- il y a 6 semaines
Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce lundi, le décès de Philippe Bouvard à l'âge de 96 ans.
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00:00Une information qui est tombée pendant ce journal, l'animateur Philippe Bouvard est mort à 96 ans, c'est RTL
00:07notamment, sa station, qui l'annonce.
00:11Mais Mona, on va commencer par des réactions un peu évidemment à chaud parce qu'on vient de l'apprendre,
00:15mais Philippe Bouvard, 96 ans, c'est un monument de la télé, de la radio,
00:20qui s'en va évidemment avec, on l'imagine, beaucoup de réactions qui ne vont pas tarder.
00:24C'était une époque, une légende, alors pour penser ce qu'on veut, c'est vrai que lorsque les gens
00:29meurent, on les accable sous les fleurs.
00:31Il se trouve que moi je l'avais interviewé dans le soir 3 parce qu'il avait un problème d
00:35'addiction au jeu et il le reconnaissait volontiers.
00:39Il n'entrait dans aucune case, il était à la fois sympathique, truculent, énervant, c'était un homme qu'on
00:45ne pouvait pas classer et c'était sûrement aussi une bête de télé et une bête de radio.
00:51Je reprends vos mots, mais Naïma, quand on dit la fin d'une époque, parce que c'est vrai qu
00:55'il est de ses présentateurs, animateurs,
00:58qui ont marqué beaucoup de générations, c'est-à-dire que des générations plus âgées le connaissent, des jeunes qui
01:04peuvent continuer aussi à le suivre,
01:07traverser les époques comme ça dans une carrière en télé, en radio, on rappelle à quel point c'est compliqué
01:12et c'est aussi de plus en plus rare.
01:14Ça reste des figures aussi que tout le monde connaît, qui font partie du paysage.
01:18Oui, je dirais même que c'est quelque part des figures titulaires, vous voyez.
01:24C'est des figures qui nous rappellent nos parents, mais aussi notre enfance et notre âge adulte,
01:32parce que comme vous l'avez dit, il a traversé effectivement les périodes.
01:35C'est aussi des artistes, parce que je crois qu'on peut parler d'artistes,
01:41qui étaient en capacité d'avoir vraiment cette liberté d'expression et liberté d'opinion.
01:47Ça ne passerait plus aujourd'hui.
01:48Exactement.
01:49L'ARCOM n'accepterait pas 10% de ce qu'il disait.
01:52Moi, j'ai toujours les grosses têtes et je pense qu'il y a certaines choses que dans les grosses
01:58têtes au début,
01:59on ne pourrait plus dire aujourd'hui, malheureusement.
02:02Donc c'est une perte pour notre pays, mais c'est quelqu'un qui nous aura laissé de beaux souvenirs.
02:07Et puis surtout aussi, Olivier, quelqu'un qui a découvert beaucoup de talent.
02:10On peut citer les grosses têtes quand même.
02:12Je suis en train de revérifier.
02:13Créé en 1977, on a l'impression que c'est plus récent que ça.
02:17Et puis surtout, le Petit Théâtre de Bouvard.
02:19Il y a vraiment beaucoup aujourd'hui d'art.
02:20Il y avait les Muriel Robin, les Inconnus, etc.
02:22Effectivement, il était à la fois tout ce que vous avez dit,
02:25mais c'est aussi quelqu'un qui a initié des nouveaux formats.
02:28Le Petit Théâtre de Bouvard, c'est quelque chose qu'on a revu quelques années,
02:32quelques décennies plus tard presque, avec les formats que proposait Laurent Ruquier.
02:36Mais c'est lui qui les a proposés, les premiers.
02:38Et c'est lui qui a inventé ces crochets pour des humoristes.
02:42On a aussi, avec les grosses têtes, un format qui dure et qui existe toujours.
02:48Et quand vous dites que son image est toujours importante,
02:52c'est parce qu'effectivement, les grosses têtes,
02:55on a encore des extraits vidéos, des émissions qu'il animait,
02:59qui tournent sur les réseaux sociaux, ce qui fait qu'effectivement...
03:01Et qui nous font encore rire, d'ailleurs.
03:02Et qui nous font encore beaucoup rire.
03:03Et qui fait qu'effectivement, il est devenu éternel.
03:05Et je pense qu'effectivement, Philippe Bouvard, c'est ça.
03:06C'est ce regard un peu décalé, toujours un petit peu insolent sur l'actualité et sur le monde.
03:12Et puis, c'est surtout un rire, quoi.
03:13Je veux dire, le rire de Philippe Bouvard.
03:16Tout le monde l'a entendu.
03:17Tout le monde s'en rappelle.
03:18Et c'était effectivement quelque chose qui, à la fois,
03:21rythmait les grosses têtes et qui animait un petit peu
03:24tous les foyers français en voyant ces émissions.
03:27On va en parler également avec Pascal Praud.
03:30Bonjour, Pascal.
03:30Merci beaucoup d'être avec nous.
03:32On voulait bien sûr vous entendre avec cette nouvelle qui vient d'être annoncée il y a quelques minutes.
03:37On le disait d'abord, mais Philippe Bouvard qui s'en va,
03:40c'est une certaine époque aussi de la télé, de la radio qui s'en va.
03:44Il a traversé toutes les époques.
03:46On sait combien c'est compliqué et rare aujourd'hui.
03:49Oui, et de la presse écrite, parce que c'est un journaliste, j'allais dire, à l'ancienne,
03:55qui sait écrire, qui sait parler, qui sait interroger.
03:59C'est un monument.
04:01Vraiment, c'est un monument de notre métier.
04:05C'est une impertinence.
04:07C'est une modernité également, parce que moi, ça m'arrive souvent de revoir des émissions des années 70
04:13en fin de soirée le samedi soir, où il interrogeait avec beaucoup de malice et beaucoup d'intelligence,
04:22mais aussi parfois beaucoup de perfidie, les célébrités, toutes les célébrités,
04:30d'Alice Sapritch à Thierry Leluron en passant par Jacques Chazot,
04:34qui étaient ses amis, ses comparses, mais également tous ceux qui faisaient l'actualité à l'époque.
04:38Alors, il avait commencé sa carrière dans les années 50, sans doute,
04:45en étant un écotier de la presse écrite, où il sortait chaque soir
04:51et il rapportait les informations du tout Paris.
04:56Et puis ensuite, il avait fait ses premiers pas à la télévision, à la radio d'abord,
05:02à la radio avec RTL, et puis à la télévision avec le succès qu'on connaît.
05:07Mais c'est surtout, c'est une palette, c'est-à-dire, c'est quelqu'un qui sait écrire,
05:12qui a fait des billets dans le Figaro Magazine pendant des années,
05:15dans François, tous les jours, parce qu'il a dirigé François,
05:18il y avait, lorsque j'étais adolescent, un billet qui s'appelait Étoque,
05:22et c'était Philippe Bouvard qui l'écrivait.
05:25Étoque, c'était quelques lignes très incisives sur l'actualité.
05:30Et puis, il a des registres très différents, parce qu'au-delà de ces émissions
05:36qu'il faisait le soir, le samedi soir, il avait également une émission le midi,
05:40qui était à l'heure du déjeuner, qui était un petit peu sur ce registre-là,
05:45d'interviews parfois mordantes, c'est le père de Thierry Ardisson, d'une certaine manière.
05:50Il y a une filiation.
05:52Quand Ardisson a fait l'émission qu'il a faite le samedi soir,
05:56on n'invente jamais rien en télévision.
05:58C'est un fils naturel, j'ai envie de dire, de Philippe Bouvard.
06:05Est-ce que vous pouvez faire Ardisson avec beaucoup de talent également ?
06:08Et puis, le registre est très étendu, parce qu'à la fois, il a été très populaire
06:12par les émissions que vous avez dites, le petit théâtre de Bouvard,
06:17où il a sorti Pascal Légitibus, Dédier Bourdon, Mimi Maty,
06:20toutes les grandes vedettes qui sont devenues des grandes vedettes,
06:25parce qu'à l'époque, elles étaient absolument inconnues.
06:27Elle raconte toutes ces vedettes, d'ailleurs, c'était très difficile,
06:30que l'audition de Bouvard, il ne faisait des cadeaux à personne, à personne.
06:33Il avait un œil, il avait une oreille, il avait un regard, et une exigence, et une exigence.
06:40Donc, il a eu un registre très populaire, et puis il y a ces extraordinaires séquences
06:46avec Kersozon, avec Jean-Yann, avec Jacques Martin, avec des fous rires.
06:51C'est-à-dire que ces émissions existent encore, vous pouvez les réécouter.
06:55Et Jean Dutour, qui était l'académicien de Philippe Bouvard, qui était présent,
07:01et qui donnait une intelligence, une répartie, une drôlerie, une culture également.
07:09Une culture qui, effectivement, nous manque un peu.
07:12C'est vraiment le monde d'hier, Philippe Bouvard, c'est le monde d'avant.
07:16Quand vous avez autour de la table Jacques Martin, qui était un humoriste,
07:19mais qui connaissait toutes les fables de La Fontaine, qui connaissait Céline,
07:22qui connaissait les auteurs, qui connaissait...
07:25Que vous avez de la même manière Kersozon, que vous avez évidemment Jean Dutour,
07:29que vous avez Jean-Yann, qui est un génie.
07:31C'est un génie, Jean-Yann.
07:32Ces gens-là, qui ont marqué, moi, ma génération, parce que j'avais 15 ans, 20 ans,
07:36je les écoutais.
07:38J'avais envie d'appartenir à ce monde-là, c'est pour ça que j'ai fait ce métier.
07:40J'avais vraiment envie d'entrer, d'être avec eux.
07:44Et c'est des gens d'immenses talents.
07:47C'est effectivement la grande époque de la télévision.
07:51Jacques Chancel, Jacques Martin, Bernard Pivot,
07:56l'époque de Marcel Julien également, qui avait monté Antenne 2.
08:00Évidemment, Drucker qui est toujours là.
08:02Donc, c'est le dernier des géants, non, puisque Michel est encore là.
08:07Moi, je pense à Michel Drucker ce matin.
08:08Parce que Michel, j'ai envie de dire, il va être le dernier.
08:11Ça va être le dernier des dinosaures.
08:13Ça sera le dernier.
08:15Et évidemment, c'est une époque qui symbolise, je trouve, une époque de culture et de talent.
08:23Et moi, je l'avais rencontré.
08:24Il m'avait invité dans son hôtel particulier, qu'il a vendu d'ailleurs depuis.
08:29Il avait vendu, il habitait dans le 17ème.
08:32Il était rue Saint-Ferdinand.
08:34Et donc, vous passiez la porte cochère.
08:37Il y avait un hôtel particulier.
08:38Beaucoup de gens ont dû rentrer dans cet hôtel particulier.
08:40On avait déjeuné.
08:41Parce que moi, je faisais un petit billet à l'époque d'RTL le matin.
08:43Il m'a dit, ça me ferait plaisir que vous veniez déjeuner avec moi, etc.
08:48Et puis, c'est un monument.
08:52Donc, quand tu rencontres Bouvard, il avait une superbe bibliothèque qu'il avait vendue.
08:56D'ailleurs, qu'il avait vendue aux enchères.
08:59Et une bibliothèque d'amateurs de littérature.
09:04C'était quelqu'un qui lisait Jules Renard.
09:07J'ai cité Céline tout à l'heure.
09:09Mais tous les classiques français.
09:11Donc, voilà.
09:11Alors, je sais que sa fin de vie a été un peu compliquée.
09:14Parce qu'il était aveugle.
09:19Il avait du mal à RTL.
09:21Les dernières années, on lui mettait des feuilles.
09:25Et c'était écrit au plus gros possible.
09:28Vous savez, lorsqu'on imprime une feuille, c'était écrit le plus gros possible pour qu'il puisse lire.
09:35Il avait également des problèmes parce qu'il entendait mal.
09:38La vie est ainsi faite que parfois, lorsqu'on atteint ce grand âge.
09:44Je vois qu'il avait 96 ans.
09:47C'est vrai que c'est parfois rude.
09:51Les derniers moments de vie.
09:53Il était à Cagnes.
09:53Il était retiré à Cagnes.
09:54Il avait vendu sa maison.
09:55Il avait vendu son appartement parisien.
09:57Et c'est quelqu'un dont on attendait.
10:00On savait qu'il était mal en point.
10:04Et je pense que c'est un grand aîné de notre métier.
10:07Et forcément, sa mémoire sera saluée.
10:11J'ai oublié Labreau, tout à l'heure, Philippe Labreau, qui appartient à cette génération dorée.
10:17Génération, j'ai empiré le cabage.
10:19C'est une génération exceptionnelle, vous savez.
10:20La génération de ces gens-là, tous les gens que je viens de citer,
10:24c'est une génération absolument exceptionnelle de talent, de culture, d'intelligence.
10:29Et des gens qui ont duré.
10:30Donc voilà ce que je peux vous dire, Élodie, ce matin, en vous annonçant qu'on va revenir bientôt quand
10:39même,
10:39de toute façon, vous voir.
10:41Évidemment, on vous retrouve, Pascal, jeudi, à cette même place.
10:45Merci beaucoup, Pascal, d'avoir été avec nous.
10:48Effectivement, Philippe Bouvard, décédé à l'âge de 96 ans, a annoncé notamment la station RTL,
10:53en précisant qu'il s'est éteint ce matin aux alentours de 8 heures, en douceur.
10:59Et c'est aussi sa femme qui a fait cette annonce.
11:01C'est vrai, Mémona, que le talent aussi, c'est d'avoir des concepts qu'on parvient à faire durer,
11:06des concepts, en fait, qui nous survivent, entre guillemets,
11:09même quand on est encore en exercice, si j'ose dire.
11:13C'est-à-dire que les grosses têtes, en réalité, ça a pu changer de présentateur.
11:16Mais peu importe, c'était toujours le même esprit,
11:19une équipe qui n'a pas forcément bougé, qui s'est adaptée.
11:22Et Philippe Bouvard a réussi, véritablement, à créer, en fait, un concept qui lui a survécu.
11:26Une idée, c'est ce qu'on a appelé ensuite les formats.
11:29Je me retrouve totalement dans ce qu'a dit Pascal Praud, en effet,
11:32sur sa culture, sa capacité à rassembler,
11:34ce côté populaire, français, et en même temps tellement universel.
11:39Pourquoi a-t-il réussi à trouver ce chemin vers l'expression de ses multiples talents ?
11:45Et c'est vrai qu'il écrivait très bien.
11:46Parce qu'on lui fichait la paix, pardon de le dire ainsi.
11:49C'était un saltimbanque, mais qui ne sentait pas une épée de Damoclès en permanence sur sa tête.
11:55Dans les dernières années, il y a eu de temps en temps des petites escarmouches.
11:58Je me souviens, quand j'étais au CSA, entre 2013 et 2019,
12:00il y a eu quelques petites plaintes.
12:01Bon, ça allait un peu au placard.
12:03Mais on commençait déjà à sentir les récriminations à l'égard des gens qui tiennent l'antenne.
12:10Or, tenir une antenne, c'est...
12:12Je suis désolée de le dire.
12:13C'est un exercice extrêmement dangereux, périlleux.
12:18Pourquoi ? Parce qu'un mot peut s'échapper à un autre.
12:20Et je me souviens qu'au moment des attentats du Bataclan, notamment en 2015,
12:24toutes les télés avaient été traînées au CSA parce qu'on leur reprochait d'avoir dit un petit mot plutôt
12:29qu'un autre.
12:29Et on était très peu nombreux, très peu nombreux autour de la table.
12:33Et avant les réunions, avec tous les dirigeants de chaîne,
12:36ils vont dire, attention, mais la télé, ce n'est pas non plus quelque chose.
12:38Ce n'est pas marcher sur la Lune.
12:40Et en même temps, marche parmi les étoiles.
12:42Vous voyez, il a réussi à marcher parmi les étoiles.
12:44Vraiment, je lui souhaite bon vent.
12:46Et j'espère que l'esprit bouvard va perdurer en France.
12:48C'est vraiment la liberté.
12:49Oui, la liberté et aussi la volonté de créer des émissions qui sont conviviales,
12:54où chacun se sent bien.
12:55Je vous laisse ajouter un mot, Naïma, avant qu'on rejoigne Jacques Rayot.
12:58Non, je vais rajouter quelque chose à ce que Maïmouna vient de dire.
13:02Moi, c'est ça, en fait, que j'ai connu.
13:05C'est comme ça que j'ai connu la France.
13:06C'est cette liberté de ton, la liberté d'expression, la liberté d'opinion.
13:10Et effectivement, il a créé un concept au niveau des grosses têtes,
13:14ou autour de la table.
13:15Eh bien, il n'était pas là, en train de leur dire, vous pouvez dire ça, vous ne pouvez pas
13:18dire cela.
13:19Effectivement, le CSA, comme vous l'avez cité, Maïmouna, c'est qu'à un moment, il regardait,
13:23mais il finissait par détourner le regard.
13:26Parce que la liberté est une valeur cardinale.
13:29Et soit on est dans un pays de liberté, soit on ne le l'est pas.
13:32Jacques Maillot est avec nous.
13:35Bonjour, merci d'être avec nous sur CNews et sur Europe 1 pour rendre hommage à Philippe Bouvard.
13:40On a appris sa disparition il y a quelques minutes.
13:43Il s'est éteint ce matin en douceur aux alentours de 8 heures, a prévenu la station RTL.
13:50On le disait avec mes invités, on le disait aussi avec Pascal Praud.
13:53Il fait vraiment partie de ces monuments de la télé, par sa longévité, évidemment, dans le paysage médiatique
13:59et par sa capacité à créer des concepts, que ce soit les grosses textes, le petit théâtre de Bouvard.
14:05C'est des choses qui ont marqué, c'est des émissions, soit qui existent encore, soit dont on parle encore
14:10et dont on voit très souvent des extraits dans les émissions actuelles.
14:14Oui, tout à fait.
14:16Ça a été un pionnier.
14:17Je l'ai rencontré il y a 50 ans.
14:20Il avait déjà un format de fin de soirée, de deuxième partie de soirée le samedi.
14:26Ça s'appelait Disse de Derre.
14:29Et c'est là qu'il m'a invité pour la première fois à la télé.
14:32Il m'a fait faire ma première grande télévision.
14:35Et après, on ne s'est plus jamais quitté.
14:37Et c'est vrai que ça a été un créateur formidable
14:40parce que les émissions d'Ardisson et après de Laurent Ruquier
14:45à la télévision sont les héritières
14:48de ce qu'a fait Philippe.
14:51C'est lui qui a créé tous ces concepts.
14:53Et puis après, les grosses têtes, je crois qu'il a créé ça à RTL
14:57avec le soutien de, je crois que c'était Jacques Rigaud
14:59qui à l'époque était directeur de RTL.
15:02Et c'était une émanation d'une émission de télévision
15:06qui s'appelait Les Incollables.
15:08Et il en a fait une référence radiophonique
15:13puisque ça continue toujours.
15:15On le disait aussi, le talent de Philippe Bouvard,
15:18ça a été d'être capable aussi de repérer un certain nombre.
15:21Alors, de journalistes, bien sûr,
15:23et d'acteurs qui aujourd'hui sont devenus des grandes stars.
15:26Donc sans doute une volonté aussi de transmission,
15:29de laisser leur chance à certains jeunes.
15:31Et souvent, quand ce sont des grands de la télé
15:33ou du journalisme qui partent,
15:35il y a toujours derrière cette idée
15:36d'avoir eu une carrière très longue
15:38mais d'avoir mis le pied à l'étrier à beaucoup aussi.
15:41Oui, tout à fait.
15:42D'ailleurs, on en parlait souvent
15:43et on s'appelait régulièrement.
15:46On s'est encore appelé il y a une dizaine de jours.
15:48Il était très fatigué.
15:49Mais il me disait toujours,
15:51se faire connaître, c'est facile,
15:53mais durer, c'est beaucoup plus difficile.
15:56Et c'est vrai que les carrières longues,
15:57elles se font de plus en plus rares
15:59parce qu'on n'a plus peut-être de gens comme Philippe
16:02pour vous accompagner durant 40-50 ans,
16:06ce qui a été mon cas.
16:08Philippe Bouvard, quand on regardait ces émissions,
16:10quand on voit aussi un certain nombre d'archives,
16:13on voit dans ces émissions une ambiance.
16:15Olivier Vial, tout à l'heure, parlait de son rire,
16:17mais c'était quelqu'un avec ce visage bonhomme
16:19qui riait beaucoup,
16:20qui mettait une ambiance extrêmement sympathique.
16:22Et c'est sans doute ça aussi que les gens aiment,
16:24de regarder une émission
16:26où on se sent presque chez soi,
16:28on se sentait invité, en fait,
16:29sur le plateau de Philippe Bouvard.
16:30– Oui, il avait gardé un côté très potache,
16:34très estudiantin,
16:36et je lui disais toujours,
16:38je crois qu'il faut toujours garder cet esprit
16:40presque d'enfance.
16:41Il adorait faire,
16:42on adorait se faire des farces entre nous,
16:45se raconter des histoires de Toto,
16:47alors qu'il était d'une culture immense.
16:50Donc je crois que ça faisait partie du personnage,
16:52et comme vous le dites fort justement,
16:55les téléspectateurs ou les auditeurs
16:57adorent écouter, regarder des émissions comme ça,
17:00où il y a une vraie complicité entre les participants.
17:04– Je ne sais pas si c'était des choses
17:05dont il parlait facilement,
17:07mais c'est aussi, Philippe Bouvard,
17:08une enfance extrêmement compliquée.
17:11Il a parlé de ce traumatisme,
17:13des années des terreurs,
17:15où il échappait notamment à la Gestapo,
17:17le drame de ses grands-parents.
17:18Ça tronche avec l'image qu'on a de lui,
17:20mais ça peut expliquer aussi peut-être
17:21ce besoin d'un peu de légèreté.
17:24– Oui, parce qu'une année,
17:25je me rappelle un été,
17:27nous étions à Cannes, tous les deux,
17:28et je dis à Philippe,
17:30peut-être que demain,
17:33on regardera le feu d'artifice.
17:35On avait été invités, je crois,
17:38au Martinez ou au Carlton,
17:39et il m'a dit,
17:40non, j'ai horreur des feux d'artifice,
17:42ça me rappelle les bombardements,
17:44quand ma mère allait me cacher dans les caves
17:47pour échapper et à la Gestapo
17:49et aux bombardements allemands.
17:51Donc, il avait un vrai traumatisme
17:53de cette époque-là.
17:54On en parlait souvent,
17:55il était très discret,
17:57mais comme on se parlait intimement,
17:59régulièrement,
18:00il me parlait de ses relations
18:02avec sa maman,
18:03qui était très forte,
18:05et avec ce père qui l'a abandonné.
18:07Donc, il a eu une enfance très difficile.
18:10– Merci beaucoup, en tout cas, Jacques Maillot,
18:12d'avoir été l'invité de l'heure des pros
18:14sur CNews et sur Europe 1
18:15et d'avoir rendu hommage à Philippe Bouvard
18:18et justement, Philippe Bouvard,
18:19on va l'entendre dans une séquence
18:22où il chante,
18:23on va entendre de nouveau
18:24donc la voix de Philippe Bouvard.
18:27– Maman, pour faire l'andouille
18:30à la télé, faut-il des douilles ?
18:34– Mais oui, mon gros bêta,
18:37si t'avais des cheveux,
18:38ça m'achète pas !
18:40– Un bordat !
18:43– Non, non, non, non.
18:44– Tu prends le truc ?
18:45– Non, non, c'est la force de l'habitude.
18:50Allez-y.
18:52Maman, est-ce que c'est vrai
18:54que les garçons préfèrent les blondes ?
18:58– Mais oui, ma grosse bêta,
19:00si ça n'est pas vrai,
19:02vous n'aimerez pas.
19:03– J'ai entendu.
19:04– Il a dit grosse bêta.
19:06– Non, c'est une erreur.
19:07– Une erreur.
19:08– Madame est un canot,
19:09mais quand même.
19:11– Alors, mon petit fifi,
19:12c'est à vous.
19:13– Oh là là, attendez-vous au pire.
19:16– Maman, les petits boubous
19:18qui sont debout,
19:20voit-on leurs jambes ?
19:23– Mais oui, mon gros bêta,
19:25c'est quand t'es assis
19:26qu'on ne les voit pas.
19:31– Mais Mona, c'est génial
19:33ce qu'on vient de voir
19:33parce que je me disais
19:35en regardant cette séquence,
19:36aujourd'hui, je ne sais pas
19:37s'il y a beaucoup d'animateurs
19:40ou d'acteurs ou d'humoristes
19:41qui étaient dans cette petite chorale
19:42qui assumeraient, en fait,
19:44de ne pas se prendre au sérieux
19:45et de jouer cette séquence
19:46en se disant,
19:48honnêtement, on s'en moque,
19:49c'est sympa, c'est convivial.
19:50Aujourd'hui, tout le monde
19:51est dans la maîtrise de l'image.
19:52– Exactement,
19:53parce qu'il y a une prise du risque, là.
19:54Et j'espère que là-haut,
19:55il va retrouver quelqu'un
19:56que Pascal Praud,
19:57j'espère qu'il est toujours là,
19:58Pascal Praud,
19:58que quelqu'un avec lequel
20:00il avait connu des époques troublées,
20:02il parlait tout à l'heure
20:03de la fin de la guerre
20:04et de la guerre elle-même,
20:05c'est Léon Zitrone.
20:06– Bien sûr.
20:07– Ça vous dit quelque chose encore,
20:08vous, les jeunes comme vous ?
20:08– Bien sûr, quand même.
20:09Alors, je ne sais pas
20:10si tous les jeunes connaissent
20:11Léon Zitrone,
20:12mais pour tenir la chance
20:13de regarder un peu la télé
20:14de ses grands-parents…
20:14– Ils pouvaient parler
20:15de la politique internationale,
20:17de l'Union soviétique,
20:17en particulier à l'époque,
20:18ils pouvaient parler des choses,
20:20des mariages royaux
20:21et puis de la France
20:22telle qu'elle allait.
20:23Non, vraiment,
20:24c'est un vrai regret,
20:26cette époque où la télé
20:27était tellement symbiose
20:33encore…
20:33Non, il y avait quelque chose
20:34de cette France-là.
20:35C'est une France qui dure, quoi.
20:38– Qui dure et qu'on aimait voir.
20:39– On va marquer une petite pause.
20:41– L'esprit de France.
20:41– On va marquer une petite pause,
20:42si vous le voulez bien, Naïma,
20:44et puis évidemment,
20:44on continuera à rendre hommage
20:46à Philippe Bouvard.
20:47On regardera notamment
20:49un résumé de sa carrière.
20:51On a réussi à compiler
20:52quelques moments,
20:53même si, bien sûr,
20:53autant d'années de carrière
20:54ne sont pas résumables
20:55si facilement,
20:56mais on verra ça
20:57juste après la pause.
20:58Restez avec nous.
20:59– L'heure des pros,
21:019h10h.
21:01Elodie Huchard
21:03sur CNews et Europe 1.