00:00Faire.
00:02RTL Matin, c'est lui Landreau.
00:057h43, l'invité de RTL Matin. Bonjour Dominique Schellcher.
00:08Bonjour Madame Landreau.
00:09Vous êtes le PDG de Coopérative U qui regroupe près de 2000 magasins en France.
00:13Sébastien Lecornu a promis dans une vidéo hier soir sur les réseaux sociaux
00:16que le prix du gasoil allait baisser dès le 1er novembre
00:18grâce à la libération des 10 millions de barils issus des stocks stratégiques.
00:231er novembre, d'abord vous confirmez ce jour-là, les prix vont baisser dans vos stations-services ?
00:27Ils vont baisser à partir du 1er novembre.
00:29C'est l'engagement qui a été pris.
00:31La réunion d'hier matin animée par le Premier ministre a été très constructive
00:35puisqu'on avait un certain nombre d'éléments à partager sur le fonctionnement de tout ça.
00:40C'était constructif.
00:42On attend maintenant les décrets pour organiser la chose.
00:45Mais absolument, et c'est la bonne nouvelle de ce matin,
00:47il n'y en a pas beaucoup dans l'actualité en ce moment,
00:49mais à partir du 1er novembre, les prix vont baisser jusqu'à 18 centimes.
00:56C'est ce que j'allais vous demander.
00:57Le Premier ministre dit 12 à 18 centimes de baisse par litre de gasoil.
01:00Est-ce que vous avez une idée plus précise de la fourchette chez vous ?
01:03Non, à ce jour d'aujourd'hui, je n'ai pas une idée plus précise,
01:05mais il faut juste savoir que certes, ces stocks ont été achetés à très bas prix,
01:09mais par exemple par-dessus, il va falloir rajouter le transport.
01:12Et le transport pour livrer à Paris, pour livrer à Mulhouse ou pour livrer à Marseille,
01:17ce n'est pas le même prix par exemple.
01:18Et donc, il pourra y avoir quelques variations.
01:20Et c'est pour ça qu'on parle aujourd'hui d'une fourchette.
01:22et le prix définitif sera affiché aux pompes chaque jour à partir du 1er novembre.
01:27Par contre, j'insiste sur un point,
01:30ça va être une libération progressive de 10 millions de barils sur 3 mois.
01:35Ça veut dire qu'à certains moments, nous n'accéderons peut-être pas à ces stocks-là.
01:39Vous voyez ?
01:40Et donc, certains jours...
01:41Il risque d'y avoir des variations importantes sur cette période-là ?
01:45Donc, globalement, il y aura des prix en baisse, mais il pourra y avoir encore des variations,
01:50parce que ça ne couvrira pas toutes les quantités de toutes les stations à tout moment.
01:55Total, votre concurrent a déjà annoncé une baisse de 8 à 12 centimes le litre dans ces stations-service.
02:01Est-ce que vous êtes capable de dire que vous ferez mieux ?
02:03Nous, on achète avec Leclerc, notre carburant.
02:07Donc, on est le deuxième acheteur en France de carburant.
02:09Et on s'engage tous les deux à répercuter au plus juste les prix qu'on aura à ce moment
02:19-là.
02:20Au plus juste, ça veut dire avec quelle marge pour vous ?
02:22Avec quasiment pas de marge.
02:24Aujourd'hui, vous le savez, on gagne 1 ou 2 centimes au litre.
02:29Les gens sont attentifs au quotidien au prix de leur carburant.
02:33Ils regardent sur les applis, ils regardent.
02:35Et ils vont au moins cher, donc on sera au moins cher.
02:37Dominique Schellcher, Système U a été victime, comme d'autres enseignes hier,
02:41d'une cyberattaque visant plusieurs de ses magasins.
02:43Les hackers ont pris le contrôle de vos frigos, ont fait monter la température jusqu'à 80 degrés parfois.
02:49À combien vous chiffrez les dégâts d'abord chez vous ce matin ?
02:51Je n'ai pas le chiffrage des dégâts,
02:53mais rappelons les faits.
02:55Dans la nuit de dimanche à lundi, effectivement,
02:58des hackers ont pris le contrôle de ce qu'on appelle la régulation du froid.
03:01Donc le contrôle du froid.
03:03Chez nous, ça a touché 80 magasins seulement sur 2 000.
03:0780 sur 2 000.
03:09Et une très grande majorité d'entre eux,
03:12et je salue la réactivité des patrons,
03:14je salue la réactivité des équipes et de nos frigoristes,
03:17ont pu contrer l'attaque.
03:19Et il n'y a pas eu de rupture de chaîne du froid dans la majorité des magasins.
03:22Et il n'y a pas eu de casse.
03:23Et c'est dans une minorité de ces 80 magasins
03:26qu'ils n'ont pas pu réagir suffisamment vite ou contrôler l'attaque.
03:32Et donc, où il y a eu rupture de chaîne du froid,
03:34et où de la marchandise a pu être jetée.
03:35Mais c'est minoritaire chez Coopérative.
03:38Vous avez bien une idée des dégâts.
03:42Du coup, on a parlé parfois de 200 000 euros par magasin.
03:44Est-ce que c'est cet ordre de grandeur chez vous ?
03:46Alors, dans un petit magasin, c'est quelques dizaines de milliers d'euros.
03:50Et effectivement, dans un hypermarché,
03:52ça peut monter à 180 000, 200 000 euros.
03:55Mais encore une fois, sur les 80 magasins touchés chez nous,
03:59c'est un nombre absolument minoritaire.
04:01Et heureusement, parce que jeter de la marchandise,
04:03évidemment, par les temps qui courent,
04:04c'est inimaginable et inacceptable.
04:07Et ça en fait une attaque totalement inédite,
04:10inattendue et gravissime aussi.
04:12Gravissime ?
04:13Mais oui, on attaque, comment dire,
04:16l'approvisionnement en nourriture des Français.
04:19Moi, de toute ma carrière professionnelle,
04:21je n'ai jamais vu ça.
04:22Et donc, c'est une raison pour laquelle, par exemple,
04:25cette affaire est montée au plus haut niveau de l'État.
04:28Et le Premier ministre en personne a déclenché d'hier
04:32une enquête de l'ANSI,
04:34l'autorité de la cybersécurité,
04:37pour comprendre qu'est-ce qui s'est passé derrière cette attaque.
04:39Vous avez une idée de qui ?
04:41Absolument pas.
04:42Maintenant, il va falloir travailler, mener des enquêtes.
04:45Le Parquet de Paris a également lancé une enquête judiciaire.
04:50Et donc, on attend avec grande impatience
04:53le résultat de ces différentes enquêtes.
04:55Les hackers se sont attaqués au système de régulation frigorifique
04:58du Danois Danfos, qui vous équipe,
05:00et qui a expliqué que les produits touchés sont des produits
05:02soit obsolètes, soit qui n'avaient pas été mis à jour.
05:05Est-ce que vous avez péché par naïveté,
05:07en ne sécurisant pas suffisamment les systèmes dans vos magasins ?
05:11Une chose très importante que je vous dis ce matin,
05:13c'est que nos magasins ne sont pas clients de Danfos.
05:17Nous sommes clients de frigoristes
05:19qui nous mettent à disposition une solution Danfos.
05:23Donc, le sujet va être dans les prochains temps,
05:25qui a informé qui, à quel moment.
05:28Mais nos magasins, les magasins U particulièrement,
05:30ne sont pas clients directs de Danfos.
05:33Nous sommes clients d'acteurs, frigoristes,
05:35qui nous mettent à disposition cette solution.
05:37Donc, c'est la faute des frigoristes, c'est ça que vous êtes en train de dire ?
05:39Ont-ils informé les magasins ?
05:40L'enquête va devoir le dire.
05:42Ça vous inquiète pour la souveraineté alimentaire du pays ?
05:45Demain, une attaque d'une ampleur encore plus grande
05:47qui viserait tous nos magasins ?
05:48C'est la question que pose cette attaque.
05:50C'est pour ça que je dis qu'elle est gravissime.
05:52C'est pour ça que je dis qu'il faut comprendre ce qui s'est passé.
05:55Ça montre, peut-être, la vulnérabilité de certains systèmes.
05:59Et bien évidemment, nous, on est au travail maintenant d'arrache-pied
06:02pour sécuriser tout cela.
06:04Mais encore une fois, on parle chez nous de 80 magasins sur 2 000.
06:08Et c'est une alerte qui va vous faire revoir vos process ?
06:11Mais absolument, mais bien sûr, mais chaque crise.
06:13Mais vous savez, on subit dans notre métier,
06:16pour différentes raisons, de multiples crises.
06:18Chaque crise, on en tire des leçons.
06:21On en tire le meilleur pour nous sécuriser pour la suite.
06:24Dominique Schercher, les députés ont voté pour pérenniser l'utilisation
06:27des titres restaurants en supermarché.
06:29Le texte va maintenant partir au Sénat.
06:31C'est un soulagement pour le patron des magasins U que vous êtes ?
06:34Mais ce n'est pas du tout un soulagement,
06:36parce que je sais ô combien la restauration est en difficulté en France aujourd'hui.
06:40Mais par contre, c'est une deuxième bonne nouvelle ce matin pour les Français.
06:446 millions de Français ont accès aux tickets restaurants.
06:46Ce n'est pas un soulagement.
06:47Vous dites 6 millions de Français les utilisent.
06:4944% des titres restaurants sont aujourd'hui utilisés en supermarché.
06:52C'est quand même une manne pour vous, non ?
06:54Je ne le vois pas comme une manne.
06:56Je le vois comme une réponse aux difficultés des Français.
06:59Beaucoup de Français sont en peine de pouvoir d'achat.
07:0246% ont du mal à boucler leur fin de mois.
07:07C'est une aide actuellement aux pouvoirs d'achat.
07:09Et moi, je dis même, on devrait appeler ces tickets non plus des tickets restaurants,
07:13mais en réalité des tickets repas.
07:15Et beaucoup de Français les prennent pour des tickets repas,
07:18pour les aider à manger au quotidien.
07:19J'ai regardé vos publications ces derniers jours sur les réseaux sociaux.
07:22Dominique Chetcher, vous y expliquez que le logement doit être au cœur de la campagne présidentielle.
07:25Avant-hier encore, vous estimiez qu'il fallait absolument mettre les jeunes
07:29qui se mobilisent aujourd'hui, les lycéens, au cœur de cette campagne présidentielle.
07:32Vous avez des envies de politique ?
07:34Mais en aucun cas.
07:35Mais en tant que chef d'entreprise, je considère que ma responsabilité,
07:39c'est de participer au débat public de cette présidentielle,
07:42de ramener un certain nombre de sujets de préoccupation.
07:45Et pour moi, au contact de jeunes, on recrute beaucoup de jeunes,
07:49de jeunes qui nous parlent, de parents qui nous parlent.
07:51Depuis des mois, les parents nous disent,
07:53mais j'ai tellement peur pour l'avenir de nos enfants,
07:56tellement peur de mes enfants.
07:58Que vont-ils faire ?
07:59Il y a de l'intelligence artificielle, etc.
08:01La campagne présidentielle doit absolument rassurer les jeunes,
08:04leur donner une vision et des perspectives sur les salaires,
08:08sur le logement.
08:09Un jeune aujourd'hui, sans l'aide de ses grands-parents,
08:11sans l'aide de ses parents, ne peut pas accéder à un logement.
08:14Merci Dominique Schelcher.
08:15Restez avec nous, s'il vous plaît.
08:16Dans un instant, vous êtes dans l'œil de Philippe Cavrévia.
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