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  • il y a 6 jours
En permission de sortie, un détenu des Baumettes à Marseille sous stupéfiant et sans permis a tenté d’échapper à un contrôle de police. Pour Pierre-Marie Sève, directeur de l'institut pour la justice : «La prison a perdu complètement de son sens».

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Transcription
00:00Ça m'étonne qu'à moitié, malheureusement, vous savez, il y a ce que certains appellent l'empathie pathologique.
00:06Une empathie pathologique qui a infiltré l'ensemble de nos sociétés, de toutes nos institutions, et en particulier la justice
00:13pénale.
00:14En l'occurrence, cet homme qui avait 17 condamnations à son actif, ça veut dire qu'il est connu par
00:21la justice pour beaucoup plus de faits.
00:24Parce que vous savez, bien souvent, on n'est pas condamné pour les faits qu'on commet.
00:28Donc, il est sûrement connu de la police et de la justice pour des dizaines, peut-être une cinquantaine de
00:33faits, c'est à peu près certain.
00:35Et malgré ça, malgré ce profil-là, il bénéficie d'une permission de sortir que lui accordé soit, en principe,
00:43c'est le juge d'application des peines, c'est le plus probable.
00:45Mais il est possible aussi que, dans certains cas, ce soit le chef d'établissement.
00:49Donc ça, ce sera au ministère de la Justice de nous le confirmer.
00:52C'est une information que je pense que les Français veulent avoir.
00:55Est-ce que c'est le JAP, le juge d'application des peines, qui est un juge indépendant ?
00:59Auquel cas, le ministère pourrait dire, ce juge a décidé en son âme et conscience.
01:04Et auquel cas, on en revient à ce que je vous disais, c'est-à-dire cette empathie pathologique.
01:08Ou bien, est-ce que c'est le chef d'établissement qui a accordé cette permission de sortir ?
01:14Qui, lui, dépendent normalement plus directement du ministère.
01:17Et donc là, il y aurait potentiellement une solution facile à mettre en œuvre, c'est une circulaire ou une
01:22instruction au chef d'établissement pour dire de ne pas libérer pour genre de raison.
01:26Mais moi, ce qui me choque profondément, c'est que la prison était un progrès.
01:31Vous savez, la prison, c'est un moyen d'enfermer les gens, les gens qui posent problème, les gens qui
01:37posent problème à autrui, qui vont commettre des crimes et des délits,
01:39de les enfermer et de protéger la société.
01:41C'était un progrès au XIXe siècle, la prison. On n'avait plus besoin de sanctions physiques.
01:47Et c'était ça jusqu'à présent. Tout le Moyen-Âge, jusqu'au XIXe siècle, la punition était physique.
01:53Là, on a décidé, non, on n'a plus besoin de frapper les criminels, on peut simplement les mettre en
01:57prison.
01:58Eh bien, le problème, c'est que deux siècles plus tard, la prison a perdu complètement de son sens.
02:04Et quand je dis qu'elle a perdu de son sens, c'est qu'elle est devenue absurde.
02:07Le sens premier de la prison, c'est de ne pas pouvoir se rendre à l'anniversaire de sa mère,
02:11même si c'est dérangeant,
02:13même si ça fait mal au cœur de ne pas pouvoir aller à l'anniversaire de sa mère, de son
02:17cousin ou de son chat.
02:18C'est le sens même de la prison.
02:20Et donc là, on se rend compte à quel point la justice pénale est dans un état qui n'est
02:25pas simplement de dysfonctionnement,
02:27mais qui marche sur la tête.
02:29Elle est à l'envers, c'est-à-dire qu'on a perdu le sens de la prison au point
02:34où,
02:35dès qu'on a la moindre raison d'avoir envie de sortir de prison, la justice nous l'accorde.
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