu ne servira plus qu'à une
01:14chose, c'est à payer les charges d'intérêt.
01:16C'est-à-dire au fond enrichir les créanciers.
01:18Donc c'est la raison pour laquelle il faut évidemment qu'on arrête cette machine infernale.
01:22Donc ça c'est pour le tableau noir que vous dressez, l'exercice de pédagogie.
01:26Mais vous n'avez pas répondu à ma question.
01:27A qui vous allez demander des efforts pour enrayer tout ça ?
01:30D'abord, il faut que les partis politiques à l'Assemblée nationale fassent preuve de responsabilité.
01:36Vous le savez, on n'a pas de majorité à l'Assemblée nationale.
01:38Le Premier ministre a adressé ce week-end une lettre extrêmement claire qui rappelle...
01:44Une lettre de capage à tous les parlementaires.
01:46Exactement, qui rappelle l'essentiel, c'est-à-dire que s'il n'y a pas de budget pour l
01:50'année 2027,
01:52alors on ira vers une catastrophe économique pour notre pays.
01:56Énormément de secteurs économiques tourneraient à l'arrêt.
01:58Notre déficit exploserait.
02:00Et ces deux éléments sont publics.
02:02Ils ont été documentés par l'Inspection générale des finances et par le Conseil d'État.
02:06Pas besoin de me croire sur parole, ils sont accessibles sur Internet pour tout le monde.
02:09C'est-à-dire que pour être très clair, s'il n'y a pas de budget adopté, le rapport
02:13de l'Inspection générale des finances estime que le coût d'une loi spéciale,
02:16ce serait 15 milliards d'euros supplémentaires.
02:18Exactement.
02:19Et ce compromis politique, ça ne peut pas être le n'importe quoi budgétaire.
02:23Parce qu'évidemment, ce serait la facilité pour les partis politiques de mettre la tête dans le sable,
02:28de dire attendons l'élection présidentielle, faisons un accord à minima, laissons filer les déficits.
02:33Mais ça, dans l'environnement économique que je rappelais à l'instant, ce serait extrêmement dangereux.
02:37Et nous, on ne sera jamais des ponce-pilates budgétaires.
02:40Donc vous appelez tous les parlementaires à la responsabilité, ça on l'a compris.
02:45Les Insoumis ont déjà annoncé hier qu'ils voteraient la censure.
02:47Vous avez des premiers retours de cette lettre qu'a adressée le Premier ministre ?
02:51J'ai vu des réactions ce week-end.
02:54Je n'attendais évidemment pas grand-chose des Insoumis.
02:57Jean-Luc Mélenchon lui-même fait maintenant des promesses qui relèvent davantage de la pensée magique qu'autre chose.
03:03Autant connaissaient les talents d'orateur de Jean-Luc Mélenchon.
03:06On lui découvre ce week-end des talents de magicien.
03:09Il pense qu'il suffit de rayer la dette d'un trait de plume.
03:12Je crois que les chroniques se sont multipliées, y compris à votre micro,
03:14pour montrer que ça n'avait absolument aucun sens et que ça construirait en réalité à une catastrophe financière.
03:21Donc je n'attendais rien de la France Insoumise.
03:23Et les autres, ils vous ont répondu ?
03:24En revanche, j'attends des partis de gouvernement, des partis de la droite républicaine,
03:28des partis de la gauche républicaine, des partis du bloc central,
03:31qu'on puisse entendre pour construire ce compromis.
03:33Mais je le redis, un compromis qui évidemment ne soit pas un n'importe quoi budgétaire
03:37et qui permette de continuer à poursuivre les efforts de réduction du déficit que l'on mène depuis 2025.
03:43Donc vous attendez la réponse responsable, vous l'espérez, des parlementaires.
03:47Eux attendent peut-être de savoir ce que vous allez décider, ce que vous allez proposer dans ce budget.
03:52Et je répète une nouvelle fois ma question.
03:54À qui vous allez demander des efforts en priorité ?
03:57Vous avez vous-même ouvert la porte d'une non-indexation des pensions de retraite d'une certaine partie des
04:05retraités.
04:05Est-ce que ça, c'est toujours un sujet qui est sur la table ?
04:07Est-ce que vous avez fixé le seuil de ces pensions qui ne seraient pas réindexées ?
04:122 000, 3 000 euros, on a vu des chiffres circuler.
04:14C'est un débat qui sera évidemment incontournable.
04:18Vous savez, en 2024, l'augmentation pour 100% des retraités, de 100% des retraites, elle nous coûte 15
04:27milliards d'euros chaque année.
04:29Mais c'est plus que le budget du ministère de la Justice.
04:32Et c'est la raison pour laquelle ce débat existe.
04:35Parce que dans la période dans laquelle on est, dans la période dans laquelle il faut faire des choix d
04:38'urgence absolue,
04:39des choix d'urgence qui ne peuvent pas être financés par le déficit,
04:42il y a des choix évidemment difficiles à faire.
04:45Et les efforts, ils devront être généraux dans le cadre du budget.
04:47En ce qui concerne les paramètres précis, les questions précises que vous me posez,
04:51et l'ensemble des questions qu'elles relèvent des retraites ou autres,
04:54elles seront arbitrées par le Premier ministre et présentées très prochainement.
04:57Mais c'est donc toujours une piste sur la table ?
04:59Le Premier ministre aura l'occasion de rendre ses arbitrages prochainement.
05:03Bon, donc on n'a pas de réponse ce matin sur les retraites.
05:05Est-ce que la reconduction de la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises est aussi sur la table ?
05:11Le MEDEF fait sa rentrée cette semaine.
05:13J'imagine que les patrons sont sensibles à cette décision ?
05:17Je le disais, les arbitrages structurants pour le budget, et c'est normal,
05:23seront présentés par le Premier ministre.
05:25Dans un contexte où tous, tous, devront faire des efforts.
05:30Des efforts pourquoi ?
05:31Des efforts pour financer des politiques publiques essentielles.
05:34Je pense à celles qui concernent l'avenir de notre pays.
05:37Et dans les premiers éléments de budget que j'ai eu l'occasion de présenter au Parlement,
05:42au mois de juillet dernier, il y a deux augmentations essentielles.
05:46La défense et la transition écologique.
05:48Et je crois que c'est un symbole de ce qu'on doit faire aussi dans le cadre de ce
05:50prochain budget.
05:51C'est-à-dire faire des efforts, faire tous des efforts,
05:53pour pouvoir préserver les investissements indispensables dans l'avenir.
05:57Raphaël Glucksmann, qui s'est déclaré candidat officiellement hier,
06:01propose lui de taxer les super héritages.
06:04Alors, dans son esprit, ça permettrait d'augmenter les salaires en baissant les prélèvements sociaux.
06:08Est-ce que ça, c'est des pistes aussi que vous pouvez mettre sur la table,
06:12même si on entend que rien n'est tranché, rien n'est tabou non plus ?
06:15J'ai entendu la proposition Raphaël Glucksmann.
06:17Elle ne vise pas à réduire le déficit.
06:19Ce qui j'ai bien compris, elle vise à faire la forme dans le cadre de l'élection présidentielle.
06:23Il y aura des débats sur cette question-là.
06:25Moi, je pense que tous les débats qui permettent d'augmenter les salaires nets
06:28dans le cadre de la présidentielle sont légitimes.
06:30Là, l'urgence dans le cadre du budget 2027,
06:32c'est d'éviter une dérive très grave des finances publiques,
06:36de continuer à réduire les déficits,
06:38demander des efforts aux plus fortunés.
06:41On l'a déjà fait dans les budgets précédents,
06:43ceux de 2024, ceux de 2025.
06:45C'était la contribution différentielle sur les hauts revenus, par exemple.
06:50Ça fera évidemment partie des débats légitimes,
06:53mais ça ne doit pas nous détourner de l'essentiel,
06:55c'est-à-dire les économies budgétaires.
06:56David, Amiel, je rappelle que vous êtes ministre de l'Action et des Comptes Publics.
07:00Qu'est-ce que vous êtes certain, dans ce contexte que vous nous décrivez,
07:03de pouvoir tenir la promesse de Sébastien Lecornu ?
07:06Pas de hausse d'impôts.
07:08Je le disais à l'instant,
07:10notre priorité absolue,
07:12c'est de réduire le déficit.
07:14Et pour cela, la première chose à faire,
07:17c'est de faire des économies budgétaires.
07:19Parce que souvent dans ce pays,
07:20tout est prétexte,
07:21tout est prétexte, pardonnez-moi,
07:24à différer, reporter,
07:27enterrer les économies budgétaires.
07:29Certains disent qu'il suffit d'augmenter les impôts
07:31dans le pays qui est d'ores et déjà
07:33le plus imposé d'Europe.
07:35D'autres prétendent que la dette n'est pas un problème.
07:39D'autres voudraient qu'à chaque crise,
07:41on abandonne les efforts de consolidation budgétaire.
07:44Je crois que notre pays souffre de ça.
07:45Donc concentrons-nous d'abord sur les économies budgétaires.
07:47Les entreprises qui attendront vos arbitrages,
07:50les entreprises inquiètent aussi pour leur sécurité informatique.
07:53La facturation électronique va devenir obligatoire
07:55pour nombre d'entre elles dès le 1er septembre.
07:56En clair, les factures devront avoir un format numérique normé,
08:01passer aussi par des plateformes agréées par l'État.
08:04Officiellement, c'est pour garantir leur sécurité
08:06et transmettre automatiquement les données au fisc.
08:09Garantir la sécurité,
08:11est-ce que vous le pouvez vraiment aujourd'hui
08:13dans le contexte des cyberattaques qu'on connaît ?
08:16D'abord, pourquoi est-ce qu'on fait cette réforme
08:18de la facturation électronique ?
08:19C'est-à-dire permettre, ce que vous avez rappelé,
08:21à toutes les entreprises,
08:22de facturer avec les mêmes standards.
08:24C'est pour simplifier la vie de tout le monde.
08:26C'est ce qui va permettre de réduire les délais de paiement.
08:28Et vous savez à quel point ça empoisonne la vie des PME.
08:31C'est ce qui va permettre de réduire les temps administratifs
08:34pour les chefs d'entreprise.
08:36C'est ce qui va permettre de lutter contre la fraude
08:38à la TVA sans multiplier les contrôles tâtillons
08:41qui, là aussi, empoisonnent la vie.
08:43Avec un espoir de récupérer 2 à 3 milliards d'euros par an, c'est ça ?
08:46Oui, et sans avoir des contrôles tâtillons
08:48sur l'immense majorité des entreprises
08:50qui respectent, bien évidemment, les règles.
08:52C'est la raison pour laquelle les organisations patronales
08:54ont été très engagées dans la préparation
08:56et la mise en place de cette réforme.
08:57Mais on a les moyens de sécuriser toutes les données
08:58de ces entreprises qu'elles vont vous confier demain ?
09:00Mais le plus important, c'est la preuve.
09:02Est-ce que cette réforme, elle a marché là où elle a été mise en avant ?
09:05Oui.
09:06Les Belges, les Italiens, ont mis en oeuvre
09:08la facturation électronique, et ça a fonctionné.
09:11Mais je pourrais vous répondre que peut-être
09:12que leurs systèmes informatiques sont mieux sécurisés
09:15que ceux de la France, en a vu les cyberatheurs.
09:17Les exigences de sécurité qu'on a demandées
09:19aux plateformes agrées sont supérieures
09:21à ce qui existe en Italie et en Espagne.
09:24Et j'aurai l'occasion, ce mercredi à Bercy,
09:26de convoquer l'ensemble des plateformes agrées
09:29pour renforcer encore les exigences de sécurité
09:32dans le contexte que vous évoquez.
09:34Et puis je voudrais aussi être très clair,
09:36le 1er septembre, ce n'est pas une date coup près.
09:39C'est, au fond, le début, le coup d'envoi
09:44de cette réforme de la facturation électronique.
09:47Ça veut dire pas de sanctions ?
09:48Ça veut dire qu'évidemment, d'ici à la fin de l'année 2026,
09:52il n'y aura aucune sanction pour aucune entreprise.
09:56On sera extrêmement pragmatique.
09:57L'idée est d'accompagner progressivement les entreprises
10:00dans l'adoption de la facturation électronique.
10:03Et on rappelle que le délai, ce n'est pas le 1er septembre,
10:05pour toutes les entreprises, pour les TPE, PME,
10:07ce sera seulement septembre 2027.
10:10Je voudrais revenir quand même au piratage des données.
10:13On en a parlé de la Direction Générale des Finances Publiques.
10:15Vous avez présenté vos excuses aux contribuables.
10:18Certains d'entre eux sont appelés à payer leur taxe foncière
10:20à partir d'aujourd'hui.
10:21Ils peuvent le faire sans crainte ?
10:24Oui, car ce qui a été attaqué par le cyberattaquant
10:30ne concernait pas le paiement des impôts.
10:33Il n'y a pas d'impôts qui auraient été détournés,
10:35d'avis d'imposition qui auraient été modifiés.
10:38Il y a eu un accès à un certain nombre d'informations
10:41pour près de plus de 600 000 particuliers et professionnels
10:48qui concernaient, par exemple,
10:50on parle d'informations fiscales,
10:51le revenu fiscal de référence.
10:53Pas la composition de votre revenu,
10:55mais enfin le revenu fiscal de référence.
10:57Mais jamais, jamais, le paiement de l'impôt n'a été perturbé.
11:00Un mot, peut-être pour finir, David Amiel,
11:02de notre sondage à Ress Interactive.
11:04Toluna pour RTL et M6.
11:05Il donne Marine Le Pen gagnante ce matin
11:06dans tous les cas de figure au second tour.
11:08Et dans la plupart des hypothèses,
11:10après un second tour, face à Jean-Luc Mélenchon.
11:12Est-ce que vous redoutez l'effacement du bloc central
11:15de votre famille politique en 2027 ?
11:19La première chose que je redoute,
11:20c'est la victoire de Marine Le Pen.
11:22Parce que ce que montrent les sondages que vous évoquez,
11:25c'est qu'aujourd'hui, Marine Le Pen, l'extrême droite,
11:31est extrêmement bien positionnée pour l'élection présidentielle.
11:33Je pense que ce serait une catastrophe pour notre pays.
11:36Une catastrophe pour les finances publiques.
11:38Le programme Marine Le Pen serait une catastrophe
11:42on voit à quel point, même sur la question des retraites,
11:45le Front National n'arrive toujours pas à dire
11:47ce qu'il compterait faire.
11:48Une catastrophe, évidemment, sur le plan européen,
11:50sur le plan des alliances internationales.
11:52Une catastrophe pour la cohésion de notre pays.
11:55Et je crois que ça, bien au-delà de ma famille politique,
11:59bien au-delà de mon parti politique,
12:00ça devrait tous nous interpeller avec une question.
12:02Comment faire pour que les classes populaires
12:04et les classes moyennes,
12:06qui sont aujourd'hui tentées par le vote du Rassemblement National,
12:09aient une autre voie d'espoir ?
12:10Merci David Amiel.
12:11Daniel, vous restez avec nous, si vous le voulez bien,
12:13puisque Alex Vizorek est là.
12:15Bonjour Alex.
12:15Bonjour Céline Angro.
12:16L'œil d'Alex Vizorek.
Commentaires