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  • il y a 4 semaines
Les agriculteurs vont-ils survivre aux nouvelles conditions climatiques extrêmes ? Après un été dévastateur, ils en appellent au gouvernement pour surmonter des pertes de rendement dépassant 50 % pour certaines cultures. Les éleveurs, touchés par le manque de stock fourragers, craignent pour leurs troupeaux. Alors que l'exécutif doit annoncer ce jeudi un plan d'aides d'urgence, Patrick Benezit, éleveur de vaches charolaises et président de la Fédération nationale bovine, est l'invité de Céline Landreau à 7h40 dans RTL Matin.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Céline Landreau du 02 septembre 2026.

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Transcription
00:00Ça va, tout va !
00:03RTL Matin, c'est Lille Andro.
00:067h44 sur RTL, l'invité d'RTL Matin.
00:09Jusqu'à 37, 38 degrés attendus cette fin de semaine dans le sud,
00:12alors que le thermomètre va encore grimper.
00:14Le gouvernement présentera demain son plan d'aide aux agriculteurs
00:17après un été déjà marqué par la sécheresse et les canicules.
00:21Des agriculteurs qui veulent du concret, du rapide.
00:24Bonjour Patrick Bénézy.
00:25Bonjour.
00:26Et merci d'être avec nous.
00:27Vous êtes éleveur bovin dans le Cantal à Saint-Martin-sous-Vigouroux,
00:30très précisément, et président de la Fédération Nationale Bovine.
00:34Avant de s'arrêter sur ce que vous demandez au gouvernement,
00:36j'aimerais que vous nous aie dit à comprendre concrètement
00:38les conséquences de l'été qu'on vient de vivre dans votre ferme.
00:41Vous avez 120 charolaises.
00:42Un été trop chaud, trop sec, ça se traduit comment ?
00:46Ça se traduit par une absence de pousse, d'herbe, déjà au printemps,
00:49puisque la sécheresse a débuté dès le mois de mars.
00:52Et ensuite, les canicules ont pris le relais.
00:54Et l'herbe a littéralement grillé à partir du mois de juin.
00:59Et donc, même celle qui avait poussé a disparu sous l'effet du soleil.
01:02Et les températures n'ont jamais lâché, en fait.
01:04Et on le voit, ça va continuer au mois de septembre.
01:07Donc, c'est des quantités récoltées insuffisantes, déjà, dans un premier temps.
01:13Et puis, depuis le mois de juin, on donne les fourrages qui sont prévus pour l'hiver.
01:18Et c'est ces stocks fourragés qui étaient prévus pour l'hiver, qui, aujourd'hui, nous permettent de nourrir les
01:23animaux.
01:23Pour être très pédagogue, le fourrage, c'est la nourriture.
01:26Le fourrage, le foin, l'ensilage, est donné, aujourd'hui, en période estivale, alors que les animaux devraient pâturer.
01:32Donc, vous donnez, depuis le mois de juin, ce que vous avez, normalement, pour l'hiver.
01:37Il vous manque quoi, en fait ?
01:39Alors, aujourd'hui, moi, sur le moment de l'exploitation, c'est 50%.
01:41Je suis dans la moyenne, à peu près, de ce qui remonte de tous les territoires français,
01:45puisque l'ensemble du territoire français est touché.
01:48Et c'est ce que les préfets ont fait remonter, d'ailleurs, à Mme la Ministre.
01:51Oui, c'est le chiffre qu'a donné à Guy Genevard, 50% de prairies en moins, cette année.
01:54Donc, 50% de prairies.
01:55Il y a aussi du maïs en silage qui sert à nourrir le bétail.
01:59Mais, en tout cas, c'est le manque de fourrage.
02:01Et c'est sur ces bases-là qu'on s'appuie, effectivement, pour attendre un plan gouvernemental à la hauteur.
02:06En temps normal, votre exploitation, elle est autonome ?
02:08Elle est autonome.
02:09Vous produisez, vous permet de nourrir vos bêtes toute l'année ?
02:11Oui, elle est autonome.
02:12C'est le cas de la majorité des éleveurs sur le territoire français.
02:16Donc là, vous voyez qu'il en manque.
02:17Vous n'avez pas de réserve ?
02:19D'une année sur l'autre, on ne stocke pas ?
02:20Alors, très peu.
02:21Très peu.
02:22Il faudra certainement le faire, parce que ça coûte cher.
02:25Il faut des bâtiments pour pouvoir stocker.
02:27Certains éleveurs ont commencé à s'adapter à ce type de situation.
02:32Mais, en tout cas, c'est très difficile de stocker des valeurs comme 50% de pertes,
02:38comme nous le vivons aujourd'hui.
02:39Donc, ça fait des gros volumes de fourrage.
02:41Mais c'est certainement des mesures d'adaptation qu'il faudra mettre en place à l'avenir.
02:45Et vous n'êtes pas assuré pour ça ?
02:46Alors, il y a une partie assurantielle.
02:48Il y a aussi un fonds qui existe.
02:50Mais il marche très très mal, en Prairie notamment, puisqu'aujourd'hui, quand les remontées font état de 50%
02:58de pertes,
02:58on sait que les mécaniques indicielles, assurantielles ou les fonds qu'on a nous-mêmes constitués ne déclenchent pas correctement.
03:07Donc, c'est pour cela d'ailleurs qu'on attend, de la part de la ministre, que ce fonds de
03:11solidarité que nous avons constitué puisse déclencher.
03:13Donc, il vous manque, si on comprend bien, la moitié de la nourriture dont vous auriez besoin pour subvenir aux
03:18besoins de vos bêtes sur un an.
03:19Ça veut dire que vous allez devoir acheter.
03:21Vous allez pouvoir l'acheter où, le fourrage qui vous manque ?
03:24Parce que cet été, il ne s'est pas arrêté aux frontières de la France.
03:26C'est pareil à côté.
03:27Tout à fait.
03:28Donc, les achats ont déjà débuté dans les cours de ferme et dans les élevages.
03:32Donc, il y a certains agriculteurs qui ont des disponibilités de foin parce qu'ils n'avaient pas de bêtes
03:39ou moins de bêtes.
03:40Donc, il y a un marché là-dessus.
03:42Il y a également du maïs en silage qui était prévu pour faire du grain et qui est détourné, on
03:49va dire, pour aller sur le bétail en maïs en silage.
03:52Donc, il n'y a pas de problème de pénurie d'alimentation pour les bêtes ?
03:55Il n'y a pas de problème.
03:56Ça, on ne le sait pas.
03:57On pense, en tout cas, qu'on arrivera à trouver les solutions.
04:00On espère.
04:01Mais, en tout cas, il n'y a pas de comptabilisation, on va dire, de stock.
04:05Ça, on est un petit peu dans le flou quand même.
04:06Mais, nous, on pense qu'il peut y avoir des solutions à partir du moment où les éleveurs ont les
04:14moyens d'acheter.
04:14Les moyens, c'est ça que vous demandez à l'État.
04:17L'agriculture, c'est mon dossier numéro un de la rentrée, a déclaré Sébastien Lecornu, le Premier ministre, ce week
04:22-end.
04:22Ça, ça vous rassure un peu avant les annonces de demain ?
04:24Vous pensez que l'État va sortir le portefeuille pour vous ?
04:27Alors, ça nous rassure à condition que les annonces soient à la hauteur de ce qu'il faut.
04:30Et vous demandez quoi ? Combien ?
04:31Déjà, dans un premier temps, nous, on a estimé les pertes à autour de 5 milliards d'euros.
04:36Donc, c'est quand même assez énorme.
04:37Si on prend 50%, si on regarde la valeur des fourrages qu'il faut acheter, de suite, ça fait des
04:42chiffres très, très importants.
04:43Mais vous ne demandez pas à l'État de vous donner 5 milliards ?
04:46A l'État, ce type de soutien ?
04:48On demande déjà aux filières d'assumer des prix plus élevés vis-à-vis des agriculteurs.
04:53On a eu des prix qui, notamment en élevage, ont été baissés ces derniers temps.
04:58Par exemple, une vache a perdu une valeur de 300 euros, alors que le steak haché n'a pas perdu
05:03d'argent.
05:03Pardon, je ne voudrais pas être désagréable.
05:05Vous dites que les prix ont baissé.
05:07Mais il se trouve que moi, j'ai regardé hier le prix des génisses charolaises.
05:10C'est des charolaises que vous avez chez vous.
05:12Si je ne me trompe pas, on est à 7,40 euros.
05:14Le kilo de carcasse, c'est 30% de plus qu'en septembre 2023.
05:1730% de plus en 3 ans ?
05:19Alors, il y a eu une inflation, effectivement.
05:21Mais depuis 6 mois, on a le prix du bétail qui a baissé de manière assez drastique.
05:26Et effectivement, sur ce type d'animaux, par exemple, on a perdu environ 300 euros.
05:31Mais on est toujours 30% au-dessus de ce que vous aviez il y a 3 ans ?
05:34Oui, mais après, les charges ont augmenté depuis 2023.
05:36On a eu une inflation extrêmement forte dans les charges opérationnelles sur nos élevages.
05:40Ça ne permet pas d'absorber un quelconque surcoût ?
05:43Donc, les surcoûts, voilà.
05:44C'est-à-dire qu'il nous faut un soutien.
05:46Il faut que les filières, que ce soit en viande, que ce soit en lait, soutiennent aussi les prix
05:51et stoppent les baisses qu'il y a eues et nous donnent un petit peu plus de tarifs.
05:56Ça, c'est la première chose.
05:58Donc, ça veut dire que vous espérez que la grande distribution accepte de faire monter les prix de la viande
06:02demain dans les rayons ?
06:03Alors, quand on a perdu, par exemple, 300 euros par vache ou 80 euros sur la tonne de lait,
06:11le consommateur n'a pas vu de baisse ces derniers mois sur son portefeuille.
06:16Donc, effectivement, là-dessus, il y a un sujet.
06:19Il en va aussi de l'intérêt des filières, puisque une vache qui partira à l'abattoir,
06:23si un éleveur ne peut pas la nourrir, elle ne fera plus de lait ni plus de veau.
06:27Il n'y aura plus de viande derrière.
06:28Elle part à l'abattoir qu'une fois.
06:30Donc, c'est aussi la responsabilité des filières.
06:32Et puis, il y a ce...
06:34Oui ?
06:34Patrick Benézy, ces étés-là, on le sait, ils risquent de se répéter.
06:37Je parle sous le contrôle de Louis Baudin.
06:40Je ne vous apprends rien en vous disant que les comptes publics sont dans le rouge.
06:42Vous n'allez pas pouvoir demander des prêts, des aides exceptionnelles tous les ans ?
06:46Qu'est-ce que vous allez mettre en place, vous, de votre côté, pour ne pas continuer à vivre sous
06:48perfusion ?
06:49Alors, déjà, dans un premier temps, nous souhaitons avoir accès aux fonds de solidarité que nous avons nous-mêmes constitués.
06:55C'est-à-dire que les éleveurs payent aujourd'hui l'activation, enfin, payent le financement.
07:02Mais si vous le videz cette année, vous ne l'aurez pas l'an prochain ?
07:04Alors, on ne l'aura pas l'an prochain.
07:05Déjà, passons déjà cette année.
07:07C'est-à-dire que nous, ce qu'on souhaite, c'est que ce fonds de solidarité soit mis à
07:10disposition des éleveurs le plus rapidement possible.
07:12Et qu'il y ait un soutien à la vache, c'est-à-dire à l'équivalent vache.
07:16Aujourd'hui, les ovins, c'est pareil, les chèvres également.
07:21Donc, pour ne pas complexifier, 7 moutons valent une vache en termes de fourrage.
07:28De consommation.
07:29Voilà. Donc, nous, on demande effectivement environ, entre les divers soutiens, y compris le fonds de solidarité, autour de 300
07:36euros par équivalent vache, en tout cas.
07:39Et ça, c'est pour passer déjà le cap.
07:43Alors, effectivement, l'adaptation dans les élevages, elle est nécessaire.
07:47Elle a déjà débuté et il faudra, effectivement, aller vers plus de stockage, plus de stockage de fourrage et une
07:54adaptation au niveau des semences, également, pour permettre de passer.
08:01Il y a, de toute façon, une adaptation qui a commencé, parce que c'est déjà en cours, mais qui
08:06devra continuer.
08:06Merci beaucoup, Patrick Benézy, président de la Fédération Nationale.

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