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  • il y a 13 minutes
« Une ambiance nauséabonde » : lors d'échanges tendus à l'Assemblée au sujet de l'attentat raciste de Trappes, le Premier ministre a dénoncé un climat délétère, alors que son gouvernement est mis en cause par certains élus de gauche sur la « banalisation » du racisme. Eric Coquerel, député LFI et président de la commission des Finances de l'Assemblée, est l'invité de Céline Landreau à 7h40 dans RTL Matin.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Céline Landreau du 28 octobre 2026.

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Transcription
00:02RTL Matin, Céline Landreau.
00:047h44, l'invité de RTL Matin.
00:07Du recueillement au hurlement, quelques minutes à peine.
00:10Sébastien Lecornu a dénoncé une ambiance nauséabonde à l'Assemblée Nationale hier
00:13après l'hommage rendu aux victimes de l'attentat terroriste de Trappes.
00:17Bonjour Eric Coquerel.
00:18Bonjour.
00:18Député LFI, président de la Commission des Finances à l'Assemblée.
00:21Vous y étiez hier lors de cette séance de questions au gouvernement particulièrement houleuse.
00:26Il a raison Sébastien Lecornu, vous les parlementaires, vous n'avez pas été à la hauteur du moment.
00:31Je crois que c'est surtout lui qui n'a pas été à la hauteur du moment
00:33et qui a eu des propos absolument nauséabonds.
00:37Il faut bien considérer qu'on a eu quelques minutes, j'allais dire entre guillemets de grâce
00:43avec une déclaration au niveau de la présidente de l'Assemblée.
00:48La famille était là pour faire applaudir la famille, pour faire applaudir le maire de Trappes à l'Irabet.
00:52La famille de Pingo Bossio-Bonghi, qui est donc l'homme décédé sous les balles de l'assaillant.
00:57Voilà, et M. Lecornu a pris la parole.
00:59Et au bout d'une minute, il n'a pas pu s'empêcher de sombrer dans une manipulation politicienne
01:06pour finalement faire dur en même temps, c'est-à-dire à peine une minute consacrée
01:12à la théorie raciste de Trappes.
01:16Il a fallu qu'il fasse une comparaison et un parallèle entre la victime raciste,
01:21lue du raciste, Pongo Bossio-Wang, et le néo-nazi mort à Lyon.
01:29Donc on voit bien qu'il y a quelque chose d'extrêmement choquant.
01:31Quentin Durand, effectivement, militant d'ultra-droite, est décédé le 14 février dernier.
01:34Voilà, donc si vous voulez, Pingo tué par quelqu'un d'extrême droite, très clairement.
01:41D'accord, raciste.
01:42Bon, donc tout ça, évidemment, je vais dire, est d'un niveau consternant.
01:48Tout ça est extrêmement dangereux parce que ça brouille complètement les repères.
01:51Et quand le Premier ministre dit que dans la République, on ne peut opposer un mort, un autre mort,
01:55c'est hors de propos pour vous ?
01:57Mais oui, parce que ce qui est hors de propos, si vous voulez, c'est de comparer.
02:01C'est rare, vous savez, que M. Lecornu parle de racisme
02:04parce qu'il a des membres de son gouvernement qui l'entretiennent.
02:07Je pense notamment à Aurore Berger, qu'il nous a en plus envoyé répondre aux questions après,
02:11qui, comme vous le savez, a considéré il y a peu de temps.
02:13Alors, vous attaquez Aurore Berger parce qu'elle a un jour...
02:15Parce que, j'allais l'expliquer, parce qu'elle a expliqué que la théorie du grand remplacement
02:19était finalement une opinion comme nous.
02:21Je rappelle que la théorie du grand remplacement, non seulement est une théorie raciste,
02:24mais on a même tué.
02:25On a même tué en son nom, en Nouvelle-Zélande, avec un attentat terroriste.
02:29Il a des gens, des membres de son gouvernement qui, dans la période,
02:34c'est-à-dire ceux qui, par leur parole, finalement arment les armes d'un tueur
02:38comme celui de Trappes, et il ne peut pas passer une minute.
02:42Au bout d'une minute, il faut absolument que...
02:44Donc l'indécence, elle était dans le camp du gouvernement pour vous ?
02:47Bien sûr. Je pense que chacun comprendra qu'on ne peut pas du tout mettre en parallèle
02:52une victime d'une théorie raciste et un néo-nazi à Lyon.
02:58C'est quelque chose... Enfin, je veux dire, il y a quelque chose d'indécent
03:01qui, encore une fois, je veux dire, à la fin, on ne sait plus très bien
03:05où on en est avec ce gouvernement.
03:06La seule chose qu'on sait, c'est qu'à chaque fois, il prend des positions
03:10qui, finalement, relativisent, y compris les attaques de l'extrême droite,
03:15le racisme entretenu par l'extrême droite.
03:16Vous avez vu que M. Chenu, la veille, a encore parlé de Trappes comme une ville djihadiste.
03:21Donc le mot qu'on peut dire, c'est qu'il persistait, signe, dans la manière dont ils ont pointé
03:25une population, une ville, de manière scandaleuse.
03:30Et vous avez un Premier ministre qui n'est pas capable, à un moment donné, d'avoir un positionnement clair.
03:35Bon, voilà, c'est tout brouillage d'un gouvernement qui, à la fois, sombre dans l'autoritarisme
03:39sur la façon de gérer la situation actuelle.
03:43Et malheureusement, malheureusement, entretient lui aussi cette atmosphère de racisme.
03:47Vous serez à Trappes, Éric Coquerel, à l'hommage rendu, justement, aux victimes de cette attaque vendredi.
03:53Vous appelez les politiques de tous bords à venir ?
03:56Ah ben, tous ceux qui, de manière honnête et sincère, sont du côté de la République contre le racisme.
04:02Les socialistes, par exemple, sont les bienvenus à vos yeux ?
04:05Oui, je pense que les socialistes seront là, bien évidemment.
04:07Ils ont été, bien évidemment.
04:09Enfin, je veux dire, je ne vois pas, ça me semble évident.
04:12Je ne sais pas, je vous demande ça parce qu'Emmanuel Grégoire, le maire de Paris, a été hué lors
04:14du rassemblement antiraciste
04:16organisé en mémoire de ces mêmes victimes avant-hier à Paris.
04:19Il a répondu sur scène en rappelant qu'il arrive parfois à la gauche de préférer se huer elle-même
04:24plutôt que de parvenir à se réunir sur quelques combats essentiels.
04:26Je vous dis très clairement que tous les antiracistes sincères sont bienvenus.
04:30De toute façon, ce n'est pas à moi de décider qu'il est bienvenu.
04:32C'est le maire de Trappes qui organise cette initiative.
04:35pour être le plus nombreux possible, pour faire masse.
04:38Et je pense qu'il ne faut pas commencer à diviser le camp antiraciste.
04:42Donc ça, c'est un combat suffisamment essentiel pour faire front commun avec les socialistes.
04:46D'ailleurs, je veux remarquer que c'est ce qui s'est passé parce que,
04:48enfin, récemment, alors ce n'était pas sur la question du racisme, c'est la question des libertés,
04:52il y a eu un référé qui a été fait au Conseil d'État contre les manifestations interdites
04:56qui a été signé par tous les partis de gauche ensemble, sauf un, place publique de M. Glucksmann,
05:00mais tous les autres l'ont signé.
05:02Évidemment, par rapport aux libertés, à la question du racisme,
05:05c'est des choses tellement importantes que, nous, c'est un combat qu'on mène de manière très forte
05:10depuis qu'on s'est créé et que les socialistes se mobilisent là-dessus.
05:15Je ne vais pas m'en plaindre.
05:17Vous parliez de Raphaël Glucksmann.
05:18Il explique qu'il ne peut pas manifester, le candidat à la présidentielle,
05:22parce qu'il y a une campagne de harcèlement de LFI contre lui, notamment en manif.
05:25Est-ce que vous balayez ces accusations ?
05:27Ou est-ce que vous dites à vos militants ce matin qu'il faut peut-être changer de cible,
05:30notamment dans la contestation sociale du moment ?
05:32Si vous écoutez bien depuis le début de la campagne, y compris quand, à certains moments,
05:35pour regarder à gauche, il faut un peu trop se tourner à droite.
05:37Je parle de M. Glucksmann.
05:39On prend pour cible la droite et l'extrême droite, le macronisme et l'extrême droite.
05:44Nos coûts, on les réserve là-dessus.
05:45Quoi qu'on pense, après l'éclaration de M. Glucksmann,
05:47je vous fais remarquer que, en termes, j'allais dire, de critique,
05:52en termes d'attaque, M. Glucksmann, le moins qu'on puisse dire,
05:55y compris quasiment en renvoyant dos à dos Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen,
05:58ce qui explique peut-être pourquoi, d'ailleurs, à certains moments,
06:01et ce n'est pas nous qui l'organisons, il n'est pas très bien reçu dans les manifestations.
06:05Vous dites à vos militants que le principal adversaire, il n'est pas là aujourd'hui ?
06:08Le principal adversaire, pour nous, c'est ceux qu'il faut que nous battions.
06:12Et ceux qu'il faut que nous battions, tous les sondages le montrent.
06:15C'est le macronisme et l'extrême droite.
06:17Si on arrive à les battre, Jean-Luc Mélenchon sera président de la République,
06:20on gouvernera le pays.
06:22Donc, regarder derrière nous et regarder en plus vers la gauche,
06:24c'est du temps un peu perdu, j'allais dire.
06:26Comme les lycéens et étudiants vous appeler, en tout cas, pour suivre la boule.
06:29Maintenant, par rapport à M. Glucksmann, qu'on ne nous demande pas,
06:31quelque part, quand on nous donne une gifle, de regarder en disant
06:34« Ben oui, c'est bien, vas-y, je te mets l'autre joue ».
06:35M. Glucksmann n'arrête pas de cibler les filles depuis.
06:39C'est même son fonds de commerce, il est avec quelques autres.
06:42Donc, voilà, il a un moment donné, il ne faut pas s'étonner que les gens réagissent,
06:47on signe des défis du tout.
06:48Comme les lycéens et étudiants vous appeler à poursuivre la mobilisation dès samedi ?
06:53On appelle à les soutenir.
06:55On appelle à soutenir à partir du moment où les syndicats étudiants,
06:58et j'espère que les syndicats salariés, se mobiliseront samedi.
07:02On regarde, pour tout vous dire, pour être honnête,
07:04on regarde surtout la date du 5 novembre qui nous semble être là.
07:06Et vous leur dites de rentrer en cours, de revenir en cours lundi ou pas ?
07:09Lundi prochain ?
07:10Vous pensez que c'est à nous de faire des consignes pareilles ?
07:14C'est eux qui décident de la suite de leur mouvement,
07:16par rapport à ce qui leur a été proposé,
07:18qui à mon avis, d'après ce que j'ai entendu de leur part,
07:20et je pense qu'ils ont raison,
07:23est bien trop faible par rapport à leurs revendications,
07:25de décider de la suite de le mouvement.
07:26Ce n'est pas à nous de décider soit qu'ils restent mobilisés,
07:30soit qu'ils rentrent dans les lycées.
07:32Mais par contre, nous, on soutiendra leur mouvement.
07:34Vous vous sentez solidaire des casseurs, Éric Coquerel ?
07:37C'est une question stupide.
07:38Non, des casseurs qui cassent...
07:40Alors, question stupide, si vous le souhaitez,
07:42non, il n'y a pas de problème.
07:42Mais je vous la pose parce que le patron des députés Horizon,
07:46Laurent Marc-Angéli, estime que vous l'êtes,
07:48que vous êtes la vitrine égale de l'ultra-gauche,
07:50et qu'il faudrait peut-être utiliser la dotation publique de votre mouvement
07:52pour rembourser les dégâts.
07:53Vous avez vu ça ?
07:54Je préfère cette question,
07:56parce que ça va me permettre de dire quelque chose d'important là-dessus.
07:59Que ça soit sa déclaration,
08:00ou celle du deuxième personnage de l'État,
08:02qui imagine nous interdire,
08:04c'est des gens qui...
08:05Vous pensez à Gérard Larcher ?
08:06Voilà.
08:06Attisent les braises et mettent le pays en tension.
08:09Est-ce qu'on imagine deux petites secondes
08:11qu'on va s'en prendre à la principale formation de gauche,
08:13qui a à peu près 400 000 personnes
08:15qui soutiennent aujourd'hui son programme,
08:18qui, bon en ballant,
08:19à peu près à un cinquième,
08:20à minimum de l'électorat en France,
08:23sans que c'est des effets ?
08:24Ils cherchent quoi, ces gens-là ?
08:25Ils cherchent à développer une guerre civile dans le pays ?
08:29Ils cherchent à développer des...
08:30Vous les accusez de ça, Gérard Larcher et Laurent Marc-Angéli ?
08:31Mais bien sûr, c'est de la division, de la tension,
08:34en plus d'avoir des réactions liberticides.
08:36On imagine qu'on va interdire,
08:39ou qu'on va pénaliser financièrement,
08:41au point justement de le mettre en danger,
08:43la principale formation de gauche dans ce pays.
08:45Mais tout ça, c'est n'importe quoi.
08:47Moi, je les appelle à revenir à la raison.
08:49Et je vais même vous dire des choses.
08:50Il y a des gens de droite qui viennent me voir
08:51en me disant qu'ils sont honteux de ce qui se passe.
08:53Parce que, est-ce que c'est le moment de tendre dans le pays ?
08:57Est-ce que c'est le moment d'agiter la tension
08:58de ce point de vue-là,
08:59alors que c'est un gouvernement qui est incapable
09:01de faire face à une crise sociale, économique,
09:03à la mobilisation de la jeunesse ?
09:05Bon, je sais bien que c'est des méthodes de diversion,
09:07mais franchement, ce n'est pas au niveau.
09:09Eric Coquerel, député LFI.
09:10Merci d'avoir été l'invité d'RT.

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