00:02RTL Matin, Céline Landreau
00:047h43, l'invité d'RTL Matin, bonjour Éric Zemmour, président de Reconquête, vous êtes candidat presque déclaré à la prochaine
00:12présidentielle
00:13et vous connaissez avec certitude désormais l'un de vos adversaires, Raphaël Glucksmann, a remporté hier la primaire sociale démocrate
00:18dès le premier tour
00:19en actant une rupture avec la France insoumise, il dit être celui qui pourra battre à l'extrême droite, c
00:25'est un adversaire que vous redoutez ?
00:27Non, je vais vous dire pour moi Raphaël Glucksmann, j'ai déjà débattu avec lui, c'est l'incarnation et
00:35l'héritier de cette gauche, vous savez, droite lomiste, cosmopolite
00:41qui a table ouverte dans les médias depuis les années 80, mais qui en fait a beaucoup de mal à
00:48s'enraciner dans le pays, qui se moque un peu de la France et des Français
00:51et qui s'intéressent beaucoup plus aux Ukrainiens ou aux Afghans ou aux Kurdes, que sais-je, voilà, c'est
01:01ça pour moi Raphaël Glucksmann.
01:02Pas d'inquiétude donc face à Raphaël Glucksmann, autre adversaire connu, Marine Le Pen, qui dans notre baromètre Lunaris Interactive
01:08pour RTLM6,
01:09caracole encore largement en tête des intentions de vote, 35 à 37% selon les configurations.
01:13L'affaire Bardella, le président du RN accusé, on le rappelle, d'avoir tenu des propos antisémites en 2013, ce
01:19qu'il nie, ne semble pas avoir enrayé la dynamique du RN.
01:23Vous ne vous êtes pas exprimé, je crois, depuis le début de cette affaire. Vous le croyez sincère, vous, Jordan
01:27Bardella ?
01:28Écoutez, vous avez remarqué, effectivement, que je n'ai pas hurlé avec les loups.
01:32Je n'avais pas remarqué, quand moi-même, j'étais pris ainsi dans les raids et les agressions de Mediapart
01:43et d'autres journaux,
01:44que le RN a eu une aussi belle discrétion à mon égard.
01:51Mais passons.
01:53Est-ce que je le crois sincère ?
01:55Pas vraiment, mais je vous avoue que pour moi, c'est pas...
01:58Vous savez, je ne me mêle pas des guerres intestines au sein du RN, ils se débrouillent bien, assez bien,
02:06tout seuls.
02:09De toute façon, Jordan Bardella, je l'ai dit, je le répète, depuis le 7 juillet, est en voie de
02:18marginalisation au sein du RN.
02:20La ligne qu'il semblait incarner, parce que je n'y ai jamais cru,
02:25mais en tout cas, la ligne que Marine Le Pen laissait se développer,
02:30qui était une ligne plus droitière, plus libérale...
02:33Ça, c'est sur l'économie, mais sur le fond de ces propos qualifiés d'antisémite, qu'est-ce que...
02:37J'en sais rien, vous savez, j'ai l'impression que les gens s'en moquent un peu, c'est...
02:43Le sujet abordé tout à l'heure sur l'industrie allemande par François Langlais me paraît ô combien plus important
02:51que...
02:51Mais vous, Eric Zemmour, vous êtes français, si Jordan Bardella est appelé justement à entrer à Matignon, ça vous poserait
02:57un problème ou pas ?
02:58Non, mais il n'entrera pas à Matignon. C'est fini, tout ça.
03:01Tout ça, c'est simplement pour tromper les électeurs de droite et pour leur faire croire
03:06qu'en votant Marine Le Pen, ils voteraient pour une femme de droite alors qu'elle est une femme de
03:10gauche.
03:11C'est tout, c'est de la petite politique.
03:14Mais pour les gens qui veulent voir, ils ne se laisseront pas tromper.
03:19Et vous, vous venez de leur dire, je suis juif, ça vous atteint personnellement de lire des propos pareils ?
03:24Vous savez, moi, j'essaye d'abord de voir les problèmes importants de la France.
03:30Voilà. Je vous dis le reste, ça m'intéresse assez peu.
03:33Donc ça, ce n'est pas un problème important pour vous ?
03:34Ce n'est pas... Vous savez, ce que dit Jordan Bardella sur son téléphone portable m'intéresse assez peu.
03:45Eric Zemmour, vous êtes crédité de 4 à 5% des intentions de vote selon les configurations dans notre même
03:50baromètre Tolunarice Interactive.
03:52Vous aviez recueilli 7% des suffrages au premier tour en 2022.
03:55Comment vous expliquez que vous n'avez pas réussi depuis à convaincre plus de Français ?
03:59Vous savez, on pourrait épiloguer des longs temps sur la campagne présidentielle qui a été...
04:05la fin de la campagne présidentielle qui a été faussée par la guerre en Ukraine
04:09et qui a sauvé Marine Le Pen alors que je m'apprêtais à être au second tour face à Emmanuel
04:15Macron.
04:15Et depuis, si vous voulez, c'est un enchaînement.
04:18Vous savez...
04:19Vous jouez de malchance ? C'est la seule raison ?
04:20Non, non, non. La vie politique française est déterminée par l'élection présidentielle.
04:24Après, tout est déterminé pendant 5 ans par cette élection.
04:28Après, vous savez, vous avez l'embréal, l'engrenage, les temps de parole qui sont ridicules, etc.
04:35Donc, c'est tout. Mais ce n'est pas à convaincre.
04:37Vous savez, je pense, contrairement à ce que vous pensez et ce que vous dites,
04:41je pense au contraire que j'ai énormément convaincu les Français.
04:43Vous n'avez pas encore...
04:44Que tous les thèmes... Pardon, mais tous les thèmes que j'ai développés sur le grand remplacement
04:49sont au contraire devenus presque mainstream.
04:53Mais vous n'en tirez pas les bénéfices.
04:55Je n'en tire pas les bénéfices électoraux pour l'instant.
04:57Vous n'avez pas encore officiellement annoncé votre candidature.
05:00Pourquoi ce n'est pas déjà fait ?
05:01Vous gardez une possibilité de laisser la place à Sarah Knafo ?
05:03Quand vous voyez les chiffres de vente de son livre, de 200 000 exemplaires...
05:06C'est formidable et je suis très heureux qu'elle ait de tels chiffres de vente
05:11et qu'elle est très fière.
05:16En plus, je pense que c'est mérité.
05:18Car son livre est tout à fait remarquable, très intéressant et clair
05:22sur les réalités aujourd'hui de la gabegie des dépenses d'État.
05:27Mais ce sera vous, il n'y a pas de doute.
05:28Oui.
05:29Il y a un E qui est un peu long quand même.
05:31Non, non, mais parce que si vous voulez, je n'aime pas répondre à ces questions
05:34qui sont sans fin.
05:36Vous verrez.
05:37On verra bientôt.
05:39Maintenant, vous savez, la campagne va commencer.
05:41Elle a déjà commencé d'ailleurs.
05:42Éric Zemmour, demain, les lycéens sont appelés à manifester
05:44pour l'acte 5 de leur mouvement de contestation.
05:46Il y a quelques jours, sur le réseau social X,
05:48vous parliez d'une alliance de l'extrême gauche et de la racaille.
05:51C'est la seule chose que vous voyez dans ces mobilisations, la racaille ?
05:54Alors, on parlait de l'école, là, c'est quand même un sujet beaucoup plus sérieux.
05:59Ce n'est pas la seule chose que je vois, mais on va en parler.
06:06Premièrement, je pense que le seul sujet, quand on parle d'école,
06:09et il n'est pas évoqué, c'est l'effondrement, je dis bien l'effondrement du niveau scolaire.
06:15On en a parlé beaucoup avec l'enquête PISA.
06:18Oui, à l'époque des classements PISA, mais pas depuis le début de ce mouvement,
06:22c'est ça que je veux dire.
06:23Et je crois que c'est ce sujet-là qui devrait hanter les jeunes qui manifestent,
06:29leurs parents et les responsables politiques.
06:31C'est aussi ce qu'ils demandent, d'avoir des cours et des profs présents, des absences remplacées.
06:35Oui, non, mais...
06:36Non, ce n'est pas exactement ce qu'ils demandent.
06:38Ils demandent...
06:39Ça fait partie des revendications.
06:40Non, non.
06:41Je n'ai pas entendu la même chose, pardonnez-moi.
06:43Ils ne disent pas que leur niveau est nul, parce que leur niveau est nul.
06:46Non, ils demandent d'avoir des professeurs face à eux.
06:48Oui, mais bien sûr, on demande tous d'avoir des professeurs.
06:50C'est légitime, c'est normal.
06:52Mais ce que je veux dire par là, c'est que vous savez,
06:54le classement PISA est une honte pour la France.
06:56On est dans les derniers des pays développés.
06:59On est derrière la Turquie et l'Albanie.
07:01Il y a des tests de faits, vous savez par exemple,
07:04des tests sur une dictée qu'on donne depuis 1987 à des enfants de CM2.
07:09En 1987, 35% faisaient plus de 15 fautes.
07:13Le même texte, aujourd'hui, 95% des enfants font plus de 15 fautes.
07:17Et on pourrait multiplier les exemples.
07:18Et vous à l'Elysée, qu'est-ce qui changerait pour rectifier ça ?
07:21Moi, à l'Elysée, je ferai une véritable réforme de l'éducation nationale,
07:25c'est-à-dire qu'il faut supprimer le collège unique,
07:28il faut rétablir des examens à chaque niveau,
07:31d'entrée en sixième, d'entrée en seconde,
07:33et remettre un véritable niveau au baccalauréat
07:36qui aujourd'hui est donné dans une pochette surprise.
07:38Il faut absolument réduire le nombre de gens qui vont au baccalauréat
07:45et réduire le nombre de gens qui l'ont massivement,
07:48ce qui permettra d'ailleurs de réduire massivement
07:50le nombre de gens qui vont à l'université.
07:52On a beaucoup trop de jeunes à l'université qui n'ont pas le niveau
07:55et ils n'ont rien à faire à l'université.
07:57Je veux dire, tout ça, il faut absolument remettre
08:01toutes les méthodes traditionnelles,
08:03la méthode syllabique, le par cœur,
08:05les dictées quotidiennes, etc.
08:07C'est l'école d'hier en fait.
08:08Exactement, l'école d'hier avec les moyens modernes.
08:10Parce que, comprenez bien,
08:12c'est le discours que j'ai fait sur l'IA pour ma rentrée,
08:16l'IA, paradoxalement, va nous ramener à l'école d'hier.
08:20C'est-à-dire que l'IA va faire ce que les hommes font,
08:25ce qu'on appelle des compétences.
08:26Il aura une des meilleures compétences.
08:27En revanche, il faudra pouvoir discuter,
08:30converser, échanger, questionner l'IA.
08:33Et ça, pour cela, il faudra une culture générale.
08:36La culture générale qu'on apprenait avant.
08:38Paradoxalement, la modernité va nous ramener
08:41à la culture traditionnelle
08:43qui a été complètement galvaudée.
08:46Il faudra donc revenir au mérite,
08:47à la sélection, au travail.
08:49Ce n'est pas ce que j'entends dans les revendications.
08:52Merci Éric Zemmour.
08:53Dans un instant, vous êtes dans l'œil de Philippe Cavrévière.
08:55A tout de suite.
08:55Bonne journée sur RTL.
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