00:05L'invité d'RTL Matin maintenant. Comment mettre le climat au cœur de la prochaine présidentielle ?
00:10Imposer ses questions dans le débat politique ?
00:13Et si cela passait par les citoyens ? C'est le pari d'un homme que les auditeurs d'RTL
00:16connaissent bien,
00:17l'un des experts les plus reconnus, l'un des meilleurs vulgarisateurs aussi sur ces questions.
00:21Bonjour Jean-Marc Jokovici.
00:22Bonjour.
00:23Et merci d'être dans ce studio ce matin pour annoncer donc sur RTL le coup d'envoi d'une
00:27convention citoyenne sur ces questions.
00:30Alors qu'on appelle nous une assemblée citoyenne, histoire de marquer un peu la différence avec ce qui s'est
00:34passé lors de la convention citoyenne pour le climat.
00:36Et du reste la nôtre va traiter de questions plus larges.
00:40Elle va traiter des dilemmes qui se posent à nous aujourd'hui et qui émergent parce que nous rentrons dans
00:45un monde nouveau.
00:45On l'a vu par exemple cet été, on l'a vu au printemps avec le sujet dont vient de
00:49parler François Langlais, le pétrole.
00:51Le monde devient plus compliqué, ça nous place face à un certain nombre de dilemmes
00:55et on a l'impression que le monde politique a du retard dans sa façon de traiter ces dilemmes et
01:00le monde imparfait dans lequel nous vivons.
01:02Alors vous lancez une assemblée citoyenne, expliquez-nous un petit peu concrètement en quoi ça va consister, qu'est-ce
01:07que vous allez faire ?
01:08Alors ce qui va se passer c'est que 150 français tirés au sort, le tirage au sort est en
01:12train de se terminer là,
01:13vont se réunir 6 week-ends à Paris entre septembre prochain et février prochain
01:19et ils vont travailler sur ce qu'on appelle des dilemmes, c'est-à-dire des situations dans lesquelles il
01:23n'y a pas de solution simple.
01:24Un exemple de dilemme très simple, tous les gens qui nous écoutent mangent.
01:28En ce qui concerne l'alimentation, on aimerait bien avoir des produits qui soient sains,
01:32qui soient produits dans des bonnes conditions environnementales, idéalement en France et pas chers.
01:37Voilà. Et si vous essayez de cocher les quatre cases à la fois, vous n'y arrivez pas.
01:40Et donc si on est des adultes et qu'on regarde les choses en face, qu'est-ce qu'on
01:44préfère ?
01:45Sachant qu'on n'aura pas tout à la fois.
01:47Et quand on écoute les discours politiques, en fait on nous dit toujours, vous allez tout avoir à la fois,
01:52chacun d'entre nous et chacune d'entre nous sait très bien qu'en fait c'est pas vrai, c
01:55'est pas aussi simple que ça.
01:56Mais on a envie d'y croire.
01:57Alors on a un peu envie d'y croire, mais parfois on a aussi envie de se dire,
02:01regardons la réalité en face et qu'est-ce qu'on préfère ?
02:04Donc ça va être ça le cœur du dispositif.
02:06Et l'idée c'est de faire exister dans la campagne un moment où les gens arrivent quand même à
02:11se mettre d'accord sur des sujets difficiles,
02:13alors que la campagne c'est le moment où tout le monde exprime son désaccord,
02:16puisque tous les gens qui défilent dans ce studio expliquent en quoi ils ne sont pas d'accord avec les
02:19gens d'en face.
02:20Alors on va revenir au rôle que vous espérez jouer dans la campagne,
02:22mais juste sur les 150 citoyens que vous avez tirés au sort,
02:25comment vous faites pour être sûr de ne pas avoir que des gens déjà acquis à la cause ?
02:31Alors déjà parce qu'il n'y a pas de cause,
02:34c'est-à-dire que ce qu'on leur explique c'est qu'on va leur poser des questions,
02:37on ne va pas du tout chercher à orienter la conclusion,
02:40et on ne va pas du tout chercher à en faire une bande de militants,
02:42ce n'est pas du tout ça le sujet.
02:44Le sujet c'est qu'on va leur demander de réfléchir et de travailler,
02:47c'est ça la question.
02:48Et au bout des dilemmes il y aura des propositions faites ?
02:50Exactement, et au bout des dilemmes il y aura des propositions de faites,
02:53et les propositions seront portées dans l'espace public,
02:56notamment aux candidats, mais pas qu'eux,
02:58parce qu'il n'y a pas qu'eux qui font la société française.
03:00Aujourd'hui on peut se poser la question de savoir
03:02si un patron de multinational n'est pas plus puissant qu'un député par exemple.
03:05Donc c'est l'ensemble des gens qui font la société française
03:08qui recevront ces propositions.
03:10Ces propositions elles doivent arriver en février, si je ne me trompe pas.
03:14Sachant que le premier tour de la présidentielle est prévu le 18 avril,
03:16ça ne va pas arriver un peu tard dans le débat,
03:18les programmes sont ficelés, non ?
03:19Alors, ça va arriver un peu tard peut-être,
03:22mais par ailleurs vous savez comme moi que les gens font des programmes
03:24et ensuite ils font ce qu'ils font.
03:27Donc je pense que même si ça arrive en février,
03:30ça aura toujours une utilité.
03:31Et puis par ailleurs ce qu'on espère c'est que le processus va être très suivi.
03:35Et donc le cœur du dispositif c'est cette assemblée citoyenne,
03:38mais on va chercher à faire en sorte que tous les Français s'associent à cette démarche.
03:43Alors il y aura une plateforme, il y aura un site,
03:45le projet s'appelle Un Common Accord,
03:47et donc il y a déjà un site en ligne qui s'appelle Un Common Accord.fr,
03:50c'est très simple à trouver.
03:52Et sur ce site, on pourra s'associer au débat,
03:55on pourra suivre les interventions des experts qui vont fournir de la matière première,
04:00on pourra travailler sur les dilemmes qu'on va soumettre aux citoyens,
04:04c'est-à-dire chacun et chacune d'entre nous pourra aller voir les dilemmes en question
04:06et regarder ce que nous on en pense, comment on se positionne par rapport à ça, etc.
04:10On pourra envoyer des questions et des contributions aux citoyens.
04:14Quelque chose de très participatif, en tout cas c'est ce qu'on comprend,
04:17vous avez parlé d'une assemblée citoyenne pour la différencier,
04:20de la convention citoyenne qu'on a déjà connue sur le climat,
04:24lancée par le chef de l'État lui-même.
04:26Il y avait eu 149 propositions,
04:28alors d'après le gouvernement une centaine sont au moins partiellement appliquées,
04:32d'après WWF France c'est 24 seulement,
04:35qui sont aujourd'hui véritablement et intégralement appliquées.
04:38Mais qu'est-ce qui vous fait dire, et je ne veux pas doucher votre optimisme,
04:41que vous arriverez à faire mieux ?
04:43Rien.
04:46La différence c'est que nous on n'est pas l'exécutif,
04:48donc on ne promet pas de mettre en oeuvre les propositions,
04:51puisque de toute façon ça ne relève pas de nous.
04:54La promesse qu'on fait, c'est qu'on va mettre en oeuvre les meilleures conditions
04:59pour que les gens puissent travailler de façon intéressante et pertinente.
05:04Et par ailleurs, on va faire tous les efforts qu'on peut
05:06pour que ces propositions existent dans l'espace public.
05:09Et alors, une des manières à laquelle on pense pour ça,
05:12c'est qu'on démarre également aujourd'hui
05:14une campagne de soutien et de financement participatif.
05:17Alors le budget est quasiment bouclé,
05:19donc le premier objectif de cette campagne,
05:21ce n'est pas d'avoir beaucoup d'argent,
05:22c'est d'avoir beaucoup de gens qui contribuent
05:24en donnant un euro symbolique,
05:26pour montrer qu'ils sont là,
05:28que c'est une bonne idée dans ces temps troublés et difficiles,
05:31et de dissension,
05:33parce que quand on regarde le monde politique,
05:34c'est quand même un monde de dissension et de confusion en ce moment.
05:36d'avoir des gens qui se retrouvent
05:38et qui font l'effort de construire quelque chose ensemble.
05:42Et donc, tous les gens qui nous écoutent
05:43et qui pensent que c'est une bonne idée
05:45peuvent aller donner un euro symbolique
05:47pour montrer qu'ils pensent que c'est une bonne idée de faire ça.
05:50Vous ne choisissez pas votre calendrier par hasard,
05:52ça arrive au moment où la campagne présidentielle débute.
05:56Les candidats parlent plus ou moins du climat.
05:59Est-ce qu'il y en a un, au moins,
06:01un programme aujourd'hui qui trouve un peu grâce à vos yeux ?
06:03Nous, on ne va pas parler que du climat,
06:04parce que le climat est une entrée dans cette affaire.
06:06On va aussi parler d'économie,
06:07on va aussi parler de géopolitique.
06:09En fait, on va parler de tout ce qui fait le monde.
06:12Donc, en fait, c'est quasiment un programme que vous allez faire ?
06:14Non, parce que dans six week-ends,
06:17on va être capable de traiter une dizaine de sujets,
06:20une dizaine de dilemmes.
06:21Donc, ça ne fait pas la totalité d'un programme.
06:23Mais par contre, ça fait une méthode.
06:24Ce qu'on va montrer, c'est qu'on est capable
06:28de se mettre ensemble et de se retrousser un peu les manches.
06:30Pourquoi vous n'y allez pas franchement ?
06:31Parce que là, vous n'avez aucune assurance
06:32que les candidats vont reprendre vos propositions, vos dilemmes ?
06:35Non, on n'a jamais aucune assurance
06:36que les candidats font quoi que ce soit.
06:38Vous n'avez pas envie d'être certain de jouer un rôle ?
06:41Alors, l'assurance, on l'aura.
06:42Mais c'est un rôle que je joue
06:44en permettant à ce débat d'exister.
06:46Ce qui est certain, c'est que si on a le nombre,
06:50on existera dans le débat.
06:51Donc, en fait, si ce processus est soutenu
06:53par un très grand nombre de gens
06:55au travers de ce fameux euro symbolique,
06:57on est absolument certain
06:59que les propositions ne seront pas contournables
07:01dans le débat.
07:02Et c'est ça l'enjeu.
07:03Merci Jean-Marc Jancovici.
07:04Je rappelle que vous êtes ingénieur,
07:06que les auditeurs d'RTL peuvent vous retrouver
07:08chaque samedi matin à 8h20
07:10pour C'est notre planète
07:10dans la matinale de Stéphane Carpentier.
07:12Si vous voulez bien, vous restez un petit peu avec nous.
07:14Regardez Alex Vizorek.
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