00:00La compta va, tout va !
00:03RTL Matin, c'est Nulandreau.
00:06RTL 7h43, elle fait son entrée en politique, n'exclut pas d'être candidate à la présidentielle,
00:11un monde qu'elle a longtemps observé, commenté.
00:14Journaliste, éditorialiste et directrice de la revue L'Audace, Natacha Polony,
00:17et donc l'invité d'RTL Matin. Bonjour Natacha Polony.
00:19Bonjour.
00:20Et merci d'être avec nous. Vous vous lancez donc en politique, vous l'avez annoncé il y a quelques
00:23jours,
00:24pour, je cite, « perturber ce jeu politique ».
00:27Vous n'avez pas le sentiment que c'est déjà suffisamment compliqué ?
00:30Alors justement, la question c'est comment on remet de l'ordre.
00:33Et pour ça, ce qu'il faut perturber, c'est l'entre-soi.
00:37Ce qu'il faut perturber, c'est ce spectacle qu'on a vu tout le week-end,
00:41de gens qui, entre eux, discutent très calmement, se servent le thé sur le pont du Titanic.
00:47C'est-à-dire que là, la rentrée va être très difficile pour les Français.
00:52Le prix des carburants, l'inflation qui va se mettre en place,
00:56parce qu'on l'a oublié un petit peu pendant l'été,
00:59mais le détroit d'Hormuz est toujours fermé.
01:01L'inflation va donc s'amplifier.
01:04Et ce qu'on nous propose, c'est de voir des gens
01:07qui sont responsables de la situation que vient de décrire François Langlais,
01:11et qui vont vous expliquer comment ils vont évidemment faire mieux.
01:16Cette situation, vous la commentez, on l'a dit depuis des années.
01:18Pourquoi vous entrez dans la danse aujourd'hui ?
01:20Parce que j'en ai assez de commenter le désastre.
01:24Et parce que je ne supporte plus, en fait, le spectacle de l'impuissance.
01:30Vous savez, il y a un moment où on a...
01:31Moi, en tout cas, j'ai gardé ma capacité d'indignation.
01:35Et donc, quand vraiment, j'entends des gens qui sont responsables,
01:38par exemple, de 1300 milliards de dettes supplémentaires,
01:41encore une fois, pour de l'argent jeté par les fenêtres.
01:45parce qu'on n'a pas analysé les raisons qui font que le diagnostic
01:49que vient de dresser François Langlais est tel qu'il est.
01:52Moi, je pense que ça me met en colère.
01:55Mais alors, si vous imaginez, si moi, je suis en colère,
01:57la colère que ressentent les Français.
02:00Donc, il manque une offre politique qui réponde à cela.
02:04C'est-à-dire, qui refuse l'impuissance.
02:05Vous entendez l'incarner cette offre politique ?
02:08J'entends rassembler tous ceux qui ne sont pas représentés pour l'instant.
02:11Je vous rappelle qu'en 2022, il y a eu, en tout, 17 millions,
02:16au deuxième tour, 17 millions d'abstention, vote blanc, vote nul.
02:21Les votes blancs et nuls, il n'y en avait jamais eu autant.
02:23Ça veut dire qu'en fait, les Français ne sont pas représentés.
02:26Chaque candidat cherche à aller séduire ces personnes
02:28qui ne se déplacent pas aujourd'hui dans les urnes.
02:30Vous faites, on l'entend, votre indignation.
02:31Vous faites un constat.
02:33Vous vous dites, aujourd'hui, la campagne se résume à un duel
02:35de deux offres violentes et inadaptées avec Jean-Luc Mélenchon d'un côté,
02:38Marine Le Pen de l'autre.
02:39Les autres candidats ne proposent rien de nouveau.
02:41Vous vous proposez, vous proposeriez quoi de différence
02:45si demain, vous vous lancez avec votre mouvement ?
02:47Je vous donne un exemple.
02:50Encore une fois, ce que vient de décrire François Langlais.
02:52Ça s'explique par le fait que nous avons laissé filer notre déficit commercial.
02:58La France a perdu 1 200 milliards en déficit commercial depuis 2000.
03:03Eh bien, l'unique solution, c'est de décréter un état d'urgence de la production
03:08qui rompe avec le fait que l'argent des contribuables,
03:14l'argent de l'État, va à des entreprises étrangères.
03:18Et que l'argent des Français, l'épargne des Français,
03:21va alimenter des fonds de pension américains.
03:24Et ça veut dire quoi, l'état d'urgence de la production ?
03:26Oui, de manière très concrète.
03:29Ça veut dire un pacte de production et des salaires.
03:33Dans ce pacte de production, vous commencez déjà par mettre la priorité
03:37à la production française dans la commande publique
03:39pour que l'argent des Français aille vers l'économie française.
03:45Justement, qu'on arrête d'alimenter.
03:47On rappelle que légalement, le choix de l'entreprise par sa nationalité,
03:49c'est interdit.
03:51Mais que depuis une semaine, la loi climat et résilience
03:53permet de mettre des conditions environnementales.
03:55Et je vous rappelle que nos voisins allemands, par exemple,
03:59flèchent systématiquement vers des entreprises allemandes
04:01à 60 ou 80 %, tandis que nous, évidemment, nous ne le faisons pas.
04:05Donc, vous voyez, c'est tout ce genre de choses
04:07qui n'a pas été pris en main.
04:08Il y a tout un travail, je ne vais pas rentrer dans les détails,
04:10mais un travail avec l'ensemble de l'administration
04:13pour regrouper les acheteurs publics, etc.
04:15Ensuite, deuxième chose, vous mettez en place
04:19une définition des filières qui sont des filières à enjeux vitaux.
04:24C'est-à-dire ceux dont l'État a besoin.
04:25Comme Jean-Luc Mélenchon, j'allais dire, que vous voulez proposer.
04:28C'est de la planification gaullienne.
04:30Et d'ailleurs, dans le gaullisme, ce qu'il faut aussi remettre en place,
04:34ou plutôt mettre en place, puisqu'il n'a pas pu le faire,
04:36le général de Gaulle, ça s'appelle la participation.
04:38Pourquoi ? Parce que le problème que nous avons aussi,
04:40c'est cette opposition factice entre politique de l'offre
04:43et politique de la demande.
04:45En fait, si nous voulons résoudre nos problèmes,
04:47il faut mettre toutes nos forces ensemble.
04:49Moi, je passe ma vie à rencontrer des patrons de PME, de TI,
04:52et à rencontrer des employés, des citoyens,
04:55qui ont tous envie que nous gagnions ensemble.
04:58Je vous donne un exemple.
04:59Dans le milieu de la restauration, par exemple,
05:01la participation, ça se pratique assez souvent.
05:04Je rencontrais l'autre jour un restaurateur.
05:05Il a donné 10% de son entreprise à son second,
05:09et un petit peu à tous les employés.
05:11Je peux vous assurer que ça fonctionne,
05:13et que tout le monde est dans le même bateau.
05:15Vous parliez du gaullisme, vous citez vos influences.
05:18Ça va être Philippe Séguin à Jean-Pierre Chevènement,
05:20pour qui vous avez unité un temps.
05:22J'ai du mal à bien comprendre,
05:23c'est quoi le polonisme aujourd'hui ?
05:25Déjà, première question...
05:28Alors, il n'y a aucune nostalgie, justement.
05:30La question, c'est comment on fait dans les années qui viennent.
05:33Moi, ce qui m'intéresse, c'est de savoir ce que sera la France en 2030, en 2040, en 2050.
05:38J'ai des enfants, j'ai envie de savoir dans quel pays ils vont grandir.
05:41Si vous avez écouté le débat des candidats à l'AREF,
05:46moi, je n'ai pas entendu les raisons pour lesquelles nous devions nous battre.
05:50Qu'est-ce que c'est que la France ?
05:51Qu'est-ce que c'est ce qui nous rassemble ?
05:53Quelle est notre spécificité par rapport aux autres pays du monde ?
05:57Nous ne sommes pas juste un espace économique.
05:59Nous sommes une culture.
06:01Nous sommes la France qui a apporté au monde une façon d'être,
06:05une vision, une conception même de la République,
06:09de l'égalité, de la liberté.
06:11C'est aussi sur ça qu'il faut se battre.
06:13Ce n'est pas juste des chiffres.
06:15Vous avez aussi longtemps dénoncé un déclin de l'école.
06:17Demain, c'est la rentrée scolaire.
06:19L'école française ne va pas bien.
06:20Qu'est-ce que vous préconisez ?
06:23Déjà, on est ravis de pouvoir enfin le dire.
06:25Moi, ça fait 25 ans que je me fais traiter de réac
06:27parce que j'alertais sur la baisse du niveau,
06:29parce que j'alertais sur la violence.
06:31Demain, ce qu'il faut faire, c'est évidemment augmenter les profs,
06:34mais ça tout le monde maintenant enfin le dit.
06:36Il faut surtout commencer par un travail sur la pédagogie.
06:39Le problème que nous avons, c'est que l'école française,
06:42aujourd'hui, c'est les médecins de Molière.
06:43C'est-à-dire qu'on laisse les enseignants,
06:46seuls dans leur classe, se débrouiller.
06:49Il faut revoir entièrement la formation.
06:51Il faut définir les méthodes qui marchent.
06:55Il faut les transmettre aux professeurs.
06:57Aujourd'hui, la moyenne de formation des professeurs,
07:00c'est deux jours par an.
07:01C'est absolument insuffisant.
07:03Il faut réadministrer cette institution.
07:08Contrairement à ce que pensent les gens,
07:10c'est sous-administrer l'éducation nationale.
07:12C'est-à-dire qu'il n'y a que 5% de personnel administratif.
07:15Et donc, le ministre est en fait le N plus 3 des professeurs
07:20qui sont laissés à eux-mêmes.
07:21Vous rajoutez des échelons intermédiaires ?
07:23Non.
07:23Vous rajoutez des professeurs experts
07:25qui encadrent et qui viennent aider les jeunes professeurs
07:29et qui viennent travailler sur le collectif.
07:32Ensuite, ce que vous faites, c'est qu'évidemment,
07:34vous réinstituez les professeurs dans leur autorité.
07:37Vous vous rappelez, par exemple, aux parents contestataires
07:41que c'est l'institution qui décide ce qu'on enseigne
07:45et qu'il n'y a pas de clients de l'école.
07:48Bref, vous remettez l'école au centre de la société française.
07:52C'est bientôt l'heure de la sonnerie, Natacha Polony.
07:54La probabilité de voir un bulletin Polony le 18 avril prochain
07:57entre 0 et 100% ?
08:00Il n'y a aucune question de ce genre-là.
08:02Il y a une question.
08:03J'ai lancé un appel à tous ceux qui ne veulent pas se résoudre
08:07et qui en ont assez d'avoir le parti impossibiliste
08:09qui se déploie devant eux.
08:12Donc, cet appel, il commence à être entendu
08:14et on va voir ce qu'on peut faire tous ensemble.
08:17Justement, sur la base des propositions que je viens de faire,
08:20j'en ajoute une autre.
08:21Rétablir une véritable démocratie
08:23avec la possibilité pour les citoyens de s'exprimer réellement.
08:27Merci, Natacha.
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